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Histoire de Martine B. , livre ebook

33

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Français

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2024

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Ce récit fulgurant est l’histoire de Martine Belfond, 19 ans. Elle fantasme sur Dimitri, son premier amant, au point de vouloir le tuer. Elle se révolte contre une société qui ignore son mal-être et la bafoue. L’histoire de Martine B. est celle de toute une jeunesse dans les années 2025. Le récit peint symboliquement ses émois et ses projets. Il exprime sa révolte devant un monde désenchanteur. Tous les adolescents pourront s’identifier à Martine B. Qu’ils s’appellent Clara, Dimitri, Alain ou Cécile, qu’ils aient 18, 20 ou 30 ans, qu’ils étudient l’histoire de l’art à Chicago, l’économie à Paris, ou le droit à Hong-Kong. Avant ou après les pandémies, les conflits inépuisables, les guerres de l’eau ou du vent, et les catastrophes impensables, comment se réveiller, pour construire un monde meilleur ? Voici une anatomie de la jeunesse, atemporelle.
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Publié par

Date de parution

18 juillet 2024

EAN13

9782386476563

Langue

Français

Histoire de Martine B., élève de terminale scientifique au lycée Victor Duruy, à Paris
Anatomie d’une jeunesse déboussolée
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
© Éditions Complicités, Chez Pierres de Paris, 44 rue Rouelle, 75015 Paris, 2024
ISBN : 9782386470738
Dépôt légal : 3 e trimestre 2024
www.editions-complicites.com
Le Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L.122-5.2° et 3°a), d’une part que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective », et d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (Art. L-1222-4).
Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
 
Michèle Reich
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Histoire de Martine B., élève de terminale scientifique au lycée Victor Duruy, à Paris.
Anatomie d’une jeunesse déboussolée.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Éditions Complicités
 
 
 
À Marie
 
 
D’où vient le mal-être adolescent ?
 
 
 
 
 
On est à Paris, en 2024.
 
Martine Belfond est élève au lycée Victor Duruy, dans le septième arrondissement de Paris. Elle retrouve les premiers feuillets de son journal intime. Elle découvre son désir secret. Elle livrera à la postérité la trace indélébile de ses premières amours, et celle de son regard désenchanteur sur la société de son temps.
 
Elle cherche à trouver l’expression la plus juste que son amoureux comprendra. Comment lui traduire son désir d’amour. Le papier semble muet. Comment va-t-il réagir ? Ne va-t-il pas se moquer d’elle, de ses divagations, de son côté « romantique attardée », comme il le répète si souvent. Qu’importe, c’est bien cette feuille muette et silencieuse qui va recéler tous ses secrets, ce qu’elle n’a jamais osé dire à personne, cet aspect un peu trouble et inavoué. Il lui semble, avec l’éclairage nouveau que forme le passé, qu’elle mourait. Elle dépérissait lentement comme si elle avait été privée d’eau et de lumière. Là-bas, quand elle n’écrivait plus, elle ne pouvait plus se confier à la feuille blanche. Elle attendait sa visite, dans le sanatorium des Alpes où tout effort physique lui était interdit. Enfin, sa plume, ce pinceau de feu, elle l’a retrouvé. Et, entre deux cours de mathématique et d’histoire, elle peut exprimer ses rêves d’amour. Elle est en classe de terminale scientifique.
 
Après les longues nuits d’insomnies pendant lesquelles elle rêvait tout haut, elle se réjouit d’écrire, de pouvoir enfin fixer ses pensées et de les faire éclore, en leur donnant une direction. Elle veut balayer le ciel bleu d’une onde pure, se saisir de l’odeur de la pluie qui ruisselle en ce moment sur Paris. Pour oublier sa détresse et son désenchantement en face d’un monde qu’elle ne supporte pas, elle tente en vain de rêver. L’humidité colle aux murs de sa chambre qu’elle pourrit doucement. Croissent déjà, ici, dans sa chambre de bonne au sixième sans ascenseur, quelques volumineux champignons. Mais par où commencer ? Il lui semble qu’elle a tant de choses à dire. La jeunesse est incomprise. Elle est prête à se vautrer dans n’importe quelle idéologie de pacotille. Quelle sera sa première confidence au monde, dans l’espoir insensé de le changer ?
 
Une pluie monotone s’abat sur Paris la nuit. Elle fait glisser les passants effarouchés. Telles des marionnettes, ils tombent.
La veille, en buvant un scotch pour essayer de voir les choses kaléidoscopiquement, Martine a lu le dernier navet à la mode. L’héroïne lui plut toutefois en raison de sa perversité traduite à la mode espagnole. L’ambiance lui plut. Quelques corridas étaient longuement décrites. On torturait le taureau. Les picadores suaient sang et eau. Quelques scènes de foule lui parurent stéréotypées mais intéressantes. Elle se passionna pour des profils de visages d’hommes taillés en lame de couteau, pour des dames aux ombrelles et aux longues robes blanches.
 
Martine goûte la description des « niñas » accrochées aux jupes de leurs mères, qu’elles labouraient de leurs ongles au rythme de chaque “passe” du torero.
Elle but d’un trait cet ouvrage. Naïvement, elle s’identifia à cette sombre héroïne. Si cette fille peut trouver le bonheur dans l’amour, alors, elle, Martine, sera, elle aussi, comblée. Mais aujourd’hui, Dimitri, son grand amour, un ancien élève du lycée Duruy admis à Polytechnique, ne lui répond plus. Pourquoi ?
 
Alors, elle rassemble ses souvenirs dans la fièvre de son insomnie. Elle prétend sceller du sceau de l’éternité les moments qu’elle a partagés avec Dimitri. Dans le salon de thé à l’odeur si chaude de la rue de l’École de Médecine, ils ont bien vu, tous les deux, son âme sœur et elle-même, une vieille dame vêtue à l’ancienne, comme d’une robe de bure. Ils ont imaginé ensemble une servante dans un château aux tours massives. Ils ont échafaudé une intrigue. Cette figure âgée vient d’apporter dans un plat d’argent le sanglier tué pour le divertissement de seigneurs d’un autre âge. À la campagne, au loin, Dimitri et Martine ont vu passer une glaneuse. Dans son lit, aujourd’hui, en septembre 2024, Martine revoit la ville moyenâgeuse aux maisons de bois, aux ruelles étroites et malodorantes se profiler à l’ombre de sa mémoire.
 
Martine se rappelle comment Dimitri contempla le chétif « roulé aux noix » apporté avec négligence sur une assiette plastifiée. Ce détail lui remet les pieds sur terre. Elle rit une seconde avant de pleurer l’absence de son amant et de laisser perler une larme dans le creux de son oreiller.
 
Un nouveau souvenir intime l’assaille. Il était environ six heures du soir. C’était au même endroit, au salon de thé viennois de la rue de l’École de Médecine, à Paris. Dimitri était présent. Une foule déchaînée escalada les marches de la pâtisserie. Elle s’y engouffra. Quelques attardés, dont Martine faisait partie, comprirent que le moment était venu de laisser la place. Tous deux, ils prirent leur sac à dos et partirent. Martine repartit pour sa chambre de bonne du sixième, rue de Vaugirard, toute seule. Ce fut le premier vrai sentiment d’abandon qu’elle ressentit. Dimitri, est-ce un amour perdu ? Comment, sans lui, accepter le déluge d’inhumanité, de bêtise et de barbarie qui envahit la société, à l’internationale ? Quel rempart, contre la guerre et la pauvreté ?
 
 
 
 
À quoi bon, se dit-elle, embarrasser une feuille de papier de ses tout petits problèmes ? N’a-t-elle donc rien d’autre à faire, à dire ? N’a-t-elle donc aucune autre solution que celle de se droguer, d’en finir avec les turpitudes et la routine ? Elle tente de rire pour oublier l’absence de Dimitri. Elle chiale, parce qu’elle n’a envie de rien, qu’elle se fout de tout, qu’elle a envie de cracher sur le monde entier pour déverser sa bile.
 
Elle se désespère de n’être rien, sinon le produit d’une société de décadence, un frêle fruit aux lourdes œillères, à la timidité maladive. À vos armes, citoyens, elle veut se battre. Mais elle ne croit pas en la guerre. Quelle qu’elle soit. Espérons que ça ne sera pas contre des moulins à vent. Elle veut continuer à se dézinguer, à se balader, et à humer l’air des printemps enfiévrés.
 
Dans sa chambre de bonne, en septembre 2024, elle entend un bruit persistant et aigu, celui d’une scie à métaux, en provenance d’une cave voisine. Ça doit être les deux vieilles filles du troisième qui sont descendues « bricoler », comme elles disent.
 
Mais l’air, aujourd’hui, n’a-t-il pas un parfum d’aventure ?
 
Il ne faut plus que les murmures des merles de Paris bercent sa rêverie, allongée sur le clic-clac de sa chambre de bonne.
 
Elle se sent glisser dans un puits noir et marécageux. Des chiens, hurlant à la lune, l’attendent, leurs crocs avides dressés en avant.
 
Une timide lumière éclaire la pièce où elle rédige sa romance adolescente destinée à la jeunesse du monde entier. À qui ?
Pour qui ? Pour que son corps explose. Pour que les fenêtres où elle est enfermée s’ouvrent, vers la lumière. Le jour filtre cependant. Fragile instant qui précède l’aube. Toutes les persiennes sont encore closes mais sur le point de s’éveiller. Les murs opaques recèlent le germe d’une vie nouvelle. Une concentration d’énergie humaine se déploiera un jour pour voir les choses autrement et construire enfin un monde vivable.
 
À cette heure, l’esprit peut encore s’agripper à la minute, s’y plonger pour le dernier moment du recueillement.
 
 
 
 
Pourtant, la seconde semaine de septembre 2024, alors qu’elle ne l’attendait plus et pleurait son absence irrémédiable, au milieu de la nuit, Dimitri est venu rejoindre Martine dans son lit.
Il avait le regard fier, comme toujours. Elle voudrait se confier à lui. N’est-il pas son seul amour, son grand frisson de vie ? Mais il la décourage. Les êtres que l’on aime sont, pour nous, parés de trésors cachés et représentent cette inaccessibilité qui est mystère parfait. Est-ce pour cela que, lorsqu’elle s’apprête à lui parler de ses secrètes obsessions, elle en est empêchée ?
 
La voici, comme diraient les journaux romantiques, « reléguée » à son triste destin. La voilà contrainte de se confier à cette feuille de papier vierge qui l’entraînera jusqu’où ? Se sentir inutile, avoir des visions d’oiseaux écorchés, de fleurs égratignées et de solitude d’encre, ces sensations l’étreignent.
 
Aujourd’hui, elle voudrait rayonner de bonheur, que ses soucis fondent comme gouttes au large de l’océan. Qu’ils soient remplacés par d’

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