Emmy Zénith contre l éclipseur
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Emmy Zénith contre l'éclipseur

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Description


Lorsqu'une série d'éclipses inattendues et improbables se produit sur plusieurs planètes, le Concile des Galaxies n'a pas d'autre choix que de faire appel à son meilleur agent : Emmy Zénith. Accompagnée de son fidèle majordome robotique, cette scientifique surdouée de 16 ans va mener une enquête aussi complexe que périlleuse sur les traces du mystérieux personnage qui se fait appeler l'Eclipseur. De planète en planète, à la vitesse de la lumière et au-delà, Emmy va tout tenter pour résoudre cette énigme intersidérale.

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Publié par
Nombre de lectures 5
EAN13 9791093889436
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Renaud Crepel
 
Emmy Zénith
 
Contre
 
l’Éclipseur
 
Éditions Sarah Arcane
 
 
 
 
Le Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L.122-5, 2 e et 3 e a, que les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé et non destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit, est illicite et constitue une contrefaçon, sanctionnée par les articles L.335-2 et suivant du Code de la propriété intellectuelle.
Copyright © 2019, Éditions Sarah Arcane
 
 
 
 
 
 
À Dennis, Chuck, Tom et John
J'ai cru qu'ils étaient des anges, mais à ma grande surprise
Ils montèrent à bord de leur vaisseau spatial et partirent vers les cieux
 

Matinée nocturne
 
 
Un soleil mauve se levait sur Septra, tirant progressivement les habitants de leur sommeil. D’après les normes du Concile des Galaxies, les Septrasiens n’en étaient encore qu’à un stade primitif de leur évolution. Cela signifiait qu’ils ignoraient l’existence de leur galaxie, des autres galaxies et du Concile qui assurait leur fonctionnement harmonieux. Les émissaires qui avaient rencontré quelques Septrasiens deux décennies plus tôt ayant été vénérés comme des divinités venues du ciel, il avait été décidé en haut lieu et d’un commun accord de leur laisser quelques siècles pour faire leur petit bonhomme de chemin technologique.
Lor Laï ouvrit son œil unique quand la lumière commença à pénétrer dans sa chambre. L’un des avantages du retard des Septrasiens était de ne pas avoir encore inventé les montres, les réveils et toutes leurs sonneries. Dès lors, ils vivaient encore au rythme des astres, et les jours particulièrement nuageux étaient pour eux synonymes de grasses matinées. C’était cependant ici le début d’une belle journée d’été – bien qu’aucun Septrasien ne connût le concept de saison – et travailler dans les champs de cailloux allait sans doute être très agréable aujourd’hui.
Les cailloux étaient la base de l’alimentation des habitants de Septra. Cela avait fortement surpris les explorateurs du Concile lorsque leurs premiers adorateurs avaient voulu organiser un festin en leur honneur. Les pauvres avaient contemplé leurs assiettes avec dépit avant d’expliquer avec moult signes que « les dieux n’avaient pas besoin de manger ». Ils étaient ensuite retournés dans leur vaisseau où ils s’étaient empiffrés de barres de céréales protéinées et avaient rédigé à propos de Septra de la description suivante :
« Planète tellurique à l ’ atmosphère composée d ’ oxygène à 62 %. Autochtones globalement inoffensifs à un stade de développement sociétal primitif. Nourriture affreuse. Pensez à prendre un panier pique-nique.
Cordialement »
Bien qu’ayant entendu parler de la visite des « dieux tombés du ciel dans leur maison brillante » par le conteur de son village, Lor Laï finit son bol de gravillons du matin en regardant par la fenêtre de sa hutte. Les habitants du village commençaient doucement à s’affairer en se saluant d’un signe de la pince (l’évolution avait décidé que deux doigts étaient plus que suffisants quand on n’avait qu’à ramasser des cailloux) d’un air aimable.
— Tu es prête ? demanda le mari de Lor Laï en sortant à son tour de la chambre.
— Presque…
Elle acquiesça en avalant les quelques derniers gravillons restés au fond de son écuelle.
— Alors, allons-y !
Le couple de Septrasiens sortit de sa maison pince dans la pince, aussi heureux qu’aux premiers jours de leur mariage. Ils traversèrent le village en ne croisant que des visages souriants sur leur chemin. Septra était d’ailleurs l’une des planètes les plus heureuses de cette galaxie. La raison en était que le soleil mauve du système où elle orbitait irradiait bien plus que de la lumière. Les analyses du Concile avaient attribué la couleur atypique de l’étoile à une présence importante d’iode dans son noyau. Les scientifiques ignoraient cependant que cet iode se mélangeait à l’atmosphère de Septra d’une façon tout à fait insolite, et que ce cocktail de gaz avait une influence plus que bénéfique sur les Septrasiens.
Ils étaient toujours heureux !
La dernière dispute entre deux Septrasiens remontait bien au-delà de ce qu’aucun d’entre eux n’arrivait à se rappeler. Cette chamaillerie avait eu pour cause une divergence d’opinions entre deux voisins qui n’avaient pas pu se décider sur lequel d’entre eux souriait le plus. La situation s’était envenimée au point qu’ils avaient décidé de ne plus s’adresser la parole… pour le reste de la journée.
Fort heureusement, ce jour sombre avait été effacé de l’Histoire de Septra.
Lor Laï et son mari arrivèrent dans le champ de cailloux en même temps qu’une demi-douzaine d’autres couples.
C’était la période du retournement, moment qui – dans la culture du caillou – venait après la phase de repérage et la période de la cueillette. Tous les jours, des milliers de Septrasiens allaient retourner les pierres dans les champs pour s’assurer que chaque face était exposée aux rayons du soleil. L’important était que toute la surface de la pierre soit baignée par la lumière violette de façon unie et équitable.
— Ce sera une bonne récolte cette année, commenta Lor Laï après une bonne heure de travail.
Elle songeait déjà à tous les bons petits plats qu’elle allait pouvoir préparer : soupe de graviers, rôti de pavés, galettes de galets et moelleux de cailloux… son dessert favori. Perdue dans ses rêveries gastronomiques, elle ne remarqua pas l’ombre grandissante qui s’insinua sur l’ensemble du champ. Ce n’est qu’en entendant les murmures surpris et apeurés de ses compagnons de travail qu’elle releva enfin la tête.
— Qu’est-ce que… ?
Une masse sombre de forme circulaire voilait à moitié le soleil. On pouvait la voir avancer à l’œil nu devant l’astre diurne, dévorant petit à petit toute la lumière tel un enfant Septrasien ingurgitant sa brique d’anniversaire. En moins de cinq minutes, on ne voyait plus rien d’autre qu’une couronne violette encerclant un disque noir. Un froid glacial s’empara du champ de cailloux à l’instant où la lumière finit de disparaître.
— Il fait déjà nuit ? demanda Lor Laï à voix haute.
— Impossible… On n’a pas encore déjeuné, répondit son mari.
Il n’aurait manqué un repas pour rien au monde.
— Mais… qu’est-ce qui se passe alors ?
La même question semblait se poser aux quatre coins du champ. De mémoire de Septrasien, c’était la première fois que la nuit tombait aussi vite après l’aube. La surprise avait laissé la place à l’indécision.
— On devrait aller se coucher.
— Déjà ?
— Bah… il fait nuit… et la nuit, on dort !
— On n’a pas encore mangé !
— Et les cailloux ? On les retourne quand même ?
— Pour quoi faire ? Il fait trop noir.
Comme personne ne savait quoi répondre, chacun finit par agir à sa guise. Certains rentrèrent chez eux pour aller dormir bien qu’ils n’eussent pas sommeil. D’autres continuèrent à retourner les cailloux sous les moqueries de ceux qui avaient bien compris que cela ne servait à rien. D’autres encore restèrent là, les bras ballants, comme si le soleil allait réapparaître aussi mystérieusement qu’il avait disparu. Lor Laï et son mari faisaient partie de ces derniers.
— J’ai faim… Il doit être l’heure de déjeuner, finit par dire le Septrasien après avoir passé plus d’une heure immobile.

Des piles à gravité
 
 
—  Vous savez que je n’approuve pas ? Mais alors pas du tout ?
La voix synthétique de Kilroy résonnait dans le casque de plexiglas de la combinaison d’Emmy Zénith. La jeune fille répondit par une vilaine grimace que le synthémate 1 ne pouvait pas voir. Elle avait besoin de toute sa concentration pour accomplir la tâche qu’elle s’était fixée et les constantes récriminations de son majordome robotique n’allaient certainement pas l’aider. Une goutte de sueur perla à son front et elle ajusta la température interne de sa combinaison spatiale en tournant un bouton cranté sur son avant-bras. Un courant d’air frais souffla sous le dôme de son casque, agitant la masse de ses cheveux verts et bouclés. Bien que tout le monde l’appelât Emmy, son vrai prénom était Émeraude. Le jour de sa naissance, la vue des quelques mèches vertes qui affublaient déjà son crâne avait poussé ses parents à la baptiser ainsi .
Elle inspira une longue gorgée d’air climatisé et se remit à sa tâche. Un câble d’aciernium – un alliage d’acier qui en faisait le métal le plus solide de l’univers – la reliait à la soute de son vaisseau, le Golden Lark . C’était un mini-cargo de couleur dorée, assortie à sa combinaison, qui servait de résidence principale à Emmy. Elle y avait installé son laboratoire, situé juste entre sa cabine et la cuisine du bord. Kilroy disposait d’une remise pour son propre usage, afin de se mettre en veille et recharger ses batteries. Dans la salle des machines, il y avait un placard rempli désordonnément de trophées, médailles, diplômes et autres prix Nobel.
Car, du haut de ses seize ans, Emmy Zénith était l’un des esprits les plus brillants de l’ensemble des galaxies connues. Un véritable génie qui avait rendu sa première thèse de doctorat – un exposé de 10 puissance 84 pages sur les systèmes de propulsion cosmodésique  2 – à l’âge de huit ans. Six mois plus tard, elle était major de sa promotion en xénobiologie  3 à l’université de l’Anneau de Saturne. Cela était d’autant plus impressionnant qu’elle avait achevé un cursus de six ans en deux semaines tout en suivant des leçons de pilotage et en faisant ses propres recherches sur la thermodynamique des trous noirs.
C’était d’ailleurs en bordure de l’un d’entre eux que se trouvait Emmy. Nés de l’implosion d’une étoile, les trous...

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