Attracted by the blood
138 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Attracted by the blood

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
138 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Romance - Fantastique - Aventure - bit-Lit - 250 pages


Âmes sensibles, s'abstenir


Kiahara et Faël affrontent les difficultés de leur union, mais comment trouver l’équilibre quand le quotidien est rythmé par la souffrance, le sang et la mort ? Surtout lorsque des créatures d’une autre époque viennent semer le désordre.


Faël pourra-t-il contenir les élans destructeurs de son épouse ou Kiahara va-t-elle transformer Ténébris en champ de bataille et mettre leur amour en péril ?


De son côté, Azura, de retour à Xéria après des années d’exil, découvre que son peuple ne l’a pas attendue. Décidée à conquérir ce qui lui revient de droit, elle n’hésite pas à écraser quiconque se dresse sur son chemin, jusqu’à se heurter à l’irrésistible Vipion. Agaçant mais séduisant, il va l’attirer dans ses filets dans le but de la manipuler.



Entre batailles et sacrifices humains, soyez prêts à plonger dans une nouvelle aventure sanglante, magique et érotique !

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 12
EAN13 9782379610240
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Attracted by the blood - 2 –Azura


2. AZURA

SANDRA CHURKA-MANN
2. AZURA

SANDRA CHURKA-MANN





Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 978-2-37961-024-0
Photographie de couverture : Subbotina Anna
Remerciements


Pour commencer, je remercie Laetitia et Didier de m’avoir permis de réaliser mon rêve et ma passion qu’est l’écriture. Sans eux, ce livre n’aurait pas vu le jour. Merci pour tout le travail fourni sur chacun de nos écrits et sur les couvertures pour qu’ils soient à la hauteur des attentes.
J’adresse également mes remerciements à Patricia pour avoir embelli ce roman et pour lui avoir consacré ce temps.
Merci à ma famille, à mes amies qui me soutiennent dans chacune des étapes de cette merveilleuse aventure. Mention spéciale à mon mari, toujours présent pour me motiver et, surtout, de me supporter au quotidien ou lorsque je m’évade des heures durant dans mon monde
Et finalement un grand merci à vous, lecteurs et lectrices, pour votre patience et votre soutien. Autant vos retours, vos sourires, que vos visites sur les salons permettent d’entretenir la flamme de mon imagination.

Sandra
Chapitre 1


Azura
Toujours dans ma geôle, moi, Azura, héritière légitime de ce monde ! Je me retrouve à poireauter dans cette cellule, comme une vulgaire délinquante, à attendre que ce Vipion daigne me rendre visite, et aussi mon exécution par la même occasion, ne l’oublions pas ! Ils ont intérêt à faire venir ma mère, et fissa, s’ils ne veulent pas goûter à mon immense colère.
Si encore les conditions étaient décentes, mais j’ai droit à une cellule uniquement équipée d’une paillasse sale et d’un trou dans le sol en guise de sanitaire d’où s’élève une odeur nauséabonde. C’est répugnant, ils vont m’entendre ces soi-disant gardes lorsque je sortirai d’ici. Ils vont moins rire quand ils moisiront dans leur merde !
— Réveillez-vous, vermine, Sa Majesté Cathrisa est parmi vous, retentit une voix masculine.
Enfin ! Ce n’est pas trop tôt, je vais être libérée de ce trou à rat. Mon cœur bat la chamade à l’idée de revoir ma mère. Cela fait vingt et un ans que je ne l’ai pas vue, une éternité, quoi. Prestement, je me redresse et m’arrange comme je le peux. Hélas, avec la crasse qui m’entoure, je sais que je n’ai rien de princier.
La reine fait son entrée, la tête haute, comme à son habitude. Elle est exactement comme dans mes souvenirs. Elle n’a pris aucune ride, son visage est aussi lisse qu’à l’époque. Ses yeux perçants n’ont rien perdu de leur vivacité. J’en reste sans voix, elle est magnifique. Sa chevelure composée d’une myriade de diamants rouges brille de mille feux.
— C’est elle, majesté.
— Laisse-nous, ordonne-t-elle.
— Mais…
Ni une ni deux, le garde se fait éjecter à l’extérieur sans qu’elle ait besoin de le toucher. Elle n’a pas changé d’un poil !
— Maman.
Je suis tellement émue que j’en pleure, comme la cruche que je suis. Moi qui m’étais pourtant promis de rester forte. Allez, Azura, ressaisis-toi ! Tu dois lui montrer que tu es sa digne héritière, pas une gamine en quête d’amour.
— Qui es-tu ? demande-t-elle.
— Maman, c’est moi, Azura.
Si elle est troublée, elle n’en laisse rien paraître. Elle se contente de me scruter de haut en bas, jauge ma force.
Pourtant, elle devrait me reconnaître, je n’ai pas tant changé durant ces années. J’ai toujours les mêmes cheveux blonds piqués de pierres couleur sang, le regard empli d’intelligence et de fierté comme à l’adolescence.
— Je n’ai pas de fille, encore moins de bâtarde dans ton genre.
L’insulte ne me laisse pas indifférente, je le cache néanmoins.
— Maman.
— Quel est le prénom de ton père ?
— Quoi ! Tu ne me crois pas ?
— Répond ou ta tête se balancera sur mes remparts au lever du jour.
Dans mes souvenirs, elle était plus douce, plus maternelle. Décidément, les temps ont changé.
— Je suis la fille de Wladimir, roi des airs.
— Comment s’appellent tes sœurs ?
— Altéa et Kiahara. Pose-moi une vraie question !
— Tu devrais être morte et enterrée depuis longtemps, déclare-t-elle sans pincettes, sans une once d’émotion.
Sympa de sa part ! Je m’attendais à des embrassades, pas à cette comédie.
— Cache ta joie ! m’agacé-je.
Sans que j’anticipe, elle éclate de rire, pas très royal comme comportement. D’un tour de doigt, elle ouvre la porte de ma cellule.
— Viens, allons parler.
— C’est tout ? Tu me crois comme ça ? Tu n’as pas peur que je puisse te vouloir du mal ?
— Un moustique en colère ferait plus de dégâts que toi. Ton manque d’éducation magique t’a rendu faible et instable.
Elle crache ce mot comme l’insulte ultime. Je lui montrerai qui est la plus forte de nous deux. Bientôt, elle me suppliera de prendre sa place sur le trône. Elle me servira de repose-pied quand j’en aurai fini avec elle. Ma joie de la revoir est très vite retombée, vu son accueil.
Je garde le silence pendant qu’elle m’entraîne par des corridors tortueux tout juste assez hauts pour se tenir debout.
— On va où comme ça ?
Elle m’ignore et poursuit son chemin. Pas facile avec sa robe majestueuse qui frotte les murs et se déchire !
Après avoir traversé plusieurs angles, on débouche enfin dans une chambre. Vu l’opulence, il ne peut s’agir que d’une piaule royale. En l’occurrence, celle de ma mère, j’en suis persuadée.
Comme chez moi, je me laisse tomber sur le lit, les doigts de pieds en éventail.
— Alors quand est-ce que je vais reprendre ma place légitime ?
Le rire qu’elle m’offre en retour n’a rien d’amical. On dirait plutôt celui d’un animal en pleine agonie. Voilà d’où Kiahara tient le sien, un son comparable à celui d’une baleine à moitié crevée !
— Pardon ?
— Ben oui, tu ne vas pas croire que je suis venue jusqu’ici pour admirer la vue. Je suis l’héritière légitime de ce monde, je compte bien endosser mes responsabilités.
Le gloussement qu’émet maman me laisse interloquée. N’a-t-elle donc rien d’autre à faire que de se marrer comme une dinde ?
— Pourquoi n’es-tu pas morte ? me demande-t-elle une fois son sérieux recouvré.
— Sympa de voir ton bonheur de me retrouver ! Je m’attendais à un accueil plus enthousiaste.
— Réponds à ma question.
Son ton n’a rien de chaleureux, ses yeux bleus sont perçants et la magie qui émane d’elle a tout d’un avertissement.
— Il faut croire que père a changé d’avis. Contrairement à toi, lui a plutôt tenté sa chance en essayant de nous mettre à l’abri sur Ténébris. Dans le genre mère indigne, tu remportes la palme d’or !
Quand je pense que je l’ai défendue dès le départ, parce que je ne pouvais pas l’imaginer sans cœur. Au final, Héria n’avait pas tort.
— Tu vas rentrer et prévenir Wladimir. Qu’il se cache dans le plus petit trou qu’il pourra trouver, je vais lui apprendre à me désobéir ! Pour qui se prend-il, ce roi des paysans ? Ce n’est pas pour rien que j’ai accepté la condition d’Hénios. Franchement, quel crétin !
Des flammèches s’échappent de ses doigts alors qu’elle continue à pester.
— Papa est mort. Il s’est fait tuer pour nous protéger, il y a une vingtaine d’années. Je te prie de bien vouloir cesser de salir sa mémoire.
Il m’a fallu longtemps, mais à présent, je crois la version d’Altéa. Mieux vaut tard que jamais !
Cathrisa rigole, comme une hystérique, à mon annonce. Super, la veuve éplorée !
— Foutaise ! Pour Wladimir, personne n’a plus d’importance que sa petite personne. Il ne s’est pas sacrifié. Il se cache quelque part comme un lâche, je n’en doute pas.
— Maman.
— Cesse de m’appeler ainsi !
— Mais…
Son regard de glace m’encourage à me taire.
— Donc, tu as eu la lumineuse idée de t’incruster ici ? Si j’ai bien compris.
— Tu me manquais. J’ai attendu pendant des années que tu viennes me chercher et j’étais lasse. Tu ne serais jamais revenue, pas vrai ?
— Évidemment que non ! J’ai autre chose à foutre que de m’occuper d’une morveuse censée être décomposée depuis des lustres. Rassure-moi, Altéa et Kiahara n’ont pas survécu ?
— Si.
— Pourquoi n’as-tu pas eu la présence d’esprit de les liquider ? Kiahara n’était qu’un fragile bébé quand je suis partie. À cet âge, une mauvaise chute et, hop, l’affaire était réglée ! Tu me déçois beaucoup Azura, vraiment.
Voilà, preuve supplémentaire que je n’aurais pas dû céder aux suppliques d’Altéa et supprimer la gueuse. Si je m’étais écoutée, je n’en serais pas à ce stade.
— Très sympathique ! Je vois de qui je tiens. Que comptes-tu faire de moi ? Me renvoyer sur Terre ou sur Ténébris pour que je puisse admirer le règne de Kiahara avec son prince et leurs enfants ? Ou encore mieux, me tuer pour faire oublier tes coucheries avec un vampire ?
Elle fronce les sourcils. La voilà qui réfléchit à comment me buter.
— Quel règne ?
Elle ne va pas aimer ce que j’ai à lui dire, c’est certain.
— Tu ne sais donc pas tout. La petite sœur que j’ai dû élever après ta fuite a été couronnée reine des airs et est l’épouse de Faël, le fils d’Hénios et d’Héria. Félicitations, tu vas être grand-mère ! En attendant, j’ai été évincée et je ne permettrai pas que cela se reproduise ici. JE suis l’héritière légitime.
— Ne t’avise plus jamais de me parler sur ce ton. À la base, tu devais disparaître, je ne t’ai pas demandé d’élever tes sœurs.
— C’est toi qui m’as fait jurer de les protéger au risque de perdre mes pouvoirs.
— Et toi, pauvre fille, tu y as cru ?
— Espèce de garce manipulatrice ! lui craché-je à la figure.
Aussitôt, l’air se réchauffe d’une bonne dizaine de degrés, ma mère me plaque contre le mur. Elle est forte pour une sorcière, je ne me laisse pas démonter pour autant.
— Écoute-moi bien, je ne me répéterai plus. Ici, tu n’es RIEN, personne. Si tu tiens à ta peau, tu vas la fermer et faire profil bas jusqu’à ce que je décide quoi faire de toi.
— Le peuple sait que tu as vécu sur Terre, il m’a vue enfant.
— Pour lui, tu n’étais qu’une attardée qui me servait de cobaye.
Elle n’a pas osé faire ça ? C’est immonde et tellement brillant à la fois que je ne sais quoi en penser.
— Tu as caché ma naissance ?
— Une reine se doit d’être pure et irréprochable. Avoir des enfants avec une raclure des bas-fonds n’est pas franchement une fierté.
— Je veux ce qui me revient de droit. Le trône est à moi !
Après toutes ces révélations, je ne vais pas me laisser évincer. Oh non ! Je lui volerai sa couronne, par la force si nécessaire. Je m’en fais le serment.
— Toi, tu vas te tenir calme dans un coin et faire tout ce que Vipion, mon FILS, te demande. Suis-je claire ? gronde-t-elle. À moins que tu veuilles moisir dans les geôles.
Sans me laisser le temps de répondre, elle disparaît.
Moi qui pensais qu’elle allait m’accueillir à bras ouverts, quelle conne je fais ! D’un autre côté, je préfère mille fois être ici plutôt que d’être le témoin de l’idylle de mon idiote de sœur avec son connard de vampire.
En attendant qu’il se pointe, je me demande à quoi ressemble ce demi-frère qui a droit à tout alors que moi j’ai à peine l’autorisation de respirer et de me cacher comme un animal.
Peu importe qu’il soit beau et fort, je me fais la promesse de supprimer l’indésirable, l’erreur de la nature, coûte que coûte.
Chapitre 2


Vipion
C’est d’excellente humeur et en sifflotant que je me rends dans la prison. L’exécution d’une métisse est toujours une bonne chose, surtout si elle a réussi à entrer sur Xéria. D’ailleurs, il va falloir que j’en touche un mot à Cathrisa. Dernièrement, il y a du laisser-aller. Pas plus tard que la semaine passée, je l’ai surprise à s’envoyer en l’air dans un couloir. Pour une reine, c’est un comportement indigne.
À l’approche des cellules, je les scrute une à une. Je n’ai pas pour habitude de me promener dans les oubliettes, surtout que le mouchoir que je presse contre mon nez ne me protège pas de la puanteur ambiante.
— Puis-je vous aider, altesse ? me demande un garde.
— Où est la métisse ? Son exécution est bien prévue ce matin ?
Je le vois réfléchir, les yeux perdus dans ses pensées, comme si l’information lui échappait. Étrange. Pour en avoir le cœur net, je le sonde et remarque un verrou magique sur son esprit, avant qu’il ne me réponde, je sais ce qu’il s’apprête à me dire.
— Je suis désolé, mais ici, nous ne gardons que des citoyens atteints de folie.
Mécontent, je lui lance tout de même une piécette d’or pour son aide. Il n’y a qu’une seule personne en mesure de modifier les souvenirs des gardes, ma très chère mère. Elle me cache quelque chose, je vais découvrir de quoi il s’agit. Dans sa position, elle ne peut pas se permettre ce genre de folie, au risque de s’attirer les foudres de ses ministres.
Avant tout, une douche s’impose, j’empeste à plein nez. Je ne peux décemment pas me présenter ainsi devant ma reine.
J’ignore les courtisans qui embrassent le sol à mon passage, j’en ai l’habitude à force. Quatre par quatre, je grimpe les marches jusqu’à ma suite. Avec un peu de chance, une Lorelei à l’appétit sexuel insatiable se trémousse sous l’élémentaire d’eau après notre folle nuit.
Sur la pointe des pieds, je pénètre mes quartiers. Comme je l’espérais, j’entends le bruit de la flotte qui s’écoule sur un corps nu. Ses habits parsèment le sol. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, je me débarrasse de mes vêtements et surtout de mon boxer trop serré. En toute discrétion, j’ouvre l’imposante porte, me félicitant d’avoir désactivé la bouche magique, souvent trop bavarde, au-dessus du battant en bois.
Là, sous mes yeux, ma déesse se shampouine les cheveux. Ses hanches se balancent au rythme d’une musique silencieuse. Son postérieur bombé n’attend que mes mains expertes. Rien qu’à cette pensée mon cœur s’affole.
Un sourire charmeur sur les lèvres, je plaque mon dos au sien et empoigne fermement ses seins voluptueux. Ma langue s’égare sur sa nuque. L’odeur vanillée du savon me fait tourner la tête. J’adore la prendre par surprise.
— Aaah ! T’es qui toi, bordel ? crie une parfaite inconnue.
Sans me laisser le temps de réagir, je me retrouve plaqué contre le mur.
Je suis incapable de me concentrer sur autre chose qu’une paire de nibards collés à mon torse. Mon cerveau principal, sous ma taille, a pris le relais.
— Oh, glanduc ! J’ai les yeux plus haut.
M’arrachant à ma contemplation, je remonte ce corps magnifique. Au passage, je dévore chaque parcelle de sa nudité. Après tout, si elle se trouve dans mes appartements c’est qu’elle doit connaître ma réputation d’étalon. Il va falloir que je dresse cette jeune tigresse pleine de fougue.
Ce n’est que lorsque je remarque sa chevelure que ma mâchoire se décroche de stupéfaction. Blonde avec des diamants rouges, ce n’est pas l’une des nôtres ! En tout cas pas à part entière, une évidence me saute au visage.
— Tu es la prisonnière !
— Ça m’étonnerait. Je suis Azura, ta future reine, et tu apprendras à me respecter pour telle. Alors, si tu ne veux pas que je t’arrache les yeux, décampe.
J’essaie de me libérer, mais bordel, qu’est-ce qu’elle est forte ! Bien que ce soit excitant de se faire plaquer de la sorte, et qu’une flopée d’idées salaces me traversent l’esprit, je fais usage d’une pointe de magie pour l’assommer. Inférieure par bien des aspects, je n’ai aucun mal à la soumettre à ma volonté.
Avant que son corps ne touche le sol, je la rattrape pour la déposer avec douceur sur mon lit. Pendant un instant, je scrute son délicat visage. J’en oublie ses origines.
Absorbé par sa beauté, je laisse mes doigts s’égarer sur ses délicieuses courbes. Je suis perdu dans mon exploration lorsque la porte d’entrée s’ouvre à la volée. J’ai horreur des gens qui ne savent pas frapper ! Pris sur le fait, je saute du lit, comme un gamin chopé en flagrant délit. Encore heureux que j’ai pris soin d’envelopper la délicieuse créature dans un peignoir que je m’empresse de fermer.
— Mère ! Tu pourrais toquer.
— Ce palais m’appartient. J’entre ou bon me semble sans avoir besoin d’une quelconque autorisation. N’oublie pas ta place, prince !
J’incline la tête avec respect, bien que je sois en colère.
— Que fais-tu avec elle ?
— Quand je suis revenue des cachots, je l’ai trouvée dans ma salle d’eau. À ce propos…
— Je te présente Azura, ta sœur.
— Ma so… so…
— Oui, ta sœur ! Si c’est trop compliqué à faire rentrer dans ton cerveau, je peux te le graver sur le front.
— Mais… mais c’est une…
Je ne termine pas ma phrase et la désigne d’un vaste geste du bras pour que mère comprenne ce dont je parle. Quand je pense que j’ai été attiré par elle ! Attirance qui s’envole immédiatement à la minute où j’apprends notre lien de parenté. Je ne suis pas un animal. Rien que d’y songer, la gerbe me vient. Bon d’accord, j’exagère. Dans notre société, une relation consanguine n’a rien d’exceptionnel.
— Oui, son père est un vampire. Je compte sur toi pour que cette information demeure entre ces murs. En attendant qu’elle retourne chez elle, je t’ordonne de t’occuper d’elle.
— Moi ?
— Non, la Sainte Vierge ! Bien sûr qui d’autre ?
— Je suis censé faire quoi d’elle ?
— Peu importe tant qu’elle reste loin du trône. Et empêche-la de s’alimenter auprès de mes sujets.
— S’alimenter ?
— Bon Dieu ! Cesse donc de réfléchir avec ton entrejambe et utilise-le peu de matière grise résiduelle que tu as ! Elle est à moitié VAMPIRE. De quoi est-ce qu’ils se nourrissent à ton avis ?
Ah oui ! Je n’avais pas vu le problème sous cet angle.
— Comment suis-je censé l’en empêcher ?
— Par tous les moyens. Mets-lui une laisse si nécessaire. Sois créatif, tu sais faire preuve d’originalité dans ce domaine, je me trompe ?
Une merveilleuse idée ! Mon imagination fertile se la représente déjà à mes pieds, se trémoussant alors qu’une chaîne l’étrangle. Bordel, Vipion, reprends-toi, c’est ta sœur !
— Il faudrait la rendre moins reconnaissable. Avec son apparence, le bas peuple s’en rendra compte et…
Je me tais face au soupir las de Cathrisa.
— Faut-il donc tout faire soi-même ?
Un claquement de doigts plus tard, la chevelure d’Azura s’est transformée en une rivière pourpre de pierres précieuses. N’importe quel œil non averti s’y ferait prendre. Si je ne le savais pas, je jurerais avoir une sorcière tout à fait classique dans mon lit. Rien à redire, maman est puissante sous ses airs de dirigeante intrépide.
Sans plus de cérémonie, elle se retire. Je me retrouve seul avec Azura.
— Eh, mais qu’est-ce que tu m’as fait ? Si tu m’as tripotée sans mon consentement.
Évidemment, mère a contré ma magie et l’a réveillée. Fichtre ! Moi qui pensais pouvoir la reluquer pendant quelque temps en toute impunité.
— Habille-toi et suis-moi, la coupé-je dans son élan, avant qu’elle ne déblatère d’autres âneries.
Je lui lance les vêtements que Lorelei a laissé traîner.
— Tu crois que je vais enfiler les guenilles de tes putes ? Je mérite les tissus les plus onéreux, pas les restes de tes conquêtes.
D’une incantation silencieuse, je lui cloue le bec.
— Mmm…
— Voilà qui est beaucoup mieux.
J’aurais dû y penser plus tôt ! D’une pichenette mentale, je l’expédie dans la salle de bains, faisant fi de sa moue boudeuse. J’ai autre chose à foutre que de m’occuper de ses états d’âme.
Chapitre 3


Cathrisa
Comme si je n’ai pas assez de soucis sur le dos, il faut que mon passé me rattrape. Son arrivée ne peut signifier qu’une chose : le bouclier protecteur de Xéria faiblit. Or, il est directement relié à mon énergie vitale. Moi qui pensais que mon aventure avec Wladimir ne ressurgirait jamais une fois de retour chez moi. Je me remémore toutes ces personnes que j’ai dû ensorceler pour leur faire oublier l’existence de mes enfants, de mon autre vie.
Est-ce que la soi-disant mort de Wladimir éveille des souvenirs enfuis depuis des décennies ? Évidemment ! Il fut un temps où je l’aimais, à ma manière, mais avec sincérité. C’est pourquoi je lui ai accordé ma confiance. Je l’ai cru sur parole quand il m’a assuré mettre fin à notre expérience dès que je serais partie. Mes filles, nos enfants, devaient mourir ! Lui a trouvé le repos éternel, tandis que je me retrouve avec cette plaie en guise de cadeau. Moi qui pensais être assez loin de toute cette galère pour que personne ne puisse me rejoindre.
Tuer les petites était une décision difficile à accepter, mais nécessaire. Le handicap constaté sur tous les rejetons mi-vampires mi-jeteurs de sort prouvait notre incompatibilité. Azura, Altéa et Kiahara ne montraient aucune anomalie physique, je savais cependant qu’un sombre fléau œuvrait en elle. Kiahara n’était qu’un bébé, pourtant la nécrose y était plus présente que chez les autres. Le sentimentalisme de Wladimir nous a tous mis en danger.
— Viens me rejoindre, chérie.
— Killian, combien de fois faut-il te le répéter ? Je suis ta reine, pas une prostituée que tu peux t’envoyer au coin d’une sombre ruelle.
Il faut qu’il comprenne. Je joue ma réputation. Accepter sa présence au château est déjà une imprudence de ma part. Alors, coucher avec lui, n’en parlons même pas ! Les citoyens voient toujours d’un mauvais œil le meurtre d’Asher, mon ex-mari et père de Vipion au passage.
— Tu ne disais pas ça hier soir dans la salle du trône, fait-il. Laisse-moi t’ôter cette énorme robe.
Il m’attire à lui par les hanches et parsème mon cou de baisers humides. S’il n’était pas aussi beau avec ses yeux vairons, il n’aurait jamais partagé ma couche, encore moins profité de mon corps sublime malgré plusieurs grossesses.
— Justement, quelqu’un aurait pu nous surprendre.
— Et alors, tu es reine ! À quoi bon, si tu ne peux pas t’amuser ?
Il ne comprendra jamais que je suis la première prisonnière de ce monde, mais déjà, je me laisse charmer par sa barbe naissante qu’il frotte sur ma peau. Son odeur de fumée mêlée à celle de l’alcool, et surtout son appétit sexuel insatiable me donnent le tournis. Je ne dois pas, je le sais, mais c’est plus fort que moi.
Sans pudeur, je me laisse entraîner dans un recoin sordide du château. La crainte d’être surprise à tout instant réveille une part en moi que je croyais éteinte. Avec Killian, je peux oublier pendant un bref instant qui je suis et la lourde charge émotionnelle que je traîne derrière moi.
À peine nos ébats terminés, le poids me retombe sur le dos. Après avoir expédié Killian comme une vieille chaussette, je m’occupe de ce qui me tracasse le plus, la barrière.
Je pose mon royal postérieur sur mon trône incrusté de rubis, prête pour la prochaine séance de doléances. Une illumination me vient. Pourquoi ne pas utiliser cette brèche à bon escient ?
J’écoute d’une oreille distraite les requêtes plus barbantes les unes que les autres. Pendant ce temps, j’élabore un plan d’attaque aussi efficace que mortel. Je fais un signe discret à mon conseiller pour qu’il s’approche.
— Fais venir le général des armées.
— Majesté, Xéria est en paix depuis des décennies, plus personne n’occupe ce poste désormais.
Il semble affligé de devoir m’annoncer cette nouvelle et pour cause, j’aime punir les messagers. Après une courte réflexion, je décide cependant de lui laisser la vie sauve, il pourra certainement se montrer utile dans les semaines à venir. Hélas, mon plan va être plus compliqué à mettre en place que je ne le pensais.
Ce qui me tracasse davantage, c’est la propension de mes hommes à me contredire, ces derniers temps. Me suis-je ramollie ? Qu’à cela ne tienne, je vais remettre les pendules à l’heure.
Rien de mieux pour cela que de punir un voleur. Entourée de quelques dignitaires, je décide de châtier le jeune homme accusé d’avoir subtilisé de la nourriture pour subvenir aux besoins de son frère. Avec une mère malade, il pensait m’attendrir, c’est mal me connaître.
— Majesté, je vous en supplie…
— Pour l’amour du ciel, tais-toi, pauvre fou ! Pour qui me prends-tu ? Je me contrefiche de tes misères, tu n’as qu’à travailler pour survivre.
Exaspérée, je frappe dans mes mains. Que le spectacle commence !
Mes gardes immobilisent le délinquant pendant que je caresse son visage. Je ferme brièvement les paupières, mobilise mes forces. Hors de question de me planter devant un public, Vipion n’attend qu’un signe de faiblesse pour m’usurper mon trône.
Il ne me faut pas longtemps pour provoquer les cris de ma victime. En quelques secondes, j’utilise mes pouvoirs pour éplucher le visage du malheureux. Sa peau flasque se décolle avec lenteur pour atterrir dans ma main. Ses muscles sont à l’air.
Je jette le morceau par terre et le piétine de mon talon aiguille. Le voleur me supplie de l’épargner, mais j’ai autre chose en tête pour lui.
J’enlève mes bagues, les confie à ma dame de compagnie. Elles sont trop précieuses pour que je les salisse. L’assemblée retient son souffle en prévision du carnage à venir.
Une fois débarrassée, j’enfonce sans pitié mes pouces dans ses globes oculaires jusqu’à ce qu’ils soient recouverts d’une matière visqueuse et de sang. Ce n’est pas suffisant pour provoquer la peur collective, je décide de faire exploser le crâne du coupable par la force de ma pensée, dans un petit plop . Mon public, éclaboussé de cervelle, lâche des hoquets d’horreur et de stupeur.
— Sa magie comme la vôtre ne peut rien contre moi, fais-je remarquer. Je suis toute puissante. N’oubliez pas qui je suis ou vous subirez mon courroux !
Voilà, je pense que le message est passé. Rien de mieux qu’une exécution en bonne et due forme pour les remettre à leur place.
Chapitre 4
 
 
Azura
Réduite au silence, je n’ai pas d’autre choix que d’écouter le jeune avec ses bla-bla indécents. Pire qu’une langue de pute, il a un mot à dire sur tout ce qui bouge. Je le nomme jeunot, car il ne doit pas être plus âgé que Kiahara, s’il est vraiment mon demi-frère. Si je peux croire en ce que je vois, il est aussi bavard que mes frangines. À moins que ce ne soit qu’un subterfuge pour détourner mon attention. Possible…
L’existence de Vipion soulève une question. Pourquoi ne figure-t-il pas sur l’arbre généalogique ? Celui que nous a montré Héria dans son grimoire magique. Pourtant, le mariage de Kiahara y est. Étrange…
Je suis plutôt surprise lorsqu’il m’entraîne vers une portion du château plus calme, légèrement vétuste, avec des murs nus de toutes tentures et un sol en pierre vierge de toutes fioritures, comme de riches tapis persans aux armoiries royales. Pendant que nous marchons côte à côte, je ne peux m’empêcher de le détailler pour en arriver à la conclusion que nous ne nous ressemblons pas du tout ! Là où moi je suis blonde, lui porte avec fierté un rassemblement de pierres noires. Son nez est plus long, ses lèvres plus fines. Sans parler de sa taille, il fait au moins deux têtes de plus que moi, pourtant, je suis loin d’être petite.
— Ici, nous sommes dans la partie réservée aux esclaves humains.
Moi qui croyais les Xérois plus évolués que les vampires. Pourquoi avoir des esclaves ? À ma connaissance, les sorciers s’alimentent normalement.
— Je vois à tes yeux vides de toute intelligence, et ta cervelle trouée que tu te poses des questions, pas vrai ? se moque-t-il alors qu’il claque des doigts.
— Continue et c’est ton cul qui va finir troué ! rétorqué-je.
Quand je serai libre de me promener à ma guise et moins surveillée, je lui montrerai à celui-là ce que j’en pense. Petit frère ou pas, il va goûter à ma fureur.
— Pour répondre à ton air débile, ces gens nous servent de larbins. Tu ne t’imaginais pas que nous allions les payer ? Mère a autre chose à faire avec l’argent du contribuable. D’ailleurs, entre nous, si tu as un petit creux, personne ne remarquera la disparition de l’un d’entre eux.
Je le regarde, offusquée, si je suis venue ici, c’est pour vivre comme une sorcière, pas pour piller le garde-manger ! Il me prend pour qui ? Je ne vais pas mettre mon camouflage en danger pour une frénésie de sang.
— T’es sérieux ? Je vaux plus que ces bêtes assoiffées d’hémoglobine qui ne savent pas se contrôler.
J’ai été assez surprise de ma nouvelle apparence à mon réveil. Je ne suis pas mécontente de ressembler à une sorcière à part entière, n’est-ce pas ce que j’ai souhaité toute ma vie ? D’un autre côté, j’ai l’impression que maman a honte de moi. Elle me déguise jusqu’à ce qu’elle décide quoi faire de ma petite personne indésirable. Non que je ne la comprenne pas, à sa place, je n’aurais pas agi différemment. 
Si j’avais su pendant toutes ces années qu’elle me croyait morte, que je ne lui manquais pas une seule seconde, ma vie aurait été autre. Je n’aurais pas sans cesse repoussé mes malheurs sur papa et Kiahara. Mais le passé est le passé, il est temps de faire table rase et d’avancer.
— Viens, je vais te présenter une amie.
Comme si j’avais le choix ! Je suis encore trop faible après la traversée mouvementée du portail. Tel un gentil toutou, je gambade à ses côtés. Il regrettera son insouciance quand je lui ferai ravaler son sourire arrogant.
Après quelques minutes, Vipion toque à une porte en bois. Une bouche aux lèvres pulpeuses se forme.
— Qui dois-je annoncer ? nous demande-t-elle d’une voix rocailleuse.
— Son Altesse Vipion, héritier de la couronne et grand culbuteur des gentes dames.
— Rien que ça ? raillé-je. La modestie, tu connais ?
Sans me répondre, il nous fait entrer dans les quartiers de cette personne. N’empêche qu’à sa place, j’aurais probablement le même comportement.
— Lorelei ! Voici ma cousine Azura, je te la confie pour la journée. Pense à l’amener dans le salon royal pour le dîner. Merci, ma belle, dit-il avec une claque sur les fesses de celle-ci.
Elle rougit jusqu’aux oreilles. Super ! Me voilà avec la groupie de Vipion comme baby-sitter. De toute évidence, les pierres translucides qui ornent son crâne reflètent la profondeur de son intellect.
— Salut, je ne savais pas que Vipion avait une cousine ? Tu viens d’où ?
— Je t’en pose des questions, moi ?
— Ne te montre surtout pas cordiale !
— Comme si j’en avais quelque chose à foutre d’attirer ta sympathie.
— Faut croire que l’impolitesse est héréditaire chez vous. Ah, les familles riches, toutes les mêmes ! C’est pire encore pour les personnalités royales.
Pour qui se prend-elle, celle-là ? Jusqu’à preuve du contraire, ce ne...

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents