Le bonheur de la littérature
429 pages
Français

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Le bonheur de la littérature

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Description


L’œuvre critique de Béatrice Didier se signale par l’ampleur des territoires qu’elle découvre et commente. Les participants à cet hommage suivent ses traces, et les rencontres sont nombreuses sur différentes époques, reprenant les intitulés de certains livres de Béatrice Didier à travers des textes où s’exprime et se transmet le « bonheur de la littérature ».


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Ces « Variations critiques » réunies sous la direction de Christine Montalbetti et de Jacques Neefs regroupent de nombreux articles qui suivent les traces de l’œuvre critique de Béatrice Didier. Il s’agit notamment de l’écriture des Lumières, des romantismes, de l’écriture de soi et de l’écriture féminine. C’est par un article de Michel Butor, sous le signe d’Hermès, que débute l’ouvrage, qui se poursuit par l’étude de l’écriture des Lumières avec par exemple Pierre Bayard (« Comment ennuyer le lecteur ? ») et Jean-Michel Rey (sur la banqueroute du sens). Il sera aussi question d’éloquence, de rhétorique, de pathétique, de pédagogie, de libertinage, de la Chine et de l’Europe. Le cheminement critique suit son cours et se penche sur les romantismes, entre Victor Hugo, Berlioz, La Motte-Fouqué, Lermontov, Stendhal et Nerval, pour explorer les champs historiques, philosophiques, théoriques et philologiques, avec notamment Philippe Mitterand, Pierre Brunel et Françoise Asso. Le thème de l’écriture de soi donne lieu à des analyses sur l’autobiographie, le sujet, la mémoire, et à un article passionnant de Philippe Lejeune sur les journaux du 14 juillet 1789. Le chapitre intitulé « Ecriture-femme », dans la veine des gender studies, explore l’autobiograpie, la biographie, le roman, les Mémoires, mais aussi les figures féminines que sont Mme de Staël, Mme Vigée-Lebrun et George Sand. Cet ouvrage magistral s’achève sur une réflexion sur la lecture et l’écriture où il est question de Buffon, de Du Bos et de Michaux, et comporte notamment un article éclairant de Jean-Pierre Richard sur ce dernier auteur.

(C. Zoulim)

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Nombre de lectures 5
EAN13 9782130790815
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Exrait


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Ces « Variations critiques » réunies sous la direction de Christine Montalbetti et de Jacques Neefs regroupent de nombreux articles qui suivent les traces de l’œuvre critique de Béatrice Didier. Il s’agit notamment de l’écriture des Lumières, des romantismes, de l’écriture de soi et de l’écriture féminine. C’est par un article de Michel Butor, sous le signe d’Hermès, que débute l’ouvrage, qui se poursuit par l’étude de l’écriture des Lumières avec par exemple Pierre Bayard (« Comment ennuyer le lecteur ? ») et Jean-Michel Rey (sur la banqueroute du sens). Il sera aussi question d’éloquence, de rhétorique, de pathétique, de pédagogie, de libertinage, de la Chine et de l’Europe. Le cheminement critique suit son cours et se penche sur les romantismes, entre Victor Hugo, Berlioz, La Motte-Fouqué, Lermontov, Stendhal et Nerval, pour explorer les champs historiques, philosophiques, théoriques et philologiques, avec notamment Philippe Mitterand, Pierre Brunel et Françoise Asso. Le thème de l’écriture de soi donne lieu à des analyses sur l’autobiographie, le sujet, la mémoire, et à un article passionnant de Philippe Lejeune sur les journaux du 14 juillet 1789. Le chapitre intitulé « Ecriture-femme », dans la veine des gender studies, explore l’autobiograpie, la biographie, le roman, les Mémoires, mais aussi les figures féminines que sont Mme de Staël, Mme Vigée-Lebrun et George Sand. Cet ouvrage magistral s’achève sur une réflexion sur la lecture et l’écriture où il est question de Buffon, de Du Bos et de Michaux, et comporte notamment un article éclairant de Jean-Pierre Richard sur ce dernier auteur.

(C. Zoulim)

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Sous la direction de
Jacques Neefs et Christine Montalbetti
Le Bonheur de la littérature
Variations critiques pour Béatrice Didier
Copyright
© Presses Universitaires de France, Paris, 2005
ISBN papier : 9782130523031 ISBN numérique : 9782130790815
Composition numérique : 2016
http://www.puf.com/
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Table des matières
« Le Bonheur de la littérature », pour Béatrice Didier(Christine Montalbetti et Jacques Neefs)
Ouverture Les sandales d’Hermès(Michel Butor) Stèle préliminaire I – Courir les routes II – L’âge des moteurs III - Sur l’eau IV – Les successeurs d’Icare Écriture des Lumières Comment ennuyer le lecteur ?(Pierre Bayard) I – Un spécialiste de l’ennui II – De l’ennui passif à l’ennui actif III – L’importance de n’avoir rien à dire IV – Le paradoxe d’Oberman V – Comment écrire un essai ennuyeux ? La banqueroute du sens(Jean-Michel Rey) Les idéologues et l’éloquence : le cas d’Andrieux(Patrick Brasart) Crise de l’œuvre, crise des genres : le roman épistolaire au tournant des Lumières(Lucia Omacini) Une France européenne à l’heure de l’Europe française : les traductions de l’anglais au siècle des Lumières(Fritz Nies) I – L’anglais en tête du classement II – Promptitude d’un grand nombre de transferts III – Les genres et les auteurs IV – Les passeurs V – Contagion par le virus anglo-américain et mort de l’Ancien Régime Pathétique et pédagogie : la leçon de l’Histoire de Charles XIIde Voltaire (Anne Coudreuse) Irène,une autre tragédie de Voltaire qui s’inspire de la Chine(Meng Hua) Éponine ou ma république, de Deslile de Sales (1791-1793) : un « voyage » vers le roman historique(Daniela Gallingani)
e Les aventures de la Vertu au XVIII siècle(Gérald Antoine) Le libertinage de plume(Patrick Wald Lasowski) Romantismes Le condamné de Hugo et l’histoire : « Comme pour le roi »(Victor Brombert) Considérations littéraires et philosophiques sur l’historiographie « post-figurative » à la Restauration, 1815-1830(Stephen G. Nichols) I – Hasard, nécessité et histoire figurative II – Thierry, Guizot, et l’historiographie post-figurative Berlioz, le « franc-juge »(Henri Mitterand) Fouqué ou l’ami offusqué(Philippe Berthier) Chimères stendhaliennes : Mina de Vanghel et les voiles d’Ottilie(Marie-Rose Corredor) « Il y a là une intrigue ! » : séduction et lecture dansUn héros de notre tempsde Lermontov(Déborah Lévy-Bertherat) I – DeLa Princesse Ligovskaïaà « La princesse Mary » II – Vers une théorie de la séduction III – Séduire une lectrice ? IV – Conclusion Une théorie critique du romantisme :Sylviede Nerval(Jean-Nicolas Illouz) I - « L’époque étrange » II - « Dernier feuillet » III - DeSylvieàAurélia Du manuscrit retrouvé aulivre infaisable. Nerval et les philologues (Christopher Lucken) Paysage romantique et description poétique(Michel Collot) Croire au secret(Françoise Asso) Soleils noirs(Pierre Brunel) Écriture de soi « Rien ». Journaux du 14 juillet 1789(Philippe Lejeune) L’imposture du sujet(Marie-Claire Ropars-Wuilleumier) Le mirage autobiographique(Jean Sgard) I – L’ancrage historique II – La configuration familiale III – La légende personnelle
IV – La trame biographique V – La transposition épique VI – Les crypto-textes De l’exploration du monde à la découverte de soi : leVoyage à l’île de Francede Bernardin de Saint-Pierre (1773) et le projet de sa réédition (1790)(Alain Guyot) Pierre Albert-Birot et lesPoèmes à l’autre moi. La réconciliation avec soi (Arlette Albert-Birot) Lire ses ancêtres.(Bruno Clément) Cette brume de la mémoire(Anne Herschberg Pierrot) Écriture-femme Notes sur l’entre-deux : de la biographie à l’autobiographie des femmes (Christie Mcdonald) Comment écrire des femmes ? Et comment écrire de leur écriture ? (Anne Garréta) Roman et géométrie : lesMémoiresde Mme de Staal-Delaunay(Damien Zanone) I – Une vie et des Mémoires II – Moralisme et narration III – Roman et géométrie IV – Narration de géomètre V – Morale de géomètre VI – Idées romanesques et sagesse de géomètre Germaine de Staël et Élisabeth Vigée Le Brun devant la postérité(Gita May) Idylle champêtre ou critique sociale ? Notes à propos de l'ambivalence textuelle dansLa petite fadettede George Sand(Frank Leinen) I – Un monde idyllique ? II – La conversion de Landry et l’illumination sociale de Fadette III – L’intégration dans la société critiquée : un paradoxe ? IV – Conclusion Le génie du féminin selon Michel Butor(Mireille Calle-Gruber) I – Butor lecteur de Fourier II – Matière de rêves ou l’écriture phanérogame III – Portrait de l’écrivain en bernard-l’ermite IV – Ce qui n’en finira plus : le génie du tout-autre Lire écrire « Faire un livre » Buffon, le style et l'homme(Gérard Dessons) I – Le conflit des interprétations
II – La question du style III – L’œuvre et la postérité Charles Du Bos : Les philtres capiteux de l’entretien(Denis Pernot) I – La parole mondaine : bavardage, causerie, conversation... II – Pratiques de la vie mondaine : voies et lieux de l’entretien III – Modes et formes de l’entretien : du cours au « livre-Pontigny » Discrète musique pour Michaux(Christian Doumet) Corps écrit(Jean-Claude Coquet) Lire avec Du Bos(Jean-Pierre Richard)
« Le Bonheur de la littérature », pour Béatrice Didier
Christine Montalbetti
Jacques Neefs
’œuvre critique de Béatrice Didier se signale par l’ampleur des territoires L qu’elle découvre et commente. Parcourant volontiers le livre du monde, Béatrice Didier fait de la bibliothèque un monde également, monde large, ouvert, aux paysages mobiles et attirants. C’est sur ses traces que les participants à cet hommage ont voulu porter leurs pas.
À suivre Béatrice Didier, les rencontres sont nombreuses : avec Senancour d’abord, de manière peut-être emblématique, dont elle a fait apparaître la profondeur « imaginaire », auquel elle est revenue, comme « romancier », mais aussi, dans son édition récente, comme l’auteur desRêveries,répondant, à travers lacs, montagnes et forêts, au partage que cet auteur propose, avec un « vous » qui devient « nous », de la quête rousseauiste de « quelque beauté primitive ».
Les rencontres sont nombreuses également sur les territoires sandiens, longuement arpentés, dans leur versant romanesque :Lélia, Indiana, ou par une relecture deFrançois le Champi,à la lumière du rôle que ce roman jouera pour le narrateur d’À la recherche du temps perdu: ce conte oral, qui interroge le lien avec la mère, est le récit d’une sorte d’inceste autorisé dont l’effet, par ce retour à la matrice, est une certaine négation du Temps. Béatrice Didier accompagne les œuvres de Sand également dans leur versant autobiographique, l’Histoire de ma viese constituant surtout comme une histoire de la naissance – difficile, différée, fragile – à l’écriture, dont la forme préhistorique, libre, évanescente et subtile, était le poème rêvé, non écrit, de Corambé. C’est ainsi qu’elle sait accompagner l’ample flot de cette œuvre généreuse, comme d’un « long fleuve d’Amérique ».
Dans une écoute constante de la théorie, et le souci d’en moduler les propositions pour parvenir, dans le geste herméneutique, à relever les particularités de chaque écriture, l’étude de George Sand alimente uneréflexion sur l’écriture-femme qui prend aussi pour points d’appui, parmi d’autres encore, Mme de Staël ou Mme de Charrière.
Avec Stendhal, aussi, toujours, le voyage que fait Béatrice Didier est comme celui que l’on goûte en une compagnie libre, festonnée, heureuse de la mobilité passionnée que l’écriture accorde à ceux qui savent en jouir comme de la vie. Les voyages dans l’écriture lui sont l’occasion de redéfinir l’écriture de soi comme un espace polymorphe, conjuguant les genres, et lui permettant de se placer à l’écoute des « pulsions autobiographiques », comme, par exemple, dans l’écriture du voyage. Avec l’élaboration d’une poétique du nom de « Grenoble », dans l’écriture stendhalienne du moi, très discrètement, très secrètement, se dessine peut-être le seul filigrane de ces textes de lecture, un lieu où la « pulsion autobiographique » inspire l’écriture critique.
La carte des voyages critiques est immense, des Lumières aux moments ombreux de la Révolution, de Sade ou Marivaux à l’immense thrène de Chateaubriand, mais aussi dans l’attention aux contemporains, de Michel Butor à Hélène Cixous, toujours dans la libre diversité des genres et des formes.
Le très grand nombre d’étudiants et d’étudiantes, français, étrangers, que Béatrice Didier a dirigés et dirige pour leur travail de thèse, en témoigne amplement, comme il témoigne de sa ferveur pour la transmission de ce que la littérature apporte de savoir, de vitalité, d’intelligence du monde, de son histoire, de son infinie ouverture. Et son exceptionnelle capacité de travail, comme sa grande attention aux autres, en font également une précieuse directrice de collections, et éditrice de grandes encyclopédies.
Il faudrait dire aussi la place des intérêts comparatistes, de la passion pour les littératures européennes, comme pour la musique, étudiée au siècle des Lumières, et pratiquée par cette pianiste qui nourrit de l’interprétation des partitions musicales sa ferveur dans l’interprétation des textes.
Les contributions de ce volume dessinent quelques cantons de ce vaste territoire, ceux auxquels Béatrice Didier s’est attachée fidèlement : « l’écriture des Lumières », « les romantismes », « l’écriture de soi », « l’écriture-femme » ; et s’accordent à l’intime lien qu’elle sait tisser, dans l’activité critique, entre « lire écrire »
C’est que, grande voyageuse, Béatrice Didier est aussi une écrivaine très matinale. Son écriture, commençant avec l’aube, nous offre jour après jour une œuvre critique à son image, généreuse et lumineuse : emportée par le mouvement même, où s’exprime et se transmet le « bonheur de la littérature ».
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