Miguel Veyrat
264 pages
Français

Miguel Veyrat

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264 pages
Français

Description

Passages de l'aube est un hommage rendu au poète espagnol Miguel Veyrat pour ses quatre-vingts ans. S'il a commencé brillamment sa carrière par le journalisme et cultivé la fiction et l'essai, c'est vers la poésie qu'il a voulu très tôt se tourner. Il est entré dans l'écriture poétique comme d'autres en religion, y trouvant sa raison d'être, une morale de vie.
Amant de l'Aube, il déploie une parole poétique où s'affirme avec force une pensée libre – libertaire – sur un riche fond de mémoires culturelle, classique ou de notre temps. Et, par la déflagration de la langue comme par les échanges lumineux avec le monde, Miguel Veyrat fait figure à bon droit de « Classiques pour demain ».

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Date de parution 22 janvier 2019
Nombre de lectures 1
EAN13 9782140111174
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Exrait

brillamment sa carrière par le journalisme et cultivé la Iction et
Amant de l’Aube, il déploie une parole poétique où s’afIrme avec
culturelle, classique ou de notre temps. Et, par la déLagration de la
Veyrat fait Igure à bon droit de « Classiques pour demain ».
POUR DEMAIN
Françoise Morcillo
Miguel VeyratPassages de l’aube CLASSIQUES
Postface de DanielHenri Pageaux
εiguel Veyrat
Passages de l'aube
Classiques pour demain Fondée et dirigée par Daniel-Henri Pageaux Cette collection rassemble des études sur des écrivains de notre temps, consacrés par le succès dans leur pays (francophones ou de langues ibériques en particulier), pour lesquels il n'existe pas encore ou peu d’approches critiques en français. Elle vise donc à diffuser auprès du public étudiant et de lecteurs soucieux de s’ouvrir aux littératures étrangères des parcours et des propositions de lectures, voire une base de documentation bibliographique. Derniers ouvrages parus 46. Constanza AδZAεORA & Daniel-Henri PAGEAUX, Alexandre Ritter. Allées et venues entre deux mondes μ Europe/Amérique latine, 2018. 45. Daniel-Henri PAGEAUX, Azorín (1873-1967) Sur les chemins de l’écriture, 2017. 44. Bernard εOURAδIS, Theo Annanissoh, Sony δabou Tansi, Améla et moi…, δecture de « δe soleil sans se brûler », 2017. 43. Charles W. SCHEEδ, Victor Jean-δouis Baghio’o par lui-même, 2016. 42. εilagros EZQUERRO, Juan Rulfo Trente ans après, 2016. 41. Flavia-εara de εACEDO, εonteiro δobato et la littérature de jeunesse au Brésil, 2014. 40. Germain-Arsène KADI, De Johnny Chien méchant d’Emmanuel Dongala à Johnny εad Dog de Jean-Stéphane Sauvaire. δittérature, cinéma et politique, 2013. 39. Ur APAδATEGUI, Ramon Saizarbitoria l’autre écrivain basque, 2013. 38. Katia BOTTOS, Antonine εaillet, conteuse de l’Acadie ou l’encre de l’aède, 2011. 37. Sara CAδDEROσ, Jorge Volpi ou l’esthétique de l’ambiguïté, 2010. 36. Silvia AεORIε, José Saramago. Art, théorie et éthique pour demain, 2010. 35. Karin DAHδ, δa réception de l'œuvre de Stig Dagerman en France, 2010. 34. Bertrand CARDIσ, δectures d’un texte étoilé. Corée de John εcGahern, 2009. 33. Juan Carlos BAEZA SOTO, Emilio Prados, δ’absolu solitaire, 2008. 32. Philippe GODOY, δe Guépard ou la fresque de la fin d’un monde, 2008.
Françoise εorcillo εiguel Veyrat
Passages de l'aube
Postface deDaniel-Henri Pageaux
© L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris httpμ//www.editions-harmattan.fr ISBσ μ 978-2-343-16022-1 EAσ μ 9782343160221
J'ai embrassé l'aube d'été. Rien ne bougeait encore au front des palais. δ'eau était morte. δes camps d'ombres ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit. Rimbaud, “Aube”,Illuminations. Sous le fracas quotidien du délire le cristal rouge de l’aube l’atteint-il le traverse-t-il? C’est ainsi qu’une alluvion ondoie et il feint – il contredit être le verbe la parole immobile δe chant demeurera par Centaine et le linguiste un faux poème sans être chanté. εiguel Veyrat, « Un non poème reconstruit chez Celan ». εais ne périra pas celui qui sait qu’il n’y a rien de plus que la parole à la fin du voyage. Guillermo Carnero, « δe grand jeu », Ensayo de una teoría de la visión, Poesía 1966-1977.
Préface « δe danseur de l’aube » La muerte para los mozos es naufragio, y para los viejos tomar puerto. Baltasar Gracián La survivance, c’est la vie au-delà de la vie, la vie plus que la vie… Jouir et pleurer la mort qui guette, pour moi c’est la même chose. Jacques Derrida,Apprendre à vivre enfin. est une traversée de la création poétique à l’écCoutede “la véritable intériorisation” rivée au dessein laquelle nous invite l’œuvre de εiguel Veyrat, affirmant une option de vie, celle d’être à 1 derridien d’un “Apprendre à vivre enfin” . σotons, ici, que par ce passage à l’intime, l’occasion est donnée au lecteur, de suivre l’intrusion possible du poète, dans ce que Georges Bataille nomme l’expérience intérieure, celle qui rend manifeste “un voyage au bout du possible de 2 l’homme” et qui délivre l’enjouement des angoisses du vivre, éprouvées, sans doute, de manière précoce, dès l’enfance. En ce sens, εiguel Veyrat, apparaît comme un funambule de l’aube, rythmant des passages entre deux formes d’énergie verbale, coulées dans la prose et dans le poème. C’est de ce dernier univers singulier, c’est-à-dire 1 Jacques Derrida,Apprendre à vivre enfin, Galilée/δe εonde, Paris, 2005. 2 Georges Bataille,L’expérience intérieure, Collection Tel (n° 23), Gallimard, 1978, p. 19.
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de son espace lyrique que je vais m’entretenir en prêtant à ma lecture un rôle d’accompagnement à l’écoute de la « survivance ». Car, comme se plaît à nous le rappeler le philosophe Jacques Derrida, au cours de l’entretien que lui accorde Jean Birnbaum, « nous sommes structurellement des survivants, marqués par cette structure de la trace, du 3 testament ». J’invite à des temps de lectures qui me firent devenir une e lectrice assidue de son œuvre au seuil du XXI siècle. Prenons le cours lyrique deLa voz de los poetas(Calima μ 2002) et remémorons la voix de Juan Ramón Jiménez, précisément, cette “voz de ensoñación” qui semble accompagner, voire bouleverser, le propre εiguel Veyrat ; car les voix de poètes qu’il invoque, n’incantent-elles pas le dépassement de soi dans le dépli “d’un sujet plus vrai que moi” ? Porté par les vers de Juan Ramón Jiménez, et livre après livre, il semble forger notre esprit à la conscience du deuil. δe livre devient l’évènement singulier qui trace le sillage des dépassements de l’ultime. Des titres pont-levis enchaînent les passages à la survivance ou renaissance de soi dans les écritures des livresBabel bajo la luna, Trilogía de la incertidumbre (Calima εallorca, 2005) réédité en 2018,Instrucciones para amanecerPalma de (Calima, εallorca, 2007) réédité en 2016,El Incendiario(δa δucerna, Palma de εallorca, 2007),Razón del Mirlo(Renacimiento, Sevilla, 2009), σouvelle édition annotée de Conocimiento de la llama(δa δucerna, Palma de εallorca, 2010),Poniente (Bartleby/Poesía, 2012),Pasaje de la Noche (Barataria Ediciones, 2014),El Hacha de Plata(Ediciones de la Isla de Siltolá, Colección “Tierra”, nº 75, Sevilla 2016),Diluviode la Isla de Siltolá, (Ediciones Colección “Tierra”, nº 75, Sevilla 2018),tu nombre es eros(Ediciones Tigres de papel, εadrid 2018). Précisons les 3 Ibid.,p. 54.
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nombreuses rééditions portées entre 2010 et 2018 qui actent une survivance manifeste dansConnaissance de la flamme (δa δucerna, Palma de εallorca, 2010),Instructions pour renaîtreδucerna, Palma de εallorca, 2016), (δa La voix des poètes(Ars Poetica, Pola de Siero, Asturias, 2017), ou encoreBabel sous la luneArs Poetica, (« Aude sapere », Asturias, 2018). Invoquons la réception de son œuvre dans la distribution de trois anthologies qui lui sont consacrées et dans lesquelles les critiques successifs dévoilent les lieux abyssaux, laPorte Magique à l’écoute des initiatiques chants de passage μAntología Desde la Sima (Poesía 1975-2005),édition et préface de Françoise εorcillo aux éditions (Alfóns el εagnànim, Valencia, 2004),La Puerta Mágica, introduction de Ángel δuis Prieto de Paula (δibros del Aire, εadrid 2011),Cantos de travesía (Anthologie personnelle 2007-2014)à εexico par la Benemérita publiée Universidad Autónoma de Puebla dans la collection "δa abeja de Perséfone", 2014. Et cette même année son œuvre La Raison du merle est traduite en italien par εarcela Filippi aux éditions Commisso Editore, Roma 2014. Cela ne fait pas l’ombre d’un doute, toutes ces rééditions semblent reprendre le fil conducteur d’une avancée créatrice du poète dans ce qu’il nomme « εysterium, δa Porte εagique, δe Ciel Vide » ou s’insinue une « εystique de l’incertitude », telle que l’évoque le critique Ángel δuis Prieto de Paula μ « εiguel Veyrat a écrit que si l’on accepte une certaine activité mystique (dans sa poétique), elle prendrait son essor « d’un envol qui n’ignore pas que toute promesse de bonheur ne peut s’accomplir que sur les autels de la terre et de la mer, sur leurs falaises, volcans, ciels, rivières et glaciers » ; et plus loin, εiguel Veyrat conclut μ « εystique de l’incertitude, condamnée à ne trouver nul 4 soulagement au fil d’aucune flamme ». À en croire ces 4 «ha escrito que, si se acepta una cierta actividad mística (en su
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