Les Jeunes adultes faiblement scolarises
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Français

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Les Jeunes adultes faiblement scolarises , livre ebook

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Description

Favoriser le retour aux études ainsi que la persévérance et la réussite scolaires des adultes les plus faiblement scolarisés est une stratégie indispensable de développement pour les sociétés postmodernes. En effet, plus les adultes sont formés, plus ils sont en mesure de participer de façon active au développement des sociétés et aux profondes ­transformations de celles-ci.
Comptant parmi les adultes les plus faiblement scolarisés, les jeunes de 16 à 24 ans font face à de nombreux défis. Ils ont souvent vécu des difficultés persistantes dans leur cheminement scolaire, puisqu’ils sont jugés comme « lents », « inadaptés » ou encore « à problèmes ». Plusieurs options, tant au secteur de l’éducation des adultes qu’en formation générale ou professionnelle, s’offrent néanmoins à eux et leur permettent d’obtenir un premier diplôme ou une qualification qui faciliteront leur insertion socioprofessionnelle et leur épanouissement personnel.
S’adressant aux professionnels (chercheurs, éducateurs ou intervenants) qui travaillent à mieux connaître ces jeunes adultes et qui souhaitent améliorer leurs offres de formation ainsi que leurs pratiques de formation et d’accompagnement, cet ouvrage présente les résultats de plusieurs recherches récentes sur le sujet. Il aborde les caractéristiques et les besoins de nature psychosociale et psychopédagogique des adultes de 16 à 24 ans inscrits en formation générale des adultes, le projet de carrière comme dimension fondamentale de la persévérance scolaire, la formation des enseignants des centres d’éducation des adultes ainsi que les réalités associées à la formation qualifiante.
Si la dimension scolaire ne peut expliquer à elle seule les situations de décrochage et de raccrochage, les milieux de formation peuvent certainement jouer un rôle-clé en développant des réponses formatives tenant compte des besoins diversifiés des jeunes adultes.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 26 août 2015
Nombre de lectures 1
EAN13 9782760543232
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0035€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Collection DUCATION -RECHERCHE
Les d veloppements r cents de la recherche en ducation ont permis de susciter diverses r flexions p dagogiques et didactiques et de proposer plusieurs approches novatrices reconnues. Les nouveaux courants de recherche donnent lieu un dynamisme et une cr ativit dans le monde de l ducation. Cons quemment, la collection ducation-Recherche des Presses de l Universit du Qu bec offre un lieu de pr sentation des plus r cents r sultats de recherche dans le domaine de l ducation. Respectant les crit res de scientificit des revues arbitr es, cette collection offre l occasion aux chercheures et chercheurs de pr senter l tat des connaissances dans leurs domaines ou encore de diriger un num ro th matique sur un sujet d int r t.
La collection ducation-Recherche est dirig e par Nadia Rousseau, forte d une grande exp rience de recherche et de transfert des connaissances et tr s active dans la valorisation des r sultats de la recherche.
Les jeunes adultes faiblement scolaris s
Presses de l Universit du Qu bec
Le Delta l, 2875, boulevard Laurier, bureau 450, Qu bec (Qu bec) G1V 2M2
T l phone : 418 657-4399
Courriel : pub@puq.ca
T l copieur : 418 657-2096
Internet : www.puq.ca
Diffusion/Distribution:
C ANADA
Prologue inc., 1650, boulevard Lionel-Bertrand, Boisbriand (Qu bec) J7H 1N7 T l.: 450 434-0306 / 1 800 363-2864
F RANCE
AFPU-D - Association fran aise des Presses d universit Sodis, 128, avenue du Mar chal de Lattre de Tassigny, 77 403 Lagny, France - T l.: 01 60 07 82 99
B ELGIQUE
Patrimoine SPRL, avenue Milcamps 119, 1030 Bruxelles, Belgique - T l.: 02 7366847
S UISSE
Servidis SA, Chemin des Chalets 7, 1279 Chavannes-de-Bogis, Suisse - T l.: 022 960.95.32

La Loi sur le droit d auteur interdit la reproduction des uvres sans autorisation des titulaires de droits. Or, la photocopie non autoris e - le "photocopillage - s est g n ralis e, provoquant une baisse des ventes de livres et compromettant la r daction et la production de nouveaux ouvrages par des professionnels. L objet du logo apparaissant ci-contre est d alerter le lecteur sur la menace que repr sente pour l avenir de l crit le d veloppement massif du "photocopillage .
Les jeunes adultes faiblement scolaris s
Parcours de formation et besoins d accompagnement
Sous la direction de CARINE VILLEMAGNE JULIE MYRE-BISAILLON
Catalogage avant publication de Biblioth que et Archives nationales du Qu bec et Biblioth que et Archives Canada
Vedette principale au titre:
Les jeunes adultes faiblement scolaris s: parcours de formation et besoins d accompagnement
(Collection ducation-recherche; 36)
Comprend des r f rences bibliographiques.
ISBN 978-2-7605-4321-8
ISBN EPUB: 978-2-7605-4323-2
1. D crocheurs - Services - Qu bec (Province). 2. Jeunes adultes - ducation - Qu bec (Province). 3. Formation professionnelle des jeunes - Qu bec (Province). I. Villemagne, Carine, 1972-. II. Myre Bisaillon, Julie, 1976-. III. Collection: Collection ducation-recherche; 36.
LC145.C3J48 2015 371.2 91309714 C2015-940699-4

Conception graphique Richard Hodgson
Image de couverture iStock
Mise en pages Presses de l Universit du Qu bec
D p t l gal: 3 e trimestre 2015 Biblioth que et Archives nationales du Qu bec Biblioth que et Archives Canada
2015 - Presses de l Universit du Qu bec Tous droits de reproduction, de traduction et d adaptation r serv s
Imprim au Canada
Remerciements
Nous remercions Nadia Rousseau et le groupe de recherche Qualification et insertion socioprofessionnelle des jeunes adultes qu b cois (QISAQ), financ par le Fonds de recherche du Qu bec - Soci t et culture, pour leur soutien financier et moral tout au long de cette aventure. Merci galement aux auteurs de cet ouvrage pour leur participation active et aussi leur patience! Enfin, un merci tout sp cial tous les participants qui ont accept de donner de leur temps dans chacune des tudes dont les r sultats sont pr sent s dans cet ouvrage. Sans eux, la recherche ne serait pas aussi porteuse de sens.
Carine Villemagne et Julie Myre-Bisaillon
Table des mati res
Remerciements
Liste des figures et des tableaux
Introduction
Carine Villemagne et Julie Myre-Bisaillon
Chapitre 1 Comprendre les profils psychosociaux des jeunes adultes inscrits l ducation des adultes pour soutenir ad quatement leur parcours scolaire
Julie Marcotte, Genevi ve L vesque, Julie Corbin et Aude Villatte
1. L ducation tout au long de la vie et la seconde chance
2. Description de l tude
2.1. Les participants et la proc dure
2.2. Les instruments de mesure
2.3. Les analyses
3. R sultats: quatre profils de jeunes apprenants de 16 24 ans
3.1. Classe 1: les jeunes sans probl mes majeurs
3.2. Classe 2: les jeunes ouverts et r silients
3.3. Classe 3: les jeunes victimis s et en d tresse
3.4. Classe 4: les jeunes en grande d tresse et avec des probl mes de comportement
4. Discussion: les grands constats issus de l tude
4.1. Les jeunes de 16 24 ans ne sont pas tous vuln rables
4.2. Le besoin d accompagnement de deux sous-groupes d apprenants
4.3. Les jeunes femmes sont en mauvaise posture: l exp rience relationnelle scolaire serait-elle en cause?
Conclusion
R f rences
Chapitre 2 Une description des profils et des besoins psychologiques et psychop dagogiques de jeunes g s de 16 24 ans inscrits la formation g n rale des adultes
Michelle Dumont, Nadia Rousseau, Danielle Leclerc, Line Mass , France Beaumier et Suzie McKinnon
1. Probl matique
1.1. Les profils psychologique et psychop dagogique des jeunes ayant des difficult s l cole
1.2. Les besoins manifest s par des jeunes ayant des difficult s
2. tude des profils et des besoins psychologiques et psychop dagogiques
2.1. M thode
2.2. R sultats
3. Discussion: les pistes de solutions pour les tablissements scolaires
3.1. Appr hender l apprenant dans sa globalit et dans sa singularit
3.2. D velopper une relation de qualit avec les apprenants
3.3. Favoriser le d veloppement personnel des jeunes adultes et le d veloppement d un r pertoire de strategies de r ussite
3.4. Mettre en place une communaut d apprentissage entre les apprenants et l enseignant
3.5. Lier les apprentissages avec les objectifs d insertion socioprofessionnelle et favoriser le recours des conseillers d orientation
3.6. Autres consid rations
R f rences
Chapitre 3 Ces d crocheurs de l cole secondaire qui s accrochent un centre d ducation des adultes: qui sont-ils?
Faustine Carroz, Danielle Maltais et ve Pouliot
1. L ampleur du d crochage scolaire et de ses cons quences
2. Un dispositif de raccrochage scolaire qui semble efficace au Qu bec: les centres d ducation des adultes
3. M thodologie
4. R sultats
4.1. Le d roulement g n ral du parcours scolaire au primaire, au secondaire et au CEA
4.2. Quand les d crocheurs s accrochent et raccrochent: des facteurs de risque aux facteurs de protection
4.3. L image de soi des jeunes tout au long de leur scolarit
4.4. Les sentiments des r pondants face au CEA
5. Discussion des r sultats
Conclusion
R f rences
Chapitre 4 Les pr occupations de carri re de jeunes de 16 18 ans qui s inscrivent dans un centre d ducation des adultes
Julie Myre-Bisaillon, Alexandre Brien et Carl Beaudoin
1. Les pr occupations de carri re et le d veloppement de carri re selon le mod le de Super (1985)
1.1. Les l ves en difficult d apprentissage et le processus de choix de carri re
1.2. Les variables influen ant le stade d exploration
2. Objectifs de recherche
3. M thodologie
3.1. Les donn es sociod mographiques (Myre-Bisaillon, Auger et B dard, 2007)
3.2. L estime de soi (Rosenberg, 1979)
3.3. La d tresse psychologique (Martin, Sabourin et Gendreau, 1989)
3.4. La r solution de probl mes (D Zurilla, Nezu et Maydeu-Olivares, 1996)
4. R sultats
4.1. Les pr occupations de carri re des EHDAA
4.2. Les constats sur le stade d exploration
4.3. L influence de diff rentes variables sur le stade d exploration
Discussion et conclusion
R f rences
Chapitre 5 R ussite scolaire et projets de carri re d adultes scolaris s en formation g n rale des adultes
Carine Villemagne et Julie Myre-Bisaillon
1. Probl matique
2. R ussite scolaire et projet de carri re l ge adulte
3. Consid rations m thodologiques de la recherche
4. Portraits sociod mographique et scolaire des adultes
4.1. Portrait sociod mographique des adultes
4.2. Portrait scolaire des adultes
5. tudier en formation de base commune
5.1. Les motivations tudier
5.2. Le projet de formation des adultes
5.3. Le projet de carri re des adultes
6. Discussion des r sultats
6.1. La dimension contextuelle des projets de carri re des adultes
6.2. Le d veloppement vocationnel des adultes
Conclusion
R f rences
Chapitre 6 Une activit clinique pour la formation l intervention aupr s d apprenants adultes Perceptions des acteurs
Carine Villemagne et Enrique Correa Molina
1. La r alit des adultes faiblement scolaris s
2. La question de la formation initiale
3. Les fondements de l activit clinique
3.1. Description de l activit clinique
3.2. L activit clinique, adapt e la dimension adulte
4. L aspect m thodologique
5. Les r sultats de recherche
5.1. Les comp tences d clar es ou reconnues dans l activit enseignante des tudiants
5.2. La Clinique orthop dagogique dans le cadre de l ducation des adultes
6. Discussion
6.1. Des comp tences professionnelles en progression
6.2. La Clinique dans le cadre de l ducation aux adultes
Conclusion
R f rences
Chapitre 7 Mise en relation des besoins d aide l apprentissage et des besoins de formation des enseignants exer ant la formation g n rale des adultes aupr s des jeunes de 16 18 ans ayant des difficult s d apprentissage ou d adaptation
Nadia Rousseau, Michelle Dumont, Danielle Leclerc, Line Mass , France Beaumier, St phanie Bergevin et Suzie McKinnon
1. La formation g n rale des adultes et la situation des jeunes de 16 24 ans
1.1. Quelques l ments consid rer
1.2. Qu est-ce qu un besoin?
2. D marche m thodologique
2.1. Les besoins de formation des enseignants
2.2. Les besoins d aide l apprentissage des l ves
2.3. Les participants
2.4. L analyse des donn es
3. R sultats
3.1. Les besoins de formation des enseignants
3.2. Les besoins d aide l apprentissage des l ves
4. Concordance entre les besoins des enseignants et ceux des l ves
4.1. Coh rence chez les enseignants
4.2. Coh rence entre le discours des enseignants et celui des l ves
4.3. Un projet de formation continue qui r pond aux r alit s particuli res des milieux
Conclusion
Annexe 7.1. Questionnaire sur les besoins de formation des enseignants des centres d ducation des adultes (projet FQRSC)
R f rences
Chapitre 8 Les choix scolaires et les obstacles la participation des jeunes adultes non dipl m s inscrits en formation professionnelle
lisabeth Mazalon et Sylvain Bourdon
1. La qualification des jeunes adultes de moins de 20 ans en formation professionnelle
1.1. Une m connaissance de la population des jeunes adultes inscrits en formation professionnelle
1.2. Les obstacles la participation des jeunes adultes non dipl m s inscrits dans un programme en formation professionnelle
2. Contexte et m thode de l enqu te
3. R sultats
3.1. Les motifs du choix du programme
3.2. Les obstacles dispositionnels
3.3. Les obstacles situationnels
3.4. Les obstacles institutionnels
3.5. Jeunes adultes ou sans dipl me, quels sont les facteurs distinctifs?
Discussion et conclusion
R f rences
Chapitre 9 L laboration et la mise en uvre d un portfolio pour favoriser la connaissance de soi et le d veloppement de l employabilit des jeunes adultes pr sentant une d ficience intellectuelle l g re
Mathieu Point, Ghislain Samson, France Joyal et Audrey Dumont
1. Contexte
2. Probl matique
3. Objectif de recherche
4. M thodologie
4.1. Un mod le de recherche-action-formation (RAF)
4.2. Les participants
4.3. Les outils de collecte de donn es
4.4. Le traitement et l analyse des donn es
5. R sultats
5.1. L laboration du portfolio
5.2. La mise en uvre du portfolio
5.3. Les retomb es sociales et scientifiques
Conclusion
R f rences
Notices biographiques
Liste des figures et des tableaux
Figure 4.1. Arc-en-ciel de la carri re
Figure 6.1. Fonctionnement de l quipe clinique
Figure 9.1. Les diff rentes tapes r alis es lors de la recherche-action-formation
Tableau 1.1. Questionnaires utilis s pour appr hender les variables l tude
Tableau 2.1. Analyse de la variance du genre et des groupes d ge pour les profils psychologique et psychop dagogique de jeunes fr quentant un centre d ducation des adultes ( n = 610)
Tableau 2.2. Analyse de la variance du genre et des groupes d ge pour les besoins psychologiques et psychop dagogiques de jeunes fr quentant un centre d ducation des adultes ( n = 610)
Tableau 4.1. Moyenne au stade d exploration en fonction des diff rents chantillons
Tableau 4.2. Jeunes adultes "fortement pr occup s ou "tr s fortement pr occup s (4 et 5 l chelle de Likert) aux diff rentes t ches
Tableau 4.3. Items pour lesquels les jeunes adultes sont le plus fortement pr occup s
Tableau 4.4. Variables influen ant le stade d exploration ( chantillon total)
Tableau 4.5. Variables influen ant le stade d exploration chez les l ves HDAA ( n = 120)
Tableau 4.6. Variables influen ant le stade d exploration chez les l ves sans difficult s ( n = 45)
Tableau 7.1. R partition de l importance accord e par les participants (enseignants) aux besoins de formation
Tableau 8.1. Diff rences d importance accord e aux facteurs de choix du programme de formation professionnelle selon les groupes d l ves (analyse de la variance)
Tableau 8.2. Diff rences entre les obstacles dispositionnels selon les groupes d l ves (analyse de la variance)
Tableau 8.3. Diff rences entre les obstacles situationnels selon les groupes d l ves (analyse de la variance)
Tableau 8.4. Diff rences entre les obstacles institutionnels selon les groupes d l ves (analyse de la variance)
Tableau 8.5. R gression logistique multinomiale, facteurs de choix et obstacles la formation selon les groupes d l ves (JASD r f rence) ( n = 483)
Introduction
Carine Villemagne
Julie Myre-Bisaillon
Depuis plusieurs d cennies, l ducation des adultes est reconnue l chelle internationale comme une dimension ducative indispensable au rehaussement du niveau de formation g n rale des populations adultes (B langer, 2002). Inscrite dans la perspective de l apprentissage tout au long de la vie (Institut de l UNESCO pour l apprentissage tout au long de la vie, 2010), l ducation des adultes est non seulement un droit fondamental pour les individus en vue de permettre leur panouissement multidimensionnel, mais elle est aussi une strat gie de d veloppement pour les soci t s postmodernes: plus les adultes participent des activit s structur es d ducation ou de formation, plus ils sont port s se former et s engager ult rieurement dans des activit s de formation; plus ils sont form s, plus ils sont en mesure de participer de fa on active au d veloppement des soci t s et aux profondes transformations de celles-ci (Alheit et Dausien, 2002; Institut de l UNESCO pour l apprentissage tout au long de la vie, 2010).
C est la raison pour laquelle plusieurs pays ou provinces, inspir s par les travaux de la commission Delors (1996) et de la V e Conf rence internationale sur l ducation des adultes (UNESCO, 1997), ont entrepris la r forme de leurs syst mes ducatifs. Ils ont renouvel leurs politiques et plans d action en mati re d ducation et de formation des adultes; ils ont r nov les programmes ducatifs et adopt un ensemble de mesures concr tes visant pr ciser la demande de formation des adultes peu scolaris s (moins d un niveau de 5 e secondaire) et favoriser le retour aux tudes ainsi que la pers v rance et la r ussite scolaires des adultes les plus faiblement scolaris s. Au Qu bec, les nouvelles orientations de l ducation des adultes r sultent de cette volont d arrimage avec les orientations prises par l UNESCO en 1997 (Mercier, 2004). Ainsi, depuis 2002, la promotion de la formation de base aupr s des adultes qu b cois est r alis e dans le cadre de la Politique gouvernementale d ducation des adultes et de formation continue et du plan d action qui l accompagne (Minist re de l ducation du Qu bec, 2002a, 2002b).
Parmi les adultes les plus faiblement scolaris s, les plus jeunes font face de nombreux d fis. La p riode de vie des 16-24 ans est en effet une p riode "sensible d exploration identitaire. Situ e aux fronti res de l adolescence et de l ge adulte, cette p riode est marqu e par de multiples transitions qui ne sont pas toujours couronn es par la r ussite, et ce, autant dans la sph re priv e de la vie amoureuse et familiale que dans celle de la scolarit et de la vie professionnelle (Gaudet, 2007). Du point de vue de leur parcours de formation, les jeunes adultes faiblement scolaris s rapportent bien souvent une exp rience n gative et prouvante de l cole. Ils ont v cu des difficult s persistantes dans leur cheminement scolaire (Roy, 2005) les ayant amen s fr quenter des classes sp ciales ou des cheminements particuliers. Ils ont t jug s tout au long de leur parcours scolaire "lents , "inadapt s , ou encore " probl mes (Roy, 2005). Pour beaucoup, ces exp riences les ont fragilis s et stress s, tout en ayant une incidence sur leur estime de soi ou encore leur sant mentale (Desmarais, 2000). Plusieurs options au secteur de l ducation des adultes, en formation g n rale ou professionnelle, s offrent n anmoins eux en vue d obtenir un premier dipl me ou une qualification qui faciliteront leur insertion socioprofessionnelle et leur panouissement personnel.
Si les travaux de recherche de langue fran aise sur les jeunes adultes faiblement scolaris s sont longtemps demeur s marginaux au Canada, les mutations socio conomiques internationales et locales ainsi que les r formes ducatives men es au Qu bec ont cr un contexte extr mement fertile au d ploiement de la recherche en ce domaine (Solar et Tremblay, 2008). Ainsi, cet ouvrage pr sente les r sultats de plusieurs recherches r centes afin d en favoriser la diffusion aupr s de professionnels (chercheurs, ducateurs ou intervenants) qui cherchent mieux conna tre ce public en pleine croissance dans les espaces formatifs qui leur sont propos s, et qui souhaitent galement am liorer tant les offres de formation que les pratiques de formation et d accompagnement qui sont offertes aux jeunes adultes faiblement scolaris s. Il y a en effet lieu de d velopper une meilleure compr hension de la situation des jeunes adultes faiblement scolaris s afin de d velopper des environnements ducatifs et des pratiques ducatives qui leur offrent une r ponse la fois globale et diff renci e (Bourdon et Roy, 2004). Les jeunes adultes veulent trouver du sens leur parcours pr sent de formation en b n ficiant de r ponses ducatives adapt es la compr hension de ce qu ils sont et de ce qu ils vivent (Conseil de la sant et du bien- tre, 2001).
Plus pr cis ment, cet ouvrage collectif rassemble neuf chapitres dont les pr occupations sont convergentes et compl mentaires. Les deux premiers chapitres abordent au moyen de recherches grande chelle les caract ristiques et les besoins de nature psychosociale et psychop dagogique des jeunes adultes de 16 24 ans inscrits en formation g n rale des adultes. Ainsi, Julie Marcotte, Genevi ve L vesque, Julie Corbin et Aude Villatte se sont pench es sur les caract ristiques personnelles, familiales, sociales et scolaires pr sentes et pass es de jeunes adultes de 16 24 ans poursuivant leur formation dans huit centres d ducation des adultes diff rents. De leur analyse, elles d gagent quatre sous-groupes d apprenants, mettant en vidence que le groupe d ge cibl par leur tude constitue un groupe h t rog ne du point de vue des parcours de vie et des exp riences pass es, mais aussi des risques de d crochage l ducation des adultes. Pour les auteures, il est rassurant de constater qu une majorit des jeunes adultes ayant particip leur tude fonctionnent bien l ducation des adultes et que les entraves leurs tudes sont peu nombreuses, si ce n est la n cessit de trouver du sens celles-ci. N anmoins, un quart de ces jeunes, surtout des jeunes femmes, vivent des situations tr s pr occupantes. Fragilis es par des v nements traumatiques, ces jeunes femmes ont grand besoin de services sp cialis s qui pourraient leur viter une marginalisation chronique ou les cantonner dans la mis re multidimensionnelle dont elles sont issues.
Pour leur part, Michelle Dumont, Nadia Rousseau, Danielle Leclerc, Line Mass , France Beaumier et Suzie McKinnon ont valu le profil psychologique et psychop dagogique de 610 jeunes adultes de 16 24 ans qui, ayant un cheminement scolaire atypique, sont inscrits dans des centres d ducation des adultes. Leur tude met en vidence quelques effets de genre et de groupe d ge. Notamment, les filles se disent plus stress es et adoptent davantage de strat gies adaptatives que les gar ons, mais indiff remment du genre, les 19-24 ans utilisent plus de strat gies d adaptation de type productif que les 16-18 ans. galement, les gar ons ont un plus grand sentiment de comp tence globale que les filles. Ces diff rentes caract ristiques ont permis aux auteures d effectuer des recommandations concr tes telles qu un plus grand soutien affectif des filles, plus d interactions entre les apprenants et entre les apprenants et l enseignant tant pour les apprentissages que pour les liens socioaffectifs; et enfin, il semble fort important que les jeunes adultes soient appr hend s dans leur globalit et leur singularit .
Les auteures du troisi me chapitre de cet ouvrage, Faustine Carroz, Danielle Maltais et ve Pouliot, vont dans le m me sens que les deux tudes pr c dentes: l analyse de la situation des jeunes adultes inscrits dans un centre d ducation des adultes doit prendre en consid ration les dimensions personnelles, sociales, familiales, scolaires pass es et pr sentes des apprenants pour mieux comprendre comment ils raccrochent apr s avoir d croch . Les auteures se sont pench es particuli rement sur 14 gar ons g s de 18 ans ou moins afin d tudier si les centres d ducation des adultes r pondent leurs besoins et r alit s. Faustine Carroz et ses collaboratrices montrent ainsi que selon la perception des jeunes hommes rencontr s, leur exp rience scolaire et de vie est tr s diff rente de celle pass e. Ils ont peu de d fis de comportement, ils se sentent plus matures, ils sont mieux soutenus par leur famille, ils vivent moins de conflits avec leurs pairs et surtout, ils per oivent recevoir plus de soutien p dagogique. Ils ont galement des enseignants qu ils consid rent comme plus qualifi s qu au secteur des jeunes, avec lesquels les relations sont plus positives et plus agr ables. En somme, ces jeunes hommes per oivent qu ils sont leur place pour tudier et se forger un avenir meilleur.
Les deux chapitres qui suivent mettent en exergue une dimension fondamentale dans la pers v rance scolaire chez les jeunes adultes, celle du projet de carri re reposant sur des choix de carri re suffisamment clarifi s et r fl chis. La question en jeu est celle de favoriser une meilleure orientation professionnelle des jeunes adultes. Julie Myre-Bisaillon, Alexandre Brien et Carl Beaudoin se sont pench s sur les pr occupations de carri re de jeunes de 16 18 ans inscrits la formation g n rale des adultes. Utilisant l Inventaire des pr occupations de carri re, les auteurs mettent en vidence que les tr s jeunes adultes consid rent avoir un plan d action en int grant le centre d ducation des adultes, mais que ce plan est insuffisamment ancr dans une exploration en profondeur des possibilit s professionnelles qui s offrent eux, et ce, plus encore pour les l ves qui, dans leur parcours, ont t identifi s l ves handicap s ou en difficult d adaptation ou d apprentissage (EHDAA).
la suite de l analyse du discours de 65 adultes inscrits en formation de base commune, dont pr s de 60 ont moins de 25 ans, Carine Villemagne et Julie Myre-Bisaillon exposent des r sultats similaires dans le chapitre suivant. En premier lieu, les adultes de la recherche se r f rent d abord un dipl me plut t qu un m tier particulier lorsqu ils se projettent dans l avenir et qu ils parlent de leur future carri re; en second lieu, leur projet de formation l ducation des adultes semble d j soumis de nombreuses modifications. Enfin, ils veulent un dipl me d tudes secondaires avant de s orienter vers des formations professionnelles. Dans ce chapitre, les auteures abordent galement dans une perspective historique et syst mique les parcours scolaires et de vie des adultes de la recherche, mettant en lumi re que leurs exp riences scolaires et de vie sont globalement plus positives, mais que les adultes sont en situation de tr s grande pr carit et que malgr leur relative jeunesse, leur tat de sant est jug passable.
Toujours en formation g n rale des adultes, deux chapitres se penchent sur la formation initiale et continue des formateurs qui travaillent aupr s des jeunes adultes. Carine Villemagne et Enrique Correa Molina s interrogent sur un dispositif particulier de formation pratique mettre en place dans le cadre d un programme de baccalaur at en adaptation scolaire et sociale afin de pr parer les futurs enseignants l accompagnement orthop dagogique des apprenants adultes. La mise en place et l valuation de cette "Clinique orthop dagogique destin e une population apprenante adulte mettent en relief la pertinence de celle-ci, mais aussi et surtout les grands besoins de formation associ s l enseignement dans un centre d ducation des adultes. Si les futurs enseignants y voient une occasion professionnelle tr s stimulante, ils se sentent peu outill s pour enseigner et accompagner de fa on individuelle cette population scolaire aux caract ristiques et aux besoins particuliers.
Pour poursuivre la r flexion li e la formation des enseignants dans les centres d ducation des adultes, Nadia Rousseau, Michelle Dumont, Danielle Leclerc, Line Mass , France Beaumier, St phanie Bergevin et Suzie McKinnon traitent des besoins de formation continue des enseignants la lumi re des points de vue et des propos d enseignants eux-m mes, mais aussi de jeunes adultes. Il appara t ainsi que les enseignants souhaitent de la formation continue propre la r alit de leur milieu et ancr e dans leurs pratiques. Les besoins prioritaires de formation touchent les relations entre les diff rents acteurs, que ce soit la collaboration entre professionnels ou la relation ma tre- l ve. Le besoin de mieux communiquer mis par les jeunes adultes int gre par ailleurs la dimension affective de l apprentissage dans cette r flexion. L h t rog n it des apprenants g n re galement de grands besoins de formation dans un contexte de rajeunissement des adultes qui s inscrivent la formation g n rale des adultes, de complexification de leurs caract ristiques, mais galement de renouveau p dagogique.
Pour terminer cet ouvrage, deux chapitres proposent d explorer deux r alit s associ es la formation qualifiante des jeunes adultes. lisabeth Mazalon et Sylvain Bourdon pr sentent les choix de formation des jeunes adultes non dipl m s ainsi que les obstacles auxquels ils font face comparativement ceux auxquels font face, d une part, les jeunes adultes d tenteurs d un dipl me et, d autre part, les adultes non dipl m s plus g s. Leurs conclusions permettent d avancer que les jeunes adultes non dipl m s arrivent en formation professionnelle en cumulant des obstacles, dispositionnels en particulier, qui les diff rencient la fois des jeunes dipl m s et des adultes sans dipl me et qui peuvent constituer des freins particuliers leur participation et leur r ussite.
Enfin, Mathieu Point, Ghislain Samson, France Joyal et Audrey Dumont traitent du d veloppement d un portfolio professionnel pour favoriser la connaissance de soi et le d veloppement de l employabilit de jeunes adultes pr sentant une d ficience intellectuelle l g re. L usage d un tel portfolio semble aider les l ves r aliser une r flexion sur leurs centres d int r t professionnels, leurs forces et leurs exp riences de travail, ce qui permet une meilleure connaissance de soi. Le portfolio s av re galement une aide la communication, notamment lors d entrevues pour l obtention d un emploi. De plus, la mise en uvre du portfolio rend plus concr te, par son c t imag , la d marche d insertion professionnelle et elle permet de mettre en vidence les forces des l ves et les d fis qu ils ont relev s sur le plan scolaire.
Comme nous pouvons le constater dans cette br ve pr sentation des chapitres r unis dans cet ouvrage collectif, les auteurs abordent la question des jeunes adultes faiblement scolaris s sous divers angles et selon plusieurs perspectives m thodologiques et th oriques. Ces diff rents textes sont notamment r v lateurs de la complexit inh rente au fait que les jeunes adultes faiblement scolaris s correspondent un public d apprenants tr s h t rog ne. Autant de besoins diversifi s appellent des r ponses formatives particuli res dans des milieux d apprentissage en pleine transformation. Il appara t clair que la dimension scolaire ne peut expliquer elle seule les situations de d crochage et de raccrochage, mais que les milieux de formation peuvent y jouer un r le-cl . La formation initiale des futurs enseignants et la formation continue des enseignants exer ant l ducation des adultes apparaissent une des voies de solution importantes afin de favoriser la cr ativit et l innovation dans les pratiques ducatives et les services offerts aux jeunes adultes faiblement scolaris s.
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CHAPITRE 1
Comprendre les profils psychosociaux des jeunes adultes inscrits l ducation des adultes pour soutenir ad quatement leur parcours scolaire
Julie Marcotte
Genevi ve L vesque
Julie Corbin
Aude Villatte 1
R SUM
Le Qu bec, comme plusieurs soci t s postmodernes, reconna t l apport ind niablement fondamental de l ducation dans le d veloppement des individus et la croissance socio conomique d une population. En ce sens, l apprentissage tout au long de la vie constitue une vis e centrale de notre collectivit . Dans les derni res d cennies, cette importance accord e la scolarisation des jeunes a entra n des modifications au portrait de la population scolaire des tablissements qu b cois d ducation des adultes. N tant plus seulement destin e aux adultes matures, la formation g n rale des adultes correspond dor navant un dispositif de raccrochage scolaire dont le r le est la qualification minimale des jeunes ayant quitt l cole secondaire sans avoir obtenu de dipl me.
Ce chapitre illustre les caract ristiques personnelles, familiales, sociales, scolaires pass es et pr sentes de ces jeunes raccrocheurs. Pour ce faire, nous nous appuyons sur les r sultats d une tude r alis e entre 2007 et 2010 aupr s de 386 jeunes de 16 24 ans inscrits diff rents services d enseignement offerts dans 8 centres d ducation des adultes du secteur public qu b cois. Une analyse de classes latentes a t effectu e afin de discriminer des sous-groupes partir de notre chantillon. Cette d marche statistique a permis de d gager quatre profils psychosociaux et donc de mettre en exergue l h t rog n it de ce groupe d apprenants. Les grands constats qui mergent de l tude nous permettent d affirmer que la majorit des jeunes de 16 24 ans de notre chantillon s adapte bien. En revanche, le quart d entre eux pr sente d importants besoins d accompagnement. Finalement, il est montr que les jeunes femmes sont plus fragilis es par certaines exp riences relationnelles pass es, lesquelles viennent teinter leur adaptation psychosociale actuelle. Afin de favoriser une trajectoire de r ussite chez ces jeunes apprenants, l adaptation des services offerts par les centres d ducation des adultes s av re essentielle.
1. L ducation tout au long de la vie et la seconde chance
Dans la foul e des travaux de la sixi me Conf rence internationale sur l ducation des adultes (2009), le rapport mondial sur l apprentissage et l ducation des adultes (Institut de l UNESCO pour l apprentissage tout au long de la vie, 2010) t moigne quel point plusieurs soci t s situent d sormais l avant-plan de leur croissance socio conomique l apprentissage tout au long de la vie. V ritable vecteur de d veloppement personnel, social et mondial, l accessibilit l ducation et la formation continue constitue en effet un point central des orientations gouvernementales de plusieurs soci t s postmodernes. En mati re d ducation des adultes, le syst me d ducation qu b cois faisait preuve d avant-gardisme en promulguant, en 1988, la Loi sur l instruction publique (LIP), qui oblige le r seau scolaire ouvrir ses portes aux adultes (Conseil sup rieur de l ducation, 1992). D s lors, "l institutionnalisation de l ducation des adultes dans le r seau ducatif qu b cois se solde par une int gration de la population adulte celle des jeunes et, par voie de cons quence, une dilution de la sp cificit de l ducation des adultes (Solar, 1995, p. 445). Plus de vingt ans plus tard, le syst me d ducation des adultes au Qu bec correspond dor navant un dispositif de seconde chance et de rattrapage dont la vocation est la qualification minimale des jeunes qui d cident de quitter l cole secondaire sans avoir obtenu leur dipl me. En 2007-2008, on estimait qu environ un jeune de 16 18 ans sur cinq passait directement au secteur des adultes pour combler des retards dans sa trajectoire ducative, obtenir un premier dipl me et, pour plusieurs, viter le d crochage. La popularit des centres d ducation des adultes aupr s des jeunes Qu b cois n est pas n gligeable, puisque leur population est en progression continue et que plus de la moiti est compos e de jeunes de moins de 25 ans (Minist re de l ducation, du Loisir et du Sport [MELS], 2011). Ce portrait contraste fortement avec les donn es de 1984-1985, o l on comptait environ 1,3 de jeunes de moins de 20 ans inscrits dans un centre d ducation des adultes (MELS, 2009). Cons quemment, l affluence record de ces jeunes signifie galement un ajustement en mati re de services, de pratiques et d attitudes pour ces tablissements d enseignement d abord destin s aux adultes matures qui d sirent mettre niveau leur qualification et leurs connaissances (Drolet et Richard, 2006; Rousseau et al ., 2010).
Cette augmentation massive des jeunes adultes au sein des dispositifs d ducation des adultes doit donc tre d cortiqu e pour que nous puissions, d une part, bien comprendre et d finir les besoins particuliers de ces jeunes (Marcotte, Cloutier et Fortin, 2010; Rousseau et al ., 2010). tort, il est souvent pr sum que ces jeunes sont, en essence, un groupe homog ne et vuln rable. Pourtant, lorsque questionn s sur le choix de s inscrire en formation g n rale des adultes, ils voquent des parcours vari s et des raisons multiples. D autre part, il est imp ratif qu une telle analyse tienne compte du carrefour o se trouvent les jeunes ce moment pr cis de leur vie, un moment charni re o ils s appr tent int grer les r les sociaux d adultes. Cette p riode, couramment d sign e "vie adulte mergente ( emerging adulthood ) (Arnett, 2000, 2007; Schwartz, C t et Arnett, 2005), comporte son lot de d fis. Elle est notamment marqu e par l ind cision, l instabilit et la construction identitaire, qui d passent largement la sph re ducationnelle. Ces enjeux inh rents la vie adulte mergente viennent moduler la compr hension des trajectoires des jeunes adultes qui choisissent de s inscrire l ducation des adultes.
Dans ce chapitre, nous nous attacherons donc d crire les jeunes de 16 24 ans gr ce aux donn es recueillies dans le cadre d une tude men e entre 2007 et 2010 aupr s de 386 jeunes apprenants inscrits dans 8 centres d ducation des adultes au Qu bec. En adoptant une posture th orique inspir e des mod les psychod veloppemental et cologique, les r sultats et le propos de ce chapitre mettent l accent sur les caract ristiques personnelles, familiales, sociales, scolaires pass es et pr sentes des 16-24 ans qui poursuivent leur scolarisation la formation g n rale des adultes. Cette tude s inscrit d ailleurs l int rieur d un d ploiement plus vaste de recherches portant sur l ducation des adultes instaur es au cours des derni res ann es (Solar, 1995; Solar et Tremblay, 2008; Solar, Solar-Pelletier et Solar-Pelletier, 2006) sous l impulsion, notamment, du programme de subvention de recherche Pers v rance et r ussite scolaires 2 , dont les orientations strat giques visaient, entre autres, l am lioration des connaissances des jeunes l ducation aux adultes. Le projet de recherche qui fait l objet de ce chapitre a d ailleurs b n fici d une subvention de ce programme.
2. Description de l tude
Cette section pr sente de mani re succincte les aspects m thodologiques associ s la d marche de recherche. ce sujet, notons qu en vertu des objectifs et du cadre th orique cette tude exploratoire s appuyait sur un devis mixte comportant un volet quantitatif et un volet qualitatif. Dans le cadre du volet quantitatif, nous voulions dresser un portrait personnel, familial et scolaire des jeunes de 16 24 ans acc dant au secteur de l ducation des adultes, comparer ces jeunes en fonction de leur genre et de leur r gion de provenance et d finir des sous-groupes de jeunes pr sentant des caract ristiques similaires. Dans le cadre du volet qualitatif, l objectif tait d valuer la pers v rance et la r ussite scolaires ainsi que l efficacit des services re us en recontactant les jeunes ayant accept de participer la deuxi me phase de l tude. Mentionnons qu aux fins du pr sent chapitre nous aborderons tr s rapidement les l ments m thodologiques et nous pr senterons uniquement les r sultats relatifs l objectif portant sur la d finition des sous-groupes de jeunes apprenants. Toutefois, le lecteur int ress aux autres dimensions de l tude peut se r f rer au rapport final ainsi qu aux articles publi s la suite de cette tude 3 .
2.1. Les participants et la proc dure
L chantillon de convenance du volet quantitatif se compose de 386 jeunes de 16 24 ans inscrits diff rents services d enseignement offerts dans 8 centres d ducation des adultes du secteur public qu b cois (6 commissions scolaires), r partis dans 3 r gions: Capitale-Nationale, Mauricie et Estrie. Les femmes ( n = 202) repr sentent 52,3 de l chantillon et les hommes ( n = 184), 47,7 . Du c t de la distribution des groupes d ge, les 16-17 ans forment environ le quart de l chantillon total ( n = 105 ou 27,2 ), tandis que 72,8 sont du sous-groupe des 18-24 ans ( n = 281). L ge moyen des participants est de 19,07 ans ( .t. = 2,12). Au moment de la collecte de donn es, soit aux heures normales de cours, les participants devaient signer un formulaire de consentement en pr sence de la chercheuse et de l assistante de recherche. Le formulaire utilis comportait deux sections: une premi re portant sur la collecte de donn es quantitatives (temps 1) et une seconde informant le jeune adulte de la possibilit de participer l entrevue qualitative un an plus tard (temps 2). Le cas ch ant, il devrait fournir les coordonn es utiles pour qu un membre de l quipe de recherche puisse le contacter. Apr s avoir donn son accord "libre et clair et sign le formulaire, le participant se voyait remettre le protocole de collecte de donn es. Selon les participants, une p riode de 45 75 minutes tait n cessaire pour remplir les questionnaires et chacun recevait, pour sa collaboration, une compensation financi re de vingt-cinq dollars. Quant au volet qualitatif, 77 jeunes de 16 24 ans ont particip l entrevue de relance t l phonique. De ce nombre, les deux tiers sont des femmes ( n = 51) et le dernier tiers sont des hommes ( n = 26), ce qui traduit une repr sentativit chantillonnale l g rement plus lev e des femmes lors de la deuxi me phase de l tude (66,7 ) comparativement la premi re phase (52,3 ). Pour ce second temps de mesure, une entrevue t l phonique semi-dirig e a t r alis e un an apr s la prise de mesure initiale. la suite d une proc dure de s lection accidentelle, un sous- chantillon d apprenants ont t contact s par t l phone. L ensemble des donn es tait recueilli par des tudiants de premier cycle en psycho ducation et enregistr sur support num rique. Notons galement que pour ce dernier volet de l tude, une nouvelle compensation financi re de vingt-cinq dollars tait vers e au participant (par mandat postal).
2.2. Les instruments de mesure
Le protocole de recherche propos lors du volet quantitatif tait compos de 14 instruments de mesure permettant de saisir et de mesurer de fa on multidimensionnelle la r alit des 16 24 ans l ducation des adultes. Certains questionnaires "maison ont t cr s pour les besoins de l tude. Toutefois, la majorit des mesures utilis es constituent des instruments valid s. Le tableau 1.1 pr sente les caract ristiques des questionnaires.
TABLEAU 1.1. Questionnaires utilis s pour appr hender les variables l tude


2.3. Les analyses
En nous appuyant sur l hypoth se selon laquelle les jeunes de 16 24 ans inscrits la formation g n rale des adultes au Qu bec constituent un groupe h t rog ne, nous voulions v rifier s il tait possible de d finir des profils distincts au sein de ce groupe partir de leurs caract ristiques psychosociales. Pour ce faire, nous avons fait appel une analyse de classes latentes, qui permet de discriminer des sous-groupes partir d indicateurs d termin s par les chercheurs sans que ceux-ci aient pr sumer du nombre de classes (ou de sous-groupes) au d part. Cette proc dure est centr e sur les sujets et non sur les variables, ce qui signifie qu elle regroupe les personnes ayant des caract ristiques similaires. Le choix des variables qui ont t ins r es dans l analyse a t effectu afin de repr senter les indicateurs familiaux et psychosociaux, pass s et pr sents, des situations des jeunes. Plus pr cis ment, les variables suivantes ont t choisies pour l analyse de classes latentes: 1) Histoire traumatique pass e: s vices physiques, motionnels et sexuels; 2) Histoires de services re us: placement en vertu de la protection de la jeunesse, services scolaires sp cialis s (p. ex. classe sp ciale); 3) Probl mes ext rioris s actuels: d linquance, comportements agressifs et intrusifs; 4) D tresse psychologique actuelle; 5) Estime de soi; 6) Risque suicidaire; 7) Identit : exploration et engagement.
3. R sultats: quatre profils de jeunes apprenants de 16 24 ans
Les indicateurs choisis ont permis de d gager quatre profils 4 distincts au sein de l chantillon des jeunes de 16 24 ans de notre tude. Le mod le quatre classes (plut t qu un mod le trois ou cinq classes) a t retenu sur la base du crit re Bayesian (BIC) permettant d atteindre le mod le le plus parcimonieux de classement des sujets. En outre, la probabilit d attribution d un individu une classe tait de 96,1 , ce qui r v le une excellente qualit de classification. Les quatre profils de jeunes apprenants sont d crits dans les sections suivantes.
3.1. Classe 1: les jeunes sans probl mes majeurs
Ce premier profil est le plus pr valent: il repr sente 54 de l chantillon. Au total, 212 jeunes s y retrouvent et les hommes y sont en plus grand nombre (60 ). Ce groupe est caract ris par l absence de probl mes s rieux, int rioris s ou ext rioris s (d tresse psychologique, probl mes de comportement). Aucun pass vident de s vices physiques, motionnels ou sexuels ne marque l histoire de ces jeunes. Ces derniers sont sous-repr sent s dans les diff rents types de services sp cialis s au cours de leur enfance et de leur adolescence. Ce sous-groupe de jeunes pr sente galement un faible niveau d exploration identitaire associ des niveaux moyens d engagement. Enfin, les niveaux lev s d estime de soi affich s par ces jeunes semblent tre en accord avec le profil globalement adapt de cette classe. En somme, ces jeunes pr sentent tr s peu de difficult s pass es et un ajustement pr sent positif. D ailleurs, il semble qu ils soient en tous points semblables aux jeunes de leur ge, mis part leurs retards scolaires (qui peuvent s inscrire dans une non-lin arit normale du parcours ducationnel) et leur faible niveau d exploration identitaire. Bref, ces jeunes fonctionnent bien au sein de ces milieux et on peut pr sumer qu ils sont peu risque de d crocher de nouveau.
3.2. Classe 2: les jeunes ouverts et r silients
Les jeunes de ce deuxi me profil constituent 21 de l chantillon (82 jeunes) et les filles y sont l g rement surrepr sent es (60 ). Ces jeunes affichent un profil semblable au premier: ils pr sentent peu ou pas de probl mes majeurs actuels. Ils sont toutefois plus actifs sur le plan de l exploration identitaire, ce qui signifie qu ils envisagent plusieurs options par rapport ce qu ils veulent devenir et ne sont pas pr ts s engager dans une voie pr cise pour le moment. Le score d estime de soi de cette classe est le plus lev de l chantillon, et ce, malgr le fait que le quart des l ves ont t plac s en vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse durant l enfance ou l adolescence et qu un tiers d entre eux ont re u des services sp cialis s l cole. Cette combinaison des services sociaux ou ducatifs - g n ralement associ s des risques (Berzin, 2010) - et des niveaux lev s d estime de soi et d exploration identitaire a contribu l hypoth se selon laquelle ces jeunes montraient de la r silience et taient diff rents des jeunes du premier profil cet gard.
3.3. Classe 3: les jeunes victimis s et en d tresse
Sur l chantillon, 13 se situent dans le troisi me profil (47 jeunes, 89 de femmes et 11 d hommes). Les jeunes de cette classe ont manifestement l histoire la plus vidente de traumatismes durant l enfance et l adolescence, comme l indiquent les niveaux lev s de s vices physiques, motionnels ou sexuels. En outre, ces jeunes ont actuellement faire face d importants probl mes int rioris s comme la d tresse psychologique et les id ations suicidaires, en plus d afficher une faible estime de soi. En mati re de services re us durant l enfance ou l adolescence, plus du tiers ont t plac s sous les services de protection de la jeunesse et pr s de la moiti a re u des services sp cialis s d enseignement.
3.4. Classe 4: les jeunes en grande d tresse et avec des probl mes de comportement
Parmi les participants l tude, 12 se situent dans ce dernier profil (45 jeunes, 46 d hommes et 54 de femmes). En d pit du fait que cette classe regroupe le moins d l ves, elle englobe les jeunes pr sentant les plus lourdes difficult s actuelles. En effet, les jeunes de cette classe pr sentent un niveau lev de d tresse psychologique et de probl mes ext rioris s (les scores les plus lev s de l ensemble de l chantillon). De plus, la moiti d entre eux a song au suicide dans la derni re ann e. ces difficult s s ajoute un score tr s faible d estime de soi (le plus faible de l chantillon). Bien que ces jeunes ne pr sentent pas d histoires d abus ni de recours aux services de protection de la jeunesse, ils sont toutefois nombreux avoir re u des services sp cialis s en milieu scolaire.
4. Discussion: les grands constats issus de l tude
Nous pouvons affirmer que les jeunes de 16 24 ans de notre chantillon inscrits la formation g n rale des adultes constituent un groupe h t rog ne et qu une majorit fonctionne bien et ne pr sente pas de difficult s actuelles majeures (Classe 1 et Classe 2). En revanche, le quart d entre eux constitue une source d inqui tudes et pr sente des besoins qui n cessitent des interventions adapt es (Classe 3 et Classe 4). En effet, parmi ces jeunes risque, certains souffrent de traumatismes pass s ayant une incidence sur leur pr sent, alors que d autres affichent une probl matique ext rioris e qui risque de camoufler s rieusement leur d tresse et leur besoin d aide actuels. Ainsi, nous pourrions conclure que les jeunes qui se retrouvent dans les deux derniers profils pr sentent un risque non n gligeable de d crocher de nouveau et de vivre divers probl mes d adaptation l ge adulte. Cependant, ce sont ces jeunes risque qui se r v lent galement les plus susceptibles de profiter des services psychosociaux mis en place dans les centres d ducation des adultes. Ces services semblent b n fiques pour augmenter leur capacit pers v rer sur le plan scolaire, mais aussi pour donner une orientation plus positive leur vie de fa on g n rale (Marcotte, Cloutier et Fortin, 2010; Marcotte, Lachance et L vesque, 2011; Marcotte, Villatte et L vesque, 2014). Malgr leur nombre minoritaire, ces jeunes doivent recevoir une attention sp ciale compte tenu de leur pr sence dans les centres d ducation des adultes et donc, de la possibilit encore r alisable de les rejoindre et de contribuer r orienter leur trajectoire.
Les sections suivantes mettent en lumi re le fait qu une majorit de jeunes apprenants s adaptent plut t bien malgr les emb ches scolaires rencontr es, alors qu une proportion non n gligeable d entre eux pr sentent des d fis et des besoins importants en mati re de services et d accompagnement. De cela, il ressort galement que les jeunes femmes semblent vivre des difficult s pass es et pr sentes qui les rendent plus vuln rables que les jeunes hommes.
4.1. Les jeunes de 16 24 ans ne sont pas tous vuln rables
Les r sultats montrent d abord qu une part importante de l chantillon (54 ) se r v le tre sans probl mes majeurs (Classe 1). La trajectoire de ces jeunes semble tout fait habituelle, si ce n est le retard accumul dans leur parcours scolaire. Bien que ces apprenants adultes puissent avoir t consid r s comme risque de d crocher au secondaire, leur cheminement peut galement tre compris la lumi re des travaux qui soulignent les discontinuit s de plus en plus fr quentes dans les parcours scolaires (Charbonneau, 2006; Charbonneau et Poirier, 2006) et le d tachement des jeunes face au statut d l ve (d Ortun, 2009). Ce d tachement est peut- tre indirectement favoris par le contexte ducatif qu b cois qui, gr ce l accessibilit et la popularit des secondes chances, rend le "rattrapage facile et r pandu (Piron, 2002). Or, compte tenu du fait que ces jeunes sont peu engag s dans un processus de qu te identitaire, il est toutefois plausible de croire, comme le soutiennent certains auteurs, que ces apprenants font face une profusion de choix qui paralyse leur processus d cisionnel et contribue au retard dans leur trajectoire ducative (Schwartz, C t et Arnett, 2005). En effet, Schwartz et ses collaborateurs ont montr que les valeurs individualistes des soci t s postmodernes et la multiplicit de choix ducationnels et professionnels possibles auxquels sont confront s les jeunes adultes favorisent un d sengagement relatif chez certains d entre eux, qui n osent pas prendre de d cision ou explorer des choix par crainte de se tromper. En revanche, il est aussi possible que ce sous-groupe se d finisse autrement qu partir de leur r le d apprenant (peut- tre celui de travailleur, par exemple), ce qui contribue une r duction des efforts fournis dans ce domaine particulier de leur vie. En outre, ces jeunes symbolisent bien les enjeux macrosociaux qui entourent le passage la vie adulte, et leur parcours s av re semblable celui des tudiants postsecondaires, qui est marqu de pauses et d interruptions (Bourdon, Charbonneau, Cournoyer et Lapostolle, 2007). Pour r pondre efficacement aux besoins de ces jeunes, il faut s attacher travailler autour du sens que ces jeunes accordent l apprentissage et favoriser des situations o ils per oivent clairement la pertinence des savoirs. Pour ces jeunes, des interventions visant la projection dans le futur inspir es notamment des concepts de soi possibles (Garcia et Pintrich, 1995; Leondari, 2007; Markus et Nurius, 1986) ou de buts orient s vers l avenir (Luyckx, Lens, Smits et Goossens, 2010; Miller et Brickman, 2004) pourraient sans doute tre appropri es pour guider et soutenir le d veloppement d une vision d avenir ainsi que la motivation scolaire.
Le deuxi me groupe d fini, soit les jeunes ouverts et r silients (Classe 2), semble tre anim par les enjeux d veloppementaux propres leur ge, et plus particuli rement la qu te identitaire. Malgr certaines difficult s dans leur parcours personnel et scolaire pass (services ducatifs et sociaux), ces jeunes pr sentent un bon niveau d adaptation actuel (absence de d tresse et estime de soi lev e) et sont activement engag s dans une recherche de soi (exploration identitaire) qui s accompagne de confiance envers l avenir. Les membres de ce sous-groupe semblent inscrire leur d marche de raccrochage scolaire l int rieur d une volont de donner un sens leur vie. Cons quemment, le passage en formation g n rale des adultes est susceptible d agir tel un tremplin dans la trajectoire de ces jeunes qui semblent vouloir r ellement profiter de cette "seconde chance. En outre, l heure o la d marche d individualisation s av re une t che cruciale pour l adaptation personnelle et sociale des jeunes adultes (C t , 2005; Schwartz, C t et Arnett, 2005), l influence des centres d ducation des adultes au cours de cette p riode critique peut s av rer tr s positive pour une personne encline potentialiser les ressources et les possibilit s offertes (Gaudet, 2005; Rousseau et al ., 2010). Les services les plus susceptibles de soutenir ces jeunes sont ceux qui viseront l accompagnement, la connaissance de soi et l orientation professionnelle et scolaire. Dans leur forme actuelle, les services d accueil, de r f rence, de conseil et d accompagnement (SARCA) (Direction de l ducation des adultes et de l action communautaire, 2009) constituent probablement des services offerts au sein des centres d ducation des adultes qui r pondent bien aux besoins de ces jeunes.
4.2. Le besoin d accompagnement de deux sous-groupes d apprenants
Le troisi me profil d fini comporte des caract ristiques particuli res et des besoins plus importants. Les jeunes victimis s et en grande d tresse (Classe 3), profil compos 89 de femmes, correspondent aux apprenants dont la trajectoire scolaire difficile et interrompue (dans 85 des cas) est en fait le sympt me de traumatismes majeurs ayant contribu fragiliser la trajectoire d veloppementale. En effet, ce groupe se diff rencie principalement en fonction des v nements traumatiques (s vices physiques, motionnels ou sexuels et n gligence) v cus pendant l enfance et par les difficult s (faible estime de soi et d tresse psychologique), toujours actuelles, composer avec ce pass . Au sein de ce profil, les jeunes sont plus susceptibles d avoir b n fici de services sociaux (protection de la jeunesse) dans leur enfance, et probablement d avoir d croch en raison de difficult s personnelles et familiales au secondaire. Par ailleurs, il s av re que les jeunes femmes de ce profil sont plus souvent m res, comparativement aux apprenantes des autres profils. Ce fait contribue fragiliser encore plus leur d marche la formation g n rale des adultes. Afin de soutenir leur raccrochage, il appara t clair que ce sous-groupe affiche des besoins importants en mati re de services psycho ducatifs, psychologiques et de services de garde. Des horaires flexibles et des modalit s qui tiennent compte de leurs r alit s scolaires (retards cumul s, objectifs court terme) et parfois familiales (conciliation famille- tudes, situations socio conomiques pr caires) contribueront viter un red crochage. Par ailleurs, des services compl mentaires sp cialis s (psychologie, service social et psycho ducation) ancr s dans la r alit des jeunes adultes et disponibles au sein des centres d ducation des adultes s av reraient particuli rement b n fiques pour ces jeunes dont les besoins d passent largement la sph re scolaire. De plus, pour ces jeunes fragilis s, l ducation et la qualification constituent souvent un des seuls moyens pour viter la marginalisation chronique, la d pendance financi re et, surtout, la transmission interg n rationnelle des difficult s. Leur pr sence au sein des centres d ducation des adultes constitue une fen tre unique pour intervenir aupr s de ces jeunes qui sont un carrefour critique o ils peuvent rediriger leur vie loin des contextes vuln rabilisants de l enfance (Masten et al ., 2005). L inscription la formation g n rale des adultes constitue donc, pour ces jeunes haut risque, un premier pas vers le changement et l empowerment (Ross et Gray, 2005), que les centres d ducation des adultes doivent potentialiser.
Finalement, les jeunes en grande d tresse et avec des probl mes de comportement (Classe 4) s av rent le sous-groupe pr sentant le niveau le plus lev de risque. En effet, ces jeunes affichent la fois des probl mes int rioris s et ext rioris s. Ce sous-groupe repr sente bien la perp tuation de la "mis re ducative (B langer, Carignan-Marcotte et Staiculescu, 2007) et constitue sans aucun doute celui qui est le plus susceptible de d crocher de nouveau. Les difficult s actuelles de ce sous-groupe semblent maner directement des stigmates laiss s par un parcours ducationnel difficile, o les checs scolaires et les probl mes d adaptation ont entrav le d veloppement de l estime de soi et de relations positives avec les enseignants et les l ves. Ces jeunes s av rent ceux dont les probl matiques multiples et complexes (abus d alcool et drogues, d linquance, manque de soutien social et familial, etc.) risquent d agir directement sur les facteurs d inclusion, de pers v rance et de r ussite scolaires (Dessureault et Granger, 1997). Bien que leurs probl mes ext rioris s viennent probablement nuire leur int gration au sein de la formation g n rale des adultes, il demeure que ce sous-groupe constitue sans contredit celui dont les besoins sont les plus prononc s et les plus vari s. En plus de soutien p dagogique, ces jeunes ont galement besoin de services psychologiques et psycho ducatifs afin de favoriser leur d veloppement personnel, leur adaptation et leur pers v rance scolaire. Comme pour le profil pr c dent, on peut penser que le passage la formation g n rale des adultes de ces jeunes haut risque t moigne d un d sir de changement sur lequel il faut miser pour viter une marginalisation adulte plus s v re et chronique.
4.3. Les jeunes femmes sont en mauvaise posture: l exp rience relationnelle scolaire serait-elle en cause?
Le portrait bross par les analyses statistiques souligne que la situation des jeunes femmes pr sente davantage de facteurs de risque que celle des jeunes hommes. Cette r alit s observe principalement sur le plan du v cu familial pass et pr sent: les femmes sont plus susceptibles que les hommes d avoir v cu un placement, des abus sexuels et de l instabilit familiale. Par ailleurs, elles sont plus nombreuses mentionner avoir une relation de mauvaise qualit avec leur p re, elles ont plus souvent un ou des enfants et elles sont moins nombreuses habiter chez leurs parents, comparativement aux hommes de l chantillon. Sur le plan de l adaptation psychosociale, elles pr sentent significativement plus de difficult s int rioris es (d pression, somatisation, d tresse) que les hommes, et ce, peu importe l ge. Dans l ensemble, les r sultats montrent que les femmes pr sentent un profil pass empreint de plus de vuln rabilit que les hommes, constat qui a galement t soulign par d autres tudes (Marcotte et al ., 2008). En outre, le d crochage scolaire entra nerait des cons quences plus graves chez les jeunes femmes que chez les jeunes hommes (Temcheff et al ., 2008). Devant ces constats, Corbin (2012) a d cid de se pencher plus particuli rement sur le cas des jeunes femmes de l chantillon dans le cadre de son m moire de ma trise. Les r sultats montrent clairement que les exp riences relationnelles pass es viennent teinter l adaptation psychosociale actuelle des jeunes femmes de notre chantillon. En effet, les apprenantes semblent particuli rement marqu es par des relations difficilement v cues au secteur des jeunes, tant avec les pairs qu avec les enseignants. Malgr cela, Corbin (2012) a pu mettre en exergue le r le positif du passage en formation g n rale des adultes pour ces jeunes femmes partir des entrevues effectu es lors de la deuxi me phase de notre tude. Il convient toutefois de recadrer les pr sentes donn es en tenant compte du fait que la population l tude effectue ici une d marche de raccrochage scolaire et donc, peut tre consid r e comme effectuant un pas vers la r silience. En effet, Ross et Gray soulignent savamment que la r insertion dans les coles de seconde chance constitue "un acte de gestion de soi unique travers lequel les jeunes tentent de se r approprier une identit personnelle et scolaire positive malgr ou en fonction des contraintes impos es par leur cheminement et leur quotidien (2005, p. 103; traduction libre). L ensemble des jeunes adultes et surtout les femmes inscrites la formation g n rale des adultes sont susceptibles de b n ficier de leur passage au sein de ces milieux pour donner une deuxi me chance leur trajectoire scolaire (Corbin, 2012; Marcotte, 2008, 2009; Marcotte et Ringuette, 2011).
Conclusion
Cette tude, tout comme d autres (B langer, Carignan-Marcotte et Staiculescu, 2007; Drolet et Richard, 2006; Rousseau et al ., 2010), montre clairement l importance de l ducation des adultes au Qu bec et le r le de ce secteur de l ducation dans la qualification et la diplomation des jeunes et des adultes peu scolaris s risque de marginalisation chronique. Plus particuli rement, c est le rattrapage et le raccrochage scolaire des jeunes qui constituent maintenant l essentiel de la mission de ce secteur. Il n est donc pas surprenant qu une des priorit s gouvernementales soit de mieux conna tre les caract ristiques des jeunes de 16 24 ans afin d offrir "le service le plus pertinent possible l l ve adulte, selon la capacit de l individu au moment de sa formation [ ] et qui favorise le d veloppement de son plein potentiel (Direction de l ducation des adultes et de l action communautaire, 2009, p. 31). Notre tude a permis de contribuer, conjointement avec d autres efforts de recherche d ploy s au cours des derni res ann es, mieux cerner les jeunes, leurs besoins et les services mettre en uvre au sein de ce secteur de l ducation. Les r sultats r v lent que les 16-24 ans inscrits en formation g n rale des adultes sont h t rog nes et que les services dont ils ont besoin pour faire de ce passage une r ussite sont tout aussi vari s qu essentiels. Il s av re primordial pour les centres d ducation des adultes et le minist re de l ducation, du Loisir et du Sport de multiplier les services offerts et de diversifier les formations pour permettre tous les jeunes de profiter pleinement du tremplin unique qu offre le syst me d ducation au Qu bec pour socialiser, s instruire et se qualifier.
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