La part de l ange
184 pages
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La part de l'ange

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Description


Èrotique – 360 pages - Ne pas laisser entre toutes les mains (+18)


Inclus : Les larmes de l’ange


Une rencontre, une étincelle, un souffle de vie dans une existence étouffée, la découverte de ma féminité et de ma sensualité, mon cœur qui bat plus vite et plus fort dans les draps d’un homme mystérieux.


Soyez choqués et étonnés, soyez audacieux et curieux.


Sur le seuil de mon récit, laissez vos inhibitions, vos faux-semblants et vos préjugés. Mon histoire est faite de cuir, de soie et de dentelles, déraisonnable à souhait, mais aussi d’un soupçon de magie.



Je m’appelle Mya Horseman, future trentenaire que la vie a oubliée, engloutie dans mon travail, jusqu’à cette rencontre... celle qui va bouleverser mon quotidien, celle qui va ébranler mes croyances !

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 16
EAN13 9782379610639
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

La part de l’ange

SANDRINE PÉRIGOIS
SANDRINE PÉRIGOIS


Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 978-2-37961-063-9
Photographies de couverture : Kasto &
Sergiy Serdyuk Photographie
Montage : Didier de Vaujany
PARTIE I
LA PART DE L’ANGE
Ceux qui répriment leur désir sont ceux dont le désir est trop faible pour être réprimé.
William Blake.
CHAPITRE 1

Lundi 6 septembre


L’amour est doux seulement dans les chansons ; mais, en réalité, son commencement est la crainte, son milieu, le péché, et sa fin le repentir.
Alexandre Dumas


«  Chers auditeurs, bonjour ! Nous sommes le lundi 6 septembre, il est sept heures trente. Une journée chaude et ensoleillée vous attend.  »

Ma main s’abat mollement sur le radio-réveil. Mes yeux s’entrouvrent sur le soleil radieux qui inonde ma chambre. J’aimerais tant rester dans mon cocon de flanelle pour grappiller dix minutes de sommeil. La nuit a été courte après cette soirée passée avec d’anciennes camarades de promo. Les années les ont gratifiées d’assurance, de premières rides discrètes et de tailleurs hors de prix. Elles sont toujours aussi sympathiques. Leur légèreté m’a fait du bien, la première heure du moins. Très vite, étalant leurs réussites, leurs grossesses, leurs mariages, leurs projets, elles m’ont renvoyé, bien malgré elles, mon échec en pleine figure. J’ai beau me répéter qu’entrer dans une case, celle d’une vie « normale » en l’occurrence, est une forme de prison, je ne peux m’empêcher d’imaginer à quel point une vie rangée doit être sécurisante et confortable. Mon quotidien n’a même pas le mérite d’être palpitant. Il ressemble davantage à une survie stagnante dans laquelle je ne suis qu’un objet intemporel qui regarde filer le temps en se couvrant d’une poussière poisseuse. Je dois me résoudre à me lever, songeuse, poussée par la volonté de faire un point sur moi-même. Non pas vraiment une volonté, mais un besoin ! Ma vie ne ressemble à rien, il est temps que je me prenne en main.
Je m’appelle Mya Horseman, mes trente ans approchent à grands pas. J’ai un métier que j’aime, dans l’événementiel, ce que j’ai toujours voulu faire. J’y suis arrivée haut la main en tant que major de promo. Puis, j’ai cumulé les stages dans plusieurs grandes villes de l’hexagone. J’aide à organiser des réceptions pour les grosses fortunes de France. C’est un job bien payé qui me permet d’être propriétaire d’un appartement cosy dans un joli quartier de Paris. De mon balcon, j’ai vue sur ce que la capitale offre de plus beau et de plus somptueux. L’effervescence des rues en contrebas me donne le sentiment rassurant de ne jamais être totalement seule, même si, une fois ma porte close, nul ne partage mon quotidien. J’ai laissé ma famille dans ma Bretagne natale ainsi que la majorité de mes amis qui, au gré des marées, se sont éloignés.
Ma vie est rythmée comme du papier à musique, ce qui me donne l’impression réconfortante de la maîtriser en tout point. Je sais exactement ce que j’ai à faire, où je dois aller. Il m’est inutile de me poser trop de questions superflues. Sauf ce matin de fin d’été. J’ai l’image d’une barque menée jusqu’à maintenant sur une eau calme et paisible, mais qui aujourd’hui m’emporte vers les torrents de la remise en question.
Si je récapitule ma vie, elle est ainsi : je me lève tous les matins à la même heure, me traîne jusqu’à la salle de bains pour profiter d’une douche brûlante qui laisse ma peau rouge, et avale un cappuccino bien chaud, été comme hiver. Je prends la ligne neuf du métro, qui me mène directement après cinq stations aux portes de Heaven’ments. Je traverse ce hall percé de puits de lumière, salue avec enthousiasme le vigile, puis prends l’ascenseur vitré jusqu’au douzième étage qui est réservé, avec celui du dessus, à la société qui m’emploie. Les portes s’ouvrent avec ce tintement habituel qui me prouve que ma journée de boulot commence.
Je gagne ainsi le bureau que j’ai acquis avec fierté lorsque j’ai décroché ce poste il y a deux ans. Cette petite pièce fait partie du lot avantageux que j’ai reçu avec mon premier véritable contrat. Je dispose également d’un salaire mirobolant, d’une secrétaire particulière, d’une ligne de téléphone privée, de responsabilités énormes et d’un carnet de clients bien fourni que je m’évertue à compléter.
Aujourd’hui, je ne vois même plus les murs blancs, habillés de deux tableaux abstraits, et la plante verte qui sont les seules touches personnelles que j’y ai apportées. Au centre de la pièce trône un immense plan de travail en verre sur tréteaux où siègent des piles de dossiers et mon ordinateur portable. La grande fenêtre offre une certaine clarté, mais le fait qu’elle ne s’ouvre pas transforme l’endroit en sauna tous les étés puisque mon boss n’a jamais jugé bon de faire réparer la climatisation à notre étage. Travaillant à l’étage supérieur, il s’agit là d’un détail qu’il préfère ignorer.
Ce bureau, je le trouve nu, vide, mort, mais c’est mon deuxième chez moi et je l’affectionne tel qu’il est : moche et terne. Je l’aime parce que c’est le mien, c’est mon refuge. Je note tous les matins dans un coin de ma tête que je devrais l’agrémenter d’un tapis, ou d’un petit sofa, mais je ne le fais jamais. Il est vrai que la plupart du temps, je travaille à l’extérieur. Mes rendez-vous professionnels ont bien souvent lieu dans de grands restaurants ou au domicile de particuliers ou professionnels souhaitant organiser leur réception : mariage, anniversaire du fils prodige ou de la grand-mère agonisante dont la famille espère hériter une petite fortune. Il peut aussi s’agir d’événements promotionnels pour le compte de grandes sociétés, de départs en retraite de PDG… Je dois faire appel à tout un réseau de partenaires pour combler les attentes de mes richissimes clients : arrivée en hélicoptère, location d’un château, d’une limousine, présence d’un célèbre DJ. Il m’est même arrivé de devoir faire venir treize chameaux pour une bar-mitsvah.
La société se porte très bien, les demandes affluent d’un peu partout. Nous pouvons déployer des équipes sur tout l’hexagone. C’est moi qui suis chargée de faire en sorte que la décoration, la musique et l’ambiance soient en adéquation avec les demandes parfois insolites, souvent excentriques.
À treize heures, je sors prendre mon déjeuner au restaurant d’en face, le « Sur le Pouce » qui porte bien son nom. On y sert des plats rapides, simples et mangeables, avec un sourire toujours courtois. Il m’arrive de temps en temps de partager mon repas avec ma secrétaire ou une collègue, mais ce n’est dans ce cas qu’une prolongation de mon temps de travail puisque nous nous contentons de parler boulot.
Je passe mon après-midi à plancher jusque tard dans la soirée, alternant envois de mails, coups de téléphone et escapades en extérieur afin de juger de la viabilité d’un projet. Puis, je reprends le chemin inverse, salue le gardien de nuit qui arrive à son poste, monte dans mon métro ligne neuf, refais les cinq stations qui me séparent de mon domicile et regagne mon chez-moi.
Je gravis les huit étages sans prendre la peine d’utiliser l’ascenseur. Je retire mes escarpins, mon pantalon cintré, ma veste et mon chemisier pour ne revêtir qu’un t-shirt XXL et des chaussettes de laine.
Je ne sais pas cuisiner, je n’en vois pas l’intérêt puisque je suis seule. Les placards sont quasiment vides. Je dispose de peu de vaisselle et d’une réserve très réduite de nourriture. Par contre, mes tiroirs regorgent de flyers de restaurants proposant des plats à emporter ou en livraison. Je passe ensuite par ma salle de bains, faisant une moue à la vue de mes traits tirés et file me coucher dans mon grand lit froid. Avant de m’endormir, je contemple toujours une reproduction de Dali « La persistance de la mémoire » qui est le seul tableau de ma chambre. Il me rappelle à quel point le temps est précieux, qu’il file, ne s’arrête pas.
Ainsi est ma vie, cinq à six jours par semaine depuis deux ans.
Le week-end je retrouve souvent deux amies, Anita et Isabelle, avec qui je partage quelques verres. Elles font étalage de leurs conquêtes amoureuses, de leur boulot et d’anecdotes croustillantes. Le grand thème du moment est l’anniversaire d’Anita. Elle a prévu une fête mégalo pour ses trente ans : fontaine de champagne, traiteur hors de prix, strip-teaseur, groupe de musique branché, le tout dans le jardin titanesque de ses parents qui possèdent une maison de maître près de Paris.
En général, je me contente de les écouter raconter leurs déboires, leurs joies. Je peux parfois parler sans trop de détails des différents hommes que j’ai pu fréquenter, mais j’avoue qu’il y en a peu et ils ne m’ont jamais laissé de souvenirs mémorables. En réalité, mes conversations sont limitées par le fait que je suis passée à côté de ma vie, mais en ce moment, le sujet de leurs conversations m’intéresse davantage. Il s’agit ni plus ni moins de ce que je sais faire de mieux : travailler pour lui offrir la meilleure fête possible.
À chaque fois, la soirée prend fin quand leurs regards se tournent vers un groupe de jeunes étalons célibataires. Plus question de parler victuailles, grands crus et tapis rouge, leur attention ne se porte plus que sur la nuit érotique qu’elles entrevoient. C’est à ce moment précis que je ne me sens plus à ma place. Je quitte les lieux, les laissant trouver un partenaire pour la nuit tandis que je rentre seule.
Voilà où j’en suis ce lundi matin, je me rends compte que ma vie tourne autour de mon travail, que je n’ai jamais aimé un homme, n’ai jamais été aimée non plus. J’organise des tas de réunions de famille sans jamais voir la mienne, et de splendides mariages. Je caresse secrètement l’idée qu’un jour ce sera peut-être mon tour. Je dois me rendre à l’évidence : ma vie professionnelle est jouissive, mais d’un point de vue personnel c’est chaotique…
et je n’ai jamais eu d’orgasme !
C’est d’humeur morose que je monte dans le métro. Comme d’habitude, il n’y a plus de places assises, je dois me faufiler entre les gens. Je me retrouve debout à quelques centimètres d’une vieille dame qui sent l’urine.
Première station, la vieille descend. Ces quelques minutes en quasi-apnée m’ont paru bien longues. Monte un homme auquel je ne fais pas attention. Il se retrouve vite complètement collé à moi dans cette foule de fourmis travailleuses. Absorbée par mes idées dépressives du matin, je reste léthargique, me laissant bercer par les mouvements de la rame.
Une embardée me fait tout à coup sortir de mon état de somnolence, me propulse vers le torse de cet homme qui me retient par la taille pour m’éviter de vaciller.
Je lève les yeux sur ce grand brun d’une petite quarantaine, les yeux verts d’une profondeur extrême. Son visage carré est agrémenté d’une repousse de barbe qui lui donne un air faussement négligé.
Il me sourit. Je reste béate. Sa main est toujours sur ma hanche. Ce contact que j’aurais d’habitude aussitôt repoussé ne me dérange étonnamment pas le moins du monde.
— Tout va bien ?
Oh, mon Dieu, il a une voix à tomber !
Je réponds par un petit signe de tête affirmatif, la bouche entrouverte. Je ne peux rien faire d’autre que me retourner pour ne plus affronter ces yeux qui me bouleversent, semblent me pénétrer, me font perdre mes moyens. Je suis dos à lui lorsque les portes s’ouvrent à la troisième station.
Sors, par pitié ! Je t’en prie sors de ce métro, laisse-moi regagner ma vie.
J’ai envie que ce chamboulement prenne fin. En même temps, j’éprouve le besoin de respirer son parfum qui tranche avec les odeurs nauséabondes de la rame. J’aimerais sentir encore ses doigts sur mes flancs. Mes jambes me portent à peine, elles m’ancrent néanmoins au sol et empêchent mon corps de danser. Une valse, je voudrais qu’il m’invite pour une valse romantique, ou pour un tango endiablé.
Qui est-il pour me faire cet effet ?
Il ne sort pas. Les portes se referment, nous sommes encore plus proches. Le métro à cette heure-ci est bondé. Nous reprenons notre chemin. Toujours ballottée, je sens contre mon dos son torse ferme. Sa main est juste au-dessus de la mienne sur la barre d’accroche, je peux contempler cette petite, mais non moins sexy, partie de son anatomie. Je repère qu’il n’a pas d’alliance.
Pourquoi est-ce que je me fixe sur ce détail  ? 
Son bras passe au niveau de ma tête, j’ai soudain envie de me blottir sans comprendre pourquoi.
Le pauvre, s’il pouvait lire dans mes pensées… oh, merde ! Et s’il le pouvait vraiment d’ailleurs ? Vite, pense à autre chose espèce de gourde !
Sans aucune logique, l’image de mon père promenant le labrador vieillissant de la famille me saute aux yeux. Mon esprit vagabonde quelques secondes, puis revient sur cet inconnu qui me rend fébrile sans que je le connaisse, sur cet étranger qui fait irruption dans ma vie sans y être invité.
Quatrième station. Je décide de descendre plus tôt que prévu. L’effet que cet homme a sur moi me met mal à l’aise. C’en est trop ! Je franchis les portes en trombe. Sentant une réticence au niveau de mon bras, je tire sur mon sac à main, me dégage et arrive sur le quai au moment où les portes se referment. J’ai juste le temps de croiser le regard de mon inconnu. Il sourit étrangement, me fixe.
Le métro est parti.
Je dois marcher deux kilomètres pour rejoindre mon bureau. J’entre sans même saluer le vigile, fonce dans l’ascenseur, appuie une dizaine de fois sur le bouton du douzième étage. Je suis en retard, essoufflée, décoiffée. Je transpire d’avoir tant marché à une allure fort soutenue avec mes talons. Les portes s’ouvrent, je me réfugie au plus vite dans mon bureau et, enfin, je respire.
Je pose mon sac à main près de mon PC et m’affale sur mon fauteuil. Quel début de journée !
Tu n’es qu’une demeurée, ma pauvre fille. Qu’est-ce qui t’a pris ?
J’allume mon ordinateur pour découvrir un mail de monsieur Klein le grand patron, le big boss, le créateur de Heaven’ments qui se contente aujourd’hui de regarder grossir son compte en banque : « Réunion exceptionnelle à neuf heures trente. »
Merde, il est neuf heures vingt-cinq !
Pas le temps de me recoiffer ou de me passer un peu d’eau fraîche sur le visage. Je prends mon bloc-notes, mon crayon et retourne d’urgence aux ascenseurs direction l’étage du dessus. J’arrive dans la salle de réunion à demi étourdie. Tout le monde est là, sans que personne ne sache ce qui a provoqué ce rassemblement imprévu. Chacun y va de son commentaire, de son avis. La tension est palpable. D’habitude, Monsieur Klein ne fait jamais rien à la dernière minute, cette réunion sent mauvais. J’aurais dû me faire porter pâle aujourd’hui. Quelle journée, bon sang !
Klein entre dans la salle, le silence tombe sur l’assistance. Il s’installe au bout de la grande table en acajou, ses lunettes en écailles sur le bout de son nez, ce qui prouve que c’est vraiment sérieux.
— Mesdames, Messieurs, je suis navré de vous arracher à votre travail, mais je dois vous annoncer l’arrivée d’un nouveau membre dans l’équipe.
J’entends la porte s’ouvrir derrière moi. En me retournant les bras m’en tombent, mes jambes sont en coton, mon cœur s’emballe, mes joues rougissent : monsieur super canon ! Le gars du métro qui m’a fait défaillir, le voilà dans mon univers, dans ce bureau. Je ne comprends plus rien, je suis déconcertée, mille questions se bousculent.
— Je vous présente Luca Gasparini, reprend Klein, notre nouveau responsable de la communication. Ce n’est plus un secret aujourd’hui, j’aimerais voir fleurir notre nom au-delà de nos frontières. Monsieur Gasparini va nous y aider. Je vous remercie de lui réserver un accueil chaleureux et de le laisser consulter vos dossiers. Allez au boulot !
Je suis ébahie, je reprends mes affaires et tente de fuir au plus vite.
— Mademoiselle Horseman.
Merde !
— Oui, monsieur Klein.
Je rougis tandis que mon patron s’approche de moi, accompagné de mon inconnu du métro, qui a désormais une identité. Je pense tout à coup que je ne suis pas présentable. Mes cheveux sont en bataille, j’ai des auréoles sous les bras, résultat de ma course de ce matin et de toutes ces émotions.
— Monsieur Gasparini disposera du bureau situé près du vôtre puisque c’est le seul de libre. Il ne tient pas à profiter de l’espace dédié à la direction au treizième, préférant travailler près des organisateurs. Je salue sa décision. Je vous laisse vous charger de lui faire un rapide topo sur les dossiers en cours ainsi qu’un briefing de nos partenaires. Prenez-le sous votre aile.
Ma voix est plus aiguë que je ne le voudrais quand je prononce :
— Moi ?
— Oui, vous. Je vous laisse entre de bonnes mains, Luca. Mademoiselle Horseman est une de nos meilleures recrues.
Sur ce, le grand chef s’éclipse, me laissant ravie du compliment qu’il vient de me faire, mais chancelante à l’idée de « coacher » mon inconnu de la ligne neuf.
— J’espère ne pas vous causer une surcharge de travail, Mademoiselle. J’ai hâte de voir mon bureau et je suis enchanté que nous soyons voisins, dit Gasparini en me lançant un petit clin d’œil discret.
« Veuillez me suivre » est tout ce que j’arrive à articuler. Je ne lui adresse pas un sourire, pas un regard, je ne sais plus où me mettre. Il est évident qu’il m’a reconnue.
Nous nous engageons dans le couloir pour arriver à l’ascenseur. Il m’emboîte le pas, je sens encore le parfum qui m’a subjuguée dans le métro. Son contact, bien que moins rapproché, me hérisse les poils. J’ai la chair de poule.
— Vous avez fait tomber ceci ce matin, dit-il en me tendant un porte-clés.
Je le reconnais aussitôt. Il est toujours accroché à mon sac à main. C’est un lapin en métal qu’un ami très cher m’a offert quand nous étions ados. À cette époque, on m’appelait « Rabbit » à cause de ma dentition en avant. Heureusement, cela ne se voit plus aujourd’hui, mais son cadeau m’avait touchée. Il était accompagné d’un mot : « Mieux vaut rire de ce qui nous fait mal », je l’ai toujours gardé près de moi depuis ce jour.
Luca continue avec un sourire en coin qui illumine ses traits :
— Je vous conseille de vous arrêter à la station de métro suivante, elle mène directement ici.
Comme si je ne le savais pas  !
Il a dû remarquer mon aspect négligé.
Merde, merde et re merde !
Les portes s’ouvrent, nous nous engouffrons dans l’ascenseur.
— Puis-je connaître votre prénom ? dit-il.
Je me reprends. Il faut être professionnelle. Un bon verre de thé glacé ce soir dans ma baignoire et demain sera un autre jour. Après tout, nous nous sommes juste retrouvés très près l’un de l’autre l’espace de quelques minutes. Certes, il me trouble physiquement, mais je n’ai aucune raison de me mettre dans cet état.
— Mya… Horseman. Je vous souhaite la bienvenue monsieur Gasparini. Je suis à votre entière disposition si vous avez besoin de quoi que ce soit.
— Ah oui ? À ma disposition ! C’est intéressant.
Il a prononcé ses mots en baladant ses doigts sur son menton. C’est un geste très théâtral, mais qui produit sur moi son petit effet. Je passe l’heure suivante à lui faire visiter les lieux, à lui exposer nos différents projets en cours. Toutefois, j’ai l’impression de parler dans le vide. Il me regarde, me fixe, ce qui a le don de me déconcerter.
Nous arrivons à son bureau, il ouvre la porte. Nous restons sur le seuil, ce qui me laisse le loisir de découvrir son espace de travail. Sa fenêtre est aussi grande que la mienne. Il semble qu’il ait fait déposer ses affaires durant le week-end. Un majestueux bureau en acajou, un fauteuil en cuir, deux ordinateurs et plusieurs cartons ont déjà pris possession des lieux. Sur les murs sont placés quelques clichés. Je crois reconnaître des Doisneau, de sublimes photographies en noir et blanc du Paris des années cinquante. La pièce semble bien étriquée, tout à coup.
— Vous auriez été plus à votre aise à l’étage.
— Je n’aime pas les grands espaces. Je ne m’encombre pas de superflus. Je me contente de ce qui a de la valeur à mes yeux, de ce qui est indispensable. Je n’ai que faire des futilités. C’est pourquoi vous apprendrez de moi, mademoiselle Mya, que je vais toujours droit au but. Si je dois vous dire une chose qu’elle soit bonne ou mauvaise, je n’irai pas par quatre chemins.
— Bien…
Où veut-il en venir, qu’est-ce que j’ai fait ? Bon sang, qu’est-ce qu’il m’intimide !
— Je vous trouve fort sympathique, mademoiselle Mya, je suis ravi de partager votre étage. Entrez dans mon humble bureau pour que nous parlions.
Hiérarchiquement, il est mon supérieur, je ne peux pas refuser. J’en ai envie, je suis mal à l’aise.
— J’aimerais vous inviter à dîner. Uniquement pour que vous me parliez de cette entreprise, bien entendu. Monsieur Klein n’a pas tari d’éloges à votre égard, je voudrais vraiment votre entière collaboration. Retrouvons-nous à dix-huit heures dans le hall.
Il semble que je n’ai pas le choix. C’est assez surréaliste. J’ai le sentiment de replonger en enfance, le jour où mes parents m’ont proposé de m’emmener à la fête foraine. J’avais une incroyable envie de m’y rendre, et une trouille bleue des montagnes russes. C’est ce jour-là qu’ils m’ont annoncé qu’ils divorçaient. Comme quoi, il y a toujours pire épreuve que celle que nous avions appréhendée.
— Je n’ai rien à me mettre, Monsieur. Je...
— Ce n’est pas un rendez-vous galant, Mademoiselle, nous allons boire un verre et dîner simplement pour discuter boulot. Ce n’est pas une réception mondaine. Et puis, je pense que vous serez ravissante dans n’importe quelle tenue. À ce soir.
Il met fin à notre petit entretien en tournant les talons. Je reste entre deux eaux : ravie, excitée, curieuse et en même temps affolée, perdue et décontenancée. Il veut parler travail c’est tout. Il a été très clair, il ne s’agit pas d’un rendez-vous. Inutile de me tracasser.
La journée se passe au ralenti. Le midi, je prends une pause un peu plus longue pour courir à la boutique de vêtements au coin de la rue. J’y trouve une petite robe décontractée, ni trop courte ni trop longue, et une paire de sandales ; en ce mois de septembre, il fait encore beau et chaud. Je remonte discrètement travailler avec mes paquets sous le bras. Arrivée à mon bureau, je trouve un petit papier collé à mon écran d’ordinateur :
« Je vous avais dit qu’il était inutile de vous changer, mais je suis ravi de cette désobéissance de votre part. »
Quoi ? Comment le sait-il ? J’ai subitement envie d’annuler. Je pourrais trouver un prétexte. Ma grand-mère est malade. Non, en réalité elle est morte ! Mon chat est tout seul. Je n’ai qu’un poisson rouge qui est habitué à n’être nourri qu’une fois par semaine. Ma meilleure amie vient de se faire plaquer ; pour ça il faudrait qu’elle ait une relation sérieuse. De toute façon, je ne sais pas mentir. Je sens que la situation va vite m’échapper, je ne le supporte pas. Je dois garder le contrôle et c’est ce que je vais faire.
Machinalement, je continue mon boulot tout en réfléchissant à la marche à suivre pour rester maîtresse des événements quand l’horloge m’indique qu’il est presque dix-huit heures. Je ne peux plus reculer, je dois y aller, être courageuse et affronter ce rendez-vous.
Le temps de passer ma robe et mes chaussures, de laisser les autres vêtements cachés derrière la plante verte, de me maquiller et me coiffer, j’arrive dans le hall avec quinze minutes de retard.
— Vous êtes en retard, je le tolère uniquement pour ce soir, mademoiselle Horseman.
Quel accueil  !
Voilà une soirée qui commence mal pour clôturer la journée la plus tordue de mon existence.
Nous prenons un taxi dans un silence religieux jusqu’à Montmartre. La chanson « Roxanne » de Police s’échappe des haut-parleurs du véhicule. L’histoire d’un homme amoureux d’une prostituée. J’ai beau tenter de me concentrer sur les paroles, de paraître décontractée en battant la mesure avec le pied, c’est peine perdue. Je ne me remets pas de sa remarque cinglante sur mon léger retard. Il m’observe, un rictus au coin des lèvres comme si la situation l’amusait.
Nous arrivons dans un bar-restaurant luxueux. Le mobilier de style colonial, les lumières tamisées et un jazz enivrant nous accueillent. Nous nous laissons guider vers une table éclairée de chandelles. Monsieur Gasparini nous commande un verre de vin blanc chacun sans me demander mon avis. Je bois rarement de l’alcool. Tant pis, il semble une fois de plus que je n’ai pas mon mot à dire.
— Vous êtes ravissante. Je suis heureux que vous m’ayez désobéi pour votre tenue de ce soir, vous avez des jambes divines.
Il m’avait prévenue qu’il ne me ménagerait pas s’il avait des remarques à me formuler. Ses compliments me mettent mal à l’aise. Certes, ils me flattent, mais aussi plaisants soient-ils, ils n’ont pas leur place dans un dîner professionnel.
— Vous vous attendez toujours à ce que tout le monde fasse ce que vous ordonnez ?
Ai-je vraiment osé poser la question ?
— Oui, j’aime le contrôle. Pourtant, j’ai l’intuition que vous n’avez pas l’habitude de recevoir des ordres et de vous y soumettre.
Je remarque son regard, qui jusque-là n’avait pas lâché le mien, descendre sur mes épaules, mes bras, puis ma main :
— Je ne vois pas d’alliance à votre doigt.
— Non, effectivement, je ne suis pas mariée.
Je laisse planer le doute.
Je pourrais être en union libre après tout !
Le serveur nous apporte nos verres de vin. J’ai la gorge sèche, je boirais n’importe quoi. Je prends mon verre et en avale une grande gorgée. Ça pique, ça brûle même, mais c’est délectable. Il me regarde, semble amusé et se contente d’une gorgée laissant ses lèvres humides.
— Parlez-moi d’Heaven’ments, mademoiselle Mya.
— C’est une petite société familiale que monsieur Klein a fondée il y a quinze ans avec son frère. Depuis le décès de ce dernier, Klein a repris les rênes et a hissé Heaven’ments au sommet. Le travail y est intéressant ainsi que les possibilités d’évolutions de carrière, vous vous y plairez.
— Je ne vous demande pas de me faire la lecture d’une plaquette de présentation. Je veux votre avis. Klein par exemple, dites-moi ce que vous pensez de lui.
— C’est un homme respectable, il a un fort caractère, mais il est très professionnel, il aime…
— STOP !
Je sursaute :
— Mais je…
— Stop, crie-t-il, m’arrachant un nouveau sursaut.
Il reprend :
— Ne donnez-vous jamais votre avis personnel ? Je vous croyais plus franche. N’êtes-vous qu’une jolie coquille totalement vide ? Vous vous contentez de me présenter votre société comme si vous vouliez me la vendre. N’avez-vous jamais appris à penser par vous-même ?
Mon ego est touché. Pour qui se prend-il celui-là ? Il m’oblige à venir ici, à boire, me fait des remarques plutôt déplacées et maintenant il m’insulte ! La situation m’échappe. Sans m’en rendre compte, j’ai déjà vidé mon verre de vin et une bouffée de chaleur me monte au visage. J’explose :
— Comment osez-vous vous conduire ainsi avec moi, monsieur Gasparini ? Vous êtes peut-être mon supérieur dans les locaux de la boîte, mais pas ici ! Je ne sais même pas pourquoi je suis venue. Vous n’avez pas à vous comporter en goujat avec moi. Je ne suis pas une coquille vide. Je suis polie, contrairement à vous. Que voulez-vous ? Que je vous dise que Klein est un misogyne de la pire espèce, qu’il passe un temps suspect enfermé dans son bureau avec Laura la secrétaire et que sa bouche a des relents d’égouts ? En quoi ma vie privée vous intéresse-t-elle ? Que gagnez-vous à savoir que je ne suis pas mariée, que je suis célibataire depuis presque toujours parce qu’aucun homme n’a su m’aider à m’épanouir ? Que…
Merde ! Qu’est-ce que je dis, là ? J’en dis trop ! Je ne le connais même pas.
Il reste la bouche entrouverte, un peu ébahi l’espace d’un instant, puis reprend son sourire en coin et ses yeux pénétrants.
— Voilà Mya, voilà ce que j’attendais, que vous brisiez votre carapace ! Je suis de votre avis pour Klein, j’ai remarqué que la secrétaire semblait plus jolie qu’intelligente et je suis navré que vous n’ayez jamais joui.
Oh ! Le coup bas ! Qu’est-ce que je fous là, moi ? Pourquoi est-ce que je reste comme une conne sur mon siège à le laisser m’insulter et s’immiscer dans ma sphère ?
— Pardon ! Je ne vous permets pas. Nous devions venir ici pour discuter de l’entreprise, pas de ma vie privée. Et je n’ai jamais dit que… enfin cela ne vous regarde pas, voyons !
— Sortons, lance-t-il.
Quoi  ! On ne mange pas ? Il est vrai que j’ai l’estomac tellement noué que je serais incapable d’avaler quoi que ce soit. Je vais me réveiller de ce cauchemar, j’en suis sûre. Cette journée n’est pas réelle, c’est impossible !
Il lâche un billet sur la table et, me prenant par la main, il m’entraîne hors du restaurant. La légère fraîcheur du soir atténue le feu qui s’est emparé de mes joues. Sans un mot, ma main toujours dans la sienne, il me guide dans les rues de Montmartre jusqu’à une alcôve dans une ruelle.
Sans égard, il plaque mon corps en coton contre le mur, passe ses bras de chaque côté de ma tête. Son visage est près du mien. Nos respirations s’accélèrent, ce que j’attribue à notre dispute et notre marche rapide dans les rues parisiennes. Mes yeux sont plongés dans les siens, son regard est perçant, brûlant.
Tu ne le connais pas, Mya, c’est ton boss, tu ne peux pas craquer !
Je me mets mentalement une grande gifle, mais rien n’y fait. Un désir irrationnel m’envahit, parcourt mon échine, se loge dans le bas de mon ventre, entre mes cuisses. Je suis moite, j’ai envie de l’embrasser. Il sent si bon, il est si beau. Il me rend dingue alors qu’il m’est inconnu.
— Mademoiselle Horseman, je me fais un devoir de vous faire jouir.
À ces mots, sa bouche rejoint la mienne. Je gémis légèrement, succombe, perdant tout contrôle. Ses lèvres s’orientent vers mon cou. Ses mains descendent vers mes hanches, ce qui m’évoque le souvenir de notre premier contact dans le métro. Je ferme les yeux pour savourer ce moment, sens ses doigts passer sur mes fesses, descendre jusqu’à la couture de ma robe pour la remonter, découvrir mes cuisses. Sa bouche revient sur la mienne, son index passe sous l’élastique de ma culotte, la baisse juste un peu. Une main pétrit à nouveau mon arrière-train, tandis que l’autre se dirige droit vers mon sexe.
Je ne réfléchis plus, mon esprit est embrumé par le verre de vin que j’ai avalé d’une traite. Luca explore mon intimité, caressant rageusement mon clitoris. Je sens son érection sous son jean, son souffle dans mon cou. Ses doigts en moi me torturent de manière exquise. Pendant qu’il continue de me faire monter avec un doigté fort habile, son autre main quitte mes fesses pour rejoindre ma poitrine. Il la passe sous mon soutien-gorge pour titiller mon téton déjà durci par l’excitation.
Je m’approche du précipice. Je perds pied. J’ai envie de crier quand je me rends compte que des touristes se promènent dans la grande rue perpendiculaire et que nous pourrions être vus. Curieusement cela m’excite davantage. Mon amant ne se préoccupe pas de ce qui se passe à quelques mètres de nous, il ne gémit pas, garde le silence en m’observant. Je sais qu’il est excité parce que je sens son sexe durci dans son pantalon. J’ai mes doigts dans ses cheveux, il m’embrasse fougueusement. Je viens…
Oh, mon Dieu !
— Vas-y, Trésor, jouis, me chuchote-t-il à l’oreille. Maintenant !
J’explose en retenant tant bien que mal mes cris afin de ne pas hurler mon plaisir. Je me noie dans le désir. Je gémis, mes lèvres s’ouvrent, mes jambes tremblent sous l’assaut de mon orgasme, mes muscles se contractent autour de ses doigts encore en moi. Je vacille, ne sachant plus où je suis. Je n’ai plus de force.
Ses yeux ne m’ont pas quittée, un léger sourire de satisfaction habille son visage. Je suis essoufflée, en sueur. Je trouve tout de même le moyen de lui rendre son sourire, tel un remerciement. Il réajuste ma robe. Je me penche encore tremblante pour remonter ma culotte arrivée au niveau de mes genoux.
— Non, donne-la-moi. Désormais, elle m’appartient, dit-il.
Son ton n’est pas menaçant, mais ne laisse aucune place à la discussion.
Je lui tends mon sous-vêtement, il le glisse dans la poche de sa veste. Je ne comprends pas, pourtant je ferais n’importe quoi à cet instant. Je ne peux plus réfléchir, mon esprit est encore dans un brouillard rose aux parfums de santal. Ne me demandez pas pourquoi, c’est tout nouveau pour moi.
Sans un mot nous rejoignons l’artère principale. Il me regarde, apparemment satisfait, fait signe à un taxi de s’arrêter. Je me demande si nous allons nous rendre dans un hôtel pour finir ce que nous avons commencé. J’en veux encore, encore plus. Je veux jouir de nouveau, rattraper ces années durant lesquelles j’ai vécu sans cela. Le taxi s’arrête, mon amant glisse un billet au chauffeur et m’ordonne de monter.
Pourquoi ne m’accompagne-t-il pas ? Que se passe-t-il ?
— Rentre chez toi et repose-toi. On a du travail demain, dit-il avec un clin d’œil.
Il ajoute un « Merci, mademoiselle Horseman » et referme la portière. J’arrive à peine à articuler mon adresse. Le taxi démarre me laissant béate, à nouveau entre deux eaux. Je commence à me rendre compte de ce qu’il vient de se passer. Je n’ai pas la tête aux questions, je veux juste dormir. Je me sens vidée, épuisée, mais épanouie.
CHAPITRE 2
 
Mardi 7 septembre
 
 
On doit s’efforcer de voir le sexe comme une offrande. Ouvre sans crainte la boîte secrète de tes fantasmes.
Paulo Coelho.
 
 
Le réveil est difficile. Mes yeux restent clos, il me faut quelques minutes pour reprendre les différentes étapes de ma soirée d’hier et clarifier mes idées. Quand le taxi m’a déposée, je n’ai même pas pris la peine de prendre un bain, je me suis affalée sur mon canapé et je me suis endormie. Mes rêves m’ont fait voyager dans des nuages aux couleurs parfois vives et chaudes, parfois sombres et effrayantes.
J’ouvre les yeux doucement, le jour se lève tout juste, je porte encore la robe de la soirée mouvementée avec mon amant. Je passe ma main sur mon corps, me rappelant ses caresses, la pression de ses doigts sur le moindre centimètre carré de ma peau. L’excitation qui m’avait envahie hier soir revient à l’assaut. Mes mains vont et viennent lentement sous mon nombril, puis remontent sur ma poitrine. Je referme les yeux pour mieux revisiter mes souvenirs érotiques de la veille. Je voudrais tellement sentir ses mains et ses lèvres sur moi, l’entendre à nouveau m’autoriser à jouir, m’ordonner de lâcher prise. Mes doigts caressent mes cuisses, remontent un peu plus vers mon entrejambe. J’ai besoin de revivre cela !
C’est à ce moment-là que mon ordinateur portable posé sur la table basse me signale par un « ding » l’arrivée d’un nouveau mail. Mon PC personnel est relié à ma messagerie de boulot. Je sors de mon plaisir solitaire malgré moi, tout en sachant que je ne pourrai jamais réussir seule l’exploit de la veille.
 
De  : Luca Gasparini
À  : Mya Horseman
Comment allez-vous chère Mya ?
Votre amant d’un soir. G.
 
De  : Mya Horseman
À  : Luca Gasparini
Je vous remercie de vous inquiéter de mon état. Le taxi m’a ramenée à bon port.
 
Sans plus de ménagement, j’envoie ma réponse. Oui, il m’a fait connaître un plaisir encore insoupçonné, mais il a tout gâché quand il...

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