LE Rayonnement de hawking
85 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

LE Rayonnement de hawking , livre ebook

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
85 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Au sommet d’une montagne, quatre jeunes découvrent un message dans une bouteille : « Il y a des monstres. Autour. Partout. Aidez-moi ! »
Une curieuse phrase mathématique termine cet appel à l’aide. Tout paraît étrange et incompréhensible aux adolescents. Mais quand Timéo, après un accident, se retrouve soudainement doté de surprenantes facultés mentales, le décryptage du billet prend une dimension encore plus effrayante.
Qui est l’auteur du message ? Contre quoi veut-il mettre en garde ? Et surtout, quel lien semble-t-il entretenir avec un drame sans précédent survenu des années auparavant ?

Un suspense sur la différence, l’intimidation, l’amitié et… les mystères de la science !
Je reposai les yeux sur le petit bout de papier qu’Aglaé tenait toujours entre ses doigts. Les traits au stylo bleu, tracés d’une main tremblotante, disaient :
« Il y a des monstres. Autour. Partout. Aidez-moi! »
— La première question à se poser, dit Aglaé, est : qui a écrit ce message?
— La deuxième est : de quoi parle-t-il? ajouta Nathaniel.
— La troisième est : devons-nous y croire? complétai-je.
— Et la quatrième : que signifie les chiffres? fit Aglaé en tapotant du bout de l’index la dernière ligne du message. En fait, les chiffres et les lettres. On dirait un code.
« PRIV723=12H53 - VF=18H55 (50/45/4/221) »
— Je commence à me demander toute autre chose… hésita Nathaniel, le regard perdu dans le bleu du ciel d’après-midi.
— Quoi? finit par s’impatienter Aglaé, car notre copain ne poursuivait pas sa pensée.
— Si l’auteur a écrit son message ici, au sommet de la Vieille Femme…
— Alors, quoi?
— Alors, de quels monstres parle-t-il?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 12 mars 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782764437360
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Du même auteur chez Québec Amérique
Ce vide au-dessus de nos têtes , coll. Magellan, 2018.
Le Cavalier de l’Abeille , coll. Magellan, 2017.
La Puanteur des morts , coll. Magellan, 2017.
Nouvelle-Orléans , coll. Magellan, 2016.
• Finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général 2016
• Finaliste au Prix jeunesse des libraires 2017
Série Les Atypiques
Les Atypiques 3 – Le Sortilège de la sorcière , coll. Gulliver, 2016.
Les Atypiques 2 – Le Masque de l’avant-centre , coll. Gulliver, 2016.
Les Atypiques 1 – Ce jour-là, à 7 h 22 , coll. Gulliver, 2015.
• Sélection roman français au Prix Hackmatack – Le Choix des jeunes 2018
Les Forces du désordre , coll. Magellan, 2015.
• 1 re position Palmarès Communication-Jeunesse, 2015-2016, 12-17 ans
• Finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général 2015
• Finaliste au Prix jeunesse des libraires 2015, volet Québec, catégorie 12-17 ans
• Finaliste au Prix de création littéraire de la Ville de Québec 2016
Les Chiens entre eux , coll. Titan +, 2014.
Le Rôle des cochons , coll. Magellan, 2014.


Projet dirigé par Stéphanie Durand, éditrice

Conception graphique et mise en pages : Nathalie Caron
Révision linguistique : Sophie Sainte-Marie et Flore Boucher
En couverture : Photographie de Kar Tr / shutterstock.com
Images à l’intérieur : gipermegatron / shutterstock.com
Conversion en ePub : Marylène Plante-Germain

Québec Amérique
7240, rue Saint-Hubert
Montréal (Québec) Canada H2R 2N1
Téléphone : 514 499-3000, télécopieur : 514 499-3010

Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada.
Nous remercions le Conseil des arts du Canada de son soutien. L’an dernier, le Conseil a investi 157 millions de dollars pour mettre de l’art dans la vie des Canadiennes et des Canadiens de tout le pays.
Nous tenons également à remercier la SODEC pour son appui financier. Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC.



Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Bouchard, Camille, auteur
Le rayonnement de Hawking / Camille Bouchard.
(Titan)
Public cible : Pour les jeunes.
ISBN 978-2-7644-3734-6 (Version imprimée)
ISBN 978-2-7644-3735-3 (PDF)
ISBN 978-2-7644-3736-0 (ePub)
I. Titre. II. Collection : Titan jeunesse.
PS8553.O756R39 2019 jC843’.54 C2018-943022-2 PS9553.O756R39 2019

Dépôt légal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2019
Dépôt légal, Bibliothèque et Archives du Canada, 2019

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés

© Éditions Québec Amérique inc., 2019.
quebec-amerique.com




À Anny Brochu, Mélanie Bourgault, Simon Martel, Dominique Blais, Geneviève Grondin, Jean Jobin, Julie Roger, Robin Bernier, ainsi qu’à tous les enseignants, administrateurs et étudiants de l’école Marcelle-Mallet de Lévis.


Personne n’est coupable de ne pas avoir le degré d’intelligence que la nature lui a refusé .
Général Paul Thiébault, Recueil de pensées ; 1805
L’intelligence, cela ne s’apprend pas, cela s’exerce .
Christian Bobin, L’épuisement ; 1994


Prologue
Sept ou huit ans avant l’histoire que je me prépare à vous raconter, à mon école de Pierrefendre, sur la Côte-Nord, un étudiant s’était suicidé. Il s’appelait Lucas Dupire.
Un nom de famille prédestiné.
Il avait déposé son vélo sur le bord de la route, là où il y a une courbe serrée, et avait attendu l’autobus desservant la ville de Saint-Jean-du-Fleuve. Quand le chauffeur avait aperçu le désespéré, une fraction de seconde avant l’impact, celui-ci le regardait fixement en pleurant.
On avait diagnostiqué un trouble du spectre de l’autisme à l’adolescent, mais celui-ci suivait les classes ordinaires. Apparemment, il avait d’excellentes notes en mathématiques. Pour le reste, cependant, ses résultats étaient très inférieurs à la moyenne. Le garçon étudiait en deuxième secondaire, si je me rappelle bien.
Il avait été victime des connards de service qui cherchaient un original à qui s’en prendre. On se moquait beaucoup de lui parce qu’il avait la faculté étrange de donner l’heure à la minute près sans avoir à regarder une horloge. C’était un don pour le moins inusité. Pour lui, la mort devint la seule issue à son drame intérieur. Je ne connais pas les détails, car, lorsque j’entrepris moi-même le secondaire, ce malheur datait déjà. Tous les jeunes qui fréquentaient mon école, au moment de la tragédie, étaient maintenant au cégep ou ailleurs.
Après ces événements, la direction révisa de fond en comble ses politiques en cas de menaces et de harcèlement. On mit en place des comités de surveillance, des cellules de crise, des canaux d’intervention rapides et efficaces.
Et afin de rendre le programme encore plus performant, on eut même l’idée d’impliquer les étudiants dans les comités de prévention. C’est pourquoi, encore aujourd’hui, les adolescents de tous les niveaux parrainent des jeunes qui risquent l’intimidation. Notre école est même devenue une référence en matière de lutte contre ce fléau. Elle parraine un programme régional de lutte contre le rejet et accueille des élèves de tout le comté prédisposés aux moqueries, notamment ceux avec une déficience intellectuelle. Ces derniers sont toujours intégrés aux classes ordinaires et apprennent au rythme des élèves du programme normal.
Bref, dans mon école de Pierrefendre, il n’y avait pas eu une seule affaire de harcèlement ou d’intimidation depuis le cas du suicide. Chaque tentative en ce sens avait été étouffée dans l’œuf, soit par une dénonciation, soit par une intervention directe. Preuve que le système était efficace.
Dans mon groupe de deuxième secondaire, cette année-là, parmi les trois adolescents atteints, à divers degrés, de retard intellectuel, on retrouvait Timéo. Deux de mes amis et moi le parrainions, l’aidions dans ses travaux et le protégions, tel qu’il avait été établi par les directives du programme « Non au rejet, oui à tous » – ou NAROAT, pour faire court.
Je ne sais trop de quelle affection souffrait Timéo : autisme, schizotruc, syndrome de machin, je l’ignore. Il était reconnu « déficient léger », c’est tout. Cependant, ce qui lui arriva à la fin de notre année scolaire fut si déconcertant, si incroyable, si ahurissant que nombre de gens pensèrent que mes camarades et moi avions monté toute cette histoire.
Et pourtant…

PREMIÈRE PARTIE
LA RANDONNÉE


CHAPITRE 1
La "Vieille Femme"
Tout commença un vendredi soir de la mi-juin, juste avant la dernière semaine d’école. La météo annonçait du soleil horizon à horizon, du bleu, du vert, des fleurs, des oiseaux et du pollen. Tout pour nous inviter dehors et pour oublier l’école un moment. Dès le lundi suivant, nous entreprendrions les derniers examens de fin d’année, alors le stress se faisait sentir.
Ce fut Aglaé qui proposa l’escapade.
— Je veux aller faire de la photo au sommet de la « Vieille Femme », mais ma mère ne me laissera jamais y aller seule.
La Vieille Femme est le nom du pic le plus important des collines Kuhkum – un mot innu qui signifie justement « grand-mère » ou « femme d’un certain âge ». On dit que l’appellation vient de la forme de la cime, mais, personnellement, je n’ai jamais rien constaté qui ressemblait de près ou de loin à une femme, vieille ou jeune.
— Les sentiers de randonnées doivent être encore pas mal détrempés, répliquai-je. Surtout les creux de la partie boisée sur le flanc nord. C’est ainsi jusqu’à la fin juin.
— Tu as peur de mouiller tes petits pieds, mon Léandre ?
Celui qui venait de se moquer de moi était mon copain Nathaniel. En guise de riposte, je lui donnai un léger coup de poing sur l’épaule.
Nathaniel et moi sommes nés le même jour et, à la blague, on nous appelait les « jumeaux ». Surnom approprié, surtout que nous étions toujours ensemble. Mais nous étions loin de nous ressembler physiquement. J’étais plutôt de taille moyenne, pas très musclé, cheveux châtain blond, yeux noisette, visage rond sans beaucoup d’attraits… Nathaniel, au contraire, était déjà plus grand que certains profs, avait les épaules larges, une belle bouille carrée, des iris verts et une épaisse tignasse noire et brillante. Ce qui nous rassemblait était notre goût commun pour les sciences, en général, et notre indifférence aux sports, quels qu’ils soient.
— Allez, Léandre ! insista Aglaé. Ce serait chouette. J’aimerais photographier la vallée d’en haut, et surtout la rivière.
Notre amie adorait faire de la photo. Elle possédait un appareil très performant, doté d’un objectif qui me paraissait gros comme un bras. Lorsqu’elle portait son équipement à son cou, j’avais l’impression que son corps était tiré vers l’avant.
— Si j’emporte mon téléphone, annonça Nathaniel, mon père pourra me contacter en tout temps. Alors il sera d’accord pour que je parte sans adultes.
— C’est exactement la recommandation de mes parents, répliqua Aglaé en frappant dans la paume de mon « jumeau ». Je devrai les appeler à des étapes précises de notre ascension. De plus, j’ai l’autorisation de passer la nuit là-bas.
— La… la nuit ? balbutiai-je.
— Bah oui ! riposta aussitôt Aglaé qui avait prévu ma réticence. Au lieu de se taper l’aller-retour dans la même journée, on apportera une tente pour dormir au sommet. Comme ça, le soir, Nathaniel et toi pourrez observer les étoiles, et moi, au matin, je pourrai photographier le lever de soleil sur la rivière.
— Ça me convient ! approuva rapidement Nathaniel.
Notre copine me regarda en soulevant ses sourcils plusieurs fois de suite, avec une expression signifiant : « Alors, Léandre, tu nous accompagnes, oui ou non ? »
Aglaé avait treize ans et était l’une des plus jolies filles de l’école. D’origine haïtienne, elle avait une peau d’un marron magnifique et de lourds cheveux bouclés. Elle était grande, athlétique, joviale, brillante… enfin, tout ce qui pouvait retenir l’attention d’un garçon le moindrement disposé à une amourette. Et je pensais bien être de ceux-là.
Je ne connaissais pas les sentiments de Nathaniel à l’égard de notre amie commune – c’était l’un des rares sujets que nous n’osions pas aborder lors de nos confidences –, mais je n’avais aucune intention de le laisser partir seul en expédition avec elle.
— D’accord, je vous accompagne.
Je crois que ce qui nous retenait, Nathaniel et moi, d’avouer notre flamme à Aglaé, était la peur de perdre l’amitié de l’autre. À quelques reprises, nous avions été témoins de scénarios de ce genre lorsque deux de nos camarades convoitaient la même fille : le premier à se déclarer éloignait automatiquement son meilleur copain. C’était poche. Sans compter que, souvent, les amourettes ne survivaient guère plus de quelques semaines, tandis que les rancunes, elles, perduraient.
Une seconde raison qui nous retenait de conter fleurette à Aglaé était que notre amie s’avérait plutôt difficile d’approche. Rien ne transparaissait jamais de ses véritables sentiments. Il était impossible de prévoir comment elle réagirait à une sincère, mais inattendue déclaration d’amour.
En février dernier, tandis qu’elle se trouvait à son casier, un étudiant de quatrième secondaire l’avait appelée la « Barbie noire ». Je ne pense pas que le gars cherchait à provoquer l’adolescente ni à faire rire ses amis. Je crois que, de façon maladroite, il s’ingéniait simplement à lui adresser un compliment. Aglaé s’était tournée vers l’impertinent et, sans une seconde d’hésitation, lui avait mis son poing dans la figure. Vraiment comme ça : paf ! Pour un peu, elle lui aurait cassé le nez.
Plus personne n’osa utiliser le sobriquet.
— J’ai pensé demander à Timéo de nous accompagner, déclara Aglaé en faisant mine de s’intéresser à ses ongles.
Nathaniel et moi échangeâmes un regard inquiet.
— Timéo ? s’exclama mon copain en fixant l’adolescente.
— Notre filleul déficient ? ajoutai-je.
— Tu connais un autre Timéo, toi ? se moqua Aglaé. Nous sommes responsables de son sentiment d’appartenance. Ça ne se limite pas à l’école. Je pense que c’est primordial de l’intégrer aussi dans nos activités de fins de semaine.
— Mais je…
— Mais nous…
— Je savais que vous seriez d’accord. Vous n’êtes pas mes amis pour rien. J’appelle tout de suite ses parents.

CHAPITRE 2
Timéo
Timéo, à quinze ans, était de vingt-huit mois plus âgé que nous. C’était un garçon souriant, docile, au caractère égal, surtout en compagnie de mes deux amis et moi. Il était parfois volubile, notamment quand il était content, et sa voix forte portait loin… même quand il murmurait.
En situation de stress, toutefois, il pouvait réagir de manière excessive. Il se jetait alors par terre en hurlant et en pleurant, enfermé dans son monde intérieur, sourd aux aidants qui l’entouraient. À ces moments-là, il fallait beaucoup de doigté et de paroles gentilles pour le ramener à la raison.
— Merci, merci, merci, merci, merci, merci !
— Ça va, avance, Timéo ! Sinon je vais te marcher sur les talons.
Il me précédait dans la montée de l’ancien sentier qui menait au sommet de la Vieille Femme. Nathaniel grimpait devant lui et Aglaé ouvrait le chemin. Je fermais la marche.
— Merci, merci, merci, merci, merci, merci ! insista notre protégé en reprenant sa foulée, mais le corps à demi-tourné vers moi, au risque de recevoir une branche derrière la tête.
Sa grosse tignasse rousse brillait au soleil chaque fois qu’un rayon lumineux s’échappait par une trouée de feuillage. Timéo était grassouillet, avec des poignets, des cuisses et des pieds énormes. Son ventre aussi paraissait imposant, mais l’effet était amplifié par sa poitrine plutôt creuse et ses épaules étroites.
— Mes parents n’aiment pas marcher. Mes parents ne sont jamais venus ici. Je suis content, content, content, content, content, content, content… Merci, merci, merci, merci, merci !
— Avance, Timéo.
Il me gratifia d’un large sourire, mais sans montrer les dents. Ses yeux plissés étaient réduits à deux simples fentes. L’espace d’une seconde, il ressembla à une émoticône géante. L’image me fit rire en retour. Finalement, j’étais bien content, content, content, moi aussi, qu’il nous accompagne dans cette excursion. Ça lui faisait réellement plaisir.
Le sentier n’avait visiblement pas été emprunté depuis l’été précédent. Peut-être même depuis plus longtemps. À part une ancienne piste de chevreuil ici et deux ou trois empreintes de coyotes là, dans le sol humide, rien ne semblait avoir perturbé la solitude de la Vieille Femme depuis un bon moment.
Le passage n’était pas balisé et encore moins entretenu. Des branches s’entrecroisaient devant nous en rendant notre progression plus difficile. Les Kuhkum n’intéressaient pas les chasseurs ni les pêcheurs, alors seuls quelques mordus de randonnée, parfois, l’été, s’amusaient à grimper ses flancs abrupts. Et pas toujours du côté de la Vieille Femme.
Le sol était détrempé, mais pas autant que je l’avais craint au départ. J’avais de bonnes bottes de marche qui tenaient leurs promesses, ce qui n’était pas le cas de Timéo. Ce dernier était chaussé de vulgaires souliers de toile. Déjà, je pouvais noter qu’il avait les pieds complètement mouillés.
— Première étape franchie ! déclara Aglaé en avant de notre troupe.
Elle venait d’atteindre la hauteur où la forêt cédait la place à une clairière de pierraille. À ce niveau, on pouvait distinguer le couvert de conifères en contrebas. Certains chemins de rang creusaient des cicatrices à angle droit au milieu des arbres. Cependant, la canopée nous interdisait d’apercevoir la vallée de Pierrefendre et la rivière. Pour cela, il fallait grimper plus loin.
— À cette hauteur, je dois appeler mes parents pour les aviser que tout va bien, dit l’adolescente en exhibant son téléphone intelligent. C’est l’entente que nous avons, sinon il aurait fallu que je sois accompagnée de vingt-cinq adultes, minimum.
— En ce qui me concerne, haleta Nathaniel en reprenant son souffle, c’est papa qui doit communiquer avec moi régulièrement. Si je ne réponds pas, je vous jure qu’il réussira à convaincre le ministre de la Défense nationale d’envoyer mille hélicoptères à notre recherche.
— Léandre… Psst ! Léandre…
Timéo murmurait à mon oreille à sa façon : c’est-à-dire qu’il restait audible même à quinze mètres de distance. Par réflexe, je reculai d’un pas, mais il s’approcha pour combler l’écart. De l’index, il visait Aglaé qui parlait au cellulaire.
— À l’école, poursuit-il, ils ont dit que l’inventeur du téléphone, c’était Alexander Graham Bell, né en 1847, mort, mort, mort en 1922.
— Euh… oui. Je pense. Je ne me souviens pas des dates exactes, mais… euh…
Timéo avait cette faculté étrange de retenir des détails qui, pour la plupart d’entre nous, paraissaient insignifiants.
— Il y a erreur.
— Dans les dates ?
— Dans le nom.
— Comment ça ?
— S’il s’appelait Bell, pourquoi on dit un « téléphone » et pas un « belléphone » ?

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents