Diamond Spirit
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Diamond Spirit , livre ebook

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Description

Depuis la disparition de Diamond, son poney adoré, Jess ne veut plus monter à cheval. Mais d'autres chevaux vont entrer dans sa vie et lui redonner le goût de vivre. Un grand roman d'aventures et d'amitié dans le fascinant bush australien.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 27 septembre 2013
Nombre de lectures 163
EAN13 9782215126614
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0056€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

À paraître :
Diamond Spirit : La Promesse de la Pierre de Lune
Diamond Spirit (Diamond Spirit 1) Copyright © Karen Wood 2011 First published by Allen & Unwin (83 Alexander Street, Crows Nest NSW 2065, Australia) in 2011
À Shara Alisye, Jessica Tara, Jessica Rose et Jody Grace. Vous aurez toujours une place dans mon cœur.
1
– Alors, Diamond, tu vas enfin pouvoir te reposer !
Jess passa une brosse souple sur les flancs de Diamond pour les faire briller. Le poney était en excellente santé.
– Toi et Rocko allez pouvoir vous goinfrer pendant trois semaines !
Jess troqua sa brosse contre un peigne et entreprit de démêler l’épaisse queue noire de Diamond. La croupe du poney Appaloosa 1 était marbrée et tachetée de pois, et trois diamants argentés ornaient son arrière-train comme des étoiles filantes.
Son téléphone vibra dans la poche de son jean.
Shara : Coucou !
Jess sourit et leva les yeux vers le chemin en haut duquel Shara l’attendait. Elle donna quelques derniers coups de peigne à la queue, puis tira sur la bride du poney attachée à la barrière.
Shara était sa grande copine, sa meilleure amie, et les deux jeunes filles venaient de vivre une brillante saison au poney-club, en concourant aux jeux montés en duo. Elles avaient consacré tous leurs week-ends à sauter sur la croupe de leurs chevaux pour en redescendre en bondissant, à frapper dans des ballons, à se faufiler dans des hula-hoops et à s’élancer dans des courses en sac pendant que leurs poneys les suivaient au petit galop. Elles s’étaient follement amusées, et avaient remporté des tas de rubans et de trophées, dont une seconde place aux championnats régionaux, mais à présent, leurs poneys allaient prendre une pause bien méritée sur les berges verdoyantes de la rivière.
Jess monta avec aisance sur Diamond, à cru, et remonta l’allée au trot. Le petit poney hennit en débouchant sur la route. Non loin de là, un cheval lui répondit d’un long appel guttural.
– Saaaa-luuuut ! s’écria Shara.
Elle fit un signe de la main dès qu’elle apparut, au détour d’un virage, sur Rocko, son quarter horse 2 trapu à la robe chocolat : un vrai cas désespéré qu’elle avait acquis pour trois fois rien dans une braderie locale. Elle portait un short et son vieux casque noir recouvert d’autocollants équestres. Ses longues couettes blondes ressortaient de part et d’autre de son visage rond. Hex, son croisé dingo 3 , et Pétunia, son chien de berger à moitié aveugle, la suivaient. Les animaux de Shara formaient une équipe étonnante de rebuts malodorants et mal élevés, mais elle les adorait tous. Ils ne la lâchaient pas d’une semelle.
– Prête à prendre des vacances, Diamond ? demanda Shara, en se penchant pour caresser l’encolure sable du poney. Tu as pris ton mini-bikini ?
– Et aussi ses lunettes de soleil et son autobronzant, s’amusa Jess. Je vais devenir folle, sans la monter pendant trois semaines. Je me demande ce que je vais faire de mon temps.
– Pareil ! approuva Shara.
Elles quittèrent la route pour prendre une piste herbeuse qui se faufilait entre deux propriétés, et bifurquèrent vers un sentier battu, le long du premier des nombreux embranchements de la rivière. La Coachwood traversait la vallée comme un long serpentin flanqué de pâturages verts et plats. Les rivages étaient libres d’accès, mais quand les fermiers laissaient paître leur bétail dans les prés verdoyants, ils installaient des clôtures électriques temporaires.
– Je me disais qu’on pourrait passer les trois prochaines semaines à construire un terrain d’exercice dans le coin, proposa Shara. Avec son tracteur, papa pourrait sortir des bûches de la rivière.
– Ça serait sympa, dit Jess, son regard s’illuminant à cette idée. Il y en a plein d’autres du côté de la scierie. On pourrait les empiler pour fabriquer des obstacles. Ça ne dérangerait personne.
– Et je vais aussi faire un gigantesque nettoyage dans ma sellerie, trier tout mon équipement, et ranger la grange à foin, annonça Shara. Je vais tout préparer pour les vacances.
Elle baissa la tête en guidant Rocko vers les arbres alignés en bordure de la rivière.
– Moi aussi, grommela Jess. Sa remise ressemblait à un champ de bataille. Elle allait devoir louer un bulldozer et une équipe de secours spécialisée dans les catastrophes naturelles pour la remettre en ordre.
– Je vais peut-être devoir réviser un peu aussi, reprit Shara sur un ton qui se voulait léger. J’ai décidé d’envoyer un dossier de candidature au lycée de Canningdale.
– Un dossier pour aller où ?
– À Canningdale. C’est la seule école d’Australie où on étudie les sciences animales dès la seconde.
– Jamais entendu parler, dit Jess, les sourcils froncés. Où est-ce ?
– En Nouvelle-Galles du Sud 4 .
Shara donna des coups de talon dans le flanc de Rocko en lui indiquant un passage peu profond dans la rivière.
– En Nouvelle-Galles du Sud ? s’écria Jess. Pourquoi veux-tu aller là-bas ? C’est moche !
Elle laissa Diamond s’arrêter à côté de Rocko, le temps de boire de l’eau fraîche.
Shara sourit.
– C’est là-bas que vont tous les vétos de demain, Jessy !
– Et il y fait un froid de canard !
– Alors, tricote-moi des chaussettes.
– Mais c’est trop loin, dit Jess, en évoquant enfin ce qui la chagrinait réellement. Que comptes-tu faire ? Partir vivre là-bas ?
– Je resterais à l’internat, mais je rentrerais pendant les vacances.
– Quoi ? hurla Jess d’une voix étranglée. Déménager ?
– Doucement, il faut d’abord qu’on m’accorde une bourse, précisa Shara. Pour l’instant, ce n’est qu’un projet.
– Tu reviendrais tous les week-ends ?
– Non, trop loin.
Shara rassembla les rênes dans une main alors que Rocko sortait les naseaux de l’eau.
– Finis les jeux montés ? Finie l’équitation ?
C’était presque impensable.
– J’emmènerais Rocko avec moi. C’est une école agricole.
Jess resta sans voix. Depuis toujours, les jeux montés étaient leur vie. Elles ne parlaient que de ça, ne pensaient qu’à ça, ne faisaient que ça. Elle avait cru que ça ne changerait jamais.
– Oh, Jessy, ne prends pas cet air dévasté, s’écria Shara.
– Je le suis. Enfin, pas vraiment, non, je suis contente pour toi, mais – Jess s’efforça de rire – avec qui vais-je traîner à l’école ? Avec qui vais-je monter à cheval ?
Ses questions lui parurent idiotes et égoïstes.
– Tu sais, c’est tout à fait possible que je ne sois pas admise. C’est difficile de décrocher une bourse d’études. Il faudrait que je sois, disons, dans les cinq meilleures du pays. Sinon, ma mère et mon père ne pourront pas m’offrir ces études.
Shara guida Rocko vers le pâturage vert qui s’ouvrait à eux.
– La route est longue avant que j’y entre.
Tandis que Jess chevauchait à côté d’elle, ses pensées s’entrechoquaient. Shara appartenait aux meilleurs de la classe sans avoir besoin de faire beaucoup d’efforts, mais était-elle pour autant l’un des cinq plus gros « cerveaux » de tout Queensland 5  ?
– Il faudrait que tu sois une super grosse tête un peu allumée, dit-elle.
– C’est sûr, approuva Shara. Il ne faut pas trop y compter, j’imagine.
– Tu serais bien avec un stéthoscope autour du cou, quand même, plaisanta Jess pour apporter une touche de légèreté à la conversation.
– Tu crois ? gloussa Shara en tendant les bras devant elle. Moi, j’aime assez les gants en latex !
– Remontés jusqu’aux aisselles, alors, conseilla Jess.
Shara rapprocha Rocko de Diamond, et, après un drôle de petit ajustement, elle sautilla pour retomber à genoux et s’accroupir comme une grenouille sur son dos. Alors, elle bondit et surgit près de Jess, sur Diamond. Puis elle enroula ses bras autour de son amie et la serra de toutes ses forces.
– Je vais te manquer ?
Jess la repoussa en lui donnant des coups de coude, sauta pour s’accroupir à son tour, et bondit avant d’arriver sur Rocko. C’était la meilleure façon de le monter, avait-elle découvert. Si l’on posait les pieds par terre, il tentait de mordre ou de donner un coup de sabot, mais dès lors que l’on parvenait à éviter ses dents et ses jambes, c’était une monture fantastique.
– Ça va pas la tête ? répliqua Jess en riant avant de pousser Rocko au petit galop. Je n’aurai pas besoin de penser à toi. Tu n’es pas assez allumée pour ça !
Sans lui laisser le temps de réagir, Shara la dépassa au galop, sur le dos de Diamond, en battant des talons.
– Je te prends à la course !
– Fais attention qu’elle ne…
Trop tard. Diamond donna des coups de sabot dans les airs, et, n’ayant rien d’autre qu’un licou et une bride pour s’accrocher, Shara fut projetée dans le vide. Elle s’affala dans l’herbe épaisse en hurlant de rire. Diamond s’arrêta brusquement, comme elle avait été entraînée à le faire dès que son cavalier n’était plus en selle.
– … botte pas, termina Jess, en retenant Rocko pour l’empêcher de se joindre à la fête.
Shara se releva et frotta ses vêtements d’un geste.
– Rends-moi mon cheval, exigea-t-elle. Celui-là est dangereux !
Jess trotta jusqu’à Diamond et remonta sur sa ponette.
– Pas autant que ton petit ange !
Shara s’empara de la bride de Rocko et le serra dans ses bras avec tendresse.
– C’est un incompris, mon pauvre petit chou. À ce moment, Rocko retroussa les naseaux et montra les dents. Elle repoussa sa tête menaçante, et bondit sur son dos.
Les deux amies reprirent leur chemin, bavardant et plaisantant, et, pendant tout ce temps, Jess dut refouler le sentiment de malaise qui lui tiraillait le ventre. Shara pourrait-elle vraiment quitter Coachwood Crossing ?
Au bout d’un certain temps, elles atteignirent un amas de matériaux de clôture. Une fois les chevaux attachés, les jeunes filles délimitèrent les nouveaux enclos, et installèrent un ruban autour du périmètre. Jess marqua un large carré qui englobait une partie du cours d’eau, et quelques arbres offrant de l’ombre. Elle déroula trois bandes de rubans autour des piquets étoilés en les tendant fermement afin que le courant électrique ne faiblisse pas dans les touffes d’herbes hautes ou les branches en surplomb. Shara installa l’enclos de Rocko à l’écart du sentier pour que les promeneurs à cheval ne soient pas tentés de le caresser.
Quand les enclos ressemblèrent à des paradis pour chevaux, les filles libérèrent leurs poneys et restèrent à les observer pendant qu’ils reniflaient leur nouveau domaine, se roulaient joyeusement dans les carrés de sable puis arrachaient l’herbe croquante avec gourmandise.
Voir Diamond si heureuse faisait sourire Jess.
– Tu le mérites, ma petite, dit-elle. Tu es le meilleur de tous les chevaux.
Le petit cheval regarda Jess droit dans les yeux, et inclina légèrement la tête sur le côté, la bouche pleine d’herbe. Sa robe beige brillait comme du métal liquide sous le soleil.
– Deuxième des meilleurs chevaux, s’exclama Shara. Tiens, on va faire la course jusqu’à la crique. Allons nous baigner !
Elle enjamba la rivière d’un bond, et, de l’autre berge, elle s’élança dans l’herbe haute à grandes enjambées, en battant des bras.
Jess leva les yeux au ciel, puis partit à sa poursuite en riant.

1 . Race de cheval de selle originaire des États-Unis.
2 . Cheval apprécié pour sa rapidité.
3 . Chien sauvage d’Australie.
4 . État d’Australie situé au sud-est du continent.
5 . État d’Australie situé au nord de la Nouvelle-Galles du Sud.
2
Deux semaines plus tard, Jess était sous le porche, à l’arrière de la maison, et astiquait sa selle à l’aide d’un chiffon gras. C’était samedi, le grand jour – Shara passait son examen. Jess l’avait soutenue au mieux, et lui avait laissé autant de liberté que possible pour qu’elle puisse étudier à sa guise. Si l’école ne l’acceptait pas, Jess ne voulait pas qu’on lui reproche de l’avoir distraite.
Entre deux séances de révisions intensives, elles avaient construit un fabuleux parcours de cross équestre. Jess avait hâte de seller Diamond pour l’essayer. L’un des obstacles les plus délicats ressemblait à une rampe de saut à ski sur la rive de la crique. En le prenant dans le sens de la pente, elles atterriraient dans l’eau. Fabuleux !
Diamond s’épanouissait, bienheureuse sur les berges ; si heureuse qu’elle levait à peine la tête de l’herbe pour accueillir Jess à chaque fois qu’elle lui rendait visite.
Bang, bang, bang.
Un bruit provint de l’avant de la maison. Jess leva les yeux vers la rangée de trophées alignés le long des photographies et des rubans de félicitations accrochés au mur. Plus qu’une semaine avant de remonter à cheval.
Elle trempa son chiffon dans l’huile, souleva le rabat de la selle, et recommença à frotter.
Bang, bang, bang.
Quelqu’un frappait à la porte. Personne ne faisait ça, dans la région de Coachwood Crossing. Elle entendit des voix : celles de son père et d’un autre homme.
– Jess ! appela son père. Tu devrais venir ici, ma chérie !
– Une minute, répondit-elle en criant. Je finis juste de nettoyer ma selle.
– Jess, viens tout de suite . C’est Diamond.
Jess lâcha son chiffon et accourut dans l’entrée.
– Diamond ?
Un homme qu’elle voyait pour la première fois se tenait dans l’entrée, et maintenait la porte ouverte. Son père enfilait ses bottes.
– Tu as un poney Appaloosa ? demanda l’inconnu.
– Oui.
– Il est coincé dans la grille 1 qui bloque la route, près des vieilles étables. J’ai failli passer dessus.
– Mon poney est à un kilomètre de là, en remontant la rivière. Ça ne peut pas être Diamond.
– C’est un Appaloosa sable avec une robe couverte de pois ?
Le sang de Jess se glaça. Elle poussa l’homme pour attraper ses bottes, puis dévala les marches du perron à la suite de son père qui avait déjà démarré la voiture.
– Pourquoi Diamond serait-elle du côté des vieilles étables ? cria-t-elle en sautant dans la voiture. Son enclos n’est pas du tout par là.
– Elle a dû sortir, répondit Craig.
– Elle était derrière trois rangées de bande électrique. Je suis allée la voir ce matin. Ça ne peut pas être elle.
Jess avait l’estomac noué. Ces grilles installées sur la route pour arrêter le bétail ne faisaient pas bon ménage avec les chevaux.
– Nous ferions bien de nous dépêcher d’aller voir, dit Craig. Merci, lança-t-il à l’homme avant de passer une vitesse et d’accélérer dans l’allée.
Ils empruntèrent le chemin de terre à toute vitesse jusqu’à un passage envahi par la végétation qui séparait deux propriétés avant de redescendre vers un petit affluent de la rivière appelé Slaughtering Creek. Le père de Jess mit le véhicule en mode tout-terrain pour franchir les hautes herbes à l’aide du pare-buffle. Juste devant la rangée d’arbres qui indiquait la rivière, une passerelle conduisait à l’ancienne route qui longeait le cours d’eau. Derrière la passerelle, on trouvait encore des grilles usagées qui ne servaient plus depuis longtemps.
– Je ne vois aucun cheval, dit Jess, en descendant de voiture.
– Pourtant, il n’y a pas d’autres grilles à bétail dans les parages, dit Craig.
Jess jura à haute voix. Dans le fossé, près de la grille, Diamond était allongée, la tête en arrière et le regard vide.
– Oh, non, non, non, Diamond ! hurla Jess. Elle courut jusqu’au fossé.
Jess regarda fiévreusement le corps et les jambes de son poney. Quand elle vit que ses deux sabots de devant étaient coincés entre les barres de métal, son cœur se serra. Elle jeta un regard désespéré à son père.
– Papa, ses jambes sont coincées. Elles sont dans la grille !
Son père s’agenouilla près d’elle, une main plaquée sur la bouche. Il ferma les yeux, et déglutit bruyamment.
– Papa, dit Jess, d’une voix chevrotante. Il faut la décoincer. Ses jambes, papa. Regarde ses jambes !
Les jambes de Diamond, prises en étau, étaient tordues en un angle artificiel.
– Comment allons-nous faire pour la décoincer ?
Jess lança un regard affolé à son père, dans l’attente d’une solution.
Craig prit une profonde inspiration.
– Bon, on doit garder notre calme, Jess, dit-il fermement. Nous ne lui serons d’aucune utilité si nous paniquons. As-tu pris ton téléphone ?
Jess porta la main à sa poche vide et jura à nouveau.
– Va chercher un licou dans la voiture.
Craig fit un pas vers le poney et marmonna des mots inaudibles.
– Et cesse de dire des gros mots, ajouta-t-il.
Jess alla rapidement chercher le licou. Elle le posa à côté de son père et caressa l’encolure de Diamond.
– Ça va aller, nous allons te sortir de là, Dimey. Ça va aller.
Elle prit une longue inspiration et se força à garder son sang-froid.
– Tiens bon. Tout va s’arranger.
– Elle a vraiment dû passer au galop. Ses pieds ont dû s’enfoncer dans la grille, et son corps a continué la course, j’imagine.
Craig saisit l’un des pieds de Diamond.
– C’est tellement serré !
Diamond geignit.
– Ne lui fais pas mal, sanglota Jess. Fais doucement.
– J’essaie, ma chérie, mais il faut absolument la sortir de là. Cette grille va lui couper la circulation. Qui sait depuis combien de temps elle est bloquée !
Une autre voiture franchit le passage en grondant. Craig tourna la tête.
– C’est ta mère.
Caroline sortit de voiture, dans son vieux sarong et ses bottes Ugg.
– J’ai rencontré un drôle d’homme devant chez nous. Il a dit que…
Baissant les yeux, elle vit Diamond étendue dans le fossé.
– Oh, mon Dieu, Diamond. Qu’est-ce qui s’est passé ?
– Caroline, peux-tu retourner à la maison et appeler le véto ? Et ensuite, accroche le box à ta voiture et rapporte-le.
Craig se tourna vers sa fille.
– Passe-lui le licou sur la tête pendant que j’essaie de décoincer ses jambes.
Il continua à pousser sur les jambes du poney.
Jess souleva la tête de Diamond et glissa le licou sur ses naseaux. Elle lui caressa la gorge.
– Tout va bien, ma belle. Je suis là. Nous allons te sortir de là, murmura-t-elle tout en attachant les boucles sur les joues du poney de ses mains tremblantes. Les yeux de Diamond roulèrent vers l’arrière.
– Elle ne bouge pas, papa. Pourquoi ne bouge-t-elle pas ?
– Elle est probablement sous le choc, dit Craig sans cesser de manipuler les jambes du poney.
– Pourquoi on ne coupe pas les barres ?
– Tu sais à quel point c’est dur de couper de l’acier aussi épais ?
Derrière lui, la portière claqua et le moteur de la voiture de Caroline démarra.
– Rapporte aussi des bandages, cria Craig.
– D’accord, répondit Caroline en reculant pour reprendre le chemin de la maison.
– Ça y est. J’en ai libéré une, dit Craig, dans un dernier effort. Le sang gicla du devant de la jambe de Diamond au moment où elle fut compressée par le métal rouillé.
– Tu l’as coupée ! hurla Jess. Tu as coupé sa jambe en deux !
– C’était la seule façon de la sortir de là, dit Craig. La chair peut cicatriser, Jessy, mais pas les os. C’est mieux que de laisser tout son poids appuyer sur ses jambes quand elles sont tordues comme ça.
Il respira lentement, et tira sur l’autre jambe pour la dégager de la grille.
Choquée, Jess fixait du regard les deux jambes de devant de Diamond, incisées de haut en bas presque jusqu’à l’os. Elle avait la nausée.
– Dimey ? murmura-t-elle au poney qui restait immobile, la tête relâchée. Diamond, on a libéré tes jambes. Ça va, tu es libre.
Mais le poney ne bougea pas.
– On va l’aider à se relever, dit Craig en s’emparant de la corde accrochée à son encolure.
– Non, tu vas lui faire mal, affirma Jess en lui arrachant la corde des mains. Papa, non.
Craig tira sur la tête du poney.
– Il faut qu’elle se lève, ma puce. C’est pour son bien.
– Je t’en prie, non, sanglota Jess. Elle ne peut pas se lever, laisse-la tranquille !
Elle tira sur la corde.
Son père l’ignora.
– Allez, ma belle.
– Papa, arrête ! hurla Jess.
Son père tira sur la corde jusqu’à ce que Diamond se soulève péniblement et parvienne à se redresser. Jess se recula d’un bond.
Le poney se tenait droit sur ses quatre jambes, la tête basse. Jess et son père restèrent silencieux.
– Ça va, ma puce, elle est debout, dit Craig. Il enroula ses bras autour de Jess. Ça va aller, elle a réussi à se lever.
Jess le repoussa. Elle passa les bras autour de l’encolure de Diamond et sanglota.
– Heureusement que tu vas bien.

1 . Grille posée à même la route pour empêcher le bétail de passer, mais pas les véhicules.
3
Deux longues heures plus tard, John Duggin, un petit homme trapu en salopette bleu foncé, descendit de sa voiture en souriant chaleureusement à Jess.
– Désolé de ne pas avoir pu faire plus vite, Jess. Un cheval a chuté sur le champ de courses.
Il ouvrit le coffre de son véhicule.
– Que s’est-il passé ?
Jess lui rapporta tout ce qu’elle savait de l’accident pendant que, agenouillé, il étudiait les jambes de Diamond. Il caressa délicatement le paturon et pressa son pouce autour de la plaie. Avec un petit seau d’eau additionnée de désinfectant, il nettoya la coupure pour mieux l’examiner. Il essaya de soulever l’une de ses jambes, mais Diamond protesta en se cabrant.
Jess fut soulagée de le voir s’en tenir là. Elle frotta le chanfrein de Diamond d’un geste rassurant pendant que John retournait chercher quelque chose à l’arrière de sa voiture. Il ressurgit avec une aiguille et une seringue.
– On va commencer par la soulager.
Rapidement, la souffrance disparut des yeux de Diamond et John put recommencer à manipuler ses jambes. Il les fit bouger délicatement, les serra, les poussa et fronça les sourcils sans rien dire, puis il se leva, les poings sur les hanches, sans quitter les blessures des yeux. Jess l’observait. Son expression lui faisait froid dans le dos.
Quoi ? Qu’en pensez-vous ? Dites quelque chose.
John se gratta le menton.
– Je pense qu’il vaudrait mieux faire des radios.
Il fallut des heures pour faire les radios, et pour que John recouse les plaies des jambes de Diamond avant de les envelopper dans des compresses épaisses et des bandages. Tout en rangeant le lourd appareil de radiographie dans le coffre de sa voiture, il promit à Jess de lui transmettre les résultats au plus vite.
Jess conduisit Diamond jusqu’à son terrain, un pas après l’autre, douloureusement, et la laissa dans sa stalle avec une généreuse balle de foin.

Une demi-heure plus tard, Jess observait Diamond. Le poney gardait les yeux rivés au mur. La balle de foin était intacte, pendue au crochet. Jess passa la main sur le dos de Diamond et sur sa croupe tachetée, en contournant du doigt les trois étoiles argentées, comme elle le faisait souvent. Elle connaissait chaque marque, chaque pois de sa robe. Elle sortit son téléphone de sa poche arrière.
Il vibra dans sa main comme s’il était relié à ses pensées.
Shara : Coucou
Jess sortit de la stalle et courut au bout du terrain. Au même moment, Shara descendit de la voiture de sa mère. Elle se précipita dans l’allée en hurlant : « Devine ! Devine ! » avant que Jess n’ait eu le temps de lui parler de Diamond.
– Quoi ?
Shara s’arrêta, bondit en écartant les quatre membres en étoile, et cria :
– Je suis dans la liste des présélectionnés de Canningdale !
– Oh là là, dit Jess.
– Je dois passer l’examen final mercredi. C’est un exercice de maths !
Shara sautillait sur place.
C’était un véritable crack en maths. À chaque devoir, elle obtenait vingt sur vingt. Comment la battre ? Si sa sélection ne dépendait plus que des mathématiques, elle était prise. Elle s’en irait dans quelques semaines, à la fin des grandes vacances. Jess ravala ses larmes.
– Jessy, non, la prévint Shara.
– Non, quoi ? demanda Jess.
– Ne fais pas ta sentimentale.
– Mais non, dit Jess en éclatant en sanglots.
– Mais si, dit Shara en serrant Jess dans ses bras. Arrête. Tu vas me faire pleurer.
– Désolée, renifla Jess, en serrant Shara. C’est plus fort que moi.
Shara grimaça en se dégageant.
– Aïe.
– Quoi ?
– Rien, dit rapidement Shara. Allez, viens, c’est trop. On a encore toutes les vacances pour faire du cheval ensemble. De toute façon, l’année prochaine, on n’aurait pas eu les mêmes cours.
– Désolée. Je suis vraiment contente pour toi, dit Jess. Tu vas devenir véto… avec un stéthoscope et des longs gants en latex.
Elle s’essuya les yeux, et s’efforça de rire.
– Mais tu vas me laisser toute seule, et Diamond est blessée et je crois qu’elle va mourir.
– Quoi ? demanda Shara, stupéfaite. Quand ? Où ? De quoi parles-tu ?
Jess l’emmena vers l’étable et lui raconta tout. Shara restait inhabituellement silencieuse pendant que Jess passait délicatement un doigt sur les bandages de Diamond pour lui indiquer les plaies.
– Je ne sais pas comment elle est arrivée là-bas. Elle était à des kilomètres de son paddock. Elle a dû galoper. Mais pourquoi se serait-elle mise à galoper ? Quelque chose a dû la poursuivre.
Shara semblait abasourdie. Elle observait les bandages de Diamond, l’air lointain.
– À ton avis, comment est-elle sortie de l’enclos ? demanda Jess.
– Je ne sais pas, dit Shara en haussant les épaules.
Se taisant, elles observèrent Diamond. Le petit cheval, habituellement débordant d’énergie et de tempérament, semblait indolent, avec sa tête basse et ses yeux à moitié fermés.
– Elle va s’en remettre, déclara finalement Shara. Les poneys sont coriaces. Tu vois, elle s’appuie sur ses deux jambes. J’ai déjà vu des poneys salement blessés, mais ils finissent toujours par s’en remettre. On va te trouver un autre cheval à monter pour les vacances.
– Je ne veux pas d’un autre cheval, dit Jess. Mon problème, ce n’est pas d’avoir un cheval à monter. C’est Diamond. Si tu avais vu comme elle souffrait avant que John lui fasse la piqûre ! Elle tenait à peine debout.
Shara caressa l’encolure de Diamond.
– Tu vas voir comme elle va guérir vite. Elle va s’en remettre.
– John a fait des radios. Il doit m’appeler dès qu’il aura les résultats. Ses jambes sont peut-être…
Jess fut incapable de terminer sa phrase.
– Il l’aurait piquée si elle avait eu les jambes cassées. Tu t’inquiètes pour rien, Jess.
– Je savais qu’il ne fallait pas l’emmener sur les berges de la rivière, grommela Jess. Elle entendit Shara inspirer et regretta ce qu’elle venait de dire. Je sais que tu trouvais que c’était une bonne idée, mais…
– Comment aurais-je pu deviner qu’elle franchirait les clôtures ? C’est rare qu’un cheval fasse ça.
– Diamond ne franchit jamais les clôtures.
– Je me doutais que cette idée allait te passer par la tête.
– Quelle idée ? demanda Jess.
Pourquoi Shara était-elle aussi bizarre ?
– Rien.
– Quelle idée, Shara ?
– Rien, j’ai dit. N’y pense plus.
– Je ne te reproche rien, dit Jess. Tu as raison, les fils électriques auraient dû suffire à l’empêcher de passer. Seulement, je ne vois pas comment elle a pu franchir trois rangées de câbles électriques. Il y en avait partout, dans tous les sens, comme si quelque chose les avait arrachés en passant à toute allure. Je n’y comprends rien.
– C’est peut-être des chiens sauvages. Ils chassent en meute.
– Un chien ne pourrait pas faire tomber des clôtures électriques.
– Sûrement, concéda Shara. Bon, il faut que j’y aille. Je dois réviser pour l’examen.
– Mais tu viens d’arriver !
Shara paraissait mal à l’aise.
– Désolée, je crois que Canningdale occupe toutes mes pensées. Mais je suis certaine que Diamond va se rétablir. John est l’un des meilleurs vétérinaires du pays. Il va la remettre sur pied. Bientôt, tu pourras remonter dessus.
Jess s’efforça de sourire.
– Bonne chance pour mercredi !
– Meilleures amies ?
– Meilleures amies.

Shara avait à peine quitté l’allée que le téléphone sonna dans l’étable. Jess alla répondre en courant.
– Allô ?
– Jess, dit John d’une voix douce et délicate – encore plus qu’à l’accoutumée.
Mauvais signe.
Les larmes lui montèrent aux yeux.
– Qu’est-ce… Ça dit quoi ?
– Il y a plus d’une douzaine de fragments d’os arrachés autour de la jointure du paturon. Ses jambes sont fichues, Jess.
Jess sentit ses poumons se vider.
– Nous allons devoir prendre une grave décision, ma pauvre petite.
Jess s’appliqua à respirer et essuya ses larmes.
– Je croyais que les chevaux ne pouvaient pas marcher avec une jambe cassée.
– Elle ne peut pas marcher, dit John. Sans les analgésiques, elle tiendrait à peine debout.
– Mais… alors, qu’allons-nous faire ?
Il y avait certainement quelque chose à faire. Il était question de Diamond, après tout. Pas d’un cheval de compétition qui aurait fait une chute sur le champ de courses. Ça lui était égal de ne plus pouvoir remonter sur Diamond, pourvu qu’elle guérisse. Elle attendit la réponse de John.
Il soupira lourdement.
– Je peux toujours essayer de la sauver. Je pourrais peut-être l’opérer, mais il n’y a aucune garantie. Elle devrait prendre des médicaments jusqu’à la fin de ses jours. Cela lui donnerait des ulcères…
Il ne termina pas sa phrase.
– Mais cesserait-elle de souffrir ?
– Je ne crois pas.
Gardant le silence, Jess cherchait à comprendre.
– Et si j’allais jeter un autre coup d’œil aux radios, proposa John, et réfléchir à une éventuelle opération chirurgicale ? Ensuite, je passerai te voir (il se tut, peut-être le temps de consulter son agenda) et nous prendrons le temps de discuter avec tes parents. J’ai des opérations prévues lundi et mardi, mais je peux passer mercredi.
La tête vide, Jess fixait le mur du regard.
– Qu’en penses-tu ? reprit le vétérinaire.
Elle accepta, et raccrocha.
4
Mercredi arriva. Jess avait déjà pris sa décision. Elle était assise dans le paddock, les coudes en appui sur les genoux, et s’appliquait à respirer régulièrement. Le printemps apportait des odeurs d’herbes fraîchement coupées et de fleurs d’acacia qui se mélangeaient à celles des chevaux, et lui parvenaient aux narines. Un tracteur crachota dans la vallée. Elle ferma les yeux pour savourer la chaleur des premiers rayons du soleil sur son visage. Comment cette journée pouvait-elle être aussi agréable ?
À côté d’elle, Diamond mâchouillait l’herbe tendre. Ce bruit familier aidait Jess à se calmer. Le poney se rapprocha d’elle tout en grignotant, et vint poser ses naseaux sur ses genoux. Elle sourit et frotta le toupet du poney.
– Diamond.
Elle posa son visage sur la joue du poney.
– Je t’aime tellement, petite demoiselle.
Elle vérifia l’heure à sa montre : encore trente minutes.
Diamond changea de jambe d’appui, et ferma les yeux pour mastiquer, comme si elle souhaitait que ce moment ne cesse jamais.
Caroline sortit subitement de la maison, en boutonnant un chemisier en molleton usé jusqu’à la corde qu’elle portait avec son sarong.
– Mince, Jess, John est déjà là ! cria-t-elle. La voiture de John Duggan déboucha sur le chemin de terre avant d’emprunter l’allée.
Jess se leva et passa les bras autour de la tête du poney. Elle enfouit sa tête dans la crinière de Diamond.
Elle entendit la portière d’une voiture s’ouvrir, et se refermer en claquant.
Je ne peux pas faire ça.
Des bruits de pas.
Une voix douce.
– Ça va, ma petite ?
Jess dégagea son visage de la crinière de Diamond, et regarda John droit dans les yeux. Ceux-ci étaient bienveillants et sages, et lui inspirèrent confiance.
– J’ai pris la bonne décision, n’est-ce pas ?
Elle avait besoin d’en être sûre à cent pour cent.
– Oui, je pense que c’est la bonne décision, si tu tiens vraiment à elle. Elle souffrirait en permanence, et la douleur ne ferait qu’empirer.
Jess fit oui de la tête. Un poids glacé l’écrasa au point de l’empêcher de bouger.
John posa une main sur son épaule.
– Que veux-tu faire ? Tu veux que ta mère t’accompagne chez toi, à l’intérieur ?
– Non, je veux rester.
Jess consulta Caroline du regard.
– C’est bon, dit Caroline. Nous avons pris cette décision ensemble, n’est-ce pas, Jess ?
Jess approuva et baissa les yeux. Si elle croisait le regard de l’un d’eux, elle s’effondrerait. Elle entraîna lentement Diamond près du vieux coachwood 1 , en haut du jardin.
John se tenait debout, les pieds écartés, les mains dans le dos.
– Il y a deux piqûres, dit-il. Dès que je lui aurai fait la seconde, elle sera partie. C’est très rapide et elle ne sentira rien. Elle sera morte avant d’avoir touché terre.
Le vétérinaire se tut un instant.
– On y va ?
– D’accord, murmura-t-elle. Son cœur cognait contre sa poitrine.
– Très bien, on y va, dit doucement John. C’est ici que tu veux qu’elle repose ?
Jess acquiesça d’un geste. Elle avait l’impression que son cœur cherchait à s’échapper de son corps. Elle se concentra sur sa respiration.
– Je commence, ma petite, dit John en tapotant Diamond, puis, en prenant l’encolure du poney dans sa main, il appuya sur la jugulaire pour détendre la veine.
Les yeux de Jess restèrent rivés sur la main de John quand il inséra l’aiguille. Du sang coula.
– Ce n’est rien, juste un peu de sang. Je place la seringue.
John inséra la seringue sur l’aiguille et appuya sur le poussoir. Puis il enleva la seringue, plaça la seconde et injecta la dose finale.
– Et voilà, ma petite, dit-il, en prenant le licou des mains de Jess pour aider Diamond à s’agenouiller avant de s’allonger sur le sol.
– Je t’aime, Diamond ! s’écria Jess, au moment où le poney exhalait longuement avant de s’immobiliser. Jess sentit ses genoux flancher, et elle s’allongea sur le corps chaud de Diamond, le visage dans l’encolure du poney. Elle entendit un geignement sinistre, comme un ballon d’hélium qui se dégonfle. Ce sifflement provenait de ses propres poumons.
– Tout va bien, ma chérie, dit Caroline en s’agenouillant à côté d’elle. Respire plus lentement. Ça va aller. Elle n’a plus mal maintenant. On ne pouvait pas continuer à la laisser souffrir.
Jess se concentra sur sa respiration, et sentit le calme la gagner. Un étrange vide l’envahit.
– Oh, maman, elle est vraiment morte.
Elle posa sa joue sur la ganache de Diamond. Elle était terriblement immobile.

1 . Arbre typique d’Australie, au tronc doucement parfumé.
5
Jess était assise à la table de la cuisine, et mâchait lentement un morceau de toast froid. Quand elle avait finalement réussi à s’extraire de son lit, l’heure du déjeuner était passée depuis longtemps. En temps normal, elle ne faisait jamais de grasse matinée. Elle se levait pour nourrir Diamond, s’assurer qu’elle ne manquait pas d’eau, ôtait ses couvertures et lui donnait un rapide coup de brosse avant de prendre son petit-déjeuner. Mais ce n’était pas un jour comme les autres. Diamond était morte et ses parents l’avaient autorisée à manquer l’école. La journée s’annonçait longue et vide.
– Il faudrait que j’aille donner à manger au cheval d’Hetty, quand même, dit-elle à Caroline en repoussant son assiette avant de se lever. Le hongre 1 de sa cousine avait été amené par camion des terres arides vers l’ouest, quelques jours plus tôt. Caroline avait proposé de l’accueillir pendant quelques mois pour lui éviter d’être mis en vente.
– Tu ne crois pas que tu devrais mettre des chaussures ? lui cria Caroline.
– Non.
Dans le hangar, elle remplit un filet de foin et ajouta quelques louches de compléments alimentaires dans un seau, avant de tout emmener dans le paddock.

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