L enlèvement de la vestale
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Description

Rome ressemble à une ville morte et pourtant, deux ombres progressent d’un pas rapide le long de la Via Nova qui borde un côté de la maison des vestales. Soudain, une bourrasque rageuse s’engouffre dans la large avenue. Sur son passage, elle arrache la lourde cape qui recouvre la tête d’une jeune fille, dévoilant l’éclat immaculé de son voile de vestale. Aussitôt, l’autre silhouette rabat le pan de tissu sombre sur son visage et pousse la fragile vestale le long du mur de la maison, la dissimulant de toute sa hauteur. Après un long moment, la silhouette s’écarte prudemment, attrape le bras de la jeune fille et l’entraîne derrière elle dans la nuit.


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Informations

Publié par
Date de parution 29 octobre 2020
Nombre de lectures 1
EAN13 9782728930289
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0019€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières PROLOGUE I – DE NUIT II – TERRIBLE NOUVELLE III – MISSION ACCOMPLIE IV – OCTAVIA V – L’ENQUÊTE COMMENCE VI – INTRUSION VII – INTERROGATOIRE VIII – UNE AUTRE ISSUE IX – CHEZ OCTAVIA X – DE JUSTESSE XI – FILATURE XII – UN EXPLOIT XIII – DÉDUCTIONS XIV – CONFRONTATIONS XV – ILLUMINATION XVI – IMPOSSIBLE ! XVII – ESCAPADE NOCTURNE XVIII – VÉRIFICATION XIX – CONFIDENCE XX – TERRORISÉE XXI – ASSAUT XXII – UNE SACRÉE NUIT XXIII – INTIMIDATION XXIV – DÉCOUVERTE XXV – DISPARUE ! XXVI – LA RUMEUR XXVII – MENACE XXVIII – ERRANCE XXIX – OSTIE XXX – VA-T’EN ! XXXI – LE CAPITAINE AU LION XXXII – SEMONCES XXXIII – CONFIDENCE XXXIV – DOUCHE FROIDE XXXV – CHANGEMENT DE STRATÉGIE XXXVI – TÉLESCOPAGE XXXVII – UNE RENCONTRE XXXVIII – EFFERVESCENCE XXXIX – ÇA SE COMPLIQUE XL – DANS LA RUE XLI – EMBARQUEMENT IMMÉDIAT XLII – BIENTÔT LA FIN XLIII – MACABRE DÉCOUVERTE XLIV – NOUVELLE RUMEUR ÉPILOGUE Notes Déjà parus
Points de repère Cover Title Page Copyright Page Dedication Corps de texte Footnotes
À Thibault et nos enfants.
« Vous, frères, vous avez été appelés à la liberté. Mais que cette liberté ne soit pas un prétexte pour votre égoïsme ; au contraire, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. » Galates 5, 13
Prologue
Rome, un jour de 303 ap. J.-C.
Une grille s’ouvre sur le côté de l’arène. Un instant, le brouhaha de la foule cesse. Des milliers de têtes se tournent dans un même mouvement vers l’ouverture béante et sombre qui plonge dans les entrailles du Colisée. Les yeux scrutent la pénombre dans l’espoir d’apercevoir quelque chose.
Soudain, un rugissement…
Un frisson parcourt les gradins.
Dans le petit groupe au centre de l’arène, une femme défaille. Un homme la retient avant qu’elle ne s’affaisse sur le sable. Un autre vient lui prêter main-forte. Le groupe se resserre, fait bloc autour de la femme qui se redresse courageusement. Son moment de faiblesse n’aura duré qu’un court instant. Elle serre la main de l’homme qui l’a retenue, presse le bras d’une autre femme à côté d’elle. Elle va mieux. Elle fera front.
Un second rugissement emplit le silence du Colisée. Tout le public semble retenir son souffle.
Enfin, on devine une forme, un mouvement dans l’ombre et, subitement, un lion surgit à la lumière du jour. Un murmure de surprise jaillit dans les travées, et s’amplifie quand un deuxième puis un troisième fauve sortent à leur tour. Bientôt le murmure se transforme en bourdonnement sourd puis en une véritable clameur. Le public accueille les bêtes avec un enthousiasme mêlé de terreur et d’excitation.
Assise dans la loge des vestales, à côté de celle de l’empereur, Octavia ne peut détacher ses yeux du petit groupe d’hommes et de femmes au centre de l’arène. Quatre hommes et deux femmes. Deux d’entre eux semblent à peine plus âgés qu’elle. Dix-huit ans tout au plus. À l’arrivée des lions, ils ont à peine bougé. De là où elle se trouve, à l’une des meilleures places, la jeune fille voit parfaitement leurs visages, étrangement sereins et leurs lèvres qui ne cessent de bouger.
– Qu’est-ce qu’ils font ? demande-t-elle en se tournant vers sa compagne, plus ancienne qu’elle.
– Ils prient, répond cette dernière. Ils doivent demander à leur Dieu de les sauver.
Octavia préfère ignorer le ton narquois de la vestale et observe, fascinée, les six chrétiens condamnés à mort. Leur calme est impressionnant. Si impressionnant que les lions ne prêtent aucune attention à ces victimes offertes.
Les fauves arpentent le sable d’un pas lent en donnant de temps à autre de grands coups de tête qui agitent leur crinière. Ils sont énormes. Sous leur pelage roux, leurs muscles saillent. Ils hument l’air et ses remugles étranges. Ça sent l’humain, les humains même, la transpiration ou les parfums trop forts, la nourriture aussi. Les bêtes sont peu habituées à tant de nouveauté. Elles semblent déboussolées.
Dans les gradins, la foule commence à s’impatienter. On lui a promis du spectacle et voici que les fauves ont l’air de gros chats inoffensifs. Un homme siffle, agacé. Bientôt un autre l’imite. Peu à peu, la colère gronde. Elle électrise le public qui se met à crier et vociférer. Dans l’arène, les bêtes deviennent nerveuses tout à coup. L’un des lions, le plus petit, commence à s’agiter et à ouvrir la gueule. Il est sans doute le plus impressionnable. Ravis, les spectateurs redoublent d’ardeur et font plus de bruit encore.
Soudain, un projectile jaillit d’un gradin. Est-ce une pierre ? Un gobelet en terre ? Une arme ? Qu’importe. Il atteint le dos de l’un des chrétiens qui se raidit sous le coup. Aussitôt, le haut de sa tunique se teinte de rouge.
À la vue du sang, la foule s’excite davantage. Quelques autres projectiles volent et retombent sur le sable. L’un atteint même le dos de l’un des lions qui bondit de surprise. En tribune, les soldats interviennent pour éviter les débordements.
Dans l’arène, les lions sont de plus en plus énervés. Le bruit, les cris, et maintenant cette odeur de sang qui vient leur chatouiller les naseaux. Tout concourt à les sortir de leur torpeur. L’un d’eux, le plus jeune toujours, vient inspecter le groupe de chrétiens plus figés que des statues. Il renifle, secoue la tête, s’approche de l’homme blessé, rugit et attaque.
Octavia détourne vivement la tête. Elle ne veut pas voir ça. Elle voudrait aussi se boucher les oreilles pour ne rien entendre mais elle n’ose pas. Là où elle est, elle est bien trop exposée aux regards. On ne comprendrait pas qu’une vestale ne jouisse pas du spectacle comme tout le monde. Les dents serrées, Octavia doit supporter les cris de la foule, les coups de gueule et les bruits de chairs déchiquetées. Son cœur bat fort dans ses tempes. Elle a la nausée.
Et puis tout à coup, c’est le silence.
La foule s’est tue, déçue. Elle n’en a pas eu pour son argent. Elle voulait plus de spectacle. Mais tout est allé trop vite. Les chrétiens ne se sont pas débattus. Ils n’ont pas cherché à s’enfuir, n’ont même pas crié. Les lions ont fait leur ouvrage mais sans éclat. Vite repus de tout ce sang, ils se sont rapidement désintéressés de leurs proies.
– C’est fini, lâche simplement la vestale la plus âgée. Allons-y.
D’un signe de la tête, elle fait signe aux licteurs 1 qui les accompagnent de leur ouvrir la marche.
Octavia quitte le Colisée sans un regard pour le centre de l’arène. Elle en est incapable. Pâle comme la mort, elle a le cœur au bord des lèvres et n’a qu’une hâte, rejoindre sa chambre dans la maison des vestales à quelques mètres seulement de la grande arène. C’est la première fois qu’elle assiste à ce genre de spectacle. Elle se fait la promesse que c’est aussi la dernière…
I DE NUIT
Six mois plus tard.
La nuit est d’un noir d’encre.
Toute la journée, il a fait un temps épouvantable à Rome. Les nuages gris et bas semblaient vouloir étouffer la ville, la privant de lumière. La pluie est tombée dru sans discontinuer. Le vent a soufflé, parfois très fort, et les superstitieux ont vu là un signe de mauvais augure. La plupart des Romains ont préféré rester chez eux, à l’abri. Les quelques courageux qui se sont aventurés dehors sont rentrés depuis longtemps déjà et se sont couchés tôt. Rome se terre et fait le dos rond pour laisser passer la tempête.
Il n’y a que les bandits et les voleurs qui se réjouissent de ce temps apocalyptique. Pour eux, c’est une nuit à traîner dans les rues et à commettre des exactions. Le vent couvre le bruit de leurs forfaits et la pénombre dissimule leurs mauvaises actions. Ils peuvent agir en toute impunité sans craindre la police romaine qui patrouille malgré tout mais n’a presque aucune visibilité.
Pour Rome, la nuit s’annonce longue et dangereuse…
Le forum romain est désert lui aussi. Aucun passant ne s’y est attardé alors qu’il reste toujours d’habitude quelques anonymes à traîner entre les temples, même au cœur de la nuit. Les monuments sont fermés et vides. Pas un bruit ne vient troubler le silence hormis le souffle du vent qui s’engouffre entre les colonnades et balaye la place en sifflant.
Même la porte du temple de Vesta a été fermée pour éviter que le vent n’éteigne la flamme du feu perpétuel entretenu par les vestales. Ces femmes consacrées à la déesse s’assurent qu’il ne cesse jamais de brûler. Il est le signe que Vesta veille sur la ville et protège l’Empire. Si le feu venait à s’éteindre, par inadvertance ou à cause de l’insouciance de l’une des vestales, de grands malheurs risqueraient de s’abattre sur la cité.
Rome ressemble à une ville morte et pourtant, deux ombres progressent d’un pas rapide le long de la Via Nova qui borde un côté de la maison des vestales. Soudain, une bourrasque rageuse s’engouffre dans la large avenue. Sur son passage, elle arrache la lourde cape qui recouvre la tête d’une jeune fille, dévoilant l’éclat immaculé de son voile de vestale. Aussitôt, l’autre silhouette rabat le pan de tissu sombre sur son visage et pousse la fragile vestale le long du mur de la maison, la dissimulant de toute sa hauteur. Après un long moment, la silhouette s’écarte prudemment, attrape le bras de la jeune fille et ­l’entraîne derrière elle dans la nuit.

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