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276 pages
Français

L'homme sans désir

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276 pages
Français

Description

Lorsque l'épidémie de suicides s'étend aux artistes, le geste auto-agressif est présenté par Édouard Levé, de manière quasi-prémonitoire, comme indissociable de l'activité artistique, voire directement adressé aux récepteurs de l'oeuvre. Le narrateur de Suicide fait ainsi référence à la phlébotomie d'un chanteur au beau milieu d'un concert. Cet événement, auquel a assisté l'ami du narrateur, renvoie au passage à l'acte de Daniel Darc, pour qui Édouard Levé dit sa grande admiration dans son Autoportrait. Le rocker a poussé l'autodestruction jusqu'à se taillader les veines pour asperger son public, en novembre 1979, lors d'un concert parisien, au Palace, en première partie du groupe Talking Heads.

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Date de parution 15 août 2016
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140015137
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

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Exrait

L’HOMME SANS DÉSIRMOTIFS MÉLANCOLIQUES DANS LŒUVRE D’ÉDOUARDLEVÉ_______________
Lorsque l’épidémie de suicides s’étend aux artistes, le geste auto-agressif est présenté par Édouard Levé, de manière quasi-prémonitoire, comme indissociable de l’activité artistique, voire directement adressé aux récepteurs de l’œuvre. Le narrateur de fait ainsi référence à la phlébotomie d’un chanteur au beau milieu d’un concert. Cet événement, auquel a assisté l’ami du narrateur, renvoie au passage à l’acte de Daniel Darc, pour qui Édouard Levé dit sa grande admiration dans son . Le rocker a poussé l’autodestruction jusqu’à se taillader les veines pour asperger son public, en novembre 1979, lors d’un concert parisien, au Palace, en première partie du groupeTalking Heads:
Tu es allé à un concert à Paris. À la fin de la première partie, le chanteur s’est tranché les veines et a dispersé son sang sur les premiers rangs en décrivant des arcs de cercle avec son bras.
De même, les pages de , hantées par le fantôme d’Édouard Levé, se trouvent symboliquement chargées de son sang. Le lecteur en est aspergé malgré lui lors de sa traversée de l’ouvrage, à l’image du public de Daniel Darc, témoin impuissant de son autodestruction.
L’AUTEURAntoine Millerest médecin psychiatre depuis 2015. Il exerce au Centre Hospitalier Saint Jean de Dieu, à Lyon. Ce premier ouvrage est issu de sa thèse d’exercice, dirigée par Emmanuel Venet, psychiatre et écrivain.
CollectionPsychanalyse, littérature et écritureDirigée par
PENTA Éditions
AntoineMILLER
L’OMME SANS DÉSIR
MOTIFS MÉLANCOLIQUESDANS LŒUVRE D’ÉDOUARDLEVÉ
PENTAÉditions
L’HOMME SANS DÉSIR
MOTIFS MÉLANCOLIQUES DANS LŒUVRE D’ÉDOUARDLEVÉ
Collection « Psychanalyse, littérature et écriture »
Dirigée par Cosimo TRONO
Couverture :Édouard Levé,Sortie d’Angoisse,SérieAngoisse, 2001. © Courtesy Succession Édouard Levé et galerie Loevenbruck, Paris.
Antoine MILLER
L’HOMME SANS DÉSIR
MOTIFS MÉLANCOLIQUES DANS LŒUVRE D’ÉDOUARDLEVÉ
PENTA Éditions
© Penta Éditions 59 rue Saint André des Arts - 75006 Paris
www.penta-editions.fr – penta.editions@orange.fr
ISBN : 978-2-917714-13-3 EAN : 9782917714133
À Émeline,
INTRODUCTION
1 « Ta mort a écrit ta vie . » C’est par ces mots qu’Édouard Levé s’adresse, dans son dernier ouvrage, à son ami de jeunesse qui s’est donné la mort à l’âge de vingt-cinq ans. Autant qu’au geste du jeune homme, la formule semble adaptée au parcours de l’auteur. De fait, le suicide qu’il commet le 15 octobre 2007 impose à ses lecteurs de reparcourir son œuvre dans une lecture rétrospective à laquelle sa mort donne un sens nouveau. Le décès de l’écrivain, retrouvé pendu dans son domicile parisien, suit en effet de quelques jours l’envoi à son éditeur du manuscrit d’un ouvrage intituléSuicide. En mêlant le geste littéraire à l’acte existentiel, Édouard Levé les rend indissociables l’un de l’autre et indique au lecteur que c’est par cette extrémité qu’il doit aborder son œuvre. Son dernier ouvrage devient la porte d’entrée proposée à qui veut pénétrer dans l’univers de l’auteur. Son titre court et incisif ne manque pas de piquer également la curiosité du clinicien, et prédestine ce texte à siéger en bonne place dans la bibliothèque des psychiatres amateurs de littérature.
Au départ de ce livre, il n’y avait guère qu’une intuition. La lecture des deux derniers ouvrages d’Édouard Levé,Suicide puis Autoportrait, m’a laissé la même impression d’impuissance et de sidération que celle que j’ai pu ressentir lors du premier contact avec certains patients mélancoliques. Plus encore, j’y ai lu la même attraction pour le néant, la même certitude inébranlable que le passage à l’acte était devenu nécessaire. Face aux textes d’Édouard Levé, j’ai retrouvé l’inquiétude qui m’a conduit, lors de la rencontre de certains patients, à redoubler de prudence et de vigilance, les sentant particulièrement à risque de se donner la 1 LEVÉ, Édouard,Suicide,Paris, Gallimard, 2009 (2008), p. 15.
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