La race noire
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Description

Le lecteur doit être prévenu, ce livre n'a pas pour but d'ouvrir une polémique stérile et clivante sur le racisme ou moins encore sur le racialisme. Il a le désir avant tout, de placer le lecteur dans une posture empreinte de neutralité, exactement comme un journaliste qui couvrirait un événement, avec une exigence morale et professionnelle.
Ce récit lui est proposé sous une forme d'épisodes chronologiquement séquencés, selon la volonté de son auteur. Ceci afin de le soumettre à travers des faits avérés et d'analyses faites sans complaisance, à vouloir s'engager dans un esprit de réflexions et de critiques, le conduisant immanquablement à délivrer son propre jugement sur la problématique du contenu : dans notre monde moderne, une race peut-elle vraiment disparaître?
Dépassant toutes considérations de culture, de race, de religion, et repoussant tout sectarisme, cet ouvrage impose un sujet qu'il est intéressant d'aborder.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 14 avril 2017
Nombre de lectures 1
EAN13 9782312051383
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0015€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

La race noire
Gil Ajasso
La race noire
Une disparition programmée ?
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2017
ISBN : 978-2-312-05138-3
Introduction
Nous nous sommes tous un jour posé la question sur l’existence d’une vie après la mort. Nous n’avions assurément pas su y trouver réponse… En s’interrogeant sur cette pensée, nous en avons inconsciemment ouvert une autre, étroitement liée à la première, notre existence serait-elle le produit de la création ou de l’évolution ? L’homme fut-il agnostique, athée, déiste ou croyant, s’est toujours penché sur son univers pour comprendre son fonctionnement. La complexité de cet élément fondateur nous permet néanmoins de savoir, que notre grande majorité est encline à penser, que nous sommes le produit de la création. Il suffit pour cela de constater l’importance des nombreuses pratiques religieuses monothéistes sous nos cieux, en incluant toutes les guerres qui sous-tendaient une religion bien plus que les guerres de conquête primaire. J’en viens à penser, que l’homme se réjouirait bien plus devant la mort, s’il s’avérait que cet au-delà rédempteur lui ouvrait la porte de son paradis.
Pour ma part, mon interrogation en englobant les deux précédentes, porte plus particulièrement sur le pourquoi, nous la race noire, sommes-nous considérés comme les déshérités de l’espèce humaine. Pourquoi et comment cette race en particulier, ma race, s’est retrouvée dans le dernier maillon de la chaîne avec tous ses avatars. Ce dernier aspect ô combien ne m’avait pas échappé, car dès mon plus jeune âge, j’ai été confronté aux problèmes liés à la couleur de ma peau
Quoique, étant sur une île à connotation multiraciale mais à prédominance noire, j’ai dû quelques rares fois certes, à faire face à des remarques et attitudes désobligeantes à cause de cette couleur de peau.
Bien honnêtement, il faut l’avouer, c’était loin de ce que je pouvais imaginer lors de mon séjour en Europe et plus particulièrement en France.
J’avais fait preuve là je reconnais, d’une grande naïveté en la circonstance, pensant que la France, la mère patrie, illustrée et vantée sur tous les livres de mes premiers pas dans la scolarité, qui a nourri mes souvenirs d’enfance à travers les exploits de mes fameux ancêtres les gaulois et grands chambellans des droits de l’homme et du citoyen, allait me réserver un accueil de choix en dépit de ma condition de Noir.
Mais à mon grand dam, j’ai dû bien vite déchanter, car la réalité du terrain m’a permis de mesurer les difficultés auxquelles j’allais devoir faire face.
Ma déception fut grande en la matière et je fis la constatation suivante, que j’étais propulsé malgré moi dans la société française comme un étranger de « troisième zone »
Je fais trait à cette représentation, car aux yeux des français, les européens et les asiatiques ont un capital sympathie supérieur au nôtre, quand bien même nous arborons un passeport français.
En fait cette condition allait me poursuivre tout au long de mon séjour en Europe.
Quand ma désillusion fut consommée, elle m’interpella passionnément à m’interroger sur les raisons réelles et profondes d’un tel comportement.
C’est ainsi que dès lors, je décidai de me pencher sur ce problème afin d’essayer de trouver des pistes de réponses satisfaisantes, dépouillées de toutes considérations personnelles qui impliqueraient une quelconque altération de mon analyse. Mais avant d’en venir plus en avant dans mon développement, je voudrais en matière d’introduction, dire comment l’idée d’écrire cet essai germa dans mon esprit.
Je me souviens parfaitement des moindres détails, et comment pourrais-je les oublier, de cette discussion fort animée que j’ai eue avec le jeune Vans, fils aîné de la propriétaire de la salle de Gym où je faisais office à l’époque de coach sportif. En cette fin de matinée où je profitais de quelques minutes de pause que je dirai bien méritée, pour ne pas déroger à la formule consacrée, il était du haut de ses 14 ans en train de tapoter frénétiquement sur l’ordinateur du secrétariat, comme il le faisait souvent les jours où il n’avait pas cours.
Lorsque soudain il se retourna les yeux pétillants et remplis de fierté tout en me lançant : « nous les Indiens, nous sommes aussi nombreux que les Chinois dans le monde »
Ma réponse arriva bien vite et je lui fis remarquer qu’il était dans l’exagération, même si la nation indienne occupait le second rang immédiatement après la nation chinoise, mais tout de même à distance respectable.
Vous l’aurez compris ce jeune garçon fait partie de la communauté indienne de l’île de la Guadeloupe, où y réside une forte communauté, passé des lointains comptoirs français de l’Inde à l’époque des colonies.
Pour mémoire, cette colonie fut introduite aux Antilles vers 1855 pour pallier aux nombreux problèmes de défection de la main d’œuvre noire, toute heureuse de la jeune proclamation de l’abolition de l’esclavage et avide de retrouver une liberté volée.
Mon esprit, à travers les propos de mon jeune interlocuteur, me plaça aussitôt dans une démarche délibérément identitaire, et nous les Noirs quelle est la place que nous occupons parmi les autres ? Une idée, une inspiration, vous l’appellerez comme vous le voulez arrive sans que l’on puisse véritablement l’expliquer…
Me voilà lancé, moi qui n’ai jamais un seul instant penser écrire un ouvrage voyait poindre devant moi tous les éléments du puzzle : le sujet, le titre, le développement etc.
Au fur et à mesure que je m’y engouffrais, je me rendais compte tout de même de la grande difficulté qui se dressait devant moi et de ma capacité à faire face à un sujet assez délicat, mais en même temps ravi de la profusion d’idées qui bombardaient pêle-mêle mon esprit, m’acculant sans cesse dans une attitude défensive et d’excitation, de peur que je ne laisse échapper celles qui se présenteraient les plus pertinentes à mes yeux.
Abondance ne nuit point ! ne le dit-on pas ?
Je sais que plus d’un saisiront l’occasion pour se dire : ne fait-il pas preuve là de plus de prétention que d’audace en venant titiller un tel sujet, avec le risque sans doute de froisser l’orgueil exacerbé de la communauté noire aux aguets aux moindres réflexions ou thèmes qui ne viendraient pas mettre en valeur leur histoire.
Je leur rétorquerai pour ma part, que n’étant pas du sérail des « intellos » ayant pignon sur rue, je ne me sens donc pas tenu à une quelconque étiquette ou autres allures bienséantes, aussi je laisserai filer ma plume sans retenue ni complaisance aucune, visant seulement à traiter ce thème avec le plus d’objectivité possible.
Le titre de cet essai : la race noire, une disparition programmée… ? Qui semble sortir tout droit d’un film de science-fiction me direz-vous, et sa réalisation probable dans le temps, comme j’essaierai plus loin de le démontrer, me laisse un sentiment assez particulier et paradoxal à la fois.
D’un côté, je me trouve dans un climat d’agitation et d’enthousiasme et de l’autre, songeur et un peu triste à l’idée de penser que dans cette perspective, cette communauté dont je fais partie, qui fut l’objet de tant de souffrances tant physiquement que moralement des siècles durant, qui a été exploitée vilipendée, abhorrée et soumise, allait connaître une fin inexorable et curieusement, ironie du sort, elle sera l’artisan de sa propre disparition funeste achèvement n’est-ce pas ?
Ce processus qui sera sournois et lent a déjà bien malheureusement longtemps commencé.
Je suis d’ailleurs assez surpris dans ma position, que cette problématique n’ait jamais effleuré « les esprits éclairés » de la diaspora noire, non parce que cela relèverait d’une réponse en direction de la communauté blanche, frileuse et soucieuse de sa « pureté »(posture que je développerai plus tard), mais d’une introspection pertinente quant à son devenir dans le giron des races.
Ce problème posé sur cette « disparition programmée » de la race noire, voit déjà par analogie son illustration au sein même de la nation indienne des Etats Unis d’Amérique réduite de nos jours à la portion congrue, malgré un début tardif de résistance et qui disparaît implacablement jour après jour de l’espace de ce pays.
Cette extinction, en dépit de l’installation de « réserves » à travers le pays s’explique forcément à mon sens, en grande partie par le croisement que ce peuple a dû subir après sa domination par les immigrés blancs et leur présence en nombres croissants.
Ainsi sur cette base, nous pouvons affirmer d’ores et déjà, qu’une observation à l’échelle réelle d’un peuple : les Indiens d’Amérique, nous montre clairement, qu’une minorité raciale était amenée à se faire absorber tôt ou tard par le plus grand nombre, dès lors qu’elle ne refuserait pas le croisement, donc le métissage.
Cette longue et sournoise évolution qui a fait disparaître en un peu plus d’un siècle presque la totalité de ce peuple, s’appliquera inévitablement à la race noire et suivie des mêmes effets, elle s’éteindra de la surface de la terre quand bien même des générations auront passé.
Les noirs, quoique plus importants au niveau du pourcentage de l’espace humain qu’ils comptabilisent par rapport aux Indiens de l’époque, ne seront pas plus à l’abri que ces derniers dans leur extinction.
Si nous regardons de plus près le comportement social des populations noires des quatre coins du globe, nous pouvons affirmer sans retenue que c’est la seule parmi toutes les races qui acceptent majoritairement le métissage.
Cette conduite pour ma part, au-delà même de leur représentation dans le monde, s’avérera le véritable ferment de leur disparition.
Puisque cette race est amenée inéluctablement à disparaître sur les assises de mon hypothèse, je me propose malgré le silence étouffant et controversé de leur histoire, d’illustrer celle-ci à travers un prisme très personnel, les différentes formes qui l’ont émaillée, ainsi que le cheminement conduisant à cet avènement.
Je commencerai tout d’abord à parler de manière succincte, juste à titre de rappel de mémoire, car je le proposerai plus en aval et d’une manière plus consistante, de l’élément majeur qui a orienté le destin de la condition du peuple noir, la colonisation et l’esclavage.
La colonisation qui a trouvé ses repaires avec les grandes explorations maritimes, tout particulièrement avec la découverte de l’Amérique, a consolidé ses bases avec la période dite : « l’âge industriel » de l’Europe vers la deuxième moitié du XIXe siècle. L’avancée technologique des européens, l’idéologie colonialiste qui dominait et qui prétendait que les « races supérieures » ont le devoir de civilisation sur les « races inférieures », à cause de la supériorité du modèle qu’ils représentaient, ont permis le partage du monde que nous avons connu.
Les européens pensaient en termes d’impérialisme territorial, qu’un pays pour être puissant, devait posséder des territoires étendus et le plus largement répartis à travers le globe.
Bien évidemment, le développement de l’Europe et son enrichissement passait par la mainmise, de force on ne saurait le dire, sur les matières premières des pays colonisés.
Aucun territoire, ne serait-ce même lointain, n’y échappera. On forcera même l’immense Chine de l’empereur Qing, sous la menace de la canonnière à signer des « traités » permettant aux commerçants européens de posséder des entrepôts dans certains ports. C’est ainsi que toujours sous la contrainte, la Chine permettra l’établissement de concessions ou de zones d’influences, comme Macao, Hong Kong etc.
La Chine, même après la chute de la dynastie Qing en 1912, restera de facto occupée et continuera à payer des réparations aux huit nations qui constituaient la force d’occupation, jusqu’au début des années trente. Un protocole de paix humiliant signé à Pékin le 7 septembre 1901, prévoyait une indemnité de paix de 67,5 millions de livres sterling pendant 39 ans que la Chine devait s’acquitter, l’interdiction d’importer des armes, et enfin l’occupation militaire d’un certain nombre de zones ? Cette domination étant maîtrisée il faut le souligner, avec moins de 50 000 soldats européens, pour une population chinoise qui comptait à l’époque, plus de 360 millions d’habitants. Nous voyons s’appliquer ici, la force de l’avancée technologique des européens. Dans la foulée, les Américains par un blocus agressif, et après avoir fait bombardé Kyoto la capitale impériale du Japon, feront des Japonais hostiles et fermés aux étrangers, ouvrir leur pays aux échanges commerciaux, on appellera cette forme de diktat, le néo-colonialisme. Ces pays s’en sortiront bien mieux que ceux du continent africain.
La négation
Une Civilisation égyptienne noire ?
Cela ne vous a certainement pas échappé de constater, à quel point les Européens se sont acharnés à cacher ou à nier, à tout ce qui tend à montrer et valoriser ce que la race noire aurait pu accomplir, comme si l’on voudrait soustraire à la connaissance de l’humanité ces faits qui dérangent.
L’idée que l’homme africain, je parle de l’homme noir, ait eu à un moment donné de son histoire, un statut de pionnier, reste encore de nos jours difficilement recevable par le grand public européen et tout aussi bien par de nombreux chercheurs.
Le comte de Volney, un célèbre explorateur sous la période napoléonienne relevait déjà pour le déplorer « qu’il était trop naturel de considérer les noirs comme des “bûcherons et des porteurs d’eau”.
Ce sont là des qualificatifs infiniment retenus de la part du comte de Volney, qui relevait avec pertinence une forme de rejet et d’ostracisme envers la race noire, considérée comme étant inférieure.
Alors essayez de démontrer que des Noirs auraient précédé des européens, il s’en suivrait aussitôt un qualificatif “d’afro centriste”, terme employé par “l’establishment” européen pour qualifier tout discours instruit par des militants noirs, donc dépourvu de toute objectivité et n’ayant comme but que de valoriser la fierté noire ».
C’est ainsi qu’une équipe de scientifiques pour la plupart égyptiens et dirigée par le célèbre égyptologue Zahi Hawas a récemment entrepris une investigation afin de prouver que les pharaons égyptiens, n’ont été à aucun moment de leur histoire des Noirs.
Ce pan obscur de la civilisation égyptienne crée de nos jours encore, des dissensions vives dans la communauté scientifique internationale.
Il est vrai que les Egyptiens n’ont aucun intérêt à ce que cette disposition soit délivrée, car l’ère pharaonique qui cache toujours tous ses mystères et fierté jalouse du peuple égyptien, viendrait ternir ce passé grandiose et fascinant, s’il s’avérait que des nègres eussent été plus de deux siècles durant à la tête de cette civilisation.
Je laisserai le lecteur lui-même trouver sa voie dans ce dédale, en m’appuyant sur les recherches établies par l’égyptologue français Adolphe Bloch éminent anthropologue du XXe siècle, qui fit une démonstration prouvant le caractère négroïde de certains pharaons égyptiens.

Tidiane N’Diaye
Il ne fut pas du reste le seul à soutenir cette théorie, parmi ses contemporains on peut citer : Sommering, Blumenbach, Larey, Morton et plus près de nous l’égyptologue Georges Andrew Reisner, le Suisse Charles Bonnet et enfin le Sénégalais Tidiane N’Diaye, l’une des rares figures noires à avoir pris place aux cotés des Européens.
On ne peut pas raisonnablement douter ni de la bonne foi, ni de l’impartialité du docteur Adolphe Bloch qui dans sa revue : De l’origine des égyptiens. Bulletins et mémoire de la Société d’anthropologie de Paris V tome 4, publiée tout au début du XXe siècle et qui a dû soulever probablement un tollé général dans le contexte de l’époque, a bien voulu démontrer le caractère négroïde de certains pharaons d’Égypte.
Adolphe Bloch écrit dans sa revue, le chapitre X de la genèse décrit l’égyptien comme descendant de Cham et non de Sem.
Il dit : « Je ne tiens pas compte dans cette description allégorique que de la couleur de la peau, qui était brûlée suivant l’étymologie hébraïque du mot cham : par conséquent les égyptiens n’étaient pas d’origine sémitique, ni d’origine japhétique : du moins ils n’avaient pas l’aspect qui caractérise ces diverses races ».
Hérodote le philosophe grec, en parlant des indigènes de la Colchide dit qu’ils étaient noirs comme les Egyptiens, « les anciens égyptiens ont la peau noire et crépus les cheveux »
Lucien de Samosate, un érudit grec qui fut à la fois écrivain, sculpteur et avocat et qui voyagea dans tout l’Empire romain pour finir le reste de ses jours en Egypte, dans un de ses dialogues fait le portrait d’un Egyptien comme étant noir.
Le grand philosophe grec Aristote souligne formellement, que l’Egypte est le berceau des mathématiques et précise que les Egyptiens étaient excessivement noirs de peau.
Adolphe Bloch poursuit : « Certainement les anciens Egyptiens n’étaient pas absolument noirs, et ce que voulaient dire les auteurs, c’est que les Egyptiens avaient la peau foncée par rapport à la peau blanche des Grecs.
Nous rechercherons donc l’origine des Egyptiens, en suivant une méthode que nous avons déjà employée dans nos recherches antérieures, c’est à dire que nous utiliserons les caractères ataviques (les traits propres à chaque race) qui peuvent nous mettre sur la voie des origines ancestrales, ainsi que nous l’avons prouvé dans notre communication à la société d’anthropologie en 1900, dans laquelle nous avons donné des preuves dans la transformation atavique des races »
Le Docteur Bloch, après avoir étudié les caractères ataviques liés à la race des Egyptiens, à savoir : la couleur de la peau, le type du nez, des lèvres, le système pileux, la forme du crâne (craniométrie) et la conformation des membres, conclut : « Nous basant sur l’ensemble des éléments du caractère atavique que nous avons décrits, nous croyons que les Egyptiens sont le produit de la transformation d’une race noire, nègre ou éthiopienne, qui est venue du Sud et qui s’est modifiée sur le sol de l’Egypte, sous l’influence des milieux et de l’évolution, dont la première phase a été la formation du type grossier auquel a succédé le type fin ».
Le Docteur Bloch conclut : « En résumé l’on voit qu’il ne manque pas de caractères ataviques qui rappellent l’origine noire des Egyptiens. Il serait difficile d’ailleurs de leur trouver une autre origine si l’on tient compte des caractères anthropologiques »
Cette constatation donne lieu à de nombreuses controverses et ouvre la voie à de multiples orientations et interprétations, elle le restera encore longtemps sur l’origine noire des Anciens Egyptiens et tous ceux qui ne partagent pas ou qui sont opposés à cette vision, ne manqueront pas de relever que j’ai présenté les arguments qui s’inclinaient le plus vers cette théorie.
Mais je leur demanderai de bien vouloir me concéder tout de même un apriori favorable, eu égard à la méthode de recherche sur laquelle le Docteur Bloch s’est appuyée (l’atavisme des races) eu égard aussi pour l’époque, où ces chercheurs n’avaient aucune empathie particulière pour les Noirs, ou voir un certain intérêt à consacrer autant de leur temps et de leur énergie, dans le seul but de faire la démonstration d’une telle conclusion.
Nous pouvons encore aller plus loin et conforter cette option du Docteur Bloch, en soulignant que dans l’Egypte d’aujourd’hui, la communauté copte qui est restée dans son ensemble à l’écart des croisements et qui peuplait la Haute Egypte et en grande partie le Caire, descendants des Anciens Egyptiens, présentent encore de nos jours, des traits proches du type négroïde fin.
Une Civilisation latine ?
Nous savons aujourd’hui grâce aux méthodes modernes de la datation au carbone 14, référence suprême en matière de confrontations de preuves, que certaines têtes négroïdes en pierre, trouvées en territoire Olmèques (Bassin inférieure du Rio Coatzacoalcos au Mexique) remontent à 800 ou 700 avant J.-C.
La civilisation des Olmèques, qui est la plus vieille en Amérique latine et qui précède donc, celle des Aztèques, des Toltèques des Mayas et des Incas, montre à la vue de ces têtes géantes de près de 3 mètres de hauteur, finement sculptées et plus élaborées que les sculptures postérieures à leur civilisation, qu’elles ne pouvaient provenir que d’une civilisation qui maîtrisait parfaitement une science et une technologie avancée.
Deux conférences d’anthropologues américains sont venues confirmer la présence négroïde. Ils intervinrent au congrès international des Américanistes, tenu à Barcelone en 1964 : un anthropologue français y déclara que la preuve manquant encore concernant la présence africaine dans l’Amérique précolombienne était l’existence de squelettes négroïdes ; Mais on en a trouvé depuis dans des couches de terrain de l’époque préchrétienne médiévale. Le professeur Horton anthropologue commenta cette découverte en ces termes : « les crânes du Pecos ressemblent beaucoup aux crânes des groupes nègres venant des régions d’Afrique où les nègres ont généralement une dose perceptible de “sang hanite”.
La société d’archéologie américaine, réunie à Santa Fe Nouveau-Mexique en mai 1968, pour discuter des échanges entre Continent à l’ère précolombienne, tira la conclusion suivante : “il ne fait aucun doute que le Nouveau monde reçut des visiteurs venant de l’Ancien monde dès avant 1492, et même durant la préhistoire”.
La question qui vient à l’esprit, c’est comment les prédécesseurs africains de Christophe Colomb sont arrivés en Amérique ? Et à quelle époque.
Ivan Van Sertima estime qu’ils seraient arrivés à plusieurs époques par vagues successives.
Deux moments historiques ont particulièrement retenus son attention : l’ère préchrétienne et la période coïncidant avec l’apogée de l’empire Mandingue
Le texte d’Ivan Van Sertima : Ils y étaient avant Christophe Colomb, “est un effort intellectuel pour démontrer deux grandes présences africaines” : la présence pharaonique et la présence mandingue ».

Ivan Van Sertima
Elles sont étayées par la mise en évidence de similitudes culturelles qui sont si nombreuses et si significatives qu’il nous paraît très peu probables qu’elles soient de simples coïncidences.
Ceci étant, la présence africaine dans l’Amérique précolombienne étant encore un sujet très clivant, il faudrait considérer les pistes de travail du chercheur Américain Ivan Van Sertima non comme des canevas indémontables, mais comme des hypothèses non négligeables à explorer.
La Cité du Grand Zimbabwe
L’on sait que depuis fort longtemps, tous les chercheurs, scientifiques et historiens qui se sont penchés sur le passé des civilisations noires, étaient jusqu’au milieu du XXe siècle, essentiellement de race blanche.
Nous n’ignorons pas non plus, que la grande difficulté pour un chercheur, un explorateur ou d’un historien, c’est bien sa capacité à être totalement impartial devant les faits. En d’autres termes, ce spécialiste doit se dépouiller de toute partialité et s’engager dans une exigence éthique, afin de conserver une distance critique envers l’origine de ses sources. Je note simplement ici, que ces conditions sont loin d’être la préoccupation première de leurs auteurs.
Le 05 septembre 1871, l’explorateur Allemand Karl Mauch découvrit en plein cœur de l’Afrique australe, une vaste enceinte en pierre et des murailles et tourelles en ruines.
Ces ruines qui s’étendent sur environ 7km2, remonteraient au XIe siècle de notre ère. Cet explorateur imprégné comme tous les autres européens de l’époque de préjugés racistes, ont farouchement prôné la thèse d’une civilisation biblique, donc blanche pendant bien longtemps.
Des explorateurs anglais vers le début du XXe siècle, continuaient à affirmer en poussant encore plus loin leur conclusion, que cette cité ne pouvait pas être érigée par une civilisation négroïde, incapable selon leurs convictions sectaires, de travailler avec des matériaux de composition en dur, étant dépourvue de par leur intelligence et cantonnée habituellement dans leurs huttes, dans l’impossibilité d’une telle prouesse.
Pire encore, animés toujours par cette volonté systématique d’avilissement et de négation, ils ont tenté d’effacer toutes possibilités de recherches de preuves sur cette cité, en détruisant pratiquement tout le site.
Mais la vérité est parfois tenace et avec toutes les techniques nouvelles d’investigation : la datation au carbone 14 est venue confondre la théorie de ces « racistes nihilistes » afin qu’il soit admise, l’origine noire de ces vestiges.
Ces ruines monumentales qu’on appelle « la cité de Grand Zimbabwe » est l’œuvre révélatrice d’une civilisation noire élaborée, celle des Bantous des Shona.
Zimbabwe signifiait « cour du roi » en langage shona et cette cité pouvait contenir selon son étendue, environ 20 000 habitants, ce qui était assez important comparée à des villes européennes de l’époque.
Elle représentait une cité très riche car possédant des mines d’or et rivalisait de splendeur avec les royaumes du moyen orient.
Nous voyons ici, si tant est qu’il faille le démontrer, que méthodiquement des personnes ou groupes d’intérêts, motivés par leur seule obsession discriminatoire, font et agissent en conséquence pour avilir et déshumaniser la race noire.
Les exactions et humiliations subies
Le Congo belge
Vers la fin du XIXe siècle au Congo belge, présentement la République populaire du Congo, des colons belges s’amusaient avec beaucoup de détermination à mesurer et à comparer la taille du crâne de différentes ethnies de la région, afin de prouver que celle-ci ou celle-là possédait plus d’intelligence par rapport à l’autre et de ce fait sélectionnée, car potentiellement capable de pouvoir communiquer d’une manière qui satisfasse les employés blancs, source oh combien d’intérêt pour leur affectation dans les harassantes corvées auxquelles elles allaient être assujetties.
Il faut savoir que le colonisateur de faction, le roi Léopold II de Belgique, disait à l’explorateur américain Henry Morton Stanley qui officiait pour lui dans l’édification d’un état africain, car soucieux de voir son pays rejoindre à tout prix la légion des puissances coloniales : « Il est question de créer un nouvel Etat, aussi étendu que possible et de l’organiser ; Il ajoute » Il doit être clairement compris que dans ce projet, il n’est pas question de garantir le moindre pouvoir politique aux populations nègres. Ce serait absurde.
Les Historiens retiendront que le roi Léopold II de Belgique qui ne manquait pas de cynisme, avait créé en 1876, l’A.I.A. (l’Association Internationale Africaine).
Cette fondation à connotation humanitaire, était sensée venir en aide dans le domaine des soins, de l’éducation, des infrastructures, aux populations nègres et surtout afin de rallier la plus grande adhésion dans son pays et au sein de l’Europe, dans l’esprit de porter la civilisation aux populations sauvages autochtones et tout particulièrement, les délivrer du joug des esclavagistes Arabes
Malheureusement, elle s’est avérée n’être dans son fonctionnement, qu’une organisation coloniale déguisée en Fondation par le roi Léopold II.
Ce monarque remarquable stratège, froid et pragmatique, animé par l’ambition qui le dévorait pour son pays, avait jeté cette phrase : « Nos frontières ne pourront jamais s’étendre en Europe depuis que l’histoire nous apprend que les colonies sont utiles, qu’elles jouent un grand rôle dans ce qui peut faire la puissance et la prospérité des États, il est temps pour nous d’en avoir une également ».
Entre temps, il avait essayé sans succès d’installer des colonies en Chine, aux philippines, à Bornéo, et en Nouvelle Guinée.
Le corps expéditionnaire qui vit le jour pour accomplir ce dessein était composé de militaires belges et d’un grand nombre d’aventuriers de tout bord.
Ces hommes dont on faisait miroiter à juste titre toutes les richesses de la région du Katanga et de ses environs, étaient des nervis sans état d’âmes prêts à l’emploi qui les attendaient… Ils avaient peu de peine à se retenir et commettaient des atrocités et des brutalités énormes envers les indigènes ; Il a été rapporté par le journaliste anglais Edmond Morel, de la bouche d’un officier belge qui disait : « nous ne reculons devant rien pour atteindre nos objectifs ».
En 1821 il y eut un massacre dans la tribu des Ikingue et le chef a été exécuté parce qu’il s’était rebellé contre la confiscation de ses terres
Toujours selon ce journaliste il y avait de nombreuses exécutions sommaires, des prises d’otages, des déplacements forcés et des intimidations exercées sur les chefs tribaux.
Astucieusement dans ce décorum, le roi Léopold II instaure en 1890, afin de s’approprier les terres de ces populations, « la propriété domaniale » qui stipulait : que si une terre n’était pas cultivée par ses occupants, elle devenait de plein droit la propriété de l’Etat belge… Voyons !
Il s’en suivit alors, toute une série de déportations, de travail forcé et d’incendies de villages.
Personne en Europe ou à travers le monde ne s’en émouvait, enfin si, quelques rares personnalités comme le Cardinal Charles Martial Lavigerie qui a essayé d’alerter cette exploitation inhumaine qui était administrée à ces peuplades. Il y eut aussi le missionnaire afro américain William Henry Sheppard, il dévoila les atrocités commises contre le royaume Kuba et contre les autres peuples congolais par les forces de Léopold II de Belgique.
Ceux qui à l’intérieur du pays s’étaient révoltés pacifiquement pour dénoncer ces injustices à l’instar du prêtre Simon Kimbangu, lui-même formé par des missionnaires belges, furent jetés en prison avec une parodie de procès.
Un autre autochtone essaya de faire entendre sa voix, un ingénieur agricole du nom de M’Fumu Paul Panda, fervent militant de la cause de son pays, qui s’est permis d’interpeller le gouvernement belge sur le sort que subissait son peuple, disparut dans des conditions mystérieuses.
Malheureusement ces voix sans vie, n’arrêtèrent pas les massacres pour mater les tribus qui osaient, malgré la férocité des actions punitives de l’occupant, se rebeller des flèches et des lances opposées à la mitraille. Trop facile n’est-ce pas ?
La Belgique via son roi, ne veut pas un seul instant se délester de cette manne à bon marché qui rapporte gros à ce petit royaume. Avec l’Union Minière du Katanga, le Congo devient l’un des plus gros producteurs de métaux précieux dans le monde et aussi l’un des plus importants producteurs de caoutchouc. Le développement de l’automobile n’y étant pas étranger.
L’on notera enfin, que le Congo belge sous la domination du roi Léopold II, n’avait été qu’une exploitation brutale, a-t-on pu lire, avec des millions de morts et des traitements inhumains. (L’usage du coup de fouet ne sera interdit qu’en 1958)
Pendant que la Belgique sous le règne et la bienveillance du roi Léopold II décimait sournoisement le peuple congolais pour confisquer leur terre, au même moment, la volonté toute aussi pugnace et expansionniste allemande, avait pris pied non loin de là, en Afrique australe, précisément dans le vaste territoire de la Namibie et fourbissait déjà en modèle réduit le premier génocide de l’histoire contre le peuple Hérero.
A l’origine, ce peuple vivait paisiblement au cœur de ce gigantesque territoire, (presque deux fois la France) d’élevage de chasse et de cueillette, quand l’Allemagne de l’empereur Guillaume II décida d’en prendre possession en 1880.
Comme le roi Léopold II le fit au Congo, le Kaiser allemand ordonna à la suite de fantastiques découvertes de gisements de diamants, de mettre en œuvre une politique systématique de déplacement et de confiscation des terres de l’ethnie Hérero. Ce peuple fut dès lors contraint à des travaux forcés afin de satisfaire en main-d’œuvre les vastes plantations coloniales qui émergeaient à grande vitesse au gré du rythme de l’exploitation du sol et de l’arrivée de nouveaux colons. Un chroniqueur sur place témoignait : « les femmes devaient travailler comme des hommes, le travail était harassant (…) Elles mouraient littéralement de faim. Celles qui ne travaillaient pas étaient sauvagement fouettées. J’ai même vu des femmes assommées à l’aide de pioches (…) leur bétail était volé, les jeunes femmes héreros étaient violées par les soldats allemands, afin d’assouvir leurs besoins sexuels ». Ils s’en suivirent des violences et des exécutions sommaires. En outre, les Héreros étaient tenus de porter autour du cou, un disque de métal où figure leur numéro de matricule, curieuse similitude.
Il ne fallait pas plus pour transformer ce peuple fier, en féroces guerriers décidés à se révolter contre toutes les injustices qu’ils subissaient.
Cette révolte prit forme par un matin du 12 janvier 1904, lorsque des tribus héreros conduits par leur chef.
Samuel Maharero attaqua des colons sur un poste avancé à Okahandja.
En trois jours de combats furieux et sanglants, plus de deux cent colons allemands furent massacrés.
La riposte allemande ne tarda guère et peu de jours après, l’Empereur allemand Guillaume II, chargea le général Lothar Von Trotha de mater cette rébellion.
Il reçut pour mission de les chasser du territoire ou de les exterminer… Pas surprenant !
La bataille eut lieu sur les plateaux du Waterberg entre les troupes allemandes, à leur tête le général Von Trotha, et en face 7 500 guerriers Héreros, flanqués de leur emblématique chef Maharero.
Munis de puissantes mitrailleuses et autres armes destructives, les hommes du général qui avaient pu encercler les combattants Héreros, prirent assez rapidement l’avantage, grâce à leur puissance de feu. Animés par un féroce désir de vengeance et l’esprit séculaire teuton, une implacable extermination commença.
Ceux qui échappèrent à ce massacre, n’eurent leur salut qu’en s’enfuyant dans le désert, enfin de salut, il n’y eut point, car c’était aussi une mort assurée dans l’immensité désertique qui les attendait, quand on sait que les points d’eau existants, avaient soigneusement été empoisonnés. A la suite de cette bataille, le chef d’état-major allemand le comte Alfred Von Schlieffen proclamait à Berlin triomphalement : « l’aride désert Omeheke (désert de Kalahari) finira ce que l’armée allemande a commencé : l’extermination de la nation Hérero ».
La situation de ce peuple prit encore une tournure un peu plus dramatique, quand le général Von Trotha.
Signifia le 02 octobre 1904, un ordre d’extermination à leur égard dont voici le contenu : « les Héreros ne sont dorénavant plus sujets allemands, (comme s’ils en avaient jamais été) tous les Héreros doivent partir ou mourir, s’ils n’acceptent pas ils y seront contraints par les armes. Tout Hérero aperçut à l’intérieur des frontières (namibiennes) avec ou sans arme sera exécuté, femmes et enfants seront reconduits hors d’ici, ou seront fusillés. Nous ne ferons pas de prisonniers mâles, ils seront fusillés ».
Une nouvelle ordonnance impériale du 11 septembre de la même année, vint parachever leur funeste destin, le chancelier allemand Bülan ordonna d’enfermer les Héreros survivants dans des camps de travail forcé (les préludes des futurs camps de la mort) et peu après, les dernières terres indigènes sont confisquées et distribuées aux colons allemands.
Les conditions de vie difficile, entremêlées de durs labeurs et la famine, décimèrent plus de trois quart des Héreros.
Au début de la colonisation allemande, on recensait approximativement un peu plus de 100 000 indigènes, pour ne laisser à la sortie, une estimation comprise entre 20 000 à 25 000 âmes.
Ne nous y trompons pas, les massacres perpétrés par l’occupant allemand sur l’ethnie noire des Héreros de Namibie, partait d’une volonté d’élimination délibérée et méthodique de l’empire allemand.
Ils renfermaient déjà avant la lettre, tous les ingrédients et germes des génocides à venir, que certains historiens n’ont d’ailleurs pas hésité à qualifier de premier génocide dans la mesure où les conditions de qualification en génocide étaient clairement réunies, à savoir :
1 – La désignation d’un groupe ciblé
2 – Au nom d’une idéologie (racisme)
3 – Une décision qui s’accompagne d’une volonté d’extermination totale (l’ordre du Gal Von Trotha).
4 – Un crime d’Etat.
J’avoue, j’ai insisté particulièrement sur l’histoire de ce peuple, pour laquelle je me suis senti très touché, et où il n’y a pas si longtemps j’en ignorais même l’existence. Il reste cependant au gouvernement allemand, à leur restituer symboliquement, les deux crânes Héreros qui trônent comme trophée de guerre au musée d’histoire naturelle de Berlin respectivement d’un chef Hérero et de son sorcier.
Les Tirailleurs sénégalais (1 e guerre mondiale)
Durant la première guerre mondiale, les gouvernements coloniaux n’ont pas hésité à incorporer dans leurs différents corps d’armée, de nombreux originaires des territoires qu’ils administraient. C’est ainsi que plus de 130 000 tirailleurs sénégalais furent enrôlés de gré ou de force par l’armée française pour être envoyer au front ; car dans certains villages où le recrutement se faisait, il y eut des représailles sanglantes avec des milliers de morts pour ceux qui osaient s’y opposer.
Après un débarquement au port de Fréjus, ils étaient à la suite d’une courte préparation militaire, envoyés aussitôt sur le champ de bataille.
Ils s’illustrèrent dans de nombreux combats dont le plus célèbre fut la prise du fort de Douaumont, sous les ordres du général Charles Mangin en 1916.
Plus de 30 000 y laissèrent leur vie et ceux qui y survécurent, éclopés ou valides reçurent comme pension de guerre, un cache-misère.
Quand on parle de tirailleurs sénégalais, la confusion est très souvent faite à travers cette appellation, en fait il s’agissait d’un corps expéditionnaire hétéroclite noir créé en 1857 à Dakar, d’où son nom, et intégrant tous les individus de l’Afrique Occidentale Française (A.O.F.), même si les représentants sénégalais formaient le plus gros du contingent.
Les Tirailleurs sénégalais (2 e guerre mondiale)
Le 19 juin 1940, les Allemands sont aux portes de Lyon le 25eme régiment des Tirailleurs sénégalais est envoyé dans un « combat pour l’honneur », ayant pour ordre : « en cas d’attaque tenir tous les points d’appui sans esprit de recul, même débordé ». Alea jacta es, le sort en était jeté.
Ce fut un combat sans merci pour cette « force noire » (autre nom dont on les parait) qui n’avait pas été choisi là par hasard, car leur vie ne valait pas grand-chose.
En deux jours d’affrontement, on dénombra plus de 1 300 tués sur un contingent de 1 800 combattants.
Ceux qui furent faits prisonniers ou ayant été blessés ont été massacrés à découvert à la mitrailleuse, ensuite achevés sous les chenilles des chars allemands. (Une plaque commémorative rappelle ce massacre à Chasselay dans le Rhône).
Après le débarquement de Provence en 1944, les régiments des tirailleurs sénégalais, passez-moi l’expression, ont été blanchis, c’est à dire remplacés par des recrues blanches des F.F.I., à la demande des alliés Américains et Anglais et cantonnés à Toulon, dans le but inavoué de ne pas les faire défiler dans Paris libérée et de les voir plus tard marcher sur Berlin, parce que c’était inconcevable de montrer à la population européenne, que des Noirs avaient contribué, même modestement à cette victoire.
Pour l’anecdote, mon père qui a été un de leur frère d’armes, m’a raconté leur bravoure au combat et de la discrimination dont ils étaient victimes à maints égards.
Les tirailleurs sénégalais formaient l’une des plus grandes concentrations de troupes noires durant la première et la seconde guerre mondiale, mais il y avait d’autres corps d’armée composés de Noirs Américains pour la plupart et des ressortissants des Antilles françaises et territoires du Pacifique.
Le Massacre de Thiaroye
Dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre 1944, 1280 tirailleurs sénégalais, ex prisonniers de guerre des Allemands, sont rapatriés dans un camp de transit dans la banlieue de Dakar. Ces prisonniers mécontents du retard de paiement qu’avaient pris leurs arriérés de solde de guerre se mirent à manifester énergiquement au point de séquestrer un haut responsable militaire français. La garde fut aussitôt alertée afin de mater la rébellion, mais fort de leur droit, les « tirailleurs » refusèrent toujours en dépit des injonctions de rentrer dans les rangs. Le commandant du détachement de gendarmerie, le général Dagnan, excédé par cette résistance, donna l’ordre d’ouvrir le feu sans ménagement sur des hommes non armés et qui revenaient du front après avoir combattu pour la liberté de la France. Ce fut le chaos, on dénombra plus de 70 morts. Ce chiffre reste à ce jour sujet de polémique, car selon certains historiens, falsifiés par le pouvoir colonial en place, afin d’étouffer une vérité qui dérangeait. Car comment ne pas prêter même une oreille sourde à cette interrogation, sachant que le lieu d’inhumation des soldats tués, dans des tombes individuelles ou des fosses communes, à Thiaroye ou ailleurs, fait également débat. La plupart de ces combattants mutins furent remerciés par l’armée et privés de leur pension de guerre. La belle récompense de la patrie.
De son côté, la ligue des droits de l’homme (LDH) a demandé à la France « de reconnaître les faits et d’assumer ses responsabilités » dans cette affaire.
Pour le devoir de mémoire en ce mois de décembre 2014, puisque c’est la commémoration des 70 ans de ce massacre, la France s’est engagée à équiper le musée (situé dans le cimetière). Il est prévu également une stèle au camp de Thiaroye, selon Madame Gallo Sow, chargé de la gestion des huit cimetières militaires français du Sénégal dont Thiaroye.
Noyés comme des rats
Il est des évènements qui peuvent revêtir un caractère extrêmement grave, mais qui dans le contexte de leur avènement sont passés sous la plume des chroniqueurs comme des faits banals, n’ayant eu droit de citer, que pour alimenter les journaux de l’époque friands de ce genre d’histoire.
Il est vrai me direz-vous, que les protagonistes impliqués étaient simplement des Noirs. Mais je vais néanmoins insister pour la faire ressortir pour son histoire.
Le 29 novembre 1781, le commandant du navire négrier le Zong, Luke Collingwood, citoyen de sa majesté britannique, vogue vers l’île de la Jamaïque avec à son bord 440 esclaves africains récupérés plus tôt, le 06 septembre de l’an 1781, dans la ville de Sao Tomé dans le golfe de Guinée.
Cette cargaison qui représente beaucoup en terme de valeur marchande pour le capitaine Collingwood, car chaque esclave rapporte environ 35 livres sterling à la vente, n’est précieuse que si cette marchandise, c’est le terme utilisé par les compagnies d’assurances et autres instances maritimes, arrive à bon port en bonne et due forme. Or, cette condition n’est pas totalement au rendez-vous, car afin de rentabiliser au maximum ce transport, le navire a été surchargé avec deux fois plus d’esclaves qu’il aurait dû en contenir.
En général, une traversée qui dure normalement soixante jours est déjà longue, mais l’est encore plus pour des esclaves entassés et enchaînés les uns sur les autres dans des conditions d’hygiène précaires.
La suite paraissait prévisible et inévitable vu les circonstances, et une épidémie de dysenterie, de fièvre de diarrhée et même de variole se déclencha à bord. Les premières victimes furent évidemment les esclaves, une soixantaine sont déjà passés de vie à trépas, les marins blancs ne sont pas épargnés, 7 parmi eux les rejoignent. Le commandant s’en inquiète, certainement pas pour ces gueux, mais bien pour son portefeuille. C’est ainsi qu’il va prendre comme on va le voir, une décision drastique et autoritaire à la fois, afin de ne pas perdre son investissement en « marchandise » et aussi, il le dira plus tard, préserver son équipage de toute contamination. Devinez ce qu’il fit ce bon vieux capitaine Collingwood, eh bien il décida tout simplement de les noyer, oui tous ceux qui présentaient quelque signe que ce soit de maladie ou de faiblesse, furent jetés à la mer. Mais le comble de l’histoire, c’est qu’il y était autorisé, voire parfois encouragé selon la situation, c’était juste laissé à son appréciation. En effet, la manœuvre était parfaitement légale, car en principe tout esclave noyé pour sauver le reste de la « cargaison », donnait droit à une indemnité compensatoire versée par les compagnies d’assurances. Ainsi cette loi immorale qui régissait le commerce des esclaves, ouvrait droit à un dédommagement de 30 livres pour tout esclave noyé, je précise bien noyé, et non pour ceux qui seraient morts de maladie, d’épuisement ou même déposés vivants sur une île au passage.
Ainsi 122 esclaves furent jetés par-dessus bord sans ménagement, certains sentant leurs sorts déjà scellés, évitèrent à leurs bourreaux d’accomplir la sale besogne en se jetant dans les flots.
La morale de l’histoire, même si elle ne représente qu’une très maigre consolation pour les esclaves survivants de cette tragédie, le Capitaine Collingwood mourut trois jours après avoir débarqué à la Jamaïque. Devinez de quoi ? De la même maladie de ceux qu’il avait jetés par-dessus bord.
Des gibiers de courre
Un autre évènement lequel je ne peux oublier de faire mention, et qui s’est déroulé au milieu de la seconde guerre mondiale et dont le caractère raciste et avilissant à la fois, nous montre à quel point des préjugés établis peuvent conduire à des actes inhumains et barbares, pour des personnes sensées porter les valeurs de la civilisation à ceux qu’ils en déniaient.
Cela s’est passé durant l’hiver, des tirailleurs sénégalais étaient retenus prisonniers dans des baraquements à bestiaux privés de nourriture, ils y étaient ainsi poussés à la famine ; Quant au besoin on en faisait sortir une quinzaine, et là comme des bêtes de foire, pour égayer la galerie des officiers allemands, on leur donnait comme récompense pour assouvir leur faim, une chèvre vivante. Ils devaient sous la menace de la baïonnette dépecer avec leurs dents l’animal, exactement à l’image des fauves.
Bien plus abominable encore, pour pousser leurs supplices au paroxysme, ils avaient droit à une « chasse à courre » où ils étaient on s’en doute, le « gibier ». Je vous laisse imaginer la scène de ces pauvres hères transits de froid, pourchassés par les fameux et féroces dogues allemands et leurs maîtres-chiens, je serai tenté d’inverser, suivis des bottes sanguinolentes des Waffen SS parés de fusils à lunettes pour l’hallali. Vous vous en serez doutés aucun n’en réchappaient.
Tout le monde connaît l’histoire du peuple juif à travers la shoah, pendant ce triste épisode de la seconde guerre mondiale, avec les atrocités à grande échelle commises à leur encontre, mais qui sait vraiment ce qu’ont vécu les Noirs durant cette même période et bien avant.
Il paraît à l’évidence, que la diaspora noire n’a pas la puissance médiatique de la diaspora juive dans le monde, pour impacter sur une plus grande diffusion de leur histoire, passée volontairement sous silence, car étant qu’on le veuille ou pas, seulement des nègres.
De nombreux auteurs veulent faire parfois, le parallèle entre l’histoire du peuple juif et celle du peuple noir.
Je me permets de souligner que je n’en trouve pas. Si ces mêmes auteurs voulaient parler de ce qui est de la souffrance, sous cet aspect sans aucun doute, comme il faudrait prendre en compte de la même manière celle du « peuple » Rom (gitan, manouche, tzigane etc.) car on les oublient souvent ceux-là, une communauté de type caucasien, qui selon les historiens les origines remonteraient du côté du nord-ouest de l’Inde, trop souvent mis à l’écart de l’histoire, qui ont enduré les mêmes exterminations et persécutions que les juifs, et qui souffrent toujours d’exclusion, de violence et de marginalisation, tout particulièrement à cause de leur mode de vie, mais encore une fois, pas en raison de la couleur de leur peau.
Les juifs non plus n’ont pas été persécutés à cause de la couleur de leur peau, à l’instar des Noirs, mais certainement à cause de tout ce qui a formaté leur appartenance, en l’occurrence leur religion, le judaïsme, opposée aux deux grands courants religieux dominants que sont le christianisme et l’islam, et leur lien, par l’absurdité des dispositions religieuses chrétiennes de l’époque, avec l’argent et singulièrement avec le commerce de l’or, qui était honni par l’église au moyen-âge, car y voyant là un symbole avec le diable.
Souvenez-vous, du temps de « l’inquisition » en Espagne, avec son maître de cérémonie Tomàs de Torquemada, l’Espagne développait sa xénophobie à l’égard des juifs, qui représentaient la plus grosse diaspora juive d’Europe. Il le faisait sous la bannière de la religion pour leur « déviation religieuse », mais aussi plus particulièrement, pour la menace dans le pouvoir économique qu’ils exerçaient au sein de la société espagnole. La conséquence amorça l’un des plus grands exodes forcés des juifs en 1492, car le choix qui s’offrait à eux, car malgré tout il y eut un choix, celui de se convertir en reniant publiquement leur religion où le chemin de l’exode. La grande majorité opta pour cette dernière solution ouvrant ainsi la voie à la dissémination à travers toute l’Europe de la diaspora juive. Cette discrimination des juifs repose essentiellement sur un culte et tout ce qui est attenant. Un individu juif peut se fondre aisément dans la masse, et ne sera identifié que s’il porte un signe ostentatoire propre à sa religion, une kippa par exemple, il peut quand bon lui semble masquer son appartenance religieuse et devenir « monsieur tout-le-monde ». Le noir lui ne peut rien, il sera le premier à être reconnu, il n’a aucune échappatoire et sa couleur lui collera à la peau jusqu’à, « ad vitam aeternam ». Aussi Il me semble que toute comparaison, tant sur la genèse de leurs tribulations que sur celle des atrocités subies, peut être définitivement exclue entre ces deux peuples. Par contre il est certain que les registres de l’histoire ne s’effaceront pas devant ces deux monstres de crime contre l’humanité, les deux communautés étant associées en la circonstance, chacune avec sa singularité, pour avoir vécu le summum de la barbarie humaine. Mais ici seulement se croise leur chemin.
L’afrique pré-coloniale
Dans l’Afrique précoloniale, toutes les sociétés n’étaient pas organisées en États. De nombreuses sociétés fonctionnaient sans la moindre organisation étatique.

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