Mythe des origines du byere fang
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Mythe des origines du byere fang , livre ebook

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Description

Le byere (ou byeri) est le plus important rite initiatique des Fang du Gabon, de Guinée Equatoriale, du Congo et du Cameroun. Mitsim à la quête du byere paternel est un récit étiologique, qui raconte l'histoire de son origine. Récit mythique autant qu'initiatique, Mitsim semble codifier une pratique qui ne pouvait s'offrir que dans le rituel de l'initiation. La sémiotique permet de mettre en exergue ce qui est manifeste et latent, conjoncturel et permanent, superficiel et profond dans ce texte issu d'une culture souvent mal connue.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2011
Nombre de lectures 467
EAN13 9782296706347
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

M YTHE DES ORIGINES

DU BYERE FANG


Sémiotique du texte
Recherche et pédagogie
Collection dirigée par Grégoire Biyogo.


Cette collection entend promouvoir la recherche dans les lettres et les sciences humaines, en priorité en Afrique, en insistant sur « le retour au texte », en vue de produire des analyses d’intérêt pédagogique. Et tente ainsi un nouveau partage entre deux grandes orientations heuristiques souvent demeurées sans médiation, en valorisant l’examen interne et patient des textes et la nécessité d’en restituer méthodologiquement les connaissances.
Le dessein de cette collection est donc d’accueillir des productions originales pour la publication des ouvrages attentifs aussi bien au contrôle des connaissances tirées des textes eux-mêmes qu’à la clarté de leur exposition, pour fournir aux Universités africaines – et à celles d’ailleurs -comme aux grandes écoles un ensemble de travaux de référence.
Dernières parutions
Grégoire Biyogo, Histoire de la philosophie africaine , 4 volumes, 2006.
- vol. 1. Le berceau égyptien de la philosophie.
- vol. 2. La philosophie africaine moderne et contemporaine.
- vol. 3. Les courants de pensée et les livres de synthèse.
- vol. 4. Entre la postmodernité et le néo-pragmatisme.
Léon Mbou Yembi, L’universalité des questions philosophiques , 2008
Nicolas Mba-Zué


M YTHE DES ORIGINES

DU BYERE FANG

Sémiotique du texte


Suivi de

Entretien avec
Tsira Ndong Ndoutoume


Préface de Grégoire Biyogo


L’H ARMATTAN
© L’H ARMATTAN , 2010
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-12751-7
EAN : 9782296127517

Fabrication numérique : Actissia Services, 2012
A celle qui partage avec moi la passion des Lettres,
Genevieve MBA-ZUE

A tous mes enfants et petits-enfants.
Pour la mise en forme du présent document, nous tenons à remercier le Pr Ambroise EDOU MINKO, M. Simon-Pierre MVONE-NDONG, chercheur au CENAREST, et Mlle Nadège ABEGHE OBIANG.
L’école de Libreville :
Nicolas Mba-Zué et le renouvellement du discours
sémiotique moderne

Préface de Grégoire Biyogo

1. Présentation

L’ouvrage que vient de commettre Nicolas Mba-zué, est une contribution décisive aux recherches sur la sémiotique textuelle. L’analyse est appliquée au texte fondateur de la spiritualité des Fang du Gabon, de Guinée Equatoriale, du Cameroun et du Congo, Mitsim à la recherche du byere paternel, suivi de Entretien avec Tsira Ndong Ndoutoume . Le pari était audacieux et pour le moins incertain. Pourtant, dans ce travail dont l’intérêt est autant pédagogique que technique, le lecteur est invité à rentrer dans un récit tensionnel , traversé d’obstacles redoutables, qui mettent l’instance onomastique à l’épreuve du sens, dans un jeu de progression diégétique qui rend le texte comparable à un opéra, voire à une comédie musicale. Etiologique, le récit de byere a été étudié en 1984 par Fidèle Okoué Ngou qui en a fourni une traduction littéraire, laquelle est reprise par l’auteur dans le cadre de cette recherche.
Après avoir écrit une thèse de III ème Cycle en France, à l’Université Paul Valéry de Montpellier qui était une lecture sémio-narrative de l’œuvre romanesque de Tchicaya U T’amsi, le sémioticien gabonais a été recruté à l’Université Omar Bongo, où il dispense deux enseignements majeurs, en l’occurrence la narratologie et la sémiotique textuelle – d’inspiration greimassienne. Il a contribué à la formation de plusieurs étudiants, dont certains se sont spécialisés aujourd’hui en sémiotique.
Esprit sobre et méthodique, cet enseignant-chercheur fait partie des lecteurs avisés de l’évolution du discours sémiotique aujourd’hui.
A l’instar de toute une génération d’enseignants recrutés à l’Université Omar Bongo autour des années 1980 à 1989, il a été assailli par le bégaiement de l’Histoire du Gabon qui allait alors écrire sa séquence la plus révolutionnaire, avec des grèves qui, parties de cette institution, vont embraser tout le pays et contribuer à la tenue de la Conférence Nationale de 1990.
Mba-Zué allait donc s’engager en politique à la faveur de cet événement dont le philosophe Eboussi-Boulaga a dit qu’il était le plus significatif pour l’Afrique {1} , aux côtés de l’opposition. Avec son homologue Fortunat Obiang, critique littéraire gabonais {2} , Moussirou Mouyama, sociolinguiste et essayiste, il prend part aux débats fructueux et subversifs du Café littéraire , qui vont être organisés pour la première fois dans l’institution universitaire et poser le problème de la libéralisation du discours critique, ainsi que celui subséquent de la circularité de l’activité de la contestation au sein d’un système alors largement emmuré dans le monopartisme doctrinaire.
L’auteur est Maître-Assistant CAMES au département de Lettres Modernes – de la Faculté de Lettres de Libreville – qui compte déjà plusieurs publications et se caractérise par le décloisonnement des champs de recherche et des programmes pédagogiques, allant de la théorie à la poétique, de la critique à l’herméneutique et de la sémiotique à la pragmatique. Nous sommes ici au cœur d’une révolution paradigmatique silencieuse et encore inavouée que je nomme l’Ecole de Libreville. C’est à la vérité autour de ce mouvement d’idées littéraires et philosophiques qu’il convient de configurer et de réévaluer l’ouvrage de Nicolas Mba-Zué afin d’en repérer le parcours même éloigné, la pertinence et bientôt l’audace théorique.
2. L’Ecole de Libreville : état des lieux.
Composé d’un ensemble d’enseignants-chercheurs, de critiques, de théoriciens, de philosophes et d’universitaires travaillant chacun dans sa direction, ce qu’il est convenu d’appeler l’Ecole de Libreville est une orientation de recherche où l’on définit et pense la lettre comme discours critique, signe linguistique, trauma, épistémè et comme poème de l’être. L’école est en cela un horizon de sens où quelque chose de l’ordre d’un nouveau paradigme se met en place, dont le lieu phare est le département de Lettres Modernes, suivi de l’Institut de Recherches en Sciences Humaines (IRSH). La notion d’ Ecole , il convient de le noter, ne réfère pas nécessairement ici à son acception classique stricte, celle d’une communauté de chercheurs qui se reconnaîtrait par l’unité intrinsèque de ses définitions, ses méthodes, ses thèmes de prédilection, ses objets et plus généralement, son parcours critique et théorique. Elle n’invite pas davantage à l’identité profonde de ses axes méthodologiques, ses perspectives de recherches ni même à l’unité des résultats escomptés.
Ni contraignante, ni unilatérale, l’Ecole tient du rapport de plus en plus critique et épistémologique aux méthodes de lecture des textes et à la portée des savoirs en jeu, avec le souci de la théorisation de l’objet littéraire et de sa mise en réflexivité. Ses relectures philosophiques.
Ce travail se double de la décision de décloisonner les recherches littéraires, les ramenant, à partir de plusieurs directions, aux grands débats des sciences du langage et de l’homme. L’Ecole ne s’apparente donc pas à un lieu fixe, à une organisation rigide, faite d’accords et de conciliations entre les chercheurs, qui observeraient des normes prédéterminées, des doctrines pour ainsi dire pré-élaborées ou même des desseins épistémologiques communs et à l’avance établis et pointés. Ce n’est point une institution figée, celle-là même qui stériliserait l’engouement et l’ardeur à la recherche, dans l’exploration d’un champ de recherche complexe, diverse et différentiel.
Ce qui fait école ici, c’est la lisibilité d’un horizon littéraire mouvant, travaillé par des figures multiples gardant leur altérité, par des rencontres imprévisibles, de nouveaux désirs de connaître , de jeux de langage pour dire autrement le sens et décrire avec plus de complexité la vérité, en explorant l’itérabilité de l’écriture, des méthodes transversales, dont le point d’invariance est indiscutablement la théorisation du champ global des productions littéraires et la relecture philosophique subséquente de l’aventure des lettres comme la demeure où éclôt le nouveau matin du sens . De la sorte, l’école de Libreville se donne comme le lieu heuristique d’un triple partage :
D’abord, le premier axe de recherche est celui de la théorie et de l’épistémologie. Cette orientation heuristique – sans doute la plus connue – marque un intérêt d’ordre philosophique et épistémologique. La littérature n’est jamais son objet véritable, mais le sol à partir duquel se pense la littérarité , l’évaluation des méthodes et la description complexe du sens. C’est le lieu d’une réflexion philosophique et de l’élaboration des concepts, des théories et de nouvelles formes de diction du vrai, de visitation du sens.
Ce premier courant de théorie et d’épistémologie écrit ses propres politiques de lecture, redéfinies comme un travail constant de désaccords méthodologiques et théoriques autour de l’événement de la rencontre féconde autant que controversée de la littérature, de la philosophie et de l’épistémologie. Ce courant examine le statut de la fiction, réarticule aporéticité et savoirs ouverts à la différance. Activé par la théorie et par la poétique, par les philosophies de la différence et par l’herméneutique, cette séquence de l’Ecole s’attache à opérer des distinctions terminologiques, ou à élaborer et à arbitrer des querelles littéraires et philosophiques, examinant la nature des connaissances, la description du type de vérité en œuvre dans la théorie, les nouveaux paradoxes des notions, les problèmes herméneutiques soulevés par les usages des verbes lire et écrire ainsi que le mode dilemmatique de la résolution des problèmes.
1. C’est dans le sillage de ce paradigme épistémologique et herméneutique qu’il convient de situer les travaux de Grégoire Biyogo {3} , précurseur de la théorie et de l’épistémologie de la recherche, ainsi que d’une poétique d’inspiration derridienne en dialogue avec Nietzsche, Gadamer, Ricœur et Rorty. Il participe de l’élaboration d’une épistémologie des sciences humaines, qui naît de la rencontre de la littérature et de la philosophie. Son travail est une confrontation – en terme de querelles – de la déconstruction, du néo-scepticisme, de la sémiotique écolienne et du néo-pragmatisme, qui invite à se déprendre des illusions dont nous bercent les régimes d’une rationalité prétendument stable et unilatérale, auxquels il oppose l’aporéticité radicale du vrai.
D’où son relativisme épistémologique et sa pensée des désaccords irrésolus (Derrida, Meyer, Rorty, Blanchot, Beckett, Miller, De Man). Ses recherches ont donné droit à un nouveau discours : la philosophie de la théorie, avec une réévaluation de la logique, avec la théorie de l’argumentation et à l’analyse des mondes possibles (Hintikka, Timmermans et Plantin). Les références générales du courant qu’il développe partent de la poétique d’Aristote au formalisme russe, en passant par le New criticism anglo-saxon, l’école morphologique et phénoménologique allemande, les poétiques d’inspiration linguistique et philosophique, jusqu’à la relecture ontologique du poème avec Heidegger, Nietzsche, Derrida et Rorty. Biyogo a produit une œuvre importante qui fait de lui une figure hardie de l’histoire de la poétique, de la philosophie et de la recherche modernes. Il enseigne à l’UOB et à Paris XII et dirige l’Institut Cheikh Anta Diop (ICAD).
2. Travaille aussi à l’élaboration de ce paradigme, Auguste Eyéné {4} , philosophe, sémioticien, auteur d’une thèse de philosophie et d’une autre en communication, où il examine, entre autres axes heuristiques, le problème de la lecture moderne des textes, et celui du statut complexe de la vérité dans la perspective d’une épistémologie des désaccords qui, elle-même, ruine l’unilatéralité de la Raison et l’invite à une incessante complexification. D’où l’importance de la référence à la philosophie du langage et à l’herméneutique ricœurienne, et la modernité poétique franco-allemande et américaine. Il enseigne à l’Ecole Normale Supérieure et est directeur-adjoint de l’ICAD.
3. Il convient de signaler aussi les travaux importants d’ Auguy Makey {5} , philosophe et écrivain, spécialiste de la question du rien de l’existence , lequel entrouvre un vitalisme ontologique qui met vigoureusement à l’épreuve l’humanisme métaphysique de l’existentialisme sartrien et l’essentialisme platonico-hégélien. Contre tout anthropocentrisme, le philosophe rompt avec la tyrannie du monde comme représentation de l’ego cogitans , et tente une désosbtruction de la pensée en la laissant être sur le mode de la tension précaire et aléatoire. Il a écrit une œuvre forte, dissidente et qui compte aujourd’hui parmi les plus significatives de nos sciences philosophiques. Il est chercheur à l’ICAD et enseigne au Lycée Léon Mba.
4. Il en est de même de Steeve Renombo , théoricien littéraire et poéticien, spécialiste de la question de l’itinérance de l’écriture – et du sens – qu’il a élaborée dans sa thèse {6} . Il pointe leur assignation à étirer l’interrogation vers un horizon non conclusif et aporétique. La nouveauté de sa proposition iténérantielle est à chercher au lieu où il repense l’Absolu littéraire comme une intensité au sens deleuzien, propulsant un mouvement sans archè ni telos , mais se déployant par une force discontinue, par plis tensionnels. D’où la référence à la sémiotique des passions, à l’énigmaticité du sens de Jean Bessière et à la dénégation des équivoques propre à Antoine Compagnon. Il est enseignant à l’UOB et est chef de département de Lettres Modernes.
5. Puis, Max-Médar Eyi {7} , poéticien et poète, à qui l’on doit une thèse publiée sur la lecture du tragique nietzschéen à travers l’œuvre romanesque balzacienne. Sa référence la plus constante est le nihilisme et son objet est le rejet de la réduction du tout de Balzac au réalisme, à quoi il oppose une espèce d’anti-réalisme, un néo-réalisme qui excède tout vérisme. Enseignant au département de Lettres Modernes et chercheur à l’ICAD {8} .
Le second horizon de recherche est celui de la critique, qui témoigne de l’expérience d’une conscience de plus en plus aiguë du langage, entendu comme un ensemble de figures signifiantes, elles-mêmes ouvertes aux différentes grilles de lecture des textes modernes entrouvertes par le décloisonnement actuel du champ littéraire et des sciences humaines. Ce courant s’attache à lire les œuvres individuelles, en recourant aux grilles de la critique moderne : les sociologies littéraires, les psychanalyses littéraires, les herméneutiques littéraires, les courants thématiques, la critique d’inspiration structurale et post-structurale, les courants d’inspiration herméneutique et d’histoire littéraire. Il est question d’un travail général de réflexivité et de questionnement mené autour de l’objet littéraire, entendu comme le lieu d’un nouveau parcours critique complexe dialoguant avec l’herméneutique du texte.
6. C’est ici qu’il convient de situer les travaux du philosophe et critique Bonaventure Mvé Ondo, spécialiste des questions herméneutiques, lecteur averti d’Augustin, de Nietzsche et de Ricœur. Il a été recteur de l’UOB, Directeur régional de l’Aupelf/Uref. Actuellement, il est vice-recteur à la régionalisation au Québec. Ces travaux en ont fait le précurseur en Afrique de l’herméneutique des textes oraux {9} . Il enseigne aux Universités de l’UOB et de Québec.
7. Il en est ainsi des travaux de Fortunat Obiang , père de la critique littéraire au Gabon, auteur d’un ouvrage inaugural en deux volumes {10} et de la première thèse de critique francophone, présentée à l’Université de Montpellier.
Sa question de prédilection est de repenser le champ littéraire comme lieu de production de nouveaux savoirs, mais aussi dans le double héritage sartrien du sujet- analogon , et de Ricœur, avec l’idée de la reconfiguration du récit comme attestation de soi et du temps. Il enseigne au département de Lettres Modernes et dirige un centre de recherches et d’études francophones : le CREDUF.
8. Puis les publications de Ludovic Obiang, critique, écrivain, poéticien du roman, qui a écrit une thèse remarquable à Paris IV {11} . Son hypothèse de travail tient que les actants des récits oraux, loin d’être conservateurs, se caractérisent par la rupture, la dénégation des systèmes clos. D’où la notion de terribilité , par quoi il nomme cette insoumission et déjuge le prétendu héritage traditionnel des systèmes antidémocratiques africains. Chercheur à l’Institut de Recherches en Sciences Humaines (IRSH) il est directeur du Musée National du Gabon et dispense des cours au département de Lettres Modernes.
9. On peut aussi citer Bellarmin Moutsinga, critique et poète, qui est l’auteur d’une thèse publiée, présentée à l’Université Paris-Sorbonne, Paris IV, sur les interférences de l’oralité et de l’écriture dans la poésie gabonaise moderne. Sa poétique est nommée par l’Absolu poétique que chaque poète entend ré-orthographier . Ce que réussit à faire son magnifique recueil de poèmes, Equatoriales {12} . Il enseigne à l’UOB.
Le troisième horizon de recherche – le plus récent en termes de publications – est sémiotique, qui relit le texte comme des signes linguistiques et prolonge, à travers des analyses sémio-narratives, le travail de la théorisation qu’offre une telle orientation d’inspiration diverse (Greimas, Courtès, , Fontanille, Genot, Henault, Imbert).
10. Sont lisibles dans cette orientation heuristique, les travaux de Georice Madébé , sémioticien et critique, chercheur ; auteur d’ouvrages qui explorent la sémiotique énonciative et discursive, avec une application aux œuvres romanesques à la fois africaines et gabonaises {13} . Les notions d’utopie ou de transparence qu’il accole à l’onomastique et plus encore au sens travaillent à tracer une mutation paradigmatique porteuse de promesses dans la recherche sémiotique au Gabon. Héritier de l’école sémiotique de Limoges, il est chef de département à l’IRSH ; il donne des enseignements au département de Lettres Modernes.
11. Présentons enfin les travaux de sémiotique de Nicolas Mba-Zué {14} , et qui sont à localiser dans les récits oraux et sacrés, articulés aux analyses sémiotiques et narratologiques. Sa question axiale est de mettre en relief la complexité du sens à travers un ordonnancement de plus en plus ouvert à la focalisation (Bal, Genette), à la formalisation et à la modélisation (Greimas, Courtès, Fontanille, Genot, Henault, Imbert). Nous lui devons une thèse remarquable de sémiotique et de narratologie consacrée à l’œuvre romanesque du grand poète et écrivain congolais Chicaya U Tam’si. Il est héritier de la linguistique cartésienne de Greimas, dont le programme de recherche lui donne des résultats qui pourraient faire de lui un grand spécialiste au niveau du continent africain. Il enseigne au département de Lettres Modernes.
En somme, on rencontre trois grands paradigmes à l’école de Libreville . D’abord celui théorique et épistémologique, celui critique et herméneutique et celui linguistique et sémiotique. Ces recherches dessinent subrepticement les enjeux de l’interférence de la lettre du sens et de la politique de ses lectures au Gabon.
Sans doute cette taxinomie ne doit-elle pas être exclusive ni radicale. Car on peut identifier par endroits des croisements méthodologiques, et des bifurcations d’ordre thématique, allant d’un paradigme à un autre. Ainsi leurs différents discours en prescrivent la singularité et l’unité relatives. Ils ont en commun de redoubler autrement la lecture des œuvres, de décrire autrement les identités narratives, et de reporter sans cesse les métamorphoses de la vérité – en s’appuyant sur des outils performants de lisibilité du sens (herméneutique épistémologique) et de confrontation des points de vue et des positions (heuristique des querelles).
Peut-être trouve-t-on d’autres représentants au sein de l’école de Libreville , entendue au sens large, venant par exemple d’autres territoires épistémologiques, réaménagés par les premiers HDR de notre Faculté de Lettre de Libreville, dans l’ordre des sciences de l’homme comme les sciences du langage (Moussirou Mouyama), la psychologie (Boussougou), l’histoire (Mengue)…
Citons entre autres le sociologue Fidèle-Pierre Nzé-Nguéma, qui a écrit par ailleurs sur l’imaginaire {15} , le géographe Marc-Louis Ropivia qui a questionné le texte du Mvett {16} , ou l’historien Météghé N’nah, qui a produit récemment le premier texte comportant l’ensemble des séquences du récit de l’histoire du Gabon {17} .
On envisagerait alors une acception large de la notion d’école de théorie et d’épistémologie de Libreville. Dans son acception la plus stricte , exclusive, elle entame un corps à corps avec les textes littéraires, plastiques, la musique, la philosophie de la différence, l’épistémologie des sciences humaines, l’herméneutique.
Aussi ne m’en suis-je tenu ici qu’aux ouvrages déjà publiés dans le jeu des rivalités et des désaccords de la lettre, du logos et du sens. Et occasionnellement, j’ai signalé quelques thèses produites par des Gabonais dans ce champ et ayant précisément entrouvert des pistes de lecture inaugurales et des ruptures paradigmatiques. Après avoir présenté l’école de Libreville, il convient maintenant de revenir à l’ouvrage de Nicolas Mba Zué, pour voir sa contribution dans le cadre des travaux du paradigme sémiotique, et plus généralement, sur les recherches des trois grands axes paradigmatiques du savoir dans les sciences humaines au Gabon.
3. De l’unité de l’objet et de la méthode
Fruit de ses recherches et de son long enseignement, l’ouvrage que présente le sémioticien gabonais frappe d’abord par le choix méthodologique inhabituel – la sémiotique textuelle – et par le corpus auquel s’attache l’analyse : le texte sacré de Mitsim . La tentation est en effet grande de savoir comment quantifier la performance d’un texte considéré comme le récit sacré fondateur de la spiritualité des communautés linguistiques fang.
Splendide, d’une grande cohérence logique interne (au sens de Bremond), avec des bifurcations narratives et descriptives fascinantes, le récit choisi par l’auteur est celui d’un sujet ancien tombé en oubli dans les recherches littéraires et philosophiques, au moins depuis les années 1980, la recherche sur le byere. Néanmoins, l’auteur cite trois textes, dont deux sont assez connus. D’abord le mémoire de Fidèle Okoué {18} , qui a eu le mérite de fournir une traduction littéraire à ce texte qu’il a recueilli auprès du centenaire Abessolo Mba, du village Essong Okü au nord-Gabon, à Oyem. Puis celui de Louis Perrois {19} qui en a donné une description morphologique et ethnographique. Et enfin, le texte plus récent de Paul Mba Abessole {20} , qui a recueilli lui aussi ce récit auprès d’un centenaire et qui en a élaboré la transcription littérale, en prenant appui sur les méthodes de collecte des données, ainsi que leur exploitation phonologique et lexicographique.
Accompagné d’une multitude d’adjuvants, Mitsim apparaît comme un personnage collectif qui s’engage dans une quête périlleuse autant qu’exaltante : la recherche du byere paternel. Le récit est fait d’épreuves et de pièges : Zame Si est décédé. Venu assister aux obsèques de son frère aîné, Zame Eyo va accaparer son byere et l’emporter très loin, dans un monde absolument inaccessible. Devenu jeune homme, Mitsim se résout à aller récupérer l’objet sacré légué par son père mais que lui a ravi son oncle, Zame Eyo,, tandis qu’il était encore enfant.
De bonne heure donc, l’objet de convoitise est vital à l’oncle autant qu’au neveu ; il augmente donc le désir dans le schéma triangulaire développé par René Girard. L’affrontement est inéluctable comme le meurtre symbolique qui en garantit le dénouement. On notera que nous sommes ici en présence d’un texte à structure tragique comme dans le Mvett, où l’on a la même structure qui rend inévitable l’affrontement des protagonistes – attachés à conquérir le secret de l’immortalité : les Mortels et les Immortels. L’auteur aurait pu choisir une lecture girardienne, qu’il aurait produit une remarquable lecture du désir mimétique et de ses effets de rivalité triangulaire. Mais il ne l’a pas fait. Sans doute entendait-il étirer la démonstration et montrer l’importance du dispositif actanctiel et la force de sa modélisation du récit, en ses moindres configurations. En effet, ce récit complexe se donne comme un ensemble de séquences dominées par l’affrontement symbolique mathématisé, lui-même tendu vers ce dénouement dilemmatique : la conquête de l’objet sacré ou la mort.
D’où l’invocation de la démonstration sémiotique, plus patiente sur la description du parcours séquentiel et la multiplicité de ses jeux de tension, de passion et de complexification du texte. Technique, l’analyse actancielle et séquentielle s’ouvre avec le découpage et l’étude des séquences du texte, l’analyse actancielle, celle des données spatio-temporelles, et enfin, celle de l’axiologie.
Chaque étape de la quête complexifie le parcours et correspond à de nouveaux obstacles, qui eux-mêmes sont surmontés par l’actant collectif qui se constitue autour du pèlerin dépossédé, Mitsim.
Un autre effet itératif est le magnifique prétexte qui permet aux actants emportés dans un jeu de focalisation infini de récapituler le récit en le jouant en reprenant les séquences antérieures, les différents obstacles, ainsi que les adjuvants sollicités pour les surmonter. Cette fonction anaphorique du récit est une magnifique mise en abyme, qui en révèle la densité métaphorique et la cohérence interne, avec des fréquences rythmiques ponctuées et un effet de réalité troublant selon l’acception barthésienne.
De la sorte, ce récit peut se lire dans un double mouvement à la fois crescendo et decrescendo, par une progression toute tensionnelle vers la réalisation du désir : la conquête de l’objet sacré. De là aussi l’extraordinaire cohérence des mouvements triadiques du récit : côté Mitsim, nourriture, adjuvants et performance pour conquérir l’objet et de l’autre côté, lieu inacessible (paratopie, atopie), opposants/obstacles et performance pour refuser la conquête de l’objet, en brouillant les pistes qui conduiraient à sa conquête. C’est en cela que la logique du récit est faite de bifurcations et de tensions qui rendent la conquête de l’objet imprévisible.
4. L’analyse
La structure du travail est cohérente, qui est composée de deux parties, dont la première étudie les données narratives et met en relief le parcours du récit, tandis que la seconde, les données sémantiques , attaque le niveau du contenu, notamment en développant le cadre spatiotemporel et le programme d’axiologisation mis à l’œuvre tout au long du récit. Le livre s’achève par trois Annexes, dont la première est un document iconographique qui présente la morphologie de byere.
La seconde est la traduction littéraire du texte initiatique relatant les origines du byere, à travers un effort remarquable où Fidèle Okoué Ngou rend compte de la marche du pèlerin Mitsim vers la conquête du byere paternel. Et la troisième est un Entretien – précieux bien que bref – de l’auteur avec Tsira Ndong Ndoutoume, qui révèle le lien entre mvett et byere à travers la quête de la spiritualité figurée comme un cheminement intérieur et l’idée que le harpiste mvett comme le gardien du byere est nécessairement attaché au Bien, à la bienfaisance universelle.
5. Des résultats généraux de l’ouvrage
Le repérage et l’analyse des cinq principales séquences découpées dans le récit est juste comme l’identification des 12 épreuves du récit, auxquels est confronté l’actant collectif que représente Mitsim à travers un schéma actanciel à cinq classes (quinaire) :
La nourriture procurée par la mère de Mitsim
Un grand nombre d’instruments et d’oiseaux
Un grand nombre de bêtes.
Un grand nombre de mouches
Un grand nombre de chiens
Puis l’auteur définit avec pertinence les 5 séquences du récit identifiables à la page 15 du livre :
Séquence I (strophes 1 à 4) : Mort de Zame Si et usurpation du byere
Séquence II (strophes 5 à 13) : Constat du manque et début de l’action réparatrice (décision de récupérer byere)
Séquence III (strophes 14 à 50) : Les épreuves de qualification (transfert)
Séquence IV (strophe 51 à 77) : L’épreuve décisive.
Séquence V (strophe 78 à 84) : La fuite
Le découpage des séquences est pertinent, qui colle rigoureusement au récit. J’aurais simplement préféré la caractérisation de la fuite dans la Séquence V. Car il s’agit d’une fuite victorieuse : le byere est récupéré par Mitsim et ramené dans le pays de son défunt père, Zame Si. D’autant que la notion de fuite comporte une connotation péjorative. Ce que l’auteur confirme à la page 29, en commentant la cinquième séquence.
L’autre réussite de cet ouvrage est l’étude actancielle du récit selon le modèle greimassien à six catégories actancielles :



Destinateur : citant un texte d’Emile Souriau {21} , qui définit le Destinateur comme l’Arbitre, l’attributaire du Bien contre l’Obtenteur virtuel de ce Bien, Mba-Zué retient deux actants ici : Zame Si – qui est effectivement le Destinateur initial du Byere et sa défunte épouse, la mère de Mitsim, qui régule la mémoire du défunt et valorise son axiologie. Elle joue le rôle de régulatrice du sens, encore absent du récit. Elle révèle la disjonction du sujet et de l’objet. Il convient d’ajouter que le Destinataire est Mitsim et plus généralement la communauté éponyme qui hérite de Byere : le sémioticien parle ici de la descendance de Zame Si (p. 41). Et cette perspective est juste au fond, bien qu’elle soit hétérodiégétique.
Le Sujet est Mitsim qui entreprend la quête, l’Objet du désir : le byere paternel.
L’axe Adjuvant vs Opposant est essentiellement oppositionnel, fait de tensions. La grande trouvaille de Mba-Zué ici est d’établir que les adjuvants sont en réalité la puissance intérieure émanant de Mitsim lui-même , qui est manifestée à travers la multitude d’actants intervenant en faveur de la conquête du Byere, l’objet désiré. L’opposant principal est Zame Yo et sa communauté. D’où le modèle actantiel suivant que dégage le sémioticien :



Outre l’analyse actancielle, l’étude des modélisateurs et des contrats (de base et d’usage) confèrent une grande tenue dans l’examen des relations actancielles, pour ne m’en tenir qu’à la première partie de l’ouvrage.
En somme, l’essai de Nicolas Mba-Zué est la première grande contribution sémiotique consacrée au récit des origines du Byere. Ce travail a le mérite d’avoir montré sa performance, sa cohérence interne et ses capacités à s’adapter à l’analyse quantitative comme à la modélisation.
Mais il y a plus : par sa structure tensionnelle, la transparence de son protocole analytique, sa capacité à révéler la relation rivalité passionnelle du sens magistralement mise en exergue par Jacques Fontanille et Claude Zilberberg entre signification, passions et tensions {22} , le livre Nicolas Mba-zue, le sémioticien gabonais, se donne comme un moment inaugural et stimulant dans les travaux de l’Ecole de Libreville.
BIBLIOGRAPHIE SUCCINCTE


1. Ouvrages de l’école de Libreville

Biyogo (Grégoire), Encyclopédies du Mvett I, Paris, Ménaibuc, 2002.
Encyclopédies du Mvett I, Paris, CIREF, 2002.
Adieu à Jacques Derrida, enjeux et perspectives de la déconstruction , Paris, L’Harmattan Gabon, Coll. « Recherches et pédagogie », 2005.
Traité de méthodologie et d’épistémologie de la recherche , Paris, L’Harmattan Gabon, Coll. « Recherches et pédagogie », 2005.
Histoire de la philosophie africaine , 4 volumes, L’Harmattan Gabon, Coll. « Recherches et pédagogie », 2006.
Adieu à Tsira Ndong Ndoutoume, Homme à l’inventeur de la raison graphique du mvett , L’Harmattan Gabon, Coll. « Recherches et pédagogie », 2005.
Manifeste pour lire autrement l’œuvre de Cheikh Anta diop , Paris, L’Harmattan Gabon, Coll. « Recherches et pédagogie », 2006.
Orphée négro, Paris, L’Harmattan, 2005.
Littérature et philosophie à l’épreuve de la nouvelle théorie , Paris, L’Harmattan Gabon, Coll. « Recherches et pédagogie », 2008.
Homo viator , Paris, L’Harmattan Gabon, Coll. « Recherches et pédagogie », 2008.
La Terre promise , Paris, L’Harmattan Gabon, Coll. "Recherches et pédagogie », 2008.
Bremond (Claude), La logique du récit , Paris, Seuil, 1973, 350p.
Madébé (Georice Berthin), Utopies du sens et dynamiques du langage dans la littérature africaine , Libreville, Les éditions du Silence, 2006.
De Viko à Ngal, La transparence énonciative , Paris, L’Harmattan, 2006.
Makaya (Auguste), L’Homme, le sublime zéro , préface de Grégoire Biyogo, Paris, L’Harmattan, Coll. « Recherches et pédagogie », 2008.
Carnet secret de Judas Iscariote , Paris, L’Harmattan, 1998, 210p.
Sur les pas d’Emmanuel (nouvelles), Paris, L’Harmattan, 1998.
Francofolie , (nouvelles), Paris, L’Harmattan, 1993.
Mvé Ondo (Bonaventure), Sagesses et initiation à travers les légendes et les mythes fang , Libreville, CCF/Sépia, 1991.
L’Owani et le songa, deux jeux de calcul , Libreville, CCF/Sépia, 1993.
Métégue N’nah (Nicolas), Histoire du Gabon, Des origines à l’aube du XXIè siècle , Paris, L’Harmattan, Coll. « Etudes Africaines », 2006.
Nzé-Nguéma (Fidèle-Pierre), Modernité tiers mythe et bouc hémisphère , Paris, Publisud, 1989.
Obiang (Fortunat), Les registres de la modernité dans la littérature gabonaise , préface de Grégoire Biyogo, 2 volumes, Paris, L’Harmattan, Coll. "Recherches et pédagogie", 2006.
Ropivia (Marc-Louis), Quatre études sur le Mvett , Libreville, publications du CERGEP, 2001.
2. Ouvrages de sémiotique
Fontanille (Jacques), Le savoir partagé. Sémiotique et théorie de la connaissance chez Marcel Proust , Paris, Amsterdam/Philadelphia, Hadès-Benjamin, 1987, 227p.
Fontanille (Jacques)/Zilberberg (Claude), Tension et signification , Mardaga éditeur, Coll. "Philosophie et langage, 1998, 251p.
Genot (Gérard), Problèmes de calcul du récit I , Documents de travail n° 11, 1987, Université Paris X Nanterre, 45p
Sauriau (Emile), Les deux cent mille situations dramatiques , Paris, Flammarion, 1950
3. Quelques ouvrages sur le Byere
Perrois (Louis), Byeri fang, Musées de Marseille, 1992, 223p
Mba Abessole (Paul), Aux sources de la culture fang , Paris, L’Harmattan-Gabon, 2006, 104p
Okoué Ngou (Fidèle), Lecture ethnopsychanalytique du byere , Mémoire de maîtrise, Lettres Modernes, 1985, 213p
Nguéma-Obam (Paulin), Aspects de la religion Fang , Paris, Karthala/ACCT, 1983, 94p. Lire aussi sa thèse d’Etat en sociologie, La tradition de la danse chez les Fang du Gabon , Université Strasbourg, 1976
4. Quelques travaux de recherches de l’Ecole de Libreville
(paradigme théorique et épistémologique)
Biyogo (Grégoire), L’Ecriture et le Mal, théorie du désenchantement. Contribution aux recherches sur la théorie littéraire , 4 tomes, thèse de doctorat NR de l’Université Paris-Sorbonne, Paris IV, 1991, 1250 p.
La théorie en questions, Querelles actuelles, apories et résolution néo-sceptique des énigmes, Prolégomènes aux recherches sur l’épistémologie des sciences humaines , Dissertation d’Habilitation à Diriger des Recherches, Université Paris XII, 4 tomes, 1000p.
Eyéné (Auguste), L’Homme et le temps. Pour une lecture anthropo-biologique de l’être , thèse de doctorat NR en philosophie de l’Université Paris 8, 303p.
Le Mythe, l’écriture et la technicité, De la brisure phonétique du signe à l’avènement du Gramme, de l’Archive et du phénomène moderne d’abstraction numérique du langage , thèse de doctorat NR en sciences de la communication de l’Université Paris 8, 2006, 290p.
Eyi Obiang (Max-Médard), Tragique et néo-réalisme dans l’économie romanesque balzacienne. Essai d’herméneutique nietzschéenne autour du Père Goriot , thèse de doctorat NR en Lettres de Université Paris XII, 2005, publiéé sous le titre Lire Balzac avec Nietzsche, Paris, 2006..
Madébé (Georice Berthin), La mutation de la figure du narrateur dans le roman africain francophone de 1960 à 1994 , thèse de Doctorat NR en Lettres de l’Université de Limoges, 2001.
Makaya (Auguste), La question philosophique en Afrique – Enquête sur les ambiguïtés d’un discours , thèse de doctorat NR en philosophie de l’Université Paris I, 1988.
Rénombo (Steeve), L’Ecriture du voyage, Approches de l’itinérance. Contribution aux travaux sur le comparatisme et la théorie littéraire , 2 volumes, Université Paris-Sorbonne, Paris IV, 2001.
5. Autres ouvrages
Eboussi Boulaga (Fabien), Les Conférences nationales en Afrique Noire, Une affaire à suivre , Paris, Karthala, 1993, p. 7
INTRODUCTION
Les Fangs occupent un espace géographique qui s’étend sur quatre pays d’Afrique centrale : le sud Cameroun, la Guinée Equatoriale, le nord, le centre et l’ouest du Gabon, le nord du Congo, notamment la région qui jouxte le nord-est du Gabon.
Ils représentent une communauté linguistique {23} et culturelle dont l’homogénéité a souvent été soulignée par diverses études historiques, linguistiques et anthropologiques {24} . L’épopée du mvett est sa manifestation littéraire la plus accomplie, la plus populaire et la mieux connue à l’extérieur de son aire culturelle.
Sur le plan religieux, les Fangs avaient trois rites d’initiation : le Kpwè, le Ndong Mba et le Melan.
Le rite Kpwè s’adressait aux enfants de huit à treize ans. Il faisait d’eux les membres de la communauté. Ensuite venait l’initiation au Ndong Mba pour les adolescents (15-20 ans). L’initiation au Melan, enfin, s’adressait aux adultes, c’est-à-dire ceux qui avaient plus de vingt ans – entre vingt et trente ans, dit Tsira Ndong Ndoutoume {25} , mais d’autres sources font état d’un âge plus jeune encore, vers 15-16 ans.
L’initiation au Melan donnait accès au culte byere. Melan, c’est le pluriel d’une plante équatoriale non hallucinogène – alan au singulier – dont la consommation de l’écorce et des feuilles donnait accès au monde ésotérique du byere. Au cours de ce rituel, les ossements (crânes principalement) qui sont conservés dans le nsek byere {26} sont présentés aux jeunes initiés. Au son du xylophone et du tambour, ceux-ci exécutent des pas de danse et suivent un rituel prescrit par les maîtres d’initiation.
Culte ancestral, le byere ne se conçoit, comme le souligne Louis Perrois dans le Byeri fang , qu’à l’intérieur « de communautés familiales, claniques et lignagères de très petite taille », ce qui en fait un « culte de la liberté individuelle » {27} .
Pratiqué « dans l’intimité des lignages » {28} , le culte est rendu aux ancêtres par l’intermédiaire de leurs ossements conservés dans le reliquaire. Dans une publication récente, Paul Mba Abessole y voit la relation privilégiée « entre chaque Fang et Nane Ngoghe et le dieu de celle-ci », ce qui l’amène à contester la classification du culte byere dans les cultes des ancêtres {29} .
Qu’on le fasse remonter à Nane Ngoghe ou aux ancêtres qui ont fondé le clan ou la famille, byere {30} reste un culte familial centré sur les besoins de la communauté villageoise (ou familiale) concernée par sa pratique. C’est une réponse aux besoins divers exprimés par le groupe. Louis Perrois cite pêle-mêle les problèmes auxquels pouvait être confrontée la communauté : « chasse, pêche, voyage, choix d’un terrain de culture ou nouvel emplacement de maison, déplacement du village, maladie, recherche d’une épouse, palabre, guerre, etc. » {31}
Le récit qui fait l’objet de notre étude, Mitsim à la recherche du byere paternel, raconte la venue de byere chez les hommes.

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