Missions secrètes pour Sam et Lylie
59 pages
Français

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Missions secrètes pour Sam et Lylie , livre ebook

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Description

Suivez Sam et Lylie tout au long de leurs missions teintées d’humour, de peur, de joie et de suspense.
Complices dans la vie, les jumeaux Sam et Lylie nous transportent au cœur de formidables aventures amusantes et captivantes. Une première mission familiale les amène à relever de nombreux défis et à résoudre plusieurs énigmes. Leur intriguant parcours mène également à la découverte d’un mammifère au comportement turbulent et à la rencontre d’un mystérieux personnage.
Plongez avec eux dans l’univers de leurs enquêtes secrètes. Suivez Sam et Lylie tout au long de leurs missions teintées d’humour, de peur, de joie et de suspense.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 29 septembre 2021
Nombre de lectures 0
EAN13 9782897755249
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Missions secrètes
pour Sam et Lylie
 
 
 
Céline Leblanc Barsalo  
 
 
 
Conception de la page couverture : © Les Éditions de l’Apothéose
 
 
 
Sauf à des fins de citation, toute reproduction, par quelque procédé que ce soit, est interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur ou de l’éditeur .
Distributeur : Distribulivre   www.distribulivre.com   Tél. : 1-450-887-2182 Télécopieur : 1-450-915-2224
 
© Les Éditions de l’Apothéose Lanoraie (Québec), Canada J 0K 1E0 apotheose@bell.net www.leseditionsdelapotheose.com
 
 
Dépôt légal — Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2021 Dépôt légal — Bibliothèque et Archives Canada, 2021
 
ISBN papier : 978-2-89775-504-1
ISBN epub : 978-2-89775-524-9
 
 
 
 
 
 
 
Avec amour, pour Samuel, Lylia et Victoria

 
 
 
Pour joindre l’auteur
 
www.celineleblancbarsalo.ca
www.facebook.com/celineleblancbarsalo
 
 
 
 
Chapitre 1
Un marathon éprouvant
 
 
Mon père, mon frère et moi patientons sur le trottoir parmi une foule de supporteurs, comme nous. Des bénévoles s’assurent de la sécurité, des grands-parents ajustent les réglages de leurs caméras et un bébé pleurniche dans sa poussette. Ce matin, je me suis levée à l’heure des poules, mais j’ai beaucoup d’énergie.
J’appuie de toutes mes forces sur la boule noire de mon vieux klaxon de vélo, mon frère siffle des sons aigus et mon père se bouche les oreilles. Devant nous, des milliers de marathoniens terminent leurs exercices d’échauffement. Motivée, ma mère fait partie de ce groupe. Son objectif vise à battre son record de l’an passé. Il faut dire que, dans le domaine de la course, elle est imbattable. Un vrai coup de vent, incapable de rester en place très longtemps   !
Au milieu de ce rassemblement annuel, j’ai l’impression d’être dans un jeu de Où est Charlie   ? En réalité, mes yeux sont écarquillés afin de repérer le dossard de maman, le numéro 0452.
Oui, la voilà   ! Notre athlète préférée s’active bravement parmi tous les autres participants, pendant que mon frère tient bien haut notre pancarte sur laquelle est écrit notre message d’encouragement. Sam et moi crions à tue-tête cette devise du jour, imprimée en grosses lettres fluo.
Vas-y, maman   !
Tu es notre championne   !
XXXXXX
J’aperçois ma mère, au moment où j’entends un bruit de métal sur la chaussée. Un des coureurs a échappé ses clés dans une bouche d’égout. Je suis inquiète et j’interroge mon père.
— Pas les clés de maman   ?
Soudain préoccupé, papa soulève le sac de sport et vérifie la pochette extérieure. Ouf   ! Je suis soulagée de reconnaître le porte-clés de maman parmi le fouillis d’articles nécessaires à son bien-être.
— Tout semble sous contrôle, restons zen   !
Maman adore la course, mais je dois vous informer qu’elle vit avec une curieuse habitude. Eh oui   ! Depuis quelques années déjà, elle souffre de vision double : siège d’auto, berceau, porte-bébé, table à langer… et… nous   !
Ce comportement particulier a débuté lors de sa première échographie de grossesse. La surprise d’apprendre que deux petits cœurs battaient dans son ventre a provoqué tout un changement dans sa routine quotidienne.
De six minutes mon aîné, mon grand frère prend au sérieux son rôle de protecteur, même s’il aime faire des blagues. Nous sommes jumeaux, mais je préfère que les gens nous appellent par nos prénoms.
Moi, c’est Lylie, avec un  Y , s’il vous plaît   !
Sam et moi ne manquons pas d’énergie. D’ailleurs, nos parents nous surnomment affectueusement les deux sauterelles   !
Le mois dernier, nous avons fêté nos neuf ans. Chacun a eu droit à son gâteau, à sa carte, à sa chanson et à son cadeau. Lors des grands événements comme celui-là, papa parle de nos ressemblances, mais surtout de nos différences, pendant que maman répète que chaque personne est unique   !
Évidemment, nous ne pouvons pas nier que nos cheveux bruns et lisses ont des reflets roux. En fait, mon frère ne se soucie pas vraiment de sa coiffure. J’ai adopté le style de la tresse sur le côté et Sam, le look dépeigné. Très souvent, je le taquine à propos de sa crinière ébouriffée. Au fil du temps, j’ai aussi remarqué que nos yeux reflètent des couleurs différentes, tantôt bleues, tantôt vertes. J’imagine, et j’aime croire, que ces nuances se coordonnent avec nos vêtements ou, peut-être, avec nos sentiments   !
Un règlement de notre école interdit aux jumeaux d’être dans la même classe. Cela ne nous empêche pas de former une équipe et de compléter plusieurs devoirs ensemble. Lorsque Sam ne retrouve pas un de ses manuels ou un cahier d’exercices, je suis là pour régler le problème. Lorsque j’oublie ma boîte à lunch sur le siège de l’autobus, Sam partage son repas avec moi. Lorsque nous avons un examen à préparer, nous révisons ensemble. J’ai un talent et du style en écriture et Sam excelle en maths. On s ’ entraide   ! De l’avis de plusieurs enseignantes, nous maintenons notre réputation d’élèves débrouillards, généreux, serviables, gentils, mais… tellement distraits   !
Ce défaut d’inattention nous joue de vilains tours. Il exige même que nos parents gardent en réserve une quantité impressionnante de gants, de foulards, de tuques et de plusieurs trucs si faciles à égarer…
Chaque semaine, papa nous rappelle notre fâcheuse habitude à semer nos crayons à tout vent et à cultiver le désordre. Quant à maman, elle rêve de nous voir super studieux tous les soirs de la semaine. Un souhait difficilement réalisable pour les sauterelles que nous sommes, mais maman est persévérante. Elle ne se lasse pas de réciter son fameux proverbe : Qui veut faire quelque chose trouve un moyen   ; qui ne veut rien faire trouve une excuse.
Et moi, je réponds toujours par ma citation préférée : Chaque personne cache en elle un enfant qui veut jouer   !
En parlant de loisirs, je fabrique des bijoux originaux et le plaisir de les distribuer m’encourage à exploiter mes talents créatifs. Cependant, mon coup de cœur va à ma collection Pingouins et Manchots. Mamie m’a raconté que lors de ma première visite au Biodôme de Montréal, je ne voulais plus quitter ces drôles d’oiseaux. Une passion est née   ! Depuis l’âge de six ans, j’agrandis ma collection de spécimens marins. Fabriqués en carton, en verre, en bois ou en métal, mes bibelots précieux s’accumulent sur mes étagères, comme les trésors d’un pirate dans son repaire.
Mon frère, lui, amasse les roches et les minéraux, le sable de différents pays, les constructions réalisées avec ses blocs Lego… et les papiers de bonbons. Oui   ! Les papiers de bonbons. Un passe-temps trop collant pour moi   ! Je m’intéresse plutôt au monde de la danse et de la chanson. Souvent dans ma bulle, je chante des ballades sous la douche, je fredonne du contemporain en marchant et ma tête bat le rythme du hip-hop quand je dessine. Devant le miroir de ma chambre, j’expérimente souvent de nouveaux pas et, tous les samedis, Sam et moi pratiquons gammes et partitions au piano. M’exprimer par la musique me rend heureuse. Je suis une artiste dans l’âme.
Nos parents encouragent nos efforts et ils valorisent les bienfaits du sport. Quand la température le permet, maman démarre son programme d’entraînement à l’extérieur et nous l’accompagnons sur nos bicyclettes.
Mais aujourd’hui, c’est du sérieux   ! Seule, sur le parcours officiel de 42,2 km, ma mère est au cœur de SON marathon, SON moment de gloire, SON défi.
La journée s’annonce prometteuse. Mon père, Sam et moi ressentons l’excitation de cette course. Pas de doute   ! Il y a de l’électricité dans l’air   !
En suivant les panneaux d’indication de l’itinéraire du marathon, nous nous déplaçons à mi-chemin du trajet prévu. Toujours présent à ce populaire événement de renommée internationale, papa, aux aguets, tient une collation protéinée et énergisante . Mon frère Sam soulève et agite notre pancarte, en suivant le rythme d’un groupe de musiciens bruyants. Une ambiance de fête communautaire règne tout autour de nous. Je m’acharne à appuyer sur la fameuse boule caoutchoutée de mon klaxon, mais le son de mon instrument retentit aussi faiblement que le cri d’une souris devant le rugissement d’un lion. Je décide de me concentrer plutôt sur le mouvement des coureurs.
Après quelques minutes de cette cacophonie, j’observe maman, trottant d’un bon tempo. Sans ralentir, elle agrippe son supplément nutritif et avale un peu d’eau. Nous avons juste le temps de lui crier nos encouragements   ; elle lève sa main en affichant le V  de la victoire, puis elle poursuit sa route.
Nous pouvons maintenant nous détendre et respirer plus calmement. Tout va bien   !
Mon père nous invite au restaurant et il profitera de ce moment pour nous annoncer une nouvelle de la plus haute importance. Je me fais du mauvais sang   ! J’espère que son message n’a rien de dramatique. Une perte d’emploi d’un de mes parents   ? Une maladie incurable   ? Une tragédie familiale   ? J’anticipe aussi l’annonce d’un autre séjour de papi à l’hôpital, car je sais que son cœur fatigué bat comme un métronome défectueux.
Mon ventre gargouille, mes lèvres sont sèches. Est-ce la faim qui me tenaille, mon imagination qui s’emballe ou un mauvais pressentiment   ?
Mon père nous fait patienter jusqu’à l’arrivée des fruits, des œufs et des rôties. Après sa première gorgée de café, il nous demande de lever la main droite et de répéter après lui :
— Nous jurons d’être muets comme des carpes.
Tels des perroquets , Sam et moi prononçons cette phrase étrange. Euh   ! Qu’est-ce qu’une carpe   ? C’est muet   ?
De plus, le discours de papa est flou et étrange. Il nous parle de la venue de l’automne, de l’inoubliable mois de novembre, de la nécessité de célébrer les étapes importantes de la vie des personnes qu’on aime… Ah   ! Je crois comprendre. Ce sera le quarantième anniversaire de naissance de maman le 21 novembre. Ouf   ! Pas de catastrophe en vue.
Mon père veut souligner cette journée très spéciale et il souhaite nous confier une mission. Une mission à la hauteur de nos espérances   ! Il considère notre curiosité et notre amour des défis comme étant des atouts indispensables à la réussite de son projet secret. Papa compte sur notre aide et notre discrétion. Chut   ! Maman ne doit pas se douter de rien… rien du tout   !
Première suggestion de Sam : disposer quarante flamants en plastique rose devant la maison. Tss-tss   ! Je tourne lentement la tête de droite à gauche. Hors de question   ! D’un ton convaincu, je souligne ma préférence pour les magnifiques… oui… les extraordinaires oiseaux marins vêtus de costumes noir et blanc, comme ceux de ma fameuse collection. Euh   ! L’incertitude se lit sur le visage de mon père   ; il aimerait que ses sauterelles lui proposent des idées plus originales.
Un courant d’adrénaline parcourt mon corps. Surexcitée, je bondis de ma chaise en renversant du chocolat chaud sur le napperon de papier. Debout, une banane en guise de micro dans une main, je proclame officiellement le début de la Mission J.
Oui, Mission   J . Un nom parfait pour ce projet confidentiel. Pourquoi Mission   J   ? Tout simplement parce que ma mère se prénomme Johane ou Jojo pour les intimes.
Inspiré par ma prestation théâtrale , Sam se lève à son tour. Avec un gros morceau de pain dans la bouche et son fou rire habituel, il réussit tant bien que mal à nous dire que cette délicate Mission J s’accorde également avec le mot jumeau. Papa lui demande de se calmer et de cesser ses blagues, même si je peux apercevoir un début de sourire sur son visage. Enfin, une chose est certaine, papa est emballé de nous voir coopérer et il engloutit son omelette en moins de deux.
Repus, nous nous dirigeons vers la ligne d’arrivée du marathon. C’est un rendez-vous à ne pas manquer   ! Attentifs, nous circulons parmi des centaines de coureurs épuisés, frileux et recouverts de drôles de couvertures de papier métallique. Sam les regarde et se moque de ces étranges accoutrements futuristes en les comparant à des capes de superhéros.
L’attente s’éternise. Papa sue et tourne en rond. C’est mauvais signe   !
Selon nos prévisions, maman devrait déjà être là, ornée d’une nouvelle médaille au cou. Mais elle est soit invisible ou soit perdue dans la foule   ! Sam espère qu’elle n’est pas étendue sur un lit à roulettes dans une de ces ambulances.
Tout à coup, mon frère s’écrit : «   Maman, maman   !   » Au loin, j’aperçois une femme marchant difficilement, en tenant son espèce de papier protecteur autour des épaules. J’ai de la difficulté à la reconnaître, mais c’est bien elle. Je reste figée, tel un poteau ancré dans le ciment. Contrairement à moi, Sam et mon père réagissent rapidement en lui prodiguant aide et réconfort, mais… pas un mot sur sa performance   !
Les yeux de ma mère sont embués de larmes. Selon ses explications, des crampes douloureuses au mollet gauche l’ont forcée à ralentir la cadence et elle a dû fournir des efforts titanesques afin de terminer ce difficile marathon. Sam la félicite de ne pas avoir abandonné la course et veut toucher à sa médaille brillante .
 

 
Le plan de la journée est modifié : pas de visite de la ville, pas de prises de photos ni de bavardage avec les autres concurrents. D’un pas lent, toute la famille retourne au stationnement. Mon frère décroche le carton du bâton de la pancarte, le plie pour créer une carte de vœux et la remet à notre championne toutes catégories. Ses yeux sont encore humides, mais cette fois d’émotion : ils sont pleins d’amour de ses jumeaux. Oui, seule notre mère a le privilège de nous appeler «   ses jumeaux   », et ces deux mots vibrent dans mes oreilles, comme une douce musique réconfortante.
 
 
 
Chapitre 2
Maman a la bougeotte
 
 

 
Octobre est un mois électrisant pour maman. Elle a la bougeotte automnale. Les premiers symptômes de cette curieuse maladie apparaissent quand la fraîcheur s’installe et que les feuilles des arbres se colorent de jaune et de rouge. Pourtant remise de l’épreuve de son marathon, elle se comporte comme si elle venait de recevoir une décharge de 220   volts   !
Inévitablement, Sam et moi devons l’aider à trier, à jeter, à nettoyer, à donner et à replacer des trucs. C’est étourdissant, la bougeotte automnale   ! Nous travaillons comme des robots. En jetant un coup d’œil à l’extérieur, maman poursuit sa folie du grand ménage. Comme si nettoyer la maison n’était pas suffisant   ! Elle enfile ses gants de jardinage, range les chaises, le parasol, les pots de fleurs fanées, et nous réserve une tâche éreintante. Équipés de râteaux, nous commençons un exercice d’endurance extrême, puisque ma mère espère ramasser toutes les feuilles mortes éparpillées sur le terrain, et je dis bien «   toutes   »   !
 

 
Ce travail s’avère un combat contre le vent et Sam transforme souvent son râteau en balai de sorcière ou en cheval de course. Malgré ses pitreries, il découvre une corde à danser, une pièce de deux dollars, une roche spéciale pour sa collection et une balle de tennis. Pendant que je fais des efforts de forcenée, je réfléchis à notre Mission J et le temps s’écoule un peu plus vite. Quand nous croyons notre tâche enfin terminée, d’autres feuilles colorées atterrissent à nos pieds, aussi silencieusement que des planeurs de papier en vol libre.

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