Je vais le dire à l empereur !
81 pages
Français

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Je vais le dire à l'empereur !

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Description

Daisy Dashwood reçoit un courrier de l’empereur lui-même : Napoléon III a eu vent des exploits pédagogiques de la jeune nurse anglaise et veut s’attacher ses services pour s’occuper de l’éducation de son fils, Louis, dit « Loulou », huit ans. Daisy arrive à la cour et découvre un enfant insolent, impoli, à qui ses parents et les courtisans passent tous ses caprices. Entouré de ses amis Victor et Arthur, Louis met sens dessus dessous tout le palais.
Comment Daisy Dashwood parviendra-t-elle à éduquer ce prince trop gâté ?


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 19 septembre 2017
Nombre de lectures 98
EAN13 9782215135036
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0056€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières
Chapitre un
Chapitre deux
Chapitre trois
Chapitre quatre
Chapitre cinq
Chapitre six
Chapitre sept
Chapitre huit
Chapitre neuf
Chapitre dix
Chapitre onze
Chapitre douze
Chapitre treize
Chapitre quatorze
Chapitre quinze
Chapitre seize
Chapitre dix-sept
Déjà parus
Page de copyright
Chapitre un

– M iss ! Miss !
– Miiiiiiiiiiiiiiiiiiiissssssssssss !!!
Daisy Dashwood se leva d’un bond. Elle était aux cuisines, plongée dans la lecture du journal devant une tasse de thé odorante, lorsqu’elle fut arrachée à cette occupation paisible par des cris stridents.
– Miiiiiiiiiiiiiiiiisssssssssss !
– Miiiiiiiiiisss ? Où êtes voooooooouuuuuuuuuuuus ?
Miss Dashwood tendit l’oreille. Elle reconnut dans les escaliers une cavalcade de poulains échappés. Cela faisait tant de bruit et cela criait si fort qu’un instant Miss Dashwood crut que Séraphin, le marcassin adopté par la famille, était de retour au château. Mais Séraphin avait grandi, il était devenu un vrai sanglier et vivait maintenant dans un enclos au fond du parc, avant de rejoindre la forêt. Aussi, quand bien même la bête aurait soudain appris à prononcer le nom de la gouvernante anglaise pour l’appeler, Daisy n’aurait pu l’entendre. Miss Dashwood réfléchit un instant et, comme elle raisonnait fort justement (ainsi que souvent les Anglais), elle en déduisit que, puisque ce n’était pas Séraphin, ça ne pouvait être que les enfants Grandville.
Lorsqu’elle vit apparaître sur le seuil de la cuisine ­Charlotte et Godefroy, tout essoufflés, les joues rouges, les cheveux en bataille, elle se félicita d’avoir un esprit de déduction si affûté.
– Miss ! Miss ! y’a du courrier pour vous ! cria Godefroy en trépignant d’impatience.
– Un courrier drôlement important… ajouta Charlotte.
– … qui vient de Paris !
– Avec le cachet de l’empereur !
– C’est papa qui l’a dit !
– Et maman a failli s’évanouir !
– Venez vite Mich ! ajouta Godefroy en avalant un morceau de brioche qui traînait sur la table. Ch’est urchent !
– Ch’est primordial ! renchérit Charlotte qui engouffra à son tour le restant de la brioche.
– Heulà ! cria Honorine, la cuisinière. Regardez-moi ces sacripants qui viennent de boulotter toute ma brioche ! Hors de là, vandales, morfals ! Ou bien vous n’aurez plus faim pour le souper !
Les enfants ne se firent pas prier pour déguerpir. Ils étaient si pressés de connaître le contenu de la lettre de Paris qu’ils tirèrent sur la manche de Miss Dashwood et l’entraînèrent dans les escaliers. La nurse anglaise, habituée à l’impatience de ses protégés, avait toutes les peines du monde à les faire ralentir. Bien sûr, elle était intriguée par cette lettre, elle s’interrogeait sur son contenu. Mais sa curiosité était atténuée par son fameux flegme anglais, ce calme olympien revendiqué par nos amis britanniques, qui leur permet de demeurer, en toutes circonstances, maîtres d’eux-mêmes.
– Allez Miss ! Dépêchez-vous, quoi ! s’exclamait Godefroy en remontant les marches quatre à quatre.
– Si ça se trouve, l’empereur veut vous décorer… hasarda Charlotte.
– Me décorer ? demanda Daisy Dashwood très surprise.
Elle n’avait jamais employé ce verbe que pour garnir le sapin de Noël et s’imaginait déjà ficelée dans des guirlandes multicolores par Napoléon III lui-même.
– Oui, une décoration comme… je ne sais pas, moi ! La Légion d’honneur !
– Pfffff ! pouffa Godefroy. N’importe quoi ! La Légion d’honneur à une fille ! Et pourquoi pas une femme colonel, ou même pire : général !
Vexée, Charlotte croisa les bras :
– Et pourquoi pas, monsieur Je-sais-tout ? Certaines femmes sont bien plus courageuses que certains hommes et je connais des garçons de dix ans qui hurlent quand ils voient une araignée sous leur lit, ajouta-t-elle avant de lui tirer la langue.
Godefroy devint tout rouge :
– Répète ça pour voir ? cria-t-il.
– Froussard, froussard, froussard ! chantonna Charlotte avant de se cacher derrière les jupes de sa nurse.
Miss Dashwood était perspicace. Neuf mois passés au service des familles françaises lui avaient appris à déceler immédiatement un début de dispute ou de caprice. Elle repérait les prémices des grandes crises aussi sûrement qu’un jardinier devine l’imminence d’un orage.
– Mon Dieu les enfants ! s’exclama-t-elle. Cessez immédiatement ! Il est peu probable que l’empereur m’écrive pour me décorer de la Légion d’honneur, ni pour me demander de chasser les araignées sous son lit. Toute dispute à ce sujet est donc inutile.
Un instant, les enfants Grandville imaginèrent Napoléon III en grand uniforme, le sabre à la main, debout sur son lit en train de trépigner :
– Là, Miss ! Là ! Je suis sûr d’avoir vu une araignée !
Cette scène était tellement cocasse qu’ils éclatèrent de rire en même temps. Cependant, ils arrivaient à l’entrée du petit salon où se trouvaient monsieur et madame de Grandville. Daisy recoiffa Godefroy du plat de sa main, elle ôta une miette de brioche sur le menton de Charlotte puis lissa sa robe et déclara :
– Eh bien, nous sommes prêts. Y allons-nous ?
Les enfants hochèrent la tête et pénétrèrent silencieusement dans le salon. Madame de Grandville s’éventait dans son canapé, elle était très pâle. Monsieur de Grandville se précipita au-devant de la nurse.
– Ah ! chère Miss Dashwood ! s’exclama monsieur de Grandville en attirant la nurse dans la pièce. J’ai une nouvelle incroyable pour vous ! Voyez ce qui est arrivé au courrier ce matin ! dit-il en tendant solennellement à la nurse un pli cacheté. Oh ! Naturellement, je suis un homme discret et jamais je ne me permettrais de regarder le courrier qui vous est destiné, seulement… en saisissant l’enveloppe, je… n’ai pu m’empêcher de distinguer un cachet… oh mon Dieu ! J’en suis encore tout ému… un cachet…
Et il ajouta à voix basse, comme s’il s’agissait d’une affaire confidentielle de la plus haute importance :
– Un cachet IM-PÉ-RIAL !
– Ah ! s’écria madame de Grandville qui commençait à peine à reprendre des couleurs. Quelle émotion ! Je sens que je vais à nouveau défaillir !
– Papa, s’inquiéta Charlotte, maman défaille !
– Allons ma chère, reprenez-vous voyons ! s’exclama monsieur de Grandville en tapotant la main de sa femme. Il est vrai qu’il n’est pas habituel de recevoir un courrier de Sa Majesté l’empereur ! Mais enfin cette lettre s’adresse à Miss Dashwood. Naturellement, Miss, si vous souhaitez nous la lire, c’est tout à fait possible… Nous serions ravis de savoir ce que l’empereur a à vous dire ! ajouta-t-il, les yeux brillants d’excitation. Mais nous comprendrions aussi très bien que vous préfériez garder pour vous seule le contenu de cette lettre, n’est-ce pas ?
En vérité, monsieur de Grandville mourait d’envie de savoir ce que disait cette lettre. Il espérait vivement, au moins autant que son épouse et ses enfants, que la nurse leur ferait la lecture à haute voix.
– Je… je vous remercie, répondit Daisy un peu ébahie.
– Voulez-vous vous installer à côté de nous pour la lire, Miss ? demanda monsieur de Grandville en tapotant un coussin du canapé. Asseyez-vous confortablement, je vais sonner Stanislas pour qu’il apporte du thé !
– Excellente idée ! renchérit madame de Grandville. Et des petits gâteaux… toutes ces émotions creusent l’appétit.
– Oh ! Je vous remercie ! répondit simplement Miss Dashwood. Je crois que je serai aussi bien dans ma chambre…
– Dans votre chambre ? se récria madame de Grandville, visiblement déçue.
– Dans votre chambre ? répétèrent les enfants en chœur.
– Allons, les enfants, sermonna monsieur de Grandville d’une voix sévère. Si Miss Dashwood veut s’isoler dans sa chambre pour lire la lettre que lui a adressée Sa Majesté, c’est son droit. C’est dommage, bien sûr, mais c’est son droit, oh oui alors, tout à fait son droit…
– Merci monsieur ! lança Daisy en serrant énergiquement la main de monsieur de Grandville.
Et elle se retira d’un pas léger.

Dans sa chambre, elle décacheta la lettre impériale et ses yeux s’agrandirent démesurément dans son visage lorsqu’elle lut :

Mademoiselle,
Sa Majesté l’empereur Napoléon a eu vent de vos prouesses pédagogiques. Vos exploits auprès de ses sujets les plus récalcitrants lui ont été rapportés en des termes très favorables.

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