Sindbad le voyageur
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Sindbad le voyageur , livre ebook

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Description

Observez ce garçon. Il déambule dans les rues de Bagdad et chacun le connaît dans la sublime cité. Pauvre en apparence, il est riche de qualités, et tous s’en remettent à son adresse pour régler les problèmes. Le jeune orphelin ne réclame pour gages que de belles histoires. Il ne lui reste plus qu’à écrire la sienne. Celle d’un héros prêt à braver les océans et leurs étranges créatures pour sauver la belle princesse de Serendib.
Tapis magique, djinn, rapace géant, barbaresques… nourrissent le récit de ses exploits. Son nom est celui du plus illustre des voyageurs. Appelez-le Sindbad.
Il y a encore quelques mois, ma vie était simple. Mais depuis que j’ai découvert ce pouvoir qui pulse en moi, tout a basculé. On me dit que je suis la dernière héritière des Sylphes, et que je suis la seule à pouvoir rétablir l’harmonie dans le monde. Une quête dangereuse m’attend, vers des terres dont je n’ai jamais soupçonné l’existence…
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Idéal à partir de 12 ans.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2012
Nombre de lectures 1 712
EAN13 9782740434246
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Du même auteur

Un jour, je me pressais à un rendez-vous avec Abû le chauffeur. Mon ami entretient la chaudière du hammam situé près de la porte de Basra, une besogne qui donne soif et ouvre l’appétit. Alléché par les odeurs de cuisine flottant dans les ruelles de Bagdad, je courais car j’étais en retard et craignais qu’Abû, affamé, ne décide d’attaquer le déjeuner sans moi. Or, en passant par le souk des bourreliers, dans le quartier du Karkh, j’aperçus un attroupement devant l’échoppe du vieux Marouan. Cette animation inaccoutumée m’intrigua au point de me détourner de ma destination.
— Inutile d’appeler le surveillant du marché ! s’écria un des badauds. Le Destin nous envoie le petit cadi .
Je ne suis pas, en vérité, un de ces magistrats désignés par le calife pour faire respecter la loi coranique. Mais, malgré mon jeune âge – quinze ans à peine –, il m’arrive souvent d’arbitrer des litiges, à la manière des cadis .
— Salam alaykoum , me salua Attaf, l’apothicaire. Tu arrives à point nommé pour résoudre le dilemme qui se pose ici.
Et Attaf entreprit de me raconter ce qui venait de se passer.
Un garçon s’était présenté pour acheter des babouches. Marouan, le savetier, interrompant le repas qu’il a coutume de prendre au milieu de ses marchandises, avait proposé plusieurs modèles à son jeune chaland. Mais aucune paire ne lui avait plu. Celle-ci était trop étroite, celle-là pas assez confortable, la couleur ou les broderies de cette autre ne convenaient pas. Alors Marouan s’était retiré un instant dans l’arrière-boutique, le temps d’y trouver de quoi satisfaire ce client si difficile. À son retour, les bras chargés de pantoufles en cuir, il avait remarqué que le pain de son déjeuner, auquel il n’avait pas encore touché, n’était plus sur la petite table où il se souvenait pourtant l’avoir laissé. Aussitôt, il avait incriminé le garçon.
— S’il est coupable, dis-je, il doit avoir caché sur lui son butin.
— C’est bien là le problème, répondit Attaf. Marouan l’a fouillé en vain et le gamin clame son innocence.
J’observai l’accusé : il me parut apeuré.
— Ne l’a-t-il pas mangé ? plaisantai-je.
— Il semble que non.
Les yeux de l’apothicaire brillaient d’amusement. La situation divertissait la plupart des curieux massés dans la rue. Au contraire, le vieux savetier se trouvait fort embarrassé car incapable d’apporter la moindre preuve à son accusation. Cependant, il refusait de laisser filer le suspect.
La faim, qui commençait à me tenailler, m’invitait à passer mon chemin pour me hâter vers mon rendez-vous, d’autant que ces histoires sont de la compétence du muhtasib , le fonctionnaire chargé de surveiller le souk. Mais je ne pus résister au plaisir de démêler cette affaire. J’ai acquis une solide réputation dans les faubourgs en dénouant de nombreux problèmes de voisinage, à la manière des sages et des juristes. Cette notoriété est devenue mon gagne-pain, car les Bagdadiens qui profitent de mes lumières n’oublient jamais de me rétribuer selon mes mérites. Je me frayai donc un passage à l’intérieur de la boutique, entre les monticules de babouches, afin de saluer son propriétaire.
— La paix sur toi, mon fils ! fit Marouan, apparemment soulagé de me voir.
Je lui rendis son salut et le priai de m’apporter un verre d’eau. Un badaud, qui était secrétaire à la chancellerie du calife, me fournit de quoi écrire.
Autour de moi, un silence attentif se fit.
Sur la paroi du verre, j’inscrivis le mot voleur . Je demandai ensuite au garçon de me dire son nom – il s’appelait Bachir – que je notai sur un bout de papier. Puis j’arrachai un cheveu de mon crâne pour y nouer la bague de ma défunte mère que je porte au doigt. Sur la petite table où se trouvait encore le repas du savetier, à l’exception de la fameuse galette de pain, je posai le verre et plaçai le fragment de papier en équilibre sur son rebord.
— Je vais à présent suspendre la bague au-dessus de l’eau puis réciter un verset du Coran . Si elle oscille et frappe le verre, c’est que Bachir est coupable. Sinon, son innocence ne fera aucun doute.
Marouan parut satisfait. Sous son œil vigilant, je procédai tout en murmurant un verset de la septième sourate, celle de l’Alaraf, le rempart qui sépare le Paradis de l’Enfer.
Tous retenaient leur souffle, en attente du verdict.
Le bijou de ma mère ne tinta pas contre le verre. Aussi, je déclarai le garçon innocent.
Le vieux savetier demeura un moment sans réaction. Puis il se gratta longuement le menton. Et quand enfin il eut admis son erreur, Marouan se montra terriblement confus. Aussi, pour se faire pardonner, offrit-il une paire de babouches à Bachir, non sans le prier de revenir quand elle serait usée.
Une fois le garçon parti, les curieux se dispersèrent en commentant joyeusement la scène. Seul Attaf, l’apothicaire, vint me féliciter.
— Tu es fidèle à ta réputation, jeune homme. Ah ! si tous les cadis qui rendent la justice au nom d’Allah étaient aussi efficaces que toi…
Je le remerciai.
— C’est une terrible injustice que je m’apprêtais à commettre, se lamenta Marouan. Grâce à Dieu, tu m’as montré le chemin de la Vérité et de la Justice.
Et il m’embrassa.
— Par le Très-Haut ! J’aurais chéri un fils tel que toi, ajouta-t-il, débordant de reconnaissance.
— Il reste cependant encore un problème à résoudre, fit remarquer Attaf, d’un air moqueur mais sans malice.
Problème auquel je ne tardai pas à trouver une solution en découvrant la galette disparue, non loin de la petite table, parmi les pantoufles de cuir dont elle avait presque la forme et la couleur. Dans son empressement à servir Bachir, le vieux savetier avait dû la confondre avec une babouche !

Un peu plus tard, tandis que je longeais l’enceinte de la Ville Ronde – la cité au cœur de Bagdad – en direction du hammam, la voix d’un enfant m’interpella.
— S’il te plaît !
Je croyais être sollicité par un petit mendiant mais c’est Bachir que je vis venir à moi, avec les babouches toutes neuves aux pieds.
— Je ne t’ai pas remercié !
— Le vieux Marouan l’a fait, répondis-je. Il m’a donné deux dirhams d’argent.
Le garçon sourit et insista.
— Je ne possède rien mais, si tu acceptes, je peux te rendre service.
Ma réponse ne tarda pas.
— Alors raconte-moi une histoire !
Surpris, Bachir écarquilla les yeux.
— Je les collectionne, expliquai-je. Elles ont une grande valeur tout en pesant moins que l’or des dinars. Je les offre sans les perdre et personne ne peut m’en déposséder.
Mes paroles n’atténuèrent pas la perplexité du gamin.
— Es-tu un conteur ?
— Non, affirmai-je, en reprenant mon chemin.
Il se mit à trottiner à mes côtés.
— C’est comme une soif qu’aucune eau ne pourrait calmer, ajoutai-je. Je tends l’oreille partout où je vais, sur les places publiques, derrière les murs des jardins, aux portes des mosquées ou dans le hammam. J’écoute les confidences, les secrets, les marchandages interminables des vendeurs et des clients dans les souks. Ainsi, sans le savoir, les gens m’enseignent quantité de choses.
— Pourquoi fais-tu ça ? s’étonna Bachir.
Je ne sus quoi lui répondre. Ou serait-il plus juste de dire que je n’avais pas envie de me confier à lui ? Il trouva alors un moyen détourné, peut-être involontaire, de provoquer mes confidences.
— Au fait, j’ignore ton nom, dit-il.
— Je n’en ai pas.
Il me considéra comme si j’étais le plus fieffé menteur de la terre.
— ça n’existe pas ! Tout le monde en possède un.
— Eh bien, pas moi.
— Tu veux dire que personne ne t’a nommé à ta naissance ?
— C’est ainsi. Je n’ai pas connu mon père et ma mère était muette.
Cette révélation attrista le garçon, qui cessa aussitôt de me questionner. Il devait chercher un souvenir ou une anecdote à me livrer en guise de remerciement, car il demeura silencieux et pensif, jusqu’au coin de la rue où apparut la façade de l’établissement de bains.
— Je ne connais pas d’histoire, dit-il alors, mais puisque tu les apprécies, il y a un endroit, ici, à Bagdad, au bord du canal Sarat, où tu pourras entendre des aventures vraime

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