Brelan
270 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Brelan , livre ebook

-
traduit par

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
270 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description


Lorsque les dés sont jetés et les enjeux élevés, il en faut trois pour gagner.


La docteure Alyson Jefferies traite quiconque passe les portes de son centre médical, sans discrimination d’espèces ou de classes sociales. Le consortium corporatif qui gère le Drift n’approuve pas sa politique de portes ouvertes, mais Alyson est déterminée à se battre pour ses patients, peu importe les risques.


Les frères cyborgs Dirk, Blade et Lance Trello ont été créés pour le combat, mais les Guerres de Ressources prirent fin avant leur premier souffle. Soldats sans guerre, ils dérivent de lieu en lieu, à la recherche d’un but et d’une raison pour s’établir.


Lorsque des secrets industriels et des plans cachés mettent la vie d’Alyson en péril, les trois frères au sang chaud savent qu’ils ont trouvé une cause qui mérite qu’on se batte pour elle. Ils protègeront leur docteure pleine de défi – tout en essayant de la convaincre que parfois, les meilleures choses dans la vie arrivent par trois.


Note de l’éditeur : tous les livres de la série le Drift peuvent être lus individuellement, mais pour en apprécier toute la dimension, nous recommandons de les lire dans l’ordre de publication.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 8
EAN13 9782376768883
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0034€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Brelan
Copyright de l’édition française © 2020 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2017 Susan Hayes
Titre original : Three of a kind
© 2017 Susan Hayes
Traduit de l’anglais par B.A. Pinto
Relecture et correction par Tangerine
 
Conception graphique : © Tanya pour More Than Words Graphic Design
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l’ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-37676-888-3
Première édition française : octobre 2020
Première édition : juin 2017
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Dédicace
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Épilogue
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dédicace
 
 
Pour ma mère et mon père, pour m’avoir soutenue même quand ils pensaient que j’étais folle. Et pour ma meilleure amie, Karen, pour m’avoir supportée quand j’étais définitivement folle.
Ce livre est également dédié à Violet V. et à Z et S. Elles savent pourquoi.
 
 
Brelan
Le Drift # 4

Susan Hayes
 

 
Chapitre 1
 
 
 
 
Le Dr Alyson Jefferies passait le genre de journée à vous faire revoir vos choix de carrière. Elle était devenue médecin pour aider les gens et elle avait choisi de s’installer dans le Drift parce qu’elle recherchait un défi. Aujourd’hui, son plus grand défi consistait à tenir debout avec le minimum de sommeil possible et un flux ininterrompu de patients presque tous victimes de leur propre stupidité. Deux bagarres de comptoir qui avaient dégénérées, un mineur en permission poignardé après avoir été pris en train de tricher à un jeu de cartes et un pilote de fret qui avait fait une overdose d’écarlate . Cette drogue dangereuse disparaissait lentement du Drift maintenant que le cartel de distribution avait été démantelé, mais quelques ampoules demeuraient encore. Après toutes les morts qu’elle avait causées, Alyson s’étonnait qu’on puisse encore être prêt à risquer sa vie pour en prendre ; ils étaient pourtant toujours témoins d’au moins une mort par semaine.
Elle se traîna jusqu’à la petite salle de repos et se servit un café si fort qu’il aurait pu servir à alimenter une fusée, avant de repartir vers son bureau. Elle avait des rapports à remplir et des commandes à vérifier, dont deux expéditions de matériel mystérieusement disparues et une autre étrangement renvoyée à l’autre bout de la galaxie. Elle commençait à manquer de tout, des accélérateurs de cicatrisation aux simples bandages. Les corporations qui possédaient le Drift et presque tout et tout le monde ici lui avaient envoyé un message, lui faisant bien comprendre qu’elle avait beau ne pas dépendre d’elles directement, elles restaient tout de même aux commandes.
Ces pénuries avaient beau être agaçantes, Alyson était en réalité soulagée de ces petits jeux de pouvoir. Les corporations lui avaient clairement fait savoir qu’elles n’aimaient pas qu’elle travaille sur les cyborgs qui leur avaient autrefois appartenu. Elles essayaient de protéger leurs secrets, ce qui était compréhensible. Ayant récemment découvert certains de ces secrets, Alyson savait maintenant que les corporations avaient raison de s’inquiéter. Elles avaient fait subir des choses abominables aux cyborgs. Certaines avaient même été enregistrées, mais une grande partie de leurs agissements demeurait un secret bien gardé. Si elles se cantonnaient à de petits coups bas comme dérouter et modifier ses commandes, alors elles n’étaient pas encore au courant que son but ultime était de révéler leurs machinations au reste du cosmos. Si elles découvraient ce qu’elle prévoyait, elles ne s’arrêteraient qu’après l’avoir faite taire à tout jamais, elle et tous ses collaborateurs.
Elle se laissa tomber sur son fauteuil et posa sa tasse sur le bureau, juste à côté d’une tasse identique à moitié pleine de café froid depuis plusieurs heures. Certains jours, elle disposait de collections entières de cafés entamés à la fin de son service, et aujourd’hui s’annonçait comme l’un d’entre eux.
Elle prit un moment pour rattacher ses longs cheveux blonds en une simple queue de cheval avant de fermer les yeux et de supplier tout l’univers.
— Laissez-moi juste cinq minutes de calme et de sérénité. C’est tout ce que je demande.
Il n’y eu pas de réponse, seulement un magnifique silence. Pour la première fois depuis des heures, elle était seule. Pas de décision à prendre. Pas de question de vie ou de mort. Elle soupira lentement, s’efforçant de calmer son esprit et son corps afin de se reposer quelques minutes. Elle n’aurait probablement pas beaucoup plus de temps à sa disposition jusqu’au début de service du Dr Basque dans quelques heures.
Cinq minutes plus tard, elle ouvrit les yeux et essaya de se convaincre qu’elle était plus fraîche et prête à s’attaquer à la montagne de paperasse qui l’attendait. C’est là qu’elle le vit : un papier parfaitement plié en forme de pyramide, posé sur la pile de dossiers, au milieu de son bureau. Il mesurait moins de huit centimètres de large, fait de papier rouge sang et n’était pas là la dernière fois qu’elle s’était assise ici.
Ce n’était qu’un bout de papier, mais quelque chose là-dedans la mettait mal à l’aise. La couleur, peut-être. Ou le fait qu’il soit apparu, tout à coup, dans son bureau verrouillé.
— Ou, peut-être que ce n’est rien et que ma réaction est disproportionnée parce que j’ai avalé trop de café. Ressaisis-toi, Alyson. Ce n’est qu’un bout de papier… Et voilà que je parle toute seule maintenant. Génial, fraxx .
Elle attrapa l’objet savamment plié, pris une minute pour remarquer les lignes nettes et la symétrie parfaite du pliage. Une telle précision demandait du temps. Son créateur ou sa créatrice ne l’avait pas fait dans l’urgence. Quand elle le retourna, elle vit deux mots écrits, sous la base, à l’encre noire. « Ouvrez-moi. »
Elle le déplia prudemment et même si ses mains ne tremblaient pas, son pouls, lui, galopait quand elle parvint à défaire le pliage et ses entremêlements complexes. Elle l’étala sur le bureau et lut la petite note écrite à l’intérieur.
Vous êtes en grand danger. Protégez-vous ou vous ne vivrez pas assez longtemps pour finir ce que vous avez commencé .
— Mystérieux et menaçant. Génial.
Elle retourna le papier, à la recherche de quelque chose – n’importe quoi – de plus, mais ne trouva rien. Pas de nom. Pas d’explication. Pas d’indice sur le danger à venir ou la manière de s’en protéger.
Pour sa théorie que ces petites gênes indiquaient que les corporations ne savaient pas ce qu’elle trafiquait, on repassera. Quelqu’un avait compris. Elle fixa le message, souhaitant qu’il contienne plus de détails. Quelle corporation était après elle ? Qui avait écrit cet avertissement et comment était-on entré et sorti de son bureau sans être vu ?
La sécurité au centre médical avait toujours été importante, mais ces dernières semaines, tout le système avait été amélioré à tel point qu’elle se sentait ridiculement surprotégée. Du moins, avant . Jusqu’à maintenant.
— Ordinateur, montre-moi les enregistrements des caméras de sécurité du couloir devant mon bureau des trois dernières heures. Scanne et identifie tous ceux qui y apparaissent.
Moins d’une minute plus tard, elle fixa une liste de tous ceux qui étaient allés et venus dans le secteur autour de sa porte. Il n’y figurait aucune surprise. Elle, plusieurs membres du personnel, y compris Anne, leur réceptionniste, et quelques patients étaient passés, mais personne d’autre.
— D’accord. Essayons une autre approche. Ordinateur, montre-moi la liste de toutes les fois que la porte de mon bureau a été ouverte dans les douze dernières heures, avec l’horodatage et les codes d’accès utilisés.
L’air se troubla quand les résultats de sa nouvelle recherche s’affichèrent. Il ne s’agissait pas d’une liste d’entrées très longue et, au premier abord, tout semblait parfaitement normal. Le seul code d’accès utilisé était le sien. Elle vérifia les heures, les décochant un par un jusqu’à atteindre l’avant-dernière entrée. D’après l’horodatage, le code avait été tapé alors qu’elle se trouvait à l’autre bout du centre médical en train de recoudre l’amateur de cartes. Quelqu’un était entré sans être vu et avait utilisé son propre code pour le faire.
Son malaise grandit, se rapprochant un peu plus de la peur. Si elle était incapable d’empêcher cette personne mystérieuse d’entrer dans son bureau hautement sécurisé, comment était-elle sensée se protéger contre ceux, ou celui qui allait s’en prendre à elle, fraxx  ?
— Ordinateur. Affiche les images de sécurité du couloir à l’extérieur de mon bureau à l’horaire de treize heures, trente-sept minutes et huit secondes.
L’ordinateur avait beau ne rien avoir détecté dans le couloir, quelqu’un devait bien être venu. La porte ne s’était pas ouverte toute seule.
Elle observa attentivement, sa fatigue momentanément balayée par l’adrénaline. Elle ne remarqua rien au premier passage. Personne ne marqua la moindre pause devant sa porte.
— Ordinateur. Reviens au même horaire et relance la lecture à un quart de la vitesse.
Cette fois-ci, elle vit quelque chose. Un frémissement de l’air devant la porte. Même maintenant, il aurait été facile de mettre cela sur le compte d’un jeu de lumière. Ce n’était pas le cas.
— Je te tiens.
Elle figea l’image et la fixa, mais elle eut beau la regarder pendant de longs moments, elle ne distingua rien de plus qu’une distorsion plus ou moins humanoïde. Elle s’apprêtait à zoomer pour mieux voir quand son appareil de communication se mit à émettre une suite de notes et de bips familiers.
Elle répondit à l’appel d’une tape de la main.
— Qu’est-ce qui nous arrive, Anne ?
— Il y a eu un accident à bord de l’une des raffineries de matériaux. Le patient réparait une des machines quand elle s’est réactivée. Écrasement de la main et de l’avant-bras droit. Arrivée estimée dans sept minutes. Vous aurez besoin de Lieksa pour celle-là.
— Le patient est un cyborg ?
Anne hésita une seconde avant de confirmer.
— C’est Nya.
Bon sang .
Elle mit de côté ses émotions et fit le vide dans sa tête. Nya avait besoin d’un docteur, pas d’une amie pour le moment.
— J’arrive tout de suite. Dites à Lieksa de me rejoindre au bloc deux. Je la brieferai avant l’arrivée de Nya.
Nya était déjà l’une des patientes d’Alyson. En fait, en tant que l’une des rares femmes cyborgs du Drift, elle faisait partie du projet de recherche d’Alyson. En l’examinant elle et quelques autres, Alyson avait déterminé que les femmes avaient toutes été exposées à une substance les rendant stériles. Aujourd’hui, elle travaillait sur un vaccin. Une fois prêt, Nya serait l’une des premières à le recevoir.
Alyson but une rapide gorgée de café avant de courir vers le bloc opératoire. Lieksa Kiv était sans doute la seule personne de tout le Drift à être en mesure de réparer les implants cybernétiques de Nya. Personne n’était plus qualifié, mais Nya n’avait jamais rencontré l’ex-technicienne et elle n’était pas du genre à faire confiance facilement. Comme la plupart des cyborgs, Nya n’avait que peu de raisons d’accorder sa confiance aux corporations ou aux techniciens qui avaient travaillé pour eux, et il y avait encore quelques semaines, Lieksa était toujours une employée des corporations.
L’énigme de son message mystérieux et du mouvement derrière sa porte attendrait. Nya avait besoin d’elle maintenant, et les besoins de ses patients étaient toujours une priorité.
 
 
Dirk Trello tournait le dos aux douches, mais il n’eut pas besoin de ses yeux pour déterminer la seconde même où ses frères le rejoignirent enfin dans les vestiaires de Corp-Sec. Ils étaient plus bruyants qu’un troupeau de rhinos Nantari à la saison des amours ; riant, plaisantant et s’insultant à chaque instant.
Il se retourna pour leur faire face.
— Bougez-vous ou nous allons être en retard. Comment pouvons-nous être tous les trois identiques alors qu’un seul d’entre nous comprend le concept de ponctualité ?
— C’est l’un des mystères de l’univers. Comme essayer d’expliquer pourquoi, alors que nous sommes tous les trois sortis du réservoir de maturation en même temps, tu persistes à te comporter comme l’aîné et donc le patron, rétorqua Blade.
Il secoua délibérément la tête, envoyant des gouttelettes éclabousser la chemise sèche de Dirk.
— Il faut bien que quelqu’un le fasse, dit Dirk et ses deux frères intervinrent, récitant sa réponse en chœur avec lui.
— Tu vois, nous sommes clairement parents, dit Lance.
— Et pourtant, je suis le seul habillé.
— Tu es grognon aujourd’hui. Tu angoisses à l’idée de revoir le doc ou quoi ? demanda Blade.
— Nous n’allons pas la voir. C’est Lieksa qui s’occupe de l’opération. Elle a dit que ça ne prendrait pas plus que quelques minutes. Nous serons dehors si vite que le doc ne saura même pas que nous étions là.
— Alors pourquoi es-tu aussi tendu ? Lieksa n’en aura rien à faire si nous sommes en retard de quelques minutes.
— Elle, non, mais ses petits amis, si. Ils l’emmènent quelque part ce soir et Mack m’a seriné pour que nous nous assurions qu’elle sorte bien à l’heure.
Lance rit.
— Compris. Ne pas se mettre les nouveaux patrons à dos. Ça, je peux le comprendre. Tu aurais dû le dire plus tôt.
— J’ai dû oublier.
C’était sans importance qu’ils aillent voir Lieksa et non le Dr Jefferies, Dirk avait passé la journée à penser à cette femme médecin blonde et élancée. Il n’avait jamais désiré une femme comme il la désirait, elle, et elle n’était pas intéressée. Plus ils flirtaient, plus violemment elle les repoussait. C’était une cause perdue, mais une cause que ni lui ni ses frères ne semblaient capables d’abandonner.
— Je le savais, c’est bien à cause de Doc. Elle te ramollit le cerveau, Dirk, dit Blade.
— Comme si tu n’étais pas pareil.
Lance tendit le bras pour tirer les longs cheveux de Blade, attachés en queue de cheval et non pas lâchés comme à l’ordinaire.
— C’est nouveau, ce look. On essaie d’avoir l’air un peu plus respectable, hein ? Puis-je suggérer de te tailler la barbe, aussi ? Tu fais sale, mon vieux.
— La ferme.
Blade repoussa la main de Lance.
— Jolie chemise, en passant. Elle est neuve ?
— La ferme, toi-même. J’aime cette couleur, c’est tout. Le vendeur au magasin a dit qu’elle était de la même couleur que mes yeux.
Lance caressa d’une main le tissu vert sombre.
Blade ouvrit la bouche pour rétorquer, mais Dirk le coupa dans son élan.
— Bon, d’accord, nous avons tous le même problème : le Dr Alyson Jefferies. Content d’avoir éclairci ce point. Pouvons-nous y aller maintenant ?
— Fraxx , oui. Avant de commencer à parler de nos sentiments ou quelque chose du genre.
Blade ferma la porte de son casier et sourit.
— Est-ce que je vous ai déjà dit que j’adorais ce nouveau boulot ? Ça paie bien, les bonus sont sympas et il y a même nos noms sur nos casiers. Ce sont les petites choses qui font la différence dans la vie.
— J’ai entendu dire que les petites choses, c’est bon à amuser les petites cervelles, dit Lance et ils se lancèrent tous les deux dans une nouvelle série d’insultes.
Au moins cette fois, ils marchaient en le faisant. C’était sans importance qu’ils croisent Alyson aujourd’hui ou non, il était résolu à être à l’heure. Les bonnes manières ne faisaient pas partie de leurs protocoles comportementaux et n’étaient certainement pas un talent nécessaire sur les vaisseaux de fret long-courriers ou miniers ou pour les autres boulots variés qu’ils avaient fait pendant les derniers dix-huit mois. C’était, en revanche, quelque chose d’important s’ils voulaient attirer l’attention d’Alyson.
Heureusement, le siège de Corp-Sec n’était pas loin du centre médical. Ils arrivèrent avec quelques minutes d’avance, malgré la foule incroyable de travailleurs et de personnel minier en permission qui bondait l’avenue principale de la station spatiale. À en juger par le monde déjà présent, la vacation à venir pour Corp-Sec allait être mouvementée quand ces équipages fraîchement arrivés commenceraient à s’amuser vraiment. Heureusement pour eux, ils étaient libres jusqu’à demain. Le grabuge de ce soir serait le problème de quelqu’un d’autre.
La salle d’attente était vide, mais à en juger par l’expression lasse sur le visage d’Anne, la journée n’avait pas été tranquille.
— Salut, Anne. Nous venons voir Lieksa pour faire activer une nouvelle ligne de communication interne.
— La technicienne Kiv n’est pas disponible pour le moment. Une cyborg est arrivée, il y a une heure, avec une mauvaise blessure par écrasement et Lieksa est en train de réparer ses implants. Vous pouvez reporter le rendez-vous, ou…
Anne laissa sa phrase en suspens alors qu’elle vérifiait quelque chose sur son écran. L’espace d’un instant, ses lèvres s’étirèrent en un sourire malicieux, mais quand elle releva la tête, ses traits avaient soigneusement repris leur neutralité.
— Il s’avère que le Dr Jefferies est libre pour le moment. Elle a déjà pratiqué cette procédure. Seriez-vous d’accord pour la voir, elle ?
— Nous n’y voyons aucun inconvénient.
Aucun d’eux n’avait jamais eu à courir après une femme. C’était amusant, du moins au début. Récemment, la situation était devenue plus frustrante qu’appréciable. Ils désiraient tous Alyson et aucun d’eux n’avait la moindre idée de comment s’y prendre. Si Anne était prête à les aider, alors ils accepteraient volontiers son aide.
Anne hocha la tête et il aperçut l’ombre d’un nouveau sourire.
— Je vais le lui faire savoir. Si vous voulez bien me suivre, je vais vous conduire à la salle et vous pourrez vous préparer. Savez-vous lequel d’entre vous est le premier ?
— C’est moi, dit Blade.
Blade était toujours le premier à foncer. Il se portait volontaire pour les missions les plus dangereuses, acceptait les boulots les plus difficiles et se dressait entre le monde et ses frères, les protégeant de son mieux. Cette procédure devrait être simple, mais aucun d’eux n’avait revu de technicien depuis le jour de leur libération. Ils s’aventuraient tous en terrain inconnu.
Anne les laissa dans l’une des salles du centre médical. La deuxième porte se referma et Dirk se tourna vers Blade.
— Ne gâche pas tout pour nous. Pas de drague. Pas d’insinuation douteuse et essaie de te comporter en gentleman.
Blade renifla en riant.
— Aucun de nous ne sait comment faire ça.
Lance s’en mêla.
— C’est simple, Blade. Fais exactement l’opposé de ce que te dit ton instinct, et tout devrait bien se passer.
— Connard, lui jeta Blade.
— Je n’ai rien à ajouter. La prochaine fois, laisse tomber les insultes de vestiaires et essaie de te montrer charmant.
Dirk frappa du plat de la main un espace vide sur le plan de travail, faisant sauter et trembler tout ce qui se trouvait dessus.
— C’est de ça que je veux parler. Il est temps de passer au niveau supérieur. Je ne veux pas déambuler dans la galaxie seul pour le restant de mes jours, et je sais que vous non plus.
Ses frères se turent avant d’acquiescer à l’unisson. Dirk hocha la tête avec eux. Ils avaient beau être génétiquement identique, ils n’étaient pas toujours d’accord. Mais quand ils l’étaient, rien dans l’univers ne pouvait les arrêter.
 

 
Chapitre 2
 
 
 
 
Alyson quitta le bloc opératoire, pleine d’espoir. Les lésions de Nya n’étaient pas aussi graves qu’elle l’avait redouté et la cyborg blessée avait accepté l’aide de Lieksa après seulement une brève résistance.
— Tout se passe bien, là-dedans ?
Anne l’attendait dans le couloir, une nouvelle tasse de café à la main. Puisqu’Anne ne buvait que du thé, cela ne pouvait vouloir dire qu’une chose : d’autres patients l’attendaient. Le café était un gage de paix et un signe clair qu’elle ne retrouverait pas son bureau avant un moment.
Elle accepta la tasse offerte et but une gorgée brûlante avant de répondre.
— Mieux que je l’espérais, pour être honnête. Nya devrait être entièrement remise sur pieds dans quelques jours. Du moins, c’est ce que m’a annoncé Lieksa. Je suis surtout contente qu’elle travaille ici, à présent. J’ai encore beaucoup à apprendre avant de lui arriver à la cheville en matière d’implants cybernétiques.
— Le destin nous place toujours là où nous devons être quand nous devons y être.
— Mmhmm. Et où le destin veut-il m’envoyer en cet instant précis ?
Elle secoua la tasse dans sa main.
— Vous ne m’auriez pas apporté du café si je ne devais pas me rendre quelque part.
Anne rit.
— C’est vrai. On a besoin de vous en salle d’examen trois. Le patient est un cyborg. Une activation de ligne de communication de routine. Lieksa était sensée s’en occuper, mais comme elle est occupée, c’est pour vous.
— Il fut un temps où je n’aurais jamais imaginé qu’une intervention quelconque sur un cyborg puisse être routinière. Avons-nous des informations sur ce qui doit être fait ?
Anne eut l’air vaguement insultée.
— Évidemment. Tout ce que vous avez besoin de savoir est dans le dossier que je viens juste de vous envoyer.
— Merci.
Elle adressa à Anne un sourire las.
— Vraiment. Vous êtes la colle qui maintient cet endroit debout.
— C’est un plaisir, Dr Jefferies. Vous prenez soin de tout le monde et je ferai de mon mieux pour prendre soin de vous et des autres docteurs.
Elle tapota la joue d’Alyson.
— Du moins, jusqu’à ce que vous trouviez quelqu’un de plus approprié pour reprendre le flambeau.
— Il n’existe pas un homme dans l’univers assez fou pour vouloir de moi, alors je pense que vous garderez votre poste à vie.
Anne rit et secoua sa tête grisonnante.
— Les seuls fous sont ceux qui ne voient pas la femme exceptionnelle que vous êtes. Si j’avais un fils de votre âge…
— Il serait déjà marié, comme tout le reste de votre couvée. Sept petits-enfants ne vous suffisent pas ?
Alyson prit une dernière gorgée de café, laissa Anne et partit en direction de la salle d’examen trois.
Elle marqua une pause devant la porte pour étudier le dossier et fronça les sourcils en remarquant qu’Anne n’y avait pas joint le nom du patient. Étrange. Ce n’était pas le genre de détail qu’Anne oubliait d’ordinaire. Ses yeux parcouraient toujours le dossier quand elle entra, mais elle n’eut pas besoin de relever la tête pour savoir qui l’attendait. Personne dans tout l’univers ne l’affectait comme les triplés Trello.
La tablette glissa un peu de sa main et elle émit un tout petit cri de surprise avant de parvenir à retrouver son calme. Ils devaient la croire stupide, car chaque fois qu’elle les rencontrait, son cerveau d’ordinaire affûte se transformait en marmelade et commençait à couler par ses oreilles. C’était embarrassant, mais aucun de ses efforts ne parvenaient à réprimer cette réaction.
Lorsqu’elle était avec eux, son armure soigneusement pensée semblait fondre, la laissant vulnérable et légèrement mal à l’aise. Elle détestait cette sensation et trouvait donc invariablement une raison de se trouver là où ils n’étaient pas. Ils lui faisaient penser des choses qu’elle préférait ne pas envisager. Les rendez-vous et l’amour étaient de fabuleux concepts en théorie, mais son expérience lui avait appris qu’ils n’apportaient que déception et douleur.
— Bonjour, vous trois. Vous m’avez fait peur.
Elle leva la tablette, parvenant à resserrer sa prise sur l’appareil en même temps.
— Vos noms ne figuraient pas dans le dossier qu’on m’a donné. Lequel d’entre vous est là pour la ligne de communication à relier ?
— Bonjour, Dr Jefferies, commença en premier Dirk.
Elle savait qu’il s’agissait de Dirk, parce qu’il était le seul des trois à avoir les cheveux courts. Elle savait aussi différencier Lance et Blade. Ils étaient tous les trois physiquement identiques, mais chacun d’eux avait sa propre personnalité et ses propres manies.
— Salut, intervint Lance avec un sourire tranquille et chaleureux qui trahissait son identité.
— Salut, Doc. Je passe en premier, mais nous sommes tous ici pour la même chose.
Blade s’avança et baissa la tête pour lui sourire, les yeux pétillants.
— Nous nous en remettons à vos mains expertes.
Elle plongea derrière les murs de sa réserve professionnelle et essaya d’ignorer les effets de ce sourire sur son pouls. Ils étaient tous incroyablement attirants, mais quelque chose dans le sourire enjôleur de Blade lui donnait envie de rougir.
— Vous n’avez pas à vous inquiéter. J’ai déjà pratiqué cette procédure plusieurs fois, c’est rapide et sans douleur.
— Vous n’êtes pas obligée de vous dépêcher pour nous, Doc.
Dirk s’éclaircit la gorge.
— Ce que Blade essaie de dire, c’est que nous vous sommes reconnaissants de faire ça pour nous. Je sais que Lieksa n’est pas disponible à cause d’une urgence. Est-ce que tout va bien pour elle et son patient ?
La phrase de Dirk semblait manquer de naturel et Alyson se demanda s’il doutait de sa capacité à prendre la place de Lieksa.
...

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents