Anatole France - Oeuvres
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Description

Le Classcompilé n° 112 contient les oeuvres d'Anatole France.


Anatole France, pour l'état civil François Anatole Thibault, né le 16 avril 1844 à Paris et mort le 12 octobre 1924 à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire), est un écrivain français, considéré comme l’un des plus grands de l'époque de la Troisième République, dont il a également été un des plus importants critiques littéraires. Il devient une des consciences les plus significatives de son temps en s’engageant en faveur de nombreuses causes sociales et politiques du début du XXe siècle. Il reçoit le prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre en 1921 (Wikip.).



LISTE DES TITRES :


ROMANS
LE CRIME DE SYLVESTRE BONNARD 1881
LES DÉSIRS DE JEAN SERVIEN 1882
BALTHASAR 1889
THAÏS 1890
LA RÔTISSERIE DE LA REINE PÉDAUQUE 1892
LES OPINIONS DE M. JÉRÔME COIGNARD 1893
LE JARDIN D’ÉPICURE 1894
LE LYS ROUGE 1894
LE PUITS DE SAINTE CLAIRE 1895
L’ORME DU MAIL 1897
LE MANNEQUIN D’OSIER 1897
L’ANNEAU D’AMÉTHYSTE 1900
MONSIEUR BERGERET À PARIS 1901
LE CRIME DE SYLVESTRE BONNARD (2IEME VERSION) 1902
HISTOIRE COMIQUE 1903
SUR LA PIERRE BLANCHE 1903
L’ÎLE DES PINGOUINS 1908
LES DIEUX ONT SOIF 1912
LA RÉVOLTE DES ANGES 1914
CONTES ET NOUVELLES
JOCASTE 1879
LE CHAT MAIGRE 1879
LES AUTELS DE LA PEUR 1884
NOS ENFANTS (ILLUSTRÉ) 1886
L’ÉTUI DE NACRE 1892
CLIO (ILLUSTRÉ) 1899
CRAINQUEBILLE, PUTOIS, RIQUET, ET PLUSIEURS AUTRES RÉCITS PROFITABLES 1902
LES CONTES DE JACQUES TOURNEBROCHE 1908
LES SEPT FEMMES DE LA BARBE-BLEUE 1909
FILLES ET GARÇONS (ILLUSTRÉ) 1915
SOUVENIRS D’ENFANCE
LE LIVRE DE MON AMI 1883
PIERRE NOZIÈRE 1899
LE PETIT PIERRE 1918
LA VIE EN FLEUR 1922
ESSAIS ET CRITIQUES LITTÉRAIRES
LE LIVRE DU BIBLIOPHILE 1874
LA VIE LITTÉRAIRE _ PREMIÈRE SÉRIE 1888
LA VIE LITTÉRAIRE – DEUXIÈME SÉRIE 1890
LA VIE LITTÉRAIRE – TROISIÈME SÉRIE 1891
LA VIE LITTÉRAIRE – QUATRIÈME SÉRIE 1892
VIE DE JEANNE D’ARC I 1908
VIE DE JEANNE D’ARC II 1908
RABELAIS 1909
LE GÉNIE LATIN (PARTIEL) 1913
ESSAIS POLITIQUES ET DISCOURS
OPINIONS SOCIALES 1902
DISCOURS PRONONCÉ À L’INAUGURATION DE LA STATUE D’ERNEST RENAN 1903
LE PARTI NOIR 1904
L’ÉGLISE ET LA RÉPUBLIQUE 1904
SUR LA VOIE GLORIEUSE 1915
DISCOURS PRONONCÉ À LA SORBONNE, LORS DU MEETING « HOMMAGE À L’ARMÉNIE » 1916
ON CROIT MOURIR POUR LA PATRIE... 1922
SALUT AUX SOVIETS 1922
POÉSIE
LES POÈMES DORÉS 1873
THÉÂTRE
AU PETIT BONHEUR 1898
CRAINQUEBILLE 1903
LA COMÉDIE DE CELUI QUI ÉPOUSA UNE FEMME MUETTE 1912
JUVENILIA
MÉDITATION SUR LES RUINES DE PALMYRE 1859
WERTHER ET TOM JONES, TRADUITS PAR M. LE COMTE DE LA BÉDOYÈRE 1863
DIX VERS D’ANDRÉ CHENIER. ― SONT-ILS INÉDITS ? 1864
VOIR AUSSI
THAÏS ET M. ANATOLE FRANCE 1890


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Nombre de lectures 7
EAN13 9782918042426
Langue Français

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En outre, cet ouvrage peut renfermer des points de vue qui ne s’accordent pas avec l’étique du présent siècle ; certaines des opinions qui y sont professées peuvent s’avérer datées ou désuètes : en particulier les prises de position ayant trait à la condition humaine (en matière de mœurs, politique, religions, ethnies…) ou même à la condition animale. Il est donc nécessaire à la lecture de faire preuve de discernement, de détachement, de sens critique, et de restituer les œuvres dans leurs contextes : cet ouvrage ne doit pas être jugé d’après le monde d’aujourd’hui et le monde d’aujourd’hui ne doit pas être jugé d’après cet ouvrage.
Enfin, et plus largement, les auteurs et artistes ayant contribué à cet ouvrage sont seuls responsables de leurs œuvres. Toutes opinions, jugements, critiques, voire injures, caricatures ou stéréotypes qu’elles renferment, n’appartiennent qu’à eux et ne représentent aucunement le point de vue de l’éditeur, qui transmet l’héritage culturel mais n’en cautionne pas le fond.
ANATOLE FRANCE ŒUVRES N° 112
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ISBN : 978-2-918042-42-6
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— Wikisource : Balthasar (Gallica/BnF, fr) , Discours prononcé à l’inauguration…. (Archive/UToronto/Robarts, ca) , Jocaste et Le chat maigr e L’Église et la République (Archive/Brandeis, ma-us, 3 images Courtesy of the Robert D. Farber University Archives & Special Collections Department, Brandeis University ) , Le lys rouge (Gallica/BnF, fr) , Le Parti noir (Archive/MSN/UToronto/Robarts, ca) , Le petit Pierre (Archive/UToronto/Robarts, ca) , Les désirs de Jean Servien, Les Dieux ont soif (Archive/Utoronto/Robarts, ca) , Les poèmes dorés (Archive/UToronto/Robarts, ca) , Monsieur Bergeret à Paris (Gutenberg/Gallica/BnF, fr) , Nos enfants (BM Lisieux [Archive/MSN/NYPL, ny-us, 38 images ]) , Pierre Nozière (Gutenberg/Gallica/BnF, fr) , Wherther et Tom Jones (Google Livres) , Dix vers d’André Chénier (Gallica, fr) , Le livre du bibliophile (BM Lisieux, Gallica/BnF, fr) , Sur la voie glorieuse (Gallica/BnF, fr [Archive/Utoronto/Robarts, ca, 3 images ]) , Thaïs et M. Anatole France (Gallica) , Crainquebille, Putois, Riquet, et plusieurs autres récits profitables (ABU) , L’étui de nacre (ABU), Rabelais (Gallica/BnF, fr) , Les autels de la peur (Gallica/BnF, fr) , On croit mourir pour la patrie, Salut au Soviets (Gallica/BnF, fr) , Méditations sur les ruines de Palmyre (Gallica) , Discours prononcé à la Sorbonne, lors du meeting « Hommage à l’Arménie » (Imprescriptible) , Le génie latin (partiel) (Gallica/BnF, fr), Filles et garçons (Archive/MSN/NYPL, ny-us, 38 images [Archive/Boston PL, ma-us, 2 images ]), La révolte des Anges (Archive/UIUC, il-us) [Confronté à Gallica/BnF, fr]
— Project Gutenberg : Clio (Archive/UToronto/Robarts, ca), Histoire comique (Gallica/BnF, fr), la rôtisserie de la reine Pédauque (Gallica/BnF, fr), La vie littéraire I (Gallica/BnF, fr), La vie littéraire II (Gallica/BnF, fr), La vie littéraire III (Gallica/BnF, fr), La vie littéraire IV (Gallica/BnF, fr), Le jardin d’Epicure (Gallica/BnF, fr), L’abbé Jérôme Coignard (Gallica/BnF, fr), Vie de Jeanne d’Arc I,   Vie de Jeanne d’Arc II, Sur la pierre blanche (Gallica/BnF, fr), Opinions sociales (Gallica/BnF, fr, Gallica/BnF, fr).
— Ebooks libres et gratuits : Le crime de Sylvestre Bonnard (2 e version), Le livre de mon ami, Les sept femmes de la Barbe-Bleue (ABU) , Thaïs, Le puits de Sainte Claire
— Bibliothèque électronique du Québec : L’orme du Mail, L’anneau d’améthyste, Le mannequin d’osier, Les contes de Jacques Tournebroche.
— Gallica : La vie en fleur (BnF, fr) , [Confronté à Wikisource], Le crime de Sylvestre Bonnard (1 ere  version). (BnF, fr), [Confronté à Wikisource]
— Bibliothèque numérique romande : L’île des Pingouins
— Theatre gratuit : Crainquebille, Au petit bonheur, La comédie de celui qui épousa une femme muette.
— Couverture  : Cliché Paul Nadar. (Musée de Bretagne/2006.0012.36.)
— Page de titre  : Photo par Wilhelm Benque. (Wikimedia commons. Manuscripts and Archives Division, The New York Public LibraryTucker Collection, New York Public Library Digital Collections.)
— Image pre-sommaire (détail) et post-sommaire  : Jean Baptiste Guth, «Guth», Vanity Fair, 11 août 1909. (University of Virginia Fine Arts Library. Wikimedia Commons.)
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LISTE DES TITRES
F RANÇOIS A NATOLE T HIBAULT (1844 – 1924)
ROMANS
 
LE CRIME DE SYLVESTRE BONNARD
1881
LES DÉSIRS DE JEAN SERVIEN
1882
BALTHASAR
1889
THAÏS
1890
LA RÔTISSERIE DE LA REINE PÉDAUQUE
1892
LES OPINIONS DE M. JÉRÔME COIGNARD
1893
LE LYS ROUGE
1894
LE JARDIN D’ÉPICURE
1894
LE PUITS DE SAINTE CLAIRE
1895
L’ORME DU MAIL
1897
LE MANNEQUIN D’OSIER
1897
L’ANNEAU D’AMÉTHYSTE
1900
MONSIEUR BERGERET À PARIS
1901
LE CRIME DE SYLVESTRE BONNARD (2IEME VERSION)
1902
HISTOIRE COMIQUE
1903
SUR LA PIERRE BLANCHE
1905
L’ÎLE DES PINGOUINS
1908
LES DIEUX ONT SOIF
1912
LA RÉVOLTE DES ANGES
1914
CONTES ET NOUVELLES

JOCASTE
1879
LE CHAT MAIGRE
1879
LES AUTELS DE LA PEUR
1884
NOS ENFANTS (ILLUSTRÉ)
1886
L’ÉTUI DE NACRE
1892
CLIO (ILLUSTRÉ)
1899
CRAINQUEBILLE, PUTOIS, RIQUET, ET PLUSIEURS AUTRES RÉCITS PROFITABLES
1902
LES CONTES DE JACQUES TOURNEBROCHE
1908
LES SEPT FEMMES DE LA BARBE-BLEUE
1909
FILLES ET GARÇONS (ILLUSTRÉ)
1915
SOUVENIRS D’ENFANCE

LE LIVRE DE MON AMI
1883
PIERRE NOZIÈRE
1886-1899
LE PETIT PIERRE
1918
LA VIE EN FLEUR
1922
ESSAIS ET CRITIQUES LITTÉRAIRES

LE LIVRE DU BIBLIOPHILE
1874
LA VIE LITTÉRAIRE _ PREMIÈRE SÉRIE
1888
LA VIE LITTÉRAIRE – DEUXIÈME SÉRIE
1890
LA VIE LITTÉRAIRE – TROISIÈME SÉRIE
1891
LA VIE LITTÉRAIRE – QUATRIÈME SÉRIE
1892
VIE DE JEANNE D’ARC I
1876-1908
VIE DE JEANNE D’ARC II
1908
RABELAIS
1909
LE GÉNIE LATIN (PARTIEL)
1913
ESSAIS POLITIQUES ET DISCOURS

OPINIONS SOCIALES
1902
DISCOURS PRONONCÉ À L’INAUGURATION DE LA STATUE D’ERNEST RENAN
1903
LE PARTI NOIR
1904
L’ÉGLISE ET LA RÉPUBLIQUE
1904
SUR LA VOIE GLORIEUSE
1915
DISCOURS PRONONCÉ À LA SORBONNE, LORS DU MEETING «  HOMMAGE À L’ARMÉNIE »
1916
ON CROIT MOURIR POUR LA PATRIE...
1922
SALUT AUX SOVIETS
1922
POÉSIE

LES POÈMES DORÉS
1873
THÉÂTRE

AU PETIT BONHEUR
1898
CRAINQUEBILLE
1903
LA COMÉDIE DE CELUI QUI ÉPOUSA UNE FEMME MUETTE
1912
JUVENILIA

MÉDITATION SUR LES RUINES DE PALMYRE
1859
WERTHER ET TOM JONES, TRADUITS PAR M. LE COMTE DE LA BÉDOYÈRE
1863
DIX VERS D’ANDRÉ CHENIER. ― SONT-ILS INÉDITS ?
1864
VOIR AUSSI

THAÏS ET M. ANATOLE FRANCE
1890
PAGINATION
Ce volume contient 2 394 870 mots et 6 636 pages
01. WERTHER ET TOM JONES, TRADUITS PAR M. LE COMTE DE LA BÉDOYÈRE
8 pages
02. DIX VERS D’ANDRÉ CHENIER. ― SONT-ILS INÉDITS ?
3 pages
03. LES POÈMES DORÉS
36 pages
04. LE LIVRE DU BIBLIOPHILE
30 pages
05. JOCASTE
72 pages
06. LE CHAT MAIGRE
66 pages
07. LE CRIME DE SYLVESTRE BONNARD
148 pages
08. LES DÉSIRS DE JEAN SERVIEN
101 pages
09. LE LIVRE DE MON AMI
150 pages
10. LES AUTELS DE LA PEUR
48 pages
11. NOS ENFANTS
45 pages
12. LA VIE LITTÉRAIRE _ PREMIÈRE SÉRIE
216 pages
13. BALTHASAR
132 pages
14. THAÏS
121 pages
15. LA VIE LITTÉRAIRE – DEUXIÈME SÉRIE
247 pages
16. LA VIE LITTÉRAIRE – TROISIÈME SÉRIE
267 pages
17. LA VIE LITTÉRAIRE – QUATRIÈME SÉRIE
229 pages
18. L’ÉTUI DE NACRE
122 pages
19. LA RÔTISSERIE DE LA REINE PÉDAUQUE
182 pages
20. LES OPINIONS DE M. JÉRÔME COIGNARD
112 pages
21. LE LYS ROUGE
216 pages
22. LE JARDIN D’ÉPICURE
183 pages
23. LE PUITS DE SAINTE CLAIRE
132 pages
24. L’ORME DU MAIL
128 pages
25. LE MANNEQUIN D’OSIER
132 pages
26. AU PETIT BONHEUR
38 pages
27. L’ANNEAU D’AMÉTHYSTE
160 pages
28. PIERRE NOZIÈRE
154 pages
29. CLIO
70 pages
30. MONSIEUR BERGERET À PARIS
155 pages
31. LE CRIME DE SYLVESTRE BONNARD
142 pages
32. OPINIONS SOCIALES
124 pages
33. CRAINQUEBILLE
49 pages
34. CRAINQUEBILLE, PUTOIS, RIQUET, ET PLUSIEURS AUTRES RÉCITS PROFITABLES
119 pages
35. HISTOIRE COMIQUE
129 pages
36. DISCOURS PRONONCÉ À L’INAUGURATION DE LA STATUE D’ERNEST RENAN
16 pages
37. LE PARTI NOIR
36 pages
38. L’ÉGLISE ET LA RÉPUBLIQUE
86 pages
39. SUR LA PIERRE BLANCHE
116 pages
40. VIE DE JEANNE D’ARC I
379 pages
41. VIE DE JEANNE D’ARC II
294 pages
42. L’ÎLE DES PINGOUINS
256 pages
43. LES CONTES DE JACQUES TOURNEBROCHE
55 pages
44. LES SEPT FEMMES DE LA BARBE-BLEUE
125 pages
45. RABELAIS
36 pages
46. LES DIEUX ONT SOIF
183 pages
47. LA COMÉDIE DE CELUI QUI ÉPOUSA UNE FEMME MUETTE
38 pages
48. LE GÉNIE LATIN (PARTIEL)
77 pages
49. LA RÉVOLTE DES ANGES
187 pages
50. FILLES ET GARÇONS
54 pages
51. SUR LA VOIE GLORIEUSE
40 pages
52. DISCOURS PRONONCÉ À LA SORBONNE, LORS DU MEETING « HOMMAGE À L’ARMÉNIE »
5 pages
53. LE PETIT PIERRE
160 pages
54. LA VIE EN FLEUR
166 pages
55. ON CROIT MOURIR POUR LA PATRIE...
4 pages
56. SALUT AUX SOVIETS
3 pages
57. MÉDITATION SUR LES RUINES DE PALMYRE
6 pages
58. THAÏS ET M. ANATOLE FRANCE
6 pages

WERTHER ET TOM JONES
TRADUITS PAR M. LE COMTE DE LA BÉDOYÈRE
Éléments bibliographiques
Édition originale  : (Éditeur et date) Le Chasseur bibliographe, Paris, France, février 1863, 8 p.
8 pages
TABLE
WERTHER ET TOM JONES,
I.
II.
Titre suivant : DIX VERS D’ANDRÉ CHENIER. ― SONT-ILS INÉDITS ?
WERTHER ET TOM JONES
TRADUITS PAR M. LE COMTE DE LA BÉDOYÈRE {1} .

M. le comte de la Bédoyère, qui prenait tant de plaisir à s’entourer des livres des autres, n’a pas laissé d’en composer lui-même, et il n’a pas moins bien servi les lettres par ce qu’il a produit que par ce qu’il a conservé. Ses écrits, il est vrai, sont jusqu’à ce jour peu connus ; mais qu’on n’attribue pas cette obscurité à leur peu de mérite : elle n’a d’autre cause que l’extrême modestie de l’auteur. M. de la Bédoyère ne craignait point, il est vrai, de livrer ses manuscrits à l’imprimeur ; il surveillait même avec sollicitude ces enfants de sa pensée, jusqu’à ce qu’ils fussent devenus de beaux volumes dignes de l’homme de goût qui les avait produits ; mais il ne souffrait point qu’ils se répandissent au dehors ; il redoutait ces violentes émotions que la célébrité traîne toujours à sa suite ; ces fatigues, ces déceptions, qui empoisonnent communément la vie des gens de lettres. Il retint toujours ses livres et mit tout son soin à les préserver de l’attention publique, obéissant ainsi, aux dépens de sa gloire, à une timidité excessive. Mais cette austère tutelle est maintenant révoquée, ses livres vont affronter le jugement du public, et nous ne pouvons douter qu’il ne leur soit favorable.
Leurs noms du moins sont déjà connus du lecteur : l’un se nomme Werther , cette œuvre de la jeunesse de Goethe, ce cri de désespoir contre une société sans croyance, sans idéal, sans vie ; l’autre, Tom Jones , cet ouvrage de la famille impérissable des Don Quichotte et des Gil Blas, ce chef-d’œuvre de toutes les littératures, cette reproduction si admirable de la vie humaine. M. le comte de la Bédoyère a traduit ces deux beaux livres, et, grâce à la souplesse de son talent, il a su rendre tour à tour la passion brûlante de Goethe et le charmant badinage de Fielding.
I.
Werther est le plus tragique tableau des écueils où une âme trop ardente peut conduire l’imprudent qui ne s’efforce point d’en modérer les transports.
En vain Charlotte appartient à un autre, en vain elle est la femme d’Albert : Werther, en renonçant à l’espoir, ne peut renoncer à sa passion. Il entretient un amour dont il ne peut espérer de fruit et dont il prévoit les suites funestes. Mais ne nous hâtons pas de le condamner ; plaignons-le bien plutôt. Une âme élevée n’est pas toujours au-dessus d’une telle faiblesse ; et si Werther n’a pu se défendre d’aimer Charlotte, Charlotte elle-même, malgré toute sa vertu, ne le regarde point d’un œil insensible. Ces deux cœurs se comprenaient si bien ! ces deux âmes étaient si bien faites l’une pour l’autre ! Comment deux natures qu’une invincible sympathie tendait à réunir se trouvaient-elles séparées par un obstacle éternel ? Charlotte ne pouvait-elle point s’écrier comme Monime :
Ah ! par quel sort cruel le ciel avait-il joint
Deux cœurs que l’un pour l’autre il ne destinait point ?
Werther, il faut l’avouer, ne lutte que faiblement contre la destinée ; il combat à regret un mal qui lui plaît. Il tente, il est vrai, par une courte et stérile absence, de se détacher de Charlotte ; mais sa passion le ramène bientôt, plus malade et plus désespéré que jamais, aux pieds de celle qu’il n’a pu oublier un instant.
Il est enfin décidé à fuir ; il prend le chemin le plus facile et le plus court, et, jusqu’au dernier instant, plein de son amour, la mort lui semble douce quand il la reçoit de l’arme que Charlotte a touchée.
L’auteur a inscrit avec raison, au seuil de ce livre, ce vers où le poète décrit les tourments d’un personnage plus illustre et non moins malheureux :
Vulnus alit venis et cæco carpitur igni.
La reine avec amour fait saigner sa blessure,
Sa main nourrit le feu dont elle est la pâture.
M. de la Bédoyère revêt ce beau roman de tous les agréments du style. Il se souvient de cette belle prose du dix-huitième siècle qui maintenant n’est guère en usage plus qu’une langue morte, et dont il semble avoir ravi le secret à Lesage et à l’abbé Prévost. Figurez-vous le chevalier des Grieux rendu plus noble, plus passionné, plus poétique au souffle puissant de Goethe, sans perdre pour cela sa grâce parfaite et sa souveraine élégance, et vous vous ferez une idée de ce que devient Werther sous la plume de M. de la Bédoyère. On s’est efforcé d’enrôler Goethe, bon gré mal gré, sous les drapeaux de la nouvelle école littéraire et d’en faire le précurseur du romantisme ; mais ceux qui liront ce grand poète dans la traduction de M. de la Bédoyère, en voyant ce langage toujours pur, toujours correct, noble sans emphase, simple sans trivialité, auront peine à ranger Goethe dans la famille de ceux qui cherchent le beau dans le laid et l’art dans la violation de toutes les règles.
M. de la Bédoyère est plus jaloux de la gloire de Goethe que Goethe lui-même. Quand son auteur s’égare dans la déclamation ou dans le mauvais goût, il tremble de le suivre, et, pour accorder la fidélité qu’il lui doit avec le respect qu’il tient à marquer au public, il rejette en note les passages qu’il croit de nature à révolter la délicatesse française {2} .
II.
Les plus belles qualités de l’âme, sans la prudence, ne peuvent procurer le bonheur. Voilà ce que Fielding prouve victorieusement dans son histoire de Tom Jones . Il démontre encore mille autres choses non moins vraies et moins utiles, que nous nous dispenserons d’énumérer parce que nous n’en avons point le loisir et que cela profiterait médiocrement à nos lecteurs, tandis que les mêmes vérités, mises en exemples par Fielding lui-même, pourront leur procurer un agréable divertissement et produire en même temps sur eux les plus salutaires impressions.
La Harpe, qui jugeait fort bien du mérite des auteurs quand il n’avait rien eu à démêler avec eux, tenait Tom Jones pour le premier roman du monde ; et, en effet, ce livre est l’œuvre plutôt d’un moraliste que d’un romancier.
Jamais romancier n’eut plus que Fielding le don d’animer ses personnages ; ils sont si vivants, ils ont un tel air de réalité , qu’on ne peut s’empêcher de les aimer, de les haïr, de les plaindre, de les blâmer enfin, de s’associer à leur destinée.
Quel admirable personnage que l’écuyer Western, ce gentilhomme campagnard qui passe sa vie à chasser et à boire, qui ne rêve que chiens, lièvres et renards, et qui se croit profond politique ! Cet excellent homme adore sa fille ; et quand Jones, au péril de sa vie, a sauvé les jours de la charmante Sophie : « Mon ami, lui dit-il, je n’ai rien à te refuser : prends chez moi ce que tu voudras, sauf mes terres, mes chiens, ma jument et ma fille. » C’est justement sur cette dernière que Jones eût fait tomber son choix ! Quel n’est pas l’étonnement de l’honnête gentilhomme quand il apprend que Jones fait la cour à sa fille ! « Je ne l’aurais jamais pensé, s’écrie-t -il ; je ne l’ai jamais vu l’embrasser. »
Jones, indignement calomnié, exilé, malgré son excellent cœur, de la maison de son père adoptif, erre, ainsi que Don Quichotte, d’hôtellerie en hôtellerie ; ainsi que le chevalier de la Manche, il redresse les torts sur son passage et console les beautés affligées, ce qui fait verser bien des larmes à la pauvre Sophie. Comme Don Quichotte encore, il est suivi de son fidèle Sancho ; car quel autre nom donner à Patridge, ce composé d’un bedeau, d’un barbier et d’un maître d’école ; franc poltron, grand mangeur, solide buveur, ennemi de la guerre et des terribles aventures, brave homme au demeurant ? Si sa mémoire n’est pas aussi riche en proverbes que celle de son confrère de la Manche, il cite avec autant d’à-propos et de mesure quelques lambeaux de latin, seul trésor qui lui reste de son premier métier.
Cependant Sophie, persécutée par son père qui veut à toute force la marier à un fort méchant jeune homme, et qui lui crie à chaque instant : « Morbleu ! décide-toi : M. Blifil ou du pain sec ! » ne prend ni l’un ni l’autre de ces partis et se résout à la fuite. La voilà courant à travers champs en compagnie de mistriss Honora, sa femme de chambre, qui est bien la plus impertinente et la plus rusée servante qu’on puisse imaginer. Elle en remontrerait en égoïsme et en perfidie aux soubrettes de Marivaux. M. Western abandonne aussitôt ses chiens et vole à la poursuite de sa fille. Tous nos gens se retrouvent à Londres, où tout s’arrange pour le mieux.
Nous n’avons fait qu’indiquer quelques scènes de ce roman, sans nommer le quart des personnages. Nous n’avons rien dit de M. Allworthy, de mistriss Western, du philosophe Square et du théologien Thwackum, de mistriss Fitz-Patrick, de mistriss Miller ; mais c’est déjà trop pour ceux qui connaissent ce charmant livre ; pour les autres, puissent-ils nous croire sur parole quand nous leur affirmons que, malgré ses quatre grands volumes, Tom Jones ne parait long qu’à ceux qui ne l’ont pas lu !
Nous devons savoir gré à M. de la Bédoyère d’en avoir donné une traduction vraiment française, et où il se montre également fidèle aux deux langues, également éloigné de sacrifier l’une à l’autre par une servilité ou une liberté exagérées. Tom Jones, entre les mains de M. de la Bédoyère, se plie de si bonne grâce à toutes les exigences, à tous les caprices de la langue française, il est si purement français, qu’on est d’abord tenté de croire qu’il ne se souvient pas assez de sa langue maternelle, ou qu’il déguise avec trop de soin son origine étrangère. Mais on est bientôt détrompé : toutes les scènes, tous les personnages, ont conservé leur air primitif ; aucun n’a renoncé à sa première patrie. Les soldats et les aubergistes que nous rencontrerons sur notre route ne ressemblent point aux soldats et aux aubergistes que nous voyons en France ; ce qui ne veut point dire que ceux-ci ne soient pas tant soit peu voleurs et ceux-là passablement querelleurs : les traits caractéristiques des races sont invariables, mais les nuances qui distinguent les individus varient à l’infini. Le traducteur les a scrupuleusement respectées, et le lecteur les découvrira facilement sans que nous lui fassions l’injure de les lui indiquer.
M. de la Bédoyère avait du reste fait une étude toute particulière de Fielding, et il a laissé en manuscrit la traduction de son autre ouvrage, Joseph Andrews , qui n’a été traduit, sauf erreur, que par l’abbé Desfontaines. Cette nouvelle traduction, digne en tous points de l’habile traducteur de Tom Jones, ne sera pas, nous l’espérons, perdue pour les lettres.
DIX VERS D’ANDRÉ CHENIER. ― SONT-ILS INÉDITS ?
Éléments bibliographiques
Publication en revue  : L’Intermédiaire des chercheurs et curieux , 10 août 1864
3 pages
TABLE
DIX VERS D’ANDRÉ CHENIER. ― SONT-ILS INÉDITS ?
Titre suivant : LES POÈMES DORÉS
DIX VERS D’ANDRÉ CHENIER. ― SONT-ILS INÉDITS ?

Proserpine incertaine......
Sur sa victime encor suspendait ses ciseaux,
Et le fer, respectant ses longues tresses blondes,
Ne l’avait pas vouée aux infernales ondes.
Iris, du haut des cieux, sur ses ailes de feu,
Descend vers Proserpine : « Oui, qu’à l’infernal dieu
Didon soit immolée ; emporte enfin ta proie… »
Elle dit ; sous le fer soudain le crin mortel
Tombe ; son œil se ferme au sommeil éternel,
Et son souffle s’envole à travers les nuages.
(Virg., Æn. IV, 698 et seq. : Nundum illi flavum… )

Ces dix vers m’ont été donnés d’après une copie datée de 1801, et prise, en marge d’un Virgile in-4°, sur le manuscrit même d’André, alors, comme on sait, entre les mains de son frère Marie-Joseph, ou plutôt dans celles de tous les curieux du royaume. L’original de ce petit fragment est-il connu ? est-il perdu ? S’il a disparu, ne doit-on pas craindre la perte de pièces plus importantes ?
Comme des épaves, indices d’un naufrage voisin, puisse cette feuille détachée faire trouver la trace de celles qui ont dû s’envoler au même vent ! Et puisse-t-on recueillir, jusqu’à la dernière parcelle, le miel attique de ce doux poëte ! Car c’est lui, lui seul qui sut réveiller les abeilles de l’Hymette, engourdies de froid dans les bosquets géométriques où soupiraient en négligé de satin les bergères de son temps.
A. F RANCE .
LES POÈMES DORÉS
Éléments bibliographiques
Première édition  : (Éditeur et date) Paris, A. Lemerre, 1873, 146 p.
Édition de référence  : (Éditeur et date) A. Lemerre, 1904.
36 pages
TABLE
À LA LUMIÈRE
LES CERFS
LA MORT D’UNE LIBELLULE
LA MORT DU SINGE
LA PERDRIX
LES ARBRES
LES SAPINS
LE CHÊNE ABANDONNÉ
THÉRA
MARINE
SUR UNE SIGNATURE  DE MARIE STUART
LE DÉSIR
I
II
III
LA VISION DES RUINES
LES AFFINITÉS
I
II
VÉNUS, ÉTOILE DU SOIR
LA MORT
ÂMES OBSCURES
Titre suivant : LE LIVRE DU BIBLIOPHILE
À
LECONTE DE LISLE
AUTEUR DES POÈMES ANTIQUES
ET DES POÈMES BARBARES
EN TÉMOIGNAGE
D ’ UNE VIVE ET CONSTANTE
ADMIRATION
CE LIVRE EST DÉDIÉ
PAR
ANATOLE FRANE
À LA LUMIÈRE

Dans l’essaim nébuleux des constellations,          Ô toi qui naquis la première, Ô nourrice des fleurs et des fruits, ô lumière,          Blanche mère des visions,   Tu nous viens du soleil à travers les doux voiles          Des vapeurs flottantes dans l’air : La vie alors s’anime et, sous ton frisson clair,          Sourit, ô fille des étoiles !
Salut ! car avant toi les choses n’étaient pas.          Salut ! douce ; salut ! puissante. Salut ! de mes regards conductrice innocente          Et conseillère de mes pas.   Par toi sont les couleurs et les formes divines,          Par toi, tout ce que nous aimons. Tu fais briller la neige à la cime des monts,          Tu charmes le bord des ravines.   Tu fais sous le ciel bleu fleurir les colibris          Dans les parfums et la rosée ; Et la grâce décente avec toi s’est posée          Sur les choses que tu chéris.   Le matin est joyeux de tes bonnes caresses ;          Tu donnes aux nuits la douceur, Aux bois l’ombre mouvante et la molle épaisseur          Que cherchent les jeunes tendresses.   Par toi la mer profonde a de vivantes fleurs          Et de blonds nageurs que tu dores. Au ciel humide encore et pur tes météores          Prêtent l’éclat des sept couleurs.
Lumière, c’est par toi que les femmes sont belles          Sous ton vêtement glorieux ; Et tes chères clartés, en passant par leurs yeux,          Versent des délices nouvelles.   Leurs oreilles te font un trône oriental          Où tu brilles dans une gemme, Et partout où tu luis, tu restes, toi que j’aime,          Vierge comme en ton jour natal.   Sois ma force, ô Lumière ! et puissent mes pensées,          Belles et simples comme toi, Dans la grâce et la paix, dérouler sous ta foi          Leurs formes toujours cadencées !   Donne à mes yeux heureux de voir longtemps encor,          En une volupté sereine, La Beauté se dressant marcher comme une reine          Sous ta chaste couronne d’or.   Et, lorsque dans son sein la Nature des choses          Formera mes destins futurs, Reviens baigner, reviens nourrir de tes flots purs          Mes nouvelles métamorphoses.
LES CERFS

Aux vapeurs du matin, sous les fauves ramures Que le vent automnal emplit de longs murmures, Les rivaux, les deux cerfs luttent dans les halliers : Depuis l’heure du soir où leur fureur errante Les entraîna tous deux vers la biche odorante, Ils se frappent l’un l’autre à grands coups d’andouillers.   Suants, fumants, en feu, quant vint l’aube incertaine, Tous deux sont allés boire ensemble à la fontaine, Puis d’un choc plus terrible ils ont mêlé leurs bois.
Leurs bonds dans les taillis font le bruit de la grêle ; Ils halètent, ils sont fourbus, leur jarret grêle Flageole du frisson de leurs prochains abois.   Et cependant, tranquille et sa robe lustrée, La biche au ventre clair, la bête désirée Attend ; ses jeunes dents mordent les arbrisseaux ; Elle écoute passer les souffles et les râles ; Et, tiède dans le vent, la fauve odeur des mâles D’un prompt frémissement effleure ses naseaux.   Enfin l’un des deux cerfs, celui que la Nature Arma trop faiblement pour la lutte future, S’abat, le ventre ouvert, écumant et sanglant. L’œil terne, il a léché sa mâchoire brisée ; Et la mort vient déjà, dans l’aube et la rosée, Apaiser par degrés son poitrail pantelant.   Douce aux destins nouveaux, son âme végétale Se disperse aisément dans la forêt natale ; L’universelle vie accueille ses esprits : Il redonne à la terre, aux vents aromatiques, Aux chênes, aux sapins, ses nourriciers antiques, Aux fontaines, aux fleurs, tout ce qu’il leur a pris.
Telle est la guerre au sein des forêts maternelles. Qu’elle ne trouble point nos sereines prunelles : Ce cerf vécut et meurt selon de bonnes lois, Car son âme confuse et vaguement ravie A dans les jours de paix goûté la douce vie ; Son âme s’est complu, muette, au sein des bois.   Au sein des bois sacrés, le temps coule limpide, La peur est ignorée et la mort est rapide ; Aucun être n’existe ou ne périt en vain. Et le vainqueur sanglant qui brame à la lumière, Et que suit désormais la biche douce et fière, A les reins et le cœur bons pour l’œuvre divin.   L’Amour, l’Amour puissant, la Volupté féconde, Voilà le dieu qui crée incessamment le monde, Le père de la vie et des destins futurs ! C’est par l’Amour fatal, par ses luttes cruelles, Que l’univers s’anime en des formes plus belles, S’achève et se connaît en des esprits plus purs.

Septembre 1871.
LA MORT D’UNE LIBELLULE
Sous les branches de saule en la vase baignées Un peuple impur se tait, glacé dans sa torpeur, Tandis qu’on voit sur l’eau de grêles araignées Fuir vers les nymphéas que voile une vapeur.   Mais, planant sur ce monde où la vie apaisée Dort d’un sommeil sans joie et presque sans réveil, Des êtres qui ne sont que lumière et rosée Seuls agitent leur âme éphémère au sommeil.
Un jour que je voyais ces sveltes demoiselles, Comme nous les nommons, orgueil des calmes eaux, Réjouissant l’air pur de l’éclat de leurs ailes, Se fuir et se chercher par-dessus les roseaux,   Un enfant, l’œil en feu, vint jusque dans la vase Pousser son filet vert à travers les iris, Sur une libellule ; et le réseau de gaze Emprisonna le vol de l’insecte surpris.   Le fin corsage vert fut percé d’une épingle ; Mais la frêle blessée, en un farouche effort, Se fit jour, et, prenant ce vol strident qui cingle, Emporta vers les joncs son épingle et sa mort.   Il n’eût pas convenu que sur un liège infâme Sa beauté s’étalât aux yeux des écoliers : Elle ouvrit pour mourir ses quatre ailes de flamme, Et son corps se sécha dans les joncs familiers.
Chaville, mai 1870.
LA MORT DU SINGE

Dans la serre vitrée où de rigides plantes, Filles d’une jeune île et d’un lointain soleil, Sous un ciel toujours gris, sommeillant sans réveil, Dressent leurs dards aigus et leurs floraisons lentes,   Lui, tremblant, secoué par la fièvre et la toux, Tordant son triste corps sous des lambeaux de laine, Entre ses longues dents pousse une rauque haleine Et sur son sein velu croise ses longs bras roux.
Ses yeux, vides de crainte et vides d’espérance, Entre eux et chaque chose ignorent tout lien ; Ils sont empreints, ces yeux qui ne regardent rien, De la douceur que donne aux brutes la souffrance.   Ses membres presque humains sont brûlants et frileux ; Ses lèvres en s’ouvrant découvrent les gencives ; Et, comme il va mourir, ses paumes convulsives Ont caché pour jamais ses pouces musculeux.   Mais voici qu’il a vu le soleil disparaître Derrière les huniers assemblés dans le port ; Il l’a vu : son front bas se ride sous l’effort Qu’il tente brusquement pour rassembler son être.   Songe-t-il que, parmi ses frères forestiers, Alors qu’un chaud soleil descendait des cieux calmes, Repu du lait des noix et couché sur les palmes, Il s’endormait heureux dans ses frais cocotiers,   Avant qu’un grand navire, allant vers des mers froides, L’emportât au milieu des clameurs des marins, Pour qu’un jour, dans le vent, qui lui mordît les reins, La toile, au long des mâts, glaçât ses membres roides ?
À cause de la fièvre aux souvenirs vibrants Et du jeûne qui donne aux âmes l’allégeance, Grâce à cette suprême et brève intelligence Qui s’allume si claire au cerveau des mourants,   Ce muet héritier d’une race stupide D’un rêve unique emplit ses esprits exaltés : Il voit les bons soleils de ses jeunes étés, Il abreuve ses yeux de leur flamme limpide.   Puis une vague nuit pèse en son crâne épais. Laissant tomber sa nuque et ses lourdes mâchoires, Il râle. Autour de lui croissent les ombres noires : Minuit, l’heure où l’on meurt, lui versera la paix.
1872.
LA PERDRIX

Hélas ! celle qui, jeune en la belle saison, Causa dans les blés verts une ardente querelle Et suivit le vainqueur ensanglanté pour elle, La compagne au bon cœur qui bâtit la maison   Et nourrit les petits aux jours de la moisson, Vois : les chiens ont forcé sa retraite infidèle. C’est en vain qu’elle fuit dans l’air à tire-d’aile, Le plomb fait dans sa chair passer le grand frisson.
Son sang pur de couveuse à la chaleur divine Sur son corps déchiré mouille sa plume fine. Elle tournoie et tombe entre les joncs épais.   Dans les joncs, à l’abri de l’épagneul qui flaire, Triste, s’enveloppant de silence et de paix, Ayant fini d’aimer, elle meurt sans colère.
LES ARBRES

Ô vous qui, dans la paix et la grâce fleuris, Animez et les champs et vos forêts natales, Enfants silencieux des races végétales, Beaux arbres, de rosée et de soleil nourris,   La Volupté par qui toute race animée Est conçue et se dresse à la clarté du jour, La mère aux flancs divins de qui sortit l’amour, Exhale aussi sur vous son haleine embaumée.
Fils des fleurs, vous naissez comme nous du Désir, Et le Désir, aux jours sacrés des fleurs écloses, Sait rassembler votre âme éparse dans les choses, Votre âme qui se cherche et ne se peut saisir.   Et, tout enveloppés dans la sourde matière, Au limon paternel retenus par les pieds, Vers la vie aspirant, vous la multipliez, Sans achever de naître en votre vie entière.
LES SAPINS

On entend l’Océan heurter les promontoires ; De lunaires clartés blêmissent le ravin Où l’homme perdu, seul, épars, se cherche en vain ; Le vent du nord, sonnant dans les frondaisons noires, Sur les choses sans forme épand l’effroi divin.   Paisibles habitants aux lentes destinées, Les grands sapins, pleins d’ombre et d’agrestes senteurs, De leurs sommets aigus couronnent les hauteurs ; Leurs branches, sans fléchir, vers le gouffre inclinées, Tristes, semblent porter d’iniques pesanteurs.
Ils n’ont point de ramure aux nids hospitalière, Ils ne sont pas fleuris d’oiseaux et de soleil, Ils ne sentent jamais rire le jour vermeil ; Et, peuple enveloppé dans la nuit familière, Sur la terre autour d’eux pèse un muet sommeil.   La vie, unique bien et part de toute chose, Divine volupté des êtres, don des fleurs, Seule source de joie et trésor de douleurs, Sous leur rigide écorce est cependant enclose Et répand dans leur corps ses secrètes chaleurs.   Ils vivent. Dans la brume et la neige et le givre, Sous l’assaut coutumier des orageux hivers, Leurs veines sourdement animent leurs bras verts, Et suscitent en eux cette gloire de vivre Dont le charme puissant exalte l’univers.   Pour la fraîcheur du sol d’où leur pied blanc s’élève, Pour les vents glacials, dont les tourbillons sourds Font à peine bouger leurs bras épais et lourds, Et pour l’air, leur pâture, avec la vive sève, Coulent dans tout leur sein d’insensibles amours.
En souvenir de l’âge où leurs aïeux antiques, D’un givre séculaire étreints rigidement, Respiraient les frimas, seuls, sur l’escarpement Des glaciers où roulaient des îlots granitiques, L’hiver les réjouit dans l’engourdissement.   Mais quand l’air tiédira leurs ténèbres profondes, Ils ne sentiront pas leur être ranimé Multiplier sa vie au doux soleil de mai, En de divines fleurs d’elles-mêmes fécondes, Portant chacune un fruit dans son sein parfumé.   Leurs flancs s’épuiseront à former pour les brises Ces nuages perdus et de nouveaux encor, En qui s’envoleront leurs esprits, blond trésor, Afin qu’en la forêt quelques grappes éprises Tressaillent sous un grain de la poussière d’or.   Ce fut jadis ainsi que la fleur maternelle Les conçut au frisson d’un vent mystérieux ; C’est ainsi qu’à leur tour, pères laborieux, Ils livrent largement à la brise infidèle La vie, immortel don des antiques aïeux.
Car l’ancêtre premier dont ils ont reçu l’être Prit sur la terre avare, en des âges lointains, Une rude nature et de mornes destins ; Et les sapins, encor semblables à l’ancêtre, Éternisent en eux les vieux mondes éteints.
Décembre 1871.
LE CHÊNE ABANDONNÉ

Dans la tiède forêt que baigne un jour vermeil, Le grand chêne noueux, le père de la race, Penche sur le coteau sa rugueuse cuirasse Et, solitaire aïeul, se réchauffe au soleil.   Du fumier de ses fils étouffés sous son ombre, Robuste, il a nourri ses siècles florissants, Fait bouillonner la sève en ses membres puissants, Et respiré le ciel avec sa tête sombre.
Mais ses plus fiers rameaux sont morts, squelettes noirs Sinistrement dressés sur sa couronne verte ; Et dans la profondeur de sa poitrine ouverte Les larves ont creusé de vastes entonnoirs.   La sève du printemps vient irriter l’ulcère Que suinte la torpeur de ses acres tissus. Tout un monde pullule en ses membres moussus, Et le fauve lichen de sa rouille l’enserre.   Sans cesse un bois inerte et qui vécut en lui Se brise sur son corps et tombe. Un vent d’orage Peut finir de sa mort le séculaire ouvrage, Et peut-être qu’il doit s’écrouler aujourd’hui.   Car déjà la chenille aux anneaux d’émeraude Déserte lentement son feuillage peu sûr ; D’insectes soulevant leurs élytres d’azur Tout un peuple inquiet sur son écorce rôde ;   Dès hier, un essaim d’abeilles a quitté Sa demeure d’argile aux branches suspendue ; Ce matin, les frelons, colonie éperdue, Sous d’autres pieds rameux transportaient leur cité :
Un lézard, sur le tronc, au bord d’une fissure, Darde sa tête aiguë, observe, hésite, et fuit ; Et voici qu’inondant l’arbre glacé, la nuit Vient hâter sur sa chair la pâle moisissure.
1872.
THÉRA

Cette outre en peau de chèvre, ô buveur, est gonflée De l’esprit éloquent des vignes que Théra, Se tordant sur les flots, noire, déchevelée, Étendit au puissant soleil qui les dora.   Théra ne s’orne plus de myrtes ni d’yeuses, Ni de la verte absinthe agréable aux troupeaux, Depuis que, remplissant ses veines furieuses, Le feu plutonien l’agite sans repos.
Son front grondeur se perd sous une rouge nue ; Des ruisseaux dévorants ouvrent ses mamelons ; Ainsi qu’une Bacchante, elle est farouche et nue, Et sur ses flancs intacts roule des pampres blonds.
Mai 1872.
MARINE
Sous les molles pâleurs qui voilaient en silence La falaise, la mer et le sable, dans l’anse...

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