L Intervention psychosociale par la nature et l aventure
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Description

Le recours à la nature et à l’aventure comme modalité d’intervention pour faciliter le développement individuel et de groupe connaît un essor important au Québec. Portés par cet élan, les auteurs présentent ici le premier collectif québécois ayant pour objet l’intervention psychosociale par la nature et l’aventure (IPNA), une approche s’éloignant des cadres traditionnels. Elle s’inscrit dans une vision globale d’inter­ven­tion expérientielle allant du contexte éducatif au contexte clinique. Le processus – facilité par une équipe d’inter­venants qualifiés – permet aux personnes de s’engager activement dans la poursuite de leurs buts d’apprentissage ou de changement, et ce, par des expériences et des activités d’aventure concrètes vécues en relation avec d’autres et avec la nature.
Cet ouvrage découle de la réalisation du projet d’IPNA d’envergure La dysphasie, au-delà du sommet, dont l’objectif est de soutenir le développement de l’autodéter­mi­nation d’adolescents vivant avec une dysphasie. Cette riche expérience et les projets de recherche qui lui sont associés ont inspiré la plupart des chapitres, offrant un espace de dialogue fertile entre pratique et théorie. Les exemples, réflexions, pistes d’action et propositions conceptuelles qui y sont présentés dépassent le cadre de ce projet particulier pour embrasser un plus vaste horizon : celui de l’IPNA.
Chercheurs, psychologues, psychoéducateurs, travailleurs sociaux, enseignants, éducateurs spécialisés, orthopédagogues, orthophonistes, administrateurs et intervenants spécialisés en intervention par la nature et l’aventure : l’ouvrage s’adresse à tous les acteurs susceptibles de créer des programmes d’IPNA ou de s’y engager directement.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 juin 2019
Nombre de lectures 1
EAN13 9782760544833
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0850€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Promouvoir le transfert des connaissances et contribuer la formation continue des enseignantes et des enseignants et autres professionnelles et professionnels de l ducation, voil la raison d tre de la collection ducation-Intervention des Presses de l Universit du Qu bec. Appuy e sur les plus r cents constats de la recherche dans le domaine de l ducation, cette collection offre une vari t d ouvrages qui utilisent un langage accessible et qui posent un regard dynamique sur les d fis actuels qui caract risent l ducation. Juste quilibre entre connaissances et pistes d intervention, elle saura r pondre aux besoins des acteurs de l ducation d sireux de parfaire leurs pratiques.
La collection ducation-Intervention est dirig e par Nadia Rousseau, forte d une grande exp rience de recherche et de transfert des connaissances et tr s active dans la valorisation des r sultats de la recherche.
L intervention psychosociale par la nature et l aventure
Presses de l Universit du Qu bec
Le Delta I, 2875, boulevard Laurier, bureau 450, Qu bec (Qu bec) G1V 2M2
T l phone: 418 657-4399
T l copieur: 418 657-2096
Courriel: puq@puq.ca
Internet: www.puq.ca
Diffusion/Distribution:
C ANADA
Prologue inc., 1650, boulevard Lionel-Bertrand, Boisbriand (Qu bec) J7H 1N7 T l.: 450 434-0306 / 1 800 363-2864
F RANCE
Sof dis, 11, rue Soufflot, 75005 Paris, France - T l.: 01 53 10 25 25 Sodis, 128, avenue du Mar chal de Lattre de Tassigny, 77 403 Lagny, France - T l.: 01 60 07 82 99
B ELGIQUE
Patrimoine SPRL, avenue Milcamps 119, 1030 Bruxelles, Belgique - T l.: 02 7366847
S UISSE
Servidis SA, Chemin des Chalets 7, 1279 Chavannes-de-Bogis, Suisse - T l.: 022 960.95.32
Diffusion / Distribution (ouvrages anglophones):

Independent Publishers Group, 814 N. Franklin Street, Chicago, IL 60610 - Tel.: (800) 888-4741

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L intervention psychosociale par la nature et l aventure
FONDEMENTS, PROCESSUS ET PISTES D ACTION
Sous la direction de S bastien Rojo Genevi ve Bergeron
Pr face de
Vivianne Boudreault
Catalogage avant publication de Biblioth que et Archives nationales du Qu bec et Biblioth que et Archives Canada
Vedette principale au titre:
L intervention psychosociale par la nature et l aventure: fondements, processus et pistes d action
( ducation-intervention; 42) Comprend des r f rences bibliographiques.
ISBN 978-2-7605-4481-9
ISBN EPUB 978-2-7605-4483-3
1. ducation par l aventure. 2. Classes de nature. 3. Aventures - Emploi en th rapeutique. 4. Autonomie (Psychologie). I. Rojo, S bastien, 1974- . II. Bergeron, Genevi ve, 1980- . III. Collection: Collection ducation intervention; 42.
LC1038.I57 2017 371.3 84 C2016-942161-9

R vision
C line Bouchard
Correction d preuves
Julie Pelletier
Conception graphique
Mich le Blondeau
Mise en pages
Le Graphe
Images de couverture
S bastien Rojo
D p t l gal: 1 er trimestre 2017
Biblioth que et Archives nationales du Qu bec
Biblioth que et Archives Canada
2017 - Presses de l Universit du Qu bec
Tous droits de reproduction, de traduction et d adaptation r serv s
Imprim au Canada
D4481-1 [01]
Pr face
Vivianne Boudreault
Cofondatrice du projet d IPNA La dysphasie, au-del du sommet
C est pour moi un grand privil ge de vous inviter d couvrir le premier ouvrage collectif qu b cois sur l intervention psychosociale par la nature et l aventure (IPNA). Il y a d j plusieurs ann es, c est en tant que m re d un adolescent vivant avec une dysphasie et coordonnatrice de l Association qu b coise de la dysphasie du Saguenay-Lac-Saint-Jean que j ai d couvert cette modalit d intervention non traditionnelle, qui repose sur le recours la nature et l aventure pour soutenir le d veloppement de nouvelles habilet s ou encore favoriser l apparition de changements chez des personnes vuln rables.
Vous conviendrez avec moi que la rencontre avec la nature et l aventure a ce pouvoir, presque inexplicable, de nous ressourcer. L IPNA prend appui sur ce milieu naturel et se d tache du cadre plus habituel d intervention, c est- -dire des murs de l cole, du centre de r adaptation ou du bureau professionnel. Avec des contraintes temporelles et organisationnelles beaucoup plus faibles, l intervention s int gre dans un rythme plus naturel et se d ploie au fil d exp riences authentiques et multisensorielles qui sortent les participants de leur zone de confort. Pensons un jeune gar on qui doit mobiliser pleinement sa concentration et ses capacit s d autor gulation pour escalader une paroi rocheuse. Imaginons son sentiment de fiert et possiblement ses premiers pas vers une vision diff rente et plus positive de ses capacit s. On peut d j imaginer les possibilit s de transfert! Pour moi, l une des grandes forces de l IPNA est qu elle am ne porter un regard diff rent sur soi et sur les autres, puis "voir autrement . C est d ailleurs aussi le cas pour les intervenants. Certains d entre eux t moignent de bouleversements dans leurs perceptions des personnes qu ils accompagnent et disent les avoir red couverts dans leur potentiel et leurs d fis. L IPNA est source de changement pour tous...
Mes exp riences ant rieures m ont convaincue des bienfaits de cette modalit d intervention, et ce, pour un large ventail de personnes vivant avec diff rentes difficult s d adaptation. Plus r cemment, j ai voulu m engager encore davantage dans cette voie et contribuer faire qu un plus grand nombre de personnes b n ficient de ce m dium d intervention diff rent. J ai donc cofond le projet d IPNA La dysphasie, au-del du sommet (ADS). D une dur e de deux ans, le projet visait soutenir le d veloppement de l autod termination d adolescents vivant avec une dysphasie, sensibiliser la population cette probl matique et contribuer l avancement des connaissances scientifiques sur la question. Ce projet - qui a men les jeunes et l quipe d intervention interdisciplinaire faire l ascension d un sommet de plus de 14000 pieds (4 300 m tres) dans la cha ne himalayenne - est la bougie d allumage de ce livre. C est en effet par l entremise de cet exemple que vous d couvrirez plus concr tement et de mani re exp rientielle l ampleur de ce que repr sente l IPNA. Simplement pour vous donner un avant-go t, j aimerais laisser la parole l un des jeunes qui a particip ce projet ainsi qu un membre de l quipe d encadrement. Ils t moignent tous deux, tr s personnellement, de leur exp rience et des r percussions potentielles des programmes d IPNA. Commen ons par Didier Boissonneault, un jeune adolescent vivant avec une dysphasie, qui s exprime sur son exp rience:
Mes objets et mes r ves du voyage Au-del du sommet taient d largir ma vision du monde. Sortir de mon petit Qu bec national. De voir au-del de mon blocus routinier. Ce projet m a permis de vivre une autre exp rience de communication, avec des personnes comme moi, sans pr jug s. Parler sans pression d tre jug long terme et sans peur de vivre des r actions d cevantes .
Le porte-parole du projet, Gabriel Filippi, alpiniste et conf rencier, d voile quant lui que sa participation a chang la perception qu il avait de ces jeunes. Il explique qu il a t marqu par cette exp rience et par ce qu il y a observ :
Durant le voyage, j ai vu des jeunes attachants qui parlent avec leurs yeux brillants, avec des gestes, des mots qui te vont droit au c ur. J ai vu des jeunes tr s d termin s prouver qu au-del de la dysphasie, il y a un tre humain qui veut s exprimer et prendre sa place dans la soci t . J ai ador les voir voluer dans un monde inconnu pour eux, s adapter d une incroyable fa on ce nouvel environnement. Pas pour rien que, tout au long de cette aventure, je les appelais mes superh ros! J ai aussi vu des parents inquiets de laisser partir leur adolescent l autre bout du monde [...] Au retour, j ai vu des parents sans mots, mus, fiers. Des parents qui avaient peine croire ce que leur propre enfant avait accompli, r alis , exprim .
Ces t moignages me rappellent combien il est important d offrir de multiples occasions chaque personne, de repousser leurs limites au-del de ce que l on croit tre leur potentiel! Avec cette lecture, je vous souhaite une aussi belle aventure que celle que je vis depuis que je me suis engag e dans cette mission de rendre l IPNA accessible au plus grand nombre de personnes. Au fil des chapitres, vous d couvrirez ce qu est l intervention psychosociale par la nature et l aventure et comment vous pouvez vous aussi cr er de tels projets pour soutenir des personnes qui prouvent des difficult s d adaptation. Je souhaite que ce livre vous porte ailleurs et qu il vous donne le go t de sortir de votre zone de confort afin d atteindre votre propre sommet.
Remerciements
Tout d abord, nous souhaitons remercier tous les auteurs de cet ouvrage collectif pour leur tr s g n reuse contribution. Merci de vous tre livr s cet exercice audacieux et tellement nourrissant.
Nous souhaitons sinc rement remercier Nadia Rousseau, pour sa grande ouverture d esprit, et Odette Larouche, pour son " il averti dans la relecture des textes. Merci l quipe des Presses de l Universit du Qu bec pour votre appui dans ce projet original qui constitue le premier collectif francophone sur l intervention psychosociale par la nature et l aventure.
Nous avons aussi une pens e sp ciale pour les adolescents ayant particip au projet d intervention psychosociale par la nature et l aventure La dysphasie, au-del du sommet : Gabriel, Jean-Philippe, Christina, Sophie-Laurence, Jean-Pascal, Lonny, Camille, Didier et Guillaume. Cette exp rience partag e fut extraordinaire pour nous tous. Nous remercions galement leurs parents sans qui ce projet n aurait pas eu la m me port e, ainsi que tous ceux qui ont gravit autour du projet. Nous les remercions tous de nous avoir fait confiance et de nous avoir permis de nous enrichir leur contact.
Enfin, nous remercions d avance toutes les personnes qui liront cet ouvrage et qui voudront leur tour soutenir autrement le d veloppement d autrui, qui voudront leur tour apprivoiser l intervention psychosociale par la nature et l aventure et y faire une place dans leur pratique.
Table des mati res
PR FACE Vivianne Boudreault
REMERCIEMENTS
LISTE DES ENCADR S
LISTE DES FIGURES
LISTE DES TABLEAUX
INTRODUCTION L intervention psychosociale par la nature et l aventure: se rencontrer dans l exp rience S bastien Rojo et Genevi ve Bergeron
CHAPITRE 1 Le projet La dysphasie, au-del du sommet Gen se, objectifs et tapes S bastien Rojo et Vivianne Boudreault
1. La gen se et les buts du projet
2. La gestion du projet
2.1. La pens e design
2.2. Les diff rents comit s et leurs fonctions
2.3. Les diff rents volets du projet
3. Les acteurs
4. Le choix et la mise en place de la modalit d intervention
4.1. La modalit IPNA
4.2. La s quence de la programmation d aventure et d intervention
5. Les pistes de structuration d un projet d intervention par la nature et l aventure
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 2 Les fondements de l intervention par la nature et l aventure S bastien Rojo, Annie Plante, Mario Bilodeau et Michel Tremblay
1. Les concepts en jeu
1.1. La nature
1.2. L aventure
1.3. L ducation et l apprentissage exp rientiel
2. Les diff rentes approches de l utilisation de la nature et de l aventure: un survol historique
2.1. Les approches de l intervention ducative
2.2. Les approches de l intervention th rapeutique
2.3. Les l ments communs de l intervention ducative et de l intervention th rapeutique
3. Les ingr dients actifs du changement par l utilisation de la nature et de l aventure
3.1. L utilisation de l environnement naturel non familier et la notion de risque
3.2. L exp rience partag e et l engagement actif dans l exp rience
3.3. L apport des dynamiques de groupe
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 3 L exp rience scolaire des adolescents dysphasiques Points de vue des jeunes et de leurs parents et pistes d action L na Bergeron, Genevi ve Bergeron, Nadia Rousseau et Bernard Michallet
1. Une exp rience scolaire non sans d fis
1.1. Une diversit de parcours, mais rarement une voie r guli re
1.2. Un soutien qui pr sente des forces et des limites
1.3. Une reconnaissance et des r ussites qui gagnent ne pas tre r duites au plan scolaire
1.4. Une vie sociale o l on miserait sur la qualit plut t que sur la quantit
1.5. Un rapport complexe la dysphasie
2. Des parents en premi re ligne
2.1. La d fense des droits et des besoins de l enfant
2.2. Un sentiment de lourdeur et une usure dans l engagement parental
2.3. Des preuves dans la relation avec son enfant et avec l entourage
3. Des pistes d action pour contribuer une exp rience scolaire plus positive: une responsabilit partag e
3.1. Une cole engag e offrir le soutien n cessaire
3.2. Une cole dimension humaine
3.3. Des enseignants bienveillants et cr atifs pour soutenir l apprentissage
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 4 L intervention psychosociale par la nature et l aventure Un terreau fertile pour le d veloppement de l autod termination d adolescents vivant avec une dysphasie Genevi ve Bergeron, Christine L Heureux, L na Bergeron, Emmanuelle Fournier-Chouinard et S bastien Rojo
1. Le d veloppement de l autod termination
2. Le type de soutien offert
2.1. La posture d intervention
2.2. Le r le d terminant des parents dans le soutien l autod termination
3. Les occasions offertes
3.1. Les leviers des approches d INA
3.2. Des exemples d occasions tir s du projet ADS
Conclusion
R f rences
CHAPITRE 5 L interdisciplinarit en contexte d intervention psychosociale par la nature et l aventure Du cod veloppement la cocr ation Emmanuelle Fournier-Chouinard, Genevi ve Bergeron, S bastien Rojo, L na Bergeron et Christine L Heureux
1. Du territoire disciplinaire aux contr es de l interdisciplinarit
2. Au-del du sommet disciplinaire: naissance et croissance du groupe
2.1. Le myst re de la conception: du d sir la rencontre
2.2. Sur l assise d une croyance, b tir la confiance pour qu advienne l alliance
2.3. Des s parations n cessaires pour une saine croissance
2.4. Le terreau fertile de l impr cision: tol rer pour se d velopper
3. L av nement de l interdisciplinarit : la coordination de la parole et du geste dans l intervention
4. L identit interdisciplinaire et l preuve de la r alit
5. La maturit interdisciplinaire et la mise en trans de l quipe inter: converser avec la montagne
Conclusion: la montagne derri re la montagne
R f rences
CHAPITRE 6 Les retomb es du projet La dysphasie, au-del du sommet sur le d veloppement de l autod termination d adolescents vivant avec une dysphasie et sur leurs parents Catherine Dumoulin, Suzie Tardif, Genevi ve Bergeron et L na Bergeron
1. La dysphasie et ses r percussions sur le d veloppement de l autod termination
2. Le projet La dysphasie, au-del du sommet: les volets intervention et recherche
3. La m thodologie
3.1. Les participants
3.2. Les outils de collecte de donn es
3.3. Les m thodes d analyse
4. Les r sultats
4.1. Le degr d autod termination
4.2. Les retomb es per ues par les jeunes et leurs parents
5. La discussion des r sultats
5.1. L autod termination des jeunes
5.2. Les retomb es sur les plans personnel, familial et social
Conclusion
R f rences
CONCLUSION Par-del ce sommet: esquisse d une d finition de l IPNA et rep res d intervention Genevi ve Bergeron, S bastien Rojo, Emmanuelle Fournier-Chouinard, L na Bergeron et Christine L heureux
1. La conception de l IPNA: quelques postulats de base
2. La conception de l IPNA: quelques rep res d intervention
R f rences
NOTICES BIOGRAPHIQUES
Liste des encadr s
Encadr 2.1. Une image r v latrice du r le des parents dans l exp rience scolaire de leur enfant
Encadr 4.1. Vignette clinique: Alexanne
Encadr 4.2. Exemple de la posture de soutien dans l exp rience ADS
Encadr 4.3. Exemple d outil utilis pour favoriser la conscience de soi: la boussole de l exp rience
Encadr 4.4. Occasions offertes par la fin de semaine de camping d hiver
Encadr 4.5. Occasions offertes par la collecte de fonds du D fi ADS
Encadr 4.6. Occasions offertes par la pr exp dition dans le Parc national du Fjord-du-Saguenay
Encadr 4.7. Occasions offertes par l exp dition au N pal
Encadr 5.1. T moignage exp rientiel - quipe d intervention
Encadr 5.2. T moignage exp rientiel - quipier 1a
Encadr 5.3. T moignage exp rientiel - quipier 2a
Encadr 5.4. T moignage exp rientiel - quipier 3a
Encadr 5.5. T moignage exp rientiel - quipier 1b
Encadr 5.6. T moignage exp rientiel - quipier 2b
Encadr 5.7. T moignage exp rientiel - quipier 5a
Encadr 5.8. T moignage exp rientiel - quipier 3b
Encadr 5.9. T moignage exp rientiel - quipier 3c
Encadr 5.10. T moignage exp rientiel - quipier 5b
Encadr 5.11. T moignage exp rientiel - quipier 1c
Encadr 5.12. T moignage exp rientiel - quipier 2c
Encadr 5.13. T moignage exp rientiel - quipier 4a
Encadr 5.14. T moignage exp rientiel - quipier 5c
Encadr 5.15. T moignage exp rientiel - quipier 1d
Encadr 5.16. T moignage exp rientiel - quipier 6
Encadr 5.17. T moignage exp rientiel - quipier 4b
Encadr 6.1. Des strat gies propos es pour soutenir le d veloppement de l autod termination
Liste des figures
Figure 1.1. Le processus de la pens e design de Stanford
Figure 1.2. Les diff rents comit s du projet
Figure 1.3. Les composantes et capacit s associ es l autod termination
Figure 1.4. Le continuum de planification en programmation d aventure
Figure 1.5. Les grandes tapes du projet ADS et sa s quence de programmation d aventure et d intervention
Figure 2.1. Le mod le cyclique d apprentissage exp rientiel
Figure 2.2. La dissonance adaptative entre la perception du jeune et la r alit
Figure 2.3. La r duction de la dissonance adaptative apr s l exp rience
Figure 4.1. Le mod le ducatif fonctionnel de l autod termination
Figure 4.2. Les leviers de l intervention par la nature et l aventure pour soutenir le d veloppement de l autod termination
Figure 6.1. Les comportements associ s au d veloppement de l autod termination
Liste des tableaux
Tableau 1.1. Les buts du projet d IPNA-ADS
Tableau 1.2. La pens e design dans le projet ADS
Tableau 1.3. Les axes de recherche et leurs objectifs
Tableau 1.4. propos du projet de recherche de l axe 1
Tableau 1.5. propos du projet de recherche de l axe 2
Tableau 1.6. La phase pr paratoire
Tableau 1.7. La phase de r alisation
Tableau 1.8. La phase de conclusion et de c l bration
Tableau 1.9. Exemples de pistes de structuration d un projet INA
Tableau 2.1. Les principes directeurs de l intervention ducative
Tableau 2.2. Les principes directeurs synth tis s de l intervention th rapeutique
Tableau 2.3. Des l ments communs de l intervention ducative et de l intervention th rapeutique
Tableau 2.4. Les stades de d veloppement d un groupe restreint et le r le de l encadrant
Tableau 5.1. Les points de redondance dans les dires et les agirs de l quipe inter
Tableau 6.1. Les m thodes de collecte et d analyse des donn es aupr s des huit adolescents et de leurs parents
Tableau 6.2. Les r sultats moyens des adolescents dysphasiques avant et apr s leur participation au projet La dysphasie, au-del du sommet
Tableau 6.3. Retomb es du projet per ues par les jeunes et leurs parents
Tableau C.1. Les rep res d intervention
Introduction
L intervention psychosociale par la nature et l aventure: se rencontrer dans l exp rience
S bastien Rojo et Genevi ve Bergeron
Enfin de retour Lukla, apr s l ascension du sommet et plusieurs jours d exp dition. Les muscles sont fatigu s, la t te est remplie d images du parcours qui nous a men s aux confins de la cha ne himalayenne, et le c ur est charg de souvenirs des rencontres, parfois fortuites, qui ont jalonn le voyage. Les adolescents sont l , reint s, mais ragaillardis de l exploit accompli. Ils sont heureux, quoique nostalgiques de voir poindre la fin de cette fabuleuse aventure humaine, plus grande que nature. En passant le fronton l entr e du village, nous leur demandons spontan ment de qualifier leur exp rience en un seul mot. L exercice n est pas ais lorsqu on est encore submerg par les motions. Ils nous livrent leur ressenti: Espoir, Amiti , Motivation, Enrichissement, nergie, Pers v rance, D couverte, Nostalgie, Effort, Aventure, Courage, D fi et Connaissance. Les mots qui mergent de l instant pr sent se chargent de toute la puissance de l aventure v cue qui s ach ve ici. C est donc accompagn s par cette mise en mots que nous rentrons tous ensemble au Qu bec.
Le recours la nature et l aventure comme modalit d intervention visant faciliter le d veloppement individuel ou groupal n est pas nouveau. Tout un champ d intervention et ensuite de recherche se sont en effet graduellement d velopp s depuis le d but du XX e si cle, permettant ainsi de circonscrire les fondements th oriques, les m thodes, les outils, les normes et les effets de cette modalit d intervention non traditionnelle. Alors que les travaux anglo-saxons sur l intervention par la nature et l aventure sont nombreux, peu de publications en fran ais sont disponibles, et ce, malgr le fait qu il s agisse d une modalit d intervention de plus en plus reconnue et ayant cours notamment au Qu bec. Cet ouvrage constitue cet gard une contribution originale et s inscrit en continuit avec d autres initiatives qu b coises et canadiennes. Con u d une mani re moins habituelle par un processus de cocr ation interdisciplinaire, notre ouvrage se distingue selon nous de plusieurs fa ons.
En effet, le collectif d coule de la r alisation d un projet d intervention psychosociale par la nature et l aventure (IPNA) d envergure, le projet La dysphasie, au-del du sommet (ADS), dont les objectifs principaux taient de soutenir le d veloppement de l autod termination d adolescents dysphasiques ainsi que de contribuer l avancement des connaissances scientifiques sur la dysphasie et l IPNA. Cette riche exp rience humaine et les projets de recherche qui y sont associ s ont inspir chacun des chapitres, offrant un espace de dialogue fertile entre pratique et th orie. La presque totalit des auteurs du collectif ont t engag s de pr s ou de loin dans le projet. Ils sont issus de diff rentes disciplines et proviennent des milieux de la recherche et de la pratique.
Cet ouvrage collectif est galement lui-m me le fruit du processus exp rientiel qui caract rise les programmes d intervention par la nature et l aventure. Il r sulte en effet de la transformation d une exp rience significative v cue en connaissances, et cela par un processus de r flexion, d analyse et de conceptualisation. Prenant racine dans l aventure Au-del du sommet , les r flexions, propositions et pistes d action qui y sont pr sent es d passent toutefois le cadre de ce projet particulier pour embrasser un plus vaste horizon: celui de l IPNA. Afin de bien incarner le propos, plusieurs des chapitres int grent des "moments exp rientiels qui prennent la forme de l quipe ou, tout le moins, sont teint s par eux. Ce processus collectif s est r v l exigeant. En effet, il a t n cessaire de prendre le temps de tisser ensemble le fil de sens, et ce, "sans forcer , afin de laisser merger les contenus signifiants. Nous avons galement d accepter les moments d incertitude, de tensions ou de d couragement et apprendre en tirer profit, parfois en l chant prise ou en renon ant. En contrepartie, nous avons galement v cu des instants de cr ation enrichissants, voire exaltants; nous avons pris soin les uns des autres et avons appris nous conna tre et nous reconna tre toujours plus, contribuant ainsi faire na tre et grandir notre quipe interdisciplinaire. Ce sont donc les traces de cette exp rience qui se retrouve dans le pr sent ouvrage.
Cet ouvrage s adresse tous les acteurs susceptibles de cr er des programmes d IPNA ou de s y engager directement, tels que psychologues, psycho ducateurs, travailleurs sociaux, enseignants, techniciens en loisir ou en ducation sp cialis e, orthop dagogues, orthophonistes, administrateurs et intervenants sp cialis s en intervention par la nature et l aventure. Il peut aussi int resser les chercheurs stimul s par ce champ de recherche dont il reste beaucoup explorer. Tous ceux et celles qui sont interpell s de pr s ou de loin par la probl matique de la dysphasie seront galement servis, puisque le projet La dysphasie, au-del du sommet sert de v hicule pour aborder l IPNA.
la recherche d un terme plus englobant et flexible pouvant inclure des programmes d aventures de formes vari es sur un continuum allant de vis es ducatives des vis es th rapeutiques, elles-m mes d termin es en fonction des besoins de la client le et des milieux, des buts du projet ainsi que des ressources humaines n cessaires, l expression intervention psychosociale par la nature et l aventure nous est apparue appropri e.
Dans le cadre de nos travaux, nous avons choisi d utiliser l expression intervention psychosociale par la nature et l aventure , alors que d autres appellations sont d usage courant dans les crits scientifiques et professionnels. C est le cas par exemple de l ducation par la nature ou de la th rapie d aventure, qui renvoient des propositions conceptuelles particuli res. Sans pr tendre la cr ation d un nouveau cadre conceptuel ou d une nouvelle approche, il nous semble essentiel de justifier l usage de cette expression et d introduire notre mani re d aborder le territoire de l intervention par la nature et l aventure. la recherche d un terme plus englobant et flexible pouvant inclure des programmes d aventures de formes vari es sur un continuum allant de vis es ducatives des vis es th rapeutiques, elles-m mes d termin es en fonction des besoins de la client le et des milieux, des buts du projet ainsi que des ressources humaines n cessaires, l expression intervention psychosociale par la nature et l aventure nous est apparue appropri e.
L IPNA s appuie videmment sur les ingr dients actifs et les fondements g n ralement communs aux diff rentes formes de recours la nature et l aventure. Toutefois, dans notre vision, la dimension psychosociale rev t une grande importance et en constitue l une des caract ristiques distinctives. Ici, l aspect psychosocial se rapporte cette intention de favoriser la grande aventure que constitue le d veloppement intrapersonnel par et gr ce la rencontre interpersonnelle en contexte de nature. Dans cette perspective, l un des leviers de pr dilection envisag s pour exercer ou soutenir la pouss e d veloppementale, c est- -dire le moteur du changement chez une personne pr sentant des difficult s d adaptation, s incarne dans la rencontre avec l autre. Sans le nous , pas de je possible! L humain tant un tre social, c est dans la rencontre avec cet autre, la fois similaire mais aussi diff rent de lui, qu il se construit, se d veloppe et se d finit. Pour paraphraser Boris Cyrulnik, on pourrait dire que c est en relation avec l autre que l on peut devenir v ritablement soi-m me. Cet autre, c est aussi le cadre plus vaste de la nature, environnement de l humain auquel il appartient et avec lequel il est aussi en relation.
Ces quelques rep res initiaux clairent notre conception de l IPNA l aube de cette grande aventure que repr sente pour nous ce collectif. l image des cairns qui, en montagne, guident le randonneur sur le chemin, chacun des chapitres de ce collectif jalonne la route qui, souhaitons-le, m ne une compr hension plus profonde, plus exp rientielle de l IPNA. Bien que, la fin de cet ouvrage, une synth se du parcours accompli soit pr sent e en guise de conclusion, pour nous, l aventure ne s arr te pas l , car bien d autres territoires restent encore explorer... l horizon, de nouveaux sommets se profilent.
L ouvrage se d cline en six chapitres. Le premier dresse un portrait complet du projet d IPNA La dysphasie, au-del du sommet , offrant par le fait m me un exemple concret de s quence de programmation d aventure et d intervention, ainsi que des rep res g n raux pour la structuration d un tel projet. Le chapitre 2 d crit les fondements de l intervention par la nature et l aventure en mettant en vidence les concepts principaux ainsi que les ingr dients actifs d taill s dans les crits scientifiques. tant associ s l une des recherches du projet ADS, les auteurs du chapitre 3 d crivent l exp rience scolaire d adolescents pr sentant une dysphasie en adoptant une double perspective, celle du jeune et celle de ses parents. la lumi re des r sultats obtenus, diff rentes pistes d action sont propos es afin d agir pour am liorer l exp rience scolaire de ces adolescents. Le chapitre 4 illustre comment l intervention psychosociale par la nature et l aventure constitue un terreau fertile pour soutenir le d veloppement de l autod termination chez les adolescents vivant avec une dysphasie. S appuyant sur diff rents exemples du projet ADS, la posture d intervention privil gi e par l quipe d intervention est explicit e. Sont galement rapport es quelques-unes des occasions offertes par le contexte de nature et les activit s d aventure dont les adolescents ont su tirer profit pour d velopper diff rentes capacit s li es l autod termination et moduler leur perception d eux-m mes. Le chapitre 5 vise pour sa part illustrer les diff rentes phases de croissance d une quipe interdisciplinaire depuis sa conception jusqu l atteinte des comp tences n cessaires une intervention cibl e. Pour rendre compte de ce d veloppement, les savoirs exp rientiels puis s m me le v cu interdisciplinaire du projet ADS sont mis en dialogue avec des cadres conceptuels existants. Le dernier chapitre, le chapitre 6, n est pas tranger au souci de plus en plus pr sent, dans le domaine social, d identifier les retomb es per ues des programmes psychosociaux. Il pr sente donc les r sultats d une tude visant d crire les impacts du projet ADS sur le d veloppement de l autod termination d adolescents pr sentant une dysphasie ainsi que sur leurs parents. Enfin, la conclusion constitue certainement une autre composante importante de cet ouvrage, puisqu elle synth tise en un tout coh rent les grandes id es qui sous-tendent notre conception actuelle, bien que toujours en volution, de l IPNA. De plus, un tableau regroupant diff rents rep res d intervention y est pr sent .
Nous vous souhaitons un bon voyage!
Le projet La dysphasie, au-del du sommet
Gen se, objectifs et tapes
S bastien Rojo et Vivianne Boudreault

CIBLES

D crire la gen se et les buts du projet d intervention psychosociale par la nature et l aventure (IPNA) La dysphasie, au-del du sommet (ADS).
Expliquer les mod les qui soutiennent la gestion du projet.
D crire les diff rents volets du projet ainsi que les acteurs en jeu.
Illustrer la s quence de la programmation d aventure et d intervention.
Proposer des pistes de structuration d un projet d intervention par la nature et l aventure.
QUESTIONS CL S

Quelles ont t les circonstances l origine du projet d IPNA-ADS?
Quelle a t la strat gie de gestion du projet La dysphasie, au-del du sommet et quels en ont t les diff rents volets?
Qui taient les acteurs en jeu dans le projet?
Quelle modalit d intervention a t choisie?
Quelles ont t les phases et les activit s de la s quence de programmation d aventure et d intervention?
Quelles ont t les retomb es du projet?
Comment puis-je structurer un projet d intervention par la nature et l aventure?

Ce chapitre vise d crire les diff rentes composantes du projet d intervention psychosociale par la nature et l aventure La dysphasie, au-del du sommet . Il s agit d un projet d envergure cr pour soutenir un groupe d adolescents vivant avec une dysphasie et leurs familles. La dysphasie, ou trouble primaire du langage, est une atteinte neurologique, d veloppementale et persistante qui affecte l expression ou la compr hension du langage. Les personnes qui vivent avec ce trouble pr sentent un d ficit important sur le plan de l acquisition et de la ma trise du langage, ce qui affecte n gativement leur bien- tre et leur r ussite scolaires (Leonard, 2014; Maillart et Leclercq, 2014; Ordre des orthophonistes et audiologistes du Qu bec [OOAQ], 2004). Bien que la pr valence soit difficile tablir, l OOAQ (2014) estime qu au Qu bec, l ge de 5 ans, 9,4 des enfants pr sentent un trouble primaire du langage et qu 12 ans, 72 de ceux-ci ont toujours une probl matique persistante sur le plan du langage.
Certains constats issus de la recherche mettent en lumi re la situation pr occupante des jeunes vivant avec une dysphasie. En effet, en plus des cueils li s la communication, plusieurs d entre eux prouvent des difficult s importantes sur le plan personnel et social (Hart, Fujiki, Brinton et Hart, 2004; McCormack, McLeod, McAllister et Harrison, 2009). Bien que non trang res ces derni res, d autres difficult s, cette fois sur le plan scolaire (Michallet et Boudreault, 2014; Romagny, 2005; St Clair, Pickles, Durkin et Conti-Ramsden, 2011), m ritent galement une attention particuli re. En effet, certains travaux d montrent que des difficult s langagi res rendent ces l ves plus vuln rables au retard et l chec scolaires (Jerome et al ., 2002, cit dans Marton, Abramoff et Rosenzweig, 2005) et que ces difficult s persistent de fa on significative l ge adulte (Young et al ., 2002). Globalement, le trouble serait suffisamment important pour g ner la r ussite scolaire (Romagny, 2005). Cela n est pas sans g n rer des inqui tudes quant l avenir de ces adolescents en phase de transition vers l ge adulte et le march du travail. Les questions entourant leur qualification, leur insertion socioprofessionnelle et ultimement leur participation sociale sont pr occupantes.
Ce bref portrait, qui laisse entrevoir les d fis quotidiens auxquels ces jeunes et leurs parents font face au quotidien, est l origine du pr sent projet. Cette initiative est galement port e par le d sir de contribuer l avancement des connaissances sur la dysphasie, car force est de constater que les donn es scientifiques qu b coises concernant les adolescents pr sentant une dysphasie sont peu abondantes. Il nous est galement apparu n cessaire de faire conna tre davantage ce trouble complexe et invisible premi re vue, qui est moins connu et document que d autres probl matiques d veloppementales.
Ce chapitre pr sente un projet d intervention psychosociale par la nature et l aventure multidimensionnel s appuyant sur la conviction que chaque personne a le droit et d tient la capacit d tre le ma tre d uvre de sa vie et l acteur principal de son propre processus de changement. Seront d crits la gen se et les buts du projet, les volets recherche et intervention, les diff rents comit s et leurs fonctions, les acteurs, la s quence de programmation d aventure et d intervention, ainsi que les retomb es sociales et scientifiques de la d marche. Le chapitre se terminera par la pr sentation de pistes de structuration d un programme d intervention par la nature et l aventure.
1. La gen se et les buts du projet
Riches de plusieurs exp riences et projets avec des enfants et des adolescents vivant avec une dysphasie, Vivianne Boudreault et S bastien Rojo cr ent, l automne 2011, le projet La dysphasie, au-del du sommet (ADS), une initiative qui marquerait les esprits par son originalit et son envergure. Les projets d intervention par la nature et l aventure r alis s pr c demment, les rencontres avec les repr sentants des associations relatives la dysphasie, les discussions touchantes avec les parents de ces jeunes et les constats des professionnels r v lent le besoin flagrant de s int resser plus encore cette probl matique et constituent le terreau de gestation de cette id e audacieuse. L id e prend rapidement de l ampleur et se transforme en projet de taille dont l intention est de mieux faire conna tre la dysphasie tout en offrant une occasion hors du commun des adolescents dysphasiques de se d velopper et de d montrer leur plein potentiel par l entremise d une modalit d intervention atypique: l intervention psychosociale par la nature et l aventure (IPNA). Pas d exploit impossible en vue: il s agissait de cr er un projet d intervention de dix-huit mois comportant l ascension d un sommet de 4 300 m tres au N pal.
L intention est de mieux faire conna tre la dysphasie tout en offrant une occasion hors du commun des adolescents dysphasiques de se d velopper et de d montrer leur plein potentiel.
Plusieurs partenaires ont t n cessaires pour concr tiser les diff rentes tapes de cette aventure. Deux partenaires principaux se sont impos s, l un pour ses connaissances de la dysphasie et de la r alit des familles et l autre pour son expertise de l utilisation de la nature et de l aventure comme modalit d intervention. D un c t , l Association qu b coise de la dysphasie (division provinciale) constituait un partenaire naturel, compte tenu de sa mission de d fense, de promotion et de diffusion des connaissances sur la dysphasie. Elle s est notamment occup e de faire conna tre le projet dans les diff rentes r gions desservies dans la province, afin de solliciter les familles dans un but de recrutement. De l autre c t , la Coop rative de solidarit Intervention par la Nature et l Aventure Qu bec 1 a t mobilis e pour son expertise en mati re d intervention par la nature et l aventure. Son mandat tait de prendre en charge la logistique, la gestion des risques en contexte naturel ainsi que la pr paration et l op rationnalisation des sorties et des exp ditions.
Le projet a graduellement pris forme autour de trois grands buts respectivement associ s l intervention, la recherche et la sensibilisation ( tableau 1.1 ).
TABLEAU 1.1. Les buts du projet d IPNA-ADS

L ampleur provinciale et la complexit du projet ont n cessit la mise en place d une solide structure organisationnelle afin de favoriser l atteinte des diff rents buts fix s. Ainsi, plusieurs comit s ont t constitu s et l engagement de nombreuses personnes a t sollicit . L un des d fis majeurs concernait la coordination de l ensemble des ressources diff rents niveaux, et ce, en adaptant la strat gie au fil du temps. Avenier (1997) rappelle que la mise en uvre d un projet d envergure doit privil gier l adaptation au fil de sa mise en acte et tirer parti des situations qui mergent ou qui s imposent. D s le d but, le projet s annon ait comme une aventure hors norme.
2. La gestion du projet
Plusieurs questions se sont impos es au moment d chafauder la structure d un projet d une telle envergure. Comment structurer le projet? Quelles ressources mobiliser? Comment planifier les grandes tapes, particuli rement celles qui se d rouleraient l tranger? Quels sont les pi ges anticiper et viter? Les tudes d montrent qu une bonne planification en amont est le principal facteur de r ussite d un projet (Cooper et Kleinschmidt, 1996). C est pourquoi il fallait envisager le projet ADS sous un angle particulier, celui de la gestion de projet.
Une bonne planification en amont est le principal facteur de r ussite d un projet.
La gestion de projet est souvent repr sent e comme un univers complexe (par son contenu et son champ d application), ambigu et incertain dans lequel se c toient l individu et son environnement (Richardson, 2005). En fait, elle est une aventure en soi, o les hypoth ses du d but du projet et la capacit de l quipe se mettre en action sont souvent remises en cause en raison de la nature dynamique du projet (Kurtz et Snowden, 2003). D ailleurs, passer l action dans ce contexte complexe suppose parfois une mod lisation des obstacles afin de mieux les comprendre. Dans ce sens, une strat gie de gestion a d tre choisie afin de structurer ad quatement le projet ADS. En d autres mots, il fallait faire , mais de mani re ing nieuse (Le Moigne, 2003), ce qu a permis la pens e design .
2.1. La pens e design
La complexit et le caract re multidimensionnel du projet ADS ont n cessit de penser une strat gie de gestion qui en faciliterait la bonne marche, tout en laissant une grande flexibilit au fil de son d roulement. La pens e design constitue cet gard une avenue int ressante qui permet d tre cr atif dans la structuration d un projet et de guider ses diff rentes phases (Brown, 2008, 2009).
2.1.1. La d finition de la pens e design
Cette approche, cr e par Tim Brown l Universit de Stanford, se r sume comme une m thode cr ative de r solution de probl mes complexes (Cooper, Junginger et Lockwood, 2010). Brown (2008) campe la pens e design comme une discipline qui utilise la sensibilit et les strat gies du designer pour permettre des quipes pluridisciplinaires d innover en mettant en relation les attentes des utilisateurs, ce qui est faisable technologiquement et ce qui est viable conomiquement. De leur c t , P ch , Mieyeville et Gaultier (2013) d finissent la pens e design comme un processus participatif de r flexion, d action et de r solution de probl mes qui tient compte du contexte culturel, social et conomique. Citant l agence de design et d innovation IDEO, Carron (2013) parle de la pens e design comme d un processus profond ment humain qui s appuie sur les capacit s personnelles, mais qui se trouve malheureusement souvent touff par les pratiques traditionnelles de r solution de probl mes. Ces constats correspondent bien la r alit du projet ADS, qui exigeait de trouver des pistes de solution non conventionnelles. Le fonctionnement des diff rents comit s responsables des multiples dimensions du projet (financi re, humaine et logistique) g n rait une complexit qui ne devait pas entraver le processus d intervention aupr s des participants.
Carron (2013) parle de la pens e design comme d un processus profond ment humain qui s appuie sur les capacit s personnelles, mais qui se trouve malheureusement souvent touff par les pratiques traditionnelles de r solution de probl mes.
En r sum , ces consid rations renvoient une m me r alit : r soudre des probl mes complexes, utiliser une approche interdisciplinaire et, enfin, se concentrer sur l innovation centr e sur l humain.
La pens e design expose certaines conditions qui permettent de favoriser la r ussite d un projet. Cette r ussite repose sur des quipes interdisciplinaires qui tendent vers le transdisciplinaire, et ce, afin de multiplier les angles de compr hension des d fis rencontr s (Meinel, Leifer et Plattner, 2011). Minel et ses coll gues mentionnent que les membres doivent tre fortement ouverts la collaboration et l empathie. Selon la d.school (2010) de Stanford, cela permet de cr er un espace de compr hension des probl mes envisag s et rencontr s durant un projet. Cela permet aussi de g n rer un plus grand nombre d id es audacieuses, voire utopiques, par l entremise de l ensemble des comp tences rassembl es dans une quipe. Une approche bas e sur l action et l exp rientiel permet de gagner du temps face aux impr vus et de trouver plus rapidement des solutions adapt es aux contextes. Comme le soulignent Li vre et Gauthier (2009), il y a fort parier que des v nements inattendus et non souhait s mettront en p ril le bon d roulement d un projet d envergure comme ADS. C est pour cela qu une d marche planifi e mais flexible de management de projet est n cessaire, car elle permettra une adaptation in situ plus facile (Garel et Li vre, 2011; Verganti, 1999).
Une d marche planifi e mais flexible de management de projet est n cessaire, car elle permettra une adaptation in situ plus facile.
2.1.2. Le processus de la pens e design et son int gration ADS
Parmi les diff rentes approches de la pens e design, c est la m thode de Stanford qui est choisie par les membres de la coordination du projet, et ce, parce que les tapes qui y sont associ es se r v laient en ad quation avec la logique et les vis es du projet ( figure 1.1 ). On trouve dans cette m thode deux phases principales du processus qui se d roulent dans des espaces diff rents: l espace-probl me et l espace-solution . Le premier regroupe les trois premi res tapes (comprendre, observer et d finir), tandis que le deuxi me regroupe les trois suivantes (id er, prototyper et tester). Ces espaces peuvent tre explor s parall lement durant le processus de gestion de projet (Cross, 2007).
FIGURE 1.1. Le processus de la pens e design de Stanford

Source: Adapt de Plattner, Meinel et Weinberg (2009).
partir du mod le expos pr c demment, une description des tapes sp cifiques du projet La dysphasie, au-del du sommet est pr sent e dans le tableau 1.2 .
Cette m thode ne s actualise pas dans une logique s quentielle rigide. Il s agit plut t d un processus it ratif qui a amen l quipe du projet retravailler continuellement sur les tapes pr c dentes. cet effet, P ch , Mieyeville et Gaultier (2013) identifient une coexistence de la pens e design avec la boucle de l apprentissage exp rientiel de Kolb (1984) et en font l int gration dans leur mod le. Cette logique it rative serait d ailleurs commune aux tapes de la pens e design et de la boucle d apprentissage exp rientiel. Dans le cas d ADS, elle a favoris une alternance entre l espace-probl me et l espace-solution , en r f rence aux concepts de Lindberg, Gumienny, Jobst et Meinel (2010).
TABLEAU 1.2. La pens e design dans le projet ADS

2.2. Les diff rents comit s et leurs fonctions
Dans le choix et la mise en place des comit s, la consid ration des attentes en amont et en aval d un projet est importante. Les comp tences mobilis es au sein de ces derniers, et ce, dans les diff rentes phases d un projet, ne sont pas les m mes (Garel et Li vre, 2011). Dans le cadre du projet ADS, plusieurs comit s ont t cr s afin de r pondre aux besoins structurels du projet. Ces comit s sont en rapport direct avec les diff rentes dimensions du projet ADS, soit l intervention, la recherche, l exp dition, les finances, les communications et la documentation ( figure 1.2 ). Ils sont constitu s de personnes sp cialis es dans des domaines d expertise particuliers, qui peuvent galement se retrouver dans plusieurs de ces comit s.
FIGURE 1.2. Les diff rents comit s du projet

Le comit Intervention regroupait l ensemble des acteurs participant l intervention aupr s des adolescents et de leurs parents. Cette quipe interdisciplinaire se composait d une psychologue, d une psycho ducatrice, d une orthophoniste, d une enseignante en adaptation scolaire et de trois intervenants en contexte de nature et d aventure (ici appel s guides-facilitateurs). Ces sept professionnels avaient pour mandat de penser le processus d intervention en regard des besoins et des buts d intervention du projet. L expertise et la compl mentarit de chacun des membres de l quipe d intervention devaient permettre de faire face la complexit de ce projet. La richesse et la complexit du processus d intervention interdisciplinaire sont d crites dans le chapitre 5.
Le comit Recherche tait constitu de chercheurs ainsi que d tudiants au doctorat et la ma trise rattach s deux universit s du r seau de l Universit du Qu bec, soit l Universit du Qu bec Trois- Rivi res (UQTR) et l Universit du Qu bec Chicoutimi (UQAC). Leurs activit s sont d crites plus pr cis ment la section 2.3.2.
Le comit Exp dition tait compos de sp cialistes de ce champ d activit qui ont pens l ensemble des tapes relatives aux activit s d aventure et d exp dition en contexte naturel du projet. Les moments forts d ADS se caract risaient par une immersion importante en contexte de nature et d aventure. Le point culminant de ce projet a t l exp dition au N pal, tape d licate n cessitant la pr sence de sp cialistes en mati re d exp dition et de haute montagne. Ce comit avait galement comme responsabilit la logistique et la gestion des risques lors des activit s d aventure et de nature. En effet, l utilisation de la modalit IPNA demande un encadrement particulier qui tient compte des contraintes environnementales et de la logique interne des activit s d aventure.
Le comit Finance a eu pour mandat de trouver le financement n cessaire pour mener ce projet terme. Son ampleur provinciale et le nombre de personnes en cause ont n cessit de planifier et de mettre en place plusieurs collectes de fonds qui ont fait appel aux partenaires du projet et d autres donateurs, et qui s inscrivaient dans une vaste strat gie regroupant plusieurs initiatives afin de r unir les fonds n cessaires au projet. La principale collecte, le D fi ADS, s est d roul e pendant toute une journ e la Station touristique de Stoneham. Les donateurs taient invit s relever un d fi physique afin de soutenir le projet et la cause. Les strat gies de financement devaient tre audacieuses et efficaces afin de s assurer de recueillir les fonds n cessaires la bonne r alisation du projet.
Ce projet ne pouvait se concr tiser et g n rer les retomb es souhait es (notamment relatives la sensibilisation) sans structurer une importante strat gie de communication. C est dans cette perspective qu une quipe de tournage a t mobilis e. Pour tre inspirante, porteuse et en coh rence avec le but de sensibilisation, l exp rience ADS devait tre partag e. Ainsi, un comit Documentaire a eu pour mandat de produire un film qui relate l exp rience de ces adolescents vivant avec une dysphasie, mais aussi de faire conna tre l intervention psychosociale par la nature et l aventure. C est l quipe de Dahu/Films qui a assur le tournage sur le terrain, la r alisation et la coproduction du documentaire.
En ce qui concerne le comit Communication, il a eu la responsabilit de communiquer l information sur les diff rentes phases du projet plusieurs m dias qu b cois ainsi que d en assurer la couverture m diatique tout au long du processus 2 .
2.3. Les diff rents volets du projet
Le projet La dysphasie, au-del du sommet comporte deux volets principaux, soit l intervention et la recherche, conform ment aux grands buts du projet. Une description en est faite dans cette section du chapitre.
2.3.1. Le volet intervention
La probl matique g n rale voqu e dans l introduction met en vidence la n cessit de soutenir les adolescents vivant avec une dysphasie. Les difficult s et obstacles auxquels ces jeunes sont confront s sont nombreux et vari s. C est sur cette base que l quipe d intervention s est mise au travail afin de d terminer le but g n ral autour duquel s articulerait le processus d intervention, soit soutenir le d veloppement de l autod termination d adolescents vivant avec une dysphasie. L autod termination est un concept qui peut tre appr hend selon diff rentes perspectives (Caouette, 2014). titre d exemple, il peut tre vu comme un droit, celui de s autogouverner (Nirje, 1972), ou encore comme un besoin (Deci et Ryan, 1985). Dans le cadre de notre projet, nous nous int ressons plus particuli rement l autod termination sous l angle des capacit s, en plus d en faire notre but g n ral d intervention. En ce sens, l autod termination se con oit comme un nombre "d habilet s et d aptitudes requises chez une personne lui permettant d agir directement sur sa vie et d effectuer librement des choix non influenc s par des agents externes indus (Wehmeyer et Lachapelle, 2006, p. 69). Se d veloppant tout au cours de la vie, l autod termination se d cline en quatre composantes qui, elles, s expriment par diff rentes capacit s interreli es, comme le montre la figure 1.3 .
L autod termination se con oit comme un nombre "d habilet s et d aptitudes requises chez une personne lui permettant d agir directement sur sa vie et d effectuer librement des choix non influenc s par des agents externes indus .
FIGURE 1.3. Les composantes et capacit s associ es l autod termination

Source: Bergeron (2012), cit dans Wehmeyer, Agran et Hughes (1998, p. 8, traduction libre).
Deux consid rations principales justifient le choix de la cible d autod termination. Premi rement, Wehmeyer (2015) relate l envergure des preuves scientifiques actuelles entourant l importance de l autod termination chez les adolescents prouvant des difficult s, et ce, tant pour la r ussite de la vie postscolaire que de la vie scolaire. S appuyant sur diff rentes recherches, il indique que l autod termination est entre autres associ e l acc s au programme g n ral de formation, l atteinte d objectifs scolaires ainsi qu une exp rience d emploi plus positive.
L autod termination constitue donc une variable d terminante reli e la r ussite ducative (Blanchard, Pelletier, Otis et Sharp, 2004; Deci et Ryan, 2002) et l insertion socioprofessionnelle (Powers et al ., 2012; Wehemeyer et Palmer, 2003). Notons au passage que l autod termination est consid r e comme une cible d intervention privil gier dans un contexte o les enjeux de la transition de l adolescence la vie adulte sont pr sents (Cooney, 2002), comme c est le cas dans le projet ADS.
Deuxi mement, l autod termination relative d une personne se refl te par le d ploiement de plusieurs habilet s et aptitudes particuli res, dont certaines semblent plus limit es chez les jeunes dysphasiques. titre d exemple, ces derniers mobilisent moins de strat gies de r solution de conflit (Horowitz, Jansson, Ljunberg et Hedenbro, 2005), prennent moins d initiatives que leurs pairs dans les t ches de collaboration (Brinton, Fujiki et Higbee, 1998), d tiennent moins d habilet s de n gociation (Brinton, Fujiki et Mckee, 1998) et moins de comp tences sociales (McCormack et al ., 2009). Qui plus est, l adoption de comportements autonomes constitue souvent une capacit plus limit e chez ces jeunes (Conti-Ramsden et Durkin, 2008; Whitehouse, Watt, Line et Bishop, 2009). Le d veloppement de l autod termination des adolescents vivant avec une dysphasie semble donc une cible cruciale d intervention, d autant plus que le soutien offert ces jeunes tend se faire de plus en plus rare mesure qu ils vieillissent 3 et que les difficult s observ es sur les plans social, communicationnel, scolaire et comportemental semblent persister, selon plusieurs travaux cit s par Michallet et Boudreault (2014). Notons d ailleurs que l importance du soutien l autod termination n est pas trang re deux des enjeux d veloppementaux centraux de cette p riode tumultueuse qu est l adolescence, soit celui du d veloppement des comp tences sociales et de l autonomie.
L importance du soutien l autod termination n est pas trang re deux des enjeux d veloppementaux centraux de cette p riode tumultueuse qu est l adolescence, soit celui du d veloppement des comp tences sociales et de l autonomie.
Le processus d intervention psychosociale par la nature et l aventure mis en uvre pour soutenir l autod termination s inscrit dans une perspective d veloppementale vis es th rapeutiques. Sans qu il soit ici question de psychoth rapie, la trame clinique d ploy e et la constitution m me de l quipe interdisciplinaire (qui int gre des professionnels membres d un ordre: psychologue, orthophoniste et psycho ducateur) permettent la mise en place d interventions de soutien sp cialis . Appuy e par une d marche clinique r flexive, une connaissance approfondie de la situation et des particularit s de chaque adolescent conduit des objectifs personnalis s ainsi qu la r alisation d un bilan clinique individuel au terme du projet. Par l entremise de la posture d intervention du projet ADS, l quipe s est appliqu e mettre en place un cadre s curitaire autour des occasions offertes par le contexte de nature et d aventure pour permettre aux jeunes d exercer leurs capacit s. Dans une logique visant le minimum de soutien requis ainsi que la diff renciation des interventions en regard du profil de chaque participant, il devient ainsi possible de renforcer les comp tences existantes et de contribuer au d veloppement de comp tences mergentes. Gr ce la dimension syst mique du projet, les jeunes et leurs parents taient appel s faire l exp rience d une conscience d eux-m mes plus globale, mieux conna tre leurs dynamiques relationnelles et moduler certaines de leurs perceptions. En ce sens, le projet d IPNA-ADS a permis de contribuer faciliter la "pouss e d veloppementale de jeunes adolescents vivant avec une dysphasie, et ce, par des situations exp rientielles les ouvrant une plus grande conscience d eux-m mes, de leurs rapports aux autres et au milieu naturel.
Le projet d IPNA-ADS a permis de contribuer faciliter la "pouss e d veloppementale de jeunes adolescents vivant avec une dysphasie.
Compte tenu de l ampleur du processus d intervention d ploy dans le cadre de ce projet d IPNA, un chapitre entier du pr sent ouvrage est consacr illustrer la nature du soutien offert, la posture d intervention ainsi que les occasions de d veloppement de l autod termination fournies par l approche. Le chapitre 4 offre donc plusieurs rep res d intervention pour inspirer les acteurs qui souhaiteraient s engager dans une telle aventure.
2.3.2. Le volet recherche
Le volet recherche de ce projet visait contribuer l avancement des connaissances scientifiques entourant la dysphasie et plus largement l intervention psychosociale par la nature et l aventure. Ce volet s est d clin en deux axes comportant chacun un objectif de recherche pr cis ( tableau 1.3 ).
TABLEAU 1.3. Les axes de recherche et leurs objectifs

Coordonn par la professeure et chercheure Genevi ve Bergeron, ce volet du projet a t soutenu par trois partenaires principaux. La Chaire de recherche Normand-Maurice 4 de l Universit du Qu bec Trois-Rivi res, dirig e par la professeure et chercheure Nadia Rousseau, s est engag e dans l axe 2 en plus d offrir un soutien financier. Le Laboratoire international sur l inclusion scolaire (LISIS) 5 a contribu financi rement la r alisation de la recherche de l axe 1. Plus largement, le Conseil r gional de pr vention de l abandon scolaire (CR PAS) Saguenay-Lac-Saint-Jean 6 a jou un r le-conseil dans les tapes de la r alisation de la programmation de recherche et a facilit les d marches de diffusion des r sultats.
Comme il visait d crire les retomb es du projet ADS sur les jeunes, l axe 1 comportait un projet de recherche pilot par Catherine Dumoulin, professeure et chercheure l Universit du Qu bec Chicoutimi. Suzie Tardif (doctorante l UQAC), Genevi ve Bergeron, L na Bergeron (toutes deux professeures l UQTR) et S bastien Rojo (doctorant et charg de cours l UQTR) ont galement contribu la r alisation de la recherche. Le tableau 1.4 r sume le projet ainsi que la m thodologie utilis e. Les r sultats de cette recherche sont pr sent s au chapitre 6.
TABLEAU 1.4. propos du projet de recherche de l axe 1

L axe 2, qui visait quant lui d crire l exp rience scolaire des jeunes pr sentant une dysphasie, a repos sur un projet de recherche dirig par Nadia Rousseau. Genevi ve Bergeron et L na Bergeron ont galement contribu la recherche. Le tableau 1.5 r sume le projet ainsi que la m thodologie utilis e. Les r sultats de cette recherche sont pr sent s au chapitre 3.
TABLEAU 1.5. propos du projet de recherche de t axe 2

Le volet recherche a engendr plusieurs activit s de diffusion des connaissances, et d autres sont en cours de pr paration 7 . Cet ouvrage constitue videmment une retomb e directe du projet.
3. Les acteurs
Afin de mener bien un projet de cette ampleur, les acteurs engag s dans l aventure doivent instaurer une relation de coop ration. Il existe, sur le plan de la gestion relationnelle, deux types de liens: les liens faibles, constitu s intentionnellement dans le but de mener le projet terme, et les liens forts, d j pr sents et constituant l essentiel des ressources (Lecoutre et Li vre, 2010). Le responsable de la gestion de projet doit tenir compte de ces deux types de liens, car il devra utiliser diff rentes strat gies de gestion afin d utiliser bon escient les liens faibles tout en potentialisant les liens forts. Il importe d tre attentif ce que l instrumentalisation d une relation n ait pas de cons quences sur sa p rennit et qu incidemment on se prive d un important moyen d action (Dameron, 2004).
Un nombre important d acteurs s taient engag s dans ce projet. Des acteurs centraux (les adolescents, leurs parents et les intervenants) taient au c ur du processus d intervention, alors que d autres se situaient davantage en p riph rie (le porte-parole, les parrains et marraines). Mais il est important de mentionner que tous les participants, qu ils aient t centraux ou en p riph rie, ont occup un r le significatif, et que leurs actions et r actions se sont r v l es interd pendantes sur plusieurs plans.
Le processus de recrutement des membres de l quipe d intervention s est fait naturellement en se constituant autour du r seau professionnel des cofondateurs du projet. Il tait important que les membres de la future quipe ADS partagent la m me vision du projet. Par cons quent, l quipe d intervention regroup e autour de ces jeunes tait constitu e de plusieurs sp cialistes de diff rents champs disciplinaires. Ils portaient tous en eux le d sir de faire une diff rence aupr s des jeunes en g n ral et de leur faire (re)d couvrir leur plein potentiel. Choisis pour leur expertise mais aussi pour leurs qualit s humaines, sept intervenants se sont retrouv s dans l quipe d intervention: une psychologue et zooth rapeute, une orthophoniste, une psycho ducatrice, une orthop dagogue et trois guides-facilitateurs d aventure. Comme le soulignent R cop , Li vre et Rix-Li vre (2011), le regroupement de ces comp tences humaines et professionnelles permet l engagement total de ces personnes dans un projet qui leur fournit la possibilit de mobiliser des comp tences particuli res et qui correspond leurs valeurs. Ces sp cialistes de l intervention ont la qualit d tre innovants dans leurs approches, mais leur engagement dans le projet ADS les a men s dans une d marche de d veloppement personnel et professionnel qu ils ne soup onnaient pas. Comme Schmid et Adams (2008) le mettent en vidence, l engagement effectif est essentiel pour la bonne r alisation d un projet qui am ne les intervenants bien au-del de leurs comp tences personnelles et de leur ad quation au projet.
L quipe tait constitu e de plusieurs sp cialistes de diff rents champs disciplinaires. Ils portaient tous en eux le d sir de faire une diff rence aupr s des jeunes en g n ral et de leur faire (re)d couvrir leur plein potentiel.
Neuf adolescentes et adolescents vivant avec une dysphasie et g s de 15 19 ans ont choisi de s engager dans ce projet de dix-huit mois. Tous pr sentaient des troubles persistants du langage de s v rit s vari es (l gers s v res), dont la conclusion de dysphasie (trouble primaire du langage) a t confirm e pour sept jeunes sur neuf 8 . Un diagnostic avait g n ralement t tabli avant l ge de 5 ans. Aucun jeune ne pr sentait de diagnostic de d ficience intellectuelle ni de trouble du spectre de l autisme. Le profil recherch chez ces jeunes avait au pr alable t d termin par l quipe d intervention, et des crit res g n raux ont balis la s lection (Fournier-Chouinard, Bergeron et Rojo, 2011). Ces adolescents ont t choisis dans diff rentes villes de la province de Qu bec. Les parents ont t convi s les accompagner et participer avec eux au projet. Ce sont donc 17 parents qui ont pris part au projet.
Plusieurs autres acteurs ont gravit autour du projet. Tout d abord, quatre parrains et marraines ont accompagn le groupe durant presque tout le projet et m me en exp dition au N pal. Leur participation s est articul e autour d une triple finalit : tre des adultes significatifs aupr s des jeunes, tre des agents de changement dans leur communaut et collecter des fonds pour le projet. En s engageant dans diff rentes phases du projet, ils ont d eux aussi relever certains d fis afin de mener leur mission bien. Ensuite, certains sp cialistes se sont engag s aupr s des jeunes durant les phases pr paratoires; une tudiante en zooth rapie et une kin siologue ont travaill certains objectifs d intervention et de pr paration physique dans les premi res phases du projet. Enfin, le projet a n cessit la pr sence d un porte-parole inspirant et porteur du message d espoir que le projet voulait v hiculer. Gabriel Filippi, alpiniste de renom qui a atteint deux fois le sommet de l Everest, a accept de se joindre au projet. En plus de devenir l ambassadeur du projet, il a particip une partie de l exp dition au N pal.
4. Le choix et la mise en place de la modalit d intervention
Afin de soutenir le d veloppement de l autod termination des adolescents, la modalit IPNA a t choisie. Le paragraphe suivant explique sommairement ce que repr sente l intervention psychosociale par la nature et l aventure, mais une description plus exhaustive est pr sent e dans la conclusion de l ouvrage.
L intervention psychosociale par la nature et l aventure constitue une modalit d intervention flexible et plurielle pouvant prendre des formes vari es sur un continuum de programmes ayant des vis es ducatives jusqu des vis es th rapeutiques.
4.1. La modalit IPNA
L intervention psychosociale par la nature et l aventure constitue une modalit d intervention flexible et plurielle pouvant prendre des formes vari es sur un continuum de programmes ayant des vis es ducatives jusqu des vis es th rapeutiques. Ces vis es sont elles-m mes d termin es en fonction des besoins de la client le et des milieux, des buts du projet ainsi que des ressources humaines n cessaires. La dimension psychosociale qui caract rise cette modalit d intervention renvoie cette intention de favoriser le d veloppement intrapersonnel par la rencontre interpersonnelle, c est- -dire par la mise en relation avec l autre et la nature ainsi que par le processus d aventure. Cela s effectue dans le cadre d exp riences vari es, significatives, multisensorielles, relationnelles et adapt es aux capacit s de la personne.

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