Les mots pour s écrire
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Les mots pour s'écrire , livre ebook

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Description

Suite à une longue pratique d'animation de "tables d'écriture" en histoire de vie, l'auteur défriche des pistes de réflexion et élabore des hypothèses de travail à propos de l'écriture et du récit de vie. Cet ouvrage est le fruit de la croisée de quatre sources de travail : un parcours d'écriture et de réflexion personnel, une expérience d'animation d'ateliers d'écriture, un cadre de recherche théorique et méthodologique et la lecture d'écrivains et romanciers engagés dans l'écriture autobiographique.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 avril 2006
Nombre de lectures 65
EAN13 9782336253596
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.ft harmattan1@wanadoo.fr
© L’Harmattan, 2006
9782296004030
EAN : 9782296004030
Sommaire
Page de Copyright Page de titre Du même auteur: Epigraphe Remerciements Introduction CHAPITRE 1 - Les fonctions de l’écriture de soi ou pourquoi s’écrire CHAPITRE 2 - Le processus narratif ou comment s’écrire CHAPITRE 3 - Le récit de vie : point de rencontre du mythe familial et de l’histoire sociale CHAPITRE 4 - Les « tables d’écriture » : Racines de vie, Ligne de vie et Projets de vie CHAPITRE 5 - Les effets de l’écriture de l’histoire de vie Conclusion ANNEXE 1 : questionnaire de l’enquête ANNEXE 2 : contrat de participation BIBLIOGRAPHIE
Les mots pour s'écrire
Tissage de sens et de lien

Annemarie Trekker
Du même auteur:
Femmes de la terre, récit, Bruxelles, Bernard Gilson éditeur, 1999
Saga paysanne, entre Moselle et Semois, récit historique, Bruxelles, Labor, 2000
La table d’écriture, contes et nouvelles, Bruxelles, Memor, 2001
La mémoire confisquée, autofiction, Paris, L’Harmattan, 2003
George Sand, une femme qui s’invente, essai, Tellin, Traces de Vie, 2004
« Car le tissu s’élabore; il propage les signes ; il supporte des métaphores. Mais surtout, il fait lien . Il transmet, il relie: le passé au présent, l’individu à son groupe, la matière au vivant, le féminin au masculin; et le nourrisson au cadavre, des langes au linceul. »
Régis Debray et Patrice Hugues, Dictionnaire culturel du Tissu.
Je remercie les membres de l’ARBRH (Association pour l’approche, la recherche biographique et la réappropriation de son histoire), Francis Loicq, Michel Legrand et Myriam de Halleux, pour leurs apports riches et amicaux à ma réflexion sur l ‘Histoire de vie.
Je remercie les participants des tables d’écriture, en particulier ceux qui ont répondu à mon enquête...ainsi qu’Elisabeth, Danielle, Gabrielle et Charles qui ont apporté leurs témoignages personnels sur cette aventure de l’écriture de soi.
Merci enfin aux membres de l’asbl Traces de Vie qui m’accompagnent dans ce projet de promouvoir la recherche, la mise en forme, la compréhension et la transmission d’une mémoire individuelle ou collective.
Introduction
J’ai commencé à animer des « tables d’écriture » en histoire de vie à partir de 1999, à la suite d’une expérience personnelle d’écriture autour de mes origines. Cette expérience a été relayée assez vite par une réflexion sociologique sur la démarche de mise en sens des événements d’une vie et de création de liens à partir de celle-ci.
C’est aux alentours de la cinquantaine (âge de passages multiples) que le besoin de donner forme à des fragments et des facettes de mon histoire par l’entremise d’une écriture littéraire s’est imposé. Plusieurs livres allaient naître de cette exploration. J’ai ainsi pu expérimenter qu’écrire autour de sa vie invite à la métamorphose, au mouvement. Le travail d’auteur appliqué à sa propre histoire de vie relève d’une alchimie qui, à partir de matières premières incertaines (des bribes de mémoire), laisse émerger un nouvel alliage du sens et du lien. Vivifiant !
J’ai eu envie de partager ce parcours d’écriture de soi, en créant et animant des « tables d’écriture ». Pourquoi « table » et non pas « atelier » ? Sans doute parce que la table est le lieu de l’échange par excellence, à la fois par le verbe et par la nourriture, tandis que l’atelier est le lieu de la fabrication. Comme les participants écrivent (fabriquent) leurs textes à domicile, la « table d’écriture » se voit réservée aux lectures et commentaires sur ces textes et répond donc bien à son appellation, étant avant tout lieu de partage de l’écrit.
Après six années de pratique, le moment m’a paru opportun non pas de dresser un bilan mais plutôt de défricher des pistes de réflexion et de mettre à jour des hypothèses à partir de cette démarche. Les questions sont multiples : quelles sont les motivations des participants ? Comment celles-ci évoluent-elles au cours de la « table d’écriture » ? Et par après ? Comment les écrivants et écrivains perçoivent-ils cette expérience et quels effets en ressentent-ils sur leur parcours de vie ? Quels sont les prolongements (en terme d’écriture et de projets de vie) de cette plongée dans leur histoire à travers la création littéraire ? Mais encore, quelles sont la place et l’influence de l’écriture et du style dans la démarche de mise en sens et en lien de son histoire ?
Avant d’entamer cette réflexion sur les motivations et les effets de l’écriture de soi sur les « écrivants », il m’a semblé pertinent de me pencher, dans cette introduction, sur mes propres motivations : qu’est-ce qui, dans mon histoire de vie, m’a menée à l’écriture et ensuite à l’animation des « tables d’écriture » ? Répondre à cette question, c’est me situer d’emblée comme sujet actrice plutôt que simple observatrice de ma pratique et de la recherche autour de celle-ci. Et c’est bien la position que je souhaite occuper dans ce livre.
Commençons donc par interroger ce qui pourrait faire sens par rapport à mes origines... Qu’y a-t-il dans mon histoire et celle de mes aïeux qui puisse annoncer une vocation d’écrivaine-sociologue, « accoucheuse » de récits de vie ?
Je suis issue de deux lignées d’origine rurale : l’une venant de Flandre, du côté paternel, et l’autre de Lorraine, du côté maternel. Mes arrière-grands-parents ont entamé, de manière parallèle, un parcours de rupture avec leurs milieux d’origine et leur mode de vie traditionnel, en quittant leurs villages et leurs familles pour s’installer à Bruxelles, la Capitale. Ils furent très probablement incités à ce choix par la contrainte économique, en particulier dans le contexte historique de la première guerre mondiale, mais aussi par l’émergence d’un désir d’individualisation. Exode rural donc, doublé d’une rupture linguistique et géographique.
De cette histoire-là, je garde l’imprégnation d’une double appartenance, partagée entre deux cultures : celle des gestes et des savoir-faire manuels issus de mes origines rurales et celle des mots et de l’intellect liés à ma nouvelle culture urbaine. Celle de la nécessaire solidarité et cohésion du groupe, génératrice de l’appartenance ancienne, et celle de l’obligatoire cheminement individuel, créateur de l’identité actuelle. La transition d’un monde à l’autre ne s’est pas faite sans heurts familiaux ni déchirements internes. Mon histoire en porte les traces et les cicatrices.
Choisir l’écriture et la langue française pour mettre en sens cette histoire, c’était déjà me distancier de ces familles dont je porte les traces. Ma lignée paternelle parlait le flamand, et ma lignée maternelle, le luxembourgeois. Les uns et les autres écrivaient peu. Ce n’est qu’à partir de la génération de mes parents que le français s’est affirmé comme langue usuelle, mais aussi et surtout comme langue de culture (par la lecture et l’écriture) et de réussite sociale (par la scolarité prolongée). En l’adoptant, je rencontrais les attentes parentales de réussite sociale et économique et en même temps je signais la rupture linguistique avec mes aïeux. En échange, je gagnais l’ouverture sur le monde de la culture. Celui des livres et de la littérature !
A l’école, dès les premières années, l’apprentissage de la lecture me ravit. Les livres m’apparaissaient comme autant de passerelles lumineuses vers la perception et la compréhension du monde extérieur. «Les mots pour le lire » poussaient l’enfant unique que j’étais à la rencontre des « autres », ces étrangers qui devenaient des proches par l’entremise des signes gravés sur le papier. L’aventure se révélait d’autant plus engageante qu’elle pouvait être tentée en toute sécurité, du fond d’un fauteuil ou de sous la table de la salle à manger...
Après la lecture, l’écriture allait m’ouvrir d’autres pistes, invitant aux voyages intérieurs, guidés par les sens, les émotions et la pensée. Ces lents et longs périples de mots et d

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