S.O.S Colo !
62 pages
Français

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Description

Quand sœur Eulalie, sœur Thérèse et sœur Isabelle débarquent à la colonie du Sacré-Cœur-de-Jésus pour prêter main forte au père de Montalembert, elles ne se doutent pas de ce qui les attend… Des robinets qui fuient, des enfants survoltés, des randonnées en montagne harassantes et un rythme effréné… Les trois sœurs parviendront-elles à mener à bien leur mission ?

Un trio de sœurs tendres et attachantes qui vont vivre une colo à 100 à l'heure !


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 21 octobre 2019
Nombre de lectures 3
EAN13 9782728928729
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0015€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Claire Renaud

Illustrations de Stéphanie Rubini
mame
Aux amis mamiens qui font la vie belle,
Camille, Paul, Guillaume et Pauline.
À Charlotte, évidemment.
Ce que peut annoncer un mail
– Mes sœurs, silence, j’ai une annonce à vous faire.
Le silence, sœur Gertrude, prieure du couvent des Marguerites, grande femme austère et sèche qui a le sourire rare, n’a pas à le demander. Il règne en maître sous la voûte de la grande salle à manger où chaque sœur, vingt et une exactement, mange sa soupe en faisant le moins de bruit possible.
– Mon frère, Hervé de Montalembert, prêtre dans le diocèse de Chambéry et directeur de la colonie du Sacré-Cœur-de-Jésus, m’a envoyé un mail.
– Chouette ! s’exclame sœur Eulalie en tapant des mains.
– Tempérez votre enthousiasme, sœur Eulalie ! Vous n’êtes pas au théâtre, que je sache ! la coupe sœur Gertrude.
Sœur Eulalie est une jeune novice de vingt-cinq ans qui prononcera ses vœux définitifs l’an prochain. C’est la joie de vivre incarnée : légère, blonde, avec de grands yeux bleus, elle chante en épluchant les légumes, elle danse en passant le balai et parle à tout bout de champ. Un vrai rayon de soleil. Mais sœur Gertrude s’arrache souvent les quelques cheveux qui demeurent sous son voile avec cette jeune recrue par trop bavarde et enthousiaste.
– Donc, un étrange mal s’est répandu sur la colonie du Sacré-Cœur-de-Jésus, et les moniteurs tombent comme des mouches, reprend sœur Gertrude sur un ton dramatique.
– Ooooh, s’inquiètent plusieurs sœurs en se signant.
– Les symptômes pourraient faire penser à une sorte de grippe, nuance sœur Gertrude, pas mécontente néanmoins de son petit effet.
– Ouf ! disent les mêmes sœurs en se signant à nouveau.
– Oui mais voilà, mon frère a besoin de remplacer ces moniteurs malades, et il ne trouve personne. C’est pourquoi il m’a contactée.
– Je ne vois pas le rapport, intervient sœur Thérèse. On peut pas l’aider, votre frère, on reste ici, dans la clôture.
Sœur Thérèse est une sœur un peu bourrue, qui a son franc-parler. C’est une vraie force de la nature, large et tout en muscles, et les sœurs du couvent sont bien contentes de l’avoir quand il s’agit de déplacer des meubles lourds ou de déboucher un évier. Sœur Thérèse a en effet son CAP de plomberie, et c’est en installant une douche qui s’est soudainement déclenchée au-dessus de sa tête (c’est elle qui le raconte) qu’elle a enfin décidé de répondre à l’appel de Dieu qui lui envoyait des signes et des litres d’eau depuis un petit moment. Maintenant, elle exerce ses talents au couvent des Marguerites. Elle a tendance à tutoyer tout le monde, mais aucun robinet ne lui résiste, et quand elle est à la chapelle, elle peut tranquillement laisser déborder sa prière et son amour pour Dieu.
– Eh bien justement, vous auriez l’autorisation exceptionnelle de sortir pour aller porter secours à cette colonie en détresse. Qui est volontaire ?
– Moi, moi, crie sœur Eulalie en levant haut la main.
– Sœur Eulalie, évidemment, je m’en doutais, soupire la prieure. Qui d’autre ?
Les sœurs piquent toutes du nez dans leur assiette de soupe. Elles se trouvent bien là où elles sont et n’ont pas du tout envie de quitter leur couvent.
– Moi, je m’y colle ! finit par dire sœur Thérèse. On va pas laisser la p’tiote toute seule, elle va faire n’importe quoi !
Thérèse fait un clin d’œil à Eulalie. Ces deux-là s’apprécient depuis longtemps.
– Très bien, très bonne idée, merci beaucoup, sœur Thérèse, dit sœur Gertrude en s’inclinant. Il m’en faudrait une troisième. Allez, allez, qui se dévoue ?
Nouveaux plongeons de nez dans les assiettes de soupe de toutes les sœurs.
– Bon, je vais devoir choisir, alors, annonce sœur Gertrude. Sœur Isabelle, tenez !
Un murmure d’étonnement monte de toutes les bouches. Sœur Isabelle ! La plus timide, la plus silencieuse, la plus pieuse de toutes ! En colonie ! L’intéressée en reste bouche bée, rouge comme une écrevisse.
– Vous… vous devez faire erreur, ma mère, dit-elle si bas qu’on peine à l’entendre. Je, je, moi, dehors, en co, en co, en coco, en colonie ! Non, par pitié… bégaie-t-elle.
– On va manger de la noix de coco ? demande sœur Anne, la doyenne du couvent, qui n’entend plus très bien et sort de temps à autre de sa léthargie.
– Non, lui répond gaiement sœur Eulalie. On part en colo !
– C’est chouette, la noix de coco ! Ça nous changera des pommes, poursuit sœur Anne, bille en tête.
– Moi, en colonie, mais c’est impossible ! gémit sœur Isabelle.
– C’est tout à fait possible, c’est même décidé, assène sœur Gertrude. Et cela va vous faire le plus grand bien ! Allez, hop ! vous pouvez aller faire vos bagages ! Vous partez dans deux heures par le train de nuit !
Sœur Germaine, assise à côté de sœur Isabelle dont les yeux sont remplis de larmes, lui tapote doucement la main.
– Ça va aller, mon enfant, si Dieu le veut.
Ces quelques mots ont l’air de rasséréner sœur Isabelle. Après tout, si elle est envoyée là-bas, c’est que Dieu doit avoir un projet pour elle.
Mais elle est loin d’imaginer lequel…
Ce que peut contenir une valise
Une fois dans leurs chambres, les trois sœurs tirent de sous leur petit lit de fer la valise avec laquelle elles sont arrivées au couvent. Le cœur léger, sœur Eulalie remplit sa valise rouge à roulettes, sœur Isabelle, le cœur lourd, sa vieille valise en cuir, sœur Thérèse bourre de tout son cœur son sac à dos.
Quand elles sortent de leurs cellules, toutes les sœurs sont alignées dans le couloir pour leur dire au revoir.
– Où vont-elles ? demande sœur Anne, la doyenne.
– À la montagne, sœur Anne, lui répond sœur Adélaïde.
– Au bagne ! Mais qu’ont-elles fait de mal ? s’étonne sœur Anne.
– Mais rien, rien du tout ! Elles partent à la montagne ! répète patiemment sœur Adélaïde.
– À la campagne, maintenant ? Ça change tout le temps, ma parole !

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