Les passeurs d histoires
166 pages
Français

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Les passeurs d'histoires , livre ebook

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Description

Amy a un don fabuleux : elle peut plonger au cœur des livres !

Le Petit Prince, La Belle au bois dormant, Le Portrait de Dorian Gray, Le Livre de la jungle, Peter Pan, Le chien des Baskerville, Alice au pays des merveilles, Orgueil et Préjugés... Lorsque Amy se rend compte qu’un grand danger menace ces chefs-d’œuvre, elle fera tout pour les protéger et vivra une aventure hors du commun.

Une intrigue haletante qui montre les plus grands héros de la littérature tels que personne ne les a jamais vus !


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 28 octobre 2016
Nombre de lectures 259
EAN13 9782215134268
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Table des matières
Prologue
1 – Il était une fois une île
2 – La bibliothèque secrète
3 – Un chewing-gum pour Oliver Twist
4 – Entre les lignes
5 – À la recherche du Lapin Blanc
6 – Le grand feu
7 – D’autres découvertes
8 – Changement de temps
9 – La traque
10 – Une visite au manoir des Lennox
11 – L’enfant du marais
12 – Le songe d’une nuit d’hiver
13 – Le rocher de Shakespeare
14 – Les idées
15 – L’oubliée
16 – La princesse
17 – Le monstre
18 – Le chevalier
19 – Et s’ils ne sont pas mort
À découvrir
Page de copyright
Prologue
Will courait. Il courait sans s’arrêter.
Jamais l’île ne lui avait semblé aussi vaste. Il sentait à présent une douleur dans la poitrine, à force d’avoir couru. À travers le marais, dans chaque recoin de la plaine, jusque sur la plage, le long du cimetière, en direction du manoir des Lennox, puis du village jusqu’au cromlech, et même à travers la bibliothèque. De retour dans sa cabane, il avait encore parcouru les nappes de brouillard qui enveloppaient le château des Macalister.
Rien.
Le chien courait à ses côtés. Ses oreilles noires battaient au vent. Ses pattes puissantes laissaient de larges empreintes sur le marais. Pourquoi ne trouvaient-ils pas plus de traces de pas à cet endroit ? Pourquoi ne réussissaient-ils pas à le trouver ? Il n’aurait jamais laissé le chien derrière lui. Cela voulait donc dire qu’il était quelque part. Qu’avait-il dit avant de sortir ? N’avait-il pas parlé d’une simple promenade, ou bien avait-il dit autre chose ?
Ils couraient encore en gravissant le chemin étroit en direction des rochers. Le chien en éclaireur, Will un peu derrière. Mais au sommet non plus, il n’y avait personne. Bien sûr que non. Qui peut bien sortir par ce temps ? Une tempête s’était levée, et la pluie était à présent battante.
Ils se tenaient là, immobiles, ils avaient atteint le bout du monde. Bien entendu, ce n’était pas vraiment le bout du monde, seulement l’extrémité de l’île. Car le monde continuait au-delà, d’abord en un précipice, puis en une étendue d’eau qui se prolongeait à perte de vue et qui allait cogner l’horizon, de l’autre côté duquel se trouvaient d’autres îles. Était-ce au bout de ce monde-là qu’ il était arrivé ? Là-bas, derrière l’horizon ?
Ils continuèrent de scruter un moment la mer au loin. Will passa la main derrière les oreilles du chien et le caressa, tout en maintenant l’autre main en visière pour mieux voir.
En vain.
Sherlock Holmes avait bel et bien disparu.
Pendant de longues, très longues années, le monstre était resté endormi.
Dans le recoin le plus profond de sa caverne, là où l’obscurité était la plus totale.
Pendant de longues, très longues années, tandis que les vagues du temps passaient au-dessus de lui.
Il avait alors rêvé qu’il allait se réveiller.
Il avait dormi si longtemps que plus personne ne se souvenait de son existence. Les premiers temps, les habitants du royaume s’étaient peut-être encore souvenus de cet être monstrueux. Mais, avec le temps, le souvenir avait pâli en une sombre intuition.
Et pourtant, alors que l’oubli menaçait d’engloutir complètement la mémoire des hommes, le moment était venu pour le monstre de rouvrir ses yeux sur le monde.
1 Il était une fois une île
Il était une fois Alexia et moi, en train de jeter des affaires dans nos valises. Des pulls, des pantalons, des chaussettes. Je les arrache de mon armoire et les balance dans la valise à roulettes ouverte derrière moi. Alexia fait de même dans la pièce voisine. Ni l’une ni l’autre ne prenons la peine de choisir ce que nous allons emporter, peu importe s’il s’agit de nos habits préférés ou pas. Le plus important, c’est d’aller vite. Du moins, c’est ce que nous nous sommes dit. Parce que si nous avions pris le temps de faire nos bagages calmement à l’aide d’une liste, ce que nous faisions d’habitude, nous aurions sans doute rapidement réalisé à quel point notre réaction était irrationnelle.
Ils sont tous fous, dans la famille. En tout cas, c’est ce qu’Alexia dit toujours quand je lui demande pourquoi elle a quitté l’Écosse à l’âge de dix-sept ans. Avec une valise dans la main et moi, dans son ventre. Elle est partie sur un coup de tête en Allemagne. Enceinte et même pas majeure. Partie. Du jour au lendemain. Échouée à Bochum. Depuis, j’ai moi aussi presque atteint mes dix-sept ans (enfin, je les aurai dans quatorze mois), et, visiblement, j’ai hérité du gène de la folie de la famille. Moi aussi, j’ai brusquement décidé — ce matin au petit déjeuner, il y a une heure environ — de quitter le pays. Sur Internet, nous avons réservé un vol avec une compagnie low cost. Décollage cet après-midi. Avant cela, nous devons encore faire nos bagages. En toute hâte, je me saisis de quelques sous-vêtements dans mon tiroir.
– Prends ton manteau chaud, Amy, dit Alexia qui tire sa valise à roulettes, remplie à ras bord, jusque dans ma chambre.
Elle tente encore d’y faire rentrer mon oreiller. Dessous, je reconnais ses pantalons en velours de coton biologique et un tee-shirt au motif de pommes colorées de la marque DaWanda.
– Je ne pense pas avoir besoin d’une doudoune en juillet, dis-je en murmurant.
Ma valise, elle aussi, est bien remplie, essentiellement de livres. Pour les vêtements, je me suis limitée au strict minimum, pour être fidèle à ma devise : plutôt un gilet en moins et un bouquin en plus.
– Tu sous-estimes le temps qu’il peut faire là-bas, dit Alexia en vérifiant le contenu de ma valise tout en secouant ses boucles acajou.
Elle a les yeux rougis et gonflés d’avoir pleuré toute la nuit.
– Tu devrais plutôt prendre ta liseuse, reprend-elle. Elle ne te suffit pas ?
– Je n’ai ni Momo ni Orgueil et Préjugés dessus.
– Mais tu les as lus tous les deux au moins cent fois.
– Et si jamais j’ai envie de les lire pour la cent et unième fois ?
– Crois-moi, Amy, ils ont suffisamment de livres sur cette maudite île. Tu n’as pas idée !
Du bout des doigts, je caresse la reliure usée de Momo . J’ai souvent rêvé de pouvoir marcher derrière une tortue enchantée qui me montrerait le chemin de la vie. J’ai besoin de ce livre. Il me console quand je suis triste. Il me le faut. En particulier en ce moment.
Alexia soupire.
– Prends au moins ta veste, d’accord ? Le climat peut vite être assez rude, dans ce pays.
Elle s’assied sur la valise et tire la fermeture Éclair.
– J’ai peur que ce ne soit une très mauvaise idée d’aller là-bas, poursuit-elle en gémissant. Tu es vraiment certaine que c’est le seul endroit où tu vas pouvoir te changer les idées ?
Je hoche la tête.

La minuscule embarcation tangue sur les vagues, soumise au gré des vents, comme si la mer jouait à la balle avec elle. Des éclairs lézardent un ciel chargé d’épais nuages d’orage, plongeant la mer dans un gris irréel. Un gris fait d’éclats de lumière fulgurants, mélangés au grondement tonitruant du tonnerre. L’eau a pris la couleur de l’ardoise et la pluie s’abat en trombe. Des gouttes grises, lourdes et acérées, s’écrasent sur les vagues pour en affûter les crêtes. Ajouté à la falaise à l’horizon dont les rochers sont battus sans trêve par les avalanches d’eau, tout cela offre un spectacle naturel époustouflant. Un spectacle capable d’éveiller la peur, horrible et magnifique à la fois.
Quoique, ce spectacle n’est pas si magnifique que cela. Pour la simple raison que je me trouve sur la frêle embarcation, au beau milieu de la tempête, et que je dois lutter de toutes mes forces pour rester accrochée à mon siège et ne pas basculer par-dessus bord. L’écume vient lécher nos visages. Alexia tente de retenir nos bagages, tandis que l’homme qui mène la traversée pousse le moteur à son maximum.
La pluie s’est abattue soudainement et, en l’espace de quelques secondes à peine, j’ai été trempée jusqu’aux os. Je suis gelée et la seule pensée qui m’habite est d’arriver sur la terre ferme. Peu importe l’endroit, tant qu’il y fait chaud et sec. Lors du vol entre Bochum et Édimbourg, le soleil brillait encore allègrement, dan

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