La vallée des éléphants
129 pages
Français

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Description

Les diamants perdus des Boers : légende ou réalité ? Lorsque le colonel Baden-Powell rencontre un jeune Boer qui lui confirme leur existence, une véritable chasse au trésor est lancée. Environ deux siècles plus tard, l’ancien cul de pat’ des Loups, Paulin, fait une surprenante découverte : son ancêtre était ami de Baden-Powell en personne ! Celui-ci lui avait exprimé son souhait qu’un scout arrive tôt ou tard à dénicher ces joyaux, afin de les mettre au service de tous les hommes. Dès lors, Paulin n’a qu’une idée en tête : s’embarquer, à leur suite, pour l’Afrique ! Une opportunité s’offre justement à lui, et c’est entouré de ses amis Loups et Panthères et d’un scout sud-africain, Jan, qu’il se lance sur la piste des diamants perdus. Leur quête ne s’annonce pas de tout repos. L’Afrique est vaste, et les dangers multiples. Parviendront-ils à résoudre l’énigme de cette chasse au trésor, à recouper les informations nécessaires ? Entre les animaux sauvages et cette ombre qui semble s’intéresser de près à leurs découvertes, les scouts et guides vont de nouveau vivre une aventure haute en couleurs !


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 02 octobre 2020
Nombre de lectures 3
EAN13 9782728930241
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0019€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières Chapitre 1 – Les diamants perdus Chapitre 2 – Grand jeu, grand froid Chapitre 3 – Un ancêtre en Afrique Chapitre 4 – Journal africain Chapitre 5 – Les rois d’Angleterre Chapitre 6 – Une très, très bonne idée Chapitre 7 – La tour des livres Chapitre 8 – Trois Guépards Chapitre 9 – Robben Island Chapitre 10 – Sur le pont Chapitre 11 – Le Loup est en chasse Chapitre 12 – Un visage derrière la fenêtre Chapitre 13 – Aide-toi et le ciel t’aidera Chapitre 14 – Signes de piste Chapitre 15 – La nuit, les lionnes Chapitre 16 – Cris d’angoisse Chapitre 17 – Red Lake Reserve Chapitre 18 – Seuls dans l’hôtel Chapitre 19 – Une vaste zone Chapitre 20 – Devant les flammes Chapitre 21 – Le lac rouge Chapitre 22 – Fin de piste Chapitre 23 – Le journal de Christiaan Chapitre 24 – Trahison Chapitre 25 – Panne d’électricité Chapitre 26 – Comme à Mafeking Chapitre 27 – Des animaux dans l’hôtel Chapitre 28 – De redoutables ennemis Chapitre 29 – Sacrifice Chapitre 30 – Face aux félins Chapitre 31 – L’éléphant fou furieux Chapitre 32 – Asimbonanga Un dernier mot Notes
Points de repère Cover Title Page Dedication Epigraph Afterword Footnotes Copyright Page Corps de texte
À Baptiste et Pauline.
« Le bonheur ne vient pas à ceux qui l’attendent assis. »
Robert Baden-Powell, fondateur du scoutisme

« Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. »
Nelson Mandela
Chapitre 1 Les diamants perdus
Afrique du Sud, Mafeking, 1899.

L’obus explose au milieu de la place.
Planté devant un bâtiment criblé d’éclats, vestiges d’un précédent pilonnage, le colonel Robert Baden-Powell grimace, car le fracas est assourdissant, mais ne bronche pas. Il se doit de donner l’exemple, ne jamais montrer sa peur mais, au contraire, sourire dans les difficultés.
Le moral des troupes et des habitants est fondamental quand on est assiégé par des soldats cinq fois plus nombreux que les vôtres.
Un tourbillon de poussière vient agiter son uniforme beige. Robert ferme les yeux puis, une fois la bourrasque passée, ôte son chapeau quatre bosses pour l’épousseter.
Ce couvre-chef, il y tient autant qu’à sa moustache. Il le protège de la pluie, de la poussière et de la chaude lumière africaine, teintée de jaune et d’orange, qui tombe souvent à la verticale. Elle n’a rien à voir avec celle, plus grise, voilée, parfois argentée, de son pays natal, l’Angleterre.
Il aimerait faire découvrir à d’autres ce chapeau bien pratique.
L’explosion ne l’a pas surpris. Comme chaque habitant de Mafeking, il a entendu sonner la cloche annonçant le bombardement. Les cadets, des adolescents âgés de douze à seize ans, non combattants, sont chargés de surveiller le Creakly, surnom donné à la plus grosse pièce d’artillerie de l’ennemi pointée sur la ville. Pas moins de seize bœufs sont nécessaires pour tracter ce gigantesque canon de 155 millimètres.
– Warner est en retard, j’espère qu’il ne lui est rien arrivé, remarque-t-il.
Depuis qu’il a été nommé chef des cadets, Warner Goodyear a toujours été ponctuel. C’est un garçon de treize ans débrouillard, sérieux, sur qui Robert sait pouvoir compter. Il s’est attaché à cet adolescent volontaire, capable de foncer sur sa bicyclette, tel un cavalier héroïque, jusqu’aux lointaines tranchées, malgré les balles perdues et les obus.
– Il est malin, il sait sauter dans un trou quand il le faut, tente de le rassurer Lord Edward Cecil, l’adjoint de Robert qui supervise le corps des cadets.
– À cet âge, on est parfois imprudent, marmonne le colonel.
Voilà six semaines que les Boers, ces fermiers blancs d’origine hollandaise, allemande ou française, installés depuis longtemps en Afrique du Sud, encerclent la petite ville de Mafeking, une place forte stratégique, indispensable à la logistique de l’armée anglaise.
Baden-Powell tient à son chapeau, mais il n’y a rien de plus précieux pour lui que la vie de ses hommes et de ces garçons non armés, non combattants, mais qui rendent des services inestimables aux troupes encerclées. Ils surveillent l’ennemi, transmettent des messages avec entrain, rendent visite aux sentinelles cachées dans les tranchées et les fortins qui protègent Mafeking, de jour comme de nuit.
En bon officier anglais, Robert a appris à camoufler ses émotions derrière son flegme ou, parfois, derrière le masque du clown, quand il s’amuse à faire le pitre sur scène – et il adore encore s’y mettre, surtout quand il s’agit de remonter le moral des assiégés.
Il a bien du mal, cependant, à rester impassible quand un jeune cycliste apparaît en bonne santé à l’autre extrémité de la place.
Tête dans le guidon, jetant un regard furtif de temps à autre vers le ciel, Warner Goodyear fonce vers les officiers.
À quelques mètres de ces derniers, il saute de la selle, tout en couchant son vélo à ses pieds, tel un cow-boy de rodéo, et se dresse au garde-à-vous devant les deux officiers.
– On a un blessé ! s’écrie-t-il.
Malgré son timbre de voix juvénile, son visage encore un peu enfantin, on sent un caractère bien trempé sous sa peau bronzée par le soleil d’Afrique. Ses yeux clairs semblent scruter le moindre détail. Un regard électrique mais aussi plein de sang-froid. Repérer, anticiper, agir. C’est ce que le colonel a tenté de lui expliquer. Warner a compris sur-le-champ, comme s’il n’attendait que cette mission.
Si tous les adultes se comportaient comme ce garçon, la planète tournerait plus rond , estime Robert Baden-Powell. Il aimerait disposer de plus de temps pour songer à cela. Ne pourrait-on pas imaginer un mouvement capable d’utiliser cette énergie, cette bonne volonté pour tenter d’améliorer le monde ?
– Quoi ? Qui ? s’étrangle Lord Cecil, dont le visage est devenu plus blanc que la poussière sur la place.
– Pas l’un de nous, souffle l’adolescent. Un ennemi !
– Un Boer ? intervient Robert, intéressé.
– Un Boer. On l’a trouvé dans une de nos tranchées. Il a dit qu’il s’était perdu. Les siens lui ont tiré dessus.
Baden-Powell lisse sa moustache.
– Perdu ? Il n’est pas dans l’armée de Botha ?
Comme Warner et Lord Cecil le savent, Botha dirige depuis peu les forces qui assaillent Mafeking.
– Non, il a affirmé qu’il espérait retrouver ici le Lion du Transvaal. Il a des informations importantes à lui communiquer.
– Il t’en a dit un peu plus ?
– Il a parlé de diamants perdus. Il a dit qu’il était en mission secrète. Ensuite, il s’est évanoui. Il a reçu deux balles, il souffre.
Robert fronce les sourcils. Qui est cet homme ? Ne sait-il pas que le général Piet Cronjé, dit le Lion du Transvaal, n’est plus à Mafeking, dont il a confié le siège à son fidèle officier Louis Botha ?
Cependant, ces diamants perdus, le colonel anglais en a entendu parler. Comme beaucoup de monde dans cette partie de l’Afrique. Il a enquêté en vain pour tenter d’en savoir plus. C’est une légende tenace, et Robert sait que bon nombre de légendes s’appuient sur une part de vérité.
Durant la première moitié du dix-neuvième siècle, les Boers, qui fuyaient les Anglais remontant depuis le sud, ont pris la route vers le Transvaal et l’État libre d’Orange, deux régions d’Afrique australe 1 , avec toutes leurs richesses. Pour tenter de dénicher de nouvelles terres, loin des Britanniques, ils ont quitté les côtes du Cap afin de gagner le cœur du pays. On a appelé cet exode le Grand Trek.
Certains murmurent que des chariots contenaient des coffres emplis d’or et de diamants. Tout ce que les Boers avaient pu emporter pour ne pas le laisser aux Anglais, qu’ils considéraient comme des envahisseurs.
– Emmène-moi près de lui, ordonne Robert au jeune Warner.
– Colonel ? C’est imprudent ! se récrie Lord Cecil.
– Ne rien faire est imprudent, réplique Robert, qui pousse déjà Warner vers sa bicyclette.
Un nouvel obus explose dans un quartier voisin. Robert et Warner ne prêtent pas la moindre attention au nuage de fumée qui s’élève au-dessus des toits.
Edward Cecil soupire et secoue la tête, consterné. Robert a beau être un pilier de l’armée britannique dans le Transvaal avec une ville assiégée et affamée sur les bras, il a gardé ­l’enthousiasme – et la témérité – de ses quinze ans.
Dans sa tête, c’est encore un cadet, mais avec l’expérience et le recul propres à un homme de quarante-deux ans. Edward Cecil l’imagine à la tête de milliers de jeunes gens, plus tard, après la guerre. Jusqu’où Robert Baden-Powell ira-t-il ? Il ne se contentera pas des cadets de Mafeking, Lord Cecil en est persuadé.

Robert a donné ses ordres. L’homme a été transporté, alité, soigné dans une maison confortable de Mafeking. Un homme qui n’est pas capable de traiter avec respect un ennemi blessé n’est qu’une bête, c’est ce dont Baden-Powell est convaincu.
La victime se prénomme Paul, comme le président Kruger, qui dirige la rébellion des Boers – un homme austère que Baden-Powell a déjà rencontré lors d’une visite à Prétoria, avant la guerre.
Mais ce combattant souffrant n’a pas l’air austère. C’est un jeune Boer, comme Baden-Powell en a connu beaucoup quand il a arpenté le Comté d’Orange et la république du Transvaal, quelques années plus tôt.
En réalité, il a joué le rôle d’espion, ce qui lui a d’ailleurs beaucoup plu. Il a apprécié ces hommes simples, croyants, attachés à leurs terres. Des travailleurs solides, honnêtes. On ne doit pas haïr ses ennemis, le colonel en est convaincu. C’est même souvent une erreur, car il faut connaître un adversaire pour le battre, et il est difficile de comprendre un adversaire que l’on déteste.
Parfois, Robert se sent plus proche de ces pauvres fermiers, ainsi que de ses amis zoulous, que des bourgeois et des hauts gradés pincés de son pays. Ah, si les peuples d’Afrique australe pouvaient un jour s’entendre pour bâtir une nation respectant chaque peuple, ils fonderaient un pays magnifique que le monde entier envierait !
Le jeune Boer est grièvement blessé. Une balle lui a percé le ventre et une autre a brisé sa clavicule gauche. Il transpire et délire sur sa couche. Il n’est pas bien vieux. Dix-neuf, vingt ans peut-être.
– Où suis-je ? demande-t-il avec des yeux ronds, globuleux.
– À Mafeking, répond Robert d’une voix calme, qu’il espère rassurante.
Les sourcils du blessé se froncent. Il semble délirer.
– Vous êtes le général Cronjé ? Le Lion du Transvaal ?
– Non, son adversaire. Je commande les assiégés. Colonel Baden-Powell, pour vous servir. Vous avez été recueilli par des Anglais.
Robert, même si une fausse information lui serait bien utile, tient à dire la vérité. Le bluff d’accord, mais pas le mensonge.
Le blessé soupire. Ses yeux roulent dans ses orbites.
– Pauvre de moi !
– Les balles qui vous ont touché n’étaient pas les nôtres, monsieur. Je vous en donne ma parole.
– Vous m’avez soigné ?
– C’est la moindre des choses.
– Pas tout le temps, pas partout. Certains chefs de guerre sont impitoyables.
– Ce sont des seigneurs de guerre, pas des chefs.
Le jeune homme lui lance un regard brûlant.
– Nous allons perdre, n’est-ce pas ?
Robert Baden-Powell hausse les épaules.
– Mon but est de l’emporter mais ma situation est, pour l’instant, désespérée.
– Même si vous perdez Mafeking, vous gagnerez un jour. L’Angleterre est une grande puissance.
– Sans doute. Qu’est-ce que Cronjé vous a demandé de trouver ? Les diamants perdus des Boers ?
Le jeune Paul soupire.
– Ah ! vous aussi, vous rêvez de richesses…
– Pas pour moi, réplique l’officier. Si ces diamants étaient retrouvés, je veillerais à ce qu’ils profitent à tous, dans ce pays.
Les yeux de Paul s’écarquillent.
– Ce qui est incroyable, c’est que vous ne mentez pas, souffle-t-il, je le lis dans vos yeux. Ces diamants, je ne les ai pas retrouvés, mais ils existent. Les Boers les ont emportés durant le Grand Trek et les ont cachés quelque part ici, dans le Transvaal.
– Vous êtes certain de ce que vous dites ?
– Le Lion du Transvaal et le président Kruger me l’ont assuré en personne. Cronjé veut les retrouver, ce qui serait fort utile pour gagner la guerre. Il m’a missionné pour ça. Mais je me suis égaré en arrivant à Mafeking – la ville a bien changé, je ne m’attendais pas à de telles défenses. Les miens ont dû me prendre pour l’un des vôtres. Je n’y suis pas arrivé, mais je vous souhaite bonne chance pour les retrouver.
– Vous avez un indice ?
Paul halète, à bout de souffle.
– Vous m’avez soigné, les miens m’ont tué, je vous le dois bien.
Robert prend la main du jeune homme dans la sienne.
– Vous n’êtes pas encore mort, monsieur.
– Je sens la vie qui s’en va. La vallée des éléphants, monsieur !
– Les éléphants ?
– Suivez les traces des éléphants, suivez la vallée, et vous trouverez les diamants.
Épuisé, le jeune Boer bascule dans l’inconscience.
Robert se redresse. Warner observe la scène avec un air subjugué.
– Veille sur lui, tu veux bien ? lui demande le colonel d’une voix douce. Tiens-lui compagnie, car il a bien mérité la présence d’un garçon comme toi à ses côtés au moment de quitter la Terre.
Warner hoche la tête avec gravité. Il est des missions plus difficiles que des courses à bicyclette sous le sifflement des obus.
Dans la nuit, l’infection gagne du terrain dans le corps du pauvre Paul.
Elle remonte dans ses veines jusqu’à son cœur.
Inconscient, il décède au petit matin, alors que les cloches annoncent, à Mafeking, un nouveau bombardement.
Chapitre 2 Grand jeu, grand froid
Environs de Château-Bernard, cinq mois après le camp d’été dans la Beauce 2 .

– Je pense qu’en longeant la rivière par le nord, on doit pouvoir contourner leur camp et les prendre par surprise, annonça la voix claire de Paulin.
L’adolescent, bientôt treize ans, plissa les yeux au sommet du coteau sur lequel il était posté. La forêt s’étendait à ses pieds. Au cœur de l’hiver, les conifères et les houx formaient des îlots de verdure au milieu des branches tordues et ­dénudées des feuillus.
Un nuage de vapeur s’éleva devant le visage du garçon et passa au-dessus de ses cheveux blonds coupés court.
Paulin avait grandi de quelques centimètres depuis le dernier camp. Il se jugeait cependant encore trop petit, trop fluet. Ses jambes minces, protégées par un simple short et des chaussettes de laine, tremblaient dans l’air glacial.
Au moins, il savait utiliser une carte et une boussole… Enfin, si ses doigts rougis par le froid parvenaient encore à les manipuler. Il souffla dessus pour les réchauffer.
– Pourquoi veux-tu les contourner ? s’étonna Gabriel, quinze ans, second de la patrouille 3 du Loup.
Le garçon avait, de son côté, bien changé au cours des derniers mois : il avalait moins de sucreries et son corps s’était affiné, musclé.
– Parce qu’ils savent d’où l’on vient.

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