Les épidémies racontées par la littérature
278 pages
Français

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Les épidémies racontées par la littérature , livre ebook

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Description


Collection : Acteurs de la Science

Ces dernières années, les survenues d'épidémies ont été suivies de la parution d'un grand nombre d'ouvrages et d'études transdisciplinaires. Ce sont donc, à chaque fois, des spécialistes qui font état de l'avancée de la recherche. Mais que valent les oeuvres des écrivains abordant les épidémies ? Sont-ils a priori animés par des désirs esthétiques qui outrepasseraient la vérité factuelle ? En fait, les recensions romanesques sont souvent plus authentiques que les textes d'historiens. Cet ouvrage propose un corpus de textes littéraires et philosophiques traitant des épidémies, montrant que la littérature ne nous éloigne pas du monde réel mais l'éclaire.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 novembre 2016
Nombre de lectures 31
EAN13 9782140022951
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,1200€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Couverture
4e de couverture
Acteurs de la Science
Acteurs de la Science
Fondée par Richard Moreau, professeur honoraire à l’Université de Paris XII Dirigée par Claude Brezinski et Roger Teyssou
La collection Acteurs de la Science est consacrée à des études sur les acteurs de l’épopée scientifique moderne ; à des inédits et à des réimpressions de mémoires scientifiques anciens ; à des textes consacrés en leur temps à de grands savants par leurs pairs ; à des évaluations sur les découvertes les plus marquantes et la pratique de la Science.
Dernières parutions
Michel ROUFFET, Mais comment en est-on arrivé là ? La terre de 4000 à 4,5 milliards d’années, 2016
Roger TEYSSOU, Jean Wier. Des dieux, des démons, des sorcières,
2016.
Sofiane BOUHDIBA, Pavillon jaune, Histoire de la Quarantaine, de la Peste à Ebola, 2016.
François DEMARD, Pierre MANDRILLON, Dans l’œil du cyclotron , 2016.
Gilles GROS, Pierre Fauchard, ce génie de l’épistémologie en art dentaire , 2016.
Robert LOCQUENEUX , L’électricité au Siècle des lumières. Nollet, Franklin & les autres, 2016 .
Jean PERDIJON, Les physiciens sont-ils des intellectuels ? Petit traité (illustré) de culture physique , 2016.
Francis WEILL, Folie du monde et vertige des religions : mémoires d’un vieux médecin, 2016.
Jean Dominique BOURZAT, Une dynastie de serruriers à la cour de Versailles. Les Gamain , 2016.
François TRON, Maladies auto-immunes. Quand notre système de défense nous trahit , 2015
Roger TEYSSOU, Orfila. Le doyen magnifique et les grands procès criminels au XIX è siècle. El decano magnifico , 2015
Gilles GROS, Histoire et épistémologie de l’anatomie et de la physiologie en art dentaire, de l’Antiquité à la fin du XX e siècle , 2015 Simon BERENHOLC, L’Homme social, à son corps dépendant.
Analogies comportementales entre les cellules biologiques et les sociétés humaines , 2015.
Titre


Norbert Gualde







L ES ÉPIDÉMIES RACONTÉES PAR LA LITTÉRATURE
Copyright


Du même auteur

Immunité et humanité : Essai d’immunologie des populations , L’Harmattan, 1995.
Un microbe n’explique pas une épidémie. L’immunité entre Gaia et le chaos , Les Empêcheurs de Penser en Rond, 1999.
Épidémies : La nouvelle carte , Desclée de Brouwer, 2002.
Les microbes aussi ont une histoire , Les Empêcheurs de Penser en Rond, 2003.
Ce que l’humanité doit à la femme , Le Bord de l’Eau, 2004.
Comprendre les épidémies : La coévolution des microbes et des hommes , Les Empêcheurs de Penser en Rond/Le Seuil, 2006.
Resistance : The Human Struggle Against Infection , Dana Press, 2006.
L’épidémie et la démorésilience. La résistance des populations aux épidémies , L’Harmattan, 2011.








© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
EAN Epub : 978-2-336-77531-9
Introduction
Durant le dernier quart du vingtième siècle et au début du vingt-et-unième siècle le monde a connu la survenue d’épidémies 1 nouvelles laissant, au moins à leurs débuts, les médecins impuissants et les populations dans le désarroi. Citons les faits les plus marquants : en 1976 le virus Ebola apparaît et fait des ravages dans le territoire de la rivière dont il est devenu éponyme. La même année des clients d’un hôtel de Philadelphie découvrent à leurs dépends les méfaits d’une bactérie alors inconnue, la legionella , squattant le système de climatisation. En 1997 la grippe aviaire frappe oiseaux et humains à Hong Kong puis réapparaît sur le même territoire en 2003. La nouvelle offensive du virus grippal H5N1 succédait de peu à l’agression de la Chine par un coronavirus alors inconnu, responsable du SRAS 2 et pour cela dénommé SRAS-CoV 3 .
Le virus nouveau du vingt-et-unième siècle précéda à peine un autre virus grippal dit H1N1, celui de la grippe porcine. N’omettons pas dans cette morbide succession le dramatique virus de l’immunodéficience humaine, responsable du sida, le VIH, bien que présent chez l’homme au moins dès 1959 ne se révéla par la pandémie que nous connaissons qu’à partir de 1981.
Les successions de ces pestes 4 ont été suivies de la parution de nombreux ouvrages consacrés aux maladies contagieuses frappant les populations. Les écrits en question, qu’ils soient didactiques, dévolus à des spécialistes ou destinés à des lecteurs curieux et souvent éclairés ont pour auteurs des professionnels érudits pour la plupart membres de l’alma mater . Il s’agit de recueils se caractérisant généralement par l’influence sur leur contenu thématique de la discipline d’appartenance de leurs rédacteurs qu’ils soient historiens, médecins, épidémiologistes, sociologues, etc. Il va de soi qu’une épidémie n’est pas décrite de façon semblable par un historien ou par un sociologue. Les narrations des agressions épidémiques, de leurs causes et de leurs conséquences, rapportées dans les ouvrages savants, en principe avec exactitude, sont considérées ainsi que d’incontestables vérités historiques et scientifiques mais elles sont habituellement racontées au travers du prisme professionnel de leurs auteurs. En d’autres termes le savant raconte l’épidémie au reflet de sa spécialité académique ce qui ne veut pas dire qu’il la décrit mal.
Toutefois, les universitaires, doctorants ou ceux dont le métier est de prêter attention aux problèmes de santé ne sont pas, et c’est heureux, les seuls à avoir produit des textes traitant des pestes ainsi que cela se disait autrefois. Les bibliothèques sont riches d’ouvrages dont les épidémies sont le thème ou un des thèmes d’œuvres littéraires d’imagination. On peut découvrir dans les fonds de collections récentes ou anciennes des écrits romanesques exposant les aventures, souvent les mésaventures, de héros confrontés aux atteintes par des microorganismes délétères.
Au sujet des épidémies nous pouvons nous poser la question de savoir ce que valent en matière de vérité les œuvres des littéraires, celles des philosophes, ou certaines écritures dites sacrées lorsqu’elles sont comparées aux productions écrites des experts de la pathologie infectieuse quelques soient leurs appartenances académiques. A priori on sera enclin à penser que les premiers abordent le sujet légèrement ou métaphoriquement sans réel souci d’exactitude, animés plus par des désirs d’esthétique littéraire que de vérité factuelle alors qu’en rapprochement les tableaux des représentations produites par les auteurs de l’Université sont considérés comme exacts, précis et débarrassés de toute fioriture de style, de toute tournure de phrase superflue égarant un écrit scientifique. Nous considérons qu’il s’agit là, à n’en pas douter, de la simplification d’une réalité plus complexe.
Si nous examinons les compositions littéraires nous observons que souvent leurs recensions d’histoires 5 épidémiques transformées en matériau romanesque sont, par certains côtés, disons au moins le côté du vécu, celui du réalisme de la description, plus authentiques, plus détaillées que les textes d’historiens avérés. Cela peut s’expliquer par le fait que le langage scientifique possède des limites, des bornes posées par les préconçus des auteurs. Pour David Locke 6 :
« La science traditionnelle a une vue du caractère représenté par son discours qui doit être contestée. Une telle représentation n’est pas, comme la vision traditionnelle le soutiendrait, l’image verbale d’un préexistant extérieur mais plutôt une formulation conventionnelle d’un « réel » contextualisé, une représentation d’un concept, et non une représentation d’un réel 7 ».
L’historien Paul Veyne 8 spécialiste de l’antiquité romaine nous propose une observation proche de celle de David Locke :
« L’histoire demeure fondamentalement un récit et ce que l’on nomme explication n’est guère que la manière qu’a le récit de s’organiser en une intrigue compréhensible

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