Structures
225 pages
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Description

"Je m’appelle Annabelle. Je me suis réveillée dans un lit d’hôpital après quelques jours de coma, sans aucun souvenir de pourquoi j’étais là…"
Annabelle, lycéenne au caractère bien trempé, est sujette à des hallucinations et visions cauchemardesques suite à un grave accident. En quête de réponses sur l’origine de ses troubles, elle devient l’objet d’une machination qui la dépasse.
Zacchary travaille pour l’Organisation, entreprise phare du secteur de l’Intelligence Artificielle. Après la disparition mystérieuse de l’une de ses collègues, des faits étranges se révèlent à lui alors qu’il se plonge dans les dossiers de la disparue.
Annabelle et Zacchary ne se connaissent pas, six mille kilomètres les séparent, pourtant, ils sont tous deux liés par un point commun : la Structure.
Le docteur Razard me fixait sans mot dire depuis de longues minutes. C’était à celui qui craquerait le premier, et je savais qu’il ne prononcerait pas un mot tant que je n’aurais pas fait le premier pas. J’avais manqué plusieurs rendez-vous à l’hôpital car je ne tenais pas particulièrement à affronter son regard acéré de corbeau. Contourner cette séance aurait relevé de l’insubordination et mon psychologue avait beau détenir la palme de la zen attitude, je doutais qu’il apprécierait que je lui fasse perdre son temps une fois de plus. Le docteur Razard, que je prenais un malin plaisir à surnommer le docteur Rasoir, avait évidemment fini par contacter mes parents pour leur apprendre que j’avais manqué plusieurs séances et que, pour ma santé mentale et leur tranquillité, il leur faudrait faire preuve, à l’avenir, de plus de rigueur à mon égard. Ma mère était furieuse et j’avais essuyé une tempête probablement aussi violente que le dernier ouragan qui avait ravagé les îles du Pacifique.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 14 juillet 2020
Nombre de lectures 0
EAN13 9782382680322
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0012€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Juliette Trey de Feraudy






STRUCTURES
Tome 1

La Messagère des deux mondes
Prologue
L’Organisation



Boston, Massachusetts, il y a dix ans

Angeline avançait d’un pas déterminé à travers les rues pavées et grises, son objectif bien en tête. Elle avait emprunté des chemins parallèles, selon les recommandations reçues. Son temps de trajet en avait été considérablement allongé. Le macadam était tout poisseux et glissant des feuilles mortes que la petite bise glacée ne parvenait pas à balayer, ce qui n’aidait en rien sa progression juchée sur des talons hauts. À chaque expiration, de la buée s’échappait de sa bouche. Lorsqu’elle eut atteint l’immense bâtiment de verre, elle s’arrêta un instant et leva ses yeux noirs vers le ciel gris trop lumineux pour tenter de distinguer la pointe de la tour, sans toutefois y parvenir.
L’Aîné se trouvait là-haut, quelque part dans ce dédale de couloirs et d’ascenseurs. Elle ne l’avait pas revu depuis de nombreuses années et se demanda à quoi il pouvait bien ressembler aujourd’hui. Il ne se montrait jamais, préférant l’ombre à la lumière des projecteurs, discret mais omnipotent au sein de l’Organisation. Aurait-il à nouveau changé d’identité ? C’était fort probable, il était bien trop prudent, pour ne pas dire paranoïaque. Il ne l’avait d’ailleurs pas contactée directement. Il s’était contenté de lui faire parvenir un flash statique , ces messages codés qui apparaissaient soudainement sur les miroirs des salles de bain à travers la condensation. Elle avait tout de suite compris de quoi il retournait, avait déchiffré le message en moins d’une seconde, rempli un petit sac de quelques affaires et pris le premier avion pour venir à sa rencontre.

Elle prit une grande inspiration et serra la lanière de son sac plus fort contre sa poitrine avant de se remettre en marche, puis poussa le battant vitré de la porte du bâtiment. Une enseigne lumineuse indiquait Établissement Bancaire International , mais ladite banque n’occupait en réalité qu’une dizaine d’étages sur la cinquantaine que représentait l’immense tour de verre. L’accès aux étages supérieurs restait strictement contrôlé et seule une poignée d’individus disposait des affectations nécessaires pour atteindre les derniers paliers.
Arrivée devant l’accueil, Angeline redressa la tête, adopta une démarche volontaire, montra brièvement un badge à l’hôtesse sans un regard et sans marquer d’arrêt, puis se faufila à travers les tourniquets. La puce qu’il contenait les débloqua sans qu’elle n’eut à demander une quelconque autorisation. Ce genre de technologie fonctionnait depuis des années et Angeline sourit à l’idée que plus de trente ans auparavant, elle avait réalisé la même action dans un autre bâtiment. Certaines choses n’évoluaient décidément pas. Suivant toujours les indications reçues, elle emprunta le couloir de droite tout de suite après les tourniquets jusqu’à un renfoncement où se trouvaient les ascenseurs. Elle passa son insigne devant le scanner, poussa le bouton et patienta. L’ascenseur s’ouvrit dans un ding sonore.

Angeline pénétra dans la cabine, suffisamment grande pour contenir deux personnes côte à côte, même si, elle le savait, seul un individu à la fois pouvait entrer dans la cage du rez-de-chaussée sous peine de déclencher toutes les alarmes de l’Organisation. Lorsque la porte coulissante se referma derrière elle, les lumières de l’ascenseur virèrent au rouge dans un cliquetis bruyant. Angeline resta immobile, le temps que son corps passe intégralement sous les rayons. Les lumières éblouissantes clignotèrent et l’ascenseur se mit en marche. Le procédé n’avait pris que quelques secondes. Bien qu’informée de tous ces détails, Angeline ne put s’empêcher de laisser échapper un soupir de soulagement lorsque le mouvement d’élévation souleva son cœur dans sa poitrine. Lors de sa dernière rencontre avec l’Aîné, la procédure était bien moins élaborée. Ces technologies-ci, au moins, avaient nettement évolué, mais la plupart ne s’appliquaient que dans un cercle restreint, généralement au sein de l’Organisation et uniquement dans les services consacrés au développement de la Structure . L’arrivée de nouvelles formes d’ Intelligences Structurelles en était la preuve incontestable. Aucun être humain hors du cercle fermé de l’Organisation n’avait conscience du tournant global emprunté. Si l’idée seulement avait pu les effleurer, ils en auraient perdu la raison !

L’ascension était vertigineuse. En moins d’une minute, les portes s’ouvrirent sur le quarante-huitième étage. C’est dans un état presque pantelant qu’elle se trouva soudain propulsée dans une petite pièce d’un blanc immaculé. Une hôtesse au chignon impeccable vint la saluer, lui présenta un écran rond de la taille d’une pièce de monnaie et lui demanda de bien vouloir y apposer son index droit. Toutes les connexions se faisaient par ce biais. Les renseignements concernant l’identité des individus qui pénétraient dans le bâtiment de l’Organisation transitaient par ce canal. Une fois l’identification terminée, l’hôtesse lui présenta une rangée de fauteuils sans âme, à l’image de cette pièce. S’il existait une preuve que les Intelligences Structurelles de première génération peuplaient ce monde, cet endroit en serait le parfait reflet.
Plongée dans ses pensées, Angeline s’exécuta, trop heureuse de pouvoir reposer ses pieds martyrisés par de petits escarpins inconfortables. Comment faisait-on pour marcher des heures durant dans de tels instruments de torture ? Elle ne les portait qu’en de très rares occasions mais elle se posait systématiquement la question.

À peine fut-elle installée que la porte derrière le bureau d’accueil s’ouvrit dans une invitation à y pénétrer. L’homme qui se tenait debout dans l’encadrement paraissait avoir une quarantaine d’années. Petit et replet, sa carrure n’en était pas moins imposante et son expression sévère accentuée par un nez volumineux. Angeline passa le pas de la porte sans mot dire, mais lorsque celle-ci se fut refermée dans son dos, elle ne put s’empêcher de lâcher un petit rire.
— Eh bien cher Aîné ! Tu t’es choisi une bien vilaine enveloppe !
L’homme se détendit légèrement et esquissa ce qui devait se rapprocher d’un sourire furtif, bien que, elle le savait, la faculté de sourire et d’exprimer des sentiments n’avait été intégrée qu’à partir de la seconde génération d’IS, afin qu’ils se fondent plus facilement parmi les Humains. Lorsqu’il lui répondit, ce fut d’une voix grave et profonde, étonnamment peu accordée à sa physionomie si singulière.
— Garder ma précédente apparence après dix ans de bons et loyaux services commençait à devenir un handicap… Ça parle beaucoup ici-même, et plus encore au-dehors ! Un PDG qui ne prend pas une ride, ça se remarque. J’ai dû… passer la main à un « successeur ».
L’Aîné prononça ces mots avec un cynisme calculé avant de grommeler, mécontent :
— Toi, en revanche, tu n’as visiblement pas suivi les conseils que je t’ai prodigués la dernière fois que nous nous sommes vus. Ne JAMAIS garder la même enveloppe plus d’une dizaine d’années. Trop dangereux. Les IO pourraient se poser des questions et compromettre ta couverture, la mienne, et celle de l’Organisation dans son intégralité si l’on parvenait à remonter jusque-là.
Angeline haussa les épaules, agacée.
— J’aime bien cette enveloppe-ci. Je m’y suis habituée. Et les Humains que je fréquente n’imaginent pas une seconde que je puisse être différente d’eux… Je n’ai pas d’inquiétude. Tu es trop paranoïaque !
L’Aîné leva un sourcil inquisiteur. Toutes ses années d’expérience lui avaient permis de mimer certaines expressions du visage propres aux Humains, et même si cela ne signifiait pas qu’il ressentit les émotions qui allaient généralement de pair, sa capacité de mimétisme se révélait toujours fort à propos. Lever un sourcil en l’air de cette manière permet

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