Ève et Adam
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Description

Ève et Adam

Danny Tyran
Ève et Adam ne sont pas de jeunes gens ordinaires. Pas « normaux » diraient les bien-pensants. Au lit, la « normalité » serait à mourir d’ennui.

Elle veut rencontrer son mâle alpha, ce jeune homme qui saura métamorphoser son univers.

Il recherche son amazone, sa guerrière, qui se battra à ses côtés pour faire de leur vie un chef d’oeuvre dont, lui, Adam, sera le maître à penser.

Leur rencontre génèrent des étincelles. Ils sont au paradis. Mais y a-t-il aussi un serpent dans ce Jardin d’Éden pour sadomasochistes ? Un texte BDSM de 378 000 caractères.
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Publié par
Nombre de lectures 44
EAN13 9782363077332
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0060€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Ève et Adam
Danny Tyran
Prologue Je me nomme Ève. Quand j’étais ado, mon cousin Laurent est venu demeurer chez moi pendant quelques semaines. Sa mère était très malade et ne pouvait pas s’occuper de lui. Son père, militaire, était parti travailler je ne sais où. Laurent, à peine plus vieux que moi, ressemblait à tous les mecs de son âge aux cheveux et aux yeux bruns. Sa voix muait, il avait pris plusieurs centimètres en quelques semaines et il se prenait pour un homme. J’avais à peine commencé à me transformer en femme, mais les changements me faisaient ressentir des sensations nouvelles et troublantes. Pendant son séjour chez moi, Laurent et moi jouions à des jeux de société, à des jeux vidéo et nous écoutions ensemble la télé. Heureusement pour lui, je n’ai jamais été intéressée par ce que nous appelons ici des « films de filles ». Les romances à l’eau de rose me faisaient mourir d’ennui. Il aimait les films d’aventure et de guerre, les suspenses, les mystères, tout ce qui comportait beaucoup d’action. J’aimais la même chose. Alors, nous regardions les films et les séries de télé en commentant l’absurdité des scénarios ou l’incompétence des acteurs, admirant les effets spéciaux et les intrigues à retournements incessants. Un jour, alors que nous écoutions un film dans lequel des recrues de l’armée américaine devaient subir un entraînement difficile, j’ai dit à Laurent : « J’espère que le sergent-entraîneur sera une vraie peau de vache et leur en fera baver ! » J’ai tourné le regard vers mon cousin en lui faisant un grand sourire. — Tu ne dirais pas la même chose si c’était toi la recrue, a-t-il affirmé. — Oui, je dirais la même chose. — Pourquoi ? Tu aimes qu’on te crie dans les oreilles, qu’on t’insulte et qu’on te botte le derrière ? — Non, j’aime les défis. Ce n’est pas moi la damoiselle en détresse. — Ah, tu te prends pour Angelina Jolie ou Mila Jovovich ? — Aucune d’elles. Je me prends juste pour moi, mais j’aimerais bien leur ressembler. — Tu es loin du compte, p’tit cul. Je me suis jetée sur lui pour lui faire ravaler son « p’tit cul ». Nous nous sommes bagarrés un certain temps avant qu’il réussisse à avoir le dessus sur moi. Je voulais lui prouver que je n’avais peur ni de lui, ni de personne et que je ne me laissais pas insulter. Mais je ne savais pas qu’il avait suivi des cours d’autodéfense incluant des techniques de combat de rue, car des mecs de son école lui avaient fait des misères et Laurent ne voulait pas se laisser intimider. Je ne possédais pour ma part aucune notion des techniques de combat. Laurent a donc fini par m’attraper sous un bras et m'a donné une énergique fessée. J’ai hurlé d’indignation et d’humiliation bien plus que de douleur. Je l’ai traité de tous les noms, y compris de violeur, ce qui l’a seulement fait rire. — Hein hein ! Tu ne trouves plus ça si amusant de te faire malmener. Allez, relève-le, ce défi, si t’es si bonne que ça, se moquait-il de moi. J’ai réussi à le prendre par surprise et je me suis libérée. Je me suis ruée sur lui de plus belle. Une vraie furie ! Je lui ai administré une bonne douzaine de claques au visage et sur les bras avant qu’il ne réussît à me maîtriser à nouveau. Il m’a agrippée par ma longue chevelure brun-roux. Chaque fois que j’essayais me libérer, il me tirait en avant. J’ai failli tomber sur les genoux plusieurs fois. J’essayais de lui attraper les jambes, mais chaque fois, il se déplaçait juste assez loin pour être hors d’atteinte. — Je te relâche si tu promets de te tenir tranquille et de retourner écouter le film. — Lâche-moi ! — Non, promets d’abord. — Lâche-moi, je te dis ! — Non, si tu ne promets pas, je ne te lâche pas.
— Quoi ? Tu as peur de moi, c’est ça, l’ai-je défié. — Ha ha ! Tu es incapable de te libérer et tu crois que j’ai peur de toi ? Je ne voyais pas son visage, mais j’entendais le sourire dans sa voix, ce qui me faisait enrager encore plus. J’ai alors tenté de me libérer en me jetant sur les genoux, et tant pis s’il m’arrachait des cheveux. Si je n'avais pas eu les cheveux si longs, il aurait perdu prise. Je me suis retournée, dos à lui, mes cheveux en torsade, et me suis penchée en avant d’un mouvement rapide, tout en tentant de lui donner un coup de pied par derrière. Je l’ai heurté légèrement à un tibia. Il m’a lâchée. Je sais bien que ce n’est pas ma manœuvre maladroite ni sa douleur qui m’ont permis de me libérer, que c’est lui qui m’a volontairement relâchée, mais j’étais contente, car au moins je n'avais pas cédé à son exigence : je n’avais rien promis. Je suis retournée m’assoir comme s’il ne s’était rien passé et j’ai continué de regarder le film sans faire le moindre commentaire. Ce soir-là, après m’être couchée pour la nuit, j’ai imaginé que Laurent et moi recommencions à nous battre, mais qu’il baissait ma petite culotte, cette fois-ci, avant de me donner la fessée. Je me suis masturbée en pensant à sa main rougissant mes fesses de tapes résonnantes. Je me voyais en train de me débattre en gémissant non pas de douleur, mais de plaisir. Pendant les semaines qui ont suivi, ni Laurent ni moi n’avons reparlé de notre bagarre ni de mes commentaires sur mon amour des défis.
Chapitre 1 Quelques semaines après le départ de Laurent, j’ai appris que mon superbe prof de français faisait partie du conseil de discipline de l’école. J’avais toujours trouvé Reynald magnifique. Je n’étais pas la seule d’ailleurs, toutes les filles de ma classe et probablement de toute l'école pensaient la même chose. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il ressemblait à un David Gandy de vingt-sept ans. Une mèche rebelle de sa chevelure noire et bouclée avait tendance à tomber devant ses yeux bleus comme la guimpe d’un paon. Il remettait toujours cette mèche en place en allant la chercher derrière sa tête, ce qui amusait tous les élèves. Depuis que je l’avais comme professeur, je m’étais découvert une passion pour la langue française et m’efforçais d’attirer l’attention de Reynald par la qualité de mes travaux. J'avais même un excellent niveau dans cette matière. Le jour où j’ai appris qu’il faisait partie du conseil de discipline, j’ai ressenti un soudain désir de rébellion. Que pourrais-je donc faire pour me retrouver devant le conseil sans provoquer une crise familiale ? Mes parents étaient habitués à mes idées saugrenues, à mes expériences inhabituelles, à mon imagination débordante, qui me poussait parfois à leur jouer des tours, mais jamais je n’avais été envoyée au bureau de la directrice de mon école et encore moins devant le conseil de discipline, dont je ne connaissais l'existence que depuis peu. J’ai trouvé mon idée dans un autre film. Un bandit déclenchait une alarme d’incendie dans un édifice afin que tout le monde évacuât le bâtiment, sauf lui et son gang, bien entendu. Je pourrais déclencher l’alarme de mon école. Je n’aurais ensuite qu’à sortir, comme tout le monde, quand cette alarme sonnerait. Il ne me resterait qu’à attendre qu’on découvrît qui était la responsable de cette récréation forcée. Le lundi suivant, je n’ai pas trouvé le courage de passer à l'acte. Le mardi, je me suis traitée de trouillarde chaque fois que je passais sans agir devant l’un des boîtiers rouges servant à déclencher l’alarme. Je me disais : « Non, pas aujourd’hui. Il pleut et il fait froid ». Le mercredi, vu le temps radieux, je n’avais aucune excuse pour reporter à un autre jour l’exécution de mon plan. À dix heures, j’ai tiré sur la languette. L’alarme s’est mise à sonner si fort que j’en ai sursauté. Je me suis éloignée rapidement du boîtier et je me suis arrêtée aux toilettes les plus proches. Il n’y avait personne. J’y suis restée quelques secondes en tremblant à l’idée qu’on vienne m’y chercher. Puis, en marchant d’un pas ni trop rapide ni trop lent, je suis sortie de l’école. Les jours suivants, chaque fois que quelqu’un entrait dans ma classe à un moment inhabituel ou annonçait quelque chose à l’interphone, je sursautais. C’était pendant un cours de sciences que Reynald est entré dans la classe. Il avait un air grave qui lui convenait parfaitement. Il me semblait plus que jamais séduisant. Je l’imaginais pointant du doigt dans ma direction puis le recourbant pour me signifier d'approcher. J’hyperventilais presque et mon cœur voulait sortir de ma poitrine tant il battait fort. Mais Reynald s’est contenté d’expliquer à toute la classe qu’en plus de déranger toute une école, d’occasionner des coûts superflus pour avoir fait venir les pompiers, la police et une ambulance, sonner inutilement l’alarme d’incendie était un crime. Son regard balayait la salle tout en parlant. Chaque fois que ses yeux se tournaient vers moi, je retenais mon souffle. Mais, de toute évidence, ni lui ni personne ne savait que j’étais la criminelle, car sinon, ce n’est qu’à moi que le discours aurait été adressé. Reynald est donc sorti de la classe sans moi. La direction avait promis de garder secret le nom du délateur qui aurait vu le ou la coupable. Alors, même si je n’avais pas été immédiatement conduite devant la directrice ou le conseil, quelqu’un aurait pu me voir et décider d’aller me dénoncer à la direction de l’école. Je suis restée inquiète plusieurs jours, puis mon inquiétude s’est peu à peu dissipée. Une fois la paix de mon esprit retrouvée, je ne savais pas quel sentiment prédominait en moi : le
soulagement ou la déception. Le beau Reynald ne m’avait pas entraînée hors de la classe. Je n’aurais sans doute jamais à passer devant le conseil de discipline, mais ce que j’avais fait avait stimulé mon imagination. À tout moment, je me voyais debout devant des tables derrière lesquelles se tenaient les membres du conseil. On m’interrogeait sur un ton sévère concernant ce que j’avais fait. Je demeurais digne, écoutant les reproches qu’on me faisait et reconnaissant sans discuter la gravité de mon crime. « Nous ne demanderons pas à la police de se mêler de cette affaire, mais nous ne pouvons pas laisser un tel comportement impuni », me disait-on. On m’ordonnait alors de me pencher sur une table et le beau Reynald retirait sa ceinture pour m’en administrer plusieurs coups. Que les châtiments corporels soient ou non d’usage à mon école n’avait pour moi aucune importance ; cela ne m’empêchait pas de rêver. Je n’avais aucune idée de ce qu’on pouvait ressentir en recevant des coups de ceinture. Mes parents étant contre les châtiments corporels, ils ne m’avaient jamais frappée, pas même à main nue. Tout ce que je connaissais de telles sensations, c’est Laurent qui me l’avait appris quand il m’avait fessée. Curieuse, j’ai voulu en savoir plus. Un jour, en l’absence de mes parents, j’ai emprunté une ceinture en cuir épais appartenant à mon père et m’en suis donné plusieurs coups sur les fesses. Je trouvais que ce n’était pas si terrible que ça, jusqu'au moment où je me suis frappée avec plus d’énergie à l’intérieur des cuisses. Je me suis arrêtée, le souffle court, après quelques coups seulement. En me regardant dans un miroir sur pied, j’ai effleuré avec fascination l’intérieur rougi et chaud de mes cuisses. Ma main a glissé comme d’elle-même entre mes jambes où mes doigts se sont retrouvés aussitôt inondés de cyprine. Je venais de découvrir un besoin qu’il me faudrait satisfaire d’une manière ou d’une autre désormais. Mais comment ?
Chapitre2 Les mecs de mon école me semblaient si insignifiants que je ne m’étais jamais intéressée à l’un d’entre eux, pas même aux plus beaux, qui n’étaient que de prétentieux fanfarons. Ils ne connaissaient rien à rien, sinon comment gagner à leurs jeux vidéo préférés et comment faire pleurer le plus grand nombre de filles possible. Quant à Reynald, il était inaccessible. J’ai bien rencontré quelques mecs. Quand je leur envoyais des courriels pour leur donner rendez-vous, j’évoquais toujours par diverses insinuations et sous-entendus, ce qui m’intéressait. Mais après plusieurs rencontres infructueuses, j’ai compris que les mecs et la subtilité ne font pas bon ménage. Alors que je pensais à un paddle, tout ce qu’ils comprenaient lorsque je leur disais d’apporter le « nécessaire » était qu’ils ne devaient pas oublier leur boîte de condoms et leur tube de lubrifiant. J’ai donc décidé de me montrer plus claire. Je leur demandais dans mes emails s’ils avaient déjà pensé à donner la fessée à une fille. Plusieurs me répondaient à la blague qu’ils avaient connu quelques filles qui l’auraient bien mérité. D’autres me répondaient presque scandalisés qu’ils étaient des gentlemen et qu’ils ne se montreraient jamais violents envers une femme. Un seul avait semblé hésitant. J’avais donc approfondi le sujet dans l'espoir de découvrir si j’avais une chance d’obtenir de lui ce que je souhaitais de plus en plus ardemment. J’ai fini par rencontrer ce mec, un soir, chez lui en l’absence de ses parents. Après m’avoir tripotée au lit pendant presque deux heures, il s’était enfin décidé à me déshabiller tout en continuant de me peloter. Il a fini par me pénétrer. Après avoir éjaculé, il m’a demandé si j’avais aimé ça. — Aimé quoi ? Tu n’as pas fait le moindre effort pour me faire jouir. — Mais, je t’ai caressée au moins deux heures. Qu’est-ce qu’il te faut ? ! On lui avait dit que, pour les femmes, les préliminaires étaient particulièrement importants. C’est pourquoi il avait tant attendu avant de me dévêtir. — Ouais. C’est pas en me caressant le dos que tu vas me faire jouir. Et tu n’étais pas censé me donner la fessée ? — Ah, si c’est ce qu’il te faut pour jouir, t’as qu’à venir ici et je vais te la donner, ta fessée. En disant « venir ici », il s’était tapoté les cuisses. Je l’ai regardé. J’ai hésité. C’était un peu tard pour y penser, mais je me suis dit « il vaut mieux tard que jamais ». Je me suis mise à plat ventre sur ses cuisses. Il m’a administré cinq claques pas très convaincantes sur les fesses, puis m’a demandé si j'étais contente maintenant que j'avais eu ce que je voulais. Quand je me suis redressée et qu'il a vu ma mine dépitée, il m'a demandé si j'en voulais plus. Je me suis dit que s’il me demandait la permission de continuer toutes les cinq tapettes, je ne me sentirais certainement pas plus excitée que lorsqu’il me caressait le dos. Je me suis levée, rhabillée et je suis partie. Le lendemain, il m’a demandé pourquoi j’étais partie sans rien dire. Il avait l’air blessé et malheureux, peut-être aussi un peu déçu que je ne fus pas aussitôt tombée en amour avec le beau baiseur qu’il croyait être. — Parce qu’il n’y avait rien à dire. Tu n’as rien compris. J’avoue que c’est plutôt moi qui n’avais rien compris. Comment, en effet, un jeunot comme lui, un bon diable juste désireux de baiser avec une jolie fille, pouvait-il comprendre quelque chose à ce que je recherchais ? J’étais fascinée par les hommes vêtus de cuir de pied en cap. C’est en cherchant des artisans du cuir sur Internet que je suis tombée sur des sites montrant de très explicites images de ce qui me fascinait. J’y ai trouvé des choses incroyables. La fessée érotique n’était que la pointe de l’iceberg. On y parlait de discipline domestique, de Domination/soumission et de BDSM. Des gens se déguisaient même en chiens, aboyaient, mangeaient et buvaient dans des bols posés sur le sol sans se servir de leurs « pattes ». D’autres se déguisaient en
chevaux et tiraient des voiturettes dans lesquelles leurs maîtres et maîtresses étaient assis. Des adultes portaient des couches et suçaient des tétines. Des hommes se faisaient volontairement frapper les testicules à coups de poing ou de pied. On étirait les mamelons de femmes et d’hommes après y avoir placé des pinces dont les dents mordaient cruellement dans la chair tendre et si sensible. Des maîtres et maîtresses enfonçaient leur main tout entière à l’intérieur du vagin de leurs soumises ou l’anus de leurs soumis. Certains « maîtres » exigeaient de leurs soumis et soumises le perçage de leur sexe. D’autres marquaient leurs « esclaves » au fer chaud, comme on marque le bétail ! Ce que je voyais là me donnait le tournis et des chaleurs partout, mais surtout entre les jambes. Je me suis mise à discuter en ligne avec des hommes qui disaient être des maîtres à la recherche d’une soumise. Ce que la plupart disaient me semblait si nul ! J’imaginais l’un des petits boutonneux de mon école prétendant être un dominant viril dans la force de l'âge, grand, costaud et superbe, avec un sexe d’une dimension surnaturelle. On peut rêver tant qu’on ne voit rien et qu'on ne montre rien, mais lorsque venait le moment d’activer la caméra de l’ordinateur, plusieurs n’étaient plus si pressés de continuer la discussion. Et ceux qui acceptaient de le faire étaient vieux, laids et sales. Je pouvais voir en arrière-plan le désordre et la crasse des taudis dans lesquels ils vivaient. Et la plupart ne pensaient à rien d’autre qu’à me demander de me déshabiller sur-le-champ et de me masturber pour eux devant la caméra de mon PC. Non, cent fois non ! Ce n’était pas ce dont j’avais besoin. Ce que je recherchais, c'était un magicien, quelqu’un qui saurait me faire vibrer au son de sa voix ou d’un seul regard. Quand mes parents ont su que je visitais des sites BDSM, ils ont installé un logiciel de contrôle parental. Je ne pouvais malheureusement pas aller sur ces sites en utilisant les ordinateurs de mon école ou ceux de la bibliothèque municipale étant donné qu’on y avait installé le même genre de logiciel. Mais tous ces blocages étaient tellement inutiles. Je pouvais utiliser mon iPod pour aller visiter les mêmes sites Web. C’était juste un plus difficile de clavarder. J’ai donc continué mes recherches sur le BDSM. J’ai découvert qu’il existait toute une philosophie sur ce genre de relations. On parlait de relations « sûres, saines et consensuelles ». Il y avait des mots spéciaux pour arrêter temporairement ou complètement une activité si elle effrayait trop la soumise ou si elle faisait trop mal. Sur un site Web, des Dominants vous supervisaient à distance, vous demandant d’effectuer des « devoirs » à la maison afin de vous entraîner pour devenir une meilleure soumise ou un meilleur soumis. Après plusieurs « rencontres », on en venait à demander de poster des photos prouvant qu’on avait fait ce qui avait été exigé. Jusque-là, il n’était pas encore nécessaire de montrer notre visage. Enfin, c’est ce qui était expliqué sur le site Web de ces Dominants. Je ne me suis jamais inscrite, car il fallait payer une somme assez rondelette pour la « formation » et le matériel « didactique ». Il aurait fallu payer par carte de crédit et je n'en avais pas. Je me suis mise à lire tout ce que je pouvais trouver sur ce sujet. Il y avait des documents et des vidéos explicatifs gratuits en ligne. Je lisais tout. Je connaissais maintenant la technique pour faire une « gorge profonde ». J’avais essayé d’enfoncer mes doigts dans ma gorge, mais je n’avais réussi qu’à baver abondamment sur ma main et à me faire vomir. Alors, je me suis dit que, si un jour, je trouvais celui qu’il me fallait, je saurais au moins comment m’y prendre.
Chapitre3 Puis j’ai eu dix-huit ans. J’étais officiellement une adulte. J’allais commencer une formation en informatique au collège de ma ville. J’avais hâte de voir s’il y aurait des mecs intéressants dans ma classe ou s’il y aurait un professeur qui se démarquerait des autres, comme Reynald s’était démarqué. D’abord, j’ai été très déçue. Même si les mecs formaient les deux tiers de ma classe, ils étaient soit des « nerds » à lunettes, soit des crétins finis uniquement désireux de créer des jeux vidéo. Aucun d’eux ne me semblait vraiment digne d’intérêt. Aucun ne semblait être le mâle alpha recherché. Puis, j’ai eu mon premier cours de karaté. Louis Comte, mon sensei [maître qui donne son enseignement à un élève], ressemblait un peu à Edilson Nascimento, en un plus mûr. Et il prenait son travail très au sérieux. Il voulait nous enseigner le karaté comme si nous devions tous participer aux prochains Jeux olympiques. Les gars et quelques filles de ma classe n’arrêtaient pas de se plaindre qu’il en demandait trop. Moi, plus il en demandait, plus j’étais heureuse. Ses exigences représentaient les défis que je recherchais. En m’efforçant de les satisfaire, j’avais l’occasion de me démarquer des autres étudiants. Je recommençais dans ce cours ce que j’avais fait dans la classe de français. Mais il fallait que je fasse mieux que me démarquer. Il fallait que Louis s’intéresse à moi. Lors du premier cours, nous n’avons pas fait grand-chose de plus que de nous présenter à toute la classe et d’expliquer pourquoi nous prenions un cours de karaté. — Je ne connais rien aux techniques de combat, mais j’ai eu l’occasion de m’apercevoir qu’on peut être aisément dominé physiquement par quelqu’un qui a quelques notions d’autodéfense. Je n’ai pas aimé être si facilement maîtrisée. Alors, je veux apprendre comment me défendre si c’était nécessaire, avais-je dit. — Avez-vous des raisons de vous croire menacée ? — Pas réellement, non. Mais si j’attends de l’être pour apprendre, ce sera trop tard. — Est-ce la seule raison que vous ayez : une hypothétique future agression ? — Non, les défis me stimulent, je crois avoir de bons réflexes et j’aime la discipline. — Vraiment ? Personne n’aime la discipline, pas à votre âge. — Moi, si. Il m’a regardée, songeur, puis a questionné le gars à ma gauche, qui a répondu qu’en fait, il aurait aimé prendre un cours de plongée sous-marine, mais que toutes les places étaient prises. Ce qui m’a fait sourire. — Qu’est-ce qui vous amuse, Mademoiselle Wauthier ? m’a demandé le prof. — Oh, sa réponse démontre tout l’intérêt qu’il va avoir pour ce cours. — Mais, moi aussi, j’aime les défis, Mademoiselle. Une personne peu intéressée peut le devenir et une autre qui cherche à attirer l’attention du prof par ses réponses bravaches ne conserve pas toujours bien longtemps son intérêt, a répondu le sensei. Plusieurs étudiants ricanaient. Ils trouvaient amusant que le prof prétendît que je voulais attirer son attention par des fanfaronnades. — Vous avez vite fait de juger les gens. — Pas plus vite que vous, Mademoiselle, a-t-il répondu avec un sourire moqueur. C’est vrai que j’avais vite condamné à l’échec mon voisin de gauche. J’avais quand même envie de faire taire mon professeur d’un baiser torride, mais je me suis contentée de lui sourire à mon tour. Tous les autres étudiants ont donné des réponses insignifiantes, peut-être de crainte que Louis vît des bravades dans quelque chose de moins banal. Louis nous a dit où se trouvait son bureau, au cas où nous aurions besoin de lui parler en dehors des heures de cours. Il nous a ensuite expliqué qu’il donnait de la formation
supplémentaire les mardis et jeudis soir de sept heures à dix heures pour les étudiants désireux de s’entraîner davantage que pendant les deux heures de cours par semaine inscrites à nos horaires. Il a précisé qu’il accorderait une attention particulière aux étudiants débutants les mardis et aux étudiants plus avancés les jeudis, mais que nous pouvions tous participer les deux soirs, quel que soit notre niveau. Il a ensuite demandé aux étudiants ayant l’intention de participer de lever la main et d’indiquer quel soir ils pensaient s’entraîner. J’ai levé la main. Quand mon tour est venu de parler, j’ai dit que je viendrais les deux soirs. Il m’a regardée en fronçant les sourcils, mais il n’a pas commenté cette fois-ci. — Quand commencent ces cours du soir ? a questionné une petite blondinette à l’air timide nommée Léa. — La semaine prochaine. Je me suis demandé combien de temps durerait l’intérêt de Léa. Si, comme moi, elle était sérieuse concernant son entraînement ou si elle n’était que séduite par le beau Louis. Les filles avaient peut-être tendance à le pourchasser comme les mouches, le miel. Si c’était le cas, il devait en avoir assez de ces pimbêches pas sérieuses pour deux sous qui le harcelaient en prétendant vouloir s’entraîner sérieusement. J’avais bien l’intention de lui montrer tout mon sérieux. Et si je l’énervais, il n’avait qu’à me demander de passer à son bureau pour me punir de mon impertinence. Je ne porterais certainement pas plainte contre lui s’il me donnait la fessée de ma vie.
Chapitre4
Au début de la semaine suivante, il devait y avoir ce que les étudiants de deuxième année appelaient « l’initiation ». Autrement dit, comme à chaque début d’année scolaire, les étudiants de première année devaient subir une séance de bizutage de plusieurs heures par les étudiants de deuxième du même programme d’études qu’eux. Cette séance devait être suivie d’une fête d’accueil au collège ou dans une salle louée pour l’occasion.
Nous avions été avertis que des étudiants de deuxième viendraient nous chercher un jour et à une heure indéterminés cette semaine pour que nous subissions notre « initiation ». On nous avait dit qu’il ne servait à rien de tenter de fuir, que si nous le faisions, des étudiants de deuxième seraient chargés de récupérer les fuyards un autre jour et de leur faire subir une initiation « particulière ». Donc, quand quelqu’un a cogné à la porte de la classe et que deux étudiants en informatique sont entrés, nous savions que le moment était venu et tous mes camarades de classe, comme moi, se sont tendus sur leurs chaises.
On nous a demandé de nous lever et de suivre les étudiants de deuxième. Je l’ai fait sans discuter, comme la plupart des autres étudiants de la classe ; mais il y a quand même eu quelques évasions.
On nous a conduits à une grande salle dont toutes les tables et les chaises avaient été déplacées pour laisser un espace libre au centre, avec seulement un tabouret et une table. Les étudiants de deuxième avaient une liste de tous nos noms. On nous a expliqué que nous devrions aller l’un après l’autre ou plusieurs à la fois dans la salle connexe où nous devrions retirer nos vêtements pour ne garder que nos sous-vêtements et nos chaussures. Nous devrions ensuite revêtir un sac-poubelle géant dans lequel on avait fait des trous pour la tête et les bras.
— Je ne porte pas de soutien-gorge, a dit Céline, qui semblait au bord des larmes.
Tous les étudiants de deuxième et même quelques-uns de notre classe se sont mis à rire.
— Normal, t’as pas de seins, a commenté un gars de première année, ce qui a fait rire tout le monde de plus belle.
L’étudiant de deuxième, qui semblait être l’organisateur principal de l’activité a répondu qu’elle serait seule dans l’autre salle au moment où elle se déshabillerait et qu’elle reviendrait ici vêtue d'un sac-poubelle.
— Personne ne verra rien sous le sac, a-t-il terminé avec un sourire moqueur.
Nous sommes tous allés dans la salle voisine. Plusieurs gars y sont entrés ensemble pour accélérer le processus. À la fin, une fois alignés les uns à côté des autres, nous ressemblions à une ruelle le jour du ramassage des vidanges. Les étudiants de deuxième avaient mis dans une grosse boîte tous nos vêtements et dans une autre nos effets personnels : sacs, portefeuilles, sacoches, bourses, etc. Quelqu’un est parti en emportant les boîtes, on ne
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