Iris à fleur d
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Iris à fleur d'O

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Description


Erotique - 237 pages - Pour public averti (+18)


Quand Louise devient Iris, la soumise de Maître Victor, elle réalise très vite que la rébellion dont elle fait preuve n’est pas de mise dans la voie de la Domination et de la Soumission.


S’y est-elle engagée à la légère ?


S’est-elle fourvoyée ?


Lorsque son Maître lui offre un incroyable cadeau, il va répondre à ses questions, métamorphosant sa vie, jusqu’à faire voler en éclats ses convictions et ses préjugés. Une invitation à passer de l’autre côté du miroir... et du fouet.


Sa connaissance d’elle-même et sa conception de l’amour vont être d’autant plus bouleversées que l’homme venu s’offrir à elle pour lui appartenir est de vingt ans son cadet.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 50
EAN13 9782379610677
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Iris à fleur d’O


JULIE-ANNE DE SÉE
JULIE-ANNE DE SÉE

Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 978-2-37961-067-7
Photo de couverture : Shmeljov
À Lui, qui saura et se reconnaîtra…
Préliminaires


Ce roman se propose d’entrouvrir la porte sur le petit monde encore obscur et fascinant de la Domination et de la soumission. Si E.L. James en a fait un conte de fées moderne au succès colossal {1} , si Patrick Le Sage et Eva Delambre {2} en ont largement dévoilé les pratiques les plus ardentes dans leurs ouvrages, la tentation était forte d’aborder le sujet au sein d’une histoire particulière dont les jeux sont souvent… cinglants : celle entretenue au sein d’un couple Dominatrice - soumis.
S’appuyant sur les confidences recueillies auprès de Maîtres, de soumises, de soumis et de leurs Dominas, il entend rendre compte de l’éventail des sentiments éprouvés de façon beaucoup plus intense que dans une classique liaison amoureuse.
D’amour, il est pourtant bien question : de celui qui fonde un couple atypique alors que c’est Madame qui domine.
Il fallait laisser la bride sur le cou des personnages afin que s’expriment et se donnent à entendre leurs ressentis les plus intimes, céder parfois la parole au soumis qui s’en remet à sa Dame. Parce que chaque individu est unique et chaque couple formé, qu’il soit vanille {3} ou dans une relation D/S, l’est tout autant. La palette des pratiques est très large, allant des plus dures et des plus inouïes aux plus douces, aux plus physiques comme aux plus cérébrales ou même symboliques. Chaque couple uni par les plaisirs de la Domination et de la soumission est toujours singulier. En son sein, des émotions et des sentiments puissants sont à l’œuvre, exacerbés, brûlants, jamais fades ou tièdes.
Le roman d’Iris et O illustre-t-il dès lors une histoire d’amour dans laquelle les jeux de Domination viennent s’inviter ou bien une histoire de soumission sur laquelle l’amour vient se greffer ? Cela importe-t-il ? Car finalement, très souvent, la réalité dépasse la fiction.
PARTIE I
L’INDISCIPLINE D’IRIS
1
L’INITIATION


Sa voix, au téléphone. L’intonation douce de son premier salut se fait plus ferme, autoritaire. Elle écoute, le cœur battant, les yeux fermés, les mots de ses ordres.
— Lorsque tu viendras, tu trouveras la porte entrouverte. Tu entreras et refermeras soigneusement derrière toi. Tu te prosterneras à genoux, fesses sur les talons et front au sol. Tu attendras dans cette attitude. Quand je te rejoindrai, tu étendras les bras devant toi et tu m’accueilleras en disant :
— Je suis à vous Maître. Usez de moi comme il vous plaira.
Je te laisserai seule un moment pendant lequel tu te changeras rapidement. Tu ne porteras que du noir. Pour l’instant, je te laisse libre de tes choix, nous verrons s’ils m’agréent. Tu n’oublieras pas d’épiler ton sexe, je te veux intégralement nue. Tu trouveras un collier et ton bandeau. Lorsque tu seras parée pour ton Maître, tu reprendras ta position de prosternation pour m’attendre à nouveau. Est-ce clair ?
— Oui, Maître, très clair.
Iris s’étonne de sa propre voix, voilée, étouffée par le trouble. Son interlocuteur poursuit :
— Plus tard, lorsque j’estimerai que tu es prête, je t’emmènerai avec moi pour t’exhiber et te présenter à mes amis. Je te préciserai comment tu devras te vêtir. Sache qu’ils seront autorisés à te toucher, te palper, t’explorer s’ils le désirent. Tu te présenteras à eux en disant : « Je suis Iris, soumise de Maître Victor à qui j’appartiens. Je suis à lui pour qu’il me dresse et fasse de moi une esclave docile. » Retiens bien ces rituels et ces phrases, je ne les répéterai pas. Obéis scrupuleusement afin que je puisse être fier de toi. Ne me déçois pas. À demain, sois ponctuelle.

Avant même qu’elle ait pu répondre, il avait raccroché. Pas d’au revoir, juste les recommandations, les ordres, ce qu’il attendait d’elle. Iris se ressaisit, partagée entre l’étonnement de ses propres réactions et la crainte d’oublier les règles qui avaient été énoncées. Comme une écolière sage et appliquée, elle se précipita sur un papier et un stylo pour noter exactement tout ce qui venait de lui être exposé.
Si elle avait furieusement envie de retrouver Victor - comment attendre sereinement demain ? - elle ne pouvait s’empêcher de froncer le nez en répétant à voix haute pour la graver dans sa mémoire la petite phrase qui la ravissait tout autant qu’elle suscitait en elle une certaine réticence, voire une pointe d’amusement, tant cela lui semblait désuet, éculé, un peu ridicule, ampoulé dans les formulations. Elle savait déjà qu’elle aurait à lutter, à se faire violence si elle poursuivait le chemin initié par le Maître.
— Je suis à vous, Maître. Usez de moi comme il vous plaira.
Elle entendait bien dans ces quelques petits mots l’implication qui lui donnait des ailes tout autant qu’ils la faisaient frémir : don absolu de soi, appartenance à celui qui allait prendre possession d’elle pour son bon plaisir et sa fierté de Maître. N’avait-il pas ajouté qu’un jour, il l’exhiberait ? Où l’emmènerait-il ? Quand ? Que signifiait « être prête » ? Allait-il la jeter en pâture à ses « amis » ? Était-elle vraiment un petit animal docile prêt à lécher la main ou les souliers de celui qui allait la faire souffrir et la marquer dans sa chair ? Et jouir, certainement, cela aussi elle le savait. Cette notion d’appartenance, il allait lui falloir l’accepter pour entrer véritablement dans le jeu des séances annoncées, pour s’abandonner, absolument confiante et soumise, lâcher prise, pour lui plaire et éprouver le plaisir qu’il prendrait en lui accordant le sien. Y parviendrait-elle ?
Dans la vie vanille qu’elle avait jusqu’alors vécue, elle avait trop souffert d’avoir aimé avec passion un homme auquel elle s’était donnée corps et âme, mais qui l’avait si mal traitée en retour. Il ne l’avait jamais ni battue ni fouettée, fût-ce par jeu, non. Les maux qu’il lui avait fait endurer, lui torturant l’esprit et le cœur à coups de mots assassins, d’injures, de cris et de menaces qui soufflaient sans cesse le chaud et le froid, de réclusion dans un huis clos devenu cauchemar, la faisaient encore trembler. Il lui avait fallu des années pour échapper à son emprise manipulatrice et réussir enfin à le quitter pour partir loin.
Alors qu’elle venait juste de recouvrer sa liberté, allait-elle l’aliéner en se jetant tête baissée dans cette aventure ? Allait-elle s’abandonner à la merci du premier dominateur inconnu venu qui déjà avait sur elle cet ascendant qui l’avait attirée à lui comme le miel la mouche ? Jamais auparavant elle n’avait eu ce genre d’expérience, sa curiosité avait été la plus forte. Elle n’ignorait pas que dans ce monde qu’elle commençait à peine à entrevoir, la rébellion n’était pas de mise, bien au contraire. Pourrait-elle en toute sincérité et sans aucune arrière-pensée parasite prononcer la fameuse petite phrase, sésame vers les supplices espérés et tant redoutés ? À défaut de quoi, elle le décevrait à coup sûr et il la rejetterait.
Elle devait se donner au Maître, sans restriction mentale, sans hésitations ni tergiversations. Il l’avait choisie, elle devrait en éprouver de la fierté et de la joie. D’ailleurs, pourquoi elle ? Dans son esprit, ces pratiques, ce mode de vie n’étaient qu’un jeu auquel elle avait simplement envie de jouer. L’idée de se retrouver dans un espace clos, hors du temps, de la réalité, pour se remettre à un homme qui l’initierait à des plaisirs jusqu’alors ignorés l’avait séduite, sa soif de nouvelles découvertes en avait été tout émoustillée.
Mais était-on seulement dans un jeu quand l’autre exigeait de vous une totale soumission, attendait de vous une obéissance absolue à toutes ses volontés les plus perverses et les plus sadiques, au sens propre des termes ? Pourtant, elle en avait envie, avait fantasmé sur des lectures, des images de soumises et leurs récits consultés sur le Net. Lasse et ennuyée de ses propres tergiversations, elle se mit en quête de ce qu’elle pourrait bien porter pour le contenter. Tout en fouillant dans ses parures, elle ne put s’empêcher de ressasser la petite phrase qui ferait d’elle - ou pas - « Iris, la soumise de Maître Victor ». C’était lancinant comme une mélodie ou les paroles d’une chanson qui vous tournent dans la tête et vous obsédent une journée durant sans que vous parveniez à vous en défaire.
Son choix s’arrêta sur un ensemble de lingerie noire, redresse-seins à bretelles croisées sur le buste et string ouvert qui dévoilait entièrement le sexe, des bas à larges jarretières de dentelle, des sandales à plateformes et très hauts talons. Lors d’une de leurs longues conversations, il avait évoqué son goût pour ce style de lingerie qui laissait libre et direct l’accès à la chatte et aux tétons. Elle avait intérieurement souri en songeant qu’elle avait exactement ce qui lui conviendrait.
Pour leur toute première séance, il avait exigé de la « vêtir » lui-même. Il lui avait ordonné de se déshabiller totalement devant lui – premières hésitations, premières humiliations – puis avait orné sa nudité d’un harnais de cuir noir.
Les courroies avaient enrobé parfaitement son corps, soulignant sa taille, entourant ses seins, découvrant son sexe et dessinant la raie de ses fesses en une savante géométrie. Il avait ensuite ceint son cou d’un très large collier de cuir noir dont l’anneau accueillerait plus tard le mousqueton d’une laisse. Elle n’avait pu réprimer un sourire en constatant dans un miroir judicieusement placé qu’elle était dorénavant revêtue de la panoplie classique de soumise.
En fixant le joug à son col, juste assez serré pour qu’elle en éprouvât une légère gêne, il lui avait donné le nom qu’il avait choisi pour elle. Dorénavant, en coupant d’avec le monde extérieur pour entrer avec lui dans le sien, elle serait Iris. Elle aima ce nouveau prénom fleuri, de messagère des dieux, fille de Zeus et d’Héra. Elle n’avait jamais porté avec plaisir celui dont ses parents l’avaient affublée en souvenir d’une aïeule lointaine. Il avait ensuite placé un bandeau sur ses yeux, le nouant de façon à ce qu’elle soit totalement enténébrée.

Après avoir refermé sur ses poignets d’épais bracelets de cuir, il la guida pour la faire avancer. Ses bras furent étirés vers le haut pour être attachés, ses jambes largement écartées, tout son corps formant une croix, faisant d’elle une Femme de Vitruve exagérée. D’une main ferme, il appuya sur ses reins afin qu’elle se cambrât.
Il entreprit d’explorer lentement son corps prisonnier des liens. Il s’attarda sur ses seins, malmenant les bouts roses et tendres qu’il étira, pinça fortement, auxquels il fixa des pinces. Cette première morsure cruelle provoqua une douleur nouvelle, vive, qui la fit grimacer, frissonner. Cependant, elle sut rester muette. Il passa derrière elle, la gratifia d’une longue fessée, sonore, précise qui lui chauffa très vite la peau. Comme pour en apaiser le feu, il malaxa ses fesses, ses cuisses, s’appropriant chaque parcelle d’elle dans cette prise de pouvoir sur son corps entravé. Il murmura à son oreille qu’il allait la fouetter. Il commença par des coups très légers qui ne faisaient pas mal, qu’il alterna avec de longs effleurements des nombreuses lanières, explorant son dos, son ventre, ses jambes, son entrecuisse. Des caresses.
Les premiers coups assénés en va-et-vient régulier sur le dos, les cuisses et les fesses propagèrent dans le corps d’Iris une incroyable montée de chaleur. Cela lui sembla non seulement très supportable, mais encore suffisamment agréable et troublant pour qu’elle en éprouvât du plaisir. L’humidité qui sourdait de son sexe en attestait. Il la prévint qu’il allait frapper plus fort et qu’elle allait devoir compter à haute voix lorsque la flagellation serait plus rude. Elle se couvrit d’une sueur légère, se sentit littéralement couler, anxiété et excitation mêlées. Elle adapta instinctivement sa respiration au rythme que le Maître lui imposait.
Iris se raidit, dans l’attente de ce qui allait suivre. Il lui fit remarquer qu’elle s’était laissée aller, exigea la cambrure exacte de ses reins pour mieux lui offrir sa croupe. C’était la première fois qu’elle découvrait le fouet, comment son corps allait-il réagir ? Supporterait-elle une vraie douleur, plus vive que ces piquants préliminaires ? Serait-elle capable de se faire violence pour endurer une douleur qu’elle ne saurait pas gérer, quand bien même elle l’aurait désirée ? Comment son cerveau interpréterait-il cette souffrance pourtant consentie, attendue et espérée ? Comme son Maître poursuivait les va-et-vient légers, elle crut pouvoir se détendre pour continuer à apprécier cette sensation si neuve et affolante. Quand soudain, elle poussa un cri.
Le premier véritable coup venait de tomber, sec, cinglant, puissant, sonore, sur le haut de sa fesse gauche. Juste au moment où elle ne l’attendait pas. Dans un mouvement réflexe, elle se cambra davantage sous la cinglure, ses poignets tirant sur leurs liens. Son souffle s’accéléra, subitement affolé de la surprise et de la fulgurance de la flamme qu’elle sentait cuire et ronger sa peau. Ses pensées se bousculèrent, elle eut en éclairs brefs des souvenirs de lecture : Histoire d’O , bien sûr, et d’autres encore comme des flashs qui lui rappelèrent qu’elle n’était plus dans un jeu, plutôt un rituel de perversité partagée.
Vraiment ? Allait-elle pouvoir s’oublier pour découvrir et éprouver ce plaisir étrange que suscitait la douleur de la chair suppliciée ? Coupant court à ses réflexions qui défilaient à une allure vertigineuse et lui donnaient le tournis, Victor lui rappela sévèrement :
— Ne t’avais-je pas ordonné de compter ?
— Pardon, Maître… Un… balbutia-t-elle timidement, comme une enfant prise en faute.
Les lanières avaient repris leurs enivrantes caresses, revenant cette fois sur ses seins menus, son ventre, sa chatte. Elle eut soudain très peur. S’il la frappait là, avec la même intensité ? C’était certain, elle ne le supporterait pas. Elle avait bien conscience de son clitoris déjà bandé, de ses lèvres entrouvertes, gorgées de désir, d’attente, et de l’intérieur de ses cuisses mouillé tant elle avait suinté. Elle en eut presque honte. S’il tapait là, ce serait horrible ! Elle se tortilla, tentative dérisoire pour essayer d’échapper à la régularité de la discipline sur sa peau.
Dans la nuit de son bandeau, elle ne pouvait pas voir qu’il était à nouveau derrière elle pour abattre l’accessoire cinglant avec une force encore accrue sur la fesse droite cette fois-ci. Elle ne put s’empêcher de crier, basculant son bassin, parade dérisoire et inutile.
— J’attends encore, Iris ! Vais-je devoir t’apprendre à compter à voix haute comme à une enfant ou doubler le nombre pour te punir ?
— Désolée, Maître… Deux.
La meurtrissure brutale du claquement asséné lui avait encore fait oublier qu’elle devait se plier à ce comptage. Alors, le fouet claqua trois fois, en coups portés l’un à la suite de l’autre, sans lui laisser le temps de se ressaisir entre chacun, lui arrachant cris et gémissements. Elle laissa échapper dans un souffle :
— Cinq…
Sa respiration s’était emballée. La sensation de chaleur intense éprouvée sous les assauts réguliers avait envahi son corps, sa tête lui tournait. Elle réalisa que c’était malgré tout une forme de plaisir. Allait-il aller au-delà, poursuivre la flagellation pour vraiment la punir de son étourderie ? Pourrait-elle endurer davantage ? Elle entendit avec soulagement le martinet choir au sol, réponse à ses questionnements, puis Victor la détacha. Il la reçut dans ses bras où elle se laissa aller, certaine que ses jambes refuseraient de la porter.
Elle se sentait grisée, comme lorsqu’elle avait bu une coupe de champagne de trop. En même temps, elle était émue, reconnaissante de cette volupté nouvelle éprouvée, même si les cinq coups cuisaient cruellement la peau délicate de son fessier et ses reins. Elle songea en souriant intérieurement qu’elle était certainement marquée. Comme s’il avait lu dans ses pensées, Victor lui dit qu’elle portait des traces bien visibles, qu’il aimait cela et en était fier, fier d’elle qui avait enduré cette première initiation au fouet.
Lentement, il la dirigea à reculons vers un siège tout en longueur qui pouvait accueillir un corps dans sa largeur. Il la fit s’y asseoir, puis s’y allonger, tirant son bassin vers le bord. Il lui ôta rapidement ses escarpins et ses bas. Elle était maintenant totalement nue. Elle frissonna, non de froid - elle avait très chaud -, mais d’une subite bouffée d’angoisse, réalisant à quel point elle était vulnérable, à sa seule merci. Il saisit ses chevilles l’une après l’autre, les encorda pour les attacher à des crochets fixés en hauteur, largement espacés. Ses jambes furent ainsi étirées, droites dans un écartement qui exposait totalement son sexe, de fait grand ouvert. Elle se sentit rougir ainsi exposée, profondément humiliée et offensée d’être totalement soumise à sa seule volonté de Maître. Il lui dit que sa chatte était belle, qu’elle mouillait. Il la pénétra de ses doigts si brutalement et profondément qu’elle cria.
— Je crois que je vais faire de toi une bonne petite chienne. Tu sens comme tu jutes ?
Iris se laissa de nouveau partir, s’abandonnant au plaisir qui commençait à monter après cette entrée en matière si rude et douloureuse. Il lui caressa le clitoris, remarquant comme il était saillant. Tout aussi brusquement qu’il l’avait doigtée, il s’arrêta net. Elle l’entendit faire quelques pas, remuer des objets. Il revint près d’elle, sa main posée de nouveau sur son bouton.
— Tu vas jouir à présent, sur mon ordre, et seulement sur mon ordre.
Il la pénétra avec un gode qu’il entreprit de faire aller et venir, alternant rapidité et lenteur, un doigt toujours sur son clito ainsi flatté. Iris gémissait, accompagnait de mouvements de reins cette queue factice qui faisait sourdre de ses cuisses tendues et de son ventre les prémices de la volupté, ainsi que les doigts qui encourageaient son bouton.
— Donne-moi ta jouissance, maintenant ! Offre ta jouissance à ton Maître !
Ses mots, ses gestes, les brûlures sur sa peau, tout se mélangea pour Iris qui donna libre cours à son plaisir. Sous le bandeau, des éclairs de lumière blanche et vive vinrent en surimpression occulter plus sûrement encore sa vision. Ils se propagèrent dans son crâne tandis que son corps dolent et épuisé, couvert de sueur la lâcha. Elle perdit conscience.


La rencontre

Ce soir-là, Louise s’était rendue avec son amie Sophie dans une célèbre boutique Fetish située dans une rue tranquille du onzième arrondissement. Elles avaient été attirées par l’évènement proposé : un photographe du Paris libertin y dédicaçait son dernier livre. Elles avaient toutes les deux envie de le rencontrer, d’échanger avec lui et les autres invités qui ne manqueraient pas cette occasion pour se montrer, seuls ou accompagnés, qui de sa soumise ou de son soumis. Elles ne furent pas déçues. Plusieurs Maîtres et Dominas s’y pressaient déjà, coupe de champagne en main pour saluer l’homme de l’art. Leurs esclaves et dominé(e)s les accompagnaient en tenue de cuir ou de vinyle, masqué(e)s ou à visage découvert, collier au cou et laisse pendante, les suivant pas à pas ou agenouillé(e)s près de leur jambe, prêt(e)s à obéir au moindre claquement de doigts.
Dans les allées encombrées du magasin, Louise et Sophie s’extasièrent devant d’incroyables tenues. Des robes, mais des accessoires aussi suscitèrent leur envie. Sophie s’éloigna pour aller bavarder avec le photographe. Louise s’entretint avec un Maître qu’elle avait déjà eu l’occasion de rencontrer sur un salon du livre. Il lui présenta sa jeune soumise. Les deux femmes se découvrirent des goûts littéraires communs, elles échangèrent un assez long moment avec un évident plaisir avant que Louise rejoignît Sophie. Elles allèrent toutes deux saluer celui dont c’était la soirée.
Louise fut ensuite attirée par une très belle femme, à la fine silhouette, l’œil de braise frangé d’une épaisse chevelure longue et brune coupée au carré. Elle se présenta, elles engagèrent la conversation. Quelle ne fut pas la surprise de Louise lorsque la piquante brunette lui raconta comment elle l’était devenue ! Elle n’aurait pas imaginé un instant qu’il put s’agir d’un transsexuel. La belle lui fit le récit de sa transformation sous l’œil amoureux de son compagnon, lui aussi photographe. Le récit était très émouvant, Louise fut sincèrement heureuse du bonheur enfin recouvré de cette si jolie personne. Elle n’avait pas remarqué que non loin d’elle, un homme avait suivi attentivement l’histoire qui lui était contée. Lorsque les deux femmes se séparèrent en échangeant leur carte et se promettant de se revoir, il s’approcha et se présenta.
— Bonsoir, Madame, Victor G. Vous êtes ravissante. Me permettez-vous de vous demander si vous êtes soumise vous aussi ? Je vous ai vue parler avec Maître P. qui est un de mes vieux amis. Fréquentez-vous son donjon ?
Surprise de cette entrée en matière, Louise sourit, expliqua qu’elle ne faisait pas partie de ce petit monde du SM. Elle ne connaissait Maître P. que parce qu’il avait écrit quelques ouvrages qu’il lui avait dédicacés l’an passé au dernier Salon du livre parisien.
L’homme sourit à son tour, lui confia qu’il était également auteur, précisant que ses propres ouvrages étaient fort sérieux, souvent historiques. D’ailleurs, il serait présent le mois suivant sur le stand de son éditeur puisque justement le Salon du livre de Paris allait rouvrir ses portes. Louise s’y rendrait-elle cette année ? Il se ferait un plaisir de lui présenter ses modestes ouvrages… et de l’inviter à dîner si elle était libre à ces dates.
Très surprise, elle détailla davantage son interlocuteur. C’était un monsieur dont le visage très marqué trahissait les outrages du temps. Cependant, on devinait un corps qui lui, était resté hors d’atteinte des marques d’un âge certain. La silhouette très droite était élancée. On devinait une musculature encore belle qui avait contrecarré l’apparition d’un ventre proéminent comme pour bien des messieurs ayant passé la cinquantaine ou plus encore. Il émanait de sa personne une assurance qui paraissait se fragiliser lorsqu’il évoquait les sujets de ses livres, graves au regard de ceux qui se vendaient dans cette boutique, et dont il semblait presque s’excuser. Il n’était, précisa-t-il qu’un « technicien » de l’écriture, un forçat dévoué à l’histoire de la période particulière qu’il traitait afin de laisser un témoignage des évènements auxquels il avait participé. Il avait en effet été militaire et avait effectué de nombreuses missions souvent périlleuses, dans la défense des intérêts de son pays. Louise, étonnée, ne put s’empêcher de lui demander comment il en était venu à participer à cette soirée.
— Il se trouve que je possède moi aussi un modeste donjon, dans lequel j’exerce la Domination sur les femmes qui viennent à moi. Je les reçois seules ou accompagnées de leurs maris quand ils le souhaitent. Vous plairait-il de venir le découvrir ?
Louise se sentit rougir, s’agaça aussitôt de cette érubescence subite. Après tout, elle non plus n’était plus une perdrix de l’année. Si jusqu’alors ses relations amoureuses avaient été uniquement vanille, elle s’était plus d’une fois sentie tentée d’approcher et découvrir plus avant le monde de la soumission et de la domination. Toutefois, cette proposition abrupte, de la part d’un homme auquel elle trouvait déjà un certain charme suranné, l’avait prise de court. Elle y voyait - à tort ou à raison ? - des sous-entendus, comme une invitation à tenter de nouvelles expériences. Avait-il lu en elle ? Avait-il décelé qu’elle était dévorée d’envie et de curiosité ? Elle avait lu de nombreux ouvrages traitant de cet univers qui peu à peu se dévoilait au regard du grand public. Elle avait été alléchée par les descriptions de certaines pratiques, parfois révulsée par d’autres, très dures, desquelles elle se sentait parfaitement étrangère. En revanche, les récits des plaisirs éprouvés sous le fouet l’avaient plus d’une fois fait rêver. Pourquoi ne pas s’adonner un jour à ces jeux ?
Voilà qu’un inconnu qui se disait Maître lui proposait une visite guidée de son donjon ! Elle ne sut que répondre, chercha Sophie des yeux, comme pour l’appeler à la rescousse, tout en se morigénant. Avait-elle, à son âge, justement, besoin d’un chaperon, voire d’une nounou ? Que répondre à la sollicitation de cet homme ? Rien ne lui venant à l’esprit, elle botta en touche en lui promettant de passer le voir au salon. Il lui sourit en retour, lui remit sa carte sur laquelle il nota soigneusement à son intention son numéro de téléphone et les coordonnées du stand de son éditeur pendant l’évènement afin qu’elle le retrouvât sans difficulté. Elle lui remit la sienne en retour, il la prit, la salua et s’éloigna d’un pas alerte en se dirigeant vers la sortie.
— Eh, tu as l’air bien songeuse ! Qui c’était ? demanda Sophie en la rejoignant. Regarde, moi, j’ai craqué ! Elle venait de s’offrir un livre et un ensemble de lingerie noire à damner un saint.
— Tu as bien fait, c’est ravissant ! Pour qui le porteras-tu ? la taquina-t-elle.
— Je ne sais pas encore. Cela ne me dit pas qui est ce monsieur avec lequel je t’ai vue papoter.
— Un auteur, il m’a donné sa carte, je passerai peut-être le voir au salon. Tu viendras avec moi ?
— Mais, non ! Tu as déjà oublié que je pars en vacances aux mêmes dates ? Moi, je serai aux States  !
Louise rougit encore, Sophie ne cessait de lui parler avec enthousiasme des États-Unis où elle s’apprêtait à partir pour trois semaines. Décidément, ce Maître inconnu l’avait intriguée bien au-delà de ce qu’elle aurait imaginé.
À sa grande surprise, peu de temps avant l’ouverture du Salon, il lui envoya un message lui proposant de l’emmener dîner le soir où elle viendrait lui rendre visite. Après quelques hésitations, elle accepta. Toutefois, des contretemps de part et d’autre vinrent contrarier ce projet. Sur le stand où il dédicaçait, ils ne purent qu’échanger rapidement quelques civilités, sous l’œil torve d’un éditeur visiblement ennuyé que son auteur perde du temps en bavardages mondains alors que des lecteurs se pressaient, attendant leur signature et de fait, leur passage en caisse. Ils évoquèrent un nouveau rendez-vous.
Le temps passa. Louise avait presque oublié Victor quand elle en reçut un court message. Il déplorait leur dîner annulé, lui en proposait un autre avec, auparavant, un verre chez lui, car il souhaitait lui offrir un livre. Comment refuser ? Elle accepta et il put ainsi lui montrer le donjon qu’il avait aménagé dans une pièce de son appartement. Bien qu’il n’ait sorti aucun des instruments qu’il utilisait lors de ses séances, Louise fut impressionnée par les astucieux aménagements qu’il avait imaginés dans cet espace assez réduit. Alors qu’il lui en expliquait les détails, elle s’imaginait attachée, écartelée, soumise à une flagellation qui lui mordrait le corps, la transporterait.
Ils parlèrent longuement, poursuivant leur conversation dans un restaurant voisin, de façon décontractée et gaie. Il lui livra beaucoup de lui, de ce qui avait fait et faisait encore sa vie, et surtout, la façon dont il en vivait la part la plus secrète : celle de Maître dominateur. Louise se livra assez peu. D’ailleurs, il était si bavard qu’elle eut du mal à s’exprimer. Cependant, elle éprouvait plus encore de curiosité, posa quelques questions auxquelles il répondit longuement et sans détour, dans un souci d’absolue transparence. Sa philosophie tenait en quatre mots : complicité, respect, dialogue et fermeté.
Un rapide coup d’œil à sa montre surprit Louise. Le temps avait filé très vite, il lui fallait rentrer. Auparavant, ils devaient repasser par l’appartement de Victor où elle avait laissé les livres qu’il lui avait offerts. Elle reprit le sac, et au moment où elle s’apprêtait à le quitter, il la saisit très fermement par un poignet, l’attira contre lui.
— Petite Louise, vous me plaisez beaucoup. Je sens que vous êtes disposée à faire vos premiers pas dans la soumission. Vous ne le savez peut-être pas encore, mais moi, je le ressens profondément. Je serais fier de faire de vous ma soumise…
En lui murmurant ces paroles à l’oreille, il avait resserré son étreinte, la contraignant déjà, comme s’il prenait possession d’elle, ses mains parcourant de caresses rudes et appuyées son dos, ses fesses. Il émanait de cet homme vieillissant une incroyable force, non seulement physique, mais aussi concentrée en une énergie qui la submergeait en la surprenant. Elle s’abandonna, pantelante, poupée de chiffon amollie entre ses bras refermés sur elle avec tant de vigueur. Il prit entre ses mains le visage de Louise, plongea dans ses yeux son regard de glacier, comme s’il cherchait le chemin de son âme. Il ne dit plus rien. Elle accueillit la bouche qui vint épouser la sienne, la langue qui l’explora. Ce fut lui qui interrompit ce baiser, tirant en arrière son cou frêle pour mieux la regarder encore.
— Es-tu prête à devenir la soumise de Maître Victor ?
Il la tutoyait à présent. Louise, trop dubitative pour réfléchir plus avant ne put qu’acquiescer d’un mouvement de tête. Il était trop tentant de passer de ses fantasmes à la réalité avec cet homme qui l’avait déjà si fort alléchée.
Quand elle rentra chez elle, elle ne put s’empêcher de songer longuement encore à sa visite au donjon de Victor, à ce qu’elle venait d’accepter tacitement et quelles en seraient les conséquences. Toutefois, quelque chose la surprenait, la gênait dans ce qu’il avait formulé. C’était lui qui était allé au-devant d’elle, lui qui avait proposé qu’elle devînt sa soumise. Or, dans tous les récits qu’elle avait lus et qui avaient suscité ses rêves et sa curiosité, jamais un Maître n’avait demandé à une femme d’être sienne dans la soumission.
D’autant qu’elle s’en souvienne, les protocoles et autres règles en vigueur dans le monde BD/SM voulaient que ce soit la postulante qui vienne se proposer à un Maître. Il acceptait ou pas de la recevoir, de jauger et juger ses capacités, son potentiel. Puis, il décidait seul s’il lui passait au cou le collier qui ferait d’elle sa seule propriété. Pourquoi Victor avait-il pris les devants de la sorte ? Était-il un Maître véritable ou bien seulement un homme trop pressé, ou pire encore, en simple manque d’une compagne de jeu prête à satisfaire ses désirs les plus pervers ?
Louise finit par chasser ces questions. Après tout, ses seules références étaient littéraires. Peut-être que dans la réalité, certains dominateurs dérogeaient aux usages. Victor était certainement de ceux-là, parce qu’elle l’avait séduit, sans l’ombre d’un doute. Ne devait-elle pas faire preuve de confiance et s’en remettre à ses prérogatives de Maître orgueilleux qui affirmait d’entrée de jeu sa suprématie, son bon vouloir et la mainmise qu’il entendait exercer sur elle ? Il souhaitait seulement asseoir ainsi son autorité avant même qu’elle se fût offerte à lui. Dont acte : elle n’avait plus qu’à obtempérer.

2
LE DRESSAGE
 
 
Louise fut submergée de pensées contradictoires. Comment avait-elle pu s’abandonner ainsi à la poigne rêche, dure et autoritaire de ce monsieur, somme toute inconnu ? Certes, ils avaient longuement échangé. Il lui avait expliqué ce qu’était pour lui la domination, le respect mutuel qu’elle impliquait, ce qu’il attendait et espérait de celle dont il ferait sa soumise. Il avait usé pour ce faire d’une certaine fermeté, mais en même temps d’une grande douceur, d’une gentillesse qui l’avaient rassurée, mais n’était-ce pas une ruse pour l’attirer dans ses rets ?
Tant d’hommes se prétendant dominateurs ne songeaient en réalité qu’à assouvir leurs perversions sous couvert de pratiques SM. Dans ses fantasmes, ses rêves les plus enfouis, elle avait souvent imaginé qu’un jour elle s’adonnerait à ces jeux, aussi corrompus soient-ils, mais lui, considérait-il que ce n’était qu’un jeu ? N’exigerait-il pas davantage ? Serait-elle capable d’aller au-delà de scénarii ludiques, inventés à chacune des séances qu’il lui offrirait ? Si tant est qu’elle retourne vers lui.
Comment avait-il pu percer à jour ses désirs les plus secrets, ses fantasmes inavoués ? Elle ne voulait pas encore le concéder, mais il avait raison. Était-ce à cela que l’on reconnaissait un vrai dominateur ? Au fait qu’il savait avant vous déceler ces petites parts sombres qui vous font aspirer à ce que jamais vous n’oseriez mettre en mots ? Allait-elle vraiment y succomber, s’abandonner...

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