Emily Stowe
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Description

Emily Stowe était une femme d’exception et une militante engagée!
Élevée dans une famille de quakers où l’égalité des sexes est un principe fondamental, Emily est d’abord institutrice, puis devient la première femme directrice d’école, en Ontario. Une fois mariée et mère de famille, elle poursuit ses études en médecine aux États-Unis, car les universités canadiennes n’acceptent pas les femmes. En 1867, Emily Stowe devient la première femme à pratiquer la médecine au Canada.
Persévérante, éprise de justice sociale et d’égalité, Emily milite que les femmes bénéficient des mêmes avantages et des mêmes opportunités que les hommes. Son implication politique l’amènera à militer pour le droit de vote des femmes. Hélas, elle n’ira jamais aux urnes; au Canada, le droit de vote ne sera accordé aux femmes qu’en 1918, soit quinze ans après sa mort.
Personnage méconnu, Emily Stowe est considérée comme la mère du mouvement des suffragettes au pays.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 avril 2021
Nombre de lectures 0
EAN13 9782925088202
Langue Français
Poids de l'ouvrage 8 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0017€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

EMILY STOWE
Militante féministe


E MILY STOWE
M ilitante féministe
Direction éditoriale : Angèle Delaunois Édition électronique : Hélène Meunier Révision : Arnaud Gros-Burdet
Photo de la couverture : Auteur inconnu (domaine public) Illustrations intérieures : Adeline Lamarre Adaptation ePub : Studio C1C4

© 2021 : Sonia K. Laflamme et les Éditions de l’Isatis

Collection Bonjour l’histoire n o 26 Dépôt légal : 2 e trimestre 2021 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada

C atalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Canadiana (livre imprimé) 2020009100X Canadiana (livre numérique) 20200091018 ISBN 9782925088196 (couverture souple) ISBN 9782925088202 (EPUB)
RVM : Stowe, Emily Howard, 1831-1903— Ouvrages pour la jeunesse. | RVM : Suffragettes— Ontario —Biographies—Ouvrages pour la jeunesse. | RVM : Femmes médecins— Ontario —Biographies—Ouvrages pour la jeunesse. | RVMGF : Biographies. | RVMGF : Documents pour la jeunesse.
Classification : LCC FC3072.1.S77 L34 2021 | CDD j305.42092— dc23
Aucune édition, impression, adaptation ou reproduction de ce livre par quelque procédé que ce soit, ne peut être faite sans l’autorisation écrite des Éditions de l’Isatis inc.
Nous remercions le Conseil des arts du Canada de l’aide accordée à notre programme de publication et la SODEC pour son appui financier en vertu du Programme d’aide aux entreprises du livre et de l’édition spécialisée et du programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres.

Sonia K. Laflamme

E MILY STOWE
M ilitante féministe


* Les mots d’époque suivis d’un astérisque sont expliqués dans le glossaire du dossier Emily Stowe.
Fiche d’activités pédagogiques téléchargeable gratuitement depuis le site www.editionsdelisatis.com


Chapitre 1
DES FILLES SUR UNE FERME


Canton* de Norwich, comté* d’Oxford, Ontario
H annah Howard provenait d’une riche famille de quakers*. Elle avait épousé Solomon Jennings et ils eurent six filles. Dès leur plus jeune âge, celles-ci participaient sans rouspéter aux dures corvées et exigences d’une ferme laitière.
Q uand on lui faisait remarquer qu’il n’avait pas eu la chance d’avoir de fils pour l’aider, Solomon répliquait avec fierté :
— Chacune d’entre elles est aussi vaillante qu’un garçon !
— Mais ce serait certainement plus facile par moments si…
— Nous sommes tous égaux aux yeux de Dieu !
L a vie communautaire constituait le ciment de leur petite congrégation. Tous les membres s’efforçaient de s’entraider du mieux qu’ils le pouvaient. Leur vie tournait autour de principes comme l’égalité, la simplicité et l’intégrité. Solomon savait qu’en cas de réel besoin, il pouvait compter sur leur soutien indéfectible.
D e son côté, sa femme, qui avait étudié les herbes médicinales et l’homéopathie* en plus d’offrir ses services de guérisseuse et de sage-femme*, ne se privait pas pour critiquer l’enseignement que recevaient ses enfants à l’école de rang.
— Il s’agit d’un programme de lecture irlandais ! disait-elle, irritée.
— C’est normal, rétorquait son mari en se berçant. Le gouverneur Metcalfe* laisse entrer de plus en plus d’immigrants irlandais. Il veut plaire aux protestants et aux catholiques, qui sont majoritaires.
— Ce n’est pas ce que je souhaite pour nos filles.
— Moi non plus. Mais nous, les Amis*, ne sommes pas assez nombreux pour changer les choses, déplora-t-il.
L ors de leurs assemblées, les quakers ne prenaient jamais de décision à la majorité des voix, mais bien à l’unanimité ! Ce procédé était bien sûr possible avec un petit nombre d’individus comme les quakers ; avec les quelques centaines de milliers d’habitants répertoriés sur le territoire de l’Ontario, cela devenait toutefois trop fastidieux, voire utopique à réaliser.
H annah se leva d’un bond. Elle pivota sur elle-même et posa son regard sur la bibliothèque familiale qui ornait un pan de mur. Elle considérait les livres qui s’y trouvaient comme la nourriture de l’âme.
— Alors je leur ferai la classe ! décida-t-elle, les poings crispés. Nous aussi avons le droit d’instruire nos enfants selon notre foi et nos valeurs !
L es filles Jennings poursuivirent ainsi leur instruction à la maison, sous la supervision de leur mère. Grammaire et orthographe, arithmétique et algèbre, géographie et histoire, logique et méditation silencieuse composaient le menu de leur quotidien.
E mily, l’aînée des sœurs, voyait depuis toujours sa mère se dévouer à soulager les souffrances des autres. L’adolescente était très curieuse d’apprendre à le faire elle aussi.
— Enseigne-moi les vertus des plantes, lui demanda-t-elle un jour. Montre-moi comment il faut les préparer.
R emplie de joie à l’idée qu’une de ses filles suive ses traces, la femme ajouta une matière de plus au programme d’étude de son aînée.
E mily s’appliqua si bien qu’elle fut vite en mesure de concocter des pommades pour guérir les petites blessures de ses sœurs cadettes.

Chapitre 2
UN PREMIER EXIL


E mily ressentait une soif d’apprendre insatiable. Elle ne se contentait jamais d’étudier ce que sa mère lui présentait. Elle dévorait tous les livres qui lui tombaient sous la main, surtout ceux de sciences. Ses parents l’encourageaient d’ailleurs en ce sens. Mais bientôt, Hannah ne fut plus en mesure de nourrir l’intellect de sa fille.
— J’aimerais aller étudier à Providence, moi aussi, dit Emily à ses parents.
Hannah était née à Cranston, dans le Rhode Island, aux États-Unis. Elle avait reçu sa formation non loin de là, dans un pensionnat quaker de Providence. En son âme et conscience, elle ne pouvait pas refuser la requête de sa fille. Elle se reconnaissait en elle.
— C’est si loin, ne put-elle néanmoins s’empêcher de remarquer. Tu vas devoir t’exiler à plus de cinq cents milles* d’ici. Tu y as bien pensé ? Et tu seras partie pendant plusieurs mois…
— Oui, mais je ne serai pas seule !
Emily avait raison. Sa mère connaissait de nombreux Amis et avait des membres de sa famille qui vivaient toujours là-bas. En cas d’extrême nécessité, elle ne doutait pas un seul instant qu’ils voleraient au secours de sa fille.

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