Au service du président
138 pages
Français

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Description

Quand j'y repense avec le recul du temps, je me fais honte à moi-même. Jusqu'ici, on ne pouvait rien me reprocher de toute ma longue carrière. J'aurais dû refuser, partir. Je ne sais pas pourquoi j'ai choisi de rester. La suite a découlé des prémisses. C'était logique, inéluctable. On sait ce qu'il en est advenu. Je n'ai fait que suivre, passif, entraîné par un flux irrésistible. Combien de fois ne me suis-je pas dit plus tard: Sot! Triple fou! Pourquoi as-tu cédé? Pourquoi as-tu mis le doigt dans cet engrenage impitoyable? Comment n'as-tu pas trouvé le courage de dire je m'en vais, je retourne à mon cabinet. Faites faire vos certificats par d'autres de complexion moins chatouilleuse. Adieu, Monsieur le Président !"? C'était le moment, juste le moment et les occasions ne se représentent pas." Un président malade dissimule avec l'aide de son médecin son état de santé au pays. Une situation que l'on sait "historique", mais dont s'empare R. Collas pour composer une réflexion sur la fascination et la désillusion, la subordination et le désenchantement. Aussi n'est-il pas question d'une reconstitution des faits – au sens quasi judiciaire –, mais bel et bien d'une exploration de relations humaines où s'entrecroisent secret, clandestinité, ascendance et amertume, dans cette oeuvre avec laquelle l'auteur affirme sa liberté créatrice et rappelle, in petto, que le travail du romancier consiste essentiellement à sonder les faiblesses et les grandeurs des hommes...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 24 juillet 2014
Nombre de lectures 9
EAN13 9782342025927
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Au service du président
René Collas Au service du président
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0119152.000.R.P.2013.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2014
Avant-propos
À peine auront-ils parcouru les toutes premières pages de ce livre que nombre de lecteurs s’écrieront : « Ah, je comprends ! Félicien Montauriol c’est Un Tel et Simon Schwaab, c’est Tel Autre. » Eh bien, non, ils ne le sont ni l’un ni l’autre. Au service du président est tout autre chose et bien autre chose.
L’auteur n’est ni historien, ni politique, il n’a jamais appartenu à aucun parti ni rêvé de concevoir une société idéale. Ni ses goûts, ni ses études, ni les circonstances de sa vie ne l’ont orienté dans une telle direction. Il n’a jamais fréquenté la société au sein de laquelle se déroule cette affaire et il n’a pratiqué aucune recherche dans les ouvrages de documentation qui traitent de ce monde. Il a seulement recueilli une situation choisie parmi l’infinité de celles que, quotidiennement, les journaux nous font parvenir de tous les coins du monde, et il a laissé courir sa plume. Il a essayé de se mettre dans la peau des deux protagonistes de cette tragédie pour donner une vie sur le papier à une situation qui lui est apparue comme à la fois profondément banale et éminemment humaine.
De tels milieux sont plus communs qu’on ne le croit. Tout le monde a connu des cours comme le palais que décrit ce livre. Tout le monde a connu, de près ou de loin, au moins un de ces rois magnifiques et déplorables. La mentalité du potentat ne varie pas suivant le niveau de la hiérarchie qui est par essence conventionnel. L’une ne fait que donner sa coloration à l’autre, car c’est la royauté qui fait le roi. Il est des souverains d’arrière-boutiques. La
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plupart d’entre nous, Lecteur, ont même probablement eu la faiblesse de tenir un temps, avec plus ou moins de goût et de grâce, le rôle du monarque qui se laisse encenser.
La cour n’est pas le sujet principal de ce livre. Le thème en est ailleurs. Tout le monde a fait l’expérience d’un amour de jeunesse qui n’a pas abouti. C’est bien l’histoire d’une relation de ce genre qui est racontée ici. Le drame de cette aventure, celui qui est développé en priorité, le lecteur s’en apercevra bien vite, ce n’est pas tellement celui de Félicien Montauriol, l’homme public pris au piège de la vérité pour avoir une fois commis une imprudence verbale. Le problème principal, c’est celui de Simon Schwaab, le conseiller qui n’a pas vocation à trancher, l’homme que des circonstances qu’il ne maîtrise pas enferment dans un piège, également sans issue, et où il devra en fait prendre des décisions pour un autre, tâche à laquelle on ne l’avait pas préparé. Il fera de son mieux mais le résultat sera piteux. L’échec de la tâche impossible qu’il s’est laissé imposer, même sachant qu’il est inévitable, retentira sur les sentiments qu’il porte à l’homme admiré. La fréquentation quotidienne, l’observation des défauts inhérents à tout être humain, viendront peu à peu dégrader cette relation d’abord enthousiaste. Qui a dit qu’il n’y a pas de grand homme pour son valet de chambre ? Il ira droit à l’échec comme tout le faisait prévoir et comme le lecteur n’aura pas manqué de le deviner dès la première ligne. Le dénouement était prévisible et l’auteur ne l’ignore pas.
On lui accordera que celui qui écrit une fiction ne la nourrit pas d’autre chose que de sa propre substance. Il ne sait bien raconter que ce qui l’a touché. Les joies ou les misères d’autrui ne parleront à son public que si l’auteur les a éprouvées dans le tréfonds de son âme. Les sentiments d’un chef d’État ne diffèrent pas fondamentalement de ceux d’un simple citoyen. Dans nos Républiques, le président est l’égal du présidé. Si Félicien Montauriol est bien revêtu de la pourpre présidentielle, il n’en est pas moins d’abord et
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