Dans l ombre de Dracula
80 pages
Français

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Dans l'ombre de Dracula , livre ebook

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Description



Au cœur de la Transylvanie, dans le château de Bran, Stella, la jeune fiancée du comte Arbür, disparaît mystérieusement. Sur son oreiller, dessinant une étrange figure géométrique, cinq taches de sang.



Après plus d'un siècle d'absence, Dracula viendrait-il à nouveau hanter la région ?




Michael Connors, quatorze ans, son frère Vel, d’un an son cadet, leur amie Rose, du même âge, et leur chat Wilde, matou au QI de Sherlock Holmes, sont en vacances sur les lieux du drame.




Aidés d'un loup apprivoisé et d'une chauve-souris pleine de ressources, ils vont se lancer sur les traces du plus célèbre des vampires et nous entraîner dans une enquête inoubliable.





Frissons, suspens et éclats de rire sont les ingrédients de ces trois jours et trois nuits passés « Dans l’ombre de Dracula ».



Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782366511284
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Titre
Gilles Vincent
Une aventure de Michael Connors
Dans l’ombre de Dracula
polar jeunesse



 
 
Du même auteur, aux éditions Paul&Mike
Gévaudan, le retour de la Bête — Prix Bouquin’ados —
Jack l’Éventreur, le retour
Dans les eaux troubles du Loch Ness
Dans d’autres maisons d’édition
Djebel Jigal éditions
Sad Sunday Jigal éditions
Parjures Jigal éditions
Beso de la muerte Jigal éditions — Prix Cezam —
Flamencos Éditions Gascogne
Hyenae Jigal éditions
Ce pays qu’on assassine Éditions In8
Trois heures avant l’aube Jigal éditions
Un, deux, trois, sommeil ! Éditions Cairn


 
« La puissance du vampire
tient à ce que personne
ne croit à son existence. »
Dracula (1897) de Bram Stoker
Introduction
Le scénario de ce roman a été élaboré en collaboration avec la classe de 4 ème 4 du collège Gabard de Jurançon, dans le Béarn.
Ce travail collectif s’est déroulé de février à avril 2019, sous la houlette de Sandrine Robert, professeure de Français.
Chaque élève, après avoir participé à l’élaboration du déroulement de l’histoire, a pris en charge, à sa manière, l’écriture d’un chapitre.
C’est la raison pour laquelle, en tête de chaque chapitre, figurent le nom et le prénom de l’élève concerné(e).
Gilles Vincent
Prologue
Château de Bran, Roumanie
Mardi 17 avril, 0 heure 18
 
Sous l’édredon de coton blanc, on distinguait à peine la présence endormie de la jeune Stella. Seul le souffle de sa respiration laissait deviner le corps relâché de la jeune femme et le sommeil profond qui s’était emparé d’elle.
Une heure plus tôt, peu après vingt-trois heures, elle avait fait part de sa fatigue, s’était levée de table et s’était excusée auprès de ses parents. Avant de rejoindre sa chambre, au troisième et dernier étage du donjon, elle avait posé ses lèvres sur la joue parfumée de son hôte, le jeune comte Arbür.
Elle s’était éloignée vers l’escalier de pierre, soupirant aux règles pesantes qui la tenaient bien trop éloignée à son goût de ce jeune et beau fiancé.
Escortée par Boutin, loup des Carpates dressé par son père, elle avait gravi les étages en songeant à la nuit profonde qui l’attendait.
Une fois en chemise de nuit, elle avait tourné avec soin la clé dans l’imposante serrure, avait frictionné le crâne de son loup avant qu’il ne s’allonge de tout son long sur le parquet. Puis, elle s’était jetée sur le lit à baldaquin, s’était glissée sous l’édredon et, d’un clic, avait éteint la lampe de chevet.
À travers la fenêtre, la lumière de la lune balayait l’obscurité, projetant sur les murs l’ombre de nuages lointains et fugitifs. Sans que Stella s’en rende compte, le sommeil lui était tombé dessus avant qu’elle n’eut le temps de compter jusqu’à cinq.
Au pied de la porte, se dégageant du pelage gris et broussailleux, les yeux jaunes du loup Boutin scintillèrent comme deux petites lampes. Deux sentinelles lumineuses.
 


 
Un bruit feutré lui fit dresser l’oreille.
Émergeant de sa somnolence, le loup se dressa péniblement sur ses pattes. Il jeta un œil au lit de sa maîtresse. Tout était calme.
À nouveau ce frottement, derrière lui, au niveau du sol. Une feuille de papier glissée sous le soubassement.
Les yeux jaunes ne quittaient plus la page blanche qui venait d’apparaître. Boutin dressa les oreilles, pointa le museau vers l’avant. Derrière la porte, silence complet. Jusqu’aux narines parvenait juste une odeur, un arôme qui ne lui était pas inconnu. Comme un relent d’arrières-cuisines.
Prudemment, le loup effleura la feuille de sa truffe. Il renifla prudemment, par à-coups, puis s’attarda quelques secondes. Le temps de sentir son pelage gris peser plus d’une tonne, de sentir ses pattes ne plus le porter. Le temps pour ses paupières de devenir lourdes, lourdes…
L’animal s’affaissa d’un bloc, si loin déjà dans son sommeil de plomb.
Ce qu’il ne put voir, c’est la feuille glisser en sens inverse et disparaître sous la porte. Ce qu’il ne put entendre, ce sont les pas qui s’éloignaient. Quelque part, le grincement d’une huisserie.
 


 
À peine dix minutes plus tard
 
C’est une lame de scie à métaux qui se glissa entre les montants de la fenêtre suivie d’une main gantée de noir qui poussa le chambranle, fit pression sur le bois jusqu’à ce que l’ouvrant lâche.
L’air frais de la nuit s’engouffra dans la chambre. Puis une ombre noire se glissa dans la pièce, se coula jusqu’au flanc gauche du lit. Une ombre désormais coincée entre le sommier et le mur. Une ombre suspendue à la respiration régulière du loup Boutin. Attentive, aussi, aux mouvements de Stella qui se retournait et se tournait encore sous les draps.
Le courant d’air se faufila sous l’étoffe, caressa l’épaule dénudée, s’insinua entre les mèches blondes.
La jeune femme se redressa d’un coup, étonnée de l’air glacé de la pièce. Surprise aussi de la fenêtre ouverte. Il lui semblait pourtant l’avoir fermée avant de se coucher…
Contre la porte, endormi comme une souche, le loup Boutin paraissait voguer à des années-lumière.
−Ben dis donc, murmura-t-elle en posant un pied sur le parquet, tu parles d’un gardien !
Sur le fauteuil, elle attrapa un châle qu’elle enroula autour de ses épaules. En quelques pas, elle gagna la fenêtre, se pencha prudemment sur le ravin qui s’enfonçait dans la noirceur de la nuit.
Puis, elle leva les yeux au ciel, repéra les étoiles, tenta de reconnaître la grande ourse et sa constellation en figure de grande casserole.
Attentive aux géométries du ciel, elle ne put voir, derrière elle, l’ombre se dessiner au bord du matelas avant de s’insinuer sous la couette, de s’enfoncer et de se tapir, immobile, au fond du lit.
Stella songea que si elle restait plantée là, au beau milieu du courant d’air, elle allait finir par attraper la crève. Elle referma soigneusement la fenêtre, jeta un œil amusé à son loup, comme plongé dans le coma.
Frissonnant encore de la froideur de la nuit, elle ne quitta pas le châle et se coucha sous le duvet.
Elle s’apprêtait à fermer les yeux quand elle effleura du pied une substance inhabituelle. Un contact étrange et tiède. Elle imagina un bout de tissu, une pelote de laine malencontreusement oubliée.
D’une main, elle souleva l’édredon, des yeux chercha à distinguer quelque chose.
Embusquée au fond du lit, c’est une forme noire qu’elle entrevit, beaucoup plus grosse qu’une boule de laine.
Un pull, un énorme gilet, peut-être un manteau, se dit-elle.
Ses yeux s’habituèrent à l’obscurité.
Ce qu’elle distingua lui coupa soudain la respiration. Son cœur sembla s’arrêter, et tout son corps fut parcouru d’un frisson. Paralysée de stupeur, elle ne put bouger d’un millimètre, ni émettre le moindre son.
Au fond du lit, la fixaient deux yeux brillants.
Au fond du lit, elle ne voyait plus qu’une bouche grande ouverte prête à mordre.
Puis, retentit un rugissement de bête, un hurlement de folie.
Stella n’eut ni le temps, ni la force de crier que l’ombre se jeta sur elle, la recouvrit complètement. Elle sentit une main se poser fermement sur sa bouche. Un linge humide lui obstruer le nez, puis l’air chaud d’une respiration lui balayer le visage.
Enfin, la douleur. À la fois brûlante et fulgurante, sous l’oreille.
Stella ferma les yeux, se résigna à l’horreur des canines qui lui transperçaient le cou. Elle entrevit déjà la mort qui l’attendait, se sentit partir, si loin déjà dans la nuit noire qui l’enveloppa d’un coup.


Ieva Tukh 4°4
Chapitre 1 : Une belle surprise
Bucarest – Roumanie
Aéroport international Henri-Coantá
 
John Connors se faufila entre les passagers jusqu’à rejoindre la rampe d’accès aux bagages. Sur un des écrans muraux, on pouvait lire Flight 3273-London.
D’une main, il fit signe à Kate de le rejoindre.
Kate Miller, suivie de Rose, sa fille de treize ans, s’approcha du tapis à bagages et chercha des yeux les sacs et les valises. Comme à chaque voyage, elles étaient escortées de Michael et Vel, les deux fils de John respectivement âgés de quatorze et treize ans.
Dans les bras de Vel, raide comme une statue de bois, Wilde, leur chat roux et blanc semblait figé pour l’éternité.
Une fois les bagages récupérés, le petit groupe s’éloigna en direction d’une des sorties de l’aéroport.
En passant devant une des cafétérias, Michael fit remarquer à son père qu’il était près de 13 heures et que dans son estomac, ça commençait à être la révolution.
−OK, approuva John, on va manger un morceau. D’autant que votre taxi, les enfants, ne viendra vous chercher que dans une heure.
Michael fronça les sourcils.
−Comment ça, notre taxi ? On ne vous suit pas, Kate et toi, jusqu’au centre de Bucarest ?
−Ça, c’est la surprise du jour, sourit le père des garçons.
−Super, un coup de théâtre ! hurla Vel, les bras toujours encombrés de son chat statufié.
Poussés par la fringale qui les tenaillait, ils accélérèrent le pas en direction de la cafétéria.
−Bon, p’pa, cette surprise ? s’impatienta Michael.
Rose ne quitta pas John Connors du regard tandis que Vel continuait de tenir fermement Wilde dans ses bras.
−Un peu de patience, les enfants. On s’installe tranquillement à table et je vous explique le programme-sensation que je vous ai concocté.
Quelques minutes plus tard, chacun posa son plateau sur une des tables de la terrasse. Hot-dogs, feuilletés au fromage et orangeades formaient la trame de leur premier repas roumain, plutôt du genre casse-croûte pour aéroport international.
Après avoir réglé la note et s’être installé à sa place, John Connors croqua à pleines dents dans son sandwich, puis s’adressa à son plus jeune fils.
−Dis-moi, Vel, encore combien de temps pour que Wilde revienne à son état normal ?
Vel posa un doigt sur ses lèvres pour suggérer le silence et, d’un mouvement du menton, invita les autres à observer le chat.
−Si tout se passe bien, commença le jeune garçon en consultant sa montre, le remède miracle devrait cesser de faire effet dans les minutes qui viennent.
Il glissa une main sous le poitrail du petit chat.
−Déjà, je sens son cœur reprendre un rythme normal. Ensuite, ses muscles vont commencer à se détendre et il ne devrait pas tarder à ouvrir les yeux.
−Tu peux me rappeler, Vel, la composition de cette « potion magique » ?
D’un air savant, Vel énuméra la liste des médicaments que lui avait confiée, deux ans auparavant, Jerry Bones, l’unique fils de vétérinaire de sa classe.
−Tu as raison, papa, c’est vraiment une potion magique. Et d’une simplicité !Trois composants, pas plus : Kethanine, Thiopental et Propofol, voilà le secret.
Deux étés plus tôt, lors de leur départ pour la France, afin de déjouer l’attention des douaniers et des services sanitaires, pour la première fois ils avaient administré ce traitement au pauvre Wilde. Son rythme cardiaque s’était réduit à deux ou trois battements par minute, l’ensemble de son système musculaire s’était rapidement tétanisé, transformant la pauvre bête en statue de poils. Ainsi, ils avaient pu franchir sans encombre les différents contrôles, faisant passer leur chat pour un animal empaillé qu’ils amenaient en France pour offrir à leurs hôtes.
Et depuis, à chaque passage de frontière, ils usaient du même stratagème.
−… C’est bon, soupira Vel, je sens sa température remonter.
−Tu as l’air rassuré, fit remarquer Kate Miller. Ne me dis pas que tu n’étais pas vraiment sûr de ton coup ?
−Si, bien sûr, Mrs Miller. Mais j’ai quand même toujours une petite crainte. Il faut dire aussi que cette potion, il paraît que c’est un truc à assommer un cheval…
−Et vous trouvez que z’ai une tête de seval ? glapit Wilde dans un faible miaulement.
Rose sauta de joie au premier signe de leur chat.
−C’est bon, il est revenu parmi nous.
Wilde se redressa sur ses quatre pattes et sauta sur les genoux de la jeune fille.
−Par minou, par minou… On voit que c’est pas vous qui faites le voyaze.
−C’est drôle, fit remarquer Kate, votre chat, en miaulant, émet une sorte de sifflement. Comme s’il zozotait. Vous ne trouvez pas ?
Et Vel de répondre.
−Un zozotement ? Vous avez une sacrée imagination, Mrs Miller. On se demande où vous allez chercher tout ça !
Un clin d’œil à Rose, un petit sourire à Michael. Détourner la conversation au plus vite afin de garder secrète la mystérieuse composition des miaulements de leur chat.
Quelques années auparavant, par un phénomène encore inexpliqué, ils avaient constaté que Wilde comprenait tout ce que disaient les humains. Aucune parole des hommes ne restait étrangère à ce chat. Et, comme un miracle n’arrive jamais seul, les trois ados se rendirent compte qu’eux aussi comprenaient chaque miaulement de leur animal préféré. Aucun de ses cris, de ses feulements ne demeurait sans explications. Aussi, ils pouvaient converser avec leur chat comme avec n’importe lequel de leurs camarades. Et, pour couronner le tout, Wilde, suite à une dent mystérieusement cassée, émettait un sifflement continu dès qu’il se mettait à miauler. Une sorte de zozotement.
−Ce qui est sûr, murmura le jeune chat, c’est qu’avec votre remède de seval, z’ai un mal de tronsse pas possible. Ze crois bien que casser une petite croûte me ferait le plus grand bien.
Rose sortit de son sac à dos une boîte en plastique emplie de croquettes qu’elle ouvrit et déposa au pied de la table.
−Tiens, mon chat. J’ai pensé à en emporter deux comme celle-là. Après, faudra que tu te fasses aux terrines roumaines.
−Tant qu’elles sont pas à base de sauve-souris…
John Connors regarda sa montre, vida son verre de bière et se tourna vers les enfants.
−Le taxi ne va pas tarder, aussi, je crois qu’il est l’heure de vous révéler la petite surprise que je vous ai préparée.
Les trois ados, comme un seul homme, se tournèrent vers John tandis que Wilde, intrigué par le mot surprise , délaissa un instant ses croquettes et fixa à son tour son attention sur le père des garçons.
−Comme vous le savez, les enfants, je suis invité par l’Université de Bucarest afin d’y tenir quatre conférences. Vu le planning tel que l’on me l’a présenté, le colloque devrait s’étaler sur trois jours.
Il se tut un instant, comme pour ménager le suspense, décocha un sourire entendu à la mère de Rose et reprit.
−Kate et moi avons pensé que vous êtes encore un peu jeunes pour qu’on vous laisse quartier libre dans une grande ville. Qui plus est, une capitale pour nous tous totalement inconnue. Aussi, pour que nous soyons plus tranquilles, je vous ai réservé deux chambres à deux cent kilomètres d’ici, au château de Bran, dans les montagnes de Transylvanie. Vous serez en pension complète et pourrez faire de nombreuses excursions. Vous verrez, la région est extraordinairement belle, et ce ne sont pas les possibilités de balades qui manquent. De mon côté, je boucle le séminaire, et Kate et moi nous vous rejoignons dans quatre jours. Ça vous va ?
Explosion de joie, de Merci papa ! On va se régaler ! Un château ! Génial !!!!
Un bip retentit sur le portable de John.
−C’est votre taxi, les enfants. Il sera là dans deux minutes.
Froncement des sourcils.
John Connors s’approcha de son plus jeune fils.
−Un souci, Vel ? Tu as l’air tracassé. Ça ne te plaît pas, le château de Bran ?
−Si, papa. C’est une super idée, mais c’est juste que c’est le château de Dracula.
Sur le visage du gamin, un large sourire.
−Et c’est génial ! J’ose même pas imaginer les aventures qui nous attendent.
Alors que le taxi se garait contre le trottoir et que les trois ados traînaient leurs valises jusqu’au Break Skoda jaune, Wilde, perché sur les épaules de Michael ne put s’empêcher de manifester son inquiétude.
−Dis-moi, Michael, Dracula c’est bien ce grand bonhomme en noir qui s’accrosse au cou de ses victimes pour leur sucer le sang. Hein, dis-moi ?
−C’est bien ça, Wilde, répondit le garçon en déposant son bagage dans le coffre. Mais t’inquiète pas, il y a bien longtemps qu’il est mort, Dracula. Et encore, je suis même pas sûr qu’il ait vraiment existé.
−Pas du tout, protesta Vel en prenant place à l’arrière du véhicule. Je viens de vérifier sur Google, Dracula a bien existé. Il y a même deux époques où on trouve sa trace. D’abord, c’était un empereur sanguinaire du 15ème siècle, et puis, à la fin du 19ème, c’est un certain Bram Stocker qui, dans un roman, a fait naître la légende de Dracula, le célèbre vampire buveur de sang.
−Tu veux terroriser notre pauvre Wilde ? rigola Rose en prenant place à l’arrière, près de Vel.
Une fois Michael installé à l’avant, le chat blotti sur ses genoux, le véhicule démarra sans attendre.
−Pas du tout, argumenta Vel. C’est juste pour signaler qu’on va séjourner dans le château du plus célèbre des vampires. Et qu’avec ce qui nous arrive à chaque fois qu’on part en vacances, je pense qu’on va vivre une sacrée aventure.
Le break s’engagea rapidement sur la première rocade.
Chacun prit alors le temps d’observer le chauffeur qu’ils n’avaient jusque-là que brièvement salué. Un vieux monsieur aux cheveux gris et à la moustache blanche qui les informa que le trajet d’environ deux cent kilomètres leur prendrait pas loin de quatre heures.
Chacun se mit à observer le paysage, plongé dans ses pensées. Michael, fan de poésie, occupé à composer son premier poème sur la Roumanie, Rose à envisager les ciels et les nuages merveilleux qu’elle allait pouvoir dessiner, Vel déjà en piste sur les traces du comte Dracula, et Wilde, essayant d’imaginer les petites souris de Transylvanie qu’il allait débusquer et dont il se régalerait sans retenue…


Loan Jumeau 4°4
Chapitre 2 : Arrivée au château
Château de Bran, 18 heures
 
C’est après un ultime virage qu’apparut le château de Bran.
Une citadelle à l’entrée du col de Bran-Rucăr dont les tourelles se dessinaient dans la lumière du soir. Perchée sur un rocher, l’imposante bâtisse de pierre ocre offrait un spectacle éblouissant. Sur sa partie ouest, se profilait un enchevêtrement de tours et de créneaux dominés par trois donjons aux toitures de tuiles rouges scintillant dans le soleil couchant. Sur l’arrière du bâtiment, une tour plus haute que les autres surplombait un précipice de roches grises.
La partie est de l’édifice, en absolu contraste, se résumait à un amas de pierres et de poutres visiblement calcinées.
−Il y a quelques semaines, expliqua le chauffeur dans un anglais sommaire, un incendie a ravagé une partie du château. Malheureusement, les travaux de reconstruction risquent de prendre des années.
−Et on sait ce qui a provoqué l’incendie ? s’enquit Michael.
La voiture amorça un dernier virage avant de pénétrer dans la cour intérieure du château.
−Malheureusement non, conclut le vieil homme. Cela reste encore un mystère.
Dans la cour, trois voitures sombres siglées POLITIA . Autour des véhicules, une dizaine d’hommes en blousons noirs et casquettes à visière large formait une sorte de grappe.
−Et ça, c’est les enquêteurs pour l’incendie ? s’interrogea Vel au moment où le break s’immobilisait face à l’escalier d’honneur.
Sur le visage du chauffeur, comme une crispation. D’un geste, il ôta ses lunettes de soleil qu’il fit disparaître dans une des poches de sa veste. Sans un mot, ignorant la présence policière, il ouvrit la portière et se dirigea vers le coffre de sa voiture.
Wilde sauta des genoux de Michael et atterrit sur le revêtement de graviers.
−Il était temps qu’on arrive, miaula le petit chat. Avec tous ces virazes, ze vous zure que z’ai l’estomac dans les coussinets. Un tournant de plus, et ze lui décorais son tableau de bord, au Roumanof.
−Respire le bon air, Wilde, et dégourdis-toi les pattounettes. Dans deux minutes, ça ira mieux, suggéra Rose en descendant à son tour.
À peine eut-elle le temps de poser un pied au sol, qu’un homme se détacha du groupe de policiers et se dirigea vers la voiture.
Bien qu’il fut le seul à porter un costume de ville – ce qui le distinguait des autres vêtus d’uniforme –, aucun des adolescents ne l’avait remarqué. Et pour cause, l’homme qui s’avançait vers eux d’un pas décidé ne devait pas mesurer plus d’un mètre quarante.
Parvenu à hauteur (si on peut dire) du chauffeur, il claqua des talons et se présenta.
−Capitaine Kika Felkü, police de Brasov. Désolé, mais vous ne pouvez pas rester ici.
−Pas de souci, mon capitaine, bredouilla le chauffeur. Je décharge les bagages et je m’en vais tout de suite.
−Vous ne m’avez pas compris, répliqua l’autre. Nous enquêtons sur des faits extrêmement graves qui ne datent que d’hier, et il n’est pas question qu’un groupe de visiteurs viennent nous déranger dans notre travail, ou simplement brouiller les pistes par leur simple présence. Aussi, vous partez tous sans attendre. Je suis clair, ou il faut que je consigne votre identité et le reste dans nos registres ?
Michael posa son sac à dos et fit quelques pas jusqu’aux deux hommes.
−Qu’est-ce qu’il se passe ? demanda -t-il au chauffeur.
Ce dernier, en quelques phrases lui résuma la situation.
Michael se tourna alors vers le policier dont le sommet du crâne lui arrivait à peine à hauteur d’épaule.
Après s’être assuré que le petit homme parlait un minimum l’anglais, il lui présenta les documents liés à la réservation des chambres. Le capitaine, d’un mouvement de la tête, signifia qu’il ne voulait même pas les consulter.
−Pas question que vous piétiniez l’espace du château, jeune homme. Ni vous, ni aucun de vos amis. Nous démarrons une enquête qui s’avère plus que compliquée, aussi, aucun étranger à la « scène » de l’affaire ne doit venir perturber notre travail. Mon adjointe, la lieutenante Thereza Hrbi va vous escorter jusqu’à Brasov, plus bas dans la vallée. Une fois sur place, elle vous trouvera un hébergement pour la nuit. Mais il n’est pas question que vous restiez ici.
−Et on peut savoir le genre d’affaire dont il s’agit ? questionna Vel qui s’était approché de son frère et n’avait rien manqué de la conversation.
Provenant du groupe de policiers, c’est une voix de femme qui lui répondit. Une femme qui s’extirpa du groupe et s’avança jusqu’au taxi. Élancée comme une basketteuse, mince comme une canne à pêche, le teint aussi pâle qu’un croisement d’endive et d’asperge, deux grands yeux noirs écarquillés et, pour achever le portrait, un piercing argenté accroché au bout du nez.
−Je me présente. Lieutenante Thereza Hrbi. Je suis l’adjointe du capitaine Kika Felkü.
Elle attendit un signe de son supérieur pour continuer.
−Pour tout vous dire et vous faire comprendre la gravité de l’affaire, une jeune femme a disparu la nuit dernière. Elle était enfermée dans sa chambre et elle s’est comme volatilisée. Vous comprendrez donc…
Wilde, quand le capitaine s’était approché d’eux, avait trouvé refuge dans les bras de Rose et n’avait pas perdu une miette de la discussion.
−C’est quoi, ce duo de cirque ? Ze rêve ou quoi ? Un raz du gazon et une grande courze gothique au look de vampire dézénéré. Et en plus, ils sont de la police ! Ze vais leur montrer une photo des flics londoniens, moi. Ils vont voir ce que c’est que des vrais Sserlock Holmes…
Michael extirpa son téléphone portable d’une poche de son jean pour appeler son père, quand un déluge d’exclamations retentit du haut de l’escalier.
−Mes amis, mes amis, mes amis !!!
Un jeune homme en costume de flanelle et nœud papillon dévalait les marches quatre à quatre.
Parvenu au niveau du petit groupe, il s’adressa d’emblée au capitaine de police. Aucun...

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