Bienvenue à Calcutta
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Description

« C’est exaltant de voir à quel point les couleurs sont différentes d’un pays à l’autre. On pourrait croire qu’il existe un nombre limité de jaunes, de roses ou de verts. Mais ici, les palettes de couleurs sont infinies. Je suis toujours surprise par un nouvel éclat doré que le soleil dessine sur un nuage en se couchant. Debjani ne m’avait pas menti : en Inde, tout a une couleur particulière. »

La fin des aventures de Jade dont la vie ne cesse d’être trépidante! Cette fois, elle rejoint son amie Debjani à Calcutta pour créer une Fondation au cœur d’un bidonville. Parviendra-t-elle à mener à bien ce projet ? Son histoire d’amour avec Gaspard résistera-t-elle à l’éloignement ? Et quel est ce parfum de mystère qui plane sur la ville...


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 16 avril 2020
Nombre de lectures 8
EAN13 9782728928835
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Exrait

Table des matières Bienvenue à Calcutta Flashback Des mains pour servir, un cœur pour aimer Holi spirit ! Pas à pas Le premier cri Le jour le plus long Pilkhâna Retrouvé et disparues Ila & Bhadra Les papillons tristes Bonne nouvelle ! Parfums de France Perdre ou gagner ? Haut le cœur Tomber les masques Le temps des révélations Le sens des maux Anguille sous roche Un détour par Shishu Bhavan Ave Maria Reflet du mouroir Le secret de Pondichéry Filature Le fruit de ses entrailles La signature de Pandore Huit heures moins le quart Ajashutra Le pardon des offenses Ombre et lumière Les yeux verts Tout Vah bien ! Renouveau "La vie est amour, jouis-en !" Mère Teresa Notes Déjà parus Page de copyright
Points de repère Cover Title Page Dedication Corps de texte Copyright Page Rear Notes Corps de texte
À mes deux petites filles adorées, ma Léopoldine et mon Octavie, à qui je souhaite de faire toute confiance à la Providence pour vivre, ainsi, aussi intensément que Jade… À mon cher et tendre Alexandre, pour son indéfectible soutien. À mes familles Quiniou et Prot que j’aime tant ! À mes chers amis, pour toute la joie qu’ils me procurent. À Sophie M., pour sa précieuse aide et pour son amitié ! À mes lecteurs et lectrices, pour leur fidélité et leur enthousiasme vivifiant… MERCI à tous ! Cécile
« La providence est la volonté de Dieu, signe du destin, signe d’une force supérieure à l’œuvre. »
Bienvenue à Calcutta
– Namaste, a chaï, please 1 !
Le petit vendeur opine du chef en balançant la tête de droite à gauche, avec un grand sourire accroché aux lèvres. Il s’affaire un instant, puis me tend la boisson de son bras valide. L’autre bras n’a plus de main…
– Thank you 2 !
Je m’éloigne avec mon gobelet fumant. La rue qui mène vers « chez moi » est bondée et chaotique, comme partout ici. Les odeurs nauséabondes qui s’en dégagent sont grasses et humides, « ça sent la mort ! », dirait-on chez nous sans pincettes. Ici, ce n’est pas qu’une façon de parler… À tel point qu’aujourd’hui, je ne respire qu’en humant le parfum épicé de mon thé. Le nez collé à mon gobelet, je marche, pensive, tout en faisant attention aux endroits où je mets les pieds. Autour de moi, des familles entières sont allongées sur de petits rectangles de trottoir ; elles y dorment sur des morceaux de carton, y mangent à même le sol, s’y lavent avec de l’eau croupie… Ces familles vivent dans la rue, en se serrant pour laisser de la place à leurs nombreux compagnons d’infortune… Outre ces moribonds, bon nombre de cireurs de chaussures, de vendeurs de cigarettes et de porteurs de rickshaws croisent des grappes d’écolières hilares en uniforme et de jeunes cadres d’entreprise bien habillés. Après avoir englouti un ou deux chapatis 3 ou une barquette de chow mein 4 achetés sur l’un des innombrables stands de street-food de la ville, les unes vont à l’école et les autres partent travailler. Le reste se tue à la tâche ou crève la faim sur le bas-côté. Bienvenue à Calcutta !
Dans une dizaine de jours, cela fera deux mois que j’ai rejoint Debjani ici pour monter une fondation : une structure philanthropique financée par la marque de vêtements de Âbha, Girls are Glams. Après son succès retentissant aux Philippines et aux États-Unis, venir à Bombay pour y développer cette marque est une consécration pour la mère de Debjani. Qui aurait cru qu’en les rencontrant dans l’avion pour Manille il y a plus de trois ans, j’en serais là aujourd’hui ? Âbha l’avait juré à maman l’année dernière : « Si j’ouvre Girls are Glams en Inde, je crée en même temps une ­Fondation pour aider les femmes de mon pays qui sont si mal considérées. » Chose promise, chose due et Âbha n’a qu’une parole : à peine réinstallée à Bombay, elle a décidé de créer cette Fondation et elle a pensé à Debjani et à moi pour la mettre sur pied. Après moult tergiversations et rebondissements, j’ai dit oui ! Nous y sommes et cette Fondation ­s’appelle वह .
– Ah, ah tu devrais voir ta tête ! C’est de l’hindi, Jade ! Nous utilisons un autre alphabet, on le prononce « VAH » qui veut dire « ELLE », m’a expliqué Debj’.
– Oui, c’est cohérent ! « Elle », la femme, c’est elle, elle, elle et elle aussi…
– Et toi aussi !
– Et toi !
– Oui ! Et en plus, elle Vah ! Vah -s-y, on y Vah !
– Allez, on a compris ! m’a coupée Debjani en gloussant.
Toutes les deux, nous allons ouvrir un premier centre à Calcutta, au sein d’un bidonville, en immersion totale. Et si nous faisons bien notre travail, peut-être pourrons-nous ouvrir d’autres centres. C’est Debjani qui a choisi la ville, en souvenir de son père, décédé ici il y a une douzaine ­d’années. De lui, il ne lui reste que Le Sourire de la misère , un album photos dont elle ne se sépare jamais et qui est constitué de portraits des gens issus des bidonvilles.
Vah aura pour vocation d’accueillir les femmes des bidonvilles désireuses de travailler et de construire avec elle un projet commun. Le but est de leur apprendre un métier, de vendre notre production et donc de gagner de l’argent. Nous ne savons pas encore quelle sera l’activité retenue, mais tout est envisageable : cuisine, produits de beauté, agriculture, création de bougies ou d’autres objets de décoration… L’idée principale étant de créer une ou plusieurs microentreprises et de les rendre rentables au plus vite tout en permettant à ces femmes d’accéder à l’éducation. Pour qu’un projet d’une telle ampleur puisse se réaliser, Âbha nous a conseillé de nous placer sous la protection des sœurs de mère Teresa dont la réputation et la légitimité ne sont plus à discuter. Ainsi, elles nous chapeautent, garantissent le bien-fondé de notre entreprise et nous permettent d’éviter les écueils malhonnêtes dans lesquels nous pourrions tomber… Dieu sait qu’ici, les pots-de-vin sont monnaie courante.
Dans la pratique, Debjani ne passe qu’une dizaine de jours par mois sur le terrain avec moi à Calcutta. Le reste du temps, elle habite à Bombay, à presque deux mille ­kilomètres de là. Elle fait l’aller-retour tous les mois, l’équivalent de Paris-Athènes, en seulement deux heures quarante d’avion. Là-bas, elle travaille en alternance dans l’entreprise de sa mère et en parallèle, continue ses études de mode à la fameuse Pearl Academy : « Les mille et une vies de Debjani. » Elle pourrait en faire un roman, une longue saga aux senteurs orientales. Pour autant, sait-elle où elle va ? J’ai toujours pensé qu’elle se posait secrètement la question de la vocation religieuse mais les voies du Seigneur ne sont-elles pas impénétrables ?
Depuis mon arrivée, je fais du repérage, des découvertes et des rencontres… C’est passionnant, épuisant aussi, je dois l’avouer. Le côté administratif m’ennuie, mais c’est la rançon de ce beau projet. A contrario , la recherche d’un bâtiment qui pourrait héberger notre Fondation au cœur du bidonville, c’est excitant.
Je gère mon agenda comme je le veux, ce qui me permet surtout de faire un peu de bénévolat dans les centres de mère Teresa, de donner un peu de mon temps tout en ­apprenant. J’en rêvais ! En plus, je rencontre déjà des femmes extraordinaires et inspirantes : motivées, volontai­res, courageuses malgré le peu de considération et les conditions de vie déplorables dont elles souffrent ici. Je sens qu’une fois installée, Vah produira de beaux fruits.
En relevant la tête de mon chaï encore bouillant, je manque de me brûler en bousculant quelqu’un :
– Aïe ! Sorry !
– Oh, Jade ?
– Abishek !
Bonne surprise, c’est un copain d’ici, Abishek Banerjee. Un volontaire indien qui fait du bénévolat au centre Shishu Bhavan des Sœurs de mère Teresa depuis quelques mois. Il s’y rend tous les jours sauf le jeudi, jour de congé des volontaires de mère Teresa. Nous nous sommes rencontrés pour la première fois quelques semaines après mon arrivée. Je venais m’inscrire pour passer une journée par semaine à Shishu Bhavan. L’une des sœurs m’a alors présenté ce grand gaillard brun d’un mètre quatre-vingt-dix parlant français pour qu’il me fasse faire le tour des lieux. Il a appris notre langue lors de ses années d’études d’ingénieur à ­Montpellier. Une chance pour moi ! Tout de suite, nous nous sommes bien entendus mais c’est notre affection commune pour l’un des enfants du centre, Arnivan, qui nous a le plus rapprochés.
Shishu Bhavan est l’un des foyers qui accueille des enfants handicapés, il est situé juste à côté de la fameuse Mother House , maison mère des Sœurs de mère Teresa et point de ralliement des volontaires de passage ou de longue durée. Abishek habite dans le même hôtel que moi pour le moment. En ce qui me concerne, je ne vais pas y séjourner longtemps. Il est le seul volontaire garçon du centre Shishu Bhavan qui est normalement réservé aux femmes. Je ne sais pas pourquoi lui seul a cette dérogation. Chaque nou­velle bénévole qui arrive est toujours étonnée par sa présence.
– Jade ! Alors tu vas bien, où vas-tu comme ça ?
– Je me balade, c’est mon jour de repos aujourd’hui.
Abi, comme il aime se faire surnommer, a une trentaine d’années. Il déteste parler de lui, mais s’intéresse beaucoup aux autres. Il est tout en hauteur et en rondeurs, ce qui dénote franchement avec les gabarits frêles et osseux des Indiens d’ici. Un drôle de type, cet Abi, plus européen ­qu’indien, la tête dans les étoiles et le cœur sur la main.
– J’ai essayé de t’appeler ce matin mais tu n’as pas répondu.
– Ah bon ? Je n’ai pas vu ton appel, c’est étrange. Dis, comment va Arnivan ? Je pensais justement à lui en marchant tout à l’heure.
– Eh bien justement…
Sa voix se met à grincer :
– Pas très bien… Un docteur est venu faire une prise de sang. Il dit que les résultats sont inquiétants, que Arnivan doit aller à l’hôpital pour faire plus d’examens.
– Mon Dieu, les sœurs ne pourront jamais payer ses frais d’hôpital ! Arnivan encore moins… Y a-t-il une chance pour que ce ne soit pas grave ?
– Je ne sais pas… Le docteur dit que son taux de globules blancs est très bas et qu’il faudrait qu’il soit suivi. Et puis, comme il n’y a que très peu de soins accessibles aux pauvres ici…
Arnivan pourrait-il mourir ? Oui. Comme tant d’enfants ici. Par manque de soins ou d’intérêt. Ici, ils succombent à des maladies contre lesquelles existent pourtant des vaccins. À mon arrivée, j’ai été consternée par l’état du système de santé. Quelle injustice !
Ma gorge se noue. Arnivan n’a que huit ans… Il y a un mois, il a commencé à faire des chutes de tension. Mais c’était difficile de comprendre ce qui se passait à cause de son handicap et de ses troubles autistiques. Seul Abi réussissait à l’apaiser, mais il était clair qu’il n’était pas en forme. Et puis sans médecin, ni analyse…
Ici, tout va vite. Il y a deux semaines, son état a sensiblement empiré sous les regards et les gestes impuissants des sœurs et des volontaires. Il ne voulait plus manger, il pleurait et était faible, blafard et fébrile. Arnivan vient de la rue. Il ne possède que son vieux doudou lacéré par le temps et les larmes et son sourire d’ange. Il ne peut évidemment rien payer. Sa famille l’a abandonné très jeune à cause de son handicap, et Arnivan est seul. En Inde, avoir un enfant « diminué » est une honte insupportable. Ici, les millions de personnes handicapées mentales et physiques sont quotidiennement discriminées. Ce sont des marginaux qu’il faut cacher et parfois même faire disparaître. Mais pourquoi Dieu permet-il cela ?
– Tu sais, Jade, j’ai voulu l’emmener à l’hôpital et financer les soins, mais les sœurs disent que si je fais cette démarche pour lui, je dois la faire pour tous, et il y en a tellement…
– Je comprends Abi…
Le plus dur à accepter, c’est la fatalité. En Inde, cette notion est omniprésente. Arnivan n’est malheureusement qu’un innocent parmi des millions. Comment garder la foi dans ce contexte ?
– Je vais venir avec toi, Abi ! Je vais venir cet après-midi.
– Merci, Jade. Merci ! Arni’ sera si content de te voir. Viens, allons d’abord déjeuner, nous avons le temps.
Bras dessus, bras dessous, comme deux vieux copains, nous repartons vers l’hôtel. Sur le trajet, un petit restaurant, le Blue Sky, lieu de prédilection des volontaires, est réputé pour ses plats typiques. Nous nous y arrêtons pour reprendre des forces avant l’après-midi qui nous attend.
Flashback
L’ambiance au Blue Sky est éclectique et bruyante, elle se prête parfaitement aux confidences. L’amoncellement de câbles électriques au-dessus de l’enseigne peut faire peur et les odeurs sont parfois oppressantes, mais la nourriture est bonne et c’est aussi cela, Calcutta.
– Bon alors, comment se passent tes projets ? me demande Abi en s’accoudant à la table.
– J’ai beaucoup de travail mais ça avance. Je suis toujours à la recherche d’un bâtiment qui puisse héberger le centre de la Fondation mais ça ne court pas les ruelles comme ils diraient ici…
– Il faut que tu en parles avec les sœurs, je suis sûr qu’elles te trouveront un lieu !
– Oui, je ne voulais pas les embêter avec ça mais je vais y être obligée car c’est le dernier point qui bloque.
Bercés par le chahut environnant, nous relisons la carte pour la énième fois et commandons nos plats. Pour moi un bhekti paturi , un poisson cuit à la vapeur dans une feuille de bananier avec de la moutarde et pour Abi, son grilled sandwich préféré, au poulet, curry et cheddar fondu. Nous en profitons pour papoter. Comme toujours, il me pose beaucoup de questions sur mon passé et écoute avec un intérêt qui me touche.
– Ta vie ressemble à un film de David Fincher ! Qui pourrait croire qu’une fille comme toi a vécu autant d’aventures ?
– Que veux-tu dire par « une fille comme moi » ? Attention, je pourrais me vexer !
– Tu es bien une fille si tu poses cette question ! Je veux juste dire que tu as l’air d’être assez tranquille et plutôt sage et… enfin, normale, quoi ! Pas une apprentie James Bond girl en combinaison de Catwoman !
Son accent indiano-franglish quand il prononce Catwoman est inimitable : « catvouman ».
– Il ne faut pas se fier aux apparences. Et toi, raconte-moi un peu plus d’où tu viens !
– Et comment va ton amoureux ? Gaspard, c’est bien ça ? reprend-il sans répondre. Tu ne m’as pas encore raconté votre histoire. Je veux tout savoir !
Ah… mon cher Gaspard, dès que j’entends son prénom, je pars en voyage. C’est fou ce qu’il me manque et en même temps, notre relation, même à distance, me donne des ailes. Abi a de la chance, j’adore parler de lui !
Abi pose sa tête de côté sur sa grosse main dont le bras est accoudé à la table. Je me replonge dans notre histoire avec délectation et papillons dans le ventre et je n’épargne aucun détail à mon interlocuteur romantique.
– Alors, il était une fois, un garçon beau, gentil et intelligent au regard vert émeraude et une fille normale : moi !
Il rit. Je passe rapidement sur notre enfance et nos vacances entre copains. Je m’attarde bien plus sur notre improbable rencontre aux Philippines quand, avec Divine, Gaspard nous a sauvés des flammes. Puis notre séparation, ses doutes, son silence, ma tristesse. Enfin j’aborde nos retrouvailles à Buenos Aires, quand il me sort une fois de plus d’un mauvais pas.
– C’est mieux que Love Actually 5 !
– Ne te moque pas !
– Non, sérieusement. Je comprends quand tu dis que Gaspard et toi, « c’était écrit ». Tout a l’air si… magnétique ! Comme si tout était prévu. Et où est-il maintenant ?
– Après Buenos Aires, il est d’abord reparti aux ­Philippines. Puis dans le sud de la France pour retrouver sa famille qu’il avait quittée depuis longtemps. À Marseille. Ce n’est pas franchement le cocon que j’aurais choisi pour me reposer, mais bon.
– Pourquoi ?
– Parce que ses parents ne sont pas exactement… Enfin, ils sont très… comment dire ?
– Un peu rigides ?
– Oui, tu peux le dire comme ça ! Mais après tout, une maman, même quand elle porte des jupes-culottes en tweed, reste une maman, n’est-ce pas ?
– Sûrement ! Et pour ta famille, comment s’est passé le retour ?
– Au début, pas mal. Papa, maman, mon frère Thomas et les jumeaux sont rentrés quelques semaines après moi. Papa a demandé à être muté en France. Ces deux dernières années mouvementées ont fatigué mes deux parents. Et puis avec Théo et Zoé, ça devenait compliqué de ­s’expatrier. À leur arrivée en France, j’ai eu envie ­d’habiter avec eux à nouveau… Quand la plupart des gens de mon âge ont fui le foyer pour voler de leurs propres ailes, moi j’ai déployé les miennes pour rejoindre le nid familial. Je fais souvent les choses à l’envers, comme tu peux le remarquer.
– Je vois oui ! Enfin, tu es repartie pourtant ?
– Oui, c’est vrai car très vite, je me suis ennuyée.

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