Comme un coq en pâte
81 pages
Français

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Description

Vingt-six récits, présentés selon l’ordre alphabétique, mettent à la portée de tous 90 expressions imagées se rapportant à autant d’animaux, par exemple, « avoir le bourdon », « peigner la girafe » ou encore « raconter des canards ». C’est une fête du langage pas bête du tout !

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 21 mai 2011
Nombre de lectures 3
EAN13 9782896825820
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0350€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Comme un coq en pâte

Bouton d'or Acadie a bénéficié de l'aide financière du Conseil des Arts du Canada et de la Direction des arts du Nouveau-Brunswick pour la publication de ce livre.

Texte et illustrations : Gisèle Robert
Maquette de la couverture : Marguerite Maillet et Claude LeBlanc
Mise en pages : Marguerite Maillet

Papier ISBN 2-922203-24-7
PDF ISBN 978-2-89682-232-4
ePub ISBN 978-2-89682-582-0

Dépôt légal : 4e trimestre 1999 Bibliothèque nationale du Canada Bibliothèque nationale du Québec

Imprimeur : Marc Veilleux Imprimeur inc.
Distributeur : Prologue

© Bouton d'or Acadie 100B - 236, rue Saint-Georges Moncton (N.-B.), E1C 1W1 CANADA Tél. : (506) 382-1367 Téléc. : (506) 854-7577 Courriel : boutonor@nb.sympatico.ca
Table des récits
1 . La découverte
2 . La surprise
3. Un jour pas comme les autres
4 . Jamais deux sans trois
5 . Les voisins d'en face
6 . Courir deux lièvres à la fois
7 . À la dernière minute
8 . L'invention
9 . Du sucre dans les bois
10. Collège privé pour jeunes filles
11. Dans le parc
12. Au bord de la mer
13. Une première croisière
14. Cousin, cousine
15. Mon ami Olivier
16. Le joueur d'harmonica
17. Le petit frère
18. Les tourtereaux
19. Le tiroir secret
20. Les caprices de Candice
21. Au ranch à Félix
22. Un rêve qui se réalise
23. Le dindon de la farce
24. L'envieux
25. Le changement
26. Le ventre creux
À Marie-Ange, ma mère,
dont les yeux reflétaient
un coeur d'enfant,
et à Roger, mon père,
qui aimait tant
raconter des histoires.
Mot de l'auteure

Comme un coq en pâte, c'est vingt-six histoires présentées selon l'ordre alphabétique du premier mot par lequel elles commencent. Ce procédé ne vise aucunement à faire découvrir les lettres de l'alphabet: il s'agit simplement d'une fantaisie de l'auteure. Vous n'avez même pas à lire ce livre dans l'ordre de A à Z. Vous pouvez vous promener d'un récit à l'autre, si vous le désirez, en vous laissant guider uniquement par le hasard ou en vous inspirant de la table des récits.

Un seul lien unit ces histoires : chacune met en contexte trois ou quatre expressions métaphoriques relatives à des animaux (il y en a quatre-vingt-dix) et donne ainsi leur signification. La lecture de ce livre pourrait se révéler plus instructive, sûrement plus amusante, que la consultation d'un bon lexique ou du meilleur dictionnaire.

En somme, Comme un coq en pâte est un bouquet d'histoires, une fête du langage qui, je l'espère, se transformera en une grande bouffée d'air que vous voudrez retenir.

Bonne lecture !
La découverte

A lexandre marche seul le long de la côte, la tête vide, sans savoir quoi faire de son avant-midi. Il a vraiment l'allure d'un VEAU. Tout à coup, ses pieds heurtent quelque chose, mais il continue tout bêtement son chemin. Puis, il décide de revenir sur ses pas pour voir ce qui a failli le faire trébucher.
Il donne un coup de pied sur l'objet presque complètement enseveli dans le sable. Rien ne bouge. « Ça n'a pas l'air d'être une roche ni un morceau de bois », se dit-il. Il se jette à genoux et essaie en vain de le soulever. «Tiens! un clou...» Intrigué, il fouille autour, enlève du sable et des roches. « Quoi ! un coffre... » Il fait voler le sable de tous côtés. « Une poignée, des serrures...» Alexandre commence à s'énerver.
Il s'arme d'une roche pointue, pour creuser plus vite. Il n'a pas une minute à perdre : sa mère l'a bien averti de ne pas trop s'éloigner et surtout de rentrer avant le dîner. Alexandre s'affaire fébrilement, jetant de temps en temps un coup d'oeil vers le bois d'où pourraient surgir des envieux.
Des images se mettent à miroiter dans sa tête : des pièces d'or, des diamants, des colliers de pierres précieuses... Les images se bousculent, et il creuse de plus belle, tantôt avec la roche pointue, tantôt avec ses mains.
Soudain, un froufrou le fait sursauter. Il se tourne vivement.
— Toi! s'écrie-t-il en voyant qu'il s'agit de sa soeur. Tu m'as encore suivi ! Rentre à la maison. Je n'ai pas besoin de COBAYE aujourd'hui. Allez, ouste !
— Qu'est-ce que tu fais à genoux ? Oh ! quelle trouvaille ! s'exclame Victoria, les yeux rivés sur le coffre.
— Chut ! Ne parle pas si fort ! Tu pourrais attirer l'attention.
— Alexandre, tu n'es pas seulement un détective, mais aussi un découvreur ! dit Victoria, pleine d'admiration.
Elle saisit une roche et creuse sans relâche à côté de son frère.
— Alexandre, regarde ! lui crie Victoria. Voici une autre poignée.
— Retiens ton souffle ! murmure Alexandre en soulevant le couvercle. Qu'est-ce que c'est que ça ? Des bottes et des pantalons, des robes et des chapeaux... !
Après un moment de déception, il reprend calmement :
— Hélas, petite soeur ! pas de pièces d'or... Tant pis, nous avons quand même de quoi nous amuser.
Il saisit un grand chapeau de feutre à bord plat et le lance à sa soeur. Victoria l'attrape au vol et s'en coiffe. Elle éclate de rire.
— Tu as du CHIEN avec ce chapeau, plaisante Alexandre.
Puis, le voilà qui décide d'épater sa soeur en jouant à sa façon une petite comédie. Du haut de ses dix ans, il se met à imiter les hommes : il se gratte l'oreille comme son oncle Henri, fait semblant de remonter son pantalon comme son père, se passe la main dans les cheveux et tousse comme son grandpère. Il les imite si bien que Victoria croirait les voir en personne !
— Essaie maintenant d'en faire autant !
Et tous les deux rient à gorge déployée. Ils essaient tour à tour les vêtements, adoptent des poses farfelues, se prennent pour de mystérieux personnages.
— Qu'est-ce que c'est que tout ce bruit? Pas moyen de se reposer ici ! crie le vieux Frank qui paraît entre les arbres, en pyjama et les cheveux embroussaillés.
— Oh ! oh ! Frank est monté sur ses grands CHEVAUX, chuchote Alexandre.
— Il a l'air pas mal fâché, constate Victoria. Peut-être qu'il a encore trop bu. Allons voir si on peut le calmer.
— Vous dormiez ? demande Alexandre, pas trop rassuré.
— J'essayais, bougonne Frank.
— Oh ! dit Victoria à son tour, on s'excuse ! On ne voulait pas vous réveiller.
— Mais d'où viennent tous ces vêtements ? Où les avez-vous trouvés ? demande le vieil homme, migrimaçant, mi-souriant.
Victoria se trémousse en riant.
— C'est notre découverte ! clame-t-elle.
Espérant changer les idées à Frank, elle fait signe à son frère d'exécuter un de ses numéros.
Alexandre choisit des vêtements au hasard. Il enfile un pantalon citron et chausse des bottes de caoutchouc olive, puis imite un artiste raté qui joue du violon.
Frank commence à se détendre, ou plutôt à se dégriser. Le vieux marginal ne peut retenir son admiration devant les dons d'improvisation et le sens du comique du jeune garçon.
Subitement, Alexandre coupe court à la comédie et dit :
— Il est presque midi, on doit rentrer au plus vite. À demain, peut-être, lance-t-il à Frank.
Les deux enfants filent vers la maison en abandonnant le coffre à son propriétaire... ou à d'autres découvreurs !
La surprise


— B on ! Maxime n'est pas encore arrivé! remarque Richard avec impatience.
— Non, répond Élisabeth d'une voix inquiète.
Richard regarde sa montre et annonce qu'il faudrait partir.
— Attends-moi, ce ne sera pas long. Je vais téléphoner chez lui.
— D'accord, je t'attends dehors.
Au bout d'un moment, Élisabeth le rejoint dans la cour.
— Il n'est pas à la maison, déclare-t-elle.
— Alors, allons-y sans lui, décide Richard sans cacher sa déception.
Élisabeth ne bouge pas. Sans Maxime, elle n'est plus certaine de vouloir accompagner Richard. Maxime a toujours été son protecteur. Richard aussi est un bon ami, mais il aime bien jouer des tours et il en a plus d'un dans son sac.
— Mais viens donc, Élisabeth! s'impatiente Richard. Ce n'est pas dans tes habitudes de faire le CAMÉLÉON !
— La mère de Maxime dit qu'il est sorti il y a une quinzaine de minutes. Je me demande où il a pu passer. C'est pourtant l'heure... Enfin, partons !
Élisabeth et Richard descendent la rue, puis s'engagent dans des ruelles menant au quai. Déjà c'est presque la nuit avec ses odeurs de poubelles, de bois pourri, de moisissure...
— Où est-ce que tu m'emmènes? demande Élisabeth craintive. Je pensais qu'on allait au quai.
— Chut !... Il ne faut pas ameuter tous les chiens du quartier.
Richard chuchote mais, aux oreilles d'Élisabeth, sa voix prend des résonances sinistres dans ce silence... Quelle obscurité! Ici et là, une ampoule éclaire faiblement à la porte d'un garage, au fond d'une cour ou sur quelque balcon dissimulé derrière les branches. Les deux jeunes avancent prudemment, à pas lents. Parfois, ils marchent sur quelque chose de mou et de juteux qui s'écrase sous leurs semelles. Ils posent les pieds avec précaution sur l'asphalte crevassée.
— Richard... j'ai peur... murmure Élisabeth.
— Mais vas-tu te taire !
Ils avancent en silence, se tenant par le bout des doigts.
— Richard, j'ai peur... répète obstinément Élisabeth.
— Patience, on est presque rendus.
— Il y a quelqu'un dans l'escalier, là...
— Mais non, assure Richard.
Sans s'arrêter, les deux jeunes glissent le long d'une clôture.
— Tu vois, il n'y avait personne dans l'escalier.
C'était peut-être une ombre projetée par la lune ou quelque chose du genre.
— Penses-tu que Maxime pourrait nous attendre au quai ? demande Élisabeth.
— C'est possible.
N'en pouvant plus, Élisabeth décide de faire demi-tour.
— Qu'est-ce qui te prend? Où vas-tu? s'écrie Richard.
Élisabeth court de toutes ses forces, puis disparaît au coin d'une ruelle.
— Qu'est-ce qu'elle a donc en tête? grommelle Richard, interloqué. Puisque c'est comme ça, je vais me rendre à notre hangar et me cacher en attendant qu'elle revienne. Elle a bien trop peur du noir, elle n'ira sûrement pas loin...
Richard poursuit son chemin jusqu'au hangar. Il y entre et attend une minute, puis deux... «Elle est peut-être retournée chez elle ? Non, elle ne marcherait jamais toute seule dans ces ruelles... À moins qu'elle n'ait rencontré Maxime... Dans ce cas, ils ne devraient pas tarder. » Il attend encore. Comme il s'apprête à renoncer, une petite voix l'appelle à l'extérieur :
— Richard !
Puis, il entend venir des pas mal assurés, des semelles qui glissent sur le sol.
— Richard, Richard, où es-tu ? Ne me fais pas un coup en VACHE, supplie Élisabeth, tout essoufflée.
Brusquement, Richard ouvre la porte du hangar.
— Bouh ! fait-il avec force.
Élisabeth pousse un cri :
— Tu m'as fait peur !
Du seuil, Élisabeth aperçoit au beau milieu de la pièce deux magnifiques cannes à pêche munies d'une ligne jaune et rouge, ainsi que deux boîtes de mouches faites à la main, sur lesquelles elle peut lire : « Pour Élisabeth et Maxime ».
— Oh ! C'est donc pour ça que tu voulais tant que Maxime vienne avec nous. Quel dommage qu'il nous ait posé un LAPIN !
— C'est vraiment dommage, répond Richard. Tu n'étais jamais venue dans notre hangar, toi, hein ?
— Non. Tu parles d'une surprise ! Mais, au fait, ce cadeau doit t'avoir coûté les yeux de la tête? demande-t-elle avec curiosité.
— Pas du tout. J'ai tout simplement recyclé... Mon père m'a donné les deux cannes, que j'ai repeintes, et les boîtes de mouches. J'en ai ajouté quelques-unes de ma collection. Moi, j'ai déjà une canne à pêche, alors je me suis dit que ce serait amusant d'aller à la pêche ensemble tous les trois. Qu'en dis-tu ?
Puis, sans attendre sa réponse, il enchaîne précipitamment :
— Si on allait téléphoner chez Maxime pour savoir s'il est rentré ? J'ai bien hâte qu'il voie notre attirail.
— Et tant pis pour lui s'il n'est pas là, conclut Élisabeth. Il ne saura pas quelle surprise il a manquée !
Un jour pas comme les autres


C 'est samedi après-midi. Gabriel s'ennuie, il tourne en rond. — Et si on sortait ? propose-t-il tout à coup. — Pour aller où? demande sa soeur Amanda, assise confortablement dans son fauteuil CRAPAUD.
— Allons à la montagne, dit-il.
— Oh, oui ! Il fait un temps idéal pour un piquenique. Emportons un lunch.
Amanda cherche dans le frigo un bon fromage et de quoi préparer des sandwichs. Gabriel, lui, va au plus facile : il jette dans son sac des fruits, des cannettes de boisson gazeuse et des serviettes.
Courbés sous le poids de leurs sacs à dos, les deux jeunes pénètrent dans la forêt qui couvre le flanc de la montagne. Ils avancent à un rythme régulier, en zigzaguant, puis traversent un ruisseau tumultueux et continuent leur ascension le long de la rive rocailleuse. La pente devient plus abrupte et malaisée. Enfin, après beaucoup d'efforts, ils arrivent à un endroit plat où ils peuvent reprendre leur souffle et contempler le torrent qui coule parmi les rochers.
Une cabane est située un peu plus bas, à moitié cachée par des arbres. Gabriel se dégage de son sac à dos, qu'il dépose entre deux pierres, au bord du cours d'eau. Il en sort ses jumelles et les porte à ses yeux. Il distingue clairement un banc de bois près de la porte de la cabane et un grand tas de sciure derrière.
— Il n'y a personne, observe-t-il.
— La cheminée fume, fait remarquer Amanda.
— Oui, mais je ne vois personne, insiste Gabriel d'une voix forte.
— Ne crie pas comme un PUTOIS. Il y a peut-être quelqu'un même si tu ne le vois pas. Il doit sûrement y avoir quelqu'un à l'intérieur ou pas loin.
— En tout cas, quelqu'un ou pas, moi, je suis affamé ! gémit Gabriel.
— Oh! il n'y a pas de fleurs sauvages ici! déplore Amanda. Nous pouvons sûrement trouver un meilleur endroit pour pique-niquer.
Mais Gabriel est déjà assis. Il regarde l'eau claire couler entre les roches. Heureux, il s'agenouille au bord de l'eau et boit à même le ruisseau. Il se redresse en s'essuyant le menton et voit Amanda descendre la pente vers la vallée. «Elle cherche sûrement des fleurs... »
— Attends-moi ! lui crie-t-il.
Tous les deux dégringolent la pente à toute vitesse et débouchent sur un petit pré.
— Quel paysage magnifique ! Installons-nous ici, dit Amanda en se débarrassant de son sac. Tu as les fruits ?
Gabriel se rend alors compte qu'il a oublié son sac au bord du ruisseau. Il se sent un peu comme une petite BÉCASSE.
— J'ai oublié mon sac là-haut... dit-il d'un air piteux. Je devrais aller le chercher, mais je meurs de faim.
— Eh bien, heureusement que j'ai le mien !

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