Lettre Hellénique
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Lettre Hellénique , livre ebook

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Description


Quand Internet se fait complice


Hélène reçoit une lettre manuscrite en grec en 1976. Elle confie celle-ci à une connaissance afin de se la faire traduire. Pendant trente-six ans, cette lettre va être considérée comme “égarée”, voire perdue par cette personne. Mais Hélène pense toujours à cet écrit et connaissant la personne chargée de le lui traduire décide de lui reparler de ce “trésor” qu'elle regrette de ne pas avoir récupéré. Pourquoi ce courrier a-t-il disparu ?


Comme par miracle, cette lettre réapparaît, et lui est rendue mais dans un état d'usure avancé : déchirée en son centre, l'encre passée, elle ne ressemble plus qu'à un document indéchiffrable pour quiconque ne connait pas la langue.


L'essentiel pour Hélène maintenant est d'en connaitre le contenu.


Elle obtiendra toutefois quelques renseignements succincts, et comprendra qu'il s'agit de la plus belle lettre qu’elle n’ait jamais reçue. Alors, elle décide de partir en Grèce en pèlerinage sentimental mais la pandémie de la Covid 19 va bloquer ses projets et l'obliger à annuler son voyage.


Hélène s'emploie à rechercher un traducteur pour avoir enfin les détails de ce courrier, mais aussi avec l'idée de raconter l'histoire qui se rattache à cette lettre, et à cette magnifique histoire qu’elle vous invite à découvrir dans ce livre...

Sujets

Informations

Publié par
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EAN13 9782381534060
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Lettre Héllénique
 
 
La SAS 2C4L — NOMBRE7, ainsi que tous les prestataires de production participant à la réalisation de cet ouvrage ne sauraient être tenus pour responsables de quelque manière que ce soit, du contenu en général, de la portée du contenu du texte, ni de la teneur de certains propos en particulier, contenus dans cet ouvrage ni dans quelque ouvrage qu’ils produisent à la demande et pour le compte d’un auteur ou d’un éditeur tiers, qui en endosse la pleine et entière responsabilité.
Katel ABRYAT
Lettre Héllenique

Prologue
Hélène a projeté d’aller, ou plus exactement de retourner dans le lieu où est né son grand Amour quarante-quatre ans auparavant. Bien que peu familiarisée avec Internet, elle retient son voyage et se prépare au départ le 23 mars 2019.
Sa visite dans ce club qu’elle a connu dans les années 70 devrait lui apporter des affirmations, peut-être des réponses à certaines de ses questions et, qui sait, lui permettre également de mettre en place un projet, autant qu’une volonté qui lui tient à cœur. Y arrivera-t-elle ? Trouvera-t-elle la personne sensible à son histoire pour accéder à ce vœu ?
Pour ce faire, il lui faut rassembler tous ses souvenirs et convaincre son interlocuteur. Elle possède toutes les preuves pour appuyer sa demande et défendre sa démarche.
La plus grande difficulté qui lui sera imposée et mettra fin à son projet, du moins dans l’immédiat, c’est la pandémie du Coronavirus qui a amené le Monde à rester confiné à partir du 15 mars. Comme elle fait partie des personnes à risques, son projet se voit amputé de toute la joie qu’elle avait déposée dans sa valise. Que lui reste-t-il à faire ?
Obligée d’annuler ce voyage, confinée chez elle, elle ne trouve d’autre solution que de se remémorer tout son vécu et de poursuivre ce qu’elle a entrepris quelques semaines auparavant.
Ce que personne n’a jamais su, elle veut l’écrire avec le maximum de ses souvenirs. Peut-être commettra-t-elle quelques erreurs dans les descriptions, mais c’est parti d’une envie de revoir toute cette période qui l’amènera, tard, très tard, à ressentir les mêmes émotions, les mêmes sentiments, et à faire ressurgir du fond de son cœur, celui qui lui offrit les plus beaux moments de sa vie. Toute l’histoire et sa suite seront le résultat de la traduction d’une lettre qui a attendu quarante-quatre ans pour que son contenu lui soit révélé. Qu’arrivera-t-il ?
 
Une pandémie provocante
Dis-moi, ma chère Hélène… Il paraît que tu veux écrire ?
Mais ma pauvre fille, tu as 81 ans et sais-tu que des milliers de millions se sont déjà essayés dans cette aventure avant toi et se sont cassé les dents ?
C’est une aventure, tu ne crois pas ? Sauras-tu faire revivre tous les événements de ta vie comme tu les as vécus, car je suppose qu’il s’agit d’elle ? Et sais-tu aussi qu’il te faut écrire chaque jour pour produire peut-être quelque chose d’insignifiant ? Enfin, de toute façon, ça te passera le temps.
Comment vas-tu commencer ? Par quelle période ? Un conseil : puisque tu t’écris, que tu soliloques, laisse venir les mots les plus sincères. Ne t’arrête pas sur des détails fastidieux. Tu sais, un roman (si l’on peut appeler tes écrits un roman), ça se construit avec patience. Qu’en penses-tu ?
Je crois que c’est une envie comme une autre qui ne fera de mal à personne.
Alors, vas-y !
Doucement, s’il te plaît !
Avant tout, as-tu un fil conducteur ?
Non, les choses s’écriront au gré de ma pensée et de mes souvenirs, et s’il faut faire le tri, je le ferais comme dans une chambre d’enfant où les jouets étalés dans toute la pièce seront rangés dans un coffre.
Oh, et puis, tu m’énerves avec tes conseils à la fin, j’ai seulement envie de ramener des souvenirs dans ma vie de vieille dame rangée. En quoi cela te gêne ? De toute façon, après ça, je n’écrirais plus. J’ai envie surtout de me remémorer la plus merveilleuse histoire qui me soit arrivée à l’insu de mon entourage familier.
Bon, bon, vas-y ! Mais jusqu’au bout… Bon courage ! Virginia Woolf…
Idiote ! Mais si tu veux me décourager, c’est manqué, j’ai vraiment envie d’écrire, ça fait du bien à mes neurones… Et c’est seulement un moment de ma vie, pas toute ma vie.
Tu vois, par exemple, en ce moment, je pense beaucoup à la mort, non que je sois pressée, mais je sais qu’elle me court après et qu’elle va bientôt me rattraper : d’ailleurs, je m’essouffle vite, alors je m’arrête tandis qu’elle, elle continue de courir. De toute manière, j’ai envie et je ne risque rien… je n’écris pas pour publier et gagner de l’argent, ce serait inintéressant pour un éditeur… mais va savoir… Non, je me fais plaisir.
Et puis, je ne la vois pas comme une ennemie cette mort, plutôt comme accompagnatrice pour un voyage sans retour vers un lieu de paix, de sérénité.
Je suis fatiguée, non de vivre (la vie est un cadeau), mais du monde qui s’évertue à nous glisser des peaux de bananes, à nous spolier, à user notre patience et notre bonne volonté.
Mais qu’arrive-t-il à toutes ces personnes qui, prises en groupe, montrent un grand humanisme et individuellement, deviennent des loups ? Ils font semblant d’être humains, solidaires, mais devant toi, seul à seul, ils redeviennent individualistes, sans véritable empathie.
L’exemple le plus courant, c’est quand une personne demande de tes nouvelles. Tu lui réponds. Mais aussitôt tu remarqueras, elle a, ou a eu la même chose que toi et te parle d’elle, de ses problèmes, de ses ennuis ou plaisirs, elle ne s’intéresse déjà plus à toi, mais à elle. Personne ne sait plus écouter.
Une autre attitude que j’ai remarquée : dans les débats télévisés par exemple, une personne donne son avis sur un sujet… Il y a toujours quelqu’un pour lui couper la parole, couvrant sa voix. Moi, en tant qu’auditeur, je n’ai rien entendu dans cette cacophonie, rien compris de ce qui a été dit. Où est l’échange ? Quel manque de respect !
Ou alors, la discussion tourne autour de l’argent, des choses futiles qui ne t’apporteront qu’un bonheur éphémère. Peux-tu me dire ce que… l’argent, la possession… a d’humain ? Vas-tu l’emporter avec toi ? Il en faut pour vivre et non vivre pour.
Il faut une grande catastrophe, une pandémie, pour que tous, nous nous apercevions que la vie est ce qu’il y a de plus précieux. La mort ne choisit pas selon un rang social ou racial… alors, vivons de tout ce que nous avons à vivre sans chercher à obtenir plus ni à être plus que les autres. Que sommes-nous finalement ? Rien !
Dis-moi, tu nous ennuies avec ta morale à six sous. Tu peux penser ce que tu veux, mais j’espère que ce n’est pas sur des idées comme ça que tu vas nous pondre quelque chose d’agréable, parce qu’alors, je jette l’éponge et je retourne à mes petites habitudes.
Oui, c’est vrai ! Pourtant, tu vois, cette période de confinement universel ne m’a pas tellement gênée, moi. J’ai repensé à plein de moments de ma vie, en regardant des photos et puis cette démarche que je devais faire pour trouver un traducteur grec. Je crois que c’est surtout cette recherche qui a été le déclencheur de mon envie d’écrire.
Mais avec cette situation exceptionnelle, je n’ai eu que quelques propositions lointaines et je ne voulais, en aucun cas, me séparer de ce souvenir même si je n’en connaissais pas la teneur en détail. C’est une histoire tellement incroyablement belle, romantique qu’elle ne pouvait être divulguée à n’importe qui.
Pourquoi ce besoin de faire traduire maintenant ce document et d’écrire ce qu’il a été pour toi ?
Tout simplement parce qu’il a été perdu dans les mains d’une connaissance qui devait faire ce travail… il y a de cela trente-six ans.
J’avais fini par renoncer à la possibilité de m’en délecter, mais malgré tout je savais que c’était une lettre très importante pour la personne qui me l’a écrite. Alors, j’espérais…
Puis je suis partie en 2009 de Nîmes, laissant cette lettre considérée comme perdue, pour aller vivre au vert dans un coin de France moins chaud. J’ai profité d’avoir retrouvé mon frère et sa famille sur Internet pour étudier une possibilité de vendre mon appartement de ville contre une maison vendéenne. Après des visites sur place, mon choix se porta, en tenant compte de mon budget, sur une petite maison dans laquelle les travaux furent nécessaires.
Mais mon idée était que je voulais laisser un petit héritage à ma fille et son fils. De plus, je me rapprochais de la nature.
J’étais novice en matière de culture, mais l’idée d’avoir un jardin où Praline, ma siamoise, et Coline, ma teckel, allaient vivre une belle vie me réjouissait. Au bout de quelques mois, je possédais un jardin de curé très fleuri et agrémenté d’arbres fruitiers. Le bonheur ! Il était charmant, aux dires de mon voisinage. J’avais bien travaillé !
En 2015, de très graves différends avec ma fille vinrent désorganiser mes projets juste après une opération importante que j’avais subie. Comme d’habitude, après profond questionnement et réflexion mûris, je pris la décision de revendre ma maison et de repartir sur Nîmes que je connaissais bien et ne m’obligeais pas à un déracinement profond, difficile à supporter à mon âge. La vente fut laborieuse. J’essayais, non pas de faire une plus-value, mais, au moins, de retomber sur me pattes par rapport à l’investissement conséquent des travaux de rénovation.
Mais le marché s’était écroulé depuis mon acquisition et les prix pratiqués m’ont donné le vertige. Tant pis, ma décision était prise. Je voulais partir et tout effacer. J’avais besoin de me retrouver. Au bout de trois ans, je finis, voyant la courbe immobilière descendre de plus en plus, par céder ce bien au prix de son achat. En calculant bien, 10 ans de location à 600 euros par mois plus le plaisir d’en avoir profité. Bah ! Ça payait les travaux. De plus, Praline était morte. Coline avait une grave maladie qui n’allait pas l’amener très loin. Finalement, le capital qui restait me suffisait largement pour vivre confortablement et surtout ne rien devoir à personne.
Une fois l’acheteur trouvé, il a fallu te mettre en chasse de l’appartement qui allait te convenir à défaut de te plaire totalement ? Pour une fois, tu as apprécié ton ordi ? Il a été le bon collaborateur ?
Je dois dire que oui.
Je m’étais fixée sur un P2 avec des critères très précis. Bien situé au point de vue du quartier… calme, 2e ou 3e étage avec terrasse, ascenseur, sécurisé soit par un gardien ou un système de digicode. Si possible, un parking pour ma voiture. Non loin du centre-ville, commerces et services.
Je pouvais y mettre un loyer correspondant à ma situation fiscale sans voir mon dossier refusé. Mon expérience dans l’immobilier m’avait appris les ficelles du métier.
Après une sélection assez proche de mes besoins, je pris des rendez-vous sur une semaine.
J’en profitai pour me réapproprier la ville qui avait bien changé en dix ans… J’avais gardé des contacts avec cette dame grecque, connue en 1984 au cours d’un séjour de sa fille en clinique. Elle avait subi la même opération que moi aux pieds. Nous étions dans la même chambre. J’appris, lors d’une de ses visites, ses origines. Je lui racontai mon attachement à ce pays qu’était le sien et cela nous rapprocha. Une amitié naissait.
Elle était mariée. Nos rencontres étaient très sporadiques, tant son mari, au demeurant intelligent, développait une sauvagerie insupportable et un mépris pour les amies de sa femme. Néanmoins, je saisissais toutes les occasions pour passer du temps avec elle et d’autres de ses amies. Ayant tissé des liens, je lui racontai brièvement mon histoire et lui confiai mon trésor, une lettre manuscrite que, malgré mes essais (dico en main), je n’avais pu traduire.
Elle m’avait proposé de le faire… Non seulement elle ne me l’a jamais traduite, mais elle ne me la rendit pas, prétextant qu’elle l’avait rangée et ne la retrouvait pas. Quand il y a un an, je suis revenue à Nîmes après dix ans d’absence, elle l’avait retrouvée… Ma pauvre lettre avait dû subir des manipulations qui l’avaient usée. Déchirée en son milieu, l’écriture passée, à peine lisible et n’ayant que très peu de connaissance de cette langue, je me désespérais de pouvoir, un jour, en connaître le contenu.
Si je ne lui ai jamais montré ma déception, je lui en ai quand même voulu.
Aussi, à ma grande surprise, lors de ma venue à Nîmes pour mes visites locatives, elle me rendit cette lettre après 36 ans de détention et demanda à l’une de ses amies, grecque comme elle, de me la traduire m’expliquant qu’elle n’arrivait pas à lire l’écriture ; son amie, ne maîtrisant pas très bien le français, m’indiqua pourtant que cette lettre était une magnifique lettre d’amour que rarement un Grec était capable d’écrire.
Je ressentis une si vive émotion que mon souffle en fût coupé et les larmes me montèrent aux yeux. Je n’avais de cesse, dès lors, de la faire traduire coûte que coûte, d’où cette envie de m’écrire pour revivre cette histoire qui n’avait jamais, jamais quitté mon cœur et tout mon être.
Je repartis en Vendée préparer mon futur déménagement, ayant trouvé mieux que je n’espérais. Tous les critères s’y trouvaient ! Et, cerise sur le gâteau, la résidence se trouvait dans un parc aménagé… C’est donc la tête pleine de joie que mes cartons furent remplis, vendant ou donnant ce qui ne m’était plus utile.
Je ne m’étendrais pas longtemps sur ce transfert qui fut un désastre. À mon arrivée, ma petite Coline, très mal en point, montra des signes graves de santé. Je fis venir un vétérinaire qui malheureusement ne put que l’endormir, son état était irrécupérable. Par ailleurs, le camion tomba en panne, mais le pire était à venir.
En fait, il ne s’agissait pas d’un camion de déménagement classique de la société contactée, mais d’un vieux camion anonyme dans lequel aucun aménagement n’était existant, tout était mis en vrac.
La société avec qui j’avais signé un contrat par Internet, probablement surchargée, a saisi l’occasion pour, du fait que techniquement je ne pouvais être présente lors du chargement de mes affaires, utiliser « au noir » un sous-traitant, qui, lui-même, prit deux petits Maghrébins également « au noir » pour cette même opération. Arrivé après huit jours de retard, je retrouvai mes meubles abîmés, rayés, portes dégondées, bref, un carnage. Comme j’avais listé tous les cartons et leur contenu, rien ne fut perdu. Après déchargement, les deux gamins me demandèrent le règlement du solde immédiatement. Ils ne purent me fournir un quelconque bon de chargement et de déchargement. Aucun papier de transport. J’en déduis rapidement que ce n’était là qu’une grosse arnaque pour ne pas dire escroquerie de la société démarchée. Je ne donnais pas le chèque du solde, ne recevant aucune facture, seule preuve pour une réclamation. C’est au téléphone que j’en fis part à ce sous-traitant, lui précisant bien que j’avais attendu 8 jours mon déménagement et qu’il pouvait attendre également 8 jours pour recevoir le chèque. Je fis un courrier à la société d’origine (en recommandé). Inutile de dire qu’aucune réponse ni réclamation financière, et pour cause, ne me furent demandées.
Je m’installai donc dans mon nouveau home très fatiguée, triste pour Coline. J’avais heureusement pour me consoler Samia, ma chatounette tigrée de 5 ans.
Aujourd’hui, j’ai pris mes marques et me plais dans mon logement. J’y ai des voisines agréables et nous avons pendant cette période de confinement lié des liens sympathiques.
Alors j’ai profité de cet isolement forcé pour faire mes recherches de traducteurs sur Internet. Les réponses furent rares ou lointaines, mais mon ordi fut une aide certaine.
Tu vois qu’il ne faut jamais désespérer ! Qu’est-ce que tu as trouvé ?
Deux noms à consonance grecque, avec téléphone.
J’ai aussitôt téléphoné à la première personne. Malheureusement, elle traduisait l’albanais, pas le grec. Je lui exprimai ma déception, ma recherche et le sens de ma démarche. Touchée par mes dires, elle me donna les coordonnées d’Antonia. Ma chère Antonia (traductrice judiciaire) qui accepta ce travail et dont le résultat se trouva dans mes mains seulement trois jours après. Un miracle pour moi. Un bonheur immense ! La volonté de n’avoir à vivre maintenant qu’habitée par cet Amour 44 ans plus tard.
Ce travail fut extraordinairement exécuté d’après une photocopie. Compte tenu de l’âge du manuscrit, Antonia le scanna et put ainsi retrouver les mots presque illisibles que moi-même ne pouvais lire dans sa calligraphie d’origine. Avant de tenir la traduction dans mes mains, Antonia me la lut au téléphone.
Des larmes de bonheur perlaient à mes yeux. Je me hâtai de récupérer mon trésor dont je pouvais enfin lire et relire ces mots écrits, enfin traduits pour moi, et les graver à jamais dans tout mon être.
C’est ainsi que j’ai commencé à m’écrire, à me raconter cette merveilleuse histoire avec ces précieuses paroles, mais principalement à revivre intensément ces périodes d’Amour partagé et surprenant.
Tous les jours, je reprends l’histoire et la revis comme si c’était hier.
C’est avec une reconnaissance ineffable envers Antonia que je vais retrouver cet Amour unique que je souhaite à tout le monde de vivre. Mais attention, çà n’arrive qu’une fois !
« Je t’écoute ».
 
Projet de vacances
Si le romantisme a encore sa place dans ce monde individualiste et matérialiste, alors cette histoire en fait partie.
Tout commença au printemps   1976. Les Champs Élysées embaumaient de cet air particulier à Paris. Comme chaque midi, je déjeunai, tout en flânant sur l’avenue, d’un sandwich, d’une boisson. Les affiches colorées et attrayantes d’une vitrine sur des voyages « organisés » avaient attiré mon attention. Je n’avais, de moi-même, jamais songé à partir de cette façon, mais ma situation de célibataire « libre » me poussait à la curiosité d’en connaître l’attrait. Plusieurs de mes amies en avaient fait l’expérience avec bonheur. C’est alors décidée que j’allai me renseigner. Sans plus réfléchir, j’entrai dans l’agence de voyages située à proximité de mon lieu de travail.
Je fus très bien accueillie. N’ayant aucune idée sur une quelconque destination, l’hôtesse me présenta plusieurs brochures. J’aurais pu choisir un pays lointain, le choix était vaste, mais n’étant pas bilingue, certains représentaient une difficulté linguistique dont je ne voulais pas m’embarrasser.
Les pays classiques de l’Europe me suffisaient. Souvent, on y parlait le français. Donc, après discussion sur mes préférences mon choix se fixa sur deux pays très prometteurs : l’Italie et la Grèce. Mes souvenirs scolaires, bien que lointains, me firent choisir la Grèce.
Tout ce que j’avais étudié de cette civilisation, de son immense empire sous Alexandre le Grand, son pouvoir, sa vie, son art... je ne sais pas… mais je fus séduite.
C’est en Grèce que je voulais expérimenter ma première décision de voyager où je voulais, seule avec ma fille Sasha, alors âgée de 16 ans… j’avais trop souvent suivi le choix des autres. Aujourd’hui, la Grèce m’appelait à elle.
Le voyage proposé se déroulait sur deux semaines. La première consacrée à la visite du Péloponnèse. La seconde offrait la détente dans un village club en bordure de mer, à Ermioni en Argolide, face à l’île d’Hydra. Le dossier promptement mené, il ne me restait plus qu’à régler une partie du séjour dite « réservation », le solde à la remise des documents 10 jours avant le départ à Orly.
Dans l’euphorie de mon choix, je dus me faire un rappel du pied concernant mes dépenses personnelles. Ce voyage me coûtait un mois de salaire. J’avais un peu plus de deux mois devant moi. Je pourrais mettre ce qu’il fallait dans l’enveloppe vacances afin de ne pas subir un trou important dans le budget. Par bonheur, à cette époque, notre société nous donnait une prime de vacances bienvenue pour nos faux frais.
Les mois qui précédèrent étaient bien occupés à la préparation de mes premières VRAIES vacances. Le printemps, même un peu frais, ne connut pas de pluies. L’atmosphère était sèche et laissait envisager un été chaud. C’est ce qui se produisit à partir de juin.
Une chaleur accablante envahissait les rues et les bureaux au point que nos directeurs nous donnèrent une permission d’une heure pour que nous puissions nous rafraîchir à la piscine du club sportif des Champs. Le manque d’air nous liquéfiait et je pensais de plus en plus à mon séjour en Grèce, où il faisait très, très, très chaud, mais…, car il y a toujours un mais… Il y a la MER.
Sasha était en entraînements intensifs (après sa victoire junior en Île-de-France) pour les championnats de France de Jumping. C’était épreuve sur épreuve à Montévrain dans le club équestre où elle évoluait depuis son enfance. Ce qui me donna, de temps en temps l’occasion d’aller voir ses performances dont les moniteurs ne cessaient de la louer. Ils accaparaient tout son temps, celui de son père et de ses instructeurs. C’est vrai qu’elle était douée, mais en même temps, elle devenait une ado pénible. Même si cette situation est commune à beaucoup de parents, même s’il fallait quelque peu s’adapter, je comptais bien sur notre voyage à deux pour régler et réguler ses sautes d’humeur, ses exigences et rétablir quelques règles qu’elle semblait avoir oubliées.
Mon temps bien employé, les jours et les semaines filèrent tel un TGV à vive allure vers la date de récupération du dossier vacances en Grèce, destination finale « Kappa club ».
Tout se présentait normalement, mais à la lecture des documents, Sasha m’annonça qu’elle ne pourrait pas m’accompagner. La finale des concours d’obstacles se déroulait à ces mêmes dates. Sachant combien elle était passionnée par ce sport et son niveau me le prouvait, je n’eus pas le cœur de lui imposer un choix.
Alors, prise au dépourvu, je lançai des propositions à profiter gratuitement de sa place...

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