Les Idoles du jour
85 pages
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Les Idoles du jour , livre ebook

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Description

Extrait : "Ce livre est un tableau de la vie réelle, avec ses agitations, ses défaillances, ses égarements, et ajoutons aussi, comme consolation, avec les vertus cachées et les héroïsmes qui, semblables à l'or pur mêlé à l'argile, se rencontrent au sein de notre corruption sociale. On verra dans cette étude jusqu'à quel point le feu des mauvaises passions, l'amour effréné du luxe et des jouissances,..."

À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN :

Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants :

• Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin.
• Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 22
EAN13 9782335102130
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0008€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

EAN : 9782335102130

 
©Ligaran 2015

Préface
Ce livre est un tableau de la vie réelle, avec ses agitations, ses défaillances, ses égarements, et ajoutons aussi, comme consolation, avec les vertus cachées et les héroïsmes qui, semblables à l’or pur mêlé à l’argile, se rencontrent au sein de notre corruption sociale.
On verra dans cette étude jusqu’à quel point le feu des mauvaises passions, l’amour effréné du luxe et des jouissances, le culte des intérêts matériels peuvent altérer, dans le cœur humain, le sentiment du devoir, y fausser la notion de la vérité, y pervertir le sens moral.
Cette histoire, malgré ses navrantes péripéties, n’a rien de forcé ni de romanesque ; c’est une photographie, de nos mœurs actuelles : les personnages mis en scène se retrouvent dans tous les recoins de notre société moderne. Chacun, en lisant ces pages, y reconnaîtra ces tristes héros de notre civilisation sceptique et sensualiste qui n’ont qu’une religion, la folle ivresse du plaisir ; qu’une idée fixe, l’exaltation de leur personnalité ; qu’un mobile, l’orgueil ; qu’un objectif, l’argent ; qu’un but, la satisfaction de toutes les âpres convoitises.
Qui oserait nier que ce sont là les caractères généraux de notre époque ? Or, des tendances si profondément subversives, qui ont résultat d’abaisser le niveau moral au profit de la matière, d’étouffer dans les âmes le principe religieux, de briser les liens de la famine, de surexciter tous les appétits grossiers, ne peuvent nous conduire qu’à la décadence et à une effroyable dissolution sociale !
C’est pour protester contre ces pernicieux entraînements que j’ai écrit ces pages sorties de mon cœur. Si j’avais fait un livre purement théorique, il n’eût été lu précisément que par ceux qui n’auraient pas eu besoin de le lire. Pour qu’il arrivât à soir adresse, je devais prendre là formé du roman et mettre ma morale, en action, le roman a fait beaucoup de mal, plus qu’on ne saurait le supposer. Il peut faire beaucoup de bien en entrant dans une voie franchement moralisatrice. C’est cette entreprise que j’ai osé tenter. Ai-je réussi ? Il me serait téméraire de le penser, plus téméraire encore de le dire : c’est au lecteur à décider.

Paris, le 10 novembre 1866.
I Paul à Marcel

Domaine de Mondésir, le 30 décembre 1864.
Mon cher Marcel, voilà bientôt quatre mois que je t’ai quitté ! Depuis lors je t’ai écrit deux fois, et tu ne m’as pas encore répondu. Je connais trop bien ton cœur pour supposer qu’il m’oublie. L’absence et les distractions de la vie parisienne ne peuvent rien sur une amitié de vingt ans. Nous avions huit ans lorsque nous entrâmes tous les deux au collège de Montpellier, dont nous parcourûmes toutes les classes sans nous quitter. Nous fîmes notre première communion le même jour ; le même jour nous fûmes reçus bacheliers ès-lettres et bacheliers ès-sciences ; le même jour nous partîmes pour Paris, afin d’aller y suivre nos études médicales ; côte à côte nous passâmes tous nos examens, et nous eûmes le plaisir d’être reçus docteurs ensemble ; en sorte que pendant toute notre carrière scolaire, nous vécûmes de la même vie sans nous perdre une heure de vue. Peines et joies, tout était commun entre nous : on eût dit une seule âme en deux corps.
Mais il était dans notre destinée d’être séparés. Toi, orphelin dès l’adolescence, tu n’avais aucun lien de famille qui te rattachât au sol natal, et l’intérêt de ton avenir marquait ta place à Paris. Moi, j’étais rappelé par le meilleur des pères, qui, après avoir vu tomber autour de lui ma mère, une sainte ! et mes jeunes sœurs, deux anges ! N’avait plus que moi pour dernière consolation !
Trois, jours, après mon installation dans notre gracieux domaine de Mondésir, situé au pied de la colline de Mireval, sur la route de Montpellier à Cette, en face de l’étang de Maguelone et de la Méditerranée, mon père m’invita à l’assister dans ses travaux. Depuis quarante ans, il s’est fait le médecin des pauvres. Il ne se borne pas à leur prodiguer, toujours gratuitement, les secours de l’art, il leur fournit encore, au même-titre les médicaments qu’il leur prescrit. Le cabriolet dans lequel il fait ses tournées est une véritable pharmacie ambulante.
Chaque jour, dès le lever du soleil, jusqu’à midi, nous explorons le groupe des villages voisins de notre propriété et les nombreuses cabanes de pêcheurs disséminées sur la plage de Maguelone.
Mon père me présentait avec orgueil à ses infortunés clients en leur disant : « Voilà mon fils ! C’est un jeune savant de Paris qui en sait beaucoup plus long que moi, et qui, lorsque je ne serai plus, me remplacera auprès de vous. » L’excellent homme ! il me flattait en se calomniant indignement, car il est mon maître à tous égards : c’est un praticien émérite ; il possède une science de diagnostic merveilleuse ; j’ai plus appris avec lui dans un apprentissage de quelques mois, au lit des malades, que je ne l’aurais fait en dix ans d’études théoriques.
Nos journées, si laborieusement et si utilement remplies, nous laissent le soir une inexprimable satisfaction au cœur, celle que donne la conscience du devoir accompli. Je comprends maintenant que dans ce petit coin de terre où je vis, et qui paraissait devoir m’isoler du reste du monde, il y a place pour une noble existence.
Un jour du mois dernier que nous venions de faire notre tournée habituelle, nous trouvâmes, sur la terrasse de notre habitation, trois hôtes qui venaient d’arriver : le curé de Mireval, une jeune personne et une paysanne, vieilles connaissances que je ne remis pas tout d’abord. Souple et légère comme une gazelle, la gracieuse enfant sauta au cou de mon père et l’embrassa en lui disant : « Bonjour, mon parrain ! » Comme j’étais descendu le dernier de voiture, elle ne m’avait pas aperçu, et parut un peu déconcertée à mon aspect. Mon père la prit par la main et me la présenta :
– Mademoiselle Angèle d’Albigny ! me dit-il.
Je restai muet et immobile, comme pétrifié d’admiration devant cette ravissante créature de seize ans que je n’avais pas revue depuis ma sortie du collège, lorsqu’elle n’était encore qu’une toute petite fille que je faisais sauter sur mes genoux avec mes sœurs. Ma gaucherie m’eût sans doute perdu à jamais dans son estime, si l’embarras, qu’elle éprouvait elle-même lui eût permis de s’en apercevoir. Mais quelques instants après nous reprîmes, l’un et l’autre, notre aisance habituelle ; et rappelant nos souvenirs d’enfance, nous vîmes s’établir bientôt entre nous une douce intimité.
Angèle d’Albigny était, fille d’un brave officier de marine, frère cadet du vénérable curé de notre village. Embarqué mousse, en 1830, lors de l’expédition d’Alger, son père était parvenu, au grade de capitaine de frégate, lorsqu’il se fit glorieusement tuer, en Cochinchine, à la prise de Saïgon.
La mère d’Angèle était morte en lui donnant le jour. Toute la famille de la pauvre orpheline se composait donc de son oncle, de sa nourrice, qui avait eu soin d’elle jusqu’au jour de son entrée au couvent du Sacré-Cœur de Montpellier, où elle venait de terminer son éducation, et qu’elle aimait comme sa véritable mère, et enfin de mon père, qui remplaçait à ses yeux l’auteur de ses jours, si prématurément ravi à sa tendresse.
Depuis la visite d’Angèle, un mois s’est écoulé. Mais tous les matins, en commençant nos tournées, nous la voyons au presbytère, qu’elle habite avec Blavette, sa nourrice, et elle ne manque jamais de venir, avec son oncle, passer une partie de la soirée à notre domaine, qui n’est qu’à deux portées de fusil du village. Nos douces causeries m’ont eu bientôt révélé tous les trésors que cache sa belle âme. Jamais je n’ai rencontré dans une créature humaine d’aussi hautes perfections, alliées à tant de candeur et de grâces. Son regard chaste et velouté a une puissance magnétique qui fascine le cœur et l’

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