La guerre d Algérie
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Description

Si on parle aujourd’hui en France de la « guerre d’Algérie », pour les Algériens il s’agit de « la guerre de libération nationale » ou de « la guerre d’indépendance algérienne ».
De part et d’autre de la Méditerranée, les mémoires de ce conflit demeurent bien différentes. Et sur chacune des deux rives, elles sont multiples, fragmentées, tant les différents groupes acteurs de la tragédie se sont chacun repliés sur leur mémoire propre.
Cet ouvrage cherche à retracer et contextualiser sommairement un épisode complexe et tragique de l’histoire commune de l’Algérie et de La France qui résonne aujourd’hui encore dans nos deux pays.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 50
EAN13 9782843681608
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Les collections du citoyen Histoire
La guerre d' Algérie

Texte : Maurice Benassayag Ouvrage collectif Nane Éditions/Ministère de la Défense Cet ouvrage est coédité avec le ministère de la Défense, secrétariat général pour l’administration, direction de la mémoire, du patrimoine et des archives.

16, rue de Marignan – 75008 Paris Téléphone 01 53 83 95 78 – Fax 01 53 75 36 80 contact@nane-editions.fr www.nane-editions.fr
La Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA) est une direction du ministère de la Défense, placée sous l’autorité du secrétaire général de ce ministère. La DMPA a notamment en charge la politique culturelle du ministère au travers des collections de ses musées, de ses services d’archives et de ses bibliothèques. Elle détermine et finance les actions nécessaires à la gestion et à la valorisation de ce riche patrimoine. C’est dans cette perspective que la DMPA développe également une politique de publication et de soutien aux productions audiovisuelles permettant à un large public de découvrir l’histoire et le patrimoine du ministère de la Défense.
Sommaire
Des origines à la présence française
La conquête française (1830-1871)
L’émergence du nationalisme algérien
Un contexte favorable aux indépendances
Les “événements” d’Algérie (1954-1956)
L’enlisement (1956-1958)
Vers l’indépendance
Sur le terrain militaire
La fin de la guerre
La guerre en métropole
L’indépendance de l’Algérie
Le bilan de la guerre
Lexique
Adresses utiles
Des origines à la présence française
Au commencement étaient les Berbères
L e territoire correspondant à l’actuelle Algérie a d’abord été peuplé par un ensemble d’ethnies indifféremment appelées les Berbères.
Puis vinrent les Phéniciens, les Carthaginois et les Romains ; ces derniers jouent des divisions entre les royau­mes berbères et deviennent maîtres du Maghreb en 46 av. J-C. L’Afrique du Nord connaît alors la Pax Romana * jusqu’à l’invasion des Vandales au V e siècle de notre ère.

SAVIEZ-VOUS QUE…
Le terme « berbère » est une déformation du mot grec « barbaros » signifiant « étranger ». Imazighen, pluriel d’Amazigh, est le terme utilisé par les Berbères pour se définir : il signifie « hommes libres ».
SAVIEZ-VOUS QUE…
Le Maghreb (en arabe : al-Maghrib al-Arabi, « le Couchant Arabe ») est une région située en Afrique du Nord , partie occidentale du monde arabe correspondant à l’espace culturel arabo-berbère , comprise entre la mer Méditerranée , le Sahel , l’ océan Atlantique et l’ Égypte .

Algérie terre d’Islam
À partir du VII e siècle, l’Islam se répand dans tout le Magh­reb malgré la résistance des Berbères, qui finissent par s’y rallier et adoptent progressivement la lan­gue arabe, à l’exemple des deux fils de la Kâhina.
Le territoire algérien dépend ensuite du sultan turc de Constantinople. D’Alger, les corsaires assurent leur domination maritime sur la Méditerranée malgré les tentatives des Espagnols et des Français de les réduire.
En 1518, Khayr al-Din dit Barberousse, un des plus célèbres corsaires, se voit attribuer le titre de berbeley * : c’est la création de la Régence d’Alger, s’appuyant sur les corsaires turcs qui sillonnent les mers et sur les janissaires * qui contrôlent les routes et récoltent l’impôt au profit de l’Empire ottoman. Barberousse chasse les Espagnols de la place forte qu’ils avaient érigée en face d’Oran.
La Régence dure jusqu’à l’arrivée des Français, trois siècles plus tard.


Carte ancienne de la Barbarie.

La Kâhina, symbole de la résistance berbère Kâhina, « la prophétesse », de son vrai nom Damya. Succédant à son père en 686, elle résiste, comme lui, aux conquérants arabes omeyyades. Elle règne sur un immense territoire pendant cinq ans. Malgré de nombreuses victoires, elle finira par être capturée et mise à mort. Elle incarne le refus des Berbères de se soumettre.

SAVIEZ-VOUS QUE…
Le terme « barbaresque » désignait les pirates arabes opérant dans le bassin méditerranéen : ils capturèrent et transformèrent en esclaves plus de 1 800 000 chrétiens européens entre le 16 e siècle et le début du 19 e siècle.





* Les mots suivis d’un astérisque sont expliqués dans le lexique.
La conquête française (1830-1871)
L’armée est faite féroce par l’Algérie […] elle y devient tigre. Victor Hugo [1802-1885], Choses vues - 1852
B ien qu’ayant lancé plusieurs expéditions contre les Barbaresques, la France bénéficie d’un statut particulier ; elle commerce avec Alger et a obtenu d’y être représentée par un consul *.
Le roi Charles X (1824-1830) prétexte une insulte faite au consul par le dey * d’Alger, en avril 1827, pour, trois ans plus tard, organiser le blocus du port d’Alger, puis envoyer un détachement expéditionnaire (453 navires, 24 000 marins et 37 000 soldats).
Le 14 juin 1830, les troupes françaises débarquent à 25 km d’Alger, sur la plage de Sidi-Ferruch.
Le dey capitule le 5 juillet : l’armée française entre à Alger qui est livrée au pillage.
D’autres raisons contribuent à expliquer cette expédition : au regard des gloires de l’empire napoléonien, une victoire militaire donnerait un peu de lustre à une monarchie contestée. Charles X est, en effet, renversé en juillet 1830 et remplacé par Louis-Philippe 1 er , roi des Français (et non plus « roi de France »).
Commence alors une valse-hésitation : que faire de cette terre ? Faut-il conquérir tout le territoire ? Quel statut donner à l’Algérie ? Les gouvernements successifs hésitent.
Sans instruction précise du gouvernement français (Charles X abdique le 2 août 1830), l’armée se limite au contrôle des ports d’Alger, de Bône, de Mostaganem et d’Oran. Elle décide de laisser en place les chefs traditionnels musulmans qui tiennent l’intérieur du pays, et renforce leurs moyens de contrôle.
 

Coup d’éventail du dey, par Chaumot.
 
Un de ces chefs, l’émir Abd el-Kader, se retourne contre l’armée française et, regroupant plusieurs tribus, fonde un émirat qui couvrira les deux tiers du territoire algérien.
Des révoltes incessantes conduisent les troupes toujours plus loin à l’intérieur du territoire, au prix de nombreux morts du côté des Français qui commencent à s’installer et d’une répression violente contre les indigènes qui résistent.
Malgré la présence de 100 000 soldats français, Abd el-Kader remporte des victoires. Mais la politique de la terre brûlée et des colonnes mobiles, employée par le général Bugeaud, force l’émir à la reddition * : le 23 décembre 1847, Abd el-Kader se rend, au terme de 15 années de combats difficiles comportant, de part et d’autre, des méthodes d’une rare violence.
 
SAVIEZ-VOUS QUE…
Napoléon III imaginera un temps la création d’un royaume arabe, associé à la France, et dont il serait lui-même le roi.
  SAVIEZ-VOUS QUE…
C’est la France qui, en 1839, a donné à ce territoire le nom officiel d’Algérie à partir du terme arabe « El Ouyalat al Jaza’ir » utilisé depuis l’époque ottomane pour désigner le pays qu’Alger commandait.
 
Abd el-Kader L’émir Abd el-Kader (1808-1883) fut considéré comme le meilleur ennemi de la France. Après une longue période de captivité en France, au château d’Amboise, il fut exilé en Syrie où il accorda sa protection aux chrétiens de Damas. Sa fidélité à la parole donnée à la France lui valut, de la part de l’empereur Napoléon III, la grand-croix de la Légion d’honneur.
 
[…] et la pensée de l’abandon d’Alger, […], resterait éternellement comme un remords sur la date de cette année, sur la chambre et le gouvernement qui l’aurait consenti. Discours prononcé par Alphonse de Lamartine [1790-1869] à la Chambre des députés, 1834
La colonisation
À la chute du roi Louis-Philippe 1 er , en février 1848, la Deuxi­ème République est proclamée. L’Algérie est annexée et devient une partie intégrante du territoire français, avec une division en trois départements (Oran, Alger et Constantine), les territoires du Sud relevant de l’administration militaire.
Les flux migratoires vers l’Algérie au départ de l’Europe du Sud (Espagne, Italie, France) ont commencé dès 1830 et se poursuivent au gré des crises sociales, économiques et politiques du XIX e et du début du XX e siècle. Progressivement, une nouvelle génération émerge : les Européens d’Algérie.
 

Carte de l’Algérie, gravée par G. Lorsignol (1875).
 
Que de volonté il a fallu à ces premiers Pieds-Noirs dans ce pays hostile, luttant contre la fièvre, la chaleur, les pillards. Le fils à la charrue, la fille à pétrir le pain, la femme à soigner les musulmans, ils ont tout sacrifié à cette terre. Le Bachagha Boualam [1906-1982]
SAVIEZ-VOUS QUE…
« La Sidi Brahim » est un chant militaire composé après la résistance héroïque, sous les ordres du caporal Lavayssiere, de 79 soldats français, face à 10 000 arabes à la bataille de Sidi Brahim (1845).
Les statuts juridiques des communautés jusqu’en 1870
L a convention signée le 5 juillet 1830 entre « le général en chef de l’armée française et son Altesse le dey d’Alger » engageait les Français au respect du libre exercice de la religion mahométane et à ne pas porter atteinte à la liberté des habitants de toute classe, ni à leurs propriétés, leur commerce et leur industrie, quelle que soit leur religion.
Si l’annexion du territoire algérien, en 1834, place les indigènes d’Algérie sous la souveraineté de la France et leur confère la nationalité française, en revanche, elle ne leur accorde pas les droits liés à la citoyenneté française. En effet le droit français est incompatible avec les lois coutumières inspirées de la loi coranique.
 

Napoléon III à Mostaganem, département d’Oran, le 20 mai 1865, par M. Moullin.
 
Par sénatus-consulte * du 5 juillet 1865 sur l’état des personnes et la naturalisation en Algérie, Napoléon III décide que les trois millions d’ indigènes ...

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