Fleurs de Bretagne
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Description



Charles Favre



"J'ai essayé de fixer quelques impressions de voyage : ce sont, assurément, des fleurs bien pales, ne valant pas la moindre bruyère que vous auriez cueillie vous-même dans les landes de l'Armorique !"



De Carnac à Paimpol en passant par Ouessant, évocation poétique de la Bretagne littorale – l'Armor – par un Suisse, Charles Favre, à la fin du XIXe siècle.

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Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9782374631493
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Fleurs de Bretagne
Charles Favre
Août 2015
Stéphane le Mat
La Gibecière à Mots
ISBN:978-237463-043-4
couverture : pastel de STEPH’
lagibeciereamots@sfr.fr
N° 44
A MA CHERE GRAND'MAMAN
MADAME PERRENOUD-DU BOIS J'ai essayé de fixer quelques impressions de voyage : ce sont, assurément, des « fleurs »... bien pâles, ne valant pas la moindre bruyère que vous auriez cueillie vous-même dans les landes de l'Armorique ! Puisque vos quatre-vingt-huit ans ne vous permetten t plus les envolées vers les pays captivants, – permettez tout au moins que j'ap porte, pour orner votre foyer, un modeste bouquet de fleurs de Bretagne. Si elles sont fanées... votre indulgente affection saura leur donner le coloris qu'elles n'ont pas. Le Locle, le 22 mai 1895. CHARLES FAVRE.
CARNAC
Si Paris, dit-on, résume toute la France, Carnac re présente la Bretagne et en donne une idée, comme la fleur nous parle de la pla nte qui la porte, comme l'œil est le reflet fidèle de l'âme. C’était par une belle soirée de samedi que j'arriva is à Carnac. J'avais laissé, à Plouharnel, la voie ferrée qui s'enfuit tout le lon g de la presqu’île de Quiberon. La route, de Plouharnel à Carnac, traverse la lande ; bientôt, à notre gauche, sur le fond d'un champ de blé, se dessine un dolmen, – le premier que je rencontre en Bretagne. A la différence des menhirs, simples bloc s granitiques dressés sur la pointe, le dolmen est une pierre (men) affectant la forme d'un plateau de table, (dol), posé sur deux autres granits, ces derniers faisant l'office de montants. Carnac est bientôt atteint ; je me hâte d’aller aux fameux alignements, à deux kilomètres au delà du bourg. Pour peu que l'on veui lle prendre la ligne droite, il faut enjamber bien des murs. Enfin, voici le petit bourg du Menec, et, tout à côté, les alignements dits de Carnac. Si vous êtes venus avec la pensée de voir de grandes pierres, de dix à vingt mètres de haut, vous serez déçus. Car des 874 menhirs de Carnac, le plus élevé n'atteint pas quatre mètres. Néanmoins, tels qu'ils sont, ils produisent une impression profonde. Ailleurs, ces m enhirs sont isolés ou réunis en petits groupes ; ici, ils s'appellent légion. On di rait une armée de géants, alignée sur onze rangs. Instinctivement, la pensée remonte le cours des siè cles, se reporte à ces époques qui ont vu s’élever ces monuments. De prime abord, une impression vous gagne, envahit tout l'horizon de votre pensée : ces menhir s, vous dites-vous, sont l'incarnation vraie, éternelle de l'Armorique. Ce s ont eux – et rien d'autre – qui donnent à ce pays sa physionomie taillée en traits ineffaçables dans le granit. J'entends qu'on se récrie et que l'on dit : « Vous oubliez ces églises admirables, s’élevant au-dessus des villages, et ces clochers q ui, ci et là, se dressent dans cet horizon de verdure... comme si le granit lui-même a vait voulu pousser un jet superbe, digne de lui ! Oui, vous oubliez les cloch ers bretons, vraie efflorescence du granit, pétrifiée par les siècles. Voilà, – répl iquez-vous, – ce qui donne à la Bretagne et son cachet et son parfum de poésie » Eh bien ! non. Malgré tout ce qui s'attache de souvenirs autour de ces clochers ; mal gré les récits de l'histoire héroïque et ceux de la légende, accrochés à ces édi fices comme le lierre l'est aux chênes de Bretagne, il faut le constater : ces simp les pierres dressées dans les solitudes sont les reines incontestables des landes . Car, aussi, ces menhirs et ces dolmens semblent dominer les siècles avec plus d’au torité encore que les églises elles-mêmes. Ne sont-ils pas leurs ancêtres de plus ieurs siècles ? N'est-ce pas eux, qui, témoins muets, ont assisté aux vicissitudes de ce pays depuis l'ère celtique sans doute ? En vain les rafales de l'hiver passent ; plantés comme ils sont souvent sur une base très étroite, les menhirs sont restés debout, bravant tous les autans. Quels peuples ont dressé ces menhirs ? de quelle ra ce étaient-ils ? quand vivaient-ils ? Les blocs, à toutes les questions, r estent muets. Aucune inscription n'est là pour nous tirer de l'incertitude : les men hirs conservent leur secret. En cela, ils sont bien bretons et tiennent du pays, de ce pa ys de mystères, de brumes, de pieuse rêverie. Une chose est certaine : ces monuments remontent pl us haut que la période romaine ; il faut aller jusqu’à celle des Celtes, e t s'en tenir au clair-obscur de cette
époque-là ; surtout, il ne faut pas hasarder de dat es. Toutefois, ici comme ailleurs en Bretagne, la légende vient suppléer à l'histoire . Chaque pierre a son nom, sa légende ; plusieurs sont réputées produire des mira cles, favoriser les jeunes filles en leur accordant des époux... Bref toutes les supe rstitions, y compris les plus saugrenues, enveloppent ces granits du manteau de l a Bretagne, ce manteau gris ou se dessinent des personnages aux traits indécis, tenant de la fantaisie. Voilà ce qui donne cette auréole à ces pierres, et le paysag e qui les encadre – de vastes landes – répand sur elles le charme de sa mélancoli e, de son inexprimable tristesse. Voulez-vous savoir comment les habitants de Carnac expliquent 1'origine de leurs menhirs ? « Saint Cornely, disent-ils, poursuivi pa r les païens et ne trouvant plus moyen de leur échapper, les métamorphosa en pierres . De là le nom donné par les habitants du pays à ces alignements : Soudar del sa int Cornely ! » Si 1'origine des « Soudar del Cornely » se dérobe à nos regards, il n'en est pas de même de leur but. De l'avis des hommes les plus com pétents dans ces matières, nous avons là des monuments funéraires. Au reste, l e culte des morts a produit, de l'Armorique jusqu'au Thibet, et de la Scandinavie a u pays des Pharaons, combien de ces nécropoles ! Trois semaines plus tard, comme j'étais à visiter l e musée du Louvre à Paris, et que je parcourais les salles des musées égyptien et assyrien, mes pensées se reportaient comme d’elles-mêmes des sarcophages, qu e j’avais sous les yeux, aux menhirs de Carnac : une même pensée de respect pour les morts animait et les habitants de l'Armorique et ceux de l'Orient. Seule ment, les monuments de l'Egypte sont couverts de récits témoignant de la croyance d es Egyptiens à l'immortalité de l'âme ; ceux de la Bretagne ne laissent pas entrevo ir ces flammes merveilleuses, qui, aujourd'hui encore, brillent sur les tombeaux des bords du Nil : je veux dire les hymnes et les prières a l'adresse de la divinité. Tandis que je me promène à travers la lande, la nui t arrive peu à peu ; les menhirs semblent s'agrandir. Le pays prend un cache t si mystérieux, que vraiment on se le demande : ces pierres ne vont-elles pas ré véler leur mystère ? Quelque voix ne sortira-t-elle pas des profondeurs de la te rre ?... Mais non, le vent seul passe à travers la lande. Pourtant, dans le lointain, j'entends une mélodie, un air monotone et triste, que chantent des êtres invisibles. Les voix deviennent de plus en plus distinctes. Ce ne sont pas les korigans, – les nains de la mythologie celtique, – mais des habitants du Ménec. Bretons et Bretonnes ont revêtu leurs plus b eaux atours, pour fêter les fiançailles d'un couple du bourg. Ils traversent, à cette heure du crépuscule, les alignements et chantent : C'est une jeune fille de dix-huit ans Que nous regrettons... Ainsi devaient chanter les Bretons, il y a bien des siècles ; peut-être aussi leurs ancêtres, les Celtes. Pour eux également, la vie av ait en réserve ces deux choses : l'amour à dix-huit ans, puis la mort... à tout âge. Ô menhirs de Carnac ! que n'avez-vous une voix pour nous raconter tout ce que vous avez entendu de chansons joyeuses, de pleurs a mers... Le cortège s’éloigne ; les gilets bleus des hommes, les coiffes blanches et roses des femmes disparaissent. Seul, le vent apporte enc ore au milieu des alignements
ces paroles toujours répétées : C'est une jeune fille de dix-huit ans Que nous regrettons... J'ai revu les menhirs, le lendemain, par une matiné e de dimanche toute pénétrée des senteurs des foins, toute remplie des sons des cloches de l’église. Ô la beauté du premier dimanche passé en Bretagne ! et surtout ici, à Carnac, dans la terre classique des Bardes et des Pardons ! Deux mots qui jurent un peu de se trouver ensemble, et pourtant moins qu'on se l'imagine. En effet, en Bretagne, les souvenirs du paganisme s’enchevêtrent dans ceux du christiani sme ; – c'est un écheveau difficile à démêler que celui des fils d'or du chri stianisme, des fils de soie de la légende, mêlés à l'étoupe grossière du paganisme. Tenez ! vous trouvez souvent un menhir, témoin du p aganisme, sur lequel a été fixée ou même au haut duquel a été taillée une croi x, symbole du Christ vainqueur ! Nous allons aux alignements de Kermario, à un kilom ètre de ceux du Ménec. Là, se dressent 853 menhirs, plus grands que ceux du Mé nec, mais moins bien alignés. Sur une éminence de quarante-quatre mètres d’élévation : le Mont Saint-Michel ; il y a, là, sur un tumulus, une chapelle dédiée à sain t Michel. Les femmes des marins viennent demander au saint une traversée favorable pour leurs maris. La vue qu'on a, en cet endroit, est fort belle : ve rs le nord-est, les alignements de Carnac, ceux de Kermario à l'est ; enfin, plus loin , encore, ceux de Kerlescan (262 menhirs) ; cette quantité prodigieuse de menhirs ap paraît dans une prairie couverte de bruyères, qui maintenant commencent à fleurir ; lorsqu'elles ondulent, on dirait des frissons roses passant sur le vert des près. En fin, dans la lande immense, des forêts de pins jettent sur cette verdure une teinte plus sombre. Du côté du sud, la mer ouvre ses perspectives infinies. Tout au large, une bande plus sombre encore : Belle-Ile-en-Mer. Sur tout cela, le charme des tons gris, un gris-perle sur lequel se silhouettent les maisons de Carnac. La cloche de neuf heures appelle les fidèles au cul te. Lorsque sonnent de nouveau les cloches pour la grand'messe, à dix heur es, je vais jeter un coup d’œil dans l’église paroissiale, – un édifice du XVII e siècle ; le porche est formé par d’énormes blocs de granit, choisis, paraît-il, parm i les plus beaux menhirs du pays. Les gens arrivent de toute la contrée environnante ; qu'ils sont beaux sur la place, devant l’église, ces deux à trois centaines d'homme s attendant la fin de la sonnerie ! Ils ont mis de superbes vestons garnis d e larges bandes de velours noir ; leurs chapeaux de feutre, d’où pendent deux grands rubans de velours descendant jusqu’à la nuque, donnent à ces hommes des airs de grands enfants. Les femmes ont mis la coiffe des dimanches. La grande nef se r emplit de ces coiffes, qui paraissent plus blanches encore dans l'encadrement des voûtes sombres du granit. Le culte commence. Toutes ces femmes répètent, aprè s le cure, ces paroles : O fas adorabl, Skedus evel An heol hog o lugerni A c'hloar var Menez Thabor ! O fas adorabl, Kacroc'h eget an heol Dudiusoc'h eget ar loar,
Skedusoc'h eget ar stered, Freskoc'h eget roz An nevez amzer. O pet truez ouzomp ! Ô face adorable, Brillante comme le soleil, Et rayonnante de gloire, Sur la montagne du Thabor ! Ô face adorable, Plus belle que le soleil, Plus grande que la lune, Plus brillante que les étoiles, Plus fraîche que les roses Du printemps. Ayez pitié de nous !... Et ainsi de suite pendant une demi-heure. Conservez longtemps encore vos coiffes « Skedus Eve l », elles aussi ! Conservez surtout vos mœurs antiques, aussi longtemps que les églises de granit vous ouvriront leurs portes, que, dans les landes, se dr esseront les menhirs drapés dans leur mystère... et que la mer, au loin, roulera ses flots agités.
SAINTE-ANNE-D'AURAY
Qui veut sentir battre le cœur de la Bretagne doit aller à Sainte-Anne-d'Auray. Le train nous dépose à la station Sainte-Anne, et là p lusieurs omnibus attendent les pèlerins, pour les conduire au bourg, distant de trois kilomètres de la station. Sainte-Anne est la sainte de Bretagne par excellenc e ; or, elle a ici son sanctuaire. La route, très large et très droite, est bordée d'o rmes magnifiques. On passe près de la chapelle célèbre par la vision d'Yves Nicolaz ic. En 1623, disent les fidèles, Yves eut une vision. Sainte Anne lui apparaît, et l ui commande d’élever une chapelle au champ nommeBocenno. Ce qu'il fit ; et, le 26 juillet de chaque année, de quinze à vingt mille pèlerins viennent implorer, pour eux et les leurs, la sainte de Bretagne... Toutefois, nous n'allons pas à cette chapelle, mais à l’église qui se trouve dans le bourg même, – une église Renaissance, d'un beau sty le, construite de 1866 à 1873. Le granit n'a pas encore la patine que dépose le te mps sur tous les édifices de Bretagne ; dans son encadrement d'ormes gigantesque s, cette église produit un effet saisissant. Puis, sur ce feuillage vert-bleu des ormes, au-dessus de la tour aux teintes gris-rose, se dresse, resplendissante d'or, la statue de sainte Anne dans l'azur du ciel. La Bretagne, si sévère non loin, – à Carnac, – semble sourire, à Sainte-Anne-d'Auray, de son plus doux sourire. La m er est trop éloignée d'ici pour faire a Sainte-Anne... autre chose que du bien. Ell e peut donc trôner sur son piédestal de granit, au-dessus des grands ormes, da ns son atmosphère presque céleste : jamais la mer ne viendra courber les orme s ni ployer les chênes, comme ailleurs. Sur la place, devant l’église, un millier de Breton s, – hommes et femmes, – vont et viennent, causent dans la plus joyeuse animation ; tous ont mis, pour venir, leurs plus beaux costumes. Qui a vu cela ne l'oubliera jamais ! On dirait tout es les plus belles nuances de ces nuages azures – qu'on admire le soir – descendues s ur la terre pour... habiller cette pieuse assemblée de braves gens. La grande sonnerie emplit l'air de ses ondes sonores ; un gai soleil éclaire toutes ces coiffes blanches rehaussées de rubans aux multiples couleurs ; et les hommes sont aussi s uperbes dans leurs gilets bleus, rouges ou violets, avec des boutons dorés. Dans cet te foule, on voit nombre de marins ayant à leurs bras des Bretonnes accortes. T out ce monde-là cause avec une animation extraordinaire pour la Bretagne. Ce g rand silence qui pèse sur les landes, – comme pèsent les mauvais sorts de la supe rstition, – est levé à Sainte-Anne. La Bretagne trouve ici sa voix pour entonner sur la harpe d'Armorique, – cette harpe plaintive qui chante la mer et ses fureurs, – pour entonner, dis-je, un cantique en l'honneur de sa Sainte. Aux chants des pèlerins qui arrivent se mêlent les cris des marchandes, vendant des croix, des chapelets. Ailleurs, on vous offre d es colifichets, des jeux, ou encore des pâtisseries, des crêpes appétissantes ou des sa rdines qui roussissent dans l'huile... une odeur bretonne, celle-là, entre toutes les autres ! En voyant ce spectacle, un autre tout semblable se présente à mon souvenir. Je revois Tunis la blanche, ses souks de la ville arab e par un jour de fête nationale, celle du Ramadan. Je revois toutes ces couleurs des burnous, des chéchia sous le grand soleil d'Afrique, et j'entends ce bruit des d erbouka dans les cafés arabes ; sur
la place, roussissent non des sardines, mais des gâ teaux de miel, et le soir, les mosquées projettent sur le ciel leurs tours blanche s garnies de lampions, et leurs croissants dorés, de même qu'ici apparaissent la nu it les croix au milieu des lumières des cierges... Et puis je pense aux grandes fêtes que je célèbre a vec joie depuis mon enfance. Je revois ces paysages d'hiver, alors que la neige recouvre et vallées et monts. Les passants marchent vite dans les rues, car il fait f roid. A peine s'arrête-t-on pour regarder les vitrines où s'étalent les plus beaux o bjets. Et pourtant là aussi, là surtout, une joie intense rayonne sous le ciel mort , et semble descendre des cieux et pénétrer dans toutes les demeures lorsque, avec les derniers feux d'un pâle jour d'hiver, la grande cloche sonne et redit à chacun : Noël, Noël est de retour Ô le beau jour ! Alors, que vous êtes pâles, minarets de Tunis, malg ré vos lampions semblables à des émeraudes brillant sur un fond d'opale ; et vou s aussi, ô sainte Anne, vous resplendissez moins, sur votre tour de granit s'éla nçant dans l'azur, que les faibles bougies du sapin s'allumant dans la nuit de Noël. -oOo-Avec la foule, nous entrons dans l’église : l’intér ieur est encore plus somptueux que l’extérieur. Les colonnes de granit, les revête ments de marbre blanc des murs, les vitraux contenant l'histoire du pèlerinage, jus qu’à nos jours, tout cela donne à cet édifice un cachet très imposant. Dans la nef du centre, immense et lumineuse, les Br etonnes suivent l'office. Lorsqu'elles inclinent la tête on dirait, à voir ce s coiffes onduler dans l’église, une brise passant sur la mer foncée, et couronnant d'ai grettes blanches le sommet des vagues. Quel contraste entre cette somptueuse maison et les humbles chaumières d’où tout ce monde est venu le matin ! Quelle différence entre cette chambre unique des maisons bretonnes, chambre qui sert de cuisine, d'o ù tout luxe est banni, et cette église ruisselante d'or et d'argent ! Quelle différ ence enfin, entre ce bruit de la mer, toujours le même, accompagnant en sourdine la prièr e du soir à la maison, et ces sons majestueux de l'orgue emplissant les voûtes...
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