Méthodologie et guide pratique du mémoire de recherche et de
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Description

Les auteurs de ce livre sont soucieux d'apporter des réponses aux préoccupations réelles ainsi qu'aux difficultés de toute nature auxquelles sont confrontes ceux qui ont à faire un travail d'étude et de recherche, un mémoire ou une thèse. Cet ouvrage permet de résoudre les problèmes intellectuels, conceptuels, méthodologiques et formels qui se posent concrètement dans la réalisation d'un travail de thèse ou de mémoire.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 juin 2007
Nombre de lectures 3 158
EAN13 9782336282923
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

© L’HARMATTAN, 2007
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
9782296032767
EAN : 9782296032767
Méthodologie et guide pratique du mémoire de recherche et de la thèse de doctorat

Pierre N'Da
Aux étudiants, aux jeunes chercheurs, aux enseignants, …pour des thèses et des mémoires de qualité !
Sommaire
Page de Copyright Page de titre Dedicace INTRODUCTION PREMIÈRE PARTIE : - ÉTUDES ET TRAVAUX DE RECHERCHE UNIVERSITAIRE
CHAPITRE 1 - LA RECHERCHE UNIVERSITAIRE, UNE RECHERCHE SCIENTIFIQUE CHAPITRE 2 - LE SUJET DE RECHERCHE / LE PROJET DE RECHERCHE / LE PROJET DE THESE CHAPITRE 3 - PHASES ET ETAPES DE RÉALISATION D’UNE THÈSE OU D’UN MEMOIRE CHAPITRE 4 - LA MAITRISE ET LE MEMOIRE DE RECHERCHE CHAPITRE 5 - LA PREMIÈRE ANNÉE DES ETUDES DE 3 e CYCLE : LE DESS, DEA/MASTER CHAPITRE 6 - LE DOCTORAT CHAPITRE 7 - LA RECHERCHE DOCUMENTAIRE CHAPITRE 8 - CONSTRUCTION DE BASE DE L’ÉTUDE : LES 7 PILIERS FONDEMENTAUX
DEUXIÈME PARTIE : - RÉDACTION ET PRÉSENTATION FORMELLE DES RUBRIQUES DE LA THÈSE OU DU MEMOIRE
CHAPITRE 1 - LES ELEMENTS PARATEXTUELS : COUVERTURES ET PAGES LIMINAIRES CHAPITRE 2 - LE CORPS DE L’ÉTUDE OU DE LA THÈSE CHAPITRE 3 - LES OUTILS ET ÉLÉMENTS D’INFORMATION ET DE RÉFÉRENCE CHAPITRE 4 - LA PRÉSENTATION DES RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
TROISIÈME PARTIE : - LA SOUTENANCE DE THÈSE OU DE MEMOIRE
CHAPITRE 1 - INFORMATIONS DIVERSES SUR LA SOUTENANCE CHAPITRE 2 - L’ORGANISATION DE LA SOUTENANCE
MOT DE LA FIN - En guide de CONCLUSION ANNEXES TECHNIQUES BIBLIOGRAPHIE
INTRODUCTION
Aujourd’hui, les livres de méthodologie de la recherche et les guides de rédaction et de présentation d’un travail d’étude et de recherche comme le mémoire ou la thèse de doctorat ne manquent pas dans les milieux universitaires. Ils sont nombreux et variés 1  ; ils ont beaucoup de mérite et rendent service à beaucoup d’étudiants et chercheurs.
Mais, dans l’intérêt même de la recherche et de son évolution, il faut encore d’autres livres avec des approches nouvelles pour compléter et enrichir ceux qui existent déjà ; il en faut peut-être même selon les domaines et les exigences disciplinaires malgré le souci d’uniformisation et les efforts d’harmonisation des règles et normes universitaires.
Dans le système universitaire français, jusque-là, il n’y avait pas d’enseignements spécifiques, ni de diplômes de méthodologie de la recherche, ni non plus de titre ou grade de docteur dans ce domaine. La plupart des auteurs des livres publiés en la matière sont des enseignants courageux et dévoués, qui ont mis à la disposition de la communauté universitaire de nombreuses années d’expériences pédagogiques acquises, pour ainsi dire, sur le tas, en animant des séminaires de recherche ou en assurant un enseignement de méthodologie conçu par eux-mêmes.
Bons pédagogiques, ils sont devenus des “spécialistes” de méthodologie de la recherche par la force des choses en donnant des cours, en dirigeant les travaux de mémoire et de thèse, en cherchant des voies et moyens pour répondre aux sollicitations des étudiants et aux préoccupations des jeunes chercheurs.
Si, dans l’ensemble, ces ouvrages de méthodologie de la recherche, ces livres sur l’art et les méthodes du mémoire et de la thèse, ces guides de rédaction et de présentation d’un travail d’étude et de recherche universitaire sont bien faits et fort utiles pour beaucoup d’étudiants de toutes les disciplines, il reste qu’ils ne répondent pas toujours aux besoins réels et aux situations particulières des uns et des autres, selon les domaines. Ils s’avèrent parfois peu pratiques à l’usage et souvent trop théoriques en réalité. On y trouve en effet de savants exposés sur la recherche scientifique ou l’esprit scientifique, des descriptions des méthodes et techniques de recherche, des considérations d’ordre méthodologique, des développements sur le cadrage du sujet, sur la construction d’une problématique, des modèles d’analyse, des méthodes de collecte et d’analyse des données, des méthodes critiques pour l’analyse littéraire, etc.
Ces brillants exposés et les mises au point magistraux sont intéressants et sans doute nécessaires, mais n’apportent pas toujours de réponses satisfaisantes, de solutions concrètes aux problèmes immédiats des jeunes chercheurs de Lettres et Sciences humaines, par exemple. Ceux-ci, semble-t-il, ont beaucoup plus besoin d’informations pratiques, d’orientations méthodologiques claires, de directives précises, de prescriptions techniques de rédaction, bref d’un guide méthodologique efficace sur lequel s’appuyer pour faire leur recherche et pour écrire leur mémoire ou leur thèse.
On l’oublie bien souvent, il y a des universités et des grandes écoles (surtout en Afrique) où les étudiants, les jeunes chercheurs ou les doctorants n’appartiennent pas à une équipe de recherche ou à une école doctorale et ne bénéficient pas d’un enseignement d’initiation à la recherche, ni d’un séminaire de recherche, ni d’un véritable cours sur les méthodes de recherche, sur les approches ou les méthodes critiques d’analyse des textes, ni même sur la rédaction d’un mémoire ou d’une thèse. Bref, il n’existe pas d’enseignements théoriques et méthodologiques en tant que tels, et les étudiants, livrés à eux-mêmes, se contentent des quelques conseils de leurs maîtres ou des rares manuels de méthodologie, qui, par bonheur, leur tombent sous la main.
Dans ces universités et grandes écoles, malgré les efforts remarquables et le courage étonnant des étudiants, la qualité des travaux scientifiques souffre parfois de l’insuffisance de la formation à la recherche, du manque d’enseignement méthodologique approprié, du manque de formation spécifique à l’élaboration, à la rédaction et la présentation d’un mémoire ou d’une thèse, toutes formations susceptibles de les aider au mieux et de guider leurs pas sur ce chemin tortueux, laborieux, harassant et désespérant par moments, qui les conduit depuis les premiers élans ardents jusqu’à l’achèvement du travail et à sa soutenance.
De plus, les jeunes chercheurs ne sont pas aidés dans leur travail avec les nuances, les divergences et parfois même les différences d’une université à l’autre, d’une UFR/Faculté à l’autre, voire à l’intérieur d’une même UFR, au plan de la nature et de la conception même du travail de recherche, de son organisation, de sa rédaction et de sa réalisation.
Ainsi, en Lettres, Littératures, Arts et Sciences humaines, les disciplines ou les matières sont diverses et même différentes les unes des autres, les modèles d’analyse, les méthodes critiques d’approche ou d’analyse des textes sont variées et différentes ; de même les modèles et les guides de rédaction et de présentation des travaux effectués varient selon les disciplines, les départements ou filières, selon la nature de la recherche, le niveau et les exigences de l’étude et même selon aussi les encadreurs ou directeurs de recherche.
De fait, les directeurs de recherche sont eux-mêmes confrontés aussi à des contraintes administratives et scientifiques ou s’en tiennent souvent aux pratiques de leur université ou de leur Faculté/UFR ou encore aux traditions disciplinaires établies. C’est pourquoi il est difficile voire impossible d’avoir un livre unique de méthodologie, valable pour tous les domaines et pour toutes les disciplines.
C’est pourquoi aussi il est hors de propos de remettre en question les particularismes, les préférences, des usages respectables existants ; mais, en tout état de cause et malgré les contradictions ou les divergences (et peut-être à cause de cela), certaines exigences doivent s’imposer à tous et les règles institutionnelles ainsi que les normes académiques concernant l’organisation, la confection, la rédaction et la présentation d’un T.E.R. doivent être appliquées autant que possible. Ces prescriptions ou ces dispositions réglementaires sont de différentes natures : administratives, intellectuelles, méthodologiques, formelles. Leur connaissance permet aux étudiants de mener à bien leurs travaux depuis la conception jusqu’à la soutenance.
C’est en pensant aux soucis et aux questions des jeunes chercheurs, aux difficultés de toutes sortes qu’ils rencontrent dans la pratique, aux problèmes effectifs de méthodologie qui se posent à eux et auxquels ils sont confrontés dans la préparation, la conception, la rédaction, la présentation et la soutenance de leurs mémoires ou de leurs thèses ; c’est eu égard aussi aux défauts relevés, aux reproches et critiques faits par les membres de jury lors des soutenances que j’ai conçu et écrit ce livre. Cet autre livre de méthodologie du mémoire et de la thèse qui, espérons-le, répondra aux préoccupations et aux attentes des uns et des autres.
Assurant, depuis de nombreuses années, le cours de méthodologie de la recherche en Maîtrise de Lettres modernes, puis en DEA au niveau de toute l’UFR de Langues, Littératures et Civilisations, responsable du DEA et de la formation doctorale, directeur de mémoires et de thèses, président de jurys de soutenance, j’ai acquis, sans fausse modestie, une certaine expérience en la matière, dont je voudrais faire profiter les étudiants, les jeunes chercheurs et aussi des collègues enseignants.
C’est d’abord aux étudiants, aux jeunes chercheurs, souvent démunis, désemparés, laissés à eux-mêmes, que ce livre est destiné. Ils y trouveront des informations générales, utiles et pratiques et des réponses concrètes à leurs préoccupations et besoins.
Ce livre d’adresse ensuite aux collègues enseignants et à tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, dirigent des travaux de mémoire et de thèse ou participent à des jurys de soutenance. Il est bon d’avoir des repères communs, les mêmes règles et normes universitaires de référence, d’avoir des prescriptions consensuelles de rédaction et de présentation des travaux d’étude et de recherche pour parler sinon le même langage du moins traduire, avec des mots différents et en dépit des préférences de chacun, les mêmes principes et les mêmes exigences pour un travail de recherche universitaire comme le mémoire ou la thèse de doctorat.
C’est de façon délibérée que mon livre ne s’attarde pas aux méthodes et techniques de recherche, qui sont sensiblement variables voire différentes d’une discipline à l’autre, et qui, par ailleurs sont souvent bien exposés dans des manuels disponibles. 2
L’intérêt de ce livre est avant tout d’apporter des réponses ou des éléments de réponse aux besoins concrets et immédiats des jeunes chercheurs, de traiter de tous les aspects des problèmes méthodologiques auxquels ils sont souvent confrontés et qui bloquent parfois leur progression. L’objectif est donc clair ; il est par-dessus tout didactique et pragmatique : informer, expliquer, exposer, au fur et à mesure et à l’occasion, les dispositions réglementaires, les normes, les prescriptions et les techniques actuelles d’élaboration, de réalisation d’un mémoire ou d’une thèse.
Si ce livre n’a pas la prétention de proposer ici un cadre normatif qui s’impose à tous les chercheurs et a priori aux étudiants de Maîtrise et aux doctorants, il a l’ambition d’être un guide, une référence indispensable pour toutes les questions relatives à un travail d’étude et de recherche universitaire.
Dans cette perspective, la première partie fournit toutes les indications et les informations sur la recherche elle-même, sur les cours et les séminaires de Maîtrise, de DEA/Master, de doctorat, sur les travaux de recherche universitaire dont le mémoire et la thèse.
La deuxième partie, plus pratique, est consacrée à la conception, à la rédaction et la réalisation concrète d’un mémoire ou d’une thèse.
La troisième partie aborde tous les problèmes relatifs à la soutenance.
Ce livre se présente comme un outil pédagogique, un guide pratique pour des jeunes chercheurs et un vademecum ou un ouvrage de référence pour les enseignants. J’espère que chacun y trouvera son compte ! Ce serait ma joie et la récompense de toute la peine que je me suis donnée pour l’écrire !
PREMIÈRE PARTIE :
ÉTUDES ET TRAVAUX DE RECHERCHE UNIVERSITAIRE
Dans l’enseignement supérieur et plus particulièrement dans les grandes écoles, beaucoup de formations se terminent et s’évaluent par un mémoire dit mémoire de fin d’études ou de fin de cycle.
Dans les universités et notamment dans les Facultés ou UFR de Lettres et Sciences humaines, il existe généralement trois types de travaux académiques de recherche : le mémoire de Maîtrise qui sanctionne la fin du 2 e cycle, le mémoire de DEA ou de Master qui sanctionne la 1 ère année du 3 e cycle ou des études doctorales, et enfin la thèse de doctorat qui couronne toute la formation doctorale qui dure 3 à 4 ans.
La rédaction de ces travaux universitaires de recherche non seulement répond à des normes et à des dispositions réglementaires mais suppose un grand effort de réflexion, d’analyse, une activité effective de recherche ; bref, il s’agit d’un travail scientifique qui est l’aboutissement heureux d’une investigation minutieuse et méthodique, d’une étude systématique et approfondie.
La première partie de ce livre aborde, à travers les différents chapitres, les principaux aspects de la recherche ainsi que les études et les travaux universitaires.
CHAPITRE 1
LA RECHERCHE UNIVERSITAIRE, UNE RECHERCHE SCIENTIFIQUE
Puisque les mémoires de Maîtrise, de DEA ou de Master, comme la thèse de doctorat, sont des travaux de recherche universitaire, des études à caractère scientifique, il importe de définir ce qu’est précisément la recherche scientifique.
Pour comprendre cette notion de recherche scientifique et mieux apprécier sa valeur heuristique, il convient de rappeler les autres sources, moyens ou méthodes d’acquisition des connaissances que sont par exemple l’intuition, l’expérience personnelle, la tradition, la déduction ou le raisonnement logique.
L’intuition naturelle est une forme de connaissance spontanée, de certitude immédiate sans recours au raisonnement, à l’expérimentation ou à des références préalables. Si la pensée intuitive aide beaucoup, notamment dans la créativité et dans les œuvres artistiques et littéraires, elle demeure un moyen peu satisfaisant pour la recherche universitaire parce que non toujours fiable, parce que parfois sujette à illusion et donc à caution.
L’expérience personnelle , avec ses observations et ses tâtonnements, ses essais et ses erreurs, est aussi un autre moyen de connaissance. Mais ces expériences personnelles, parce que non systématiques, parce que sujettes à erreurs, ne peuvent être considérées en elles-mêmes comme une méthode sûre, efficace d’acquisition des connaissances, même si elles sont utiles à la recherche scientifique.
De même, les traditions séculaires reposant sur des observations empiriques, des faits répétés, peuvent avoir une certaine valeur en tant que source de connaissance, mais ne peuvent être utilisées comme une méthode scientifique indéniable d’acquisition de la connaissance.
La déduction ou le raisonnement logique qui combine à la fois l’observation, l’expérience, des connaissances assimilées, des facultés intellectuelles et le processus de pensée, est également un bon moyen d’acquisition.
Ainsi, par des calculs savants et méthodiques, on a pu obtenir certains résultats, on a pu montrer par exemple l’existence de tel ou tel astre lointain et invisible à l’œil nu. Mais ni le raisonnement inductif ni le raisonnement déductif ne peuvent constituer une base solide et irréfutable de connaissance scientifique comme la recherche scientifique.
De toutes les méthodes d’acquisition des connaissances passées en revue ici, aucune ne permet de mener effectivement à bien un travail d’étude et de recherche universitaire de l’envergure d’un mémoire ou d’une thèse de doctorat et d’aboutir à des résultats probants et incontestables. En effet, ce type de recherche suppose une démarche heuristique systématique et rigoureuse, rationnelle et minutieuse, bref une recherche scientifique. Celle-ci est par-dessus tout un processus méticuleux, cohérent, méthodique, comportant un ensemble d’activités intellectuelles et expérimentales, des efforts d’investigation fouillée pour découvrir ce qui est caché, pour comprendre et expliquer un fait ou un phénomène constaté.
La recherche scientifique , en d’autres termes, consiste en un travail de recherche patiente, de prospection laborieuse, d’analyse systématique et perspicace des données observables et vérifiables pour apporter une réponse ou des éléments de réponse à un problème donné, à une question qui se pose.
Ce sont là, il faut le souligner encore, les caractéristiques spécifiques de la recherche scientifique. C’est en cela qu’elle se distingue des autres moyens, sources ou méthodes d’acquisition des connaissances et les surpasse toutes.
Ainsi conçue, la recherche scientifique, selon Paul N’DA « a pour finalité de découvrir l’inconnu, de traquer la vérité cachée afin de faire sortir quelques évidences » . 3 En effet « les parcelles de vérité se dissimulent sous les objets, les faits, les comportements et attitudes, les évènements, les phénomènes, les pratiques sociales, etc. » 4
Par conséquent, le processus de recherche ou la démarche scientifique permet normalement d’avoir des données sûres, des analyses fondées sur des bases scientifiques solides, d’obtenir des résultats fiables, vérifiables et indéniables ; elle permet aussi de générer et d’acquérir de nouvelles connaissances et de faire progresser la science grâce aux apports nouveaux et à des contributions originales.
Dans la recherche scientifique, on distingue généralement deux types de recherche : la recherche fondamentale et la recherche appliquée.
La recherche appliquée est celle qui est faite dans un but déterminé et pratique, visant des résultats concrets, utilisables dans la société et par la communauté, ou pour résoudre des problèmes qui se posent, ou encore pour améliorer les conditions de vie. C’est le cas par exemple des recherches sur l’huile de palme, sur le riz, des recherches sur le paludisme, sur le sida, des recherches sur les lasers chirurgicaux, des recherches dans les domaines technologiques tels que les NTIC ou les TIC (comme on dit aujourd’hui) ou les puces à ADN, etc.
La recherche fondamentale au contraire est, pour ainsi dire, faite pour elle-même, sans but pratique spécifique et intéressé. Selon Alain Guénoche « C’est l’activité intellectuelle qui est développée pour comprendre. Comprendre le fonctionnement de la cellule, de l’organisme, de l’individu, de l’espèce, de la société, de l’environnement, du vivant, de l’univers, sans oublier les domaines qui ne relèvent pas de l’observable comme les mathématiques ou la philosophie ». 5 Il précise que « la recherche fondamentale, c’est celle qui essaie de répondre aux questions naturelles, le fonctionnement de l’univers, la stabilité du système solaire, la composition de la matière, l’origine de la vie, l’évolution des espèces, l’influence de l’homme sur l’environnement, le fonctionnement de la mémoire, la perception sensorielle etc. » 6
En somme, la recherche fondamentale, c’est la recherche de connaissances nouvelles et de champs d’investigation nouveaux sans visée utilitaire, économique ou sociale. La recherche par exemple de planètes dans l’univers n’a, pourrait-on dire, aucune utilité immédiate réelle, mais permet au moins — et c’est cela sa finalité — de comprendre comment les planètes se forment et disparaissent. De même une recherche mathématique, une recherche théologique sur la Trinité ou l’eschatologie tout comme une recherche sur la métaphysique chez Platon ou sur l’esthétique dans une œuvre d’art ou de littérature sont des recherches fondamentales importantes même si elles ne paraissent pas d’utilité pratique.
Il faut donc admettre que la recherche fondamentale, en tant que préoccupation ou désir de l’homme de savoir et de connaître, de comprendre l’homme et la société, l’univers qui l’environne, se confond de plus en plus avec la recherche appliquée, finalisée. En effet, il arrive qu’une recherche fondamentale aboutisse un jour à une découverte concrète et soit utilisée au quotidien pour le bien de l’homme et au bénéfice de la société. C’est le cas de la découverte de la pénicilline par Fleming pour traiter les maladies contagieuses. On se rappelle aussi tout l’intérêt des travaux de recherche de Louis Pasteur et le grand progrès médical réalisé avec la microbiologie qu’il avait créée.
On doit donc se garder de dissocier et d’opposer mécaniquement la recherche fondamentale et la recherche appliquée, les deux allant plutôt de pair. Ainsi, à côté de la recherche concrète, utilisable, doit se développer aussi la recherche fondamentale qui alimente et féconde la première. Il faut le savoir, il ne peut y avoir de recherche appliquée valable sans recherche fondamentale ! Il n’y aurait pas de lasers chirurgicaux si l’on avait pas essayé de comprendre la nature de la lumière ; de même il n’y aurait pas de puces à l’ADN sans le décryptage des séquences biologiques.
En tout état de cause, la recherche, qui est une démarche rationnelle et systématique d’acquisition de connaissance, conduit à des découvertes et au progrès de l’humanité. C’est là l’objectif et la raison essentielle des recherches à l’université. Il n’y a pas d’enseignement supérieur valable sans recherche de qualité ! La recherche comme l’enseignement sont les deux mamelles de la formation universitaire ; sources fécondes et fertilisantes, tous les deux s’avèrent indispensables et nécessairement complémentaires. Ce sont des investissements coûteux, qui, tout compte fait, ne sont jamais perdus : leur rentabilité se mesure non seulement au nombre mais surtout à la qualité des hommes formés.
Dans ce travail de recherche scientifique, il convient de dire clairement que ce qui importe le plus et avant tout, ce n’est pas d’abord les résultats obtenus, mais les questions pertinentes pour se donner les moyens et les meilleures chances de parvenir au but, c’est-à-dire trouver ou découvrir ce qu’on cherche. A ce propos, le grand savant Einstein disait, non sans humour, que la science est bien moins dans la réponse que dans les questions que l’on se pose. De son côté, et dans le même ordre d’idée, Gaston Bachelard a dit que « quand on ne sait pas ce que l’on cherche, on ne sait pas ce que l’on trouve ». C’est dire toute l’importance de la question de recherche ou des problèmes auxquels l’étude cherche à apporter une réponse satisfaisante.
C’est pourquoi, dans le cadre d’un mémoire ou d’une thèse de doctorat, l’on insiste beaucoup auprès des jeunes chercheurs sur la pertinence et la précision de la question de recherche ainsi que la spécification de la problématique, toutes choses dont dépendent les résultats attendus.
Pour que le travail de recherche ait une valeur scientifique certaine, il faut que le chercheur ait lui-même aussi un esprit scientifique. Il doit être doté, à coup sûr, d’un ensemble d’aptitudes intellectuelles et de dispositions morales : une bonne compréhension du sujet et une formulation adéquate, une solide connaissance de son domaine de recherche, une bonne maîtrise des méthodes et techniques de recherche, une compétence sûre (pour un littéraire par exemple) des théories littéraires et des méthodes critiques d’analyse des textes, de la rigueur dans l’observation des faits et l’analyse des données, du courage et de la persévérance dans la recherche, de l’honnêteté et de l’objectivité dans l’interprétation des résultats ou de l’étude des œuvres de l’esprit. Bref, le chercheur doit être exigeant, rigoureux et précis, ayant en horreur l’à-peu-près, la facilité et la superficialité.
Le mémoire et un particulier la thèse de doctorat consacrent l’aptitude à la recherche. Il n’y a pas de bon mémoire, de bonne thèse sans bonne recherche, l’étude n’étant en réalité que le fruit de la recherche. Cette étude (mémoire ou thèse) ne peut être une simple compilation de données ou d’informations ni une belle synthèse des études et travaux de recherche antérieure. Elle doit constituer en principe un apport significatif nouveau, original, un surplus de connaissance au domaine concerné tant au plan théorique, méthodologique qu’à celui des résultats déjà connus.
C’est par là que l’on perçoit le mieux l’objectif fondamental et le but final de la recherche scientifique. C’est par là que la recherche universitaire atteint sa performance, c’est-à-dire sa compétence et sa capacité à apporter une réponse à une question qui se pose, à approfondir les connaissances dans une discipline donnée ou dans un domaine particulier pour faire progresser la science et l’humanité.
Dans cette perspective, la recherche elle-même doit être précédée par un travail préparatoire qu’est le projet de recherche qui n’est pas à confondre avec le projet de thèse, même si les deux ont des points communs, et tous les deux sont d’ailleurs déterminés par le sujet de recherche.
CHAPITRE 2
LE SUJET DE RECHERCHE / LE PROJET DE RECHERCHE / LE PROJET DE THESE
Malgré l’apparence, des termes aussi courants dans la recherche scientifique que “sujet de recherche”, “projet de recherche”, “projet de thèse” ne sont pas toujours très clairs pour tout le monde d’autant plus qu’ils sont employés de façon ambiguë par certains auteurs. Il importe donc de faire quelques mises au point avec quelques précisions utiles.

A- LE SUJET DE RECHERCHE
Dans les travaux d’étude et de recherche universitaires, au plan terminologique, il n’y a pas en principe de difficulté particulière en ce qui concerne la notion de “sujet de recherche”. Il s’agit bel et bien de ce sur quoi porte la réflexion, il s’agit du problème choisi pour étude, de la question traitée, de l’objet de la recherche effectuée.
Ainsi, pour un travail de mémoire ou de thèse, il est demandé à l’étudiant de Lettres, par exemple de chercher un sujet qui l’intéresse et de rencontrer un professeur, spécialiste ou compétent dans le domaine, pour le lui présenter. Ils en discutent ensemble ; et ensemble ils le reformulent, si nécessaire.
Si le sujet choisi s’inscrit dans les préoccupations du professeur ou dans sa spécialisation ou son domaine de recherche ou encore dans le cadre des programmes de recherche de la structure d’accueil (école doctorale si elle existe, centre ou équipe de recherche) ; si le candidat présente les aptitudes qu’il faut pour traiter ce sujet, alors le professeur donne son accord pour l’encadrer et diriger le travail de recherche envisagé.
Dans un programme de recherche communautaire, un étudiant peut choisir et formuler un sujet précis dans un thème global ou un axe de recherche. Notons que la nuance ou même la différence entre le sujet et le thème n’est pas toujours faite et on observe que, dans la pratique, nombre de personnes s’en soucient fort peu et emploient les deux termes l’un pour l’autre. On parle de “thème de réflexion” et de “sujet de réflexion”, de “thème de recherche” et de “sujet de recherche, de “thème d’étude” et de “sujet d’étude” etc. L’essentiel, c’est de traiter convenablement le sujet ou le thème choisi pour son mémoire ou sa thèse. Mais, pour que cette recherche aboutisse plus sûrement, il faut que la question traitée, le sujet retenu réponde à certaines exigences.
Ainsi le jeune chercheur doit éviter :
- Les sujets mal formulés, confus ou ambigus, du genre “La jeunesse et la littérature moderne”
- Les sujets trop vastes ou trop prétentieux, voulant traiter de façon exhaustive de tous les aspects d’un problème. Exemple : “La guerre dans la littérature : de l’Antiquité à nos jours” . “Le thème de l’identité culturelle dans le roman contemporain” . “Le mythe de la création du monde dans les littératures orales”
- Des sujets pointus ou trop restreints, trop étriqués, ne donnant pas assez de matière pour un développement important et conséquent dans le cadre d’une thèse. Exemple : “La citation épigraphique dans l’œuvre romanesque de Sony Labou Tansi”. . “Le point virgule dans Le pleurer-rire d’Henri Lopes” . “Le “je” et son enjeu dans L’enfant noir de Camara Laye .
- Les sujets mille fois traités, rebattus, abordés sous tous les angles, présentant peu de possibilités réelles pour des analyses nouvelles pertinentes et des trouvailles intéressantes. Les redites sous toutes ses formes sont ici inéluctables. Exemple : “Le naturalisme chez Zola” , “Le sentiment de l’ennui chez Baudelaire” .
- Les sujets fongibles, c’est-à-dire apparemment faciles et alléchants mais en réalité complexes, peu porteurs et peu productifs finalement, ne permettant pas de conduire à son terme une étude véritablement digne d’intérêt. Exemple : “Le mythe du péché originel dans les littératures orales africaines”  ; “Les mots des autres ou la pratique intertextuelle chez Senghor”  ; “La sécheresse dans les littératures du Sahel”  ; “Le thème du voyage dans les romans ayant le mot voyage dans leurs titres” .
Il convient de rappeler que le choix d’un sujet d’étude et de recherche est un engagement qu’on prend ; il correspond au désir légitime d’un étudiant de mener à bien une recherche approfondie en vue d’un mémoire ou d’une thèse de doctorat dans un domaine donné (littérature, grammaire, civilisation, sociologie, philosophie, etc.), il répond aussi à un projet d’avenir. Le choix du sujet signifie explicitement spécialisation et implicitement professionnalisation, choix de vie et de travail. Mais le sujet de recherche, même bien formulé, ne suffit pas : il faut commencer par élaborer un projet de recherche opérationnel et dynamique.

B. LE PROJET DE RECHERCHE
Dans la recherche scientifique, selon les centres de recherche, selon les Facultés ou UFR, on distingue le projet de recherche du projet de thèse malgré leurs évidentes affinités (au point que souvent on emploie l’un pour l’autre comme des synonymes parfaits). En réalité, au plan international et surtout avec le système américain qui tend à s’imposer partout, le projet de recherche se présente comme un document élaboré avec grand soin sur un thème ou un sujet donné en vue d’obtenir auprès des bailleurs de fonds le financement d’une recherche qu’on veut entreprendre. Son montage répond à leurs exigences, à leurs normes, à leurs impératifs et à leurs directives selon un fil conducteur déterminé et précis.
Le travail préparatoire à la recherche à proprement parler se compose généralement de deux grandes parties. La première comprend tous les éléments d’identification du projet ; la seconde est la description même du projet à travers des éléments constitutifs incontournables.
En s’inspirant du livre de Gordon Macé 7 , de l’ouvrage collectif d’André Pierre Constandriopoulos et al 8 ainsi que de celui d’Ayémou Assa et al 9 , on peut dire que, de façon générale, le projet de recherche comprend les éléments suivants :

I- Identification du projet 1. L’intitulé (titre) du projet 2. Le responsable du projet (nom et prénom, fonction, C.V.) 3. Le domaine concerné par le projet 4. L’institution d’appartenance 5. Institutions ou organismes partenaires 6. Autre(s) partenaire(s) ou responsable(s) scientifique(s)
II- Description du projet 7. Résumé du plan de recherche (1 page) 8. Exposé de l’état des connaissances dans le domaine des travaux projetés (2 à 3 p) 9. Justification de la recherche projetée 10. Approche méthodologique de la recherche (8 à 10 pages) 11. Résultats attendus 12. Programme d’exécution du projet (1 page) 13. Considérations éthiques du projet 14. Partenariat existant et/ou démarches initiées vers le partenariat 15. Collaboration et responsabilité de tous les chercheurs concernés par le projet y compris les étudiants 16. Durée du projet 17. Phases du projet 18. Budget et plan de financement du projet 19. Signature(s) du responsable ou des responsables du projet
Ainsi qu’il apparaît, le projet de recherche n’est pas une mince affaire, un simple plan de travail, mais une espèce de plate-forme bien conçue, un guide de travail détaillé, un programme bien pensé, structuré, contenant l’ensemble des préoccupations et des opérations que comprend la recherche envisagée. Le projet de recherche est l’ossature de toute l’entreprise de recherche en vue : il contient en somme toute la recherche et toutes les démarches à faire et indique immédiatement ce qu’on veut entreprendre comme recherche ainsi que la méthode à employer, les stratégies et les techniques mises (ou à mettre) en place pour réaliser les objectifs visés et parvenir au but final.
Le projet de recherche est donc un document important, une étude préliminaire, une étape préparatoire indispensable à toute recherche scientifique ; c’est une sorte de feuille de route qui permet, dès le départ, de savoir où le chercheur veut aller, ce qu’il veut chercher ou démontrer et les moyens qu’il compte mettre en œuvre pour arriver à ses fins.
Tel que conçu, le projet de recherche n’est pas une affaire individuelle mais plutôt collective : elle concerne une équipe de recherche, un laboratoire, une Faculté ou UFR et même toute une école doctorale. Il arrive même que ce projet de recherche soit une demande ou une commande expresse d’un organisme (entreprise industrielle, société commerciale, administration, para-administration, exploitation ou organisation agricoles etc.). Les objectifs du projet de recherche sont liés ou subordonnés aux impératifs de l’organisme et à la nécessité de résultats ou de réponse claire et opératoire au problème posé, à l’objet de la recherche.
Dans le cadre d’un travail universitaire tel que le mémoire ou la thèse, même si la préparation se fait dans un centre ou un laboratoire de recherche, dans une équipe de recherche ou dans une école doctorale, il s’agit généralement d’une étude ou d’une recherche personnelle et le plus souvent individuelle et sans financement extérieur. La préparation de ce mémoire ou de cette thèse s’inscrit naturellement dans le cadre d’un projet personnel et professionnel déterminé, défini dans ses buts et ses exigences comme indiqué dans la charte des thèses des universités françaises.
Pour ce type de travail de recherche (une thèse ou un mémoire), il est évident qu’on ne peut pas adopter et appliquer telles quelles les directives et les prescriptions des organismes de financement d’une recherche : elles sont trop lourdes, avec parfois des rubriques peu réalisables par un doctorant. Il faut donc adapter et alléger les éléments structurels du projet de recherche en tenant compte des pratiques universitaires ou disciplinaires pour la réalisation d’un mémoire ou d’une thèse.
C’est dans ces conditions que le projet de recherche et le projet de thèse deviennent équivalents et peuvent s’employer l’un pour l’autre.

C- LE PROJET DE THÈSE
Normalement le sujet de thèse ou de recherche choisi conduit à l’élaboration d’une étude préliminaire, d’un travail préparatoire qui est le projet de thèse ou encore projet de recherche si l’on ne tient pas, à tout prix, à faire une distinction entre ces deux termes. Mais il faut se garder des ambiguïtés et même des confusions regrettables dans l’emploi des termes “sujet”, “thème”, “projet” appliqués à des travaux universitaires de recherche, comme il s’en trouve dans des ouvrages de méthodologie. Par exemple, Jean-Claude Rouveyran utilise indifféremment “thème” et “projet” quand, manifestement, il parle de thème d’étude, de sujet potentiel de recherche ou simplement du sujet de la thèse envisagée par le candidat. C’est ainsi qu’il écrit qu’il arrive que « le maître, intéressé ou préoccupé par un thème, vous l’impose … » 10 ou encore « le maître vous suggère un projet qu’il estime enrichissant pour votre formation et adapté à vos possibilités » 11 . Il écrit aussi « une solution mixte est celle des listes de thèmes mises à la disposition des étudiants par les maîtres de mémoire potentiels. Ces thèmes sont, selon le cas, obligatoires, prioritaires ou simplement suggérés ; connus avant les vacances scolaires, les sujets doivent être choisis après celles-ci … » 12 . Il note enfin que « les préférences des étudiants vont souvent au projet dont ils sont l’auteur ; en effet, un sujet imposé est rarement attractif … » 13 ou encore « le plus souvent, le projet résulte d’une discussion entre le maître et l’étudiant … » 14
A l’évidence, l’auteur de ces propos ne fait pas de distinction entre les termes “sujet”, “thème”, “projet” et confirme le laxisme et la confusion que l’on observe dans la communauté universitaire sur cette question.
Si en Lettres et Sciences humaines, un professeur peut proposer un thème ou un sujet de recherche à un candidat démuni, en revanche il ne peut lui proposer un projet, même sommaire, élaboré dans le cadre de ses propres travaux de recherche.
Faute de clarification et de rigueur dans ces notions de projet de recherche, de projet de thèse et même de sujet ou thème de recherche, chacun y va de son bon sens parmi les professeurs et les directeurs de recherche.
En tout cas, on constate que dans certaines universités, les candidats au D.E.A. ou Master se contentent d’indiquer simplement leurs sujets de recherche, souvent déterminés en accord avec les directeurs de thèse choisis ; dans d’autres, il leur est simplement demandé d’adresser aux professeurs choisis un petit projet de thèse (1 à 2 pages). Ni l’arrêté ministériel français de 25 avril 2002 relatif aux études doctorales, ni l’administration académique ou universitaire n’est explicite quant au contenu réel de ce document demandé (pour inscription). Par exemple, dans l’arrêté cité, il est écrit, à l’article 8 : « En vue de son inscription, le candidat dépose auprès du directeur de l’école doctorale une proposition de sujet de recherche visée par le directeur de thèse » . Cf. Annexes, page 211.
Officiellement donc, en France, il ne s’agit que “d’une proposition de sujet” et non clairement de “projet de thèse”, de “projet de recherche”. C’est pourquoi dans les UFR ou Facultés de Lettres et Sciences humaines en particulier, les directeurs de thèse se montrent peu exigeants sur la question et se contentent bien souvent, en guise de projet, d’un petit descriptif de présentation du sujet (1 à 2 pages) et/ou d’un entretien avec les candidats. C’est au cours de cette rencontre que le jeune chercheur présente son sujet, précise ce qu’il a réellement envie de faire comme thèse ou comme mémoire.
Les directeurs de recherche apparaissent d’autant plus tolérants qu’aux yeux de certains, l’essentiel, c’est que le candidat ait trouvé un bon sujet auquel il a réfléchi, qu’il soit motivé, qu’il commence à se documenter sur la question et à travailler effectivement. Le reste, pour d’autres, est sinon superflu, du moins superfétatoire.
On comprend alors pourquoi en Lettres et Sciences humaines, les étudiants-chercheurs se contentent du minimum. Au lieu d’un projet de recherche bien conçu, bien détaillé, présenté comme indiqué plus haut, avec ses différentes rubriques, ils optent — quand ils s’en donnent la peine — pour un projet de thèse. Il s’agit généralement de la présentation, en quelques pages, du sujet ou du thème qui les intéresse et sur lequel ils ont envie de faire un mémoire ou une thèse.
Le projet de thèse (de 1 à 3 pages maximum) est juste une esquisse, un document indicatif assez sommaire, qui permet rapidement au directeur de recherche de se faire une idée du sujet, d’apprécier la faisabilité de la thèse envisagée et de donner son accord pour l’inscription du candidat. Selon Bernadette Plot, « Ce sont les nécessités d’un contrôle administratif du travail fourni (surtout dans le cas où l’étudiant a obtenu une bourse d’études) et les besoins de la communication avec le directeur de recherches qui ont institutionnalisé ce projet de thèse » . 15
Dans les faits, ce projet de thèse ne s’impose pas au doctorant et ne l’engage pas comme dans le cas d’un projet de recherche financé par des bailleurs de fonds ; après l’inscription, il peut être modifié et parfois même être abandonné comme l’idée de départ de la thèse en vue.
Dans les UFR ou Facultés de Lettres et Sciences humaines, ce qu’on a l’habitude d’appeler “projet de thèse” n’est en réalité, dans le meilleur des cas, qu’un avant-projet ou un projet de recherche en miniature comprenant les points essentiels en quelques lignes : - l’objet d’étude : présentation du sujet, justification de son choix, définition des termes pertinents, orientation de la recherche - les motivations du candidat et l’intérêt de la recherche envisagée - la problématique : la question centrale et les problèmes annexes - la revue de la littérature ou la recension critique des études et travaux sur la question traitée ou le domaine concerné - le corpus ou le support d’étude : justification des œuvres retenues pour analyse - ébauche du plan de l’étude.
Ce projet personnel de thèse n’engage pas entièrement toute une équipe de recherche en partenariat avec une ou des laboratoires ou d’autres institutions de recherche dépendant des impératifs d’un organisme de financement auquel on doit rendre des comptes. D’où la suppression de toutes les rubriques en rapport avec les bailleurs de fonds et les autres partenaires.
En tout état de cause, s’agissant du projet de thèse ou de recherche, on constate qu’avec le cadrage du sujet — transformation de l’idée de départ, évolution du sujet et du projet lui-même — l’exigence d’un projet bien échafaudé, non modifiable n’est pas très réaliste ; c’est même une utopique. On peut même se demander comment, en toute honnêteté, un candidat en Maîtrise ou en DEA ou un doctorant, avant même les premiers mois de travail effectif, peut valablement réfléchir à un sujet, penser à tous les aspects, déterminer et préciser les composantes et les contours d’une recherche qu’il entame à peine et dont il n’a qu’une conception approximative et de vagues idées. Il est tout à fait illusoire de croire qu’un étudiant, au moment de son inscription en DEA/Master, a pris la peine de mûrir son sujet, de penser à tous les problèmes relatifs à une recherche, au type de thèse à faire, au domaine de spécialisation, d’envisager un plan de carrière plus tard et de confectionner en conséquence un projet de recherche solide et d’établir un chronogramme détaillé de travail pour une thèse qu’il rédigera dans 3 ans après ! Du leurre et du bluff !..
Heureusement que les directeurs de recherche l’ont compris et se montrent compréhensifs et tolérants devant cette exigence académique ou administrative qui met le jeune chercheur en situation inconfortable et fausse. Il n’empêche que, quelle que soit sa forme ou sa formule, le projet de thèse est en soi une bonne chose : il est utile, stimulant et émulateur ; il contraint le candidat aux études doctorales à penser à un sujet de thèse, à y réfléchir sérieusement, à mûrir son idée de départ, à envisager déjà des points importants à aborder, le corpus à déterminer, la ou les méthodes à employer etc. Le projet de thèse oblige donc le chercheur à avoir une idée assez claire déjà de ce qu’il compte faire comme recherche, à préparer sa rencontre et la discussion avec le professeur dont il sollicite l’encadrement de sa recherche.
Mais, autant que possible, ce premier projet rapide devra être amendé, complété par un projet de thèse plus consistant, lequel sera élaboré avec plus de chance d’atteindre le but visé, à la fin du DEA/Master, après une année doctorale de préparation, de réflexion, d’étude, de documentation, de recherche effective. Un projet de recherche en vue d’une thèse ne parvient à son état définitif qu’après un projet initial repensé, révisé, restructuré, remanié plus d’une fois pour devenir un guide de travail efficace pour le chercheur et une sorte de contrat passé entre le doctorant et son directeur de thèse.
C’est dans cette optique que la charte des thèses de nombre d’universités françaises définit assez clairement les engagements et les responsabilités réciproques entre le jeune chercheur et son encadreur. Pour la préparation de sa thèse, l’étudiant doit être en possession de toutes les informations relatives aux études doctorales ; il s’engage sur un temps et un rythme de travail avec pour objectifs de remettre à son directeur de thèse autant de notes d’étape qu’impose son sujet et de lui présenter le fruit de ses recherches aux échéances prévues.
Grâce à cette feuille de route qu’est le projet, le directeur peut guider le thésard dans ses recherches, suivre l’évolution de son travail, étape par étape, échanger avec lui sur les difficultés rencontrées, sur l’avancement de la thèse et, au besoin, sur des orientations nouvelles à prendre au vu des résultats déjà acquis et des critiques que ceux-ci suscitent. C’est là le sens et l’intérêt du projet de thèse ou projet de recherche. C’est un enjeu, une gageure et un gage de succès !
Mais, une fois inscrit, le projet, pour avoir toutes les chances d’arriver à son terme, doit suivre les phases et les différentes étapes indispensables à la progression de l’étude entreprise.
CHAPITRE 3
PHASES ET ETAPES DE RÉALISATION D’UNE THÈSE OU D’UN MEMOIRE
Quels que soient les sujets traités, un travail de recherche universitaire en Lettres et Sciences humaines passe normalement par des étapes qui peuvent se ramener, selon les domaines de recherche ou les disciplines à 4 ou 5 : la phrase préparatoire ou recherche préliminaire, la phase d’investigation et de construction de l’objet d’étude, la phase de traitement et d’analyse des idées et des données, la phase de rédaction de l’étude, la phase finale.

I- LA PHASE PRÉPARATOIRE OU DE RECHERCHE PRÉLIMINAIRE
Comme son nom l’indique, la phase préparatoire comprend tout ce qui doit être fait avant et en vue d’arriver à une conception claire et organisée de l’étude elle-même. C’est une étape importante qui est déterminante pour le reste du mémoire ou de la thèse. Elle concerne le choix du sujet, le projet d’étude, le choix du directeur de recherche et enfin la rencontre de travail avec lui.
1- Le choix du sujet de recherche
Dans les UFR ou Facultés de Lettres et Sciences humaines et sociales, le choix du sujet revient d’abord au candidat ; il se doit de chercher et de trouver un sujet ou un thème qui l’intéresse particulièrement. Il choisit son sujet en fonction de son goût personnel, de ses capacités intellectuelles, du domaine de spécialisation, de ses aspirations professionnelles, de la pertinence sociale, de l’intérêt et du rendement de la recherche envisagée. C’est donc à l’étudiant de trouver lui-même son sujet, quitte à se faire aider. Le sujet doit être bien délimité, clair, autant que possible original, un sujet non traité ou pris sous un angle nouveau. L’étude doit être une contribution intéressante à la recherche scientifique.
Il faut signaler que cette pratique du choix du sujet par l’étudiant lui-même n’est pas une pratique courante partout. Par exemple dans les UFR/Facultés de Sciences, de Médecine, de Pharmacie, des Sciences économiques etc., c’est plutôt le directeur de recherche qui propose ou impose un sujet à son candidat, un sujet dans le cadre de ses propres activités de recherche ou son champ de préoccupations personnelles, ou encore en rapport avec les programmes de recherche de la structure d’accueil (centre, laboratoire, groupe ou unité de recherche, école doctorale). Qu’il soit trouvé par le chercheur lui-même ou imposé par le professeur, le sujet de mémoire ou de thèse doit être intéressant et motivant aussi bien pour le candidat que pour l’encadreur. En tout cas, l’intérêt et les motivations de l’étudiant en particulier doivent être réels, car ce choix détermine sa recherche et conditionne son avenir professionnel en faisant de lui un spécialiste en la question.
Le sujet que l’on choisit de traiter dans un travail de recherche universitaire fait partie consciemment ou non d’un projet de métier et de vie et ne peut se jouer sur un simple “coup de tête” irréfléchi. C’est pourquoi l’inscription d’un sujet pour un mémoire, un Master et surtout pour une thèse de doctorat ne doit pas se faire à la légère, au hasard ou faute de mieux, mais après mûre réflexion et des conseils avisés en essayant de concilier plusieurs paramètres : les exigences académiques, les ressources et les moyens matériels de travail, les possibilités d’information et de documentation, le problème de la faisabilité effective du thème choisi, la question de la durée réglementaire, bref toute la logistique indispensable pour faire face efficacement aux écueils, aux difficultés que connaît inévitablement une recherche et pour réaliser les objectifs visés et aboutir aux résultats escomptés.
Cela signifie, en d’autres termes, que le choix du sujet de recherche n’est pas aussi simple qu’il paraît et ne peut se faire inconsidérément, d’autant plus qu’il correspond en réalité à plusieurs autres choix : le choix d’un domaine d’étude et de spécialisation (par exemple littérature, théâtre, grammaire, civilisation, histoire, psychologie, philosophie, sociologie, etc.), le choix d’un projet professionnel, le choix d’une méthode de travail, le choix d’un directeur efficace de recherche, le choix d’un rythme de vie et de travail etc. Il faut donc réfléchir à deux fois pour, comme dit Daniel Fondanèche, « choisir un sujet qui présente au moins une touche d’originalité, qui puisse se formuler en termes de problématique, qui offre un corpus assez étendu pour vous donner matière à un travail approfondi. » 16
Le sujet trouvé, l’étudiant-chercheur doit s’efforcer d’élaborer un projet d’étude et de recherche avec les principales composantes comme indiqué plus haut.
2- Le projet d’étude et de recherche
Ce projet, qui sera discuté et amendé avec le directeur de recherche, constitue l’ossature du travail de recherche et de présentation du mémoire ou de la thèse en préparation. On en a suffisamment parlé pour qu’on y revienne encore ici ; il suffit de se référer au développement qui a été fait aux pages précédentes.
3- Le choix du directeur de recherche
Muni d’un sujet et d’un projet de mémoire ou de thèse, le candidat doit chercher aussi un encadreur. Le directeur de recherche, il le choisit en fonction certes de sa renommée dans l’université, mais surtout de sa compétence reconnue dans le domaine de recherche concerné, de sa réputation dans l’encadrement efficace des travaux de recherche qu’il accepte de diriger, de son intérêt personnel pour le sujet traité (et qui entre dans ses préoccupations et sa sphère de recherche), de la sympathie qu’il inspire et sa disponibilité…
Contrairement à ce qu’on laisse croire, les étudiants savent apprécier les qualités professionnelles et pédagogiques des enseignants et c’est cela que la plupart considèrent quand ils sont amenés à faire le choix d’un directeur de recherche. Le choix du sujet et le choix du directeur sont interdépendants, sont intimement liés. Dans la préparation d’un DEA, d’un Master ou d’une thèse, le jeune chercheur sait très bien (et a tout à fait conscience du début jusqu’à la fin de son étude) que le directeur est une personne ressource incontournable ; c’est lui qui est chargé de l’encadrer, de le guider, d’orienter son travail, de l’encourager dans ses efforts et dans ses moments de difficultés et de découragement, de lui faire des critiques quand il le faut ; bref, c’est le maître d’œuvre indispensable qui effectue le suivi scientifique de l’étudiant pendant sa recherche jusqu’à la soutenance.
Son influence faible ou forte sur les activités de recherche et les travaux de son étudiant se ressent et marque indubitablement cette thèse ou ce mémoire dont il assure la qualité et assume la responsabilité.
D’ailleurs, dans les universités françaises, les dispositions réglementaires et en particulier la charte des thèses définissent clairement les droits et les devoirs respectifs des directeurs de thèse et des doctorants, leurs engagements réciproques ; les textes précisent bien le rôle et les tâches du directeur de recherche. Ainsi, on peut dire que, de façon concrète, le directeur de thèse est :
- chargé de fournir à son candidat des informations et des éclaircissements sur le choix de son sujet ; d’attirer son attention sur les dangers du choix, sur les dérives possibles, sur les thèses déjà soutenues sur ce même thème ; de recadrer le sujet, de ré-orienter la recherche vers des questions plus pertinentes et plus productives ou, au besoin, de le dissuader de poursuivre cette recherche sans issue ou sans chance d’aboutir dans sa formulation actuelle. - chargé de l’aider à faire l’état des connaissances sur la question traitée et du lui fournir les premières références d’une bibliographie de base lui permettant, par la suite, de faire tout seul sa recherche documentaire. - chargé de définir et de rassembler les moyens à mettre en œuvre pour permettre la réalisation du travail. A cet effet, le doctorant doit être pleinement intégré dans une équipe de recherche où il a accès aux mêmes facilités de recherche que les enseignants (équipements, moyens notamment informatiques, documentation, etc.) - chargé de mettre le doctorant en contact avec d’autres personnes travaillant sur le même sujet que lui ou sur des sujets avec des perspectives différentes. - chargé de le diriger vers des instituts ou des bibliothèques spécialisés. - chargé de lui fournir des informations théoriques et méthodologiques : tenue de colloques et de séminaires susceptibles de l’intéresser ; ouvrages et références pouvant l’aider à approfondir son étude ; participation à des conférences, séminaires ou réunions scientifiques organisées, avec possibilité de présenter des aspects de son travail. - chargé de donner des conseils sur l’évolution et la construction de la problématique. - chargé d’expliquer, de manière concrète, comment faire un mémoire ou une thèse, depuis sa conception, sa rédaction jusqu’à la soutenance. - chargé d’aider le candidat dans ses démarches pour avoir accès à des ressources et à des institutions : lettres de recommandation, attestations… - chargé de demander régulièrement des bilans sur l’état d’avancement du travail et aider à la planification de ses prochains objectifs et échéances. - chargé de lire les travaux remis, de faire des observations, des remarques et la critique qui s’impose.
Selon la charte des thèses, le doctorant est un jeune chercheur, il a droit à un encadrement personnel ou même personnalisé de son directeur de thèse qui, en l’acceptant sous sa direction, s’est engagé de fait à lui consacrer une part significative de son temps. Cela fait partie du contrat. Et le directeur doit tout mettre en œuvre pour suivre l’évolution et la progression du travail de l’étudiant dont il a la charge.
4. La cotutelle
Parfois, dans le cadre de sa thèse et de ses travaux de recherche, un doctorant a besoin de la direction avisée ou de la codirection de deux professeurs de la même université et de deux universités différentes. C’est dans ce contexte qu’il a été créée en France la procédure de la cotutelle de thèse, réglementée par l’arrêté du 30 mars 1992 et du 18 janvier 1994. Concrètement, cela veut dire que le doctorant a en réalité deux directeurs de thèse : l’un d’une université française et l’autre d’une université étrangère. Le thésard effectue ses travaux de recherche sous le contrôle et la responsabilité des deux directeurs, chacun dans son pays.
Cette procédure, ouverte aux universités, vise à instaurer et à développer une collaboration entre des universités de pays différents dans une coopération scientifique entre des équipes de recherche françaises et étrangères en favorisant, si possible, la mobilité des doctorants.
Chaque cotutelle de thèse se déroule normalement dans le cadre d’une convention liant les deux établissements intéressés et impliquant un principe de réciprocité.
La convention reconnaît la validité de la thèse soutenue dans ce cadre et dans les deux pays ; elle dispense le doctorant du paiement des droits d’inscription dans l’un des deux établissements.
Généralement, les étudiants africains, bénéficiaires d’une procédure de cotutelle, préfèrent être en France où ils seront dans de meilleures conditions d’étude et de recherche (documentation, bibliothèque, séminaires, colloques, réunions scientifiques, outils informatiques, stimulation, émulation, encadreurs compétents et disponibles…). La soutenance, pour une question de commodité et de moyens, a lieu habituellement en France où se trouvent déjà les candidats.
5- Rencontre de travail avec le directeur de recherche
Pour l’encadrement et le suivi de la thèse en préparation, il est nécessaire que le principe des rencontres régulières et fréquentes soit arrêté et même programmé, si possible, entre le maître et l’étudiant-chercheur.
La toute première rencontre du doctorant (muni de son sujet et d’une ébauche de projet de recherche) avec le directeur de recherche sollicité est avant tout une occasion de faire connaissance (surtout si le candidat n’a jamais été l’étudiant du professeur) et d’échanger sur le sujet choisi et la thèse envisagée ou le mémoire projeté. Cette rencontre permet au directeur de s’assurer des motivations de l’étudiant, de l’intérêt de son sujet et de la faisabilité de la thèse en vue, et au candidat de se faire une idée de la disponibilité et de la disposition du professeur pour l’encadrement et le suivi de son travail. La discussion peut aboutir à la réformation du sujet, à la clarification de la problématique, au recadrement du plan ou à des réajustements divers et enfin à la validation du projet et à l’accord du professeur pour diriger cette recherche.
Bien souvent, c’est au cours de la deuxième rencontre et même après la troisième que les deux partenaires arrivent à finaliser le projet et à déterminer un programme de travail avant que le doctorant ne passe à une autre étape.
Des rencontres périodiques devront avoir lieu selon les nécessités du moment, chaque fois que le chercheur se trouve confronté à un problème difficile, à un écueil qui bloque la progression du travail, et que le maître peut aider à surmonter. Il faut compter aussi les rencontres de travail pour discuter de tel ou tel aspect de l’étude en cours ou après lecture par le directeur d’un manuscrit soumis à son appréciation …
Après cette première étape de travail qu’on considère comme la phase préparatoire ou préliminaire vient une deuxième étape, plus fastidieuse, chargée d’intenses activités de recherche et qu’on peut appeler, à juste raison, phase d’investigation et de construction de l’objet d’étude.

II- LA PHASE D’INVESTIGATION OU ÉTAPE DU TRAVAIL DE CONSTRUCTION DE L’ETUDE ENVISAGÉE
La phase d’investigation est l’étape des recherches pour la construction de l’étude envisagée. Elle concerne tous les efforts qui sont faits pour circonscrire le projet et tous les moyens à mettre en œuvre pour réaliser le mémoire ou la thèse.
Une fois le sujet trouvé, le petit projet de thèse approuvé par le directeur de recherche prêt à apporter l’encadrement scientifique qu’il faut, il ne reste plus qu’à passer à la phase de la mise en place de toute la logistique nécessaire et plus précisément de tous les moyens heuristiques. Cette phase du travail de recherche revêt donc une grande importance puisqu’elle fournit à l’étude son fondement, sa perspective, ses promesses et sa portée. Elle comprend la présentation et l’explication du sujet, l’élaboration et la spécification de la problématique, la recherche documentaire ou bibliographique, la recension critique des ouvrages, études et travaux sur le sujet, la constitution du corpus d’étude, la recherche de méthodes d’analyse appropriées, l’établissement du plan de l’étude.
Pour chacun de ces points, on lira avec profit le chapitre 8 et les paragraphes qui leur sont respectivement consacrés plus loin (cf. p. 103)
Il est bien entendu que, selon qu’il s’agit d’un mémoire de recherche qui se fait en 1 année ou d’une thèse qui dure 3 à 4 ans, le temps d’investigation, le contenu et l’étendue des recherches sont plus au moins longs et plus ou moins importants.
De toute manière, pour ce qui est de la thèse, il va de soi que toutes les dispositions doivent être prises pour que la période d’investigation ou de recherche des moyens et outils de travail soit intensive, efficace et fructueuse. Le chercheur doit par exemple s’efforcer de déterminer et de construire la problématique, car toute recherche se fonde sur une problématique. La définition et la spécification de la problématique passent nécessairement par l’identification et la formulation claires et précises d’un problème particulier, spécifique de recherche, dit aussi question centrale de recherche. Il s’agit, concrètement, de voir dans le thème choisi ou le sujet retenu ce qui fait ou pose problème et pour lequel on entreprend cette étude pour y trouver des solutions ou apporter des éléments de réponse.
La problématique se bâtit et se structure autour d’un problème principal ou question centrale ou encore question de départ et aussi autour de questions annexes ainsi que d’hypothèses de recherche qui permettent de saisir les enjeux et de percevoir l’intérêt de la question pivot pour le domaine d’étude concerné. C’est ce que dit, en d’autres termes, Mathieu Guidère lorsqu’il écrit « En somme, la problématique doit poser une question centrale par rapport au sujet choisi, annoncer une idée directrice pour la suite du travail, et esquisser une démarche démonstrative qui sera suivie tout au long de la rédaction » 17 .
Avec la problématique, il importe de préciser également les objectifs visés par l’étude projetée ; d’une part l’objectif général indiquant le but réel, la finalité recherchée, et d’autre part les objectifs spécifiques ou opérationnels, c’est-à-dire des aspects du problème central étudié et les opérations à conduire pour atteindre l’objectif général formulé.
Selon les sujets et le type de recherche entreprise, selon même la conception de la thèse, la question de recherche et la structuration de la problématique peuvent être le fil conducteur de l’étude. Elles peuvent être suscitées par des éléments essentiels de construction de l’objet d’étude, ou au contraire, conditionner toute la recherche en orientant par exemple les lectures, la revue de la littérature, la recherche bibliographique, la constitution du corpus et aussi les méthodes d’approche pour répondre plus efficacement aux problèmes posés ; elles peuvent même influencer l’élaboration du plan ou l’articulation de l’étude.
C’est dire l’importance déterminante de la problématique dans un travail de recherche et en particulier dans la réalisation d’une thèse de doctorat.
Après la collecte des idées et des informations de toute nature, après la mise en place de tous les moyens logistiques et des outils heuristiques en vue de la rédaction de l’étude entreprise, en somme, après le travail d’investigation vient la troisième phase, celle de l’organisation, du traitement et de l’analyse des documents, des idées et des données.

III- LA PHASE DE TRAITEMENT DES DONNÉES, D’ORGANISATION DES IDÉES ET D’ÉLABORATION DU PLAN DE L’ÉTUDE
Cette étape, qui précède la rédaction du mémoire ou de la thèse en préparation, passe par plusieurs opérations indispensables qui consistent à : - trier et sélectionner tous les éléments d’information accumulés sur le sujet - à dépouiller les documents et les ouvrages lus pour en tirer le meilleur profit - à organiser les données recueillies - à ordonner et classer les fiches thématiques, bibliographiques, citationnelles confectionnées - à retravailler et à remanier le premier plan pour obtenir un plan bien élaboré, plus complet et plus cohérent, indiquant les principales articulations de l’étude, avec la progression de l’argumentation.
Un bon plan est très important dans la rédaction d’une thèse : il est la fondation sur laquelle se bâtit l’édifice en construction que le doctorant doit réaliser. On y reviendra plus loin.
Dans le cadre des thèses littéraires et autres, une fois le travail de recherche terminé, avec la mise en place de la problématique, de la documentation, de l’état de connaissances sur la question traitée, des méthodes d’analyse, du plan définitif, le doctorant passe à la rédaction elle-même.

IV- LA PHASE DE RÉDACTION
La rédaction consiste évidemment à rédiger l’étude entreprise, c’est-à-dire à mettre par écrit et à développer les idées accumulées, les données recueillies selon un plan progressif et en suivant une logique démonstrative.
L’on doit éviter de recopier des passages de livres existants ou paraphraser des extraits d’ouvrages et d’articles traitant, d’une façon ou d’une autre, des aspects du sujet choisi. Une thèse n’est pas un inventaire ou un catalogue ou même une bonne et habile compilation de documents savants et de sérieux et intéressants travaux antérieurs. Une thèse n’est pas non plus une sorte de patchwork rassemblant ou mettant bout à bout des idées, des commentaires, des arguments et des discours aussi disparates que spécieux.
Une thèse de doctorat, c’est, par-dessus tout, une manière intelligente de restituer des lectures bien assimilées, de mettre en valeur des connaissances et des compétences ; le lieu de faire des analyses perspicaces et judicieuses, des commentaires pertinents, soutenus par des explications convaincantes, des arguments solides et par des illustrations et exemples probants. Une thèse, c’est aussi la capacité d’exprimer un point de vue personnel sur le sujet et le problème étudiés, de prendre position, de défendre ou de soutenir une thèse, au sens académique du terme.
En principe, la rédaction, une fois les moyens et les conditions réunis, ne pose pas de problème majeur. Le seul véritable problème, et qui est inhérent et inévitable dans la rédaction d’une étude sur une longue durée, c’est des moments de lassitude, de découragement et d’envie de tout abandonner, surtout avec le phénomène de ce qu’il est convenu d’appeler “la page blanche”, c’est-à-dire un blocage intellectuel qui fait que l’étudiant, malgré sa bonne volonté, n’arrive plus à écrire, n’avance plus dans la rédaction de son travail alors qu’il dispose apparemment de tout pour le faire normalement.
Certains étudiants rédigent leur manuscrit, chapitre après chapitre, partie après partie ; d’autres préfèrent écrire au fur et à mesure de l’avancement de leur recherche. Cette autre manière de procéder a ses avantages et la préférence de certains maîtres.
Selon les goûts et les habitudes de chaque directeur de recherche, le candidat lui soumet soit un document entièrement rédigé et relié soit au fur et à mesure que des parties importantes sont prêtes. Dans ce cas, l’étudiant continue son travail, rédige les points suivants en attendant la rencontre avec son directeur de recherche lorsqu’il aura fini de lire les pages qui lui ont été soumises.

V- LA PHASE FINALE
La dernière étape ou phase finale concerne les dernières choses à faire pour la mise au point du mémoire ou de la thèse avant sa soutenance. Il s’agit par exemple de la saisie du manuscrit, du dépôt du tapuscrit auprès du directeur de recherche pour lecture et appréciation, des séances de travail avec lui, etc.
Cette phase comprend aussi le temps de correction, d’aménagement ou de réajustement de l’étude ou encore des approfondissements complémentaires demandés ou de ré-écriture de certains passages. Elle englobe enfin tout ce qu’on a l’habitude d’appeler le “toilettage de la thèse”.
Si après la mise au point définitive, le travail soumis au directeur pour validation et contrôle de qualité obtient le visa ou le feu vert de ce dernier, il est envoyé au comité scientifique pour avis de deux rapporteurs compétents. Si les avis sont favorables, il ne reste plus que les démarches administratives et pédagogiques pour l’organisation effective de la cérémonie de soutenance publique qu’on verra dans la troisième partie.

VI- LE CALENDRIER DE TRAVAIL OU LE PLANNING DE L’ÉTUDE
A côté des grandes étapes de recherche ou de la réalisation d’une thèse ou d’un mémoire, il est bon d’avoir pour soi-même (et aussi par rapport à son directeur de recherche) un minimum d’organisation afin de respecter les échéances qu’on s’est fixées.
Dans l’idéal, voici des propositions théoriques de calendrier à adapter selon les situations concrètes.

1- Pour un mémoire de recherche - Fin juin ou juillet , après les résultats des examens de fin d’année : recherche d’un sujet et d’un directeur de recherche - Pendant les vacances : réflexion sur le sujet retenu, lecture des œuvres choisies, ébauche d’un projet de recherche - A la rentrée universitaire : Rencontre avec le directeur de recherche, échange sur le sujet et le projet Inscription administrative et pédagogique - Mi-octobre-novembre : lecture, recherche bibliographique, recension des études et travaux sur le sujet - Janvier : présentation d’une problématique et des fiches de lecture réalisées sur le sujet - Mars : présentation de l’introduction et d’un plan détaillé de rédaction - Avril : présentation d’une partie intégralement rédigée - Mai : présentation du reste du mémoire au directeur pour lecture et évaluation - Juin : dépôt du mémoire pour soutenance après relecture et corrections exigées - Juillet : soutenance publique

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