Le président ne peut pas être un imbécile
37 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Le président ne peut pas être un imbécile , livre ebook

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
37 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Toujours à l'affût d'un scoop, c'est avec empressement qu'Arthur se fait l'écho sur son célèbre site, Trop-pas.com, d'un nouveau scandale qui frappe son collège : les biens de l'association la plus populaire de la ville ont disparu ! Arthur est bien décidé à mener l'enquête mais avant, il faut vite élire un nouveau président pour l'association. Or entre séries télévisées et jeux vidéos, ses camarades n'ont pas l'air très motivés. Jamais à cours d'idées, Arthur va bientôt trouver un moyen très original pour les intéresser, impliquant la télévision et même, le futur président de la République !
Après "Les filles sont bêtes, les garçons sont idiots", la deuxième enquête spectaculaire d'Arthur, le plus jeune détective connu.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 11 juillet 2012
Nombre de lectures 0
EAN13 9782363150806
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Le président ne peut pas être un imbécile
Vincent Ravalec
ISBN 978-2-36315-190-2

Juillet 2012
Storylab Editions
30 rue Lamarck, 75018 Paris
www.storylab.fr
Les ditions StoryLab proposent des fictions et des documents d'actualit lire en moins d'une heure sur smartphones, tablettes et liseuses. Des formats courts et in dits pour un nouveau plaisir de lire.

Table des mati res

Une baisse de fréquentation
D'inquiétantes disparitions
Les soupçons se confirment
La sentence d’un condamné
Des élections !
Une tournée un peu décevante
En campagne
En direct
Une soirée hot
Des réponses à des questions
Épilogue
Biographie
Dans la m me collection
Une baisse de fréquentation
Je ne sais pas, ô mes frères et mes sœurs, si vous aviez suivi ma grande enquête concernant les filles et les garçons, au cours de laquelle j'avais rencontré Violette, une jeune fille douée de voyance et présentement ma dulcinée.
Je suppose que non et qu'il vaut mieux que je vous explique comment, grâce à un site Internet que j'avais créé pour la circonstance, Trop-pas.com , je m'étais lancé dans un grand dossier impartial sur le pourquoi de l'attraction filles/garçons.
Pour cela, je m'étais livré à l'exercice dangereux de l'enquête in vivo, n'hésitant pas à prendre une nouvelle identité, celle d'Honoré, personnage inventé de toutes pièces.
J'avais ainsi découvert qu'il devait exister un système d'électroaimants mettant en jeu les parties subtiles de notre être et nous rendant réciproquement attirés les uns par les autres.
Hypothèse que j'avais longuement testée avec Violette, après l'avoir abordée dans un bus dans le cadre de mes recherches.
Ce qui nous avait conduits, après quelques péripéties, à nous embrasser fougueusement.
Les résultats de cette enquête avaient été publiés sur le site, qui avait connu ainsi un démarrage foudroyant.
Malheureusement, certainement de part l'aspect trop technique de nos découvertes, et après un engouement prometteur, la fréquentation de Trop-pas.com, le site qui vous explique par A+B comment les filles embrassent les garçons , avait baissé.
J'étais donc, moi, Arthur – alias Honoré lorsque le besoin du journalisme s'en faisait sentir –, créateur de Webzine à destination des collèges éclairés de France et de Navarre, confronté à ce que tout entrepreneur médiatique connaît un jour ou l'autre : une désaffection du public.
« Tu es sûr ? m'avait demandé Violette, alors que je lui faisais part de ce tracas. C'est peut-être juste que les gens surfent ailleurs à cause des élections à venir ?
– Non. Je crois plutôt que tout le monde s'en fiche de savoir que l'attraction des corps est inversement proportionnelle à leur masse et que l'adjonction d'un chewing-gum à la fraise potentialise les effets secondaires du baiser. Nos internautes sont à l'affût d'informations plus concrètes, en rapport avec leur quotidien. »

Il nous fallait donc réagir sous peine de voir Trop-pas.com, le site qui doit vous captiver quelles que soient les circonstances , tomber en désuétude. J'en étais à me creuser la tête pour savoir quoi raconter et quel lapin sortir de mon chapeau quand le dieu des Webmen m'apparut et me délivra son message. Preuve si besoin en était que ma cause était juste et qu'il n'était pas contre le fait de me donner un petit coup de pouce.
Comment m'apparut-il ? vous demandez-vous.
Eh bien, assez simplement. Alors que je baguenaudais en rentrant des cours un après-midi, j'entendis la mère de Francine qui discutait avec celle de Matilda à propos d'une disparition de bocal à tortues.
« Je crois que l'on devrait porter plainte, disait la première.
– C'est un véritable scandale, renchérissait la deuxième. Je suis sûre que du temps de Mme Platchaud rien de tout cela ne serait arrivé.
– Oui, c'est bien triste de voir ce qu’est devenue l'AGEODMA ».

Là, ô mes frères, mon oreille avisée de renard agile se tendit instantanément.
L'AGEODMA était victime d'un scandale ! Voilà qui était susceptible de faire les choux gras de Trop-pas.com, le site qui ne perd jamais l'occasion de balancer un scoop .

Qu'est-ce donc que l'AGEODMA ?
Ô mes frères, votre question m'indique sans aucun doute que vous n’êtes pas de notre quartier, sans quoi vous sauriez sans l'ombre d'une hésitation que l'AGEODMA n'est autre que l'Association pour la Gestion des Êtres et des Objets tombés en Désuétude suite à une Mutation Adolescente. Qu'elle a pour mission de récolter d'abord et de redistribuer ensuite, tout ce que de jeunes êtres auraient pu accumuler pendant la première partie de leur courte existence (nounours, trottinette, petits soldats, poissons rouges, etc.) et dont ils se seraient, pour cause de grandissement, lassés.
Rien ne se perd, tout se transforme ou se recycle, telle était la devise de l'AGEODMA.
Créé à l'initiative de Mme Platchaud, cet organisme avait, pendant plusieurs décennies, concouru à donner aux habitants de ce district un accès à des choses auxquelles ils n'auraient même pas songé (pour les Receveurs) ; et surtout, surtout, ce qui n'avait pas de prix, il avait permis à de nombreuses personnes de se défaire (pour les donneurs), sans risquer ni remords ni mauvaise conscience, qui d'un vieux matou devenu gênant, qui d'une paire de patins à roulettes trop petite, qui d'une antique Gameboy. Et ce tout en sachant que, grâce à l'AGEODMA, ceci atterrirait dans de bonnes mains et que le matou serait choyé, que la Gameboy serait préservée d'un abandon dans un placard et que les patins à roulettes seraient encore régulièrement de sortie et ne se morfondraient pas dans une cave.
Vous imaginez facilement le soulagement que cela générait.
Les ados pouvaient s'endormir le cœur léger sans entendre les cris déchirants de leurs malheureuses peluches abandonnées dans un recoin sombre et humide.
Les parents pouvaient aborder avec le sourire la question épineuse de la disparition de Norbert, la petite souris blanche si mignonne qui faisait des crottes partout.
Au fil des années, cette initiative d'intérêt général avait connu un succès grandissant, à tel point que, pour l'année 2004, on pouvait noter – entre autres– rien moins que 154 petits vélos, 178 patinettes, 240 Gameboys, 408 peluches diverses et variées, 3200 livres jeunesse, 452 DVDs d'animation, 23 hamsters avec leurs cages (et 5 sans) et tellement d'autres choses encore qu'il aurait été impossible de toutes les nommer. Citons quand même également une poule avec ses poussins, un vieil oreiller aux bords mâchouillés, une chèvre, une voiture électrique pour nourrisson, un trampoline et des punching-balls version enfant. Bref, un assemblage hétéroclite ayant fait le bonheur des uns et prêt à faire celui des autres.
Qu'il soit arrivé quelque chose remettant en question le bon fonctionnement de cette institution était tout à fait fâcheux.
C'était aussi exactement le genre d'information sur lequel Trop-pas.com, le site en phase avec vos problématiques quotidiennes , se devait de rebondir.
Immédiatement, je me mis donc en quête de plus amples détails. Ce que je découvris, ô mes frères, fut malheureusement pire que le pire que j'aurais pu imaginer.
Oui, il y avait bien un scandale. L'intégralité des objets confiés à l'AGEODMA semblait s'être volatilisée !
D'inquiétantes disparitions
Dissimulé sous les traits d'Honoré, je suis donc allé rôder dès le lendemain du côté des locaux affectés à l'association. Lorsque j'ai voulu confronter le listing des dons avec ce que contenait la pièce prévue pour le stockage, j'ai malheureusement découvert des placards vides. Ni Gameboy ni patinette, les amis. Quant aux êtres vivants qui auraient dû se trouver dans ce que Mme Platchaud appelait sa « petite ferme », il n'y avait plus personne. Ni poule, ni chèvre. Le bout de terrain vague alloué par la mairie était désert. Seules subsistaient quelques déjections de biques et de vieilles plumes de poules.
Quelques cacas d'ovins et des plumes desséchées ajoutés à des étagères vides, voilà qui était quand même un peu chiche, non ?

Pas besoin d'être paranoïaque pour flairer la catastrophe. Retrouvant Violette à la sortie des cours –nous n'étions pas dans le même collège –, je lui ai fait part de mes découvertes.
« Effectivement, a-t-elle convenu. C'est bizarre. Tu es sûr que le bocal des tortues a été volé ?
– Mes sources sont formelles. Et il n'y a pas que cela. Je n'ai pas encore toutes les informations, mais la petite sœur de Christine Coursedevélo qui, prise de nostalgie, a voulu faire un câlin à son lapin en peluche, n'a étreint qu'un courant d'air.
– Mince, s'est exclamé Violette, horrifiée. Mais c'est terrible !
– Plus que ça, ô ma sœur. Je soupçonne de très graves malversations, et il est temps que Trop-pas.com mette le nez dans cette affaire afin de la tirer au clair. Il ne sera pas dit que les lapins en peluche peuvent disparaître à notre nez et à notre barbe sans réaction de notre part. Vois-tu quelque chose grâce à tes super-pouvoirs ?
– Heu, elle a dit, pas vraiment, juste une espèce d'assemblée, comme un match de boxe, mais c'est pas vraiment un match de boxe, et il y a tout le lycée et les gens crient.
– Voilà qui est troublant, mais ne peut pour l'instant guère faire avancer notre enquête. »

Nous sommes allés chez moi afin de prendre un goûter bien mérité. Que se passait-il exactement à l'AGEODMA ? Et que pouvions-nous faire afin de percer cet effarant mystère ? Interrogeant longuement notre bol de chocolat et une tartine de Nutella, nous nous sommes perdus en conjectures. Fallait-il alerter la police ? Rendre public le scandale ? Violette était plutôt partisane d'attendre un peu afin de s'assurer que quelque chose de louche s'était bien passé. Quant à moi je voulais au contraire ne pas hésiter à aller au fond des choses, voire prêcher un peu le faux pour savoir le vrai. En tout cas me servir de Trop-pas.com, le site qui est une aide précieuse dans les enquêtes difficiles , de façon à livrer à la face du monde abasourdi l'éclaircissement que tout cela méritait. Et là-dessus, comme ma mère arrivait, nous sommes tombés d'accord pour nous séparer et réfléchir à tête reposée.
Car Trop-pas.com, le site qui vous coupe le souffle sans vous laisser le temps d'éternuer , se devait d'être d'une parfaite objectivité.
Rigueur scientifique et nécessaire recul était notre credo.
Il fut quand même convenu que Violette aurait autour d'elle une rapide enquête pour savoir s'il y avait des plaignants. Quant à moi, j'irais farfouiller du côté du personnel compétent pour déceler s'il y avait oui ou non anguille sous roche.

« Et qui est cette jeune fille ? m'a demandé ma mère en arrivant, l'air de ne pas y toucher.

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents