background image

Zombitions , livre ebook

207

pages

Français

Ebooks

2025

Écrit par

Publié par

icon epub

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Lire un extrait
Lire un extrait

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne En savoir plus

Découvre YouScribe et accède à tout notre catalogue !

Je m'inscris

Découvre YouScribe et accède à tout notre catalogue !

Je m'inscris

207

pages

Français

Ebooks

2025

icon jeton

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Lire un extrait
Lire un extrait

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne En savoir plus

Depuis le début de l’humanité, la fine fleur des guerrières, les Nécrocides, contrecarrent les Maîtres Zombies dans leurs plans de domination du monde. Jusqu’à la dernière génération, les lignées de tueuses s’en sortaient plutôt bien, et aucune Apocalypse ne fut à déplorer. Puis arriva Evangeline Rose. Née dans une famille où se sont brillamment illustrées toutes les précédentes tueuses, Evy peine à marcher dans leurs pas. Ne devant sa survie qu’à une chance insolente, c’est pourtant sur sa génération que va peser le plan final des Maîtres. Pour son plus grand malheur, elle devra mettre de côté shopping et écriture de romans pour se consacrer à la mission qui fait d’elle une Nécrocide. Mais allez sauver le monde avec un Microbe dans le tiroir.
Voir icon arrow

Publié par

Date de parution

29 avril 2025

EAN13

9782356021687

Langue

Français

ZOMBITIONS suivi de Zombiguïté Aurélie MENDONÇA www.rebelleeditions.com  
ZOMBITIONS
Prologue
Extrait du journal de Sophie Rose
8 décembre 1984
La Magie est partout. Dans chaque souffle du vent, dans chaque brin d’herbe, dans les bruissements des feuillages, dans la fuite silencieuse d’un animal sauvage. Elle est en nous et autour de nous. C’est grâce à elle que la fleur ouvre ses pétales au petit matin, que la louve hurle à la lune, que l’escargot goûte à la rosée fraîche et pure des sous-bois, que la mère accueille son nouveau-né sur son sein.
À ceux qui la ressentent, la Magie permet de contempler des miracles. Elle est dans les yeux d’une enfant qui découvre le monde, dans les cris de bonheur d’un couple qui se retrouve enfin, dans les larmes de soulagement d’une femme qui voit sa fille devenir mère pour la première fois.
À ceux qui les voient, les Esprits sont là. Majestueux, libres, terribles également. Ils promettent un grand pouvoir à ceux capables de les amadouer et de les respecter, mais une malédiction éternelle à ceux qui en demandent trop.
Nous, les Nécrocides, tout comme les Sorciers, avons reçu le cadeau de la Magie. Porteurs du même don, mais perpétuels ennemis, notre combat est sans fin. Jusqu’à ce que l’un des deux clans l’emporte sur l’autre, génération après génération, nous sommes condamnés à vivre et revivre cette innommable guerre.
Aujourd’hui cependant, l’heure est à la fête, car les Nécrocides accueillent leur future « Prêtresse-qui-parle-aux-Esprits ».
Bienvenue dans ce monde de Magie, Evangeline, ma chère petite-fille.
Début mai 2012
Il était une fois, dans le joli quartier du Vieux-Lyon, une jeune femme prise d’une furieuse envie d’acheter des robes. Les fesses bien collées au canapé, une couverture sur les genoux, elle avait décidé qu’Internet serait un bon compromis entre cet appétit soudain pour des froufrous et la fainéantise aiguë qui lui avait permis de fusionner avec son sofa.
Compromis que le chat, en bon félin qu’il était, avait alors réduit à néant en sautant allègrement sur le clavier de l’ordinateur, fermant toutes les fenêtres ouvertes, et freezant par la même occasion le navigateur Internet. Tant pis pour cette adorable robe bustier trop mignonne et pas chère, en route pour l’aventure, direction la petite boutique favorite d’Evangeline Rose !
Si cela n’avait donc été pour cette folle envie de changer le contenu de son armoire, ladite Evangeline ne se serait pas trouvée dans son magasin préféré de prêt-à-porter, rue des Trois-Maries, enfermée dans une cabine d’essayage avec une robe vieux rose à bretelles fines et son jean à moitié enfilé, une botte à un pied et l’autre dans un coin, une troupe de créatures affamées grattant à la porte. Et ce n’était pas une métaphore : la horde attendait qu’elle sorte de sa cabine pour la dévorer toute crue, bottines en cuir compris ! Heureusement, Evangeline n’était pas l’une de ces demoiselles en détresse. Avec un soupir de mécontentement – parce que, tout de même, elle était venue s’acheter des nouvelles fringues, pas dézinguer des créatures surnaturelles –, elle sortit de son sac à main deux brassards en peau si épais qu’il faudrait au moins cinq rangées de dents effilées pour les déchirer, une machette de voyage (deux fois plus modeste que celle qu’elle utilisait d’ordinaire) et des lunettes de protection. Après avoir remis sa veste en cuir (en gardant la petite robe rose, dédommagement de ce qu’elle s’apprêtait à faire), remonté la fermeture Éclair jusqu’au menton, attaché ses cheveux bruns en chignon sur le haut de sa tête et enfilé les brassards par-dessus ses manches, elle lâcha une grosse expiration en roulant des épaules et en sautillant sur place pour s’échauffer. Pour elle, sortir de la cabine, dérouiller les zombies et rentrer chez elle allait être un jeu d’enfant.  
Evangeline Rose était une Tueuse de créatures surnaturelles, plus communément appelée Nécrocide. Comme le terme l’indiquait clairement, elle assassinait les morts qui ne voulaient pas rester morts. Elle était plutôt douée dans son métier, et par douée, cela voulait malheureusement et simplement dire qu’elle était encore en vie à vingt-huit ans bien sonnés. Ses camarades Nécrocides avaient une tendance fâcheusement statistique à tomber sous les dents pourries des zombies avant le glas de leur vingt-cinquième année. Pourtant, Evy était loin d’être particulièrement forte ou agile : elle ne devait sa survie qu’à une incroyable chance qui lui permettait de glisser sur la seule plaque de verglas au début du printemps pile au moment où deux morts-vivants allaient planter leurs chicots dans son cou. Le temps qu’ils comprennent qu’ils se mangeaient l’un l’autre, elle avait eu le temps de planter sa machette dans ce qu’il leur restait de cervelle.
Si elle avait pu choisir, la voie des Nécrocides n’aurait jamais eu sa prédilection. Comme sa mère, sa grand-mère et son arrière-grand-mère avant elle, elle était obligée d’être une Tueuse de zombies. Tout ça à cause d’un petit gène de rien du tout qui avait développé ses sens au-delà de la normale. Satanés chromosomes !
Pour le moment, Evangeline était en train de rager sur le fait qu’elle était seule dans une cabine d’essayage, dans un magasin dont la clientèle venait très probablement de se faire mordre ou dévorer par toute une équipe de zombies. Pourquoi avait-elle choisi ce jour pour aller acheter des robes ? Il fut un temps où elle aurait simplement été agacée de devoir travailler un jour de congé, mais elle aurait brillamment exterminé les morts-vivants, serait rentrée chez elle prendre une douche et aurait fêté l’évènement avec un hamburger et une bonne série télévisée.
Seulement voilà, il y a quelques mois de cela, Evangeline n’était pas enceinte.
Journal d’une Nécrocide Anonyme
5 mai 2012
La prochaine fois qu’il me prend une envie subite d’acheter des fringues, cassez-moi une jambe ! Ça me permettra en plus de poser ces vacances que j’attends depuis… oh combien ? Vingt-huit ans ? Jamais deux jours de congé à la suite, pas une seule minute de détente, pas d’orteils en éventail au soleil, loin d’ici, loin de tout ça. Rien, depuis le jour où j’ai pointé le bout de mon nez. Entre les apprentissages communs à tous les autres enfants, je devais aussi partager mon temps avec des entraînements aux diverses armes, à des séances de yoga, de la gymnastique, des sports de combat et, bien sûr, de l’initiation à la Magie. La Magie. Quelle garce, celle-là ! Pas un seul instant elle ne me laisse tranquille. Même quand je dors, elle est là, attendant sournoisement le moment où elle pourra une nouvelle fois me prendre en défaut. Ce qui arrive fréquemment, je vous l’accorde. Dire que je suis très douée en Magie serait au mieux un gros mensonge, sinon une idée sortie tout droit d’un roman de science-fiction. Pour être totalement exacte dans les termes, la Magie se sert de mon corps pour faire un peu ce dont elle a envie. Je ne peux pas lui en vouloir, elle n’a pas choisi de se trouver avec une empotée comme moi. Et puis, elle me sauve la mise assez souvent quand je trébuche sur mes propres pieds face à des zombies. Tenez, tout à l’heure par exemple : j’étais vraiment dans la mouise jusqu’au cou. Se débarrasser d’une horde, ce n’est jamais accompli les doigts dans le nez, mais j’étais particulièrement mal engagée. Déjà parce que j’étais partie pour acheter des fringues, à mille lieues d’imaginer que j’allais me faire attaquer. Il ne faut pas grand-chose pour me distraire d’habitude et, en ce moment, c’est la catastrophe… Avoir un polichinelle dans le tiroir, ça vous change votre manière d’appréhender les choses. Un peu comme si je craignais à présent pour mon existence, alors que je connais les risques du métier depuis mon enfance. C’est peut-être bête, mais j’ai eu peur, dans cette cabine. Et je n’avais pas mon portable sur moi, comme toujours. Même si je l’avais eu, je n’aurais pu appeler que deux personnes à la rescousse : mon frère non-Nécrocide et ma mère. Et j’aurais préféré me faire dévorer encore vivante plutôt que d’admettre à ma génitrice que j’avais besoin d’elle. Problème géné rationnel. Elle est chiante, je suis chiante, on n’est jamais d’accord sur rien et on s’énerve mutuellement.  
Qu’est-ce que je disais ? Ah oui, la horde dans la boutique. J’étais donc vraiment en mauvaise posture. Aucune issue à part celle que je devrais me tailler dans les zombies. Je me demande d’ailleurs ce qu’ils foutaient là… D’ordinaire, je peux (comme toutes les Nécrocides) sentir à l’avance les infections comme celle-ci. Que ce soit une minute ou un jour, il y a toujours un délai pour permettre aux Tueuses d’effectuer leur boulot. Encore un truc que j’ai oublié de faire avant de rentrer chez moi : « l’investigation ». Ça va me rapporter des mauvais points à notre prochaine réunion mensuelle. Ah ! Je vais essayer de faire passer cet énième oubli en leur annonçant l’apparition de ma nouvelle aptitude magique. J’ai appelé cette compétence : « la bulle de protection ». J’aurais pu choisir un terme plus exotique, plus magique peut-être. Mais bon, le nom indique exactement ce que c’est : une bulle de magie qui me protège. Il me semble que je suis la première Nécrocide à développer une telle capacité. Je crois que ça a un lien avec le bébé. Je demanderai à Grand-Mère Sophie.
Alors donc, j’étais en fâcheuse posture dans ma cabine d’essayage, avec mon arme à la main et je me suis dit que, de toute façon, il faudrait bien que je sorte de là un jour ou l’autre. Les zombies pourraient gratter pour l’éternité à ma porte, mais je connais assez bien la capacité de ma vessie. Grâce à ma chance, j’ai rarement peur pour ma vie. Mais aujourd’hui, tout a changé. Est-ce que c’est ce qui a déclenché mon pouvoir ? La peur de perdre ma fille ? Ou alors est-ce la Magie qui a craint que je ne sois pas en mesure de la protéger, elle, l’héritière des gènes des Nécrocides ? Peut-être bien les deux combinés. C’est vrai que je porte en moi la procha

Voir icon more
Alternate Text