Honoré de Balzac - Oeuvres complètes
8703 pages
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Honoré de Balzac - Oeuvres complètes , livre ebook

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Description

Ce volume 6 contient les oeuvres complètes de Balzac et est agrémentée de 1000 illustrations d'époques, dont les gravures originales, et contient, outre la Comédie Humaine et les Contes Drolatiques, les Œuvres Diverses et le Théâtre. Il contient plus de 180 titres (Il contient entre autre l'intégralité des oeuvres diverses).


Honoré de Balzac, né Honoré Balzac à Tours le 20 mai 1799 (1er prairial an VII du calendrier républicain), et mort à Paris le 18 août 1850 (à 51 ans), est un écrivain français. Romancier, dramaturge, critique littéraire, critique d'art, essayiste, journaliste et imprimeur, il a laissé l'une des plus imposantes œuvres romanesques de la littérature française, avec plus de quatre-vingt-dix romans et nouvelles parus de 1829 à 1855, réunis sous le titre La Comédie humaine. À cela s'ajoutent Les Cent Contes drolatiques, ainsi que des romans de jeunesse publiés sous des pseudonymes et quelque vingt-cinq œuvres ébauchées. (Wikip.)


Version : 3


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CONTENU DE CE VOLUME

INTRODUCTION

LA COMÉDIE HUMAINE
AVANT-PROPOS
SCÈNES DE LA VIE PRIVÉE
SCÈNES DE LA VIE DE PROVINCE
ILLUSIONS PERDUES
SCÈNES DE LA VIE PARISIENNE
SCÈNES DE LA VIE POLITIQUE
SCÈNES DE LA VIE MILITAIRE
SCÈNES DE LA VIE DE CAMPAGNE
ÉTUDES PHILOSOPHIQUES
ÉTUDES ANALYTIQUES

ŒUVRES DIVERSES
CONTES ET NOUVELLES
ESSAIS ANALYTIQUES
PHYSIONOMIE ET ESQUISSES PARISIENNES
CROQUIS ET FANTAISIES
PORTRAITS ET CRITIQUE LITTÉRAIRE
POLÉMIQUE JUDICIAIRE
ÉTUDES HISTORIQUES ET POLITIQUES
COMPLÉMENT
PREMIÈRES RÉDACTIONS

CONTES DROLATIQUES

THÉÂTRE
Vautrin
Les ressources de Quinola
Paméla Giraud
La marâtre
Le Faiseur
L’École des ménages

COMPLÉMENTS
Histoire des œuvres de H. de Balzac (par le V. de Lovenjoul)
La genèse d’un roman de Balzac (par le V. de Lovenjoul)
Une page perdue de H. de Balzac (par le V. de Lovenjoul)

ANNEXES
Revue des Romans
Honoré de Balzac (Gautier)
M. de Balzac, ses œuvres et son influence sur la littérature contemporaine
Balzac chez lui
Préface à la Comédie humaine de Balzac
Balzac au collége
Balzac, sa méthode de travail


Les livrels de lci-eBooks sont des compilations d’œuvres appartenant au domaine public : les textes d’un même auteur sont regroupés dans un eBook à la mise en page soignée, pour la plus grande commodité du lecteur. On trouvera le catalogue sur le site de l'éditeur.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 juillet 2016
Nombre de lectures 83
EAN13 9782918042792
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0015€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

HONORÉ DE BALZAC ŒUVRES COMPLÈTES N° 6

Les lci-eBooks sont des compilations d’œuvres appartenant au domaine public. Les textes d’un même auteur sont regroupés dans un volume numérique à la mise en page soignée, pour la plus grande commodité du lecteur.
MENTIONS

© 2013-2020 lci-eBooks, pour ce livre numérique, à l’exclusion du contenu appartenant au domaine public ou placé sous licence libre.
ISBN : 978-2-918042-79-2
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VERSION

Version de cet eBook : 3.0 (10/02/2020), 2.2 (12/12/2017), 2.1 (05/03/2017), 2.0 (13/07/2016), 1.2 (14/10/2015), 1.1 (21/01/2015)

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La déclinaison de versions n (entière) correspond à un ajout de matière complété éventuellement de corrections.
SOURCES

— ÉFÉLÉ, réimprimeur la nuit : La Comédie Humaine . Le texte reprend le découpage de la première édition à l’exception néanmoins du Député d’Arcis , des Petits Bourgeois ainsi que du Traité de la vie élégante , la Théorie de la démarche et le Traité des excitants moderne . Ces trois derniers textes n’ont été rattachés qu’en 1950 à la Comédie Humaine, et étaient placés auparavant dans les Œuvres Diverses. Le texte de la première édition a été remanié par Balzac sur un exemplaire personnel (corrections, suppressions, additions manuscrites en marge des pages). Ces modifications ont été intégrées pour la première fois dans « le Furne corrigé », édité par M. Lévy en 1865.

—Couverture : Œuvres Complètes , M. Levy, 1875. Internet Archive/Université de Toronto.
—Titre : Peinture par Jean Alfred Gérard-Seguin, pastel, musée des Beaux-Arts de Tours. Wikimedia Commons.
—Pré-sommaire : Dessin par Louis Boulanger. Illustration pour S.Henry Berthoud, Le Musée des familles , octobre 1841, p. 32. Bibliothèque interuniversitaire de santé : CIPA0711. Wikimedia Commons
—Post-Sommaire : A vingt ans. D’après un dessin attribué à Achille Devéria. Gravure de Clément. Wikimedia Commons.
S OURCES EN VRAC
— Source de la version Efele (probable) : Google Books/Bibliotheque cant. et univ. Lausanne.
— Le Député d’Arcis , Les Petits Bourgeois : Wikisource
— Traité de la vie élégante , Théorie de la démarche, Traité des excitants moderne, Les caprices de la Gina, La femme comme il faut, La femme de province : Bibliothèque municipale de Lisieux
— Théorie de la démarche. ?
— Code des Gens Honnêtes, Voyage de Paris à Java, Les deux rêves : Miscellanées, une bibliothèque hétéroclite.
— Œuvres diverses : extraites par OCR (Abbyy) des volumes 20 (Google Books/Harvard University), 21, 22 et 23 (I.A./Robarts — University of Toronto) des Œuvres Complètes de H. de Balzac, C. Levy, éditeur, circa 1875.
— Complément : extrait par OCR (Abbyy) du volume 39 des Œuvres de l’édition Conard (I.A/University of Ottawa/University of Toronto))
— Le chef d’œuvre inconnu (première rédaction) : Wikisource.
— Contes bruns (reliquat) : Wikisource/Project Gutenberg.
— Contes drolatiques : Wikisource/Ebooks Libres et Gratuits
— Vautrin, Les ressources de Quinola, Paméla Giraud, la Marâtre : (Wikisource/Gallica)
— Le faiseur, L’école des ménages : Théâtre gratuit.
— Histoire des œuvres de Balzac, première partie, La genèse d’un roman de Balzac, Une page perdue de Balzac : extraits par OCR du fichier image Bnf/Gallica. Utilisation aussi de I.A/University of Ottawa/The Centre for 19th Century French Studies - University of Toronto.

— Annexes sur Wikisource : Revue des Romans (Google Livres/University of Michigan) Honoré de Balzac (Gallica) , M. de Balzac, ses oeuvres et son influence (IA/Tufts University/Tisch Library) , Balzac chez lui (IA/University of Ottawa/The Centre for 19th Century French Studies - University of Toronto) , Balzac au collège (Google Livres/Michigan) , Balzac, sa méthode de travail (IA/uOttawa)

— Les illustrations sont issues de l’ Edition illustrée (1851-1855), par MM. Maresq et Compagnie (IA/uOttawa). Toutefois, les 150 illustrations originales ont été colligées sur cette édition Houssiaux 1843-77 : (IA/Robarts - uToronto); les vols. 15 et 16 manquant, les illustrations correspondantes proviennent de cet autre ensemble Houssiaux plus récent : (IA/uOttawa/The Centre for 19th Century French Studies-uToronto). Les Contes Drolatiques : (Archive/Library of Congress), (Archive/uOttawa/The Centre for 19th Century French Studies-uToronto), (Archive/Robarts-uToronto), L’épicier (Archive/Ottawa/The Centre for 19th Century French Studies-uToronto), Le notaire (Idem), Monographie du rentier (Idem), Physiologie de l’employé (Archive/Getty Res. Inst.), Monographie de la presse parisienne (Archive/Getty Res. Inst.), Ce qui disparaît de Paris et Histoire et physiologie des boulevards de Paris (Google Books/Bibliothèque Nationale Centrale de Rome), La caricature (2 articles) (Google Books/Biliothèque natonale de la république Tchèque), Petites misères de la vie conjugale (Archive/Ottawa/The Centre for 19th Century French Studies-uToronto)
— Autre source d’illustrations : Curiosités Littéraires et pages inconnues de Balzac (Bibliopolis, 1911) (IA/uOttawa/uToronto).

E DITIONS COMPLÈTES PARTIELLEMENT CONSULTÉES
Edition définitive, Michel Levy frères, 1869-1872 (23 volumes), plus un volume de correspondance.
Edition Louis Conard (1910-1938), (40 volumes), illustrations de Charles Huard
Edition des Bibiophiles de l’Originale (1965-1976) (26 volumes ?) Cette édittion reproduit la première édition de la Comédie Humaine avec les corrections manuscrites de Balzac en fac-similé sur toutes les pages.

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LISTE DES TITRES
H ONORÉ B ALZAC (1799 -1850)
LA COMÉDIE HUMAINE
AVANT-PROPOS
1842
ÉTUDES DE MŒURS
SCÈNES DE LA VIE PRIVÉE
LA MAISON DU CHAT-QUI-PELOTE
1829
LE BAL DE SCEAUX
1829
LA BOURSE
1832
LA VENDETTA
1830
MADAME FIRMIANI
1829
UNE DOUBLE FAMILLE
1830&42
LA PAIX DU MÉNAGE
1829
LA FAUSSE MAITRESSE
1842
ÉTUDE DE FEMME
1830
ALBERT SAVARUS
1842
MÉMOIRES DE DEUX JEUNES MARIÉES
1841
UNE FILLE D’ÈVE
1838
LA FEMME ABANDONNÉE
1832
LA GRENADIÈRE
1832
LE MESSAGE
1832
GOBSECK
1830
AUTRE ÉTUDE DE FEMME
1839-42
LA FEMME DE TRENTE ANS
1828-44
LE CONTRAT DE MARIAGE
1835
BÉATRIX
1838-44
LA GRANDE BRETÈCHE
(1832)
MODESTE MIGNON
1844
HONORINE
1843
UN DÉBUT DANS LA VIE
1842
SCÈNES DE LA VIE DE PROVINCE
URSULE MIROUËT
1841
EUGÉNIE GRANDET
1833
LES CÉLIBATAIRES

PIERRETTE
1839
LE CURÉ DE TOURS
1832
UN MÉNAGE DE GARÇON
1842
LES PARISIENS EN PROVINCE :

L’ILLUSTRE GAUDISSART
1833
LA MUSE DU DÉPARTEMENT
1843-44
LES RIVALITÉS

LA VIEILLE FILLE
1836
LE CABINET DES ANTIQUES
1837
LE LYS DANS LA VALLÉE
1835
ILLUSIONS PERDUES
1835-43
LES DEUX POÈTES
1836
UN GRAND HOMME DE PROVINCE A PARIS
1832
ÈVE ET DAVID
1843
SCÈNES DE LA VIE PARISIENNE
HISTOIRE DES TREIZE

FERRAGUS
1833
LA DUCHESSE DE LANGEAIS
1834
LA FILLE AUX YEUX D’OR
1834-35
LE PÈRE GORIOT
1834
LE COLONEL CHABERT
1832
FACINO CANE
1836
LA MESSE DE L’ATHÉE
1836
SARRASINE
1830
L’INTERDICTION
1836
HISTOIRE DE LA GRANDEUR ET DE LA DÉCADENCE DE CÉSAR BIROTTEAU
1837
LA MAISON NUCINGEN
1837
PIERRE GRASSOU
1839
LES SECRETS DE LA PRINCESSE DE CADIGNAN
1839
LES EMPLOYÉS OU LA FEMME SUPÉRIEURE
1836
SPLENDEURS ET MISÈRES DES COURTISANES
1838-46
UN PRINCE DE LA BOHÈME
1839&45
ESQUISSE D’HOMME D’AFFAIRES D’APRÈS NATURE
1845
GAUDISSART II
1844
LES COMÉDIENS SANS LE SAVOIR
1845
LES PARENTS PAUVRES

LA COUSINE BETTE
1846
LE COUSIN PONS
1847
LES PETITS BOURGEOIS

SCÈNES DE LA VIE POLITIQUE
UN ÉPISODE SOUS LA TERREUR
1831
UNE TÉNÉBREUSE AFFAIRE
1841
Z. MARCAS
1840
L’ENVERS DE L’HISTOIRE CONTEMPORAINE

MADAME DE LA CHANTERIE
1843-45
L’INITIÉ
1847
LE DÉPUTÉ D’ARCIS
1847
SCÈNES DE LA VIE MILITAIRE
LES CHOUANS
1829
UNE PASSION DANS LE DÉSERT
1830
SCÈNES DE LA VIE DE CAMPAGNE
LE MÉDECIN DE CAMPAGNE
1832-33
LE CURÉ DE VILLAGE
1837-45
LES PAYSANS
1845
ÉTUDES PHILOSOPHIQUES
LA PEAU DE CHAGRIN
1830-31
JÉSUS-CHRIST EN FLANDRE
1831
MELMOTH RECONCILIÉ
1835
LE CHEF-D’ŒUVRE INCONNU
1832
LA RECHERCHE DE L’ABSOLU
1834
MASSIMILLA DONI
1839
GAMBARA
1837
L’ENFANT MAUDIT
1831-36
LES MARANA
1832
ADIEU
1830
LE RÉQUISITIONNAIRE
1831
EL VERDUGO
1829
UN DRAME AU BORD DE LA MER
1834
L’AUBERGE ROUGE
1831
L’ÉLIXIR DE LONGUE VIE
1830
MAITRE CORNÉLIUS
1831
SUR CATHERINE DE MÉDICIS

LE MARTYR CALVINISTE
1836
LA CONFIDENCE DES RUGGIERI
1836
LES DEUX RÈVES
1828
LES PROSCRITS
1831
LOUIS LAMBERT
1832
SÉRAPHITA
1833
ÉTUDES ANALYTIQUES
PHYSIOLOGIE DU MARIAGE
1824-29
PETITES MISÈRES DE LA VIE CONJUGALE
1830-46
PATHOLOGIE DE LA VIE SOCIALE

TRAITE DE LA VIE ÉLÉGANTE
1830
THÉORIE DE LA DÉMARCHE
1833
TRAITÉ DES EXCITANTS MODERNES
1838
ŒUVRES DIVERSES
AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS

CONTES ET NOUVELLES
SOUVENIRS D’UN PARIA
1829-30
LA COMÉDIE DU DIABLE
1831
CONTES PSEUDONYMES
1830-31
LE DÔME DES INVALIDES HALLUCINATION
1831
ÉCHANTILLON DE CAUSERIE FRANÇAISE
1832-44
LE REFUS
1832
AVENTURES ADMINISTRATIVES D’UNE IDÉE HEUREUSE
1834
LES MARTYRS IGNORÉS
1836-37
LA FILANDIÈRE
1837
TONY SANS-SOIN
1842
UNE RUE DE PARIS ET SON HABITANT
1845
ESSAIS ANALYTIQUES
ARTICLES DANS LA MODE ET LA SILHOUETTE
1830
ARTICLES ANONYMES DANS LA CARICATURE
1831
LETTRE À CHARLES NODIER SUR SON ARTICLE INTITULÉ DE LA PALINGÉNÉSIE HUMAINE ET DE LA RÉSURRECTION
1832
PHYSIONOMIE ET ESQUISSES PARISIENNES

CODE DES GENS HONNÊTES
1825
PETIT DICTIONNAIRE CRITIQUE ET ANECDOTIQUE DES ENSEIGNES DE PARIS PAR UN BATTEUR DE PAVÉ
1826
ARTICLES PSEUDONYMES
1830-31
L’ÉPICIER
1839
LE NOTAIRE
1839
MONOGRAPHIE DU RENTIER
1840
PHYSIOLOGIE DE L’EMPLOYÉ
1841
MONOGRAPHIE DE LA PRESSE PARISIENNE
1843
CE QUI DISPARAÎT DE PARIS
1844
HISTOIRE ET PHYSIOLOGIE DES BOULEVARDS DE PARIS
1844
CROQUIS ET FANTAISIES
ARTICLES PSEUDONYMES
1830-32
VOYAGE DE PARIS À JAVA
1832
PEINES DE CŒUR D’UNE CHATTE ANGLAISE
1840
GUIDE-ÂNE A L’USAGE DES ANIMAUX QUI VEULENT PARVENIR AUX HONNEURS
1840
VOYAGE D’UN LION D’AFRIQUE À PARIS ET CE QUI S’ENSUIVIT
1841
LES AMOURS DE DEUX BÊTES OFFERTS EN EXEMPLE AUX GENS D’ESPRIT
1841
UNE PRÉDICTION
1845
PORTRAITS ET CRITIQUE LITTÉRAIRE
MOLIÈRE
1825
LA FONTAINE
1826
FRAGOLETTA
1829
LE FEUILLETON DES JOURNAUX POLITIQUES
1830
ARTICLES PSEUDONYMES
1830
ARTICLES PARUS DANS LA MODE
1830
LETTRE AUX ÉCRIVAINS FRANÇAIS DU XIXE SIÈCLE
1834
LE MONDE COMME IL EST
1835
BRILLAT-SAVARIN
1835
ÉTUDES CRITIQUES PUBLIÉES DANS LA CHRONIQUE DE PARIS
1836
TEXTES SUR LA PROPRIÉTÉ LITTÉRAIRE
1839-41
LA CHINE ET LES CHINOIS
1842
PRÉFACES ET NOTES RELATIVES AUX PREMIÈRES ÉDITIONS
1829-44
LETTRE À M. HIPPOLYTE CASTILLE
1846
POLÉMIQUE JUDICIAIRE
MÉMOIRE SUR LE PROCÈS DE PEYTEL
1839
ÉTUDES HISTORIQUES ET POLITIQUES
DU DROIT D’AÎNESSE
1824
HISTOIRE IMPARTIALE DES JÉSUITES
1824
LETTRES SUR PARIS
1830-31
DANS LA CARICATURE (PSEUDONYMES)
1830-32
ENQUÊTE SUR LA POLITIQUE DES DEUX MINISTÈRES
1831
LE DÉPART
1831
DANS LE RÉNOVATEUR
1832
LA FRANCE ET L’ÉTRANGER (LETTRES)
1836
SIX ROIS DE FRANCE
1837
REVUE PARISIENNE
1840
PROFESSION DE FOI POLITIQUE
1848
COMPLÉMENT
ARTICLE PSEUDONYMES
1830-32
LES DEUX AMIS (CONTE SATYRIQUE).

DU GOUVERNEMENT MODERNE.
1832
AVENTURES ADMINISTRATIVES D’UNE IDÉE HEUREUSE (SUITE)
1834
LES CAPRICES DE LA GINA
1842
PREMIÈRES RÉDACTIONS
CONTES ET NOUVELLES
LES DEUX RÊVES
1830
LE CHEF-D’ŒUVRE INCONNU
1831
CONTES BRUNS
UNE CONVERSATION ENTRE 11H ET MINUIT
1832
LE GRAND D’ESPAGNE
1832
ÉTUDES
LA FEMME COMME IL FAUT
1840
LA FEMME DE PROVINCE
1841
PARIS MARIÉ
1844
CONTES DROLATIQUES
1832-37
THÉÂTRE
VAUTRIN
1840
LES RESSOURCES DE QUINOLA
1842
PAMÉLA GIRAUD
1843
LA MARATRE
1848
LE FAISEUR
1840
L’ECOLE DES MÉNAGES
1839
COMPLÉMENTS
HISTOIRE DES ŒUVRES DE H. DE BALZAC
1876-88
LA GENÈSE D’UN ROMAN DE BALZAC
1901
UNE PAGE PERDUE DE H. DE BALZAC
1903
ANNEXES
REVUE DES ROMANS
1839
HONORÉ DE BALZAC (GAUTIER)
1855
M. DE BALZAC, SES ŒUVRES ET SON INFLUENCE SUR LA LITTÉRATURE CONTEMPORAINE
1856
BALZAC CHEZ LUI
1863
PRÉFACE À LA COMÉDIE HUMAINE DE BALZAC
1869
BALZAC AU COLLÉGE
1878
BALZAC, SA MÉTHODE DE TRAVAIL
1879
PAGINATION
Ce volume contient 5702085 mots et 15660 pages.
LA COMÉDIE HUMAINE
01. AVANT-PROPOS
12 pages
SCÈNES DE LA VIE PRIVÉE
02. LA MAISON DU CHAT-QUI-PELOTE
53 pages
03. LE BAL DE SCEAUX
56 pages
04. LA BOURSE
32 pages
05. LA VENDETTA
66 pages
06. MADAME FIRMIANI
22 pages
07. UNE DOUBLE FAMILLE
67 pages
08. LA PAIX DU MÉNAGE
36 pages
09. LA FAUSSE MAITRESSE
50 pages
10. ÉTUDE DE FEMME
11 pages
11. ALBERT SAVARUS
27 pages
12. MÉMOIRES DE DEUX JEUNES MARIÉES
195 pages
13. UNE FILLE D’ÈVE
108 pages
14. LA FEMME ABANDONNÉE
42 pages
15. LA GRENADIÈRE
23 pages
16. LE MESSAGE
16 pages
17. GOBSECK
50 pages
18. AUTRE ÉTUDE DE FEMME
39 pages
19. LA FEMME DE TRENTE ANS
176 pages
20. LE CONTRAT DE MARIAGE
130 pages
21. BÉATRIX
295 pages
22. LA GRANDE BRETÈCHE
19 pages
23. MODESTE MIGNON
247 pages
24. HONORINE
70 pages
25. UN DÉBUT DANS LA VIE
147 pages
SCÈNES DE LA VIE DE PROVINCE
26. URSULE MIROUËT
209 pages
27. EUGÉNIE GRANDET
165 pages
28. PIERRETTE
129 pages
29. LE CURÉ DE TOURS
65 pages
30. UN MÉNAGE DE GARÇON
261 pages
31. L’ILLUSTRE GAUDISSART
39 pages
32. LA MUSE DU DÉPARTEMENT
158 pages
33. LA VIEILLE FILLE
122 pages
34. LE CABINET DES ANTIQUES
127 pages
35. LE LYS DANS LA VALLÉE
249 pages
36. LES DEUX POÈTES
123 pages
37. UN GRAND HOMME DE PROVINCE A PARIS
287 pages
38. ÈVE ET DAVID
177 pages
SCÈNES DE LA VIE PARISIENNE
39. HISTOIRE DES TREIZE
6 pages
40. LE PÈRE GORIOT
233 pages
41. LE COLONEL CHABERT
62 pages
42. FACINO CANE
15 pages
43. LA MESSE DE L’ATHÉE
20 pages
44. SARRASINE
33 pages
45. L’INTERDICTION
69 pages
46. HISTOIRE DE LA GRANDEUR ET DE LA DÉCADENCE DE CÉSAR BIROTTEAU
270 pages
47. LA MAISON NUCINGEN
62 pages
48. PIERRE GRASSOU
24 pages
49. LES SECRETS DE LA PRINCESSE DE CADIGNAN
52 pages
50. LES EMPLOYÉS OU LA FEMME SUPÉRIEURE
213 pages
51. SPLENDEURS ET MISÈRES DES COURTISANES
490 pages
52. UN PRINCE DE LA BOHÈME
32 pages
53. ESQUISSE D’HOMME D’AFFAIRES D’APRÈS NATURE
19 pages
54. GAUDISSART II
12 pages
55. LES COMÉDIENS SANS LE SAVOIR
57 pages
56. LA COUSINE BETTE
383 pages
57. LE COUSIN PONS
273 pages
58. LES PETITS BOURGEOIS
158 pages
SCÈNES DE LA VIE POLITIQUE
59. UN ÉPISODE SOUS LA TERREUR
18 pages
60. UNE TÉNÉBREUSE AFFAIRE
186 pages
61. Z. MARCAS
26 pages
62. L’ENVERS DE L’HISTOIRE CONTEMPORAINE
1 pages
63. LE DÉPUTÉ D’ARCIS
102 pages
SCÈNES DE LA VIE MILITAIRE
64. LES CHOUANS
303 pages
65. UNE PASSION DANS LE DÉSERT
14 pages
SCÈNES DE LA VIE DE CAMPAGNE
66. LE MÉDECIN DE CAMPAGNE
212 pages
67. LE CURÉ DE VILLAGE
227 pages
68. LES PAYSANS
278 pages
ÉTUDES PHILOSOPHIQUE
69. LA PEAU DE CHAGRIN
266 pages
70. JÉSUS-CHRIST EN FLANDRE
18 pages
71. MELMOTH RECONCILIÉ
45 pages
72. LE CHEF-D’ŒUVRE INCONNU
28 pages
73. LA RECHERCHE DE L’ABSOLU
171 pages
74. MASSIMILLA DONI
76 pages
75. GAMBARA
55 pages
76. L’ENFANT MAUDIT
96 pages
77. LES MARANA
58 pages
78. ADIEU
42 pages
79. LE RÉQUISITIONNAIRE
17 pages
80. EL VERDUGO
13 pages
81. UN DRAME AU BORD DE LA MER
20 pages
82. L’AUBERGE ROUGE
37 pages
83. L’ÉLIXIR DE LONGUE VIE
58 pages
84. MAITRE CORNÉLIUS
58 pages
85. SUR CATHERINE DE MÉDICIS
37 pages
86. LES PROSCRITS
31 pages
87. LOUIS LAMBERT
100 pages
88. SÉRAPHITA
130 pages
ÉTUDES ANALYTIQUES
89. PHYSIOLOGIE DU MARIAGE
292 pages
90. PETITES MISÈRES DE LA VIE CONJUGALE (PARIS MARIÉ)
224 pages
91. TRAITE DE LA VIE ÉLÉGANTE
52 pages
92. THÉORIE DE LA DÉMARCHE
38 pages
93. TRAITÉ DES EXCITANTS MODERNES
23 pages
THÉÂTRE
94. VAUTRIN
145 pages
95. LES RESSOURCES DE QUINOLA
167 pages
96. PAMÉLA GIRAUD
111 pages
97. LA MARATRE
161 pages
98. LE FAISEUR
103 pages
99. L’ECOLE DES MÉNAGES
157 pages
CONTES DROLATIQUES
100. PREMIER DIXAIN
137 pages
101. SECOND DIXAIN
142 pages
102. TROISIESME DIXAIN
127 pages
ŒUVRES DIVERSES
103. AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS
2 pages
104. CONTES ET NOUVELLES
391 pages
105. ESSAIS ANALYTIQUES
105 pages
106. PHYSIONOMIE ET ESQUISSES PARISIENNES
479 pages
107. CROQUIS ET FANTAISIES
199 pages
108. PORTRAITS ET CRITIQUE LITTÉRAIRE
578 pages
109. ÉTUDES HISTORIQUES ET POLITIQUES
721 pages
110. COMPLÉMENT
186 pages
111. PREMIÈRES RÉDACTIONS
103 pages
COMPLÉMENTS
112. HISTOIRE DES ŒUVRES DE H. DE BALZAC
286 pages
113. LA GENÈSE D’UN ROMAN DE BALZAC
152 pages
114. UNE PAGE PERDUE DE H. DE BALZAC
153 pages
ANNEXES
115. Revue des Romans
13 pages
116. Honoré de Balzac (Gautier)
14 pages
117. M. de Balzac, ses œuvres et son influence sur la littérature contemporaine
64 pages
118. Balzac chez lui
150 pages
119. Préface à la Comédie humaine de Balzac
11 pages
120. Balzac au collége
10 pages
121. Balzac, sa méthode de travail
7 pages

LA COMÉDIE HUMAINE
HONORÉ DE BALZAC
Furne, J.-J. Dubochet et C ie , J. Hetzel et Paulin, 1842-1848

Illustrations par B ERTALL , H ENRY M ONNIER , C ÉLESTIN N ANTEUIL , M EISSONNIER , T ONY J OHANNOT , A NDRIEUX , C.-J. T RAVIÈS , A.-J. L ORENTZ , M ARCKL , P IAUD , C H . J ACQUE , H. D, A.E, G AVARNI , T RIMOLET .
AVANT-PROPOS
12 pages
En donnant à une œuvre entreprise depuis bientôt treize ans, le titre de la Comédie humaine , il est nécessaire d’en dire la pensée, d’en raconter l’origine, d’en expliquer brièvement le plan, en essayant de parler de ces choses comme si je n’y étais pas intéressé. Ceci n’est pas aussi difficile que le public pourrait le penser. Peu d’œuvres donne beaucoup d’amour-propre, beaucoup de travail donne infiniment de modestie. Cette observation rend compte des examens que Corneille, Molière et autres grands auteurs faisaient de leurs ouvrages : s’il est impossible de les égaler dans leurs belles conceptions, on peut vouloir leur ressembler en ce sentiment.
L’idée première de la Comédie humaine fut d’abord chez moi comme un rêve, comme un de ces projets impossibles que l’on caresse et qu’on laisse s’envoler ; une chimère qui sourit, qui montre son visage de femme et qui déploie aussitôt ses ailes en remontant dans un ciel fantastique. Mais la chimère, comme beaucoup de chimères, se change en réalité, elle a ses commandements et sa tyrannie auxquels il faut céder.
Cette idée vint d’une comparaison entre l’Humanité et l’Animalité.
Ce serait une erreur de croire que la grande querelle qui, dans ces derniers temps, s’est émue entre Cuvier et Geoffroi Saint-Hilaire, reposait sur une innovation scientifique. L’ unité de composition occupait déjà sous d’autres termes les plus grands esprits des deux siècles précédents. En relisant les œuvres si extraordinaires des écrivains mystiques qui se sont occupés des sciences dans leurs relations avec l’infini, tels que Swedenborg, Saint-Martin, etc., et les écrits des plus beaux génies en histoire naturelle, tels que Leibnitz, Buffon, Charles Bonnet, etc., on trouve dans les monades de Leibnitz, dans les molécules organiques de Buffon, dans la force végétatrice de Needham, dans l’emboîtement des parties similaires de Charles Bonnet, assez hardi pour écrire en 1760 : L’animal végète comme la plante ; on trouve, dis-je, les rudiments de la belle loi du soi pour soi sur laquelle repose l’ unité de composition . Il n’y a qu’un animal. Le créateur ne s’est servi que d’un seul et même patron pour tous les êtres organisés. L’animal est un principe qui prend sa forme extérieure, ou, pour parler plus exactement, les différences de sa forme, dans les milieux où il est appelé à se développer. Les Espèces Zoologiques résultent de ces différences. La proclamation et le soutien de ce système, en harmonie d’ailleurs avec les idées que nous nous faisons de la puissance divine, sera l’éternel honneur de Geoffroi Saint-Hilaire, le vainqueur de Cuvier sur ce point de la haute science, et dont le triomphe a été salué par le dernier article qu’écrivit le grand Goethe.
Pénétré de ce système bien avant les débats auxquels il a donné lieu, je vis que, sous ce rapport, la Société ressemblait à la Nature. La Société ne fait-elle pas de l’homme, suivant les milieux où son action se déploie, autant d’hommes différents qu’il y a de variétés en zoologie ? Les différences entre un soldat, un ouvrier, un administrateur, un avocat, un oisif, un savant, un homme d’état, un commerçant, un marin, un poète, un pauvre, un prêtre, sont, quoique plus difficiles à saisir, aussi considérables que celles qui distinguent le loup, le lion, l’âne, le corbeau, le requin, le veau marin, la brebis, etc. Il a donc existé, il existera donc de tout temps des Espèces Sociales comme il y a des Espèces Zoologiques. Si Buffon a fait un magnifique ouvrage en essayant de représenter dans un livre l’ensemble de la zoologie, n’y avait-il pas une œuvre de ce genre à faire pour la Société ? Mais la Nature a posé, pour les variétés animales, des bornes entre lesquelles la Société ne devait pas se tenir. Quand Buffon peignait le lion, il achevait la lionne en quelques phrases ; tandis que dans la Société la femme ne se trouve pas toujours être la femelle du mâle. Il peut y avoir deux êtres parfaitement dissemblables dans un ménage. La femme d’un marchand est quelquefois digne d’être celle d’un prince, et souvent celle d’un prince ne vaut pas celle d’un artiste. L’État Social a des hasards que ne se permet pas la Nature, car il est la Nature plus la Société. La description des Espèces Sociales était donc au moins double de celle des Espèces Animales, à ne considérer que les deux sexes. Enfin, entre les animaux, il y a peu de drames, la confusion ne s’y met guère ; ils courent sus les uns aux autres, voilà tout. Les hommes courent bien aussi les uns sur les autres ; mais leur plus ou moins d’intelligence rend le combat autrement compliqué. Si quelques savants n’admettent pas encore que l’Animalité se transborde dans l’Humanité par un immense courant de vie, l’épicier devient certainement pair de France, et le noble descend parfois au dernier rang social. Puis, Buffon a trouvé la vie excessivement simple chez les animaux. L’animal a peu de mobilier, il n’a ni arts ni sciences ; tandis que l’homme, par une loi qui est à rechercher, tend à représenter ses mœurs, sa pensée et sa vie dans tout ce qu’il approprie à ses besoins. Quoique Leuwenhoëk, Swammerdam, Spallanzani, Réaumur, Charles Bonnet, Muller, Haller et autres patients zoographes aient démontré combien les mœurs des animaux étaient intéressantes ; les habitudes de chaque animal sont, à nos yeux du moins, constamment semblables en tout temps ; tandis que les habitudes, les vêtements, les paroles, les demeures d’un prince, d’un banquier, d’un artiste, d’un bourgeois, d’un prêtre et d’un pauvre sont entièrement dissemblables et changent au gré des civilisations.
Ainsi l’œuvre à faire devait avoir une triple forme : les hommes, les femmes et les choses, c’est-à-dire les personnes et la représentation matérielle qu’ils donnent de leur pensée ; enfin l’homme et la vie.
En lisant les sèches et rebutantes nomenclatures de faits appelées histoires , qui ne s’est aperçu que les écrivains ont oublié, dans tous les temps, en Égypte, en Perse, en Grèce, à Rome, de nous donner l’histoire des mœurs. Le morceau de Pétrone sur la vie privée des Romains irrite plutôt qu’il ne satisfait notre curiosité. Après avoir remarqué cette immense lacune dans le champ de l’histoire, l’abbé Bartélemy consacra sa vie à refaire les mœurs grecques dans Anacharsis.
Mais comment rendre intéressant le drame à trois ou quatre mille personnages que présente une Société ? comment plaire à la fois au poète, au philosophe et aux masses qui veulent la poésie et la philosophie sous de saisissantes images ? Si je concevais l’importance et la poésie de cette histoire du cœur humain, je ne voyais aucun moyen d’exécution ; car, jusqu’à notre époque, les plus célèbres conteurs avaient dépensé leur talent à créer un ou deux personnages typiques, à peindre une face de la vie. Ce fut avec cette pensée que je lus les œuvres de Walter Scott. Walter Scott, ce trouveur (trouvère) moderne, imprimait alors une allure gigantesque à un genre de composition injustement appelé secondaire. N’est-il pas véritablement plus difficile de faire concurrence à l’État-Civil avec Daphnis et Chloë, Roland, Amadis, Panurge, Don Quichotte, Manon Lescaut, Clarisse, Lovelace, Robinson Crusoë, Gilblas, Ossian, Julie d’Etanges, mon oncle Tobie, Werther, René, Corinne, Adolphe, Paul et Virginie, Jeanie Dean, Claverhouse, Ivanhoë, Manfred, Mignon, que de mettre en ordre les faits à peu près les mêmes chez toutes les nations, de rechercher l’esprit de lois tombées en désuétude, de rédiger des théories qui égarent les peuples, ou, comme certains métaphysiciens, d’expliquer ce qui est ? D’abord, presque toujours ces personnages, dont l’existence devient plus longue, plus authentique que celle des générations au milieu desquelles on les fait naître, ne vivent qu’à la condition d’être une grande image du présent. Conçus dans les entrailles de leur siècle, tout le cœur humain se remue sous leur enveloppe, il s’y cache souvent toute une philosophie. Walter Scott élevait donc à la valeur philosophique de l’histoire le roman, cette littérature qui, de siècle en siècle, incruste d’immortels diamants la couronne poétique des pays où se cultivent les lettres. Il y mettait l’esprit des anciens temps, il y réunissait à la fois le drame, le dialogue, le portrait, le paysage, la description ; il y faisait entrer le merveilleux et le vrai, ces éléments de l’épopée, il y faisait coudoyer la poésie par la familiarité des plus humbles langages. Mais, ayant moins imaginé un système que trouvé sa manière dans le feu du travail ou par la logique de ce travail, il n’avait pas songé à relier ses compositions l’une à l’autre de manière à coordonner une histoire complète, dont chaque chapitre eût été un roman, et chaque roman une époque. En apercevant ce défaut de liaison, qui d’ailleurs ne rend pas l’Écossais moins grand, je vis à la fois le système favorable à l’exécution de mon ouvrage et la possibilité de l’exécuter. Quoique, pour ainsi dire, ébloui par la fécondité surprenante de Walter Scott, toujours semblable à lui-même et toujours original, je ne fus pas désespéré, car je trouvai la raison de ce talent dans l’infinie variété de la nature humaine. Le hasard est le plus grand romancier du monde : pour être fécond, il n’y a qu’à l’étudier. La Société française allait être l’historien, je ne devais être que le secrétaire. En dressant l’inventaire des vices et des vertus, en rassemblant les principaux faits des passions, en peignant les caractères, en choisissant les événements principaux de la Société, en composant des types par la réunion des traits de plusieurs caractères homogènes, peut-être pouvais-je arriver à écrire l’histoire oubliée par tant d’historiens, celle des mœurs. Avec beaucoup de patience et de courage, je réaliserais, sur la France au dix-neuvième siècle, ce livre que nous regrettons tous, que Rome, Athènes, Tyr, Memphis, la Perse, l’Inde ne nous ont malheureusement pas laissé sur leurs civilisations, et qu’à l’instar de l’abbé Barthélemy, le courageux et patient Monteil avait essayé pour le Moyen-Âge, mais sous une forme peu attrayante.
Ce travail n’était rien encore. S’en tenant à cette reproduction rigoureuse, un écrivain pouvait devenir un peintre plus ou moins fidèle, plus ou moins heureux, patient ou courageux des types humains, le conteur des drames de la vie intime, l’archéologue du mobilier social, le nomenclateur des professions, l’enregistreur du bien et du mal ; mais, pour mériter les éloges que doit ambitionner tout artiste, ne devais-je pas étudier les raisons ou la raison de ces effets sociaux, surprendre le sens caché dans cet immense assemblage de figures, de passions et d’événements. Enfin, après avoir cherché, je ne dis pas trouvé, cette raison, ce moteur social, ne fallait-il pas méditer sur les principes naturels et voir en quoi les Sociétés s’écartent ou se rapprochent de la règle éternelle, du vrai, du beau ? Malgré l’étendue des prémisses, qui pouvaient être à elles seules un ouvrage, l’œuvre, pour être entière, voulait une conclusion. Ainsi dépeinte, la Société devait porter avec elle la raison de son mouvement.
La loi de l’écrivain, ce qui le fait tel, ce qui, je ne crains pas de le dire, le rend égal et peut-être supérieur à l’homme d’état, est une décision quelconque sur les choses humaines, un dévouement absolu à des principes. Machiavel, Hobbes, Bossuet, Leibnitz, Kant, Montesquieu sont la science que les hommes d’état appliquent. « Un écrivain doit avoir en morale et en politique des opinions arrêtées, il doit se regarder comme un instituteur des hommes ; car les hommes n’ont pas besoin de maîtres pour douter, » a dit Bonald. J’ai pris de bonne heure pour règle ces grandes paroles, qui sont la loi de l’écrivain monarchique aussi bien que celle de l’écrivain démocratique. Aussi, quand on voudra m’opposer à moi-même, se trouvera-t-il qu’on aura mal interprété quelque ironie, ou bien l’on rétorquera mal à propos contre moi le discours d’un de mes personnages, manœuvre particulière aux calomniateurs. Quant au sens intime, à l’âme de cet ouvrage, voici les principes qui lui servent de base.
L’homme n’est ni bon ni méchant, il naît avec des instincts et des aptitudes ; la Société, loin de le dépraver, comme l’a prétendu Rousseau, le perfectionne, le rend meilleur ; mais l’intérêt développe aussi ses penchants mauvais. Le christianisme, et surtout le catholicisme, étant, comme je l’ai dit dans le Médecin de Campagne, un système complet de répression des tendances dépravées de l’homme, est le plus grand élément d’Ordre Social.
En lisant attentivement le tableau de la Société, moulée, pour ainsi dire, sur le vif avec tout son bien et tout son mal, il en résulte cet enseignement que si la pensée, ou la passion, qui comprend la pensée et le sentiment, est l’élément social, elle en est aussi l’élément destructeur. En ceci, la vie sociale ressemble à la vie humaine. On ne donne aux peuples de longévité qu’en modérant leur action vitale. L’enseignement, ou mieux, l’éducation par des Corps Religieux est donc le grand principe d’existence pour les peuples, le seul moyen de diminuer la somme du mal et d’augmenter la somme du bien dans toute Société. La pensée, principe des maux et des biens, ne peut être préparée, domptée, dirigée que par la religion. L’unique religion possible est le christianisme (voir la lettre écrite de Paris dans LOUIS LAMBERT {1} , où le jeune philosophe mystique explique, à propos de la doctrine de Swedenborg, comment il n’y a jamais eu qu’une même religion depuis l’origine du monde). Le Christianisme a créé les peuples modernes, il les conservera. De là sans doute la nécessité du principe monarchique. Le Catholicisme et la Royauté sont deux principes jumeaux. Quant aux limites dans lesquelles ces deux principes doivent être enfermés par des Institutions afin de ne pas les laisser se développer absolument, chacun sentira qu’une préface aussi succincte que doit l’être celle-ci, ne saurait devenir un traité politique. Aussi ne dois-je entrer ni dans les dissensions religieuses ni dans les dissensions politiques du moment. J’écris à la lueur de deux Vérités éternelles : la Religion, la Monarchie, deux nécessités que les événements contemporains proclament, et vers lesquelles tout écrivain de bon sens doit essayer de ramener notre pays. Sans être l’ennemi de l’Élection, principe excellent pour constituer la loi, je repousse l’Élection prise comme unique moyen social , et surtout aussi mal organisée qu’elle l’est aujourd’hui, car elle ne représente pas d’imposantes minorités aux idées, aux intérêts desquelles songerait un gouvernement monarchique. L’Élection, étendue à tout, nous donne le gouvernement par les masses, le seul qui ne soit point responsable, et où la tyrannie est sans bornes, car elle s’appelle la loi . Aussi regardé-je la Famille et non l’Individu comme le véritable élément social. Sous ce rapport, au risque d’être regardé comme un esprit rétrograde, je me range du côté de Bossuet et de Bonald, au lieu d’aller avec les novateurs modernes. Comme l’Élection est devenue l’unique moyen social, si j’y avais recours pour moi-même, il ne faudrait pas inférer la moindre contradiction entre mes actes et ma pensée. Un ingénieur annonce que tel pont est près de crouler, qu’il y a danger pour tous à s’en servir, et il y passe lui-même quand ce pont est la seule route pour arriver à la ville. Napoléon avait merveilleusement adapté l’Élection au génie de notre pays. Aussi les moindres députés de son Corps Législatif ont-ils été les plus célèbres orateurs des Chambres sous la Restauration. Aucune Chambre n’a valu le Corps législatif en les comparant homme à homme. Le système électif de l’Empire est donc incontestablement le meilleur.
Certaines personnes pourront trouver quelque chose de superbe et d’avantageux dans cette déclaration. On cherchera querelle au romancier de ce qu’il veut être historien, on lui demandera raison de sa politique. J’obéis ici à une obligation, voilà toute la réponse. L’ouvrage que j’ai entrepris aura la longueur d’une histoire, j’en devais la raison, encore cachée, les principes et la morale.
Nécessairement forcé de supprimer les préfaces publiées pour répondre à des critiques essentiellement passagères, je n’en veux conserver qu’une observation.
Les écrivains qui ont un but, fût-ce un retour aux principes qui se trouvent dans le passé par cela même qu’ils sont éternels, doivent toujours déblayer le terrain. Or, quiconque apporte sa pierre dans le domaine des idées, quiconque signale un abus, quiconque marque d’un signe le mauvais pour être retranché, celui-là passe toujours pour être immoral. Le reproche d’immoralité, qui n’a jamais failli à l’écrivain courageux, est d’ailleurs le dernier qui reste à faire quand on n’a plus rien à dire à un poète. Si vous êtes vrai dans vos peintures ; si à force de travaux diurnes et nocturnes, vous parvenez à écrire la langue la plus difficile du monde, on vous jette alors le mot immoral à la face. Socrate fut immoral, Jésus-Christ fut immoral ; tous deux ils furent poursuivis au nom des Sociétés qu’ils renversaient ou réformaient. Quand on veut tuer quelqu’un, on le taxe d’immoralité. Cette manœuvre, familière aux partis, est la honte de tous ceux qui l’emploient. Luther et Calvin savaient bien ce qu’ils faisaient en se servant des Intérêts matériels blessés comme d’un bouclier ! Aussi ont-ils vécu toute leur vie.
En copiant toute la Société, la saisissant dans l’immensité de ses agitations, il arrive, il devait arriver que telle composition offrait plus de mal que de bien, que telle partie de la fresque représentait un groupe coupable, et la critique de crier à l’immoralité, sans faire observer la moralité de telle autre partie destinée à former un contraste parfait. Comme la critique ignorait le plan général, je lui pardonnais d’autant mieux qu’on ne peut pas plus empêcher la critique qu’on ne peut empêcher la vue, le langage et le jugement de s’exercer. Puis le temps de l’impartialité n’est pas encore venu pour moi. D’ailleurs, l’auteur qui ne sait pas se résoudre à essuyer le feu de la critique ne doit pas plus se mettre à écrire qu’un voyageur ne doit se mettre en route en comptant sur un ciel toujours serein. Sur ce point, il me reste à faire observer que les moralistes les plus consciencieux doutent fort que la Société puisse offrir autant de bonnes que de mauvaises actions, et dans le tableau que j’en fais, il se trouve plus de personnages vertueux que de personnages répréhensibles. Les actions blâmables, les fautes, les crimes, depuis les plus légers jusqu’aux plus graves, y trouvent toujours leur punition humaine ou divine, éclatante ou secrète. J’ai mieux fait que l’historien, je suis plus libre. Cromwell fut, ici-bas, sans autre châtiment que celui que lui infligeait le penseur. Encore y a-t-il eu discussion d’école à école. Bossuet lui-même a ménagé ce grand régicide. Guillaume d’Orange l’usurpateur, Hugues Capet, cet autre usurpateur, meurent pleins de jours, sans avoir eu plus de défiances ni plus de craintes qu’Henri IV et que Charles I er . La vie de Catherine II et celle de Louis XVI, mises en regard concluraient contre toute espèce de morale à les juger au point de vue de la morale qui régit les particuliers ; car pour les Rois, pour les Hommes d’État, il y a, comme l’a dit Napoléon, une petite et une grande morale. Les Scènes de la vie politique sont basées sur cette belle réflexion. L’histoire n’a pas pour loi, comme le roman, de tendre vers le beau idéal. L’histoire est ou devrait être ce qu’elle fut ; tandis que le roman doit être le monde meilleur , a dit madame Necker, un des esprits les plus distingués du dernier siècle. Mais le roman ne serait rien si, dans cet auguste mensonge, il n’était pas...

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