Des contes en langue arabe pour tous Anthologie bilingue
190 pages
Français

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Description

Les contes sont des récits imaginaires qui appartiennent au patrimoine universel. Selon une tradition orientale, qui s’est transmise jusqu’à nous, c’est le soir qu’ils sont racontés, en particulier durant les longues veillées d’hiver qu’il faut meubler. Sous le doux manteau du conte, ce recueil, loin d'être dénué d'humour est une véritable source de sagesse. Nous retrouvons Djuha, Antar, les animaux de Kalila et Dimna, et diverses historiettes de la littérature orale. Cette anthologie bilingue tente de répondre à l'attente des jeunes gens comme à celle des plus âgés, des arabophones comme à celle des francophones. Nous offrons donc une manière originale de perfectionnement de la langue, aussi bien française qu'arabe. Ces contes sont à partager, offrir et propager sans modération.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 28 octobre 2015
Nombre de lectures 81
EAN13 9791022501354
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,04€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

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Site Web : www.albouraq.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction par quelque procédé que ce soit, sont réservés pour tous les pays à l’Éditeur.
1431-2010
ISBN 978-2-84161-443-1 // EAN : 9782841614431
Des Contes en langue arabe pour tous
Vocalisés, annotés et traduits en français par H AMDANE HADJADJI Professeur honoraire de l’Université d’Alger
AVANT-PROPOS
Les contes sont des récits imaginaires qui appartiennent au patrimoine universel. Selon une tradition orientale, qui s’est transmise jusqu’à nous, c’est le soir qu’ils sont racontés, en particulier durant les longues veillées d’hiver qu’il faut meubler ; car durant le jour, on n’a pas le temps de le faire, étant donné que tout le monde, adultes et enfants, est occupé à ses travaux. A cette explication, il faut ajouter une croyance populaire, selon laquelle conter en plein jour est néfaste pour le conteur ou la conteuse ; au Maghreb, par exemple, ils risquent de devenir teigneux ou chauves, ce qui est désastreux pour les femmes. D’un pays à l’autre, les manifestations de cette nature varient : en Mauritanie, les veaux se mettent, nous dit-on, à rire… !
Il n’est pas indifférent que l’auditoire soit masculin ou féminin : il conditionne le contenu du conte. Etant donné la séparation des sexes dans le monde arabo-musulman, les contes destinés aux hommes se caractérisent, le plus souvent, par des thèmes licencieux, des récits de guerre où sont mis en valeur le courage, la bravoure et toutes les qualités viriles attribuées à l’homme, s’ils sont destinés aux femmes, ils développent des thèmes frivoles, égrillards, où les mots crus sont dits, de temps à autre, dans un éclat de rire de ces femmes confinées, de jour et de nuit, dans des demeures sous bonne garde ; c’est là, comme l’affirme Abdelwahab Bouhdiba, « une compensation verbale d’une frustration par trop réelle ». 1
Ces contes riches et variés sont destinés à distraire, mais aussi à instruire, car selon Jean Lecerf, « L’art de conter constitue en fait une des techniques de publication au Moyen-âge. » 2 La simplicité du vocabulaire et du style font qu’ils sont très appréciés par un auditoire attentif ; c’est encore Jean Lecerf qui nous fait remarquer « qu’il ne fait guère de doute que ces contes populaires aient contribué à la formation de la culture des classes moyennes qui se constituent inévitablement dans les civilisations citadines. Seules les profondes transformations de la société ont pu causer leur déclin actuel. » 3
Une classification de ces contes, en fonction de leur contenu, nous permet de déterminer leur public ; nous distinguerons donc :
- les contes de nature religieuse, historique ou moralisatrice.
- les contes merveilleux, les fables animalières.
- les contes facétieux
La première catégorie est à vocation pédagogique, elle enrichit les connaissances et, considérée comme véridique, elle incite à la réflexion et à la méditation sur les faits et gestes des héros.
La deuxième catégorie développe l’imaginaire, et l’introduction du merveilleux, permet de maintenir l’auditoire éveillé, tandis que les fables véhiculent une morale, ce qui contribue à la cohésion de la famille, du groupe, voire de la société.
La troisième catégorie est surtout destinée aux enfants, on y trouve des récits, généralement très courts, dits en famille, le plus souvent, par la mère ou par la grand-mère et qui ont pour objet de divertir et de faire rire par les plaisanteries, les traits d’esprit, les jeux de mots l’humour des personnages mis en scène.
Nous avons essayé, dans les quarante contes que nous vous proposons, de faire figurer, autant que possible, chacune de ces catégories, pour satisfaire à tous les goûts ; nous avons cependant exclu ceux destinés au public féminin pour les raisons déjà évoquées.
Afin de toucher un large public, nous avons opté pour une vocalisation intégrale de tous les contes et aussi pour leur traduction en français à l’intention d’un public francophone.
Consulter, pour plus ample information,
Encyclopédie de l’Islam : art. Hikaya, Tome II, p.379-384 Horizons Maghrébins - Le droit à la Mémoire
Conte, conteurs et néo-conteurs, usages et pratiques du conte et de l’oralité entre les
deux rives de la méditerranée
n° 49 / 200 Presses universitaires du Mirail
Le Collier de la colombe (Tawq al hamâma) d’Ibn Hazm ; trad. : Léon Bercher Réédité sous le titre : Promenade Amoureuse, précédée d’une nouvelle introduction de Hamdane HADJADJI : éd. Bachari. Paris 2008
1
DJUHÂ 4
Djuhâ était chez lui dans sa chambre, à l’étage supérieur, lorsqu’on frappa à sa porte ; il se pencha par la fenêtre pour voir qui était-ce ; c’était un homme :
– Que désires-tu ? Lui demanda-t-il.
– Descends ! Lui répondit-il, j’ai à te parler.
Djuhâ, une fois en bas, s’entendit dire :
– Je suis un homme sans ressources, Seigneur ! Accordemoi une aumône.
Djuhâ en fut très contrarié, mais il parvint à retenir sa colère et lui répondit :
– Viens avec moi !
Djuhâ regagna sa chambre à l’étage supérieur, suivi par son homme ; lorsqu’il arriva il se retourna et lui dit :
– Dieu pourvoira à tes besoins !
– Pourquoi ne m’as-tu pas dit cela lorsque nous étions en bas ?
– Et toi donc, pourquoi m’as-tu fait descendre sans rien me dire lorsque j’étais en haut ?
2
L’ ÉRMITE ET SON VISITEUR
Un homme fit une halte dans la cellule d’un ermite ; celui-ci lui offrit quatres galettes et alla lui chercher des lentilles ; à son retour, il s’aperçut que son hôte avait déjà mangé tout le pain ; il retourna lui chercher du pain ; à son retour, il s’aperçut qu’il avait mangé les lentilles ; après avoir fait dix fois la même navette, il en vint à lui demander :
– Quelle est ta destination ?
– Je me rends en Jordanie.
– Dans quel but ? S’enquit l’ermite.
– J’ai appris qu’un médecin très compétent y résidait ; je voudrais le consulter pour soigner mon estomac, car j’ai en ce moment très peu d’appétit.
– J’ai un service à te demander
– Lequel ?
– Si tu y vas et que tu parviennes à guérir ton estomac, tâche surtout de ne pas repasser par ici !
3
LE CHACAL ET LE HÉRISSON
Un jour, le hérisson et le chacal qui avaient été des voisins, furent heureux de se rencontrer ; ils se sont mis d’accord pour aller chercher de la nourriture pour eux et pour leurs petits. Lorsqu’ils entendirent le muézin du village appeler à la prière de midi, ils quittèrent leur cache et arrivèrent en un lieu plein de sauterelles, ils en mangèrent beaucoup jusqu’à être pleinement rassasiés ce qui leur donna très soif ; ils se mirent à chercher de l’eau et découvrirent un puits très profond ; mais comment faire pour puiser cette eau ? Le hérisson, qui se targuait de résoudre tous les problèmes, sauta dans un sceau en cuir et descendit au fond du puits ; le chacal s’enquit de la situation et le hérisson lui fit savoir qu’il faisait très froid !
Poussé par la soif, le chacal chercha à savoir comment descendre à son tour dans ce puits ; le hérisson lui suggéra de vider le deuxième sceau et de s’y installer, et c’est ce qu’il fit ; ainsi le sceau du hérisson se mit à monter tandis que celui du chacal se mit à descendre et au moment où ils se croisèrent, le hérisson lui dit : L’un monte et l’autre descend ! Lorsque le chacal se rendit compte du danger qu’une telle expression lui laissait entrevoir, il demanda au hérisson : Que se passe- t-il ? Celui-ci lui expliqua en disant : Ainsi va la vie, pour les uns, c’est l’ascension et pour les autres, c’est la descente !
4
LE CALIFE AL MAHDI 5 ET ABÛ DULÂMA 6
Abû Dulâma se rendit chez Al Mahdî et déclama un poème en son honneur.
– Dis-moi ce que tu souhaites avoir, lui demanda celui-ci.
– Ô Emir des Croyants ! Donne-moi un chien !
– Le Calife se fâcha et lui rétorqua :
– Je te demande de me dire ce tu souhaites et tu me réponds : donne-moi un chien !
– Ô Emir des Croyants, est-ce pour moi ou pour toi l’objet de ma demande ?
– C’est pour toi !
– C’est un chien de chasse que je te demande.
Le Calife ordonna de le lui remettre.
– Ô Emir des Croyants ! Suppose maintenant que je veuille aller à la chasse, dois-je aller en courant à pied ?
– Qu’on lui donne une monture !


– Qui doit s’en occuper ?
– Qu’on mette à sa disposition un jeune homme !
– Ô Emir des Croyants ! Suppose que je ramène du gibier, qui le fera cuire ?
– Qu’on lui confie une esclave !
– Mais où doivent-ils être logés ?
– Qu’on lui attribue une maison !
– Ô Emir des Croyants ! J’ai à ma charge une famille, de quoi vais-je la nourrir ?
– Qu’on lui donne une palmeraie ! Puis il lui demanda : Il te reste autre chose à demander ?
– Oui ! Permets-moi de baiser ta main !
5
TROIS HOMMES ET UN TRESOR
Ces trois hommes étaient en voyage vers la même destination et ont découvert au cours de leur trajet un trésor ; ils s’étaient mis d’accord de ne procéder au partage qu’à l’arrivée.
Tous les trois se sont entendus, pour que l’un d’eux, se charge d’apporter chaque jour aux deux autres de quoi se nourrir ; ainsi l’un d’eux, devait aller en ce premier jour accomplir cette tâche ; mais chemin faisant il s’était dit :
– Si je mettais du poison dans cette nourriture sans toutefois la goûter, je garderai pour moi seul ce trésor, et c’est ce qu’il fit.
Lorsqu’il rapporta la nourriture qu’il était allé chercher d’un village peu éloigné, les deux autres avaient convenu de l’assassiner à son retour et de garder le trésor, et c’est ce qu’ils firent ; puis après avoir manger, moururent empoisonnés ! Ainsi aucun des trois n’eut à jouir de ce trésor.
6
L’ AMÉLIORATION
Il y avait à Koufa 7 un homme appelé M USLIH qui sut qu’il y avait à Bassorah quelqu’un parmi les rénovateurs qui était fort bien connu ; le koufien se rendit alors à Bassorah auprès de ce dernier qui lui demanda :
– Qui es-tu ?
– Je suis M USLIH , je suis venu de Koufa pour te rendre visite lorsque j’ai appris qui tu étais.
Il lui souhaita la bienvenue, l’invita à s’installer et sortit lui acheter de quoi manger ; il se rendit chez un fromager et lui demanda :
– As-tu du fromage ?
– J’ai un fromage, on dirait du beurre !
Mais alors pourquoi ne pas acheter du beurre, du moment qu’il sert de référence !
Il se rendit chez un crémier et lui demanda :
– As-tu du beurre ?
– J’ai un beurre, on dirait de l’huile !
– En ce cas pourquoi ne pas acheter de l’huile, du moment qu’elle sert de référence !
Il se rendit chez un marchand d’huile et lui demanda :
– As-tu de l’huile ?


– J’ai une huile limpide, on dirait de l’eau !
– Mais enfin pourquoi ne pas prendre de l’eau du moment qu’elle sert de référence !
Il revint chez lui, prit un bol, le remplit d’eau et l’offrit à son hôte avec quelques morceaux de pain rassis et lui narra ce qu’il lui est arrivé.
Le koufien lui dit alors :
– J’atteste que, de tous les koufiens, tu es, en matière d’amélioration, le plus qualifié !
7
DE TOUS LES NIGAUDS, IL EST LE PIRE
Le chambellan de M U‘IZZ A D -D AWALA 8 rapporte ce conte :
Je me trouvai dans le vestibule de M U‘IZZ A D -D AWALA lorsqu’un individu poussa un cri pour dire :
– J’ai une recommandation à donner ; je l’ai interpelé et lui ai demandé : Quelle est cette recommandation?
– Je ne le dirai qu’à l’Emir en personne !
– Je l’ai alors annoncé : Fais-le donc entrer !
– Lorsqu’il fut en présence de l’Emir, celui-ci lui demanda : Qu’as-tu à me dire ?
– Je suis un pêcheur dans les environs de Madâ’in 9 ; un jour que je pêchais, mon filet s’accrocha au bas de la falaise, j’ai essayé de le décrocher mais n’ayant pas réussi à le faire, j’ai dû descendre et plonger dans l’eau ; je le trouve accroché à une anse en fer, j’ai continué à creuser et découvert un vase à long col plein d’argent ; je l’ai remis à sa place et j’ai lancé cet appel pour informer l’Emir de cette découverte.
Le chambellan décida sur le champ de se rendre avec lui à Madâ’in, la ville antique, pour voir cette falaise.


J’ai pensé, après avoir récupéré le vase, de continuer à explorer ce lieu et j’ai demandé au pêcheur de continuer à creuser le plus possible ; nous avons ainsi découvert sept vases à long col plein d’argent ; nous avons porté le tout à M U‘IZZ A D -D AWALA qui a été ravi et ordonna de remettre au pécheur mille dirhems ; mais celui-ci les refusa.
– C’est autre chose que je voudrai !
– Tu voudrais quoi alors ?
– Que tu m’accordes l’exclusivité de la pêche en ce lieu, à moi seul !

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