Imparfait
274 pages
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Imparfait , livre ebook

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Description

Deux hommes. Un mort d’ennui et agité, l’autre brisé et traumatisé. Comment une rencontre fortuite dans un café bondé pourra-t-elle changer leurs vies pour toujours ?


Sûr de lui et outrecuidant, il n’y a aucun doute que Josh Cooper est un mâle alpha. Avec un physique, l’argent et une carrière au sommet, il a tout. Sauf que ce n’est pas le cas. Pris au piège dans une relation de plus en plus claustrophobe, il cherche une échappatoire dans une succession de rencontres sexuelles anonymes et sans signification.


Se remettant d’un passé violent qui l’a laissé émotionnellement marqué, tout ce qu’Alex Fulbright veut faire est de vivre une vie tranquille alors qu’il se rétablit lentement et apprend à mettre son histoire douloureuse derrière lui. Après des débuts timides, Josh et Alex finissent par trouver l’amour l’un avec l’autre, un amour qu’ils ne pensaient pas obtenir un jour. Mais la vie n’est pas parfaite, et aucun des deux hommes n’est tout à fait ce qu’il semble être. Ils ont tous les deux des secrets et lorsque ceux-ci sont exposés et dévoilés au grand jour, la vie qu’ils avaient prévu de construire ensemble explose, détruisant la certitude qu’ils avaient d’un « heureux pour toujours ».


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 27
EAN13 9791094809761
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0034€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Imparfait
Copyright de l’édition française © 2016 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2015 Ali Ryecart
Titre original : Imperfect
© 2015 Ali Ryecart
Traduit de l’anglais par Allie Vinsha
Relecture et correction par Valérie Dubar, Jade Baiser
 
Conception graphique : © Francessca Webster pour Francessca's PR & Design
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l'ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
 
ISBN : 979-10-94809-76-1
Première édition française : octobre 2016
Première édition : mai 2015
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Remerciements
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Épilogue
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Remerciements
 
 
Un grand remerciement à tous ceux qui m'ont donné leur soutien, leur encouragement et leur enthousiasme tout au long de cette entreprise. Une remerciement particulier doit cependant être accordé à mes adorables bêta lectrices, Cathy, Dawn et Sue. Enfin, mais certainement pas le moindre, à Mark. Merci de ta foi en moi et pour m'avoir encourragée.
 
 
 
 
Imparfait
 
 

 
Ali Ryecart
 

 
Chapitre 1
 
 
 
 
— Roger, je ne veux vraiment pas entendre ça, d’accord ?
Josh regarda l’homme pâlot dans son costume mal ajusté assis en face de lui, irrité que son attention paresseuse et vagabonde sur le blond derrière le comptoir ait été détournée.
— Ne me dis pas que tu n’as pas remarqué cette nouvelle réceptionniste. Une formidable paire de lolos. Ou peut-être es-tu plus un homme à fesses, hein ? dit Roger avec une grimace et en postillonnant des miettes humides de sa bouche sur la petite table.
— Oui, c’est vrai. Je préfère les belles fesses.
Josh se détourna. Il était surpris que cet idiot n’ait pas une plainte pour harcèlement sexuel aux fesses. Roger Parks ne pouvait pas passer une journée sans offenser ou insulter quelqu’un, quelque part. Mais il apportait des centaines de milliers de livres en valeur d’entreprise chaque mois. Son contact était peut-être visqueux, mais il était en or pour l’entreprise et c’était tout ce qui comptait.
Josh fit de son mieux pour ignorer la misogynie crue et les commentaires sarcastiques à propos de ses collègues. Il avait déjà entendu tout cela auparavant, et à la place, il regarda le beau jeune homme derrière le comptoir. Il ne l’avait jamais vu auparavant, et les bras croisés, il se demanda s’il était nouveau. Il donnait l’impression de savoir ce qu’il faisait, travaillant rapidement et efficacement. Il bougeait avec une grâce naturelle, comme un danseur bien formé.
— Et cette garce au visage en lame de couteau des ressources humaines ? Un déchet humain, c’est une gouine, ça ne peut être que ça avec un tel visage !
Josh reporta son attention sur son collègue en entendant le changement de ton qui venait de passer de monotone à furieusement indigné.
— Ne dois-tu pas participer à la nouvelle réunion d’affaires avec Smithson, cet après-midi ? demanda-t-il, démangé par l’envie de se débarrasser de lui.
— Oui, je suppose que oui, répondit Parks, morose.
Il se leva pesamment de son siège, le heurtant dans celui de la personne derrière lui. La femme se retourna et le regarda fixement avant qu’il se déplace maladroitement. Il épousseta les miettes sur le devant de sa veste avec des mains sales.
Le départ de Parks sembla être le signal silencieux pour la dispersion de la foule du déjeuner qui sortit du café comme des volutes de fumée. Josh décida qu’il devait vérifier si le blond était aussi mignon de près qu’il l’était de loin, mais lorsqu’il commença à se lever afin de s’avancer vers le comptoir, il vit que le jeune homme avait été remplacé par une femme à l’air fatigué d’âge moyen. Il fronça légèrement les sourcils, songeant que peut-être que le jeune homme avait quitté son service pendant qu’il était occupé par Parks. À peine la pensée avait-elle émergé de son esprit que le jeune serveur apparut de l’arrière du café et commença à charger un plateau. Il le prit et se dirigea vers une table, nichée dans un coin, où deux jeunes hommes étaient assis.
Josh les regarda et il réprima un petit sourire. Il avait l’impression de se voir, une demi-douzaine d’années auparavant. Le portrait-robot des jeunes gens de la City, leur seule référence étant de savoir combien ils pourraient se faire d’argent et à quelle vitesse. Ce n’était pas leur âge – il devinait qu’ils avaient dans la mi-vingtaine. C’était l’image qu’ils essayaient, avec difficulté, de projeter. Leur look semblait tout droit sorti des pages d’un magazine haut de gamme pour hommes. Costumes chics, cheveux bien peignés, coupe propre et classique, avec juste assez de gel afin de soulever les extrémités à l’avant, mais pas suffisamment pour faire se lever un sourcil en salle de réunion. Un des deux hommes était mince et assumait ce style avec un certain succès, mais l’autre était trapu et même assis, Josh pouvait voir qu’il était petit ; le costume couteux ne pouvait pas cacher les muscles et les mots « prendre des vessies pour des lanternes », retentirent dans sa tête. Il savait qu’il portait lui aussi le même uniforme de la City, mais sur lui, il était plus souple, moins dur et abrasif. Son costume était strict, mais le pli du pantalon n’était pas coupant comme un couteau, le gel dans ses cheveux avait également disparu, adoucissant la coupe conservatrice sévère. Il n’avait tout simplement pas à essayer aussi durement.
— Qu’est-ce que c’est ? demanda l’homme trapu en prenant le sandwich sur l’assiette qui avait été posée devant lui avant de l’inspecter.
L’homme leva le bras vers le jeune homme blond en agitant le sandwich à seulement quelques centimètres de son visage. Puis il le jeta par terre, le poulet, la mayonnaise et le maïs atterrissant sur le sol avec le bruit humide que ferait le vomi d’un ivrogne un vendredi soir sur le trottoir. Il y avait moins de clients maintenant, et ceux qui restaient étaient inconscients du petit drame qui se déroulait à quelques mètres d’eux, parce qu’ils étaient plongés dans leurs smartphones et leurs tablettes tactiles.
Le serveur recula du désordre sur le plancher.
— Excusez-moi ?
— J’ai dit. Qu’est-Ce Que C’est ? répéta l’homme en parlant lentement et en détachant les mots comme s’il parlait à un enfant lent d’esprit. Et cette boue ? Vous appelez ça un café ? C’est une violation de la loi sur la publicité mensongère, dit-il en agitant la tasse blanche dans son autre main, s’assurant que le café se répande et éclabousse la table.
Il regarda ensuite son compagnon et sourit.
— Ce n’est pas ce que j’ai commandé, ajouta-t-il.
— Je suis désolé, Monsieur, mais c’est ce qui a été commandé et payé au comptoir… Mais je peux vous le remplacer.
La voix du jeune serveur était calme et tranquille. Il s’accroupit pour ramasser la nourriture tombée au sol, la mastication nerveuse de sa lèvre inférieure et le léger tremblement de ses mains démentant son calme apparent.
— Je vais vous rapporter le menu, dit-il en entassant les aliments jetés sur le plateau et en débarrassant la vaisselle sur la table.
Alors qu’il commençait à se détourner, l’homme le saisit par le poignet. Le mouvement inattendu le fit sursauter et il laissa tomber le plateau. La porcelaine de Chine fit un bruit dur et fort en s’écrasant sur le sol en pierre. L’incident fut suffisant pour que les autres clients se tournent pour regarder. La femme à la caisse enregistreuse leva les yeux, mais avec une file d’attente d’employés de bureau de la City affamés attendant pour la payer, elle ne pouvait pas s’occuper de l’agitation dans le coin.
Le jeune homme écarquilla les yeux, ses pupilles si dilatées qu’elles étaient des puits noirs dans son visage rigide et blanc comme de la craie. Il resta cloué sur place et fixa la main charnue qui écrasait son poignet.
— Ne me tourne pas le dos, petite pédale, dit l’homme.
Il tira sur le bras du jeune serveur, le faisant trébucher en avant, gardant à peine son équilibre alors que ses pieds glissaient sur la mayonnaise grasse écrasée sur le sol.
Josh fut à la table avant d’avoir réalisé qu’il avait bougé. Il se pencha afin que son visage se retrouve à seulement quelques centimètres de celui du type qui continuait à tenir le poignet du jeune homme.
— Si vous voulez jouer à celui qui a la plus grosse, je vous suggère d’aller le faire ailleurs.
— Je vous suggère de vous occuper de vos propres affaires. Il a essayé de me refiler une merde que je ne lui ai pas commandée, dit l’homme en ricanant, désignant le serveur de la tête.
Josh continua à soutenir le regard de l’homme un instant de plus avant de laisser ses yeux tomber sur le fichier posé sur la table. Il reconnut le nom de la société et l’auteur du rapport qui étaient inscrits sous la page de garde transparente.
— Je vois que vous travaillez pour Grossman et Lowe. Mon entreprise fait beaucoup d’affaires avec eux et je connais bien Vanessa O’Keefe, déclara Josh, en hochant la tête vers le rapport. C’est une professionnelle avertie et elle est de la vieille école. Elle ne serait pas impressionnée par votre petit jeu. Ni par le fait que vous vous soyez assis dans un café en posant un document hautement confidentiel sur la table, là où tout le monde peut le voir. Si elle venait à le savoir, elle vous saquerait sur le champ. Elle est très respectée. Vous ne pourriez jamais plus travailler à la City à l’avenir.
L’homme lâcha le poignet du jeune serveur comme s’il était contaminé. Josh resta penché sur lui, l’empêchant efficacement de se lever avec une quelconque dignité en le bloquant contre le mur. Il ne se déplaça pas, jouissant de voir l’homme essayer de dissimuler la crainte que sa carrière soit finie avant même qu’elle n’ait commencé.
— Je pense qu’il est temps pour vous de partir, dit Josh en reculant.
L’homme se leva sans rien dire, saisit le rapport, puis il se tordit pour les dépasser tous les deux avant de se hâter vers la porte. Son compagnon était déjà parti sans que personne ne le remarque.
Le départ du client eut pour effet de libérer le jeune homme de l’état hagard dans lequel il se trouvait depuis que l’homme avait posé la main sur lui. Frénétiquement, il commença à frotter les marques rouges qui souillaient la peau pâle de son poignet.
— Est-ce que vous allez bien ? Je n’ai pas pu m’empêcher de voir – et d’entendre – ce qui se passait, dit Josh en regardant le jeune homme qui continuait à frotter sa peau.
— Oui, je vais bien. Merci pour votre aide, marmonna-t-il, alors qu’il levait finalement la tête.
La première pensée de Josh fut que toute personne avec des cheveux de cette couleur était légalement tenue d’avoir les yeux bleus, mais au contraire, il se trouva à regarder dans une paire de grands yeux noisette – du caramel brun tacheté de vert et d’or. Le contraste entre les cheveux brillants et les yeux de la couleur de l’automne était saisissant et inattendu. Le jeune homme n’était pas mignon, il était beau. Le mot élancé jaillit dans son esprit. Élancé ? D’où cela vient-il  ? se demanda Josh. Le jeune serveur n’était pas particulièrement grand – un mètre soixante-dix-huit environ contre un mètre quatre-vingt-onze pour lui – une paire de longues jambes minces revêtues d’un jean noir constituant la majeure partie de cette hauteur. Il tirait sur sa lèvre inférieure, la tenant entre ses dents, et Josh remarqua que les deux du milieu étaient légèrement tordues. Il eut une soudaine vision de la sensation que pourraient lui procurer ces dents si elles remontaient lentement le long de son…
Il se racla la gorge qui était brusquement devenue râpeuse et sèche. Il détourna les yeux, se sentant légèrement mal à l’aise et d’une certaine manière exposé, comme si le jeune serveur avait été capable de lire ses pensées.
— Personne ne devrait avoir à supporter des ordures comme ça, dit-il en se tournant afin de regarder encore une fois le jeune homme.
Celui-ci haussa légèrement les épaules.
— Cela ne m’était jamais arrivé auparavant. Je n’ai reconnu aucun des deux. La plupart des clients sont des habitués ici et ils sont vraiment agréables. C’était un incident isolé. Espérons-le. Je ferais mieux de nettoyer ce gâchis et après, je pourrais peut-être vous offrir quelque chose ?
— Merci, un café serait bien.
— Bien sûr. Prenez un siège et je vous l’apporte, dit-il alors qu’il ramassait rapidement la vaisselle cassée et la nourriture sur le sol avant de retourner au comptoir.
Josh le regarda alors qu’il parlait avec la femme qui tenait la caisse enregistreuse. Il la vit secouer la tête et placer sa main sur le bras du serveur, le frottant pour le consoler. Le jeune homme fit un signe de tête vers Josh et la femme tourna la sienne afin de le regarder avec un sourire.
Quelques instants plus tard, le jeune homme revint avec le café et une assiette sur laquelle se trouvait un énorme morceau de gâteau.
— Avec les compliments de la maison. C’est la façon de Carla de vous dire merci. C’est ma patronne, là-bas près de la caisse, dit-il en plaçant la tasse et l’assiette sur la table.
Josh leva les yeux sur lui et attira son attention, maintenant le contact. Le jeune homme malmena une fois de plus cette lèvre inférieure, la tenant dans ses dents de devant parfaitement imparfaites, son visage rougissant légèrement. Josh ouvrit la bouche pour parler, pour entretenir une sorte de conversation légère et garder le jeune homme avec lui pendant quelques secondes de plus, mais à ce moment-là, son téléphone sonna, la musique de la sonnerie lui indiquant qui appelait. Il fouilla dans sa poche et le moment passa. Il porta le téléphone à son oreille, hochant poliment la tête vers l’autre homme qui rebroussait déjà chemin vers le comptoir.
— Salut, dit-il. Quoi de neuf ?
— Je voulais simplement entendre le son de la voix de mon sexy boy , ricana Dan à l’autre bout du fil. J’ai reçu un appel de Paul, Craig et lui organisent un dîner samedi. Tu en es ?
Josh souffla dans le portable.
— Un dîner ? Seigneur, tu parles d’un couple de banlieusards ! Pourquoi pas ? répondit-il, tout en songeant à une centaine de raisons pour ne pas y aller.
Il suça le glaçage du gâteau sur ses doigts, ne quittant pas des yeux le jeune serveur qui était une fois de plus repassé derrière le comptoir.
Quelques secondes plus tard, il remettait le téléphone dans sa poche, la conversation déjà oubliée. Il regarda à nouveau vers le comptoir. Le jeune homme rangeait tout, maintenant que la foule du midi s’était finalement dispersée et que le café était plus calme. Il le vit s’arrêter et s’adosser au zinc pour discuter avec la femme qui se mit à rire et secouer la tête avant de se tourner et disparaître par une porte à l’arrière du café. La rencontre désagréable, survenue seulement quelques minutes auparavant, semblait avoir été oubliée alors que le jeune homme se tournait vers l'endroit où Josh était assis et se déplaçait entre les tables, empilant la vaisselle sur le grand plateau qu'il transportait pour finalement s'arrêter devant lui.
— Terminé ? demanda-t-il, indiquant la tasse.
— Oui.
Josh leva les yeux, absorbant une fois de plus chaque centimètre de son visage. La frange du jeune serveur tomba sur son front et il la repoussa du dos de la main. Josh ressentit une envie soudaine et irrésistible de tendre le bras et de caresser ses cheveux ; de faire courir ses doigts à travers eux avant de laisser sa main descendre afin de toucher et de caresser la joue pâle ; de redessiner sa mâchoire du bout des doigts avant de lui écarter les lèvres et de faire courir ses doigts le long du bord acéré de ces dents de devant.
— Alex, appela la femme. Nous avons besoin de toi à l’arrière.
— Merci encore pour tout à l’heure, dit le jeune homme avec un sourire, avant de se retourner et de disparaître de sa vue.
Alex.
 
 
Josh étudia le petit groupe d’hommes réunis dans le salon de la maison victorienne magnifiquement restaurée. Il avait couché avec deux d’entre eux et couchait actuellement avec un troisième. Ses hôtes parlaient à un homme plus âgé, une relation de travail de Craig, ou quelque chose comme ça, il n’en était pas certain. Il n’avait pas vraiment fait attention lorsque les présentations avaient été faites.
Josh et Craig s’étaient rencontrés à l’université, mais après la première année, ils avaient noué d’autres amitiés et ils étaient partis chacun de leur côté. La période de l’université et au-delà avait été un vivier sexuel géant pour Josh, et il avait pu choisir des hommes, faisant toujours attention à ne jamais trop s’impliquer. Il avait retrouvé Craig à une fête organisée par l’union des étudiants. Ils étaient retournés chez Craig, et après cette nuit-là, ils avaient fait équipe à l’occasion pour des séances de sexe et de sueur sans attaches. Ils étaient sortis un soir pour boire un verre lorsqu’ils s’étaient heurtés à Paul, et cela avait été le coup de foudre au premier regard – pour Craig et Paul. Cela n’avait pas inquiété Josh, ; il était prêt à passer à l’homme suivant et il était heureux de laisser les choses romantiques à d’autres.
Dan avait été une surprise, cependant. Ignorant le bavardage qui se déroulait autour de lui dans la pièce, l’esprit de Josh dériva sur le souvenir de leur rencontre. La société pour laquelle il travaillait avait parrainé une exposition d’art haut de gamme. Dan travaillait à la galerie et il avait organisé une première visite pour les sociétés commanditaires. Il se revoyait, regardant les immenses toiles recouvertes de torchis accrochées aux murs, pensant qu’il n’avait jamais vu de merdes autant surestimées, lorsque Dan était venu vers lui et lui avait expliqué la vision de l’artiste – et avait convenu que c’étaient des merdes vraiment surestimées. Josh avait ri et il était allé chez Dan à la fin de la soirée. Ces derniers mois, il se demandait en plaisantant à moitié, si peut-être on l'avait surpris le pantalon baissé 1 , ou si quelque chose avait été glissé dans son thé, parce que sans même sans apercevoir, il s’était retrouvé dans ce que l’on pourrait certainement appeler une relation. L’air de rien, ils avaient progressé de séances de cinéma et repas à l’extérieur, jusqu’à de vraies vacances avec photos partagées sur Facebook à la vue de tous, proclamant MON NOM EST JOSH COOPER ET J’AI UN VÉRITABLE PETIT AMI ! Comment était-ce arrivé ? Et il était là, deux ans plus tard, assistant à un dîner. Avec Dan, son petit ami officiel. Dégustant à peine le vin parfaitement refroidi et écoutant d’une oreille distraite comment l’East End était maintenant une zone en plein essor pour les artistes et les start-up créatives. Il n’était pas du tout certain de savoir comment il en était arrivé à ce stade. Au cours des deux derniers mois, Dan avait commencé à faire des allusions indirectes sur le fait d’amener leur relation – un mot que Josh mettait toujours entre guillemets – sur une base plus formelle. Pourquoi est-ce que Josh n’emménagerait pas avec lui puisqu’il avait déjà une clé de son appartement ? Pourquoi ne rencontrerait-il pas ses parents et sa sœur ? Pourquoi ne viendrait-il pas au mariage de son cousin ? Bientôt, il suggèrerait qu’ils achètent un chien.
Le regard de Dan croisa les yeux de Josh, et ses traits agréables – mais facilement oubliables – se fendirent d’un sourire. Ses cheveux bruns impeccables et sa peau claire parsemée de taches de rousseur donnaient à Dan un air de sécurité, du garçon bien élevé, propre sur lui que vous n’auriez pas peur de présenter à vos parents. Le doux sexe vanille dans un lit confortable avec des draps en coton était le style de Dan, au lieu d'une baise brûlante pleine de sueur contre un mur avec l'excitation de, peut-être, se faire surprendre. Étouffant un soupir, Josh était enfin prêt à admettre ce qu'il savait depuis un certain temps maintenant : il s'ennuyait. Ce qui ramena son esprit vers le jeune homme blond du café. Alex .
Des pensées d’Alex se glissaient dans sa tête lorsqu’il baissait sa garde, lorsque son esprit fonctionnait à bas régime au travail, regardant fixement son écran d’ordinateur ; lorsqu’il prétendait écouter le babillage de Dan alors qu’il préparait le dîner ; dans la douche, dans le lit – très certainement dans le lit – son esprit voyait cette grande bouche pulpeuse et la surprise dans ces grands yeux couleur d'un bois octobre, alors qu'il approchait sa bouche, le souffle chaud et humide. Les mains de Josh se tendaient et ses doigts s'enchevêtraient dans ces cheveux blonds épais pour attirer les lèvres du jeune homme vers les siennes. Cela faisait longtemps, bien trop longtemps, depuis que quelqu’un avait envoyé un tel frisson de désir en lui comme ce jeune homme le faisait, et Josh n’était pas prêt à laisser cette sensation disparaître.
 

 
 
Chapitre 2
 
 
 
 
Alex attacha son vélo dans le petit jardin à l’abandon à l’arrière de la maison, puis il se retira dans sa chambre et il tomba à la renverse sur son lit. Des heures supplémentaires au café, deux remplacements au bar de l’union des étudiants et une pile de travail à rendre que tous semblaient vouloir en même temps l’avaient épuisé et rendu groggy. Il ferma les yeux et son esprit dériva vers l’homme. L’homme dans le café. Avec son sourire confiant et ses yeux clairs qui s’étaient verrouillés aux siens comme s’il lisait ses pensées les plus sombres. Il ne se souvenait pas l’avoir vu auparavant, alors c’était certainement le cas, parce qu’il était certain qu’il s’en serait rappelé. Il l’avait cherché du coin de l’œil dans la foule pressée de la pause déjeuner, mais l’homme n’était pas revenu. Peut-être qu’il était en vacances ou qu’il travaillait loin ou qu’il était malade au fond de son lit et incapable de venir travailler. Ou peut-être qu’il était simplement de passage et qu’il s’était brièvement arrêté au café avant de passer à autre chose, sans plus y penser. Voilà, il était en train de baver sur un inconnu avec lequel il n’avait pas échangé plus de quelques mots et qu’il ne reverrait probablement jamais. Le problème, c’était que cet homme était exactement son type et que son type avait toujours été son problème.
Des souvenirs soudains de Patrick flashèrent dans son esprit et il se recroquevilla sur lui-même dans une boule serrée, tirant ses genoux contre sa poitrine. Dix mois d’enfer. Quand il l’avait rencontré, Patrick avait été exactement le genre d’homme sur lequel il tombait toujours, mais à la différence de ses petits amis précédents, Patrick laissait parfois ses poings parler pour lui. Il avait fini par retrouver sa raison après une longue série de contusions, lèvres fendues, coupures et os brisés, rafistolés par des médecins et des infirmières surchargés de travail au cours de visites aux urgences. Cela et trouver son amant au lit avec le fils adolescent de la femme qui vivait dans l’appartement à côté du leur. Alors qu’il était resté figé à la porte, Patrick, très décontracté, lui avait dit de poser la clé sur la table de la cuisine et de foutre le camp.
Alex repoussa ses souvenirs alors qu’il fouillait dans sa poche pour en sortir son téléphone. Liam. Il ne l’avait pas vu depuis des semaines, le nouveau travail de son ami et une petite amie sérieuse avait fait des ravages sur le temps qu’ils passaient ensemble. Il comprenait, mais son ami lui manquait toujours. L’amitié forte qu’ils avaient forgée avait survécu à l’obsession de Liam pour le football, le rugby, le hockey – n’importe quel sport où les blessures étaient obligatoires et se portaient comme un insigne d’honneur – et sa propre façon de vivre, la tête dans les nuages et le nez dans un livre. Lorsqu’il avait fait son coming-out auprès de son ami, bégayant et trébuchant sur les mots, tous les deux retranchés dans la chambre de Liam jouant à des jeux vidéo, la seule réaction de ce dernier fut de lui adresser un regard qui disait, dis-moi quelque chose que je ne sais pas déjà, ce qui lui avait fait comprendre qu’ils étaient toujours meilleurs amis et que rien n’avait changé entre eux. Liam, cependant, le visage impassible, lui avait fait promettre qu’il ne parlerait pas de culs ou qu’il n’essaierait pas de le faire danser sur du Madonna ; Alex avait accepté, mais il avait exprimé l’espoir que, peut-être, ils pourraient faire du shopping ensemble de temps en temps. Liam lui avait juste dit d’aller se faire voir avant de reporter son attention sur l’envoi de cybers guerriers intergalactiques. Ce souvenir le faisait toujours sourire.
Le son de l’ouverture de la porte et des voix dans le couloir lui indiqua que ses colocataires étaient rentrés alors qu’il écoutait la sonnerie et attendait que Liam prenne l’appel.
 
 
Josh attrapa sa veste et l’enfila tout en se précipitant vers l’ascenseur. Quatorze heures. La principale ruée de l’heure du déjeuner au café serait terminée. Cela lui donnait une chance de parler de nouveau à Alex. Alex . Il se sentait ridiculement empressé de le revoir, et plus que tout autre chose, il voulait le voir à nouveau mordre cette lèvre inférieure avec ses dents de devant légèrement irrégulières. Seigneur, je fais une sacrée fixation sur ces dents , pensa-t-il, imaginant tout ce que le jeune homme pourrait faire avec elles – mordre, pincer et gratter. Il avait été distrait tout le week-end, inattentif, affichant une expression vide lorsqu’on lui posait une question à laquelle il était censé répondre. Dan lui avait même demandé si quelque chose n’allait pas, lui demandant s’il était malade. Il avait eu envie de crier. Non, rien ne va mal Dan, rien du tout. Sauf bien sûr si tu prends en comptes le fait que je veux pencher le garçon du café sur le comptoir à côté du gâteau couvert de glaçage que, d'ailleurs, je rêve d’étaler partout sur ses fesses parfaites et alléchantes, puis lentement – très, très lentement – lécher le tout. Non, Dan, tout va très bien. En fait, tout va très, très bien !
Josh se tint près de la porte, l’air chaud et légèrement humide le caressant, lourd de l’arôme sombre du café fort. Il pouvait voir Alex derrière le comptoir. Il s’occupait de la machine à café noire et brillante avec des mouvements fluides et gracieux tout en parlant à la même femme qu’il avait vue auparavant. Deux jeunes femmes, serrant contre elles des cafés à emporter, durent se contorsionner pour passer devant lui, lui rappelant qu’il devait se déplacer au lieu de rester planter là à regarder.
 
 
Alex se retourna et vit immédiatement l’inconnu auquel il n’avait pas pu s’arrêter de penser. Il sentit une poussée d’adrénaline se répandre en lui, lui donnant l’impression que son estomac se trouvait au sommet le plus élevé d’une montagne russe et sur le point de dévaler la pente. L’homme se dirigea vers le comptoir et Alex resta comme hypnotisé. Le client passa ses mains au travers de ses cheveux auburn sombre, plus courts et plus nets que sa propre chevelure en désordre qui se battait pour échapper aux limites de son calot de serveur qui ne restait jamais tout à fait en place. Le visage de l’homme était grave, ses lèvres serrées presque en ligne droite. Mais alors qu’il approchait, ce qu’Alex remarqua le plus, ce furent ses yeux : gris clairs, confiants et indéchiffrables, bordés par de longs cils noirs. Le costume couteux et bien ajusté soulignait ses épaules larges, mais pas volumineuses, son ventre plat et sa taille mince. Il avait le physique d’un nageur, et la confiance et la maitrise de soi émanaient par vagues de lui.
Tout à propos de lui déclenchait une sonnette d’alarme, l’avertissant du danger, et Alex l’ignora totalement. Puis l’homme sourit.
Ils entamèrent une conversation simple et légère, et la sonnette d’alarme se tut, les piles enlevées et jetées. Josh lui tendit sa tasse vide, leurs doigts se touchant légèrement avant qu’il commence :
— Êtes-vous libre d’aller boire un verre, vendredi ? demanda-t-il avec désinvolture, se redressant et réajustant sa cravate en soie parfaitement nouée.
— Pardon ? dit Alex.
Il sentit qu’il rougissait devant la question inattendue. Bien sûr, il aimerait boire un verre. Avec Josh. Ne fais pas ce que tu fais toujours en sautant les pieds joints en avant, ce n’est vraiment pas une bonne idée , lui dit sa voix intérieure. Mais elle était petite et faible, et facile à ignorer.
— Oh, euh, oui, pourquoi pas, répondit-il, en tirant sur sa lèvre inférieure avec ses dents et en la mordant.
Dieu tout puissant, pensa Josh, détournant rapidement le regard alors qu’il sentait son sexe sursauter brusquement. Il avait fantasmé, encore une fois, sur ces dents et sur ce qu’Alex pourrait faire avec elles.
Ils échangèrent leurs numéros de portable et avec un sourire, Josh lui dit au revoir et quitta le café. Alors qu’Alex se déplaçait parmi les tables, ramassant les tasses et les assiettes vides, il pria pour ne pas être en train de faire une autre erreur.
 
 
— Alors, nous nous retrouvons chez Bell , nous boirons un verre ou deux et ensuite nous irons à la Sirène , il y a deux groupes qui passent, l’un d’entre eux est assez bon, je les ai déjà vus auparavant, je ne connais pas l’autre, par contre…
— Euh, désolé, Liam, non, je ne pourrais pas venir ce soir, j’ai quelque chose de prévu, dit Alex, interrompant le flot de paroles de son ami.
— Ah bon ? Qu’est-ce que c’est ?
— Eh bien, je vais boire un verre, déclara Alex, laissant sa réponse flotter dans l’air.
Le silence était lourd et solide, et il serra son mobile, le poussant plus près de son oreille.
— Et ?
— Et quoi ?
Il savait bien qu’il se ferait cuisiner par son ami, ce qui était la raison pour laquelle il avait évité de lui dire quoi que ce soit avant maintenant.
— Et quoi ? Tu sais quoi. Pourquoi as-tu attendu jusqu’à présent pour m’en parler ?
Il pouvait presque sentir l’agacement de Liam. Il grimaça intérieurement. Il savait qu’il aurait dû lui dire quelque chose avant, mais il savait quelle serait sa réaction.
— Écoute, c’est juste un verre, voilà tout, déclara-t-il, léchant ses lèvres subitement sèches comme du papier.
— D’accord, oui. Eh bien, c’est qui ? Quelqu’un de l’université ? Est-il dans un de tes cours ?
— Non.
Il hésita avant de continuer.
— C’est quelqu’un que j’ai rencontré au travail, au café. C’est un client.
Il retenait maintenant son souffle, attendant la réaction virulente de Liam à sa nouvelle.
— Putain, ne me dis pas. Monsieur Grand, Sombre et Beau. Début de la trentaine, je suppose. J’ai raison, n’est-ce pas ? Un foutu cliché sur pattes. Tu n’apprendras donc jamais ?
— Écoute, je ne peux pas – je ne veux pas – laisser ce qui est arrivé avec Patrick m’empêcher de fréquenter qui que ce soit. Si je le fais, alors il aura gagné. C’est vrai, il est plus âgé que moi, et alors ? Il semble correct, honnête. Au moindre signe qu’il ne l’est pas, je partirai comme une flèche. Je sors simplement boire un verre, Liam, c’est tout.
Alex détesta le ton pleurnichard qu’il entendait dans sa voix alors qu’il essayait de se justifier.
— Non mais tu t’entends ? Ce type ressemble comme une copie carbone à tous les autres. Seigneur, tu parles d’une foutue attraction fatale ! Tiens-t’en à un verre, d’accord ? dit Liam un peu avant de raccrocher.


 
Chapitre 3
 
 
 
 
— Je ne vois pas pourquoi tu ne peux pas venir après le travail. Je sais que c’est deux heures trente de trajet par le train rapide, mais je pourrais venir te chercher à la gare. Mes parents aimeraient vraiment te rencontrer et il est temps, tu ne penses pas ? déclara Dan.
Josh leva les yeux au ciel. Dan l’avait harcelé durant des mois pour qu’il rencontre sa famille. Et cela n’arriverait jamais. «  Ils » ...

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