De interpretatione recta - De la traduction parfaite
140 pages
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De interpretatione recta - De la traduction parfaite , livre ebook

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Description

Le traité De interpretatione recta de l'humaniste italien Leonardo Bruni fut rédigé vers 1424. Il représente le plus ancien traité de traduction connu après les réflexions de saint Jérôme, et se présente comme un manifeste de la culture humaniste. Les grandes questions théoriques sur le transfert linguistique se lient aux réflexions sur le rapport entre mots et choses, style et pensées. Présenté dans une édition critique richement commenté, ce traité est indispensable à l'historien de la traduction et forme le premier maillon d'une chaîne de la compréhension sur cette science de l'incertitude qu'est la traduction. Le texte original en latin est présenté en face d'une nouvelle traduction française de Charles Le Blanc.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 27 août 2008
Nombre de lectures 9
EAN13 9782760317963
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

De interpretatione recta
De la traduction parfaiteThis page intentionally left blank LEONARDO BRUNI
De interpretatione recta
De la traduction parfaite
Traduction, introduction et notes de Charles Le Blanc
Les Presses de l’Université d’Ottawa© Presses de l’Université d’Ottawa, 2008.
Tous droits de traduction et d’adaptation, en totalité ou en
partie, réservés pour tous les pays. La reproduction d’un extrait
quelconque de ce livre, par quelque procédé que ce soit, tant
électronique que mécanique, en particulier par photocopie
et par microfilm, est interdite sans l’autorisation écrite de
l’éditeur.
CATALOGAGE AVANT PUBLICATION DE BIBLIOTHÈQUE
ET ARCHIVES CANADA
Bruni, Leonardo, 1369-1444
De interpretatione recta/Leonardo Bruni; traduction,
introduction et notes par Charles Le Blanc.
(Collection Regards sur la traduction, ISSN 1480-7734)
Texte en latin et traduction française en regard.
ISBN 978-2-7603-3037-5
1. Traduction. 2. Traduction littéraire. 3. Aristote –
Traductions latines. 4. Platon – Traductions latines.
5. Bruni, Leonardo, 1369-1444. I. Le Blanc, Charles,
1965- II. Titre. III. Collection.
P306.B7814 2008 418’.02 C2008-902970-4
542, ave King Edward
Ottawa, Ontario K1N 6N5
www.uopress.uottawa.ca
Les Presses de l’Université d’Ottawa reconnaissent avec
gratitude l’appui accordé à son programme d’édition par
le Département du Patrimoine canadien en vertu de son
Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition,
le Conseil des Arts du Canada, la Fédération canadienne des
sciences humaines en vertu de son Programme d’aide à l’édition
savante, le Conseil de recherches en sciences humaines du
Canada et l’Université d’Ottawa.


TABLE DES MATIÈRES
Introduction de Charles Le Blanc...................... 1
Chronologie ...................................................... 21
De la traduction parfaite ................................... 24This page intentionally left blank
De la traduction parfaite 1
I. HUMANISME ET TRADUCTION
1Quantum opus sit – Ne dire que ce qu’il faut. Il y a
fort à parier que si les auteurs s’en tenaient à cette
maxime, le travail du traducteur se trouverait dégrevé
de cette taxe qu’il doit payer à la vérité du texte. C’est
parce que la littérature est un art, que la traduction
ne peut se limiter, elle, à n’être qu’un office; c’est
parce que l’art ajoute au monde ce qui ne s’y trouve
pas naturellement, que la traduction ne peut se borner
à l’application d’une méthode, comme si le plus beau
fruit de l’imagination et de l’esprit devait être, quand
on le tourne dans un autre idiome, celui de la
technique et des prescriptions méthodologiques.
Littérature et traduction vont de paire. Les œuvres
de la peinture, de la musique, de la sculpture n’ont
besoin d’aucun intermédiaire pour qu’on les goûte
universellement. Les Belles-lettres, toutefois, doivent
avoir recours à un passeur pour atteindre
l’universalité. Entre l’auteur et le lecteur, se glisse souvent une
figure mitoyenne, le traducteur, qui est tout à la fois
lecteur du texte original et auteur du texte traduit. Ce
que nous donne toute traduction, fût-elle excellente,
n’est jamais que la lecture de l’original faite par le
traducteur. Cela n’est pas sans conséquence, car
l’original et sa traduction sont qualitativement
différents; le premier naît de l’écriture – avec tout ce que
la culture de l’écrit comporte de libertés – alors que
la seconde vient de la lecture – avec tout ce que l’acte
de lire présume de culture, de dispositions
sentimen2tales, de mémoire, de réciprocité aussi . Comme le
notait George Steiner, bien lire « c’est s’embarquer
3dans un échange total ». Le traducteur qui, en regard
de l’original, est un lecteur, participe de cet élan de
réciprocité face au texte. Sa traduction est tout autant
restitution d’un sens, qu’intervention personnelle sur
ce sens. En résumé, on peut suggérer que l’œuvre d’un
auteur est un monologue, un ensemble de réflexions
et d’impulsions créatrices, qui viennent de l’écriture,
tandis que l’œuvre du traducteur, elle, est le résultat
d’un dialogue – entre l’auteur et le traducteur – fils de
4la lecture . À cet égard, l’authenticité dont une
traduction pourrait se réclamer n’est jamais que de la fausse
2 De interpretatione recta
représentation, dans la mesure où la traduction opère
ce changement qualitatif entre l’écriture et la lecture,
entre le monologue et le dialogue. Ce qu’a entre les
mains le lecteur d’une traduction n’est jamais un
original, ou un autrement de l’original ; ce qu’il tient entre
les mains ce sont les marginalia d’un bon lecteur sur
les pages de l’auteur, une lecture de l’œuvre, et non
pas l’œuvre, un peu comme le Hölderlin de Heidegger
a peu à voir avec le fou de Tübingen.
Cela étant, on comprendra mieux que le regain
d’intérêt pour la traduction soit apparu à une époque
de renouveau de la lecture. Il semble d’ailleurs que
ce renouveau compose l’un des sens profonds de ce
que l’on appelle la Renaissance. Si l’origine religieuse
du mot « renaissance » est aujourd’hui communément
admise, à travers les Épîtres de Paul et l’Évangile de
5Jean , il faut imaginer que ce qui renaît premièrement
dans la Renaissance, c’est d’abord l’homme, un homme
nouveau régénéré par l’esprit, par un esprit formé par
les livres. Le retour aux auteurs de l’Antiquité – qui
furent d’ailleurs présent à travers tout le Moyen Age –
témoigne moins d’une redécouverte de ces auteurs que
d’une façon nouvelle de les lire : il ne s’agissait plus
de les lire dans leur altérité, dans tout ce qu’ils
pouvaient témoigner de radicalement différent, mais dans
ce qu’ils étaient en eux-mêmes. Ce qui distingue les
études antiques humanistes des études médiévales, est
que les humanistes entendaient étudier les Anciens
pour ce qu’ils étaient historiquement en soi, sans le
secours des interprétations religieuses ou des interdits
6doctrinaires de la foi .
Le secret des humanistes de la Renaissance est
d’avoir su reconnaître parmi les auteurs anciens des
hommes comme eux, qui partageaient la même
humanité. En un sens, on assiste à la victoire de l’agapê,
si celle-ci est le lien qui permet à la diversité de se
reconnaître comme formant une même communauté
d’esprit. La renaissance de l’Antiquité est, mutatis
mutandis, une reconnaissance : celle que l’humanité
forme une même société, par-delà l’espace, le temps
et la diversité des croyances. La volonté de plusieurs
humanistes italiens de renouveler la vie spirituelle
et morale de l’homme à travers le retour à la philo-
De la traduction parfaite 3
sophie grecque, songeons ici à l’Académie florentine,
ou de montrer comment les auteurs anciens sont, en
substance, d’accord entre eux, comme le firent Basilio
Bessarione et Leonardo Bruni, participe de cette
reconnaissance de l’universalité de l’humanité qui marque,
à la Renaissance, l’indéniable succès de l’agapê.
Ce vaste mouvement de « retour au principe
original», d’une recherche de l’origine «humaine»
du monde, avec tout ce que ce retour peut devoir au
néoplatonisme, est favorisé par une pratique de la
lecture où l’érudition du lecteur est l’application d’une
technique (connaissance du latin et du grec,
connaissance circonstanciée de la civilisation antique, de
la littérature classique, etc.) plutôt que celle d’une
doctrine, ou d’une vision idéologique (chrétienne) du
passé. L’humaniste est attentif à la réalité historique
des choses, dans la mesure où celle-ci est la garante
d’une vérité éternelle qui a trouvé son expression la
plus parfaite et harmonieuse dans l’Antiqu

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