Corirenza ou les dérives de la conscience populaire
168 pages
Français

Corirenza ou les dérives de la conscience populaire , livre ebook

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Description

Dans un pays rongé par des décennies de conflits sanglants... Issue d'une modeste famille de fonctionnaires, Corirenza grandit dans un quartier populaire qui l'expose à bien des risques et l'emmène à fréquenter le milieu criminel. Pourtant, elle achève ses études et s'engage en politique. Elle parviendra à occuper le poste de maire de la ville, mais son passé la poussera à franchir la ligne de la légalité. Incarcérée, elle parviendra à s'évader et à fuir à l'étranger où une rencontre décisive scellera son destin d'une manière inattendue... À travers ce destin hors du commun, Vital Nshimirimana livre une fable sociale aussi grinçante que pleine d'espoir. Au-delà d'une peinture des dérives du monde politique et des scandales de corruption, son oeuvre interpelle grâce à son portrait surprenant et sans concession d'une figure féminine riche d'ambiguïtés.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 04 septembre 2014
Nombre de lectures 23
EAN13 9782342027877
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Corirenza ou les dérives de la conscience populaire
Vital Nshimirimana Corirenza ou les dérives de la conscience populaire Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0119678.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2014
1. En ville, il faut surtout s’adapter, gare aux enfants
« S’adapter ». C’était le verbe qui pouvait résumer la stratégie, simple mais complexe, adoptée par l’essentiel des ménages, dans ce pays rongé par des décennies inter-minables de conflits sanglants. La famille de Nivyo, tout comme une centaine d’autres, se retrouvait contrainte d’affronter la dure vie citadine. Autrement dit, ce style de vie résultait d’un choix plutôt difficile : vivre en ville, où toutes les opportunités semblaient se présenter ; ou alors retourner à la campagne, elle aussi devenue coûteuse, exi-geante, mais peu épanouissante. Nivyo avait grandi dans une famille modeste d’agriculteurs ; cet homme trapu, toujours joyeux, calme et serein qui, durant sa jeunesse, n’avait jamais rêvé de quitter son village – où de son temps, haricot, maïs et sorgho se produisaient en surabondance –, se retrouvait désormais dans une ville où tout s’achetait, même les dé-chets ménagers. Il se maria à Bose, l’infirmière qui, malgré sa beauté, ne se souciait pas du mariage comme ses collègues, mais s’occupait de ses malades avec passion. La famille ne tarda pas à avoir des enfants. L’union en-tre Nivyo et Bose donna naissance à trois beaux garçons et à une jolie fille, Corirenza, condamnés à grandir dans cette ville où la vie devenait de plus en plus compliquée. Dans cette ville, l’occupation professionnelle prenait quelques heures de la journée, tandis que la soirée était réservée aux rencontres sociales. Les rencontres au cabaret étaient considérées comme obligatoires. Malgré le fait que Nivyo
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fût un homme de principes, il ne pouvait pas échapper à ce style de vie dont il dépendait et qu’il avait finalement choisi d’aimer. Nivyo était un professeur de mathématiques qu’il en-seignait dans un lycée public et dans une école privée, créée sous prétexte de désengorger l’enseignement public. Ce complexe scolaire, comme on l’appelait, était plutôt un lieu pour gagner de l’argent ; une école prétendument scientifique, qui se vantait d’attacher de l’importance au savoir et au savoir-faire, mais qui se souciait visiblement moins du savoir-être des enfants. Nivyo s’était engagé dans cette école, non pas par conviction, mais pour y trou-ver un appui substantiel aux besoins de sa famille, qui comptait désormais un bon nombre de personnes. En plus de ses quatre enfants et des deux domestiques, la famille comptait aussi trois jeunes gens venus chercher une école plus performante et une vie plus épanouissante et com-mode que celle du village. L’accord pour héberger ces trois élèves avait été obtenu après une longue et dure né-gociation entre Nivyo et sa femme. — Tu vois bien que nous n’avons pas assez de moyens pour nourrir nos propres enfants, et tu veux qu’on en amène d’autres ! lança Nivyo, légèrement agacé. — Mais alors mon cher mari, tu sais bien que nous aus-si, nous sommes parvenus à terminer nos études avec l’aide de notre famille, répondit Bose. — Tu sais pourtant bien que la vie a changé, ma chère épouse. — Qu’importe ! Les principes n’ont pas changé et nous ne vivons pas que pour nous-mêmes, mais pour nos famil-les élargies. Nous sommes toujours redevables de nos communautés. Tu ne peux pas considérer l’individualisme destructeur qui déracine et supprime nos valeurs de la re-devabilité familiale. Finalement, Bose appela deux nièces, tandis que Nivyo, sous la pression de sa tante, accepta d’héberger son neveu.
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