Savoirs théoriques et savoirs d action
210 pages
Français

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Savoirs théoriques et savoirs d'action

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Description

Vieille opposition dont les rapports structurent les représentations, les conduites individuelles et collectives, la distinction entre théorie et pratique est peut-être en train d’évoluer avec les transformations actuellement observables dans le domaine du travail, de la formation et de la recherche.
Faisant appel à des spécialistes réputés, issus de différentes disciplines, ce livre collectif a précisément pour objet principal, à partir des expériences de recherche, d’enseignement et d’action de chacun des auteurs, de faire le point sur l’évolution des rapports entre savoirs théoriques et savoirs d’action et de favoriser ainsi l’ouverture d’un large débat interdisciplinaire sur cette question.
Cet ouvrage est issu d’une table ronde organisée dans le cadre de la deuxième biennale de l’éducation et de la formation et du bicentenaire du Conservatoire national des arts et métiers.

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 14
EAN13 9782130741954
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0172€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

2011
Sous la direction de
Jean-Marie Barbier
Savoirs théoriques et savoirs d'action
Copyright
© Presses Universitaires de France, Paris, 2015 ISBN numérique : 9782130741954 ISBN papier : 9782130589990 Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
Présentation
Vieille opposition dont les rapports structurent les représentations, les conduites individuelles et collectives, la distinction entre théorie et pratique est peut-être en train d’évoluer avec les transformations actuellement observables dans le domaine du travail, de la formation et de la recherche. Faisant appel à des spécialistes réputés, issus de différentes disciplines, ce livre collectif a précisément pour objet principal, à partir des expériences de recherche, d’enseignement et d’action de chacun des auteurs, de faire le point sur l’évolution des rapports entre savoirs théoriques et savoirs d’action et de favoriser ainsi l’ouverture d’un large débat interdisciplinaire sur cette question. Cet ouvrage est issu d’une table ronde organisée dans le cadre de la deuxième biennale de l’éducation et de la formation et du bicentenaire du Conservatoire national des arts et métiers.
Table des matières
Introduction(Jean-Marie Barbier) Savoir théorique et savoirs pratiques. L'exemple médical(Alain Bernadou) Savoirs théoriques et gestion(Michel Berry) Un rêve déçu L'éloignement du monde académique et du monde des affaires Des mutations qui créent des besoins de savoirs Les impasses des approches normatives De la balistique à la maïeutique La mise en place de dispositifs de gestion de la recherche Du contingent au général La science en dialogues Comment asseoir le concept d'université professionnelle ?(Bernard Decomps et Gérard Malglaive) Un balayage des ingrédients de la formation professionnelle dans un survol historique de la formation des ingénieurs Professionnalisation et découverte du savoir pratique Le tutorat des apprentis, une nouvelle responsabilité des enseignants L'université professionnelle peut-elle déborder du champ des domaines d'activités structurés ? L'université professionnelle répondrait a toutes les missions du ministère de tutelle La comptabilité : un savoir d'action en quête de théories(Bernard Colasse) De la codification disciplinaire de la comptabilité De l'émergence d'un savoir comptable scientifique « En fin de compte... » Les savoirs de l'ingénieur(Jean-Jacques Gagnepain et Jean-Claude André) Quelques repères historiques Savoirs théoriques Savoirs d'action Association entre savoirs La formation En conclusion Savoirs théoriques et savoirs d'action dans la communication didactique. Point de vue pragmalinguistique(Olga Galatanu) Les savoirs théoriques et les savoirs d'action dans les contenus de la communication didactique Les savoirs théoriques et les savoirs d'action des enseignants dans l'acte
d'enseignement Savoirs théoriques et savoirs d'action : Point de vue logico-discursif(Jean-Blaise Grize) Du discours De la modélisation Du raisonnement En bref Sur la pratique des théoriciens(Bruno Latour) Reformatage de la question : la théorie est un produit et non un processus L'objet de la théorie Le poste de travail du théoricien De la gestion de la complexité à un corpus de « sciences de l'action »(Jean-Claude Lehmann) Peut-on ignorer les contraintes imposées par l'action ? Dynamique d'action et science de la complexité Vers un corpus de « sciences de l'action » Marier connaissances théoriques et maîtrise de l'action : un enjeu majeur pour notre société Savoirs théoriques, savoirs scientifiques et savoirs d'action en éducation (Gaston Mialaret) Introduction : La situation particulière de l'éducation Le savoir pratique de l'éducateur De la recherche scientifique en éducation Quelques remarques sur le « savoir théorique » en éducation Comment se posent alors les relations entre la pratique, la théorie, la recherche, la formation ? EN GUISE DE CONCLUSION Savoir travailler. Le point de vue de l'ergonome(Maurice de Montmollin) Savoirs théoriques et savoirs d'actions des opérateurs Travail prescrit et travail réel Savoirs Compétences Savoirs théoriques et savoirs d'action des ergonomes A la recherche d'une nouvelle épistémologie de la pratique et de ce qu'elle implique pour l'éducation des adultes(Donald A. Schön) Le dilemme de la « rigueur ou de la pertinence » Regardons la question du savoir professionnel par l'autre bout Réfléchir en cours d'action
Recherche et pratique Savoirs, compétences et travail(Gilbert de Terssac) L'évolution des qualifications et des conceptions de la qualification Savoirs et compétences Compétences et travail : compétences d'explicitation, d'intervention et d'évaluation Grammaires de l'expérience et savoirs-objets : le savoir focal dans la construction de nouveaux modèles de formation(François-Victor Tochon) Problèmes de transfert théorie-pratique en formation Déconstruction de trois modèles de formation Le nœud du problème théorie/pratique Les antagonismes classiques sont dépassés Mutation du rapport théorie-pratique Points de vue sur le savoir focal L'expérience focale et ses implications en formation Au fond de l'action, la conceptualisation(Gérard Vergnaud) Le concept de schème Un exemple d'analyse L'explicitation et la théorisation Pistes bibliographiques(Corinne Lespesailles, Mado Maillebouis et Marianne Schilling)
Introduction
Jean-Marie Barbier
ieille opposition dont les rapports structurent durablement un grand nombre de Vreprésentations individuelles et collectives et accompagnent des organisations également durables du social, la distinction entre théorie et pratique est peut-être aujourd'hui en train d'évoluer dans son contenu com me dans ses formes avec les transformations convergentes actuellement constatables dans le domaine de l'organisation du travail et de la production, de la formation et de la recherche. Depuis les années 1980 en effet, dans le cadre de différentes mutations économiques et sociales au sein desquelles le pilotage de la production par la demande joue probablement un rôle important, on a vu se développer dans les entreprises et plus généralement dans les organisations un double phénomène affectant directement la question des savoirs et des compétences : - Phénomène tout d'abord de développement et de socialisation des fonctions mentales d'accompagnement de la production, quelquefois désignées sous le terme de fonction cognitive des organisations. Évidemment favorisée par le recours aux technologies de production et de traitement des informations qu'il favorise à son tour, ce phénomène se manifeste de m ultiple façon : croissance continue des tâches de conduite et de gestion par rapport aux tâches de réalisation, intellectualisation du travail salarié, multiplication et socialisation des prises d'information sur les process, intégration de données auparavant séparées, organisation de la production en flux tendu, démarches de qualité, etc. Ce phénomène gagne progressivement l'ensemble des organisations sociales qui tendent à multiplier les activités de connaissance de leur propre fonctionnement (observatoires, tableaux de bord...) et des usages faits de leurs produits. Par rapport à notre propos, et par différenciation avec les organisations antérieures (notamment tayloriennes) de la production, ce phénomène présente notamment trois caractéristiques. Tout d'abord cette mentalisation s'effectue à partir du fonctionnement effectif de l'organisation : on s'accommode de moins en moins de l'écart qui subsiste entre travail prescrit et travail réel, entre « théorie » et « pratique », voyant probablement dans cette meilleure connaissance du réel une nouvelle ressource pour les organisations. Ensuite elle tend à élargir son assise au-delà des divisions anciennes du travail et de la production (postes, lignes, services...) pour intégrer des « fonctions », des « métiers » ou des « projets » plus larges. Enfin cette mentalisation tend explicitement à prendre en compte l'environnement des processus et des actions concernées, comme on le voit bien dans les démarches de projet. - Phénomène complémentaire : dans ces activités de mentalisation et de conduite des processus productifs l'intervention des salariés eux-mêmes et plus généralement des « opérateurs » est reconnue explicitement. Toutes les
nouvelles formes d'organisation du travail et de la production reposent en fait, de près ou de loin, sur un appel à cette participation notamment sous la forme d'échanges et de modes divers de formalisation : démarches de progrès, démarches de qualité, démarches de projet, organisations intégrées, organisations déconcentrées, etc. Ces nouvelles formes d'organisation ne transforment pas en elles-mêmes bien entendu les rapports sociaux, surtout dans des conjonctures particulièrement défavorables aux salariés, mais elles déplacent les conditions de leur exercice sur d'autres terrains et surtout elles font du recours aux capacités cognitives et aux ressources affectives d'implication de l'ensemble des personnels un axe essentiel des nouvelles politiques de gestion du personnel. Ainsi se trouve donc posée, dans l'espace du travail, et plus généralement des processus de transformation du réel, la question de la production de représentations et de savoirs sur ces processus et à partir d'eux, dans le moment même de leur exercice et aux fins de les faire évoluer. Parallèlement, dans le domaine de la formation et du développement, on constate des évolutions importantes qui paraissent s'orienter dans un sens proche : développement de formations intégrées à l'action et au travail, utilisation explicite de démarches d'écriture, de formalisation et de recherche à des fins de formation et de développement, construction de dispositifs ensembliers (ex. alternance) articulant les acquisitions en situation de formation et les acquisitions en situation de travail, individualisation des parcours, etc. Toutes ces évolutions ont en fait un point commun : elles supposent de la part des formés ou des apprenants une activité intellectuelle sur et à partir des actions ou des situations concrètes dans lesquelles ils sont engagés, à des fins de production de nouveaux savoirs et de nouvelles compétences. Autrement dit, dans ces nouvelles form es de formation, l'engagement dans une action de transformation du réel est considéré comme délibérément inducteur d'une transformation identitaire, lorsqu'il est doublé d'une activité de production de représentation et de savoirs sur et à partir de cette action. L'acte de travail devient acte de formation lorsqu'il s'accom pagne d'une activité d'analyse, d'étude ou de recherche sur lui-même. La production de savoirs par l'apprenant est alors utilisée comme un outil direct de production de compétence, alors que traditionnellement dans les systèmes d'enseignement et de formation, les transformations identitaires souhaitées sont considérées comme devant être obtenues pour l'essentiel soit par mise à disposition – appropriation de savoirs extérieurs, soit par mise en exercice des savoirs appropriés. Dans le monde de la recherche, on constate encore des évolutions qui, à bien des égards convergent avec les précédentes. Traditionnellement l'activité scientifique devait ses progrès de son organisation en disciplines contrôlant la production des savoirs et les conditions de leur reconnaissance, du privilège qu'elle donnait à une bonne connaissance des états du réel physique et social et de l'exploration de modèles de causalité autorisant la reproductibilité des phénomènes étudiés ; aujourd'hui, elle semble progresser aux frontières des disciplines ou dans leur articulation-recomposition, dans une meilleure connaissance des processus, des transformations, des dynamiques, des pratiques et dans l'exploration de nouveaux
modèles de causalité permettant de rendre compte de l'interactif, du complexe, de l'inédit. Par ailleurs, on constate un souci de mieux penser la différence et la complémentarité de différents types de recherche (« fondamentale », finalisée, clinique, descriptive, etc.), ce qui oblige aussi à une réflexion épistémologique sur le statut des savoirs produits dans chaque cas et sur leurs interrelations. Au total, nous pouvons faire l'hypothèse que ces évolutions nous conduisent à poser de façon renouvelée le problème de l'articulation entre savoirs théoriques et savoirs d'action. Traditionnellement assimilés aux compétences pratiques, aux savoirs cachés, aux savoirs d'expérience, aux savoirs informels, aux habiletés acquises dans l'action et par l'action, les savoirs d'action ou les savoirs relatifs aux transformations du réel donnent lieu semble-t-il de plus en plus souvent, notamment dans ces nouvelles formes d'organisation, de formation ou de recherche, à énoncé et à formalisation, ce qui tend à les affermir dans leur statut de savoirs et à les rapprocher des savoirs théoriques. Parallèlement, ces derniers, traditionnellement assimilés à des savoirs disciplinaires, qu'il s'agisse de disciplines de recherche ou d'enseignement, ou même de disciplines professionnelles, tendent à s'élargir à de nouveaux objets et à de nouveaux champs qui les rapprochent de l'action et de son intelligibilité, comme on le voit avec le développement de champs de recherche ou de milieux scientifiques correspondant à des champs de pratique. C'est l'objet principal de cet ouvrage que de faire le point sur cette distinction entre savoirs théoriques et savoirs d'action et sur les évolutions qu'elle peut connaître. L'enjeu dépassant singulièrement le cadre d'une discipline ou d'un champ de pratiques particulier, il a été délibérément fait appel à des spécialistes réputés issus précisément de disciplines et de champs qui ne peuv ent échapper à ce questionnement. Tous ont eu à connaître dans leur e xpérience du triple positionnement de la recherche, de la formation et de l'action souvent au plus haut niveau dans leur spécialité. Sans prétention d'une quelconque exhaustivité, l'objectif recherché est de fournir aux lecteurs des matériaux à la fois très denses et très différents, leur permettant d'élaborer progressivement un point de vue global sur la question, mais leur permettant aussi d'apprécier les différences de paradigme dans son approche. Très concrètement, il a été demandé à chaque contributeur de répondre, de façon très libre, à cinq questions : - la distinction entre savoirs théoriques et savoirs d'action est-elle pertinente ? - comment peut-elle être fondée ? - quelles interactions existent entre les deux types de savoirs dans les situations ordinaires et dans les situations d'innovation ? - quels rôles d'acteurs impliquent-ils tant dans leur production que dans leur mobilisation ? - comment s'articulent-ils et s'intègrent-il aussi bien dans la recherche, dans l'action, que dans la formation ? L'idée de cet ouvrage est directement issue de l'organisation, en avril 1994, d'une table-ronde sur le même thème dans le cadre à la fois de la Seconde Biennale de
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