Aimer d une autre mort
97 pages
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Aimer d'une autre mort , livre ebook

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Description

Connaître l'échec en amour : rester seul, se faire plaquer, aimer quelqu'un qu'on laisse indifférent... Autant de raisons d'abandonner la quête naïve de l'âme sœur.
Céder au découragement ? Ne plus croire en l'amour ? Après tout, pourquoi pas... Traverser le miroir, et découvrir qu'il existe une autre façon d'aimer, ténébreuse, mais ô combien plus épanouissante !
Aimer d'une autre mort, pour ne pas mourir d'un autre amour.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 23 septembre 2016
Nombre de lectures 0
EAN13 9782304046014
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0017€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

AIMER D’UNE AUTRE MORT
Conte poétique

DIDIER NICOLLET

Editions le Manuscrit 2016
ISBN:9782304046014
Cet ebook a été réalisé avec IGGY FACTORY. Pour plus d'informations rendez-vous sur le site : www.iggybook.com
Avant-propos
 

 

Les commencements de ma vie amoureuse ne se sont pas du tout déroulés comme je le souhaitais. Il fut particulièrement plus difficile pour moi que pour la plupart d’entre nous de découvrir les femmes, d’apprendre à leur plaire, de satisfaire mes fantasmes, de les aimer sans complexe, puis de trouver le bonheur et un équilibre, un épanouissement sentimental, affectif et sexuel.
J’ai en effet grandi étouffé dans une éducation religieuse envahissante et imposante. Mon père, ainsi que les milieux évangéliques assez fermés dans lesquels il m’a immergé dès l’enfance, m’ont grandement influencé à me consacrer pleinement à Dieu, en mettant de côté « les oeuvres de la chair » : tout ce qui touche aux passions, aux émotions et à la sexualité.
Il ne s’agissait pas simplement de réserver certaines choses pour le mariage, barrière qui se lèverait enfin pour laisser libre cours au naturel et à la vie après des années de frustrations et de privations. Il s’agissait plutôt d’imposer une autre façon de vivre, pieuse, dans laquelle le sexe et les grands plaisirs de la vie n’ont pas leur importance. Ainsi, avant comme après le mariage, Dieu devait demeurer la priorité absolue et le reste était méprisé. Les besoins les plus naturels de l’homme étaient condamnés et déclarés avilissants.
Que devais-je donc faire de ma soif d’aventure amoureuse, de mes besoins sexuels naissants, de mon envie de me laisser charmer par cette amie que je semblais intéresser, de m’abandonner avec elle à quelques fantaisies coquines ? Je désirais me sentir libre d’aimer qui je voulais comme je le voulais, sans me limiter, me structurer ou me priver par des règles et des obligations. Il me semble qu’il y a de nos jours suffisamment de choses qui nous limitent, qui nous contrôlent et nous contraignent, et que s’il y a un domaine dans lequel on doit pouvoir encore se sentir libre, c’est bien celui de l’amour !
La Bible m’a pourtant appris à limiter mon épanouissement personnel. Ce livre m’a enseigné que l’expérience en amour, la connaissance des femmes et la maturité sentimentale ne servent à rien, puisque le bonheur et la réussite d’une vie de couple ne dépendent pas de cela, mais qu’il s’agit plutôt d’une récompense accordée par Dieu en échange de bons et loyaux services !
J’ai donc grandi entre ces théories enfantines et ces superstitions moyenâgeuses, qui constituaient les ingrédients parfaits pour appauvrir voire détruire ma vie sentimentale, et finir malheureux en amour.
Je me suis ainsi retrouvé interdit de femme à une période de ma vie où tout m’attirait vers elles. Privé de bonheur alors que je venais de décider que mon bonheur ne passerait que par elles. Désirer, espérer, fantasmer, caresser, jouir. Privé de tout cela par des gens qui étaient morts dans leur tête, dans leur coeur et dans leur corps. Ces morts m’ont demandé de ne pas rechercher l’amour, qu’il viendrait tout seul à moi, que Dieu s’occuperait de tout. Illusions et prophéties de mort pour fabriquer un mort de plus.
Déjà enfant, mon avis ne comptait pas, mon ressenti était méprisé, et mes traits de personnalité critiqués. Adolescent, j’ai compris que mon épanouissement dérangeait et effrayait mon père, dans son univers étroitement fermé sur ses convictions religieuses. Il m’a alors fait comprendre que je devais vivre en sourdine, voire ne pas vivre du tout. Il m’a présenté la Bible sous l’angle d’un déni de soi, en me demandant de renoncer à mes idées et émotions pécheresses, pour adopter les idées bibliques comme des idées toutes faites imposées à l’esprit, des vérités prêtes à l’emploi et des projets prêts à vivre. Pour une vie standardisée, robotisée, programmée à devenir quelqu’un de bien. Tout empaqueté pour le paradis, pour une vie parfaite, mais non pour la mienne !
On me vendait une perfection impersonnelle, au lieu de me laisser mon imperfection personnelle. On me demandait de renoncer à ma folie de vivre, pour être sage comme un mort !
Davantage que la liberté d’expression, c’est la liberté de penser et de ressentir qu’on tentait de m’ôter ! C’est pour cette raison que la foi chrétienne que l’on me présentait comme une opportunité majeure résonne encore aujourd’hui dans mon esprit comme un sommeil de mort.
Le christianisme prétendait me sauver de ma condition d’homme, pécheresse et mortelle, et pourtant, moi, j’avais besoin qu’on me sauve du christianisme.
Les femmes doivent être des loisirs
Car on s’ennuie sur cette planète,
J’ai passé des années à moisir
Dans une vie désuète…
Il fallait être sérieux, respectueux,
Et je n’ai pas vécu…
Trop de temps j’ai perdu,
Et j’ai oublié d’être heureux.
On m’a dit que c’était mal de s’amuser
Et qu’il fallait condamner les désirs du coeur ;
J’ai alors renoncé à ce qu’on m’avait donné
Et mené une triste vie sans couleur…
Maintenant, j’ai peur de m’ouvrir
Et de communiquer mes désirs ;
Et je m’interdis mes humeurs
Car on a trop souvent frappé mon coeur.
Je perds mon temps à me protéger
De cette vie qui m’a traumatisé…
J’ai ainsi pris du retard dans ma connaissance des femmes et ma maturité en général. Influencé par un individu imposant et oppressant, ainsi que par un milieu tout entier, j’éprouvais des difficultés à y voir clair. Accumulant les frustrations et les privations, j’ai du attendre l’âge et la stabilité financière nécessaires à mon indépendance, pour pouvoir enfin m’imposer dans cette vie que j’avais le droit et le besoin de vivre, et arracher de force cet oxygène nécessaire à mon bien-être.
En attendant, j’ai fatalement vécu mes premières relations amoureuses dans le seul monde autorisé : l’imagination. Longtemps j’ai du vivre ma vie sentimentale d’une façon virtuelle, me projetant dans des histoires d’amour, avec toutes les émotions, le romantisme et les fantasmes qui les accompagnent. Cette habitude devenait maladive. J’idéalisais de plus en plus les femmes, les considérant comme des espoirs de salut, leur consacrant mes prières comme dans un culte. Les femmes devenaient une religion pour moi, et je désirais avoir un rôle clé dans leur épanouissement affectif et sexuel.
Affecté par la relation froide et distante que mon père entretenait avec ma mère, de sa méconnaissance des femmes, de l’image dévalorisante qu’il avait et a encore d’elles, ainsi que de son machisme, j’ai toujours désiré rendre aux femmes ce bonheur qu’il leur enlevait, quitte à braver toutes les religions et tous les enfers. Pour cela, il fallait de l’expérience, du vécu, tout le contraire de ce que j’avais.
Ainsi, les commencements de ma vie amoureuse ne se sont pas du tout déroulés comme je le souhaitais. Mes premières relations n’étaient que des soupirs, des rêves non vécus ; et dans les suivantes, lorsque j’ai pu vivre ma vie, j’ai brûlé ma frustration dans les flammes de mes passions. J’ai aimé tout ce que j’ai pu aimer. J’ai vécu toutes ces joies dont on m’avait privé, poussant mes recherches jusqu’aux plaisirs sadomasochistes. Jusqu’aux passions destructrices et suicidaires. Jusqu’à traverser le miroir, et découvrir la folie des fantasmes noirs. Aimer… jusqu’à en mourir dans l’âme, et aimer encore d’une autre mort !
Introduction
 

 

Je visite en souvenir un petit coin de ville, un village modeste, à quelques kilomètres de chez moi. Le chez moi où je vivais adolescent, où je rêvais adolescent. Où je rêvais au lieu de vivre en fait, mais ce rêve, c’était toute ma vie.
Les habitants de ce village sont des fantômes. En tout cas, ils n’existent pas pour moi. Les maisons restent vides dans mon esprit. Sauf une. Dans celle-ci habite une jeune fille qui n’a rien d’exceptionnel pour les autres. Mais pour moi, elle signifie tout : la vie et la

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