Une fée peut en cacher une autre !
65 pages
Français

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Description

Mon roman chéri, je l'adore !

Mélusine est une petite fée qui vit sur Terre.
Mais personne ne doit savoir qu'elle a des pouvoirs, surtout pas ses deux amies, Louise et Chloé.

Réussira-t-elle sa mission sans éveiller l'attention de la redoutable Fouine, l'ennemie des fées ?

Un roman plein d'amitié, d'aventure et de magie !

Idéal pour toutes les filles de 9-12 ans.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 19 octobre 2012
Nombre de lectures 158
EAN13 9782215121893
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

À Charlotte et Mathilde, passionnées de gymnastique
1 Une nouvelle mission
Lorsque Mélusine et Amandine poussent la porte du restaurantAu Plat unique,la salle est presque comble. Madame Violette, la propriétaire des lieux, se presse au-devant d’elles d’un petit pas joyeux. − J’ai cru que vous n’arriveriez jamais, dit-elle d’une voix douce. J’ai eu toutes les peines du monde à vous garder une table. La vieille dame sourit. Les rides qui bordent ses yeux sourient elles aussi. − Je ne sais pas ce qui se passe ce soir, s’exclame-t-elle gaiement. C’est à croire que tout le monde est affamé. − Tout est de ma faute, s’excuse Mélusine. Je ne trouvais plus mon cahier d’histoire pour faire mes devoirs avant de venir. Les yeux de madame Violette pétillent. De toute sa longue carrière, elle n’a jamais rencontré une seule fée qui soit ordonnée. La vieille dame les guide jusqu’à la petite table qu’elle leur a choisie. − Au menu ce soir, annonce-t-elle, gratin dauphinois et jambon de pays. Le restaurantAu Plat uniquebien son nom. Chaque jour, on y sert un nouveau porte plat, un seul, le même pour tout le monde. Madame Violette ne s’embarrasse pas d’une carte variée. Elle sait que même si sa cuisine est bonne, ce n’est pas ce qui pousse ses clients à se rendre chez elle. En venant déjeuner ou dînerAu Plat unique,ils recherchent un endroit où ils se sentiront bien. Madame Violette est réputée dans toute la ville, et même au-delà, pour son extrême gentillesse. Elle prend du temps avec chacun pour s’enquérir de sa santé, de son travail et demander des nouvelles de sa famille. Et si quelqu’un a plus besoin de parler que de manger, il trouvera toujours la vieille dame prête à l’écouter. Mélusine tire sa chaise et promène son regard sur la salle. − Il est déjà là ! la renseigne madame Violette. Au fond de la salle, sur une table un peu plus grande que les autres, un homme dîne seul. Visiblement très grand, les cheveux bruns et courts, il a la tête obstinément baissée sur son assiette. Ses yeux sont fermés. Il a gardé sa fourchette en l’air, comme si une pensée douloureuse et fulgurante l’avait soudain saisi, l’empêchant de poursuivre son repas. Mélusine grimace. − Cela n’a pas l’air d’aller très fort, constate-t-elle. Madame Violette hoche la tête tristement. − Je reviens vous en parler tout à l’heure. Amandine se tourne à son tour vers la table disposée dans un coin du restaurant et observe l’homme en silence. − Je veux bien l’aider, moi. Il est si beau… murmure-t-elle spontanément. Elle scrute un long moment le profil bien dessiné de l’homme puis secoue la tête comme pour se défaire d’une pensée saugrenue. Ses boucles châtains tressautent comme des ressorts et retombent en cascade autour de son visage. Inutile d’y penser, cette mission est celle de Mélusine.
2 Au Plat unique
Le restaurantAu Plat unique a toujours tenu une place très particulière au sein du Samu, le Service d’aide magique d’urgence, petite unité d’élite de la communauté des fées chargée de venir en aide aux hommes. C’est là en effet que tous les agents du Samu viennent chercher leur mission. En accord avec mademoiselle Brune, la directrice de l’institution, madame Violette est chargée de repérer les humains qui ont besoin de secours et de les confier à une fée, le temps d’une mission. Durant plusieurs centaines d’années, madame Violette a œuvré au Samu en tant qu’agent. On ne compte plus le nombre de personnes à qui elle est venue en aide durant sa longue carrière et chaque fée qui intègre la prestigieuse institution a entendu parler de ses exploits. Mais le temps a passé et madame Violette s’est fatiguée. Sa passion pour les gens n’a pas diminué, bien au contraire, mais elle n’a plus l’âge de courir de mission en mission. Ses forces l’ont quittée et elle a de plus en plus de mal à s’habituer aux nouvelles modes en vogue dans la petite communauté. Sans jamais l’avouer ouvertement, elle regrette le temps où elle pouvait encore faire tourner sa baguette magique entre ses doigts ou sentir ses ailes vibrer dans son dos. Bien sûr, les missions n’en étaient que plus délicates car il était alors beaucoup plus difficile de passer inaperçue, mais madame Violette aimait cela. Aujourd’hui, les fées ne volent presque plus jamais et elles ont remisé leur baguette magique aux oubliettes. La mode est au claquement de doigts. Un coup bref suffit pour déclencher un tour de magie. La technique est discrète et pratique mais madame Violette trouve qu’elle manque de charme. Si elle est décidée à ne plus aller sur le terrain, madame Violette se refuse pourtant à quitter le Samu définitivement. Il est toute sa vie et elle ne s’imagine pas dans un bureau à rédiger des manuels de magie, comme la plupart des fées retraitées de son âge. De plus, sa connaissance du cœur humain est telle qu’elle souhaite la mettre au service de ses consœurs. Madame Violette a donc imaginé de monter son restaurant pour repérer les âmes en peine. Très vite, sa proposition a retenu l’attention de mademoiselle Brune. Les fées perdaient un temps fou à chercher une personne à qui elles pourraient prêter main-forte. Grâce au travail de madame Violette, il leur suffit maintenant de déjeuner ou dîner de temps en tempsAu Plat uniquerepartir pour avec une mission digne de ce nom. Lorsqu’un client entre dans son restaurant, un seul coup d’œil suffit à madame Violette pour savoir si la personne a besoin de l’intervention du Samu. Elle sait mieux que quiconque lire sur le visage des gens. Si la personne en question lui paraît au plus mal, elle l’accompagne alors vers ce qu’elle appelle la “table du pauvre”. Celle-ci, légèrement plus grande que les autres, se trouve dans un coin du restaurant, un peu à l’écart. Dès que la personne y est assise, la vieille dame vient la rejoindre pour lui parler et tenter de découvrir ce qui ne va pas. En ouvrant son restaurant, elle s’est fait la promesse que personne n’en sortirait aussi malheureux qu’il y est entré. Elle veut donner de la joie aux autres et elle y parvient si bien qu’Au Plat uniqueest devenu un endroit incontournable où il fait bon passer un moment.
3 Hippolyte Grimaud
Lorsquemadame Violette quitte sa table, Hippolyte Grimaud relève la tête, un léger sourire sur les lèvres. Il regarde la vieille dame s’éloigner et se demande quel âge elle peut bien avoir. Son visage est si ridé qu’il ressemble à un vieux parchemin. Ses yeux en revanche, d’un bleu très clair, pétillent comme ceux d’un enfant. Le jeune homme soupire. Parler lui a fait du bien et il se sent un peu moins abattu. Certes ses problèmes n’ont pas disparu pour autant, mais le fait de les avoir partagés les fait paraître moins lourds. Hippolyte regarde sa fourchette puis son assiette, son plat est sûrement froid mais il doit manger s’il veut avoir de l’énergie pour ce qui l’attend. Car les jours à venir vont être éprouvants, il le sait. Il va lui falloir bien du courage pour annuler son spectacle, rembourser les clients furieux et, surtout, affronter le regard de son petit neveu et de ses parents. Ils seront affreusement déçus, c’est certain, et le cœur d’Hippolyte se serre rien qu’en y pensant. Mais il n’a pas le choix et il n’a rien à se reprocher. Il a tout fait pour que tout se passe bien. C’était compter sans la fatalité. Le jeune homme plonge sa fourchette dans le gratin dauphinois, la porte à la bouche et ouvre des yeux étonnés. Le plat est encore délicieusement chaud. Quelle heureuse surprise ! « Décidément cet endroit n’est pas comme les autres », pense-t-il. S’il y croyait, il oserait dire qu’il est un peu magique. Madame Violette arrive à la table de Mélusine et Amandine, les yeux rieurs. Personne ne l’a vue claquer des doigts pour réchauffer discrètement le gratin dauphinois d’Hippolyte Grimaud. La vieille fée s’en amuse. C’est vrai que parfois les nouvelles techniques ont du bon ! Si elle avait dû recourir à sa baguette magique, le jeune homme aurait sans doute mangé froid. − Alors ? lui demande Mélusine, très impatiente. Il lui tarde de savoir ce qu’elle peut faire pour l’homme assis à la table du pauvre. − Patience, patience, répond madame Violette en avançant une chaise près de la table. Je dois d’abord m’asseoir. Mes vieux os ne me portent plus comme avant. Madame Violette a 963 ans, ce qui commence à être un âge plus que raisonnable, même pour une fée. Elle a traversé tant d’époques et tant d’événements que Mélusine se demande parfois comment la vieille dame fait pour se souvenir de tout. Car madame Violette n’oublie rien. Elle se rappelle avec une précision inouïe chacune de ses missions. Lorsqu’elle intervenait auprès des agents du Samu en formation, Mélusine était toujours captivée par ses récits et subjuguée par sa mémoire. Du haut de ses 108 ans (12 ans en âge humain), Mélusine a parfois l’impression qu’elle a déjà presque tout oublié de son enfance. 108 ans ! Elle est encore si jeune pourtant. Elle a tout l’avenir devant elle… − L’homme que j’ai fait asseoir à la table du pauvre ce soir s’appelle Hippolyte Grimaud, commence madame Violette. Amandine tourne légèrement la tête dans sa direction et le dévore des yeux tandis que Mélusine ne perd pas une miette du discours de madame Violette. − Il a 28 ans. Amandine sourit. À 243 ans, elle en a tout juste 27 en âge humain. Un an de moins que lui. Quelle heureuse coïncidence !
− Hippolyte est professeur de sport au collège du Bosquet. Mélusine relève un sourcil. C’est là qu’elle a été envoyée en mission par le Samu. Là-bas, elle s’est immédiatement fait deux amies : Louise et Chloé. − Il travaille dans ton collège en effet, reprend madame Violette qui a noté la réaction de Mélusine. − Je ne l’ai jamais vu. − Il a en charge les classes de quatrième et troisième, précise la vieille fée. Et les options gymnastique. e Mélusine est en 5 B. Il est normal qu’elle ne l’ait pas comme professeur. Elle est au collège depuis si peu de temps qu’il n’y a rien d’étrange à ce qu’elle ne l’ait encore jamais croisé dans les couloirs ou dans la cour. − Hippolyte Grimaud a un neveu atteint d’une maladie très rare et pour lequel il s’inquiète beaucoup, commence madame Violette. Mélusine la dévisage avec étonnement. − Vous voulez que je guérisse son neveu ? questionne-t-elle à voix basse. Amandine se redresse tout à coup. Qu’a-t-elle entendu ? Mélusine essaierait-elle d’enfreindre le règlement du Samu ? − Tu ne dois pas… commence-t-elle. − Je sais, soupire Mélusine. « Règle numéro 3 : ne pas agir sur la vie d’un être vivant ni le guérir », récite-t-elle. Madame Violette les regarde, amusée. Amandine joue son rôle d’instructrice du Samu à la perfection. Il n’est en effet pas question que les jeunes recrues dérogent aux cinq règles de l’institution. C’est d’ailleurs l’une des toutes premières choses qu’elles apprennent à leur arrivée. Règle numéro 1 : Ne jamais se faire remarquer. Règle numéro 2 : Ne jamais prononcer en public les mots : “magie, magique, magicien, fée, sorcière, sortilège, etc.” Règle numéro 3 : Ne pas agir sur la vie d’un être vivant ni le guérir. Règle numéro 4 : Ne pas parler aux animaux. Règle numéro 5 : Ne pas claquer des doigts sans raison. Cette dernière règle avait été ajoutée ces dernières années. Du temps des baguettes magiques, elle était inutile. − Je ne parlais pas de guérir qui que ce soit, intervient madame Violette. En revanche, Hippolyte Grimaud avait réussi à monter un spectacle de gymnastique qui devait lui permettre de récolter des fonds pour l’association à laquelle appartient son neveu. L’argent devait aussi financer une partie de l’équipement dont l’enfant a besoin pour mener une vie la plus normale possible. Hélas, il est contraint d’annuler son spectacle et, sans spectacle, il ne pourra pas aider son neveu. − Pourquoi ? interroge alors Mélusine. − Parce que le gala de gymnastique lui permettait… − Non, coupe la jeune fée. Pourquoi doit-il annuler son spectacle ? − L’équipe de gymnastes qui avait accepté de faire une exhibition gratuitement vient de se désister. − Et quand a lieu la représentation ? − Dans cinq jours !
4 Cinq jours
Cinq jours ! Mélusine ne dispose que de cinq minuscules jours pour remplir sa mission. Et de seulement trois tours de magie ! Elle sait que sa carrière au sein du Samu ne sera pas facile et ce n’est pas sans raison que seules les fées les plus douées sont admises au sein de la prestigieuse institution. Mais elle ne s’attendait pas à ce que cela soit aussi compliqué. Car la réussite de sa mission n’engage pas seulement Hippolyte Grimaud. Elle aura également des répercussions sur la vie de Mélusine et sur celle de toute la petite communauté des fées. Au fil des années, le Samu a acquis une solide réputation en matière d’aide aux humains. De tout temps, les fées ont donné aux hommes des coups de main, çà et là, essayant de rester les plus discrètes possible. Il ne s’agissait alors que de toutes petites choses qui étonnaient les hommes lorsqu’ils les découvraient et les poussaient à croire qu’ils avaient rêvé. Les fées retrouvaient un objet égaré, perçaient un nuage de pluie au-dessus d’un champ trop sec, avançaient un ouvrage pendant la nuit ou bien ravivaient le feu dans la cheminée. Ce n’étaient que des petits détails mais ils rendaient la vie un peu plus douce aux hommes. Jusqu’au jour où la fée Cannelle créa le Samu. Dès lors, les fées n’intervinrent plus de l’extérieur mais se mêlèrent aux humains pour leur venir en aide sur des affaires plus importantes. La méthode était beaucoup plus efficace, mais elle nécessita bien des ajustements. Les premières fées envoyées sur Terre par la fée Cannelle se crurent, en effet, toute-puissantes. Elles multipliaient les tours de magie, sans prendre garde aux éventuelles conséquences sur les hommes. Celles-ci furent, hélas, très nombreuses. Certaines personnes perdirent la tête, effrayées par tous ces faits inexpliqués qui faisaient soudain irruption dans leur vie. D’autres hommes se crurent dotés de fabuleux pouvoirs et responsables de toute cette magie qui inondait leur quotidien. Ils tentèrent alors des expériences périlleuses qui mirent parfois leur vie en danger. Il arrivait aussi que des fées un peu susceptibles se vengent d’un humain en lui plantant une grosse fraise bien rouge en guise de nez au milieu de la figure ou une bosse dans le dos. La fée Cannelle établit donc de nouvelles règles très strictes qui limitèrent considérablement les abus. Les fées du Samu n’ont désormais plus droit qu’à trois tours de magie pour remplir une mission. Si elles échouent après leurs trois tours, elles doivent regagner la communauté des fées de toute urgence sous peine de s’affaiblir tout à fait et de rester coincées sur Terre… à vie ! Les premiers temps d’application de ces nouvelles règles ont été difficiles. Nombreuses ont été les fées qui n’ont jamais regagné la communauté. Puis, petit à petit, elles sont devenues plus prudentes, plus efficaces, plus réfléchies aussi et le système fonctionne aujourd’hui fort bien. Il n’empêche que certaines d’entre elles échouent encore régulièrement, affaiblissant la communauté des fées un peu plus chaque fois. Mélusine n’a pas le choix, si elle veut aider Hippolyte Grimaud, sauver sa peau et préserver la communauté, elle doit absolument mener à bien sa mission. Reste à savoir comment elle pourra s’y prendre. Si seulement Chloé et Louise pouvaient l’aider. Mais ni l’une ni l’autre ne se doutent de ce qu’est Mélusine en réalité. La jeune fée doit leur cacher sa véritable identité. Si elles viennent à la découvrir, sa carrière au sein du Samu s’arrêtera aussitôt.
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