Des contes en langue arabe pour tous Anthologie bilingue
190 pages
Français

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Des contes en langue arabe pour tous Anthologie bilingue , livre ebook

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Description

Les contes sont des récits imaginaires qui appartiennent au patrimoine universel. Selon une tradition orientale, qui s’est transmise jusqu’à nous, c’est le soir qu’ils sont racontés, en particulier durant les longues veillées d’hiver qu’il faut meubler. Sous le doux manteau du conte, ce recueil, loin d'être dénué d'humour est une véritable source de sagesse. Nous retrouvons Djuha, Antar, les animaux de Kalila et Dimna, et diverses historiettes de la littérature orale. Cette anthologie bilingue tente de répondre à l'attente des jeunes gens comme à celle des plus âgés, des arabophones comme à celle des francophones. Nous offrons donc une manière originale de perfectionnement de la langue, aussi bien française qu'arabe. Ces contes sont à partager, offrir et propager sans modération.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 28 octobre 2015
Nombre de lectures 115
EAN13 9791022501354
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0400€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

© Dar Albouraq, 2010
Distribué par :
Albouraq Diffusion Distribution
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77330 Ozoir-la-Ferrière
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Site Web : www.orient-lib.com
E-mail : orient-lib@orient-lib.com
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91, rue Jean-Pierre Timbaud
75011 Paris
Tél : 01 48 05 04 27
Fax : 09 70 62 89 94
E-mail : librairie11@albouraq.com
Site Web : www.albouraq.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction par quelque procédé que ce soit, sont réservés pour tous les pays à l’Éditeur.
1431-2010
ISBN 978-2-84161-443-1 // EAN : 9782841614431
Des Contes en langue arabe pour tous
Vocalisés, annotés et traduits en français par H AMDANE HADJADJI Professeur honoraire de l’Université d’Alger
AVANT-PROPOS
Les contes sont des récits imaginaires qui appartiennent au patrimoine universel. Selon une tradition orientale, qui s’est transmise jusqu’à nous, c’est le soir qu’ils sont racontés, en particulier durant les longues veillées d’hiver qu’il faut meubler ; car durant le jour, on n’a pas le temps de le faire, étant donné que tout le monde, adultes et enfants, est occupé à ses travaux. A cette explication, il faut ajouter une croyance populaire, selon laquelle conter en plein jour est néfaste pour le conteur ou la conteuse ; au Maghreb, par exemple, ils risquent de devenir teigneux ou chauves, ce qui est désastreux pour les femmes. D’un pays à l’autre, les manifestations de cette nature varient : en Mauritanie, les veaux se mettent, nous dit-on, à rire… !
Il n’est pas indifférent que l’auditoire soit masculin ou féminin : il conditionne le contenu du conte. Etant donné la séparation des sexes dans le monde arabo-musulman, les contes destinés aux hommes se caractérisent, le plus souvent, par des thèmes licencieux, des récits de guerre où sont mis en valeur le courage, la bravoure et toutes les qualités viriles attribuées à l’homme, s’ils sont destinés aux femmes, ils développent des thèmes frivoles, égrillards, où les mots crus sont dits, de temps à autre, dans un éclat de rire de ces femmes confinées, de jour et de nuit, dans des demeures sous bonne garde ; c’est là, comme l’affirme Abdelwahab Bouhdiba, « une compensation verbale d’une frustration par trop réelle ». 1
Ces contes riches et variés sont destinés à distraire, mais aussi à instruire, car selon Jean Lecerf, « L’art de conter constitue en fait une des techniques de publication au Moyen-âge. » 2 La simplicité du vocabulaire et du style font qu’ils sont très appréciés par un auditoire attentif ; c’est encore Jean Lecerf qui nous fait remarquer « qu’il ne fait guère de doute que ces contes populaires aient contribué à la formation de la culture des classes moyennes qui se constituent inévitablement dans les civilisations citadines. Seules les profondes transformations de la société ont pu causer leur déclin actuel. » 3
Une classification de ces contes, en fonction de leur contenu, nous permet de déterminer leur public ; nous distinguerons donc :
- les contes de nature religieuse, historique ou moralisatrice.
- les contes merveilleux, les fables animalières.
- les contes facétieux
La première catégorie est à vocation pédagogique, elle enrichit les connaissances et, considérée comme véridique, elle incite à la réflexion et à la méditation sur les faits et gestes des héros.
La deuxième catégorie développe l’imaginaire, et l’introduction du merveilleux, permet de maintenir l’auditoire éveillé, tandis que les fables véhiculent une morale, ce qui contribue à la cohésion de la famille, du groupe, voire de la société.
La troisième catégorie est surtout destinée aux enfants, on y trouve des récits, généralement très courts, dits en famille, le plus souvent, par la mère ou par la grand-mère et qui ont pour objet de divertir et de faire rire par les plaisanteries, les traits d’esprit, les jeux de mots l’humour des personnages mis en scène.
Nous avons essayé, dans les quarante contes que nous vous proposons, de faire figurer, autant que possible, chacune de ces catégories, pour satisfaire à tous les goûts ; nous avons cependant exclu ceux destinés au public féminin pour les raisons déjà évoquées.
Afin de toucher un large public, nous avons opté pour une vocalisation intégrale de tous les contes et aussi pour leur traduction en français à l’intention d’un public francophone.
Consulter, pour plus ample information,
Encyclopédie de l’Islam : art. Hikaya, Tome II, p.379-384 Horizons Maghrébins - Le droit à la Mémoire
Conte, conteurs et néo-conteurs, usages et pratiques du conte et de l’oralité entre les
deux rives de la méditerranée
n° 49 / 200 Presses universitaires du Mirail
Le Collier de la colombe (Tawq al hamâma) d’Ibn Hazm ; trad. : Léon Bercher Réédité sous le titre : Promenade Amoureuse, précédée d’une nouvelle introduction de Hamdane HADJADJI : éd. Bachari. Paris 2008
1
DJUHÂ 4
Djuhâ était chez lui dans sa chambre, à l’étage supérieur, lorsqu’on frappa à sa porte ; il se pencha par la fenêtre pour voir qui était-ce ; c’était un homme :
– Que désires-tu ? Lui demanda-t-il.
– Descends ! Lui répondit-il, j’ai à te parler.
Djuhâ, une fois en bas, s’entendit dire :
– Je suis un homme sans ressources, Seigneur ! Accordemoi une aumône.
Djuhâ en fut très contrarié, mais il parvint à retenir sa colère et lui répondit :
– Viens avec moi !
Djuhâ regagna sa chambre à l’étage supérieur, suivi par son homme ; lorsqu’il arriva il se retourna et lui dit :
– Dieu pourvoira à tes besoins !
– Pourquoi ne m’as-tu pas dit cela lorsque nous étions en bas ?
– Et toi donc, pourquoi m’as-tu fait descendre sans rien me dire lorsque j’étais en haut ?
2
L’ ÉRMITE ET SON VISITEUR
Un homme fit une halte dans la cellule d’un ermite ; celui-ci lui offrit quatres galettes et alla lui chercher des lentilles ; à son retour, il s’aperçut que son hôte avait déjà mangé tout le pain ; il retourna lui chercher du pain ; à son retour, il s’aperçut qu’il avait mangé les lentilles ; après avoir fait dix fois la même navette, il en vint à lui demander :
– Quelle est ta destination ?
– Je me rends en Jordanie.
– Dans quel but ? S’enquit l’ermite.
– J’ai appris qu’un médecin très compétent y résidait ; je voudrais le consulter pour soigner mon estomac, car j’ai en ce moment très peu d’appétit.
– J’ai un service à te demander
– Lequel ?
– Si tu y vas et que tu parviennes à guérir ton estomac, tâche surtout de ne pas repasser par ici !
3
LE CHACAL ET LE HÉRISSON
Un jour, le hérisson et le chacal qui avaient été des voisins, furent heureux de se rencontrer ; ils se sont mis d’accord pour aller chercher de la nourriture pour eux et pour leurs petits. Lorsqu’ils entendirent le muézin du village appeler à la prière de midi, ils quittèrent leur cache et arrivèrent en un lieu plein de sauterelles, ils en mangèrent beaucoup jusqu’à être pleinement rassasiés ce qui leur donna très soif ; ils se mirent à chercher de l’eau et découvrirent un puits très profond ; mais comment faire pour puiser cette eau ? Le hérisson, qui se targuait de résoudre tous les problèmes, sauta dans un sceau en cuir et descendit au fond du puits ; le chacal s’enquit de la situation et le hérisson lui fit savoir qu’il faisait très froid !
Poussé par la soif, le chacal chercha à savoir comment descendre à son tour dans ce puits ; le hérisson lui suggéra de vider le deuxième sceau et de s’y installer, et c’est ce qu’il fit ; ainsi le sceau du hérisson se mit à monter tandis que celui du chacal se mit à descendre et au moment où ils se croisèrent, le hérisson lui dit : L’un monte et l’autre descend ! Lorsque le chacal se rendit compte du danger qu’une telle expression lui laissait entrevoir, il demanda au hérisson : Que se passe- t-il ?

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