Lucy Maud Montgomery : Écrivaine
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Lucy Maud Montgomery : Écrivaine , livre ebook

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Description

Lucy Maud Montgomery est la première femme
écrivaine reconnue du Canada dont le livre le plus célèbre est Anne... la maison aux pignons verts. Elle est née en 1874 sur l’Île-du-Prince-Édouard. Orpheline de mère dès son plus jeune âge, et à cause de l’absence prolongée de son père parti travailler en Saskatchewan, c’est à Cavendish qu’elle demeura le plus longtemps,
dans la maison de ses grands-parents maternels. À une époque où « les femmes ne pouvaient être écrivains », cette féministe avant l’heure a su faire mentir l’adage et
a publié vingt romans, des nouvelles, de la poésie et de nombreux articles. Encore aujourd’hui, ses oeuvres sont lues dans le monde entier.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 11 février 2020
Nombre de lectures 2
EAN13 9782924769850
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0350€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

L UCY MAUD MONTGOMERY
É crivaine
L ucy Maud Montgomery
É crivaine
Direction éditoriale : Angèle Delaunois Édition électronique : Hélène Meunier Révision : Arnaud Gros-Burdet Éditrice adjointe : Lucile de Pesloüan

Photo de la couverture : Courtoisie, The LMM Collection, Université de Guelph. Illustrations intérieures : Adeline Lamarre Conversion au format ePub : Studio C1C4

© 2020 : Josée Ouimet et les Éditions de l’Isatis

Dépôt légal : 1 er trimestre 2020 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada

C atalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Ouimet, Josée, 1954- auteur. | Lamarre, Adeline, 1977- illustrateur.
Bonjour l’histoire ; 25.
Mention de collection : Bonjour l’histoire ; 25
Canadiana (livre imprimé) 2019003839X Canadiana (livre numérique) 20190038403 ISBN 9782924769843 (couverture souple) ISBN 9782924769850 (EPUB)
RVM : Montgomery, L. M. (Lucy Maud), 1874-1942. RVM : Romancières canadiennes-anglaises — 20 e siècle — Biographies— Ouvrages pour la jeunesse.
LCC PS8526.O55 Z923 2020 | CDD jC813/.52— dc23
Aucune édition, impression, adaptation ou reproduction de ce livre par quelque procédé que ce soit, ne peut être faite sans l’autorisation écrite des Éditions de l’Isatis inc.
Nous remercions le Conseil des arts du Canada de l’aide accordée à notre programme de publication et la SODEC pour son appui financier en vertu du Programme d’aide aux entreprises du livre et de l’édition spécialisée et du programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres.
Josée Ouimet
L UCY MAUD MONTGOMERY
É crivaine
* Les mots d’époque suivis d’un astérisque sont expliqués dans le glossaire du dossier Lucy Maud Montgomery.
F iche d’activités pédagogiques téléchargeable gratuitement depuis le site www.editionsdelisatis.com
L ’écriture est la meilleure méthode de la culture de l’âme. Lucy Maud Montgomery
AVANT DE COMMENCER L’AVENTURE…

Lucy Maud Montgomery est née le 30 novembre 1874 à Clifton, un petit village qui porte aujourd’hui le nom de New London, à l’Île-du-Prince-Édouard. Orpheline de mère dès son plus jeune âge, et à cause de l’absence prolongée de son père parti travailler en Saskatchewan, c’est à Cavendish qu’elle demeura le plus longtemps, dans la maison de ses grands-parents maternels, les Macneill. Ces derniers ne lui démontrèrent que peu d’affection et lui offrirent une éducation stricte et rigoureuse basée sur les préceptes religieux et moraux. Dans une solitude et un isolement presque constants, Maud laissa voguer son imagination débordante. La lecture et l’écriture devinrent ses principales alliées pour combattre l’ennui.
Très jeune, Maud démontra un réel talent de conteuse et de rédactrice et inventa des histoires qu’elle adorait raconter à ses camarades de classe. À seize ans, alors qu’elle résidait chez son père à Prince Albert, en Saskatchewan, elle écrivit des nouvelles sous des pseudonymes (Maud Cavendish ou Joyce Cavendish) qu’elle publia ensuite dans les journaux locaux avant de les vendre à des magazines.

En 1894, elle étudia au collège Prince of Wales à Charlottetown afin de devenir institutrice. Elle réussit sa formation avec une mention honorifique en une seule année, alors que le programme d’études en comportait deux. Maud enseigna ensuite à Biddeford avant de retourner parfaire ses études en littérature anglaise au Halifax Ladies’ College de Dalhousie mais, contrainte de se trouver un travail, elle quitta ses études, sans diplôme en poche. Cette même année, elle reçut son premier cachet comme écrivaine.
Maud dut se résoudre à retourner enseigner. Elle trouva un emploi à Belmont, où elle ne demeura qu’une année. C’est à Lower Bedeque, petit village où elle trouva un troisième poste d’institutrice, qu’elle vécut une relation romantique et passionnée avec un jeune agriculteur qui mourut en 1899, victime de la grippe. La mort de son grand-père en 1898, l’obligea moralement à retourner vivre à Cavendish pour s’occuper de sa grand-mère. Maud put aussi se consacrer totalement à son métier d’écrivaine. Elle publiait régulièrement des articles et percevait ainsi certaines sommes d’argent qui étaient beaucoup moindres que le salaire d’institutrice.
En 1905, son premier roman, Anne… la maison aux pignons verts , rejeté par tous les éditeurs auxquels elle l’avait envoyé, se vit relégué dans une boîte à chapeaux. Ce ne fut qu’en 1907 qu’elle le présenta à la maison d’édition L.C. Page de Boston, qui décida de le publier. Dans les cinq premiers mois, le livre se vendit à plus de 19 000 exemplaires et fut réimprimé à dix reprises pendant la première année. C’était un incroyable succès ! De 1908 à 1915, Maud écrivit deux suites à ce roman ainsi que quatre autres livres.
À la mort de sa grand-mère, le 5 juillet 1911, elle épousa Ewan Macdonald, un ministre de l’Église presbytérienne, auquel elle s’était fiancée en cachette de son aïeule à la fin de 1906. Après le mariage et le voyage de noces en Écosse, le couple s’installa à Leaskdale, en Ontario. Chester, leur premier fils, naquit en 1912, suivi deux ans plus tard par Hugh, qui mourut à la naissance. Stuart, un troisième fils, compléta la famille en 1915.
Les rôles de mère et d’épouse, combinés à la détérioration de la santé mentale de son mari, occupaient son quotidien. Ces tâches, ainsi que les poursuites et contre-poursuites constantes contre la maison d’édition L.C. Page qui ne lui versait pas les redevances auxquelles elle avait droit, conduisirent Maud à l’épuisement mental. Pourtant, elle trouvait invariablement un équilibre dans l’écriture.
À sa mort à Toronto le 24 avril 1942, Maud avait publié vingt romans, deux livres de nouvelles, un livre de poésie, un récit biographique, sans compter les nombreux poèmes, histoires et articles édités dans des magazines. À une époque où « les femmes ne pouvaient être écrivains », Lucy Maud Montgomery a su faire mentir l’adage.
Chapitre 1
L’ORPHELINE


— I l n’est pas question que la petite Maud demeure avec cet homme ! s’indigna Lucy Ann Macneill dont la fille Clara venait de décéder de la tuberculose.
— Cet homme est son père, corrigea Alexander, son mari.
— C’est un irresponsable qui ne songe qu’à quitter l’Île-du-Prince-Édouard pour aller vivre dans l’Ouest canadien.
— Il pense y faire fortune, comme beaucoup de nos compatriotes d’ailleurs.
— Fortune qu’il n’obtiendra jamais, si tu veux mon avis. Ce ne sont que des chimères ! répliqua sa femme en jetant dans le panier d’osier à ses pieds les chaussettes de laine grise qu’elle venait de repriser.
La cinquantenaire se leva de la chaise berçante, près d’une crédence de bois foncé sur lequel étaient exposées les portraits de ses cinq enfants. Elle poussa un long soupir de découragement et de chagrin.
Le décès de Clara plaçait les grands-parents de la petite Maud dans une situation à la fois inattendue et irrévocable. À leur âge déjà avancé, ils n’avaient pas prévu de devoir, encore une fois, assurer l’éducation d’une bambine d’à peine deux ans.

D’un geste à la fois machinal et nerveux, Lucy Ann lissa du plat de la main sa longue jupe noire. Ses vêtements austères reflétaient bien l’état d’esprit de ce couple qui suivaient à la lettre les règles de vie préconisées par l’Église presbytérienne. Elle replaça une mèche de cheveu échappée de son chignon et qui lui chatouillait le cou. Elle alla se planter devant la fenêtre qui ouvrait sur les bâtiments encadrés des champs qui s’étendaient à perte de vue autour de la maison familiale.

— Ce n’est pas normal de devoir élever cette enfant… à notre âge… murmura-t-elle, exprimant ainsi le fond de sa pensée.
— Cesse de rabâcher ces idées noires, lui conseilla son mari. Dieu seul sait pourquoi il a décidé de nous confier cette enfant.
— Dieu n’a pas réponse à tout, semble-t-il…
Alexander fixa le profil de celle dont il partageait la vie depuis plus de vingt ans. Il aimait le port altier de cette femme qui n’avait jamais baissé les bras, même dans les pires moments de leur vie. Plus que quiconque, il savait que la mort de leur fille Clara avait creusé un abîme dans le cœur de celle qui ne s’épanchait qu’en de rares occasions. À pas lents, il s’approcha d’elle et posa une main apaisante sur son épaule.
— Qu’est-ce qui te tracasse tant, ma femme ?
— J’ai peur… avoua-t-elle dans un souffle.
— Peur ?
Lucy Ann tourna la tête vers son époux.
— Nous sommes vieux. Maud est une enfant passionnée, agitée… excentrique, même. Comment allons-nous réussir à mâter ce caractère si imprévisible ?
— Nous ferons de notre mieux. Comme nous l’avons fait avec nos propres enfants. Avec l’aide de Dieu, une discipline sévère et beaucoup de patience, nous parviendrons à inculquer à notre petite-fille de saines habitudes de vie et une bonne éducation.
Peu rassurée, Lucy Ann hocha doucement la tête. En son for intérieur, elle savait que cette orpheline ne serait jamais sa véritable enfant et qu’il lui serait difficile de l’aimer. Saurait-elle, au moins, éprouver une affection quelconque pour la petite ? Elle n’en avait pas la certitude.
Alexander quitta sa femme, dont le regard se perdait sur la ligne d’horizon que les derniers rayons du soleil marbraient de rose et de violet.
Dans la maison, le tic-tac de l’horloge scandait le tumulte qui grondait dans le cœur de Lucy Ann. Elle secoua les épaules, comme pour y enlever un fardeau déjà trop lourd à porter, et inspira profondément. Entrant par la fenêtre entrouverte, le parfum des fleurs des champs l’enivra un moment tandis que dans la basse-cour tout près de la maison, les poules et les poussins s’égaillaient gaiement.

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