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Description

7 petits-fils, 7 missions, 7 destins, 7 romans À la mort de leur grand-père, DJ, Steve, Spencer, Bunny, Webb, Adam et Rennie reçoivent chacun en héritage une mission. L’occasion pour eux d’en savoir un peu plus sur leur grand-père mais aussi sur eux-mêmes.

Adam n’a pas confiance en lui. Il est persuadé que son grand-père David le trouvait faible. Il compte sur sa mission pour prouver sa valeur au monde entier. Et à Vanessa surtout. Il s’envole donc pour le sud de la France et découvre les exploits réalisés par son grand-père lors de la seconde guerre mondiale. Adam devra faire preuve de courage et d’audace pour retrouver une œuvre d’art cachée, suivre les traces de l’aviateur Saint-Exupéry et explorer des lieux difficiles d’accès. C’est le début d’une formidable aventure, dont il ne ressortira pas indemne…

L’ouvrage original a été publié par Orca Book Publishers sous le titre Last Message.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 20 juillet 2017
Nombre de lectures 77
EAN13 9782215134985
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Sommaire
Première partie
Un – Matière à réflexion
Deux – Secrets
Trois – Tests
Quatre – La première enveloppe
Cinq – Vanessa conquise
Six – Dans les airs
Sept – Secrets de la campagne
Huit – À moi de jouer
Deuxième partie
Neuf – La deuxième enveloppe
Dix – Dans les profondeurs
Onze – Message du fond de la mer
Troisième partie
Douze – La troisième enveloppe
Treize – Le dossier chauvet
Quatorze – La clé chauvet
Quinze – Dans la grande caverne
Seize – Le sens de la vie
Dernière partie
­Dix-sept – En vol
­Dix-huit – Attendez ici
­Dix-neuf – Un secret tout simple
Remerciements
La série 7
Pour Susan et Jackson Peacock, les meilleurs des amis

AVERTISSEMENT DE L’ÉDITEUR

Découverte le 18 décembre 1994, la grotte Chauvet demeure un lieu unique par son ancienneté et ne peut donc être ouverte au public. Cependant, depuis 2015, le visiteur peut se rendre à la caverne du Pont d’Arc, à quelques kilomètres de la grotte seulement, et y découvrir une réplique grandeur nature spectaculaire.
« Va revoir les roses ! » A NTOINE DE S AINT -E XUPÉRY Le Petit Prince
Première partie
Un Matière à réflexion
« Il n’ira jamais très loin. »
C’est ce qu’il a dit. En réalité, c’est la dernière chose qu’il a dite à mon sujet.
J’essayais de ne pas lui en vouloir alors que j’étais assis avec ma mère et mon père dans le bureau du notaire, une grande pièce tapissée de lambris sombres et juchée dans les nuages au cinquantième étage d’un édifice de Toronto, au Canada. Ce n’était pas le meilleur moment pour lui en vouloir. Non, pas du tout.
Je ne crois pas que quelqu’un, dans cette salle, ait jamais ressenti, même de loin, de tels sentiments à son égard. Après tout, il était mort et il venait d’entreprendre son dernier vol vers l’ultime aventure, dans le ciel. Il était si en forme et si vivant que nous avons tous été sous le choc d’apprendre sa mort, même s’il avait… ­quatre-vingt-douze ans.
Mes tantes, un oncle et mes cinq cousins – presque toute la famille McLean, en fait – étaient réunis, émus, assis dans de grands fauteuils en cuir. Je crois qu’ils pensaient tous au grand homme qu’il avait été. Ils avaient raison. Même si je tentais de garder les lèvres fermement serrées, elles tremblaient malgré tout. Trois de mes tantes tenaient un mouchoir à la main et avaient le visage rougi.
Mon oncle Jerry était assis stoïquement, la bouche fermée, pendant que mes cousins regardaient le plancher ou le plafond, évitant tout contact visuel avec les autres, comme s’ils étaient terrorisés à l’idée de pleurer. Même DJ, le plus âgé des ­petits-fils (il était plus vieux que son jumeau Steve de quelques minutes, et beaucoup plus mature), qui aimait se croire le meneur de notre génération, semblait ébranlé. De toute façon, je pense que les Canadiens sont un peu lâches, malgré leurs qualités sur la glace.
Maman et papa sont différents. Ce sont des gens forts, comme ­grand-père, et ce trait de caractère transparaît sur leur visage. ­Peut-être parce que nous faisons partie du côté américain de la famille ? Nous avons transformé maman, qui est née canadienne. Elle était la préférée de son père ; tout le monde le savait. Vous devez penser qu’elle était la plus bouleversée de tous. Eh bien, on ne l’aurait pas dit en la regardant. Elle gardait son ­sang-froid et demeurait aussi calme, j’en suis certain, que lorsque ­grand-papa (il était canadien, mais pas mauviette) menait ses missions aériennes ­au-dessus de la France, ou encore lorsque papa a dû faire atterrir à l’aéroport Kennedy son Airbus d’American Airlines avec un seul moteur et trois cents passagers à bord.
Dans la pièce, les rideaux étaient tirés, ne laissant pas pénétrer la lumière du matin. Mis à part quelques chuchotements, le silence régnait. Dans un coin, une vieille horloge égrenait bruyamment les secondes.
Ce n’est pas que je n’étais pas triste. Je l’étais. Ce n’est pas non plus que je ne l’aimais pas. Je l’aimais. Comme tout le monde, je savais qu’il me manquerait énormément. Il aurait fallu être un robot pour qu’il en soit autrement. J’aurais seulement aimé qu’il ne dise pas : « Il n’ira jamais très loin » à mon sujet. J’aurais aussi voulu que ce ne soient pas ses dernières paroles. J’avais déjà assez de soucis comme ça… même si je les cachais bien.
La famille McLean se rassemblait généralement pour des occasions beaucoup plus joyeuses. ­Grand-papa était toujours le centre d’attraction, même s’il était très âgé… exactement comme aujourd’hui, quand on y pense. Il n’arrêtait jamais de parler et de bouger. Il connaissait des histoires sur tous les sujets et savait les raconter. Il avait tout vécu. Si vous vouliez savoir quel effet ça faisait d’être mitraillé ­au-dessus d’une France occupée par les nazis, ou de vivre des aventures en plein ciel islandais, ou si vous vouliez en apprendre davantage sur des vols dangereux en Afrique orientale, c’était votre homme.
Je me rappelle la dernière fois où nous nous sommes réunis. C’était l’été dernier, dans sa maison de campagne de Muskoka, en Ontario, où plusieurs vedettes de cinéma possèdent une résidence secondaire. J’ai même entendu dire que Tom Cruise y a une propriété et que de nombreux joueurs de hockey y passent l’été.
Le cottage des McLean est un endroit spécial, dont nous avons bien profité au fil des ans. Mais le moment le plus fantastique a sans nul doute été celui, il y a quelques années, où nous nous sommes retrouvés dans un champ près du lac : grand-papa y a fait atterrir son avion puis a emmené tous ses ­petits-fils faire un tour dans le ciel. C’est l’une des dernières fois où il a piloté – une des dernières missions de son incroyable carrière. Et moi, je ne m’en souviens que trop bien.
J’ai vomi. J’ai dégueulé à l’intérieur de son précieux oiseau. J’ai trouvé une parade en disant que je ne me sentais pas bien cette ­journée-là. Je me trompe peut-être, mais il me semble que tous les autres s’en sont sortis de façon éclatante. Quand je suis descendu de l’appareil, j’étais aussi blanc que la porte de l’avion.
Le problème, c’est que cette aventure n’aurait jamais dû se passer ainsi. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai tant de difficulté avec son « Il n’ira jamais très loin ». Je suis le fils de sa fille préférée ; j’ai reçu son second prénom ; je suis celui pour qui il a volé toute une nuit afin de venir me voir à Buffalo le jour où je suis né (qui est également, soit dit en passant, sa date d’anniversaire) ; je suis celui pour qui il a murmuré à ma mère : « ­Celui-là, il est précieux. »
Ç’aurait été différent si j’avais été un looser. Mais je n’en suis pas un. Je fais partie de l’équipe de football et de celle de hockey de mon bahut (je suis prêt à affronter mes cousins canadiens n’importe quand), et j’ai une superbe petite amie. Mes résultats scolaires ne sont pas mauvais…
Or, c’est ça le problème. Pas mauvais ! Tout est seulement pas mal avec moi – gardien puissant au football, mais pas ­quart-arrière ; cinquième marqueur au hockey, mais pas le premier ; mon nom figure au tableau d’honneur, mais pas comme premier de classe. Et la fille que je désire vraiment, celle avec qui tous les gars du collège McKinley voudraient être, – la déesse Vanessa, avec son corps d’enfer et ses cheveux blonds qui ondulent comme les blés sous la brise – sait à peine que j’existe, même quand elle est debout à côté de mon casier.
Je me sens parfois coupable de m’intéresser à elle : ce n’est sans doute qu’à cause de son apparence et parce que tout le monde la désire qu’elle m’attire aussi. Je sais parfaitement que je suis parfois hésitant et que j’agis alors comme un idiot. Mais je sens que j’ai tellement de choses à faire dans la vie. Je suis grand pour mon âge et j’ai le regard pénétrant de ­grand-papa. J’ai donc une bonne base de départ. Je devrais réussir ! Je suis Adam McLean Murphy, ­petit-fils d’un héros légendaire de la guerre, fils de John Murphy, célèbre pilote d’avion décoré de la guerre du Golfe, et de Victoria McLean, une athlète qui a couru les 400 mètres pour le Canada aux Jeux olympiques et qui a comblé son père de fierté. Et je suis juste « pas mal ».
Selon moi, ce n’est pas suffisant.
« Il n’ira jamais très loin. » Comme d’habitude, ­grand-papa avait visé dans le mille. S’il l’avait dit quand j’avais dix ou douze ans, cela aurait probablement été différent, mais c’est arrivé le mois dernier, le foutu mois dernier. Il ne me reste que deux années d’études. Je sens que le sort est jeté.


La porte s’est ouverte, et le notaire est apparu, vêtu d’un costume et d’une cravate démodés. On aurait dit qu’il les avait achetés dans un magasin Target ou une autre grande surface équivalente.
« Bonjour », ­a-t-il dit avec un sourire forcé.
De toute évidence, il avait été sous le charme de David McLean. Il a ensuite marmonné quelques mots pour dire que c’était un jour triste, qu’il avait vénéré ­grand-papa et qu’il ne pouvait croire à son décès, même s’il était de près de trente ans son aîné. Un peu comme s’il s’était imaginé que le grand homme vivrait éternellement.
Je pense d’ailleurs qu’il vivra éternellement, ­là-haut dans le ciel, nous recouvrant tous comme une ombre géante.
Les funérailles ont été un moment éprouvant. Tout le monde était sous le choc. Il était difficile de croire que grand-papa était étendu dans ce cercueil ouvert et qu’il puisse rester là, immobile, plus d’une seconde. J’arrivais à peine à le regarder. Je me sentais submergé de colère et de tristesse. Dans ma tête, cette scène était horrible.
Le notaire nous a ensuite débité, en termes légaux, les dernières volontés de ­grand-papa. ­Bla-bla-bla. Je voulais juste sortir et partir. Ce genre de choses concerne seulement les parents. Et puis, je me sentais coupable de ne pas me sentir encore plus triste. Je voulais en finir.
Le notaire continuait de parler d’« actifs et de biens », qui devaient être « liquidés pour les héritiers ». Quelle surprise ! Si je n’avais pas ressenti autant de sentiments contradictoires, je me serais endormi. J’ai commencé à penser à Vanessa : à son jean moulant et à ses petits hauts ajustés.

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