Les moustaches d Héraclès
94 pages
Français

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Les moustaches d'Héraclès , livre ebook

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Description

Mustapha, fraîchement arrivé en France, s'intègre rapidement dans sa nouvelle école. De mystérieuses disparitions ont lieu, Mustapha, surnommé Mousse, curieux, enquête. Il découvrira ce que sont la différence et la tolérance... Une intrigue prenante et une galerie de personnages attachants constituent les qualités majeures de cette histoire à lire et à raconter. En filigrane se dessine un formidable outil pédagogique pour la prévention des racismes et, particulièrement, de l'antisémitisme.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mai 2010
Nombre de lectures 228
EAN13 9782296697980
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Les moustaches d’Héraclès
Jeunesse L’Harmattan
Collection dirigée par Isabelle Cadoré, Denis Rolland,
Joëlle et Marcelle Chassin


Dernières parutions

Christelle REMI, Bonjour de Mahana, des enfants différents, 2010.
Emmanuel MATATEYOU, Moundi et la colline magique, 2010.
Nicole NOIZET, Louna et le sorcier. Louna épi tjenbwazè-a. Bilingue français-créole, 2010.
Christian LAROUSSERIE, Mon ami le gitan, 2010.
Jérôme PACE, Bob le tamanoir. Drôles de mots drôles d’histoires, 2010.
Jean-Claude BAISE, Perdus en Guyane sur la rivière Counamama, 2010.
Bidji BÂ, Goumâlo, fils de bergers peuls, 2010.
Guillemette RESPLANDY-TAI (sous la dir. de), Intrigues botaniques à la cour du Roi-Soleil, 2009.
Marko VOVTCHOK et Pierre-Jules HETZEL, Le voyage en glaçon. Histoires pour les enfants sages du XIX e siècle, 2009.
Lamia BAESHEN, Youssef et le palais des chagrins. Contes d’Arabie Saoudite, 2009.
Jean-Marie LE JEUNE, Dylan et le pirate des mots, 2009.
Ambass RIDJALI, mahajang@madagascar.com , 2009.
Sarah GABRIELLE et Laurent MONTEL, Eby et la Petite au Bois Dormant, 2009.
Héloïse MARTIN et Philippe FERRAN, La Baba Yaga (théâtre), 2009.
Françoise KERISEL, Teishin et le lapin de la lune, 2009.
France VERRIER, L’étoile et le bouleau. Conte de Finlande. Bilingue français-finnois, 2009.
Maïakovki, poèmes pour les enfants. Bilingue russe-français. Edition présentée et traduite par Carole Hardouin-Thouard, 2009.
Classe de CM2C de l’école du Centre de l’Haÿ-les-Roses-Elisabeth URBAIN, La colère gronde au Moulin de la Bièvre, 2009.
Viviane Campomar


Les moustaches d’Héraclès




Illustrations : Igor Mekhtien


L’Harmattan
© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris

http://www. librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-11724-2
EAN : 9782296117242

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
À Juliette, à Antoine
L.I. Lire
Je ne sais pas si je vais réussir à finir ce projet à temps pour le mois de juin : je n’ai pas la moindre idée du temps qu’il faut pour écrire un livre. Surtout quand on n’écrit le français que depuis un an et demi. Lire, maintenant, ça ne me pose plus de problème : je ne trébuche plus sur les mots comme quand je suis arrivé à la CLIN, et je n’ai plus peur des expressions bizarres. Écrire c’est autre chose. Mais qu’est-ce que je ne ferais pas pour Héraclès ! C’est tout de même son histoire que je vais rapporter ici…
Frère Domi me dit que, d’après lui, raconter cette histoire est tout à fait à ma hauteur. « Qu’importe si quelques mots sont phonétiques », m’a-t-il dit. « À l’association, on arrivera toujours à te lire. » Quant à Louise, elle m’a proposé de travailler sur mon texte dès que j’en aurai envie, et même de corriger ensemble toutes les fautes d’orthographe.
Ça me semble une bonne idée, car l’orthographe, c’est mon point faible. Dès que les mots tombent sur une page, je ne les maîtrise plus complètement, même si au bout d’un an et demi, ils m’obéissent un peu plus. Ça rendait Papa fou, au début : entre Maman qui avait le plus grand mal à sortir trois mots de français, et Imen et moi qui le parlions correctement mais n’arrivions pas du tout à l’écrire, il disait sans arrêt qu’il regrettait de ne pas nous l’avoir appris plus sérieusement quand nous étions en Afrique, au Mali. Puis, un quart d’heure après, il affirmait que regretter, ça ne sert à rien puisque de toute façon on ne peut pas revenir en arrière. Il ajoutait alors qu’on avait une chance unique d’être dans une classe spéciale pour les étrangers et que, puisqu’on était bilingues à l’oral, il comptait bien sur nous pour être excellents à l’écrit d’ici un an ou deux. Bon, ça, on verra avec le livre…
Le livre, j’en ai eu l’idée au mois de mars. L’envie m’a pris, un soir, de coucher par écrit l’histoire d’Héraclès. Je ne savais pas encore que ça ferait un livre, mais Frère Domi et Louise m’ont encouragé. Maintenant que je m’y suis mis, je ne vais pas lâcher prise… Frère Domi, c’est madame Romanesco, la maîtresse de la CLIN, qui m’a envoyé vers lui. Quand elle m’a parlé de l’association, elle m’a dit quelque chose que je n’ai absolument pas compris sur le moment :
Je suis un pur produit laïque, mais tu verras, l’association L.I. LIRE s’occupera merveilleusement bien de toi.
Il m’a fallu plusieurs mois pour découvrir que Frère Domi est un prêtre catholique, et je viens seulement d’apprendre que l’école laïque, c’est celle qui accueille tous les élèves de la même façon, sans leur demander quelle est leur religion… Ça tombe bien, l’école d’Héraclès, c’est une école laïque. Et c’est aussi mon école. Ça m’est égal d’avoir des amis qui n’ont pas la même religion que moi.
Toujours est-il qu’effectivement, Frère Domi m’a reçu comme un petit roi. C’est quelqu’un qui adore se dévouer pour les enfants. C’est lui qui a créé l’association L.I. LIRE, qui a pour but d’aider les enfants dont les parents n’ont pas les moyens de suivre le travail scolaire : soit parce qu’ils sont trop démunis, soit parce qu’eux-mêmes ne parlent pas le français. Des enfants de toutes les religions, indifféremment, et même sans religion. À vrai dire, je ne sais pas pourquoi moi j’y vais, puisque mon père parle français et gagne de l’argent. Ça doit être parce que j’habite dans un hôtel.
L’association tourne grâce aux bénévoles, qui assurent le soutien scolaire et gèrent les emplois du temps sans recevoir d’argent en contrepartie. On les appelle des parrains et des marraines. C’est Marcel, le permanent à la retraite qui est toujours au local, qui m’avait expliqué ça une des premières fois où j’étais allé là-bas : je ne connaissais pas ce mot et ça m’avait soufflé, cette histoire de bénévoles. Je lui avais demandé :
C’est pas donnant, donnant ? (ça, c’est une expression de Papa, et j’étais très fier de pouvoir la sortir).
Marcel avait éclaté de rire, ce qui d’ailleurs m’avait piqué au vif :
Eh bien mon bonhomme ! Tu te débrouilles déjà drôlement bien en français ! Bien sûr que c’est donnant, donnant, seulement ce n’est pas avec de l’argent qu’on est payé.
Ah ? avec quoi alors ?
Je pensais à mon village, au Mali, en Afrique : là-bas on pouvait payer avec des légumes, avec du pain, avec un poulet…
On est payé par votre présence (ça m’avait semblé assez obscur, mais il avait l’air tellement convaincu). Vous, les enfants, vous nous apportez énormément. On apprend autant que vous. C’est ça, notre richesse.
J’avais fait semblant de tout comprendre, pour jouer aux caïds, mais cette histoire de richesse n’était pas complètement limpide pour moi.
Il y a plein de choses, comme ça, que j’ai comprises au bout de plusieurs mois, une fois qu’elles ont eu décanté dans ma tête. Comme le nom de l’association : L.I. LIRE. Ce nom me semblait curieux et donc stupide, et c’est par hasard que Cathy m’a expliqué pourquoi ça s’appelait comme ça. Cathy est ma première marraine de l’association, elle a suivi mon travail de janvier à juin de mon année de CLIN. Elle venait s’occuper d’Imen et de moi directement à l’hôtel car, au local, il n’y a pas assez de place pour tout le monde et du coup, seuls quelques adolescents se déplacent. Cathy a une chevelure épaisse, bouclée et rousse, tellement rousse que la première fois que je l’ai vue, je lui ai demandé d’emblée si elle n’était pas une sorcière. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est comme ça que j’imaginais les sorcières en France. Elle a écarquillé de grands yeux rieurs, avec des cils d’un roux si clair qu’ils étaient presque invisibles, et m’a raconté qu’il n’y avait pas si longtemps que ça, les roux étaient pourchassés, rejetés de partout et qu

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